NANTEUIL
la chair, n 11 disait qu*il y a de certains endroits da visage qu'il faut exactement consitiérer parce qu'ils servent de mesure à tous les autres, et que quand une fois on a donné exactement ces traits, le reste est immanquable (1). 11 appliquait ces principes eo laissant le plus souvent à ses élèves le soin de graver les parties de ses portraits qu'il considérait comme accessoires. 11 fiiisait lui-même les yeux , le nez , la bouche et fréquemment les joues de ses personnages.
Les principaux collakwratears 4.e Nanteuil furent son beau-frère, Nicolas Regnesson, Nicolas Pitau , P. Simon et Corneille Vermeulen. Son œuvre se compose , selon M. Robert DumesntI, de 234 pièces. Sur les 216 portraits qu'il a gravés et dont plusieurs sont grands comme nature, un certain nombre ont été faits pour orner des thèses. On compte dans son œuvre 1 1 portraits de Louis Xi Vf 2 de la reine mère Anne d'Autriche^ 6 du ministre Colbert, 10 de Le Tellier, 14 de Mazarin. Les pièces les plus estimées sont les portraits de Pomponne de BeHièore^ d'après Le Brun ; du Maréchal de Castrlnau ; du puëte Loret (1658); de Lamoiie Le Vayer (1661); de Le Tellier (1661) ; à Anne d* Autriche; de ZoKt.9 X!V (1665, 1668, 1672 et 1676); de Corder/(1668); de Van StembergheUf avocat hotlandai>«(l868); du Duc d'Orléans (1671); dUrnauld de Pomponne (1675). Ce sont des chefsd'œuvre que l'on ne saurait se lasser d'admirer. « La physionomie est si vivante, dit M. Georges Duplessis, les yeux et la bouche, parties du visage où résident particalièremeut l'intelligence et l'expression , sont dessinés avec une telle justesse que l'on doit s'associer pleinement à l'opinion des auteurs contemporains, qui ont tous vanté la ressemblance des portraits de Nanteuil... Comparé à Robert Nanteuil, Gérard Edelinck obtient facilement le premier rang : chez ces deux artistes, le dessin est également précis, la physionomie aussi justement exprimée, la pose aussi heureusement choisie; mais la couleur, calme et douce dans les portraits de Nanteuil, est toujours plus riche dans les œuvres d'Édelincfc. » H. H— If.
BaMàn, Diet. dêt Graveurs, — Habert el Rose, VII, no. -^ Joubert . Il, 308. — Nagler, Neueâ jéllgem. KûnstlgT' t0Tiknn, X. — Longht, I, 149, S6S. — Robert Duin<*MiiI. la Peintre graveur fronçait, IV, 31. — Perrault Im Sommet Uluttrtt dé ce siicle, — Richard, dnnt le Magailn PUtoretgue, octobre 18S9 — AlreMves de VArtfran' fa 15. — Diichéne, Deseriptiftn det ettampet expotéet dont la gnlerie de ta Bibltf4hêque impériala — Gcorffcs DoplcasiM, Hitt. de ta gravure en Frànee; i*ari% I86l, lo-S*.— Ch. I.e Blanc, Manuel de rjémateur d'Bstampet,
NANTEUIL (Gaugirar de), aiitcur drama* tique français, né à Toulouse, en septembre 1778, mort après 1830. Il fiC ses études dans sa ville natale, et, poussé par songoAt pour la littérature dramatique, vint à Paris en 1800. Il s'y lia avec Ch.-Guil. Etienne qui, du même âge que lui» débutait aussi dans le journalisme et s'était déjà feit représenter avec succès sur des théâtres
(1) RechereAes hitloriquet et evrieutet» 1711.
d'un rang secondaire. Ils associèrent leurs plumes, et produisirent plusieurs pièces forta<i;réables. Plus tard Nanteuil travailla seul, surtout pour l'Opéra- Comique. Lorsf|ue Etienne devint censeur impérial, il Ot entrer son ancien collaborateur dans l'administration dont il faisait partie. La carrière de Nanteuil n'offre aucun incident remarquable. Parmi ses nbmbreuses produclioiis nous citerons seulement celles qui ont été imprimées. La Confession du Vaudemlle (aree Etienne); Paris 1801, in-S** ; — La Désirée, ou La Paix de village, allégorie*vandeville (arec Etienne et .Moras ) ; ibid.; — V Apollon du Belvédère, ou ^*or{fc/«, folie- vaud. -impromptu (a?ec les mêmes); ibid., id. ; — Les deux Mères, comédie (avec Etienne); Paris, 1802, in<8*; ^ Le Pacha de Suresne, ou l'amitié des femmes t com. (avec Etienne ) ; ibid., Id. ; — Vie de François-René Mole, comédien français et membre de l'Institut (avec Etienne); Paris, 1803, in-12;
— Le Tuteur fanfaron, ou ta vengeance d'une femme; Paris, an xt (1803), in-8®; -^ La pe* tite École des Pères, com.; ibid., id. ; — la Mode ancienne et la Mode nouvelle, comédie en vers; Paris, an xii (1804 ), \n^**\ — L'Ean et le Feu, ou le gascon à V épreuve, opéra bouffon; ibid., id. ; -^ Isabelle de Portugal,ou l'héritage, com. historique (avec Etienne); ibid., id. ; — l^s Maris garçons, com. mêlée d'ariettes (avec Etienne) ; Paris, 1806, in-8° ; — Le nouveau Réveil dEpiménlde, comédie épisodique (avec le même); ibid., kl. ; — Le Carnaval de Beaugency, ou mascarade sur maS' carade, com. (avec Etienne); Paris, 1807, in-8*;
— Le Charme de la voix, opéra comique (avec Loraux); Paris, 1812, in-8^ ; — Lullg et Quinault,ou le déjeuner impossible; Paris, 1S12, in.8* ; — Le Trésor ; Paris, 1815 ; — L'Amour et le Procès, com. en vers; Paris, 1820, \n-^-
Collection det mémoiret relatift à Fart dramatl^.
— MenégauU, Mart^roioge /tt'tfralre (Paris »8l«, ln-9»).
— Catalogue de la Bibliothèque dramatique de M. de Solcinnc. — Quérard, l.a France liUéralre,— Etienne, OEtJvret iParlit, IBM, 4 rnl. ln-8»).
J 21 A .l' TBr I L ( Charles- François Lebcctf ) , sculpteur français, né à Paris, en 1792. Il étudia la sculphire chez Carlellier, et obtînt le grand prix de Rome au concours de 1817 sur le sujet d*Ajax mourant. 11 termina ses cinq années d'étude par une statue d'Euridice piquée par un serpent ({S27), figure remarquable \^r\t vérité du mouvement, la grâce de l'ensemble et la correction du mo<lèle; elle est aujourd'hui dans le jardin du Palais-Royal. M. Nanteuil exécuta ensuite : Sainte Marguerite, pour l'église de ce nom à Paris; Saint Jean et Saint Uu^ en bronze, pour l'étçlise de Saint-Gervais, àParij; une Saiade, statue colossalp en pierre pour Saint- Cloud ; le buste de Prud^hon , pour le musée du Louvre; les bas- reliefs pour le tlessns aey portes du péristyle du Panthéon; le frootonde l'église Notre Dame de Lorelte; enfin, en der-
NANÏEUIL
nier lieu , les bustes de Quatremère de Quincy et de Boucher- Desnoyers. M. ISanteuil a été nommé membre de TÂcadémie des Beaux-Arts en 1831, en reniplacement de son maître Cartellier, et chevalier de la Légion d^Honneur, le a avril 1837. G. de F.
Januaire statistique des Artisies français.
NAXTiLDB OU NAZiTicHiLDE, reine des Francs, née vers 610, morte en 642.' Elle fut l'une des nombreuses épouses de Dagobert l**". Son origine est inconnue : on sait seulement qu'elle était Neustrienne et Tune des suivantes de la reine Gomatrude, première femme de Dagobert. Les seigneurs neustriens et austrasiens se disputaient la faveur royale. « Les Neustriens, rapporte Mézeray, qui connoissoient l'in* dinalion amoureuse du prince, le portèrent à répudier Gomatrude (qui étoit Austrasienne), sous prétexte de stérilité, pour épouser Nantilde, Tune de ses suivantes (qui étoit de leur nation). » Le nouveau mariage s^accomplit à Paris, en 629. Les Neustriens, représentés par leur maire Éga, devinrent tout-puissants; mais Nantilde ne jouit pas longtemps seule de Tamonr de son époux; dès Tannée suivante, c»mrae il visitait le tour de rAustrasie, il appela aans son Ut une fort belle jeone fille, nommée Ragnetrude, dont il eut un fils, Sigebert. Quelque temps après, il épousa encore deux autres femmes Wulfegunde et Berchiide (1). Malgré les nombreuses infidélités de I>agobert, il ne paraît pas que son aiïection pour 5aoUlde se soit sensiblement refroidie ; car en 634 cette reine accoucha d'un fils, qui reçut le nom de Clovis , avec Tassurance de régner, dès sa naissance, sor laNeustrieet la Bourgogne, et lorsque Dagobert mourut à Saint-Denis,le 17 janvier 638 , ses dernières parole.s furent pour recommander iostamment Clovis et sa mère aux leudes qui entouraient son lit'de mort. Nantilde s'empressa défaire proclamer roi son enfant, et en prit la tutelle sous la protection du maire de la Neustrie l^ga. En 641 elle parvint, dans une assemblée des leades, tenue à Orléans, à faire élire son proche parent Flochat, maire de la Bourgogne. Malgré les iotngoes des Austrasiens et la difficulté des temps, elle gouvernait sans trouble depuis quatre ans et demi, lorsque la mort vint la frapper, encore jeone. Elle fut fort regrettée de ses sujets.
Fréd^aire, CAron., cap.' LVIII-X.X, p. 4M, 4S7; cap. ixxiii, p. Ut; cap. LXXIX, p. US. — Hadr. Valéslua, De B«frvi Franc, ^ lib. XIX*. — Cestareçnm Franrorum, cap xu et ta. — Uezeray, Jbréçé chronologique de VHUtùtre de France, t. 111, p. 6, 11, 18, »8. — sisnondi, Hist. des Français, t II. p 13, U, 8S, 88. — Le Bas Met encjf^cpédiqHe de la France.
HA0*«BOft«os. Voy. KncBUk\ER (Thomas).
HAPiER (John)y baron de Merchistopt, ma-
Ibématicien écossais^ célèbre par l'invention des
(>) < Et avrc cela II prtt tout antant de maltreiisea qa'pQ peat déairer legoùt du ctiangement, qni Mki InflnI. QuaniA leurs nom^, cuiniDe il y en avoii beaucoup. J'ai TPiumte la fatigue de le« Insérer dans ceUe clironique. » fnedfgatre, cap. LX, p. «»7j.
- KAPIER 174
logarithmes, né en 1550, au cbâteau de Merchiston, près d'Edimbourg, mort le 3 avril 1617. Un de ses ancêtres, Donald, second fils du comte de Lennox, ayant fait, sous le règne de David II (au quatorzième siècle), une action sans égale, reçut le surnom de Nepair^ que la famille a conservé, en écnvant tantôt Napeir, Maper^ Aapier, et aussi Neper, de sa forme latine Neperus. Nous avons choisi la forme adoptée par les Napier existant aujourd'hui.
En 1563, John Napier commença ses études au collège de Saint-Andrews; il en sortit quel* ques années après pour voyager sur le continent. Revenu à Merchiston en 1571, il 8*7 maria Tannée suivante; puis il partagea son temps entre l'administration des domaines de sa famille., que lui avait confiée son père, et les études théologiques et matliématiqoes. Nous le voyons bientôt prendre part aux luttes du puritanisme et de la royaulé, et déployer un zèle fanatique dans les synodes presbytériens. Par une singulière disposition d'esprit, Napier, au lieu de se consacrer uniquement aux mathématiquâs, ne les considérait que comme un délassement du travail exégétique qu'il avait entrepris lorsque'! était encore à Saint-Andrews, savoir l'interprétation de l'Apocalypse. Il fiublia la première édition de ce travail en 1593 (Edimbourg, in-4'';; il ep donna une autre en 1611, intitulée : A plaine discovery of ihe whole révélation ofS. John, set down in tico (reaties : the one searching and proving the true interprétation thereoj; the other applying the same paraphrasticallic and historicûllic to the text; set forth by John Aapeir, L. of Merchiston, and new revised, corrected and inlarged by him^ mth a résolution of cer» tain doubts moved by some weliaf/ected brethren; vihereunto are annexed certain oracles 0/ Sibylla agreing mth the révélation and other places o/Scripture ( Londres, in-4°). Dès 1602, une traduction française avait paru à La Rochelle sous ce titre : Ouverture de tous les seciets de ^Apocalypse de saint Jean, par deux traités •* Vun recherchant et prouvant la vraie interprétation d'icelle ; Vautre appliquant au texte cette interprétation paraphrastiguement et historiquement, par Jean Napier {c'est-à-dire) non pareil, sieur de Merchiston, revue par lui-mesme, et mise en Jrançois par Georges Thomson , Écossais (10-4", 2" édit., 1605). On en connaît aussi plusieurs traductions allemandes, et deux éditions presque consécutives publiées à Edimbourg, en 1641 et 1645, in 4".
L'Apocalypse avait déjà été le texte de nombreux commentaires. L'œuvre de Napier offre ceci d'original, que son argumentation est toute mathématique, quant à la forme. En admettant certains poJitulatn, l'auteur arrive à démontrer diverses propositions telles que celles-ci : Prop. XXV. La bète à deux cornes est l'Ante-
liAPlER
christ et son règne. — Prop. XXYI. Le pape seul est cet Antéchrist prédit par les prophéties en particulier. — Prop. XXXII. Gog est le pape, et Mugog les Turcs et mahométans, etc. — Enfin Napier annonce la (in du monde comme devant arriver entre 1688 et 1700. «.... Folie est le nom, dit M. Terqnem, que donne Newton à cette exégèse apocalyptique appliquée à deviner Vavenir. Que fait-il lui-même? Il remplace cette folie par une autre, et se sert de cette exégèse pour expliquer le passé. A cette occasion on se rappelle encore cet admirable chapitre où Pascal décrit riiomme comme un composé de grandeur et de misère, et Pascal lui-même, sublime géomètre, sectaire digne de pitié, est une preuve éclatante de cette composition binaire.... »
Heureusement pour sa gloire, Napier ne s*en tînt pas à ce genre de spéculations, et c*est à lui qu'est due l'invention des logarithmes, qu'il appela d*abord nombres artificiels. Si Ton conçoit deux progressions se correspondant terme à terme, Tune géométrique et commençant par l'unité, l'autre arithmétique et commençant par zéro, tout terme de la seconde progression est dit le logarithme du terme correspondant de la première. De la formation môme de ces progressions, il résulte que le coefficient de la raison dans un terme quelconque de la progression arithmétique est toujours égal à Texposant de la raison du terme correspondant de la progression géométrique. Cette considération conduit à reconnaître que le logarithme d'un produit est égal à la somme des logarithmes des facteurs, principe d'où découlent toutes les applications des logarithmes. A. l'aide de ces nombres, on peut donc remplacer les multiplications par des additions, les divisions par des .soustractions, les élévations aux puissances par des multiplications, les extractions des racines de tous les degrés par de simples divisions. Bésultat immense, permettant non- seulement d'abréger des calculs, mais encore d'effectuer des opérations qui seraient inattaquables sans le secours des logarithmes.
C'est en 1614 que Napier fit connaître son invention dans l'ouvrage suivant : Mirifici lo- §arithmorum Canonis descriptio, ejusque ususy in utraque Trigonometria ; ut etiam in omni logisilca malhematica , amplissimi, faciltimif et expediUssimi expUcatio. Authore ac inventore, Joanne Nepero, barone Merchistonii, etc., Scoto (Edimbourg, in-4^). On j lit, à la page 7 : Admonitio. Hue usque togarithmorum genesin etsymptomata explieaHmus : quo vero calculo, quave logisticx methodo habeantur, hoc loco explicandum foret. Sed quia ipsum canonem integrum, ejusque logarithmos omnes cum suis sinibus ad singulas quadrantis minutfas primas exhibemus, ideo in tempus magis idoneum doctrinam constntcCionis logarithmorum transilienleSf ad eorum usiwi properamus ,
ut prxlibatio prius tau, et rei utilitate, ca?tera aul magis placeant posthxc edenda, auû minus saltem displiceant silentio sepultcu Prœstolor enim eruditorum de his judiciuni et censuram, priusquam cxlera in luceni temere prolata lividorum delractationi exponantur. Napier étant mort en 1617, ce fut .son fils Robert qui, en 1619, publia l'explicatioa promise par son père. Cette seconde édition porte pour titre : Mirifici Logarithmorum Canonis
descriptio expUcatio. Accesserunt opéra
posthuma : Primo, Mirifici ipsius Canonis constructio et logarithmorum ad naturales ipsorum numéros habitudines. Secundo, Appendix de alia, eaque prxstentiora logaritfimorum specie conslruendis. Tertio^ Proposationes quxdam eminentissimœ, ad triangulcL sphœrica mira facilitate resolvenda; Authore, etc. ( Edimbourg, in-4®). £n coroprenaût les Opéra posthuma, l'ouvrage renferme trois livres. Le premier contient cinq chapitres consacrés aux définitions, aux propriétés des logarithmes, à la description des tables, à leur usage et à des exemples. Le second livre ( De Canonis mirifici logarithmorum prxclaro usu in trigonometria) est divisé en six chapitres : on trouve dans le sixième les formules de trigonométrie sphérique qui portent le nom d'Analogies de fseper.
Les Opéra posthuma, que précède une' préface de Robert Napier, ont pour titre particulier : Mirifici Logarithmorum Canonis constructio una cum appendice de alia atque prxstantiore logarithmorum specie condenda, quibus accessere propositiones ad iriangula sphxrica faciliore calculo resolvenda : Una cum annotationibus aliquot doctissimi D. Uenrici Briggii (1), in eas et memoratam appendicem, La manière dont Napier envisage les logarithmes offre une certaine analogie avec celle dont Newton considère la génération de ses fluxions. H exécute très-simplement le calcul des progressions qui lui sont nécessaires. Du reste, Napier ne s'occupe que des logarithmes des lignes trigonométriques. Dans son système, le logarithme du sinus de zéro est l'infini positif, celui du sinus de 45" est nul ; enfin, pour l'arc de 90® le logarithme du sinus est l'infilni négatif. On voit donc que ce système n'est pas le système particulier de logarithmes hyperboliques auquel on applique, depuis Lacroix, le nom de logarithmes népériens,
Napier a encore pablié : RabdologUe (2) seu numerationis per virgules libri duo : cum appendice de expeditissimo multiplicationis promptuario, quibus accessit et writhmeticM
(t) 4 peine Napier eat-ll pablié son premier ouvniie que Briggs alla le trouver & E4trabourg et lut proposa de changer ann aystème de logarUhmct et de prendre la base 10, adoptée aujourd'hui pour lea logarithûies vulgaires.
(1) De ^dSâo;, baeiUtu,
NAPIER
Ixalis liber unu8 (Zàimboarg, 1617, iD-12). Od y troore la descriptioo de rinstrament à calculer appelé bâtons de Neper, Daos la dédicace, Napter parle des logarithmes vulgaires, doot il espère que Biiggs construira les tables.
£. Meruedx.
Mootadâ. BUMn du Mathimatique». — Maserei, imptorrs logaritkmiei (Londres, lltl). — DeUmbre, HUloinde rastranomié moderne, 1, 491 et wq. — Mark Ibpier, MeauÀrt of fohn ffapier of MerchMon, etc. (Ëdimboarff, tss», lo-8« de isv paset). — B\ot, Journal deiiar<m/s( année 18SS, p. lil-l«t, tn-ro}. — Ter« fBciB, Komelte» ^annales de mathématiques, XIV, isu.
XAPiBR (Sir Charles-James), général anglais, Dé le 10 août 1782, en Irlande, mort le 29 août 1853, près de Portsmouth. 11 était fils allié du colonel Georges Napier, contrdleur des comptes en Irlande, et de lady Sarah Lennox, fille du duc de Richmond (tH)tr ci-après sir Wiluah ). Après quelques études faites sous les yeux de son frère, il entra à douze ans comme enseigne dans le 22* régiment de ligne, et fit un service actif lors de Tinsurrection de l'Irlande en 1798 eteo 1803. Ayant obtenu une commission, il passa en Espagne en 1808. Il commandait le 30* régiment de ligne pendant la terrible retraite $or La Corogne sous John Moore, y reçut cinq biessores et fut fait prisonnier. Son état était tel qn'ii obtint la faveur de se rendre en Angleterre. Il y trouva ses parents en deuil , à l'occasion delà nouvelle de sa mort, et en possession de fadmioistration de ses biens. Forcé à l'inaction pour se faire traiter, il employa ses loisirs à écrire sur les colonies , les lois militaires et l'état de ririande. Se jugeant suffisamment rétabli, il rejoignit Tarmée anglaise dans la Péninsule comme îolooUire (1809). Il avait un malheur particulier dans presque foules les actions. A Coa, il ent deai chevaux taés sous lui ; à Busaco, il reçut uœ balle qui, pénétrant au côté droit du nez, IraTersala màclïoireà gauche et en brisa l'os en fngroents. Il prit part à la bataille acharnée de Focales de Onoro, an second siège de Badajoz, ainsi qu*à beaucoup d'actions moins importantes. Eo 1813, on le trouve servant à bord des navires qui surveillaient la côte des Étals-Unis, et employant son temps à capturer les navires américains et à faire de fréquentes descentes. li revint en Earope quelque» jours trop tard pour se trouver à la bataille de Waterloo; mais il prit part à Tassant de Cambrai , et accompagna Tarroée anglaise à Paris. Peu après, il fut nommé gouverneur de Céphafonie (Iles Ioniennes), et c*est là que ses talents administratifs commencèrent à se développer. Il parait qnll se fit aimer de ses administrés , car jusqu'au jour de sa mort cenx-ci lui donnaient le MTO de père, et lut envoyaient tous les ans le neillear de leurs vins. Toutefois, il ne garda pas tt poste de longues années , et se vit remplacé ^Mjnement. C'était sans doute par suite d*un noflii d'autorité avec ses supérieurs et de son c^vsctère violent et rude. Mais il regarda ce
\ traitement comme un outrage et nne injustice, j et le souvenir s'en est conservé dans ses lettres. En 1838 et 1839, il commanda le district militaire du nord de TAnglcterre, et ayant été nommé major général, il fut envoyé dans l'Inde pour commander l'armée du Bengale (1841). Ce fut un moment décisif dans sa carrière. A Bombay, il attira Tattention par ses plans énergiques de réforme militaire, et il continua de s'en occuper jusqu'à la nomination de lord Ellenborôugh comme gouverneur général deTInde. L'arrivée du gouverneur lui ouvrit un large champ d'activité. Il fut invité à faire le pian d'une campagne dans l'Afghanistan. A cette époque, il y avait une grande confusion dans le Scinde, et les désastres de Caboul avaient fort affaibli Tinfluence et le prestige des Anglais. Les Ameers du Scinde étaient perfides, et comme ils ne respectaient aucun traité, il fut résolu de les subjuguer par la force. Les plans de Napier étaient hardis et nouveaux, et son tact ainsi que sa vigueur militaire en assurèrent le succès. Il emporta la forteresse d'Emaum Ghnr, qu'on avait toujours regardée comme imprenable. Wellington en parlait comme d'un exploit des plus curieux et des plus extraordinaires. Profitant de ses avantages, Napier s'avança hardiment, malgré le petit nombre de ses troupes, et à Meeanee il mit en déroute les Ameers ( février 1S43). En quelques jours l'armée prit possession de Hyderabad, et ayant surpris, par une habile roanceuvre, Shere Mohammed (surnommé le Lion), il le chassa devant lui-, après avoir fait un grand carnage des ennemis. Devenu maître de ce beau territoire, il se mit avec ardeur au travail d'organisation civile et politique. Il partagea les indigènes dans des classes, réorganisa les collections de taxes , améliora le^ lois existantes, abolit le système des suitees, et mit la tenore des terres sur un pied plus équitable et plus judicieux. Pendant qu'il était occupé de ces réformes , lord Ellenborough fut rappelé par la Compagnie. Napier fut extrêmement sensible à cette sorte de disgrâce ; il sentait qu'il perdait un ami et un protecteur. En 1847 il revint en Angleterre, et y fut reçu avec un vif enthousiasme. Ses victoires et son administration dans le Scinde avaient donné un grand éclat à sa réputation. La victoire douteuse de Chillianwallah, dans la campagne contre les Sikhs, produisit en Angleterre une vive sensation mêlée d'inquiétudes. L'opinion alarmée demandait l'envoi d'un général énergique et expérimenté. Wellington pressa Napier de retourner dans l'Inde. Celui-ci avait soixante-six ans ; de plus, il n'avait pas oublié certains griefs. Cependant il céda aux représentations du vieux général, et s'embarqua pour l'Inde (mars 1849). Heureusement, à son arrivée à Bombay, il trouva l'état des choses amélioré , et ses talents militaires n'étaient pln<; d'une pressante nécessité. Mais son esprit était trop ardent et trop actif
ponr rester sans rien Taire. Il sVcupa d'un système de réfonnes militaires. Il voyait avec peine, et non sans inquiétude, le lu\e,laYie molle et les folles dépenses des officiers anglais; il aurait touIu les ramener à des habitudes plus sévères. Ses plans furent assez mal accueillis, et ii se trouva en conflit d'autorité avec lord Daihousie , gouverneur général. Napier s'imaginait de bonne foi que lui seul avait la capacité nécessaire pour gouverner Tlnde; il ambitionnait le pouvoir politique, et de là des froissements avec son supérieur. Il avait on traitement magniGque, 17,000 liv. st. (425,000 fr. ). Dans son dépit, il offrit plus d'une fois sa démission, et quand elle eut été acceptée il se plaignit amèi-ement que la jalousie et les intrigues de lord Dalhousie lui eussent fait perdre les ayantages de sa position : non pas que personnellement il eût Tamour de l'argent, mais il s'inquiétait pour l'avenir de sa famille. U revint en Angleterre en 1850. S» santé et ses forces déclinèrent rapidement. U se montra en public pour la dernière fois aux funérailles de son ami et protecteur le duc de Wellington , et mourut d'épuisement à Oaklands, «a maison de campagne, près de PorUmouth, à la fin d'août 1853. Une sUtueen bronze a été élevée par souscription dans Trafalgar-Square au conquérant du Scinde.
Sir Charles Napier avait été marié deux fois; il n'a laissé que des filles. Son frère sir William a publié en 1857 La Vie et les opinionx de sir Charles L'objet du livre est de glorifier le héros et l'administrateur. On y trouve des renseignements d'un grand intérêt pour riii.-^toire; mais les Revues anglaises ont critiqué sévèrement le manque de discernement dans le choix des lettres , les déclamations et les attaques injustes contre des hommes éminents , une glorification continuelle de tous les Mapier. La Hevue (V Edimbourg n'hésite pas à conclure que l'ouvrage fait peu d'honneur à sir William , qui cependant, dit-elle , est un des premiers écrivains de notre époque. Le héros qu'il a voulu exalter y perd même de son mérite réel, des qualités qu'il possédait. Suivant de bons juges, c'était un général du premier ordre, plein de hardiesse, de tact, et exécutant avec une impétuosité irrésistible des plans bien calculés. Ce génie militaire a surtout brillé dans la campagne du Scinde. On trouve çà et là dans ses lettres des pensées où se révèle la haute intelligence de l'homme d'État. L'homme privé était bon et d'un cœur chaud et généreux. Malheureusement ses talents et sea qnalités étaient souvent dominés et altérés par nn orgueil excessif, des passions faciles à se blesser, un tempérament naturellement irritable, qu'avaient encore empiré plusieurs blessures et les terribles épreuves de la guerre. J. C.
C^clopatdla, BnçUsh biùçrapkt» — Tke Lifê and oplntoJii o/ général ur Ch. James IS'apter» by Ueut. çen. sir W. Napier, 4 vol. ; I^ndon, 1857. — Edinbttrg Review, octobre 1SS7. ~ JLoiufon Quarterlf Reviêta, Janvier isn, •t juill. in». — Vniied Sêrtiee MaçatUu» octobre tSSS.
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ICAPIER (Sir WHlkim - Francis - Patrick), général et historien militaire anglais, frère du précédent, naquit en 1785, à CasUetown ( Irlande ), et mourut le . Il était le troisième fds du colonel Georges Napier, par sa seconde femme, lady Sarah Lennox, fille du duc de Richmund , et épouse divorcée de sir Charles Bunbury. A quinze ans, William Napier entra au service comme enseigne, devint promptemcnl lieutenant, et fut nommé capitaine en juin 1804. U servit an siège de Copenhague et prit part à la bataille deKioge (1807). L'année suivante, il passa dans la Péninsule , et fit sous Moore et sous Wellington toutes les campagnes jusqu'à la dernière en 1814. Il prit part à plusieurs actions acharnées, et fut deux ou trois fois grièvement blessé. Ses services (Virent récompensés par des promotions et par des médailles en or, d'argent (à deux et trois agrafes). En 1828 il commença la publication de son Histoire de la guerre dans la Péninsttle et le midi de la France (1807 à 1814). Les volumes ont paru successivement, et l'ouvrage n'a été complété qu'en 1840 (6 vol., in-8°). Colonel depuis 1830, il fut nommé major général en novembre 1841, et de 1842 à 1848 il fut lieutenant gouverneur de Itlede Gnemesey. En 1845 il publia la Conquête du Scinde , deux parties. 11 fut nommé lieutenant générai en 1851 , et mis à la tête dn 22* régiment de ligne en 1853. Deux ans auparavant il avait publié V Histoire de Vadministration dans le Scinde du général sir Charles Napier, avec planches et illustrations; et en 1855 il donna un volume sur Les Batailles et les Sièges des Anglais dans la Péninsule, extrait de sa grande histoire. On lui doit également quelques brochures de polémique militaire , an sujet d'accusations portées contre son frère sir Charles on son cousin Tamiral Napier, et quelques traités d'économie politique sur la taxe dos pauvres et celles des grains. Sou ouvrage le plus célèbre est son Histoire de la guerre dans la Péninsule, qui a eu plusieurs éditions. Le général Mathieu Dumas en a donné une excellente traduction en français. Sir William eut à sa disposition des matériaux abondants, puisés aux meilleures sources. Le duc de Wellington , le maréchal Soolt, plusieurs officiers généraux , anglais et français, lui ont fourni des documents ou des renseignements de grand intérêt* Outre cela, il put consulter ime correspondance considérable, en grande partie en chiffres , que le roi Joseph avait laissée derrière lui lorsqu'il fut obligé d'abandonner Vitloria. Ces lettres étaient en trois langues, la plupart illisibles ou chiffrées. Sa femme lui offrit de les mettre en ordre , de les déchiffrer, de les traduire et de donner le résumé de chacune. Elle apporta à ce long et difficile travail une rare sagacité, une application infatigable et réussit à en faire des matériaux de nature à servir. Sir William consacra à écrire son ouvrage seize ans d'un travail assidu. Son
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talent d'ëcrîvaîn n'a pas été aa-dessous de la grandeur et de rimportancc de TentirpriRe. Lliistorien s*y montre yemé dan<^ la science et ia pratique de la guerre ^ dans la politique du temps» et il écrit avec l)onne foi et indépendance de jugement. Ses récits sont pleins de rigueur, d'animatioa et d*intérM. Les principaux événemeots, les personnages célèbres, les opérations militaires, les iMtaiUesel les sièges sont retracés avec des traits intelligents et pittoresques q^ui les gravent dans Tesprit. Le style est clair, vigoureux , mais tombe parfois dans l'empliase et la déclamation. Il est facile de voir que les préjugés anglais ont dominé souvent ses opinions les plus réOéchres. Son ouvrage, Y Administration du Scinde, bien que rempli d*intérèt et de renseignements, est loind*avoir la même sol)riété de jugement et de forme ; il est diffus et trop mêlé de polémique. L*bîstorien ne peut rester de san^-froid quand les qualités et la gloire de Mapier sont en qoestion. Son récit de la Campagne dans Us coltines de Culchee, collines qai sont un amns de rochers élevés , d*une Iongnear de pins de cent milles et d'une largeur de quatre-vingts, coupées de ravins, et alors le repaire dliabiles et audacieux voleurs, ressemble à un roman oriental , tant le paysage y présente on caractère sauvage et étrange, et les détails des aventures Tattrait du merveilleux. J. C.
Ei^litk Cvctopéedia {BUtçrapftp). — Men </ thé Time. - Ctfiopœdia of EnglisA lUerature.
lAPiER (Sir CAar/es), vice-amiral anglais, cousin du précédent, né le 6 mars 1786, dans le comté deStirling (Ecosse), mort près de Londres, le 6 novembre 1860. 11 était le fils aîné de Charles Kapierde Merchistoun*HaII, et sa famille était andeane A treize ans, il entra dans la marine et fit son apprentissage dans l'océan Atlantique et la Méditerranée. En 1802 il fut nommé enseigne, et en 1805 lieutenant du Courageux, è bord duquel il prit part à plusieurs combats. Il fut envoyé aux ADti.les, etlà, dans un engagement très-vif avec Qoe corvette française , il eut la cuisse brisée par un coup de feu (1803) ; il commandait alors le brick RecruUy de dix-huit canons. L*année suivute, il contribua à la prise de La Martinique, en s'emparant, par nn coup de main audacieux, da fort Edouard , séparé du fort Bourbon par environ trois cents mètres. Dans les mois qui sni- Tirent, il déploya une extrême ardeur dans la poarsoite de trois navires de guerre français, pOQfSQite qui se termina par la prise du D'Haut" pov/, vaisseau de soixante-quatorze. Le com- Biandaot en chef le nomma capitaine, titre qui fot coolinné pins tard par l'amirauté. Dans le <Mr3 de l'été, le capitaine Napier revint en Angleterre, ne reprit la mer qu'au commencentent ^18 11. et fut envoyé dans la Méditerranée. Il se signala en plusieurs occasions par l'andace et le *ingfroid, captura grand nombre de navires de commerce, s'empara de l'Ile de Ponza.jnalgré le feode quatre batteries, et parvint à s'y maintenir.
Vers la fin de 1813, Napier fut envoyé dans l'Amérique du Nord, alor^ en guerre avec PAngleterre, et prit une part signalée aux opérations contre Alexandrie et Baltimore. En 1815, la paix ayant été faite, il reçut les insignes de Tordre du Bain, et fut mis en disponibilité. Il ne fut rappelé au service actif qu'en janvier t839, et reçut une mission pour le Portugal. Il parait que l'objet était d'obtenir de dom Miguel la restitution de certains navires anglais qui avaient été saisis sous un prétexte frivole. Ce fut pour lui l'occasion de jouer un rôle important dans les troubles qui agitaient ce royaume. Il a raconté Itii-mème , non sans une veine de rhétorique, ses exploits et ses services dans l'ouvrage qu'il publia sous le titre de Bis tory of the War of Succexsion in Portugal. Dom Miguel s'était emparé du trône, et prétendait s'y maintenir. L'emperenr dom Pedro^ qui, en 1831, avait abdiqué la couronne du Brésil et s*était rendu en Europe, soutenait en Portugal en faveur de sa fille Doua Maria une lutte qui depuis dix-huit mois n'avait amené aucun résultat décisif. En 1833, il préparait une expédition nouvelle contre le Portugal. Napier déclara son opinion que le seul moyen de résoudre la question portugaise était de se porter hardiment à l'embouchure du Tage et de s'emparer d'assaut de la capitale. Cet avis prévalut. Des auxiliaires furent enrôlés en Angleterre et ailleurs. Une foule de ▼aillants officiers s'engagèrent dans cette expédition), qui avait pour but le triomphe du gouvernement constitutionnel. Dora Pe<lro était arrivé, et avait ranimé les forces et l'ardeur de son parti. Le moment d'une action décisive était venu. L'amiral de dom Pedro ayant donné ou plutôt reçu sa démission, le commandement fut offert à Napier, qui, mal^ les circonstances critiques, n'hésita pas à l'accepter. Le 3 juillet 1833, à la hauteur du cap Saint-Vincent, il aborda la flotte migué* li.ste, consistant en deux vaisseaux de ligne, trbii fortes corvettes, deux bricks et une chélièque. L'engagement fut vif et acharné. Emporté par son impétuosité, Napier sauta sur le Don Juan^ et faillit être assommé par un coup de barre de fer; mais, dit-il, l'assaillant eut lieu de s'en repentir. La victoire, décidée en faveur des constitutionnels, mit en leur pouvoir la moitié des navires ennemis. Dom Pedro récompensa les importants services de Napier par le titre de vicomte du eap Saint' f^incent, et le rang de vice-amiral dans la marine portugaise, outre des croix et d'autres distinctions. Mais après les témoignages de reconnaissance vinrent bientôt les mécomptes. Napier fut blessé de certains procéd^'s du gouvernement, surtout de ce qu'on avait réduit la force navale sons ses ordres, et l'année suivante 11 résigna son poste et revint en Angleterre. Il ne fut pas employé immédiatement. L'année 1S39 lui ouvrit une belle perspective. 11 fut nommé commandant en second, sous l'amiral sir Aobert Stopford, chef de l'escadre de la Méditerranée»
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qui derait agir sur les câfes de Syrie. Napier prit une part brillante aux principales opérations; mais il avait l'aïubilion de vouloir en accaparer toute la gloire , comme 8*il eût éié seul à commander. Il bombarda Sidon et l'emporta d'assaut, malgré sa citadelle et des murs bien dérendus (septembre 1840). Comme il s'en attribua le succès exclusivement dans ses lettres , et qu'il oublia les services de plusieurs braves ofîQciers qui y avaient puissamment concouru , des réclamations plus ou moins vives devaient se produire plus tard coptre lui. En octobre suivant, Il défit Ibrahim-Pacha qui occupait une forte position dans lea montagnes près de Beyrouth, et par suite la ville se rendit. Ses exploits furent aussi rapides que brillants ; mais son costume et ses excentricités roumirent alors plus d*un sujet d'excellenfe caricature : c'était monté sur un Ane, le chef protégé par un large chapeau de paille, un formidable gonrdin à la main, et son chien Pom trottant à ses câtés, que le nouveau paladin conduisait à l'assaut ses matelots et ses soldats de marine. Dans les premiers jours de novembre, il seconda au siège de Saint-Jeand'Acre l'amiral en chef. A l'en croire, lui seul aurait décidé le succès de l'attaque, lui seul aurait enlevé Saint-Jean-d'Acre aux Égyptiens. Cependant on a mentionné dans le temps une fausse manœuvre de sa part, qui faillit compromettre l'attaque, et qui amena une explication assez sèche entre lui et l'amiral en chef. Quoi qu'il en soit , tout fut couvert par le succès et la prise de la ville. « Ces fortes murailles, dit avec un accent <]e triomphe un biographe anglais, ces fortes murailles qui avaient résisté autrefois pendant six mois à vingt mille bombes et deux cent mille boulets, volèrent en éclats sous le feu de nos na- Tires, et prouvèrent une fois de plus que s'ils peuvent approcher assez des murs, aucune place n'est imprenable. » Après la réduction d'Acre, Napier prit le commandement de l'escadre devant Alexandrie et signa le traité imposé à Méhémet Ali par l'Angleterre. 11 avait rendu des services signalés; il en fut récompensé avec éclat par le titre de commandeur du Bain, les félicitations du parlement et des décorations accordées par les empereurs de Russie et d'Autriche , et par le roi de Prusse (décembre 1840). De retour à Londres, au printemps suivant, il fut quelques mois après 4Mmpri8 au nombre des aides de camp de la reine. Enfin il réussit à se faire élire au pariement, et prit place dans les rangs des whigs. Mais en raison de son caractère ardent, susceptible et plein de rudesse, il eut plus d'une querelle avec ses amis politiques et surtout les ministres d'alors. 11 employait ses loisirs à publier dans le Sun ou le rtmes des lettres où il attaquait très-vertement les nombreux abus de l'administration maritime, œuvre méritoire sans doute quand il s'agit d'abus, maïs où il mêlait des satires piquantes sur les |)ersonnage8 officiels et de brillanlH panégyriques sur lui-même. L'amirauté, dans le
but d'arrêter on de tempérer ces pièces d'éJoquence, le nomma en iS47 commandant de la station de la Manche, poste qu'il occupa deux ans. Mais à l'avènement de sir Francis Baring à la tête de l'amirauté , Napier fut rein(>laGé. Son indignation d'un pareil traitement s'exhala daos une lettre pleine d'amertume et de virulence à lord John Russell, lettre qui acheva de le brouiller avec le gouvernement. Il ne s'y borne pas à des attaques mordantes; il s'adjuge à lui-même la gloire de grands talents et de services encore plus grands : « J'ai détrôné , dit-il avec orgueil , dom Miguel. La bataille du cap de Saint- Vincent a changé une dynastie aussi bien que toute la face politique de TEurope. — J'ai accablé le grand prince du Liban, l'allié de Méhémet Ali; j'ai vaincu le fils de Méhémet et chassé ses troupes de la montagne. — Mes succès ont empêché l'expédition de Syrie d'avorter ; sans moi. Acre n'aurait pas été attaqué ; la guerre avec la France eût été inévitable; notre politique aurait été renversée, et avec elle l'administration de Melbourne. — Mes services surpassent ceux de n'importe quel amiral vivant. Je pense que je puis dire, sans crainte d'être contredit, qu'ils ont eu plus d'influence sur l'état de l'Europe que ceux de totit autre officier général de la marine. ^ Lord Russell se borna à répondre qu'il était loin de contester l'importance de ses services, mais qu'il n'avait pas en lui une confiance aussi illimitée.
Napier fut obligé de dévorer son mécontentement. Il profita de ses loisirs pour réimprimer en volume , sous le titre de « The Navy, Us part and présent state » , les lettres que depuis trente ans il avait adressées aux journaux (1851). Il y joignit une longue et emphatique préface, émanée de sa plume, et une introduction, un peu sauvage, de son cousin le major général W. Napier ( l'auteur de V Histoire de la guerre de la Péninsule). De bonne heure Napier s'était fait l'avocat de réformes dans; la marine. Il avait beaucoup vu, beaucoup réfléclii, et il montre un grand bon sens dans plusieurs des conseils qu'il donne. Malheureusement, les personnalités rudes et blessantes sont mêlées aux meilleures choses. Cependant il eut la satisfaction de voir réaliser plusieurs des réformes qu*il avait con.seillées , par exemple, l'abolition du fouet pour les matelots , et l'établissement d'un registre régulier. Depuis 1846 il était contreamiral du Pavillon Bleu; en mai 1853 il Tut promu, à Tandenneté, au rang de vice-amiral. En 1854, aux premiers indices de la guerre avec la Russie, la faveur publique, qu'il avait toujours soigneusement cultivée, se prononça si fortement pour lui, que l'amirauté lui confia le commandement de la flotte de la Baltique. Il avait tant parlé de son héroïsme sans égal , de la décision irrésistible de son caractère, des exploits qu'il avait accomplis , qu'on attendait de lui des merveilles. A un dîner public, il se laissa entraîner à en promettre; l'enthousiasme et les plus ma-
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gDîfiqoes espéraoees l'aecompagnèrent à son départ. « Dans un mois , arait-il dit, Cronstadt sera en mon pooToir, ou je serai au fond de la mer. » Il avait sou» ses ordres la plus belle flotte, DB pouvoir sans limites, la confiance de la nation. Une division française, commandée par le général Baragitay d'Uliers, gami«Mait ses ponts. Il avait à peine perdu de vue Splthead qu'il adressa à ses équipages une courte mais trèséDergiqoe proclamation, qui commençait ainsi : • Mes garçons, aiguisez vos eoutelas I (Boys, ibarpeo yoar cutlassesl), figure de rhétorique qui semble du domaine de Punch. Quelques mois s'éoottlèrent. L'amiral se promena de port en port, et tout bien considéré, il arriva à la condusionque les mors de granit de Cronstadt, Sweaborg et Helsingfors étaient imprenables. Ses exploits se bornèrent à la destruction de la petite Tille et dn fort de Bomarsund à laquelle les Français prirent comme troupes de débarquenwot la plus grande part; mais à son retour, il enl soin de proclamer qu'il avait ramené la ik>tte en bon étal et intacte. L'opinion attendait autrecbose. En juin 1 855, Napier avaitété nommé amiral du Pavillon Blanc : c'était une faible ttosolation pour son orgueil déçu. Il commença à se plaindre amèrement du mauvais vouloir du ministère, qui ne lui avait donné que des moyens ÎDsofEsants pour l'action, qui lui avait imposé d'artifideoses restrictions, etc., et chercha à prou- Ter qoe là se trouvait la cause du peu qu'il avait fait. Pendant des semaines, les journaux retentirent de ses récriminations , que réfutaient vi- Teffl^nt les feuilles ministérielles. Cette querelle, qui ravivait les résultats peu décisifs de sa campagne, faillit enlever à Mapier les faibles restes de sa popularité. Cependant, en noveml)re 1855, il parrint à se faire élire au parlement par le boQrgdeSouthwark,et en 1857 U obtint le renou- Tellement de son mandat. Les classes populaires etiaborieoses aimaient le vieux Charley^ comme on l'appelait familièrement. C'était naturel. Il était très-brave, et s'était signalé par des exploits brillants; il s'était en toute occasion beaucoup Tante, ce qui est un moyen de persuader la foule ; ^ ^Tait presque constamment fait de l'opposition, qoe le ministère fût tory ou whig, et prêché 3vec persévérance des réformes.
L'amiral Napier avait obtenu beaucoup de &nccès dans les meetings et sur les hustings. Tonte sa vie il eut une es|ièce de passion pour la politique. Après quelques échecs de candidature, il avait réussi à entrer au parlement en 1841, et depuis il brigua constamment cet bon- Dcnr. Il ge montra partisan du scrutin, de l'extension de suffrage , et des réformes dans toutes ^ branches de l'adminiattration publique. Outre 1^ denx ouvrages que nous avons cités , on a «wre de loi la Guerre de Syrie, 1842, 2 vol., ^Ma propre vie, 1856, on vol. 11 y montre en ^n\ plus d^humour que de véracité, et les ^^In&ioQs continuelles de son amour-propre et
ses cantiques de glorification finissent par fatiguer. Apiès la guerre de Crimée, Napier eut la fantaisie de faire une promenade en Russie, et se rendit à Saint-Pétersbourg. On était parfaitement instruit de toutes ses vauteries , ce qui devait rendre ses relations un peu délicates. Il fut présenté au grand-duc Constantin. « Pourquoi^ lui dit le prince, croyant Temlrarrasser beaucoup, n*étes vous pas entré à Cronstadt ? — Mais^ monseigneur, répartit l'amiral , pourqtioi n'en éieS'Vous pas sorti? Allusion spirituelle à l'inaction de la flotte russe, commandée par le prince, et qui resta inutile à Tabri des canons de la forteresse. J. Cbàicut.
f/aval Bioçraphieal DietUmarif, bp f^ilUam B. O Bfme, grand In -a*, 184». — CpctopsedUt, EnçlUh Bioçraphff, LB'ter If. - Men ofthe TitM, — Londcn Jïmes, Po$t and IkUtf Newi, aprét le S Dovembre 1800. — C^aIted service JUaçiulne^ décembre iseo.
NAPiBR {Macvey), littérateur anglais, né à Kirkintilloch , dans le comté de Stirling , en Ecosse, le 12 avril 1776, mort à Edimbourg, le 11 février 1847. 11 reçut sa première éducation dans sa ville natale, et acheva ses études aux universités de Glasgow et d'Edimbourg. Destiné à la carrière judiciaire, il se fit recevoir dans la compagnie des écrivains du sceau, la plus haute classe des avoués écossais. Mais son goût pour les lettres et la philosophie le détourna des occupations actives de sa profession, et il accepta avec plaisir la place de bibliothécaire de sa compagnie qui lui permettait de poursuivre ses études, favorites. 11 ne négligea rien pour augmenter et rendre accessible le précieux dé* pôt de livres qui lui était confié. Les écrivains du sceau le chargèrent plus tard de faire un cours sur les contrats de tranfert. Ce cours devint ensuite un enseignement à l'université d'Edimbourg, et Napier s'en acquitta jusqu'à la fin de sa vie avec une grande distinction. Quelques années auparavant, en 1820, il s'était porté candidat à la chaire de philosophie morale* vacante par la mort de Thomas BroTvn. Malgré l'appui chaleureux de Dugald Stewart, il échoua, non que ses titres parussent être insuffisants, mais il était connu comme whig , et c'était assez pour le faire exclure par une administration tory. En 1814, M. Constable , un des principaux éditeurs écossais, devenu propriétaire deVEncyclopxdia Britannica, résolut de donner un Supplément à cet ouvrage, et en confia la direction à Napier. Celui-ci remplit cette t&che avec tant de succès que Constable le chargea de donner une seconde édition entièrement refondue de VBneyclapxdia Britannica. L'éditeur fit de mauvaises affaires ; mais l'entreprise ne succomba pas aveo lui. Les MM. Black la poursuivirent selon le plan original , et Napier la conduisit avec un talent et un tact qui contribuèrent puissamment à faire de VEncyclopxdia Britannica un des meilleurs ouvrages de ce genre, peut-être même le meilleur. Les articles que Napier écrivit dans le Supplément de VEncyclopxdia Britannica