‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; (volume 2)Chapitre 13 sur 110 · NADIR — CHAH · texte numérisé non relu

NADIR — CHAH

on Khiva. Il défit une armée, mit à mort le souyerain de ce pays , et donna le Kkiarizm à un cousin du khan de Boktiara, descendant de Dginkhis-Khan. A son retour, il agrandit son village natal , dont il fit une Tille, sur le modèle de Dehliy en même temps qa*il releva les for* tiûcations du château. Puis il répara et embellit la cité de Mechd, dont il avait fait sa capitale, et où il fit construire son tombeau. Les jours glorieux de la Perse étaient revenus. En six ans Nadir avait délivré son pajfS du joug de Téfranger, et porté les limites de Tempire jusqu'à roxus, à rinde, à la mer Caspienne et FEuphrate.

Nadir- Chah avait jusqu^alors exercé le pouvoir avec une certaine modération. Mais bientôt il s^opéra un changement profond dans son caractère. Ayant laissé le gouvernement de Test à son deuxième fils, il marcha, en mars 1742, contre les Lesghiens du Caucase, qui avaient tué son frère Ibrahim. Il traversait les forêts du Masandéran, lorsqu'une balle le blessa à la main et tua son cheval. Nadir n'échappa aux meurtriers qu'en contrefaisant le mort. Ses soupçons tombèrent sur son fils aîné, le brave Riza Kouli, et par suite des perfides insinuations de quelques courtisans, le roi, commençant à voir dans son fils un rival au trône, ordonna qu'on lui crevât les yeux. « Vos crimes m'ont forcé à cette terrible mesure » , s'écria Nadir. ^ « Ce ne sont pas mes yeux que vous avez crevés », répondit Riza, « mais ceux de la Perse entière. » Cette réponse prophétique se grava profondément dans l'esprit de Nadir, qui dès lors en proie aux remords et à de sombres pressentiments, ne jouit plus d'un instant de tranquillité. Les nobles qui avaient assisté à l'exécution de cet ordre impitoyable furent mis ^ mort, sous le prétexte qu'ils auraient dû s'offrir en sacrifice pour sauver les yeux d'un prince qui faisait la gloire de la Perse.

Impuissant contre les Lesghiens, qui harcelaient son armée du haut de leurs rochers, Nadir se tourna de nouveau contre les Turcs. 11 reprit toutes les places de l'Irak, mais échoua devant les forteresses de Mossoul, Bassorah, Bagdad et Van. Ce fut alors que, rêvant la monarchie universelle, il introduisit dans le culte de la Perse ces changements qu'il avait annoncés lors de son avènement, et qui ne tendaient à rien moins qu'à fondre en une nouvelle religion les croyances juives, chrétiennes et musulmanes ; fusion par laquelle il espérait mettre fin à la scission des musulmans eux-mômes, partagés en sunnites et chiites. A cet effet il avait commencé par faire traduire en persan les quatre Ëvangiles ainsi que le Pentateuque. Mais son secrétaire Mirza Mehdi de Masandéran, qu'il en avait chargé, y ayant intercalé des fables ridicules, •pour faire concorder les écrits sacrés des chrétiens et des juifs avecc^ux des musulmans, Nadir se mit à rire à la lecture de cette traduction ainsi altérée. Il déclara qu'il fallait rester dans le iloute; mais que s'il conservait sa santé, il ferait

une meilleure i*eIîgion que toutes celles qui exis* talent. I^ proposa alors d'établir parmi les musulmans une cinquième secte orthodoxe, qui serait fondée sur la doctrine d'un des derniers imams alides , Djàfar al Sadik. Espérant ainsi gagner les Afghans et les Turcs, il abolit la grande prêtrise des chiites , et nsa de tous les moyens de séduction envers les Persans. Mais il ne put les gagner à ses vues , pas plus qu'il ne réussit à déterminer la Porte Ottomane à ordonner la construction à La Mecque d*un cIdquième oratoire pour les Djftfariens. De guerre lasse, il alla lui-même, après une dernière victoire, inutile, remportée près d'Érivan, en août 1745, proposer aux Turcs la paix, où il se départit de ses prétentions religieuses et renouvela le^ stipntations de la paix de 1638. Ce fut en janvier t747, six mois avant sa mort. Nous avons tu plus haut qu'il avait fait reprendre l'Ile de Bahréin pa* le gouverneur de Chyraz, Mohammed Taki-Khan, qui avait mêmeconquis Mascate ; mais s'étant ensuite révolté, il fut rendu aveu$(le et eunuque. Ainsi mis en possession de l'entrée du golfe Persique, Nftdir, qui voulait avoir aassi une flotte, fit saisir tous les t)Atiments nationaux, et mit en réquisition tous les vaisseaux étrangers qui relâchaient dans les ports de la Perse. Voyant qu'il anéantissait par ces mesures iniques toutes les relations commerciales, il fit constraire, par l'Anglais Etlon, des navires dans les forêts du Masandéran, sur les bords de la mer Caspienne. Avec ceux qui naviguaient sur cette mer, il tint les Russes en respect pour longtemps. Il fut moins heureux avec les navires qu'il avait fait construire pour le golfe Persique, et qu'il dut faire transport ter à Abouchehr, à travers toute la Perse, par des contrées où il n'y avait ni routes, ni fleuves, ni canaux. Aussi n'en resta*t-il bientôt que les carcasses abandonnées sur les plages du golfe Persique. Toutes les actions de N&ilir dans les dernières années de son règne ne forent plus que les caprices sanglants d'un despote cruel et cupide. A son retour de l'Inde, il avait promis l'exemption d'impôts pour trois ans dans toute la Perse. Mais nonseulement il rétablit les contributions ordinaires, mais il exigea même les arriérées, et en créa de nouvelles. Lorsque des insurrections, habilement fomentées par des prêtres chiites, ^latèrent de tous les côtéA, la violence de Nadir se tourna en fureur. Des villes entières furent, dit un historien persan, sacrifiées à sa démence : il s'acharna surtout contre la ville d'ispahan, autrefois siège del'empfre : les hommes abandonnaient leurs demeures et allaient vivre dans des cavernes , pour échapper à la sauvage férocité du maître qui les poursuivait, et qui parcourait la Perse, en bour reau, à latêted'une armée de 30,000 hommes, ra* massts de toutes les nations, dressant partout des listes de proscription et taisant mtftiier une foule de malkieureux. On a attribué cette démence aux progrès que faisait depuis la campagne d*lode Thydropisie qui avait envahi un

121 ISADIR-CHAH

a»r|js usé par les fatigues. Il avait ramené de riadaustan on médecin, qui le quitta, après l'avoir soigné avec succès pendant deux ans. Depuis, il eut auprès de lu! le jésuite Bazin, qt'W garda jusqu'à sa mort.

An printemps de 1747, N&dir se disposa à roardier contre son neven Ali Kouli-Khan, qui s'était révolté dans le Séistan. A la même époque il reçut la nouvelle du soulèvement des Kourdes de Kbaboochan. Après avoir envoyé sa famille et ses trésors dans la forteresse de Kkélat, il s'avança eoatre les Kourdes. U était campé à Féthahad, lorsqnA,dans la nuit du 19 au 20 juin, il fut surpris dans sa tente par des conjurés, ayant à leur UteMobammed Saleh-Khan, intendant de sa maison, et son propre parent Moliammed Konli-Khau* eapitaioe des gardes. Après s'être vaillamment défendu, il fut achevé à coups de sabre \w les eoojorés^ qui répondirent à ses supplications : « Tu n'as £lit grâce à personne, tu n'en mérites aocone. » On a prétendu qu'il avait ordonné aux AfgliaDs et aux. Ouzbéks sunnites d'exterminer les troupes de la garde, composées de Persans chiitet, et que cei ordre avait motivé la prompte résolotion des conjurés. Quoi qu'il en soit, Ali Koufi-Khan, profita seuldu meurtre de son oncle : il fot proclamé roi.

Nâdir-Cbal) avait imposé à sa nation autant par sa qualités qne par ses vices. L'obscurité de sa laiuanee, la grossièreté de ses manières, une vie remplie d'actions criminelles, mais hardies, tout oootribuait à augmenter l'enthousiasme et l'espoir des Persans, parce qu'ils voyaient en lui un caractère entièrement opposé à celui des derniers prin« ees de la maison des Sofis, qui avaient causé les malheurs de la Perse. Ils parlaient de lui comme d'un libérateuTt et tandis qu'ils s'étendaient avec orgueil sur ses hauts faits, ils s'arrêtèrent plutôt arec pitié qo'avec horreur sur ses cruels exc^. M ses crimes ni ses tentatives d'abolir la secte chiite n'ont pu altérer leur gratitude et leur vénération pour cet homme, qui rendit à la Perse son indépendance et ralluma dans le cœur de ses compatriotes le sentiment de leur antique valeur. D'un extérieur imposant, il était brave, sobre et inCstigable. Dépourvu d'instruction, U avait su s'approprier un ^rnis d'éducation par le contact de quelques hommes instruits. Doué d'une mémoire prodigieuse, il avait en même temps l'esprit pénétrant et libre de préjugés. Il était, cependant, fataliste^U avait coutume avant une bataille de se prosterner pendant quelques instants et d'offrir au del une prière. L'ascendant qu'il exerça ^ur ses nationaux tient du prodige : les historiens persans racontent qu'ayant trouvé à la porte d'une mosquée un homme aveugle depuis deux ans, il le menaça de le fouetter s'il reparaissait devant lui ^ avoir recouvré la vue ; « car, ajoutait Nadir, si tu avais one foi vive , tu jouirais de la vue ^is longtemps ». Cet aveugle recouvra, dit-on, la vue an unème moment. Une autre fois Nadir fit fouetter an arbre, derrière lequel des brigands

— NAECKE

s'étaient tenus cachés, pour attendre le passage d'un pèlerin, qu'ils dépouillèrent. Dix jours après cette étrange punition, les brigands remirent les biens volés au pied de l'arbre, craignant que N&dir qui devait les connaître ne les fit fustiger de la même manière. Bougainville a comparé NAdir- Chah avec Alexandre le Grand, et Henri Audiiïret avec Napoléon I". Ces parallèles manquent de j us tesse. Dubuisson a mis en scène le héros persan, en 1780, dans une tragédie. Ch. R.

Bmunt a» Safa^ oo Conttnuaiton de VHUtoin de Perse de Miràhond, par AU fcouUMIraa; Téhéran, 1851 à 18S6, la-S*. - Tarikhi Nadiri^Chah, en manuscrU. — Mohammed Mebdl Maïaddéranl, Histoire de tiadir' Chah, traduite da penan en (rançaU, par WilUaiu Joue* j rno. •- Hanway, Rgvoiytions o/ PersUs; 17SS. — Fraser, illf/ory of Nâdir-Chak. - Otler, Potages en Turquie et en Perte, — NIebuhr. f^oi/ages. - Maicdm, UistoTM 0/ Persla, " L» Perse ( daim r Univers PiUons- 9iiei. - Hormayr, Hiitorisckes jireMv. — GeaUi, Mémoires sur rindorataii,

HADJAH, fondateur de la dynastie des Nadjahides, dans l'Yémen, né vers 995, en Abyssinie, mort en 1060, à Zébid. Amené jeune en Yémen, il fut d'abord esclave de Mardjan, régent de ce pays pendant la minorité d'Ibrahim, dernier prince de la fiàmille des Zaîadides. Le grand visir, Kaîs, après avoir, en 1016, renfermé Ibrahim dans une tour, où il le laissa mourir de faim, usurpa le trône de l'Yémen. Mais Nadjah, ayant rassemblé une armée, leva l'étendard de la révolte contre Kais, qu'il tua, en 1021, dans une sortie de la forteresse de Zébid. Devenu maître de l'Yémen, il 6t enfermer Mardjan, son ancien mattre et complice des atrocités de Kais, avec le cadavre de celui-ci, dans la tour où l'on avait af- £Btmé Ibrahim. Délivré de ses ennemis et de ses compétiteurs, Nadjah soumit toute l'Arabie méridionale, ainsi qu'une partie de l'Abyssinie. Après un règne de quarante ans, il fut empoisonné par une de ses maîtresses, gagnée par Aly le Solahide, qui trois ans plus tard allait occuper le trône de l'Yémen. Ch. R.

Raïaasiaen, ChronélogieB orienUiUs. — /obannaen, autoria Yemanm.

HABCKB ( Guitavô'Benrt), peintre allemand, né à Frauenstein, en 1785, mort en 1835. Après avoir étudié la peinture à l'académie de Dresde, sous la direction particulière de Grassi, il alla passer quelques années à Rome; en 1824, il fut nommé professeur de peinture à l'académie de Dresde. Parmi ses tableaux , remarquables par l'effet de la composition et la beauté du coloris, nous citerons : V Amour essayant de dérober la foudre à Vaigle de Jupiter; La Visitation; Faust suivant Marguerite à la sortie de Véglise; Le Prince d'Egmont et Claire; Geneviève de Brabant dans le désert; Sainte Elisabeth distribuant des aumônes; Le Christ saluant ses disciples; U Christ répondant aux pharisiens sur le denier de César. Naecke a aussi peint à fresque dans la villa Massimî à Rome plusieurs scènes du Dante; il a laissé de nombreux dessins au crayon et à la sépia. O.

Nagler, KûnstUr-Lexicon,

^AEGELE — NiEVlUS

XABGBLB ( FrançoiS'Charles) , médecin ftiferoand, né à DasseMorf, en 1778, mort va

1851. Fils du directeur de Técole de médedue de Dassetdorf, it se fit en 1800 recevoir docteur en médedne, exerça son art pmdant "pinsieurs années à Barmen, et devint en 1807 professeur à Heideibeiig. On a de lui : Erfahrungen ans dem Gebiete der Krankhtiten des weiblichen Geschleehts ( Observations concernant les maladies des femmes); Mannheim, 1812;-— Ueber den Mechanismus der Geburt ( Sur le Mécanisn» delà naissance >; Hei* flelberg, 1823; — Der weibHcke Becken (Le Bassin de la femme ) ; Carlsrolie, 1825 et 1850 ; ~ Uhrbmeh dèr GebwUhûl/k (Manuel d*ac^ eoocbemeni ) ; Heidelb^i^, 1830, souvent réimprimé; traduit en frani^; Paria» 1844;. — lias schrdg vwenciie Becken uêbst einem Anhange ûber die wichiigsien FehUr des vpêibliciken B9eken${lki Rétrédsseraent oUfqoe d« basain, avec on appendice sur les prineipanx vieea de oonformation dn bassin); Mayence, 183»; tndvit en français . Paris, 1840; — Méthodologie der Geburtshttlfe (Méthodologie de de faocooehement); Heidelbery;, 1848; ^ beaucoup d'ftrtieles dans dtvtr» reeueilff, notamment dans les ffeideiberger hUnische Anna^ len^ dont fl ftit depuis 1845 un dea directeurs.

Son flla» Bermann'FYanç&iS'Mseph, né en t810, mert «n 1851, a enseii^né la médecine à Heidelberg, et s'est feit connaître par divers travaux estimés sor l'art de racoouehement.

Un autre de QSi fils, iÊetximiiien, mort en

1852, a été prafeflsenr du droit k Hfidelberg et a pnbKé : Studien ûber attiiaHsehes BechtS' iebeu ( Études sur ta vie sociale do lltalie primitive ) ; HeMeUierg. 1840. O.

Com»natUmi-unt§n. •- GriUtea, JliHrficfiilir*>i SehriftttêUer-ijaUbim^

BAKKB {Auguste- Frédéric)^ philologno allemand, né le 15 mai 1788, à Frauensteiny mort k Boua, le 12 septembre 1838. Après acvoir étudié à Leipzig la philologie sous la direction de Hmnann, dont il devint l'Uni, il fit, depuis 1812, des ooors libres à l'université de cette ville, et fut chaigé, en 1818, d'enseigner les langues anciennes à rnniverailé do Bonn, où il obtint un peu plus tard la chaire d'éloquence. Dans ses travanx , écrits avec pureté et élé^ gance, il a feit preuve d'une grande sagacité critique. Ou a de loi : Sckedx eriHeé; Balte, 1812; — Chorili fVuffiitfiite; Leipzig, 1817; -* Opttsctila philotôffica; Bonn, 1842-1844, 2 vol., publiés par WiHcker; — De AtlHera-' tione sermonis Intini, dans le Bheinisches Muséum fur Phtloiogie^ troisième annt^e. O.

A.-O. de Scblrgel, Immiatio ffaêkU ((Uds le nkêtniseku Mutram, année Vi|. - ConpersÊUiem-LBxiiim der (iegenvart,

icAKLDWTCK (Jean db), chroniqueur flamand, né vers 1420, mort en 1489, à Gertruydemberg. De raroiile noble, il reçut du duc Philippe le Bon \f titre de chevalier. En 1478 il

prit les arme» contre Marie de Bonr^ognOp et prit part à l*exfédiUoa nialhettceu.<«e de François de Brederode en Zélaode. U est antenr d'iue Ckromique eu aisioire de ia Hollande, da ia Zélande, de la Friêe et de Vévéehé di^Utrecht ( Oie Cronike ofke die Hialwie van iiollaxvt, etc. ) ; Gowlew 1478, iB-4% efc iiefdii, 1483, in-4<'. Ces deux éditions «'étant piaa. oonocl)»» PierreScriveriuaena publié «ne troisièine, pt«s> exacte sons ce titre : Uancmnm Çhroni^mm de Goude^ ou histoire abrégée de Ut BoUanUe (en flamand ) ; Amsterdan, 1663» iB-4°, fi^ On a d'autant plna sujet» d'après Paquot» d'estinaei* ce livre que Tantenr est le premier qui dans aoo pays ait sni^priiné les vieiiHes ftibisa donâ l«s chroDiques aniérieures étaient ren^^Ueik K.

Piiquot, Mém., IX, «»-IM.

NABRSBsn ( Jean v/ln ), en laéin Nartsàmt^ poète latin, né le 9 novembre 1589, i DoidrochC, mort en 1687, h BaUvia. Do 1606 à Ml» il exerça les fonctiona ée onnistre à Gfave anr In Meuse. Banni de lioUande amc les remontnnts, dont il suivait le parti, il alla étudier In aaédecine à Caen, fut reçu docteur à Hamboans, parcourut la Piusao» la Pologne^ In BuasîB» KAllemagne, et se lixA à la cour do Snè4^ oà le roi Gustave-Adolphe le nomma à la fcîia 8«n médcein et son Ustoriopaphe. Après la mort de ce prineo ( 1632 ), il revint dans son paya, et fat attaché en 1635 à Tadminlstfation de la Gompngliie des Indes, On a 4e hit r Bigaétmicta^ear^ mine heroieo deacr^a; Rig», 1635» Jn-<4P; •» ifeva Pomerfjliaf liberaia^ aUaquê peewêcOa sueeo-borussiea ; SlocUioIna, 1637, in-4^ ; «- GustaMoê^ sive de belU> suedhoustrioeo ttd. ///; Hambourg, 1632, in-4'' : ce po6mo est suivi 4'niMK nombreuses pièces do vora; l'aa* teiir y a ajouté en 1634 un quatrième livre ; — Gustavuâ SauciuM, tragœdia; Francfort, 1633, ln-4*. K.

Yaa Baleo, Bnehrjf». vam Dorér^ekt, p. lt4 et USIl

— G. Matttkift . Contpeetui Aisf. medieorum , p. SI7.

NirrB ou RBFB ( Gaspard ), en latin A'«^ vius, médecin allemand, né à Chemnitz, en 1514, mort vers 1580. Reçu docteur en médecine, il fit un assez long séjour en Italie ; plna tard il devint médecin de l'éleclear de Saxe, et ftot aussi appelé à enseigner son art à l\miver< site de Leipzig. On a de lui : De vense sectione ; Leipzig, 1548, in-4*; — > De ratione alterandi humores per medieamênta ad purgandum; iWd., 1551, ln-4«; ^ ConsHia medtca ; Francfort, 1598, In-fol. , et 1616, in-4*.

Son frère, Jean NfVK, né en 1499, mort en 1574, suivit la même carrière, et devint également médecin de l'électeur de Saxe. I! collabora activement aux travaux botaniques de Matthioli, pour la publication desquels il dépensa

une forte somme d'argent. O.

Adaml, Fit* meâieorum, — Wlltoeb, Jrttmm ffibtêatheem jtmmèmngmÊi», * Kettoer, Meéêciniêtàm G^krlen-lexi^om.

NJKTirs ( Cuelus ), oélèbro poète latin, né

tîS

WiEVIUS

mt 271 avant J.-C, nort vers 30t avant

J.-€. Sa via est trèa-peo oonue ; »a Datioaa-

lâne ait iacadaiiifc Od ««ppose ^àu^rale-

qa*tl était Campanien d'origine, parce que

Aiil»Gelle, rapportant Tépitaphe de Il«ma

faite par hi^mteie, dit qa'cHe est pleine d'or-

gnetJ cmpaaien ( plénum ti^mrbix eam^

pamm). Ktassminn, un dca derniers édSIeur»

é»/ragmemiê dellavrios, pense qnece poêle

était AamaÎB (1). Il en denne pour raisens que

Cieéron le dte dans k De Oratore (III, 12)

roiMifi un modèle de pureté d'étocntion MHie,

et que le prorerbe sur Torguail cainpanian était

d'une application si générale, qu'on n'es peut

tirer aucune induction pérticulière. Cea preuves

font loin d*éfre dédâives. Cicéron, qni cite anssi

Plante comme un modèle de pure latinité, a bien

pu donner le même éloge h un Campanic». Bien

qne la Tioité dea Campaniena fùt proTerbiale,

l'application que Auln-Gelle foit de ce préverbe

De saurai! gaère convenir qu'à nn CampanieiL

Koua pensons donc qu'il était natif de CaiH#aoi®>

mais (yi'il (ut amené de bonne beure à Rona.

La date de sa naiasance est inconnue; cependant

comme il mourut vers 202, à un Age «varné^ et

qn'ii servit dans la première gnerre punique

( 264-2M 1 ), on pent la placer avec vraisembUnco

vers 272 on peut-être un peu plna tard (entra

172 et 264 K Rsvius débuta par la poésie dra-

BUtiqne» genre emprunté aux Greca et réBon*

meot introduit à Rome par LIvina Andronicua.

Il y a incertitude sur rannéa précise où Mseviua

fit jouer sa première pièce ; l'opimon la ploa

probable aat que ce tut en 23S ou 234. Naavioa

appartenait à ce parti plébéien et national qui

repoussait les inoovalions que rariatocratie (êr

Torisaitéans Ica mœurs et dans lea' lettres. Par

ce rude et e&dnsif patriotisme il se rapproanait

de Gatoa le Censeur, beaucoup plus jeune ^p»

Itti» et ii semble que, malgré la difEârence dos

tges , il existait entre eux une étroite amitié.

Plus tard, lorsque Catoa éCsit déjà entré dans la

Tîe publique, Nsavina osa imiter contre Taria-

toeralie romaine les andacienses attaqvea per-

sonneilea d'Aristopbane centre Cléon. Aaln«Gelle

Doos a conservé quelques vers de kii contre le

premier Sàfâon rAfricaiii :

Wam qmt re% saKaas Mtoo utpc geanit gluiiMt, r^Mfirti vlTa Q«ae«lcent, qoi apiid «(rate»s«<ii»p«Ut, Eaa sauft pater com pallio uno ab amlca abdnxU..

[ Même eeloi qui de sa mai» a souvent accompli glorieusement de grandes choses, dont les baots faits vivants sont dans tout leur érJat, et qoi ^enl domine toutes nos grandes maisons, £on père l'a ramené de chez sa bonne

(1) Dtt temps du poCte NbtIus 11 nistalt one n«lM>a (irbéicoiie (te» Vmtka. { Hfmvia p«fU}»dofit ■• ées BeiBi»re«. le premier nentlonné duti Tbittolre^aedis* ttainia comme eeiilurion au skége de Capoue en Sll. Auena ««• Il»fla« n'oMnl «om la république le eon- >«I«t Cette aigalte a'cntra daii« lear maison qv'en m *|Mti J.-C. Let surnoms de la gens Nsevia sont Bal- *M, 3tatko, Crista» PotUo, Turpio, Capella, Sur-

couvert de son seul manteau (c'es^t-à^dire sans tunique ou, comme on dirait en français, sans ehemise).]

Celte allnsien è quelque peecadffle de jeu* nessedu grand Scipion paraîtra plus ptqvante st l'on songe que Rome entière reientfssaft alors du récit do la continence <ia Sdpion an siège de Carthagène en 210. Un peu phia tard, et probablement sons le consulat de Q. CsectHoa Metelltts, en 206, Nœvîns m permit une altaqne contre la puissante familie qnf était alors si sonvent en possession des hautes magistratures ; it prétendu qne les MetelHis devenaient consuls non par lenr mérite mais par l'effet du sort :

Fito MeteIR Roma fiant consulet.

Un des Métellos, le consul Q. Caediius, dit-on, on plutôt quelque poète de ses clients répondit par un excettent vers saturnien, le pins pxact que Ton connaisse :

Dabunt maloro MetelU NstIo poet«.

[ Les Metellus chAlieront le poète Ifxvius. ] Les HeteUns ne s'en tinrent pas À la menace; ils intentèrent au poète une action en vertu de la loi des Douze Tables qui pmussait de mort les libelles diffamatoires. Maevius échappa an dernier supplice ; mais il fut remis k la garde des trois magistrats chargés de rexécotion des sentences criminelles ( triumviri eapUales ). La prison l'amena A résipiscence, et ii fit amende honorable par son i^evin ( HarUUus ) et son LUm {Uon y. Alors les tribuns le fixent mettre en liberté. Son repentir ne fut pas <le longyn durée. Il commit contre l'aristocratie une nouvelle offense^ qui fut punie de rexiJ, et choisit Utique pour le lieu de son bannissement II y acheva son poème sur la première guerre punique, et il j mourut, en 204» si l'on en croit Cicéroo, qui s'appuie ici d'un passage d'£nnius,t oo plotât en 202, suivant la Chronique d'£usèbe, qui semble fondée sur l'autorité de Yarron. Le poète s'était composé à lui-même l'épitaphe soiva^te:

Mortilea Inmortalet flere %X forci fat» ,. Fièrent Dine Cameos Ncvlum poetani.

Itaqae postqnara est Oratno tradttnft tbesauro , ObltU aoBt Romaal lofoter lallua Unga».

[ SU était pennitt aux fmmortets de pleurer l(*s mortels, les divines Gamènes pleureraient le poète Kaeviu'; ; car dès qu'il eut été livré an trésor de rorcns, les Romains oublièrent de parier la langue latine, j

En se composant cette épitaphe naïvement orgueilleuse, Nœvius ne se vantait pas autant que le prétend Aulo-Gelle. A un certain point de vue NsBvius fut en efiet le dernier dps barde» nationaux, le dernier qui honoi^ fet> €afnènes italiques et fit usage du vieux mètre saturnien indigène, et du latin exempt d'héllénismes. Après lui les muses grecques, le vers hexamètre et le latin hellénisé $('introduijiirent à Rome. I^iTvius composa un poème en vers saturniens sur la première gnerre punique. Il n*en

NiEVlUS — JtAGONlUS

reste qu'un petit ootnbre de fragments , qui ne permettent pas de suivre la marciie du poëme; on croit qu'il commençait par la fuite d*Énée après la ruine de Troie, sa visite à Carthage, son amour avec Didon et divers autres légendes liées à l'histoire primitive de Cartilage et de Rome. Eonius, le poète de l'aristocratie et de rinfluence heiléDique, le premier des poètes classiques, comme Nœvius est le dernier des poètes nationaux, reprit le même sujet et le traita en vers heiamètres. Il parla avec dédain de son prédécesseur. •* D*autres, dit- il, ont traité ce sujet dans cette sorte de vers que chantaient les Faunes et les bardes » lorsque nul encore n'avait gravi les sommets des Muses ni n'était soigneux de la diction (!)• » Mais tout en afTectant de le mépriser, il le pillait. Virgile aussi profita largement dn vieux poète latin; il lui emprunta entre autres passages la description de la tempête dans le premier livre de VÉnéidCf le discours d'Énée à ses compagnons et les paroles de Vénus à Jupiter. On attribue à Naevius une traduction de VIliade Cypriaque ou Chants CypriaqueSy poème grec de Stasinua ou Leschès ; mais c*est probablement une erreur. Cette traduction, qui était en vers hexamètres, parait plutôt appartenir au poète Laevius, avec lequel Maevius a été S4)uvent confondu ainsi qu'avec Nonius et Ennius.

Nœvius, placé à l'extrémité de la période littéraire nationale et sur la limite de la période latino-hellénique, ne resta pas insensible k l'influence grecque. Il composa des tragédies et des comédies, en grande partie Imitées ou traduites des poètes athéniens. Il ne reste de ces pièces que des fragments, pea nombreux, et les titres suivants : Alcestis, Danae, Equus Trojanus, Hector, Besiona, Iphigenia, Lycurgus^ Phœnissœ, Protesilaus $eu Laodomia, Acontizomenos, Agrypnunte$, Apella, Assitogiola^ Carbonaria^ Ctastidium, Colax, Cwrollaria^ Cosmeiriat Démentes, Demetrius, Dtobolaria, Erularia ( Aulularia ), Figulus^ Gtaucofiui, GymnastiCîu, Hariolus, LeOn, Lupus, yautx, PaciUus^ Peltex, Philemporos, Projecttis, Pullif Quadrigeminif Sanniones, Sialagmus, Stigmatias, Tarentilla, Testicularia, Therimus (ThermusP), Tribaselus, Tripkallus, Tunicularia, Outre ces pièces régulières, Mœ vins semble avoir composé des interludes ( Ludi ou ^atirx ).

Les Fragments de Maevius ont été publiés, avec ceux des autres poètes latins, par H. Estienne, Paris,, 1564, in- 8% et dans la collection d'Almeloveen , Amsterdam, 1686, in- 12. Les Fragments de la Guerre Punique ( Bellum Punicum ), avec ceux d'Ennius sur le même sujet, ont été publiés par P. Merula; Leyde,

(1) Seripsere slii rem

Verelbn*, quo» olim Fauoi vatesque canebant, Cam neque Musarum icopulos qulsqtiam auperarat. Née dieu studlosiu erat.

1595, in-4"; par Spangenberg, Leipzig, 182â, in-S**. On les trouve aussi dans les Elementa doctrinx metricx de Hermann et dans le traité de Duntzer et Lersch intitulé De versu quem vacant saturnio ; Bonn, i839. in-8*; Vahlcn en a donné une édition plus complète et plus correcte, Leipzig, 1854, in-4®. Les Fragments des pièces dramatiques ont été recueillis par Deirio, Syntagma tragœdia latinx, Paris, 1619, in-4°; par Maittaire, Londres, 1713; par Bothe , Poetarum Latii scenicorum frag^ menta , Leipzig, 1834, t. V et VI. Klussmann a donné une édition de tous les Fragments de Naevius ; léna, 1 843, in-8''. L. J.

Aula Celle, ^ocfe« ^Mob, I, t»; III, 9; VI. 8. -> CiGéroD, De Oratore, Ul, IS; Caton, 6, 14; De Sefiect,, 14 j Brutus, IS, 18, 19. — Eusébe, Chron. Oljfm.^ c. Xi.IV, S. — Saétone, De lllutU gramm,., s. — Maerobe, Sat.^ VI, s. - Horace, BpULy 11, l. U. — Wolcbert, Poeiarum UUinorwn reliquUe. - Neukircb, i>t Fabula toffaïaMomanorum; Leipzig, ISM. — Klus»mano. Notice sur Nêeviut, en tête de son édIUoa. — SmlUi, Dictionuf^ ttfgrukand rmnanbU>graphg»

NAGBL.^ Paul)^ astrologue allemand, mort en 1621. 11 fut professeur à Leipzig, puis recteur de l'école de Torgau. Il s'adonna aux pratiques de l'astrologie, se crut destiné par la Providence à expliquer les mystères de l'Apocalypse, et renouvela les visions des millénaires. 11 avait dans ses écrits fixé le commencement de l'âge d'or à l'année 1624. On défendit de l'enterrer dans le cimetière ordinaire, et le^ femmes qui lui rendirent les derniers devoirs furent punies de la prison. Ses principaux ouvrages sont : Prodromus astronomiae apocalypticse de motibus tam stellati ftrnuimenti quam ecclesiastici; Dantzig, 1620, in-4<*; — De quatuor mundi temporibus; ibid., 1621, in-4*; — Prognosticon astrologicum ;'Hd\\e, 1630, iii-4^ Plusieurs théologiens écrivirent contre ce fanatique, entre autres Philippe Arnold, qui le réfuta dans le traité intitulé Anti-Nagelicei (Kœnigsberg, i623,in-4<'}. K.

Llppenias, Bébtiotheca theologiea, l* part. — Balllet. Juçem. det Saoants, tu-4«. t. VU, 188 et 189.

HAGLi (Francesco), dit le Centino, peintre de l'école bolonaise, né à Cento, florissait au milieu du dix-septième siècle. Élève du Guerchin, il imita avec assez de succès son coloris et son clair-obscur ; mais son dessin est sec, ses figures sont (h>ides et manquent de mouvement, et ses compositions indiquent une imagination bornée, tl a travaillé surtout pour les églises de Rimini,et c'est à celle de Notre-Dame-des-Angea que se voient ses principaux ouvrages. E. B^n.

Lanxl , Storia PIttoriatk " neozzl, Dizionario. ^ GMda di Himini.

NAGONirs OU PANGOMiiTS , poête latin moderne, dont Teiistence est peu connue ; selon les uns il était né à Chambéry, en 1451» et il mourut à Rome, en 1505; selon d'autres il était originaire de Pologne ; peut-être se lx)rna-t il à y faire un voyage ; ce dont on convient unanimement, c'est qu'il fut couronné à Rome, ver^

NAGONIUS — NAHARRO

14S9, comme poète lauréat et qu'il jouit de la faveor de plusieurs papes. On a publié à Craoovie en 1 537 des Elegix et une Oratio ad Peirum Wupowski; en 1777, J.-L. Scherschnik donna à Prague une édition des Poematum libri /F de cet écrivain , dont les vers n*ont nok qui les recommande à la postérité. 6. B.

TlraiMMchl, Storialétttrûria, t. XVil« p. M,

HAGOT ( françoiS'Charles ), écrivain ascétique français, né à Jours, le 19 avril 1734, mort à Baltimore, le 9 avril 1816. Admis dans ia'^congrégation des prêtres de Saint-Sulpice, il fat envoyé comme professeur de théologie au séminaire de Mantes. Supérieur de la maison desRobertins àParis (1769), il devint ensuite supérieur du petit séminaire de Saint-Sulpice, puis directeur du grand séminaire. La révolution le décida en 1791 à se rendre à Baltimore, où Pie VI venait d*ériger un siège épiscopal, dont le diocèse comprenait to^t le territoire des États- Unis. 11 parvint à établir dans cette ville un séminaire et un collège qui jouit aujourd'hui de tous ks privilèges d'une université. 11 conserva jusqu'en iStO la supériorité de ces maisons, dont ses infirmités l'obligèrent de se démettre. Ses principaux écrits sont : Relation de la conversion de quelques protestants; 1791, 1794, in-12; — La Doctrine de l'Écriture sur les mUFoetes; Paris, 1808, 3 vol. in-i2 ; trad. d'un ouvrage anglais de Georges Hay ; — Vie de M. OHer^ curé de Saint-Sulpice ; 1813, in-8^; — en manuscrit diverses traductions d'ouvrages de piété anglais. H. F.

L'^mi ée la Heligion, 1B1€, — L'Église de Bretagne, par fabbÀ Trcsvaut. — France ecclésUiitique , paasim.

HiHABRO ( Bartolome de Torrcs ), poète dramatique espagnol , vivait dans le seizième siède. On n'a sur sa vie obscure et malheureuse qu'on petit nombre de détails, contenus dans la lettre de Juan Baverio Mesinerio en tête des Propaladia. Il était né à Torrès, sur les frontières do Portugal. Après avoir été captif à Alger, il Tut racheté et visita Rome vers 1514, espérant trouver un accueil favorable à la cour de LéoD X. Mais il eut l'imprudence d*écrire oae satire contre les vices de la cour pontificale; ce méfait |H)étique l'obligea de s'enfuir à ^ples, où il vécut quelque temps sous la protection de Fabricio Colonna. Ensuite on perd de vue ce poète, qui mourut, dit-on, dans la pauvreté. Ses Œuvres, publiées pour la première lois par lui-même à Naples, en 1517, et dédiées ^ on noble espagnol, ami des lettres. Don Fernando Davalos, le mari de Victoria Colonna^ sont intitulées Propaladia ( on Premiers Fruits de ioo génie ) ; elles se composent de satires, d'épltres, de ballades, d'une lamentation pour le roi Ferdinand, mort en 1516, de quelques autres poésies et de huit comédies en yers, qui occupent la plus grande partie du volume. Ces Pi^ se ressentent du séjour de l'auteur en Italie, et quoique souvent grossières et in vrai -

RODV. UOCR. CÉNÉR. — T. XXXTII.

semblables, elles sont en avance sur ce que l'Espagne possédait en ce genre; en voici les titres : La Serafina , où l'on trouve un gracioso ou valet bouffon, personnage dont un siècle plus tard Lope de Vega réclamait l'invention ; — La Soldadesca, sur le recrutement des soldats pontificaux à Rome ; — La Tinelaria, ou La Salle à manger des serviteurs, dans laquelle sont représentés les désordres d'une mai.son de cardinal; — La Jacinta, sur une dame romaine qui fait conduire par force dans son château plusieurs voyageurs et se choisit un maii parmi eux ; — La Aquilana, sur les aventures d'un prince déguisé qui vient à la cour d'un fabuleux roi de Léon et obtient par des exploits chevaleresques la main de la fille de ce prince ,- — La Calamila, sur les aventures d'un enfant noble volé à ses parents et élevé dans unehumbleoondttiou ; — enfin deux drames, Trojea et Uymenea^ qui |)àr leur étrangeté méritent une mention plus détaillée. La première de ces pièces est en l'honneur du roi Alanuel de Portugal et des découTfrteg faites sous les auspices de ce prince dans l'Inde et en Afrique. Après un prologue ( introyto ) de trois cents vers environ, la Renommée entre en scène, et annonce que le grand roi a conquis plus de terre que Ptolémée n'en a décrit; sur cette assertion Ptolémée lui-même sort soudai» nement des Enfers, et donne à la Renommée un démenti, qu'il retire après un assez long débat. Au second acte deux l>ergers viennent balayer le théâtre où le roi doit faire son apparition ; ils s'amusent beaucoup de la pompe déployée pour la réception royale; Ton d'eux s'assit sur le trône et imite grotesquement le curé de son village, puis les deux paysans se querellent; mais un page intervient, et les envoie arranger l'appartement royal. Le* troisième acte est rempli tout entier par le discours d'un interprète qui porte la parole au nom de vingt rois orienttaux et africains, venus pour rendre hommage k la couronne du Portugal. Au quatrième acte quatre bergers offrent au roi un renard , un agneau, un aigle et un coq, et exposent devant sa majesté, toujours silencieuse, la signification allégorique de leurs présents. Dans le cinquième et dernier acte, Apollon remet à la Renommée, qui les distribue au public, des vers en Thonneur du roi, de la reine et du prince royal. Les bergers se plaignent de n'avoir pas de part à cette distribution; un d'eux prétend qu'il répandrait tout aussi bien que la Renommée les éloges d'un rot si elle voulait lui prêter ses ailes. La déesse y consent. Le berger après s'être adapté les ailes essaye de prendre son vol; mais il tombe lourdement à terre. L'autre drame, appelé VHymerrea yaui mieux. Hymenes, le héros de la pièce , amoureux de Febea , vient, avant le jour, devant la maison de celle qu'il aime, et fait avec deux serviteurs le projet de donner une sérénade à sa belle. Quand il est parti, les deux serviteurs causent de leur position , et Boreas,

131 NAHARRQ

Ton ô'eaXf aToue qu'il est désespérément amoareux de la saivante de l'héruiae. Cette passion du seryiteor derient, dans tout le cours de la pièce, la contre>partie grotesque de celle du maître. Mais è ce moment le marquis, frère de Febea, arrive avec deux domestiques ; il met en fuite les serviteurs d^Hymenes, et se doutant qu'il 7 a de l'amour sous jeu, il annonce qu'il Ta faire bonne garde. Au second acte Hyroenes donne la sérénade à Febea, qui promet de le recevoir la nuit suivante. Le troisième acte est consacré aux amours de Boreas et de Doresla. Au quatrième acte, le liéros entre chez Febea laissant ses serviteurs à la porte ; survient le marquis, qui les met en Tuite. Au cinquième acte le marquis , irrité , se précipite dans la maison , bien décidé à tuer les deux amants ; mais il s'adoucit , et tout se termine par on double mariage. Ces analyses ne donnent pas sans doute une idée avantageuse de la manière dont sont conduites les pièces de Naliarro ; mais sa versification est vive, coulante et ses idées sont si hardies, m peu reS|>ectucuses pour i'Ëgiise que rinqoiàition les interdit bientôt Les Propaladia furent réimprimés à Séville en 1520, 1533, 1545, à Tolède, 1535, à Madrid, 1573, et une sans date à Anvers. L'édition de Madrid a été expurgée; dans les anciennes éditions on ne trouve ni la Calamiia,Di VAguilana. N.

Klcobs Antonio, Btàiiotheca Nispana nova, — Tlck* Bor, HUtory itfspantih Uteraturt^ t. III, p. t47.

VàUL {Jean-Samuel) f sculpteur allemand, né à Anspach, en 1664, mort en 1728, à léna. Fils de Matthieu Nahl, sculpteur de la cour d'Anspach,il s'adonna au même art que son père. Il s'établit en 1690 à Berlin, et devint membre de l'académie de» beaux-arts de cette ville ainsi que sculpteur de la cour. Il passa ses dernières années en Saxe. On cite comme une de ses prin* dpales œuvres le piédestal orné de bas-reliefe qui soutient la siaXue équestre du roi Frédéric Guillaume /«'*, placée à Berlin. O.

Le fils ( Jean,- Auguste ), né à Berlin, en 17tO, mort à Cassef , en 1781, fut hiitié à l'art de la sculpture par son père et par Schliitter. Il visita la France et l'Italie, oi!i il fréquenta divers ateliers. En 1741 if fut appelé à Berlin pour décorer les grands édifices que le gouvernement faisait alors élever dans cette vHIe et aux en- Tirons ; il exécuta à cet effet beaucoup de statues, de bas- reliefs, de vases sculptés, etc. En 1746 il se rendit en Suisse, où il resta neuf ans; son travail le plus remarquable de cette époque est le monument funéfaii'e de la femme du ministre Langhans, placé dans l'église de Hindelbank. En 1755, H se fixa à Cassel; il y fut pendant plusieurs années professeur aif Collegium Carolinum ; il exécuta entre autres le mo* dèle en plâtre de la statue du landgrave Frédéric //.

Le petit*filft de Jean-Samuel ( Samuel), né à Berne, en 1748, mort en 1813, se perfectionna

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