NAP01£0^ I
Pologne; et Napoléon, « avant qu'il eût été daos &v, concessions, hésitait à dire à cette œuvre de Ut£u, une natiiinaUté: « Tu ne seras plus (1). »
Ce mot impie faillit toutefois être prononcé.
Vers la fin de Tannée t809, tors des négpeiations pour le mariage de Napoléon avec une gnindeéRhessedeAnssievII. de Cautaincoort, minietre de France à Saint-Pétersbourg , ftit autorisé à si«^ une convention par laqoette Napoléon s*o- U^ait à ne rien ftiire, ni directement ni indirectement, ponr rétablir In Pologne. Le ministre des rdatioas e^térienre» <fisàit dans sa lettre ï M. de Caulaineonrt i » Sa Majesté approoTO qae le nom àz Pologne et de Polonais dfisparaiise non-seulement de tonte transaction, vutis même de f histoire (2). » U est probable que M. de Champagny, en s'exprimant de la nrte, allait an delà des Instmctions qu'il avait reçnes de TEropereur. Quoi qu'il en soit, il fut iigné à Saint-Pétersbourg, le 23 décembre t<809 (4 janvier 1810), une convention secrète dont les ileui premiers articles étalent ainsi rédigés : « Article 1^. Le royaume de Pologne ne sera jamais rétabli. Art 2. Les hautes parties contractantes seaga^ientà veiller à ce qne les dénominations de Poiogoeet de Polonais ne s'appliquent jamais à aocuoe des parties qui ont précédemmeni: constîlDé ee royaume, et disparaissent pour loajours ai tout acte ol&cîel on publie... (3>. » Quand ilapoléoa connut cette rédactieo russe, il en ftit révollé et en proposa une autre excluant seulement ndée d'une coopération active de hi France as rétabliseement de la Pologne; oorome, d'ailieQn, il 8*trrita des lenteur» d'AlexawJre à répondre à ms propositions d'alliance natrimoniale, h Bégodation, après quelques- antres incidente aises pénibles, s*in(erromptli bruscpiementi, maw Boa pas sans laisser, de ee traité relatif ^ t» sup^ pTttsion de la Pologne, plus d'une trace embaiK titfaote pour la suite des événements.
Cependant ramilié de JaRmsie, promise vron
|l} Napeléoa répondait à et psopos ces nobles paroles 1«e Ton atme à répéter en cxpo«ant taot «f acte« qut leur iSivit eoDtralres : ■ Ifon, )« ne veiii pa« me déshonorer C9 deelMMit que le Mjiaunic de Potogne mi sera Jjimalt r-iabti; me rendre ridicule en parlant le langage de la t'inoité; Détrir ma mémoire en mettant le sceau à cet acte d'aoe politique machlaTéllque, car c>st plus qu'a- *<MKr le part«ge de ta Pologne qne de déclarer qu'elle ae s«ra janals rétablie. Mon, }e ne pula prandrc l'engai^taient de m'armer contre des gcna qui m'ont bien 'cnl, qui m'ont témoigné une bonne volonté constante et u grand dévouement; Je ne dirai pas aux Français : «Ubut que votre sang coule pour mettre la. Pologne *"»% le Joug de la Russie. » Si Jamaia je signaU qne le r«>f2oaie de Pologne ne sera Jamats rétabli, c*est que i'aarals l'iotentloa de le rétablir, et Tlnfamle d'une telle dèefaratinn serait effacée par le fait même qui le démentinn... • Lettre au dnc de Cadore, !•* jnlltet 1810.
|f) Lettre de M. de Champagoy, du t7 novembre 1S09.
(1/ SL Thiers mentionne cette convention sans en repn^Blre les termes ( Uutoin du Consulat et de VEn^ pire, t XI, p. sr7 et suivantes ): mate, d'après cet hlstoileo, M. de Caulaiticiiurt avait outreiiassé en ia signant les iflteni ions de l'Empercnr. Et c'est ce que prouvent, >a rate, le*, belles paroles citées plus hant. La conven- ^ do 4 janvlrr J8to se trouve rapportée dans Toamge de M. Bigooo, t. iX, p. 104-lOS.
tant d'abandon, et si chèrement achetée, ne slétait jeinaie livrée. Alexandre, à Tilsii, tombait à tout propos dans les bras de son auguste et (Va* temel allié; mais quelques jours après, la capi« taie du lUinemark ayant été, pour la seconde fois, bombardée par les Anglais, ii faisait secrètement témoigner au cabinet britennique la joie que Ini causait cet acte sauvage d^agression contre un État fidèle à la France (1). Napoléon ne connaissait pas ce dernier trait; maie toute la suite des événements depuis Tilsit lui laissait peu de doute sur les dispositions réelles de la Russie ; c'était noe iniiintié constante, cherchant, sans la trouver encore, une occasion pour ériater, et qui, en attendant, se déguisait à peine sous de favorables dehors. Napoléon sentait fortement le danger dis ces incertitudes; H se voyait entraîné par elles à exagérer sans cesse le développement de ses moyens de défense ; il n'était assuré de rien sur le continent; et cette Russie sur laquelle il avait compté pour avoir partout un apaisement au moins momentané se dérobait à lui, demandant, pour une alliance qui ne 9>flectoait pas, des s»crifices qui engageaient Tavenir de toute l'Iîurope. Il résolut d'avoir le mot de cette amitié équivoque et fugace.
Ce n'était pas sans raison que ta Russie, es 1812, prétendait ne plus vouloir se soumettre aux rigueurs du blocus continental si ruineuses pour ses sujets, et que, de plus, elle s'irritait de ce que le duché d'Oldenbourg venait d'être enlevé au beau- frère dTAlexandre pour être réunr à l'Empire français. Toutefois, on pouvait s'entendre stiT des griefs pareils. Mais , quand la guerre est au fond des choses, les moindres causes sont mortelles pour la paix.
On vit alors les immenses et formidables préparatifs qur commencèrent à se faire.
H n*y eut personne en Europe qui ne s'attendit à un changement de système. L'alliance russe n'avait pas réussi ; elle n'avait abouti qu'à des discussions et à des incertitudes : on allait sans doute essayer d'autres alliances ; et chacun, songeant au parti que l'on aurait ptr tirer en 1807 d'un affranchissement de la Suède, de la Pologne, de la Turquie d'Europe, remarquait combien les circonstances se montraient en 1812 plus favorables qu^en 1807. Plus tf'liostilité apparente de la part
(t) ce trait de déloysnté a été révélé par Walter Scott dans aa rie de fN^oléon Bonaparte , tome Vf, p. t6. Walter Scott que la toaine aveugle contre Napoléon seulement, n'est nullement indigne de fol quand il parie des ennemis dr ffapoléon et de ceux de la France. L'asAcrtion de Waitrr Scott est d'ailleurs implicitement confirmée par l'historien russe de la campagne de IBlf, Boutouriln, qui assure qne le traité de Tiislt n'avait été pour .Alexandre qu'un moyen de gagner du temps Copenhague avait été bombardée, le 7 septembre 1807, et ce bombardement avait été suivi de ia destruction de la flotte, des chantlerii et de.t arsenaux du Danrmark I e 16 octobre t807, Aie&andre adiiérait au blocus continental contre l'Angleterre*, ce fut i l'ocra^ion de cette adiiéston et pour en diminuer l'effet lio<itile,qu' Alexandre flt secrètement féliciter le cabinet britannique dM bombarde» ment de Copenhague.
(le la Prasse, de rxilemagne, de TAutriche : l'Allemagne tout entière marchait avec Napoléon. Depuis que la Prusse avait été dépossédée de ses duchés de Posen et de VarsoTie, et TAutriche d'une partie de la Galliciei ces deux puissances n'avaient plus d'intérdt à maintenir le démembrement de la Pologne; elles n'avaient plus, au contraire, que rintérét plus permanent qui les sollicitait à éloigner d'elles l'empire de Russie. Un prince français régnait en Suède. On était assuré de la fidélité éprouvée du Danemark, et une armée française se trouvait au midi près des frontières de la Turquie d'Europe. La nouvelle expédition se présentait à tous les esprits sons la forme d'une vaste action, militaire et diplomatique, ayant pour but <
1* Une alliance avec la Suède et le Danemark ;
2^ Une alliance avec la Porte ottomane ;
3" Un définitif rétablissement de toute la Pologne.
Ces trois entreprises, quelles qu'en fussent les difficultés^ étaient beaucoup moins cliiraériques et beaucoup plus décisives que ne pouvait l'être une guerre faite à la Russie dans ses inaccessibles déiserts.
La possibilité , l'opportunité , la nécessité de ces trois entreprises étaient tellement évidentes que, dès les premiers dissentiments entre la France et la Russie, elles devinrent en Europe l'objet de toutes les préoccupations. C'est ce que constate de Maistre, dans les lettres qu'il écrit de Saint-Pétersbourg (l);à partir de février 1812, pas une lettre où il ne soit question de la Suède, de la Turquie, des bruits qui courent au sujet de Talliance de ces deux États soit avec la Russie, soit avec la France. On eût dit qu'il 7 avait là les arbitres secrets du sort du monde. En même temps, Alexandre, efTrayé, songeait à reconstituer lui-même la Pologne (2).
Mais on s'alarmait à tort dans le camp ennemi et l'on faisait vainement des conjectures dans le reste du monde. Napoléon ne se proposait nullement de changer de politique envers la Russie; conquérir, s'assurer l'alliance, l'amitié de cet empire, c'était toujours là son but, et il ne pensait pas à s'en écarter. Aussi n'avait-il rien fait depuis 1807 pour rendre possible un cbangentent de politique en 1812.
La Suède, que la perte delà Finlande avait mise à la discrétion de la Russie et dont la guerre maritime mettait le commerce à la merci de l'Angleterre, la Suède n'avait pas à hésiter entre l'une ou l'autre de ces deux puissances. Or, pour le moment, l'Angleterre et la Russie s'entendaient. La Suède n'avait ainsi qu'à céder à la situation qui lui était faite et à s'allier à la Rus-
(1) Corretpondance diplomatiqne de Joseph de Malttre, 1811-1817, publiée par Albert Blanc, t vol Ui-8«, Parla. 1860.
(I) «* L'empereur (de Rus»le) m'a demandé le plan d'an idlt pour le rétabliMeiDcnl du royaume de Pologne et d'un manl^ste potir Tannoncrr ; )c l'ai fait.. » Joaeph de MaUtre. Correspondance diplomatique de iBll i iSiT, lettre au roi Ue Sardaigne, du 17 mai (8 Juin l8is }.
sie. Quant à s'allier à la France, elle n'y pouvait songer : c'est à la France qu'elle devait la perte de la Fmiande, et la France qui l'abandoonait sur terre ne la protégeait pas sur mer. «a la vérité, cet état de choses aurait po être, sinon changé, du moins neutralisétan moment où la Snède dut choisir un héritier présomptif, oa prince royal en remplacement de celui qu'une mort subite venait de lui enlever ; on aurait po choisir alors un prince de Danemark : compensation à offrir au Danemark pour les désastres qu'il avait soufferts à cause de sa fidélité à là France, réunion prochaine des trois parties de la nationalité Scandinave en un seul royaume, attachement certain de ce nouvel Étal à la France, tout se réunissait pour consdller ce choix du prince Christian de Danemark. Mais Napoléon avai laissé monter sur le trône des Wasa celui de ses lieutenants qu'une sourde inimitié avait toujours le plus animé contre lui (t). Pourquoi? Il était glorieux de voir sortir des rangs de l'armce iVançaise un prince, un roi, appelé, acclamé spontanément par un État étranger, et de plus, Bemadotte appartenait par les femmes à la fd> mille impériale (2). Quand , aux approches de la guerre de Russie, Napoléon voulut traiter pour une alliance avec le nouveau prince royal , il te trouva, comme il pouvait s'y attendre, non plus français, mais tout suédois. De part et d'autreoa s'irrita dès les premiers mots, et Napoléon laissa là cette affaire; seulement le 27 janvier 1812. il fit envahir, sans déclaration de guerre, la Poméranie suédoise par une armée française; c'était un gage qu'il entendait prendre pour s'assurer au moins la neutralité de la Suède, une simple mesure de précaution, toute temporaire, exigée parle développement du blocus continentaL Mais Bemadotte, qui était perdu aux yeux de ses nouveaux sujets s'il paraissait complice de cet acte d'agression et se montrait rési^ à le supporter, Bemadotte se tourna résolument du cùté de la Russie et se lia à elle par le traité secret du & août 1812, bientôt après confirmé le 28 août 1812, par les conventions, plus étroites, de l'entrevue d'Abo entre Bemadotte et Alexandre en présence d'un agent anglais. Alliée à la France, la Suède eût pu menacer la Finlande, Salot- Pétersbourg et occuper au moins une année rasse; alliée à la Russie, qu'elle rassura de ce côté, elle fournit une armée pour opérer sur le flanc et les derrières de l'expédition française. On verra quels furent les effets de cette intervention de la Suède.
(1) Les négociations relatlTet à cetle affaire enrent lleo da ts mal 1810, date de la mort j)a prince Cbristlao-Aaguate de Hoiateio-Auguaten bourg, au ti août 1810, date de la proclamation, par les étala géneraui de Suède, du maréchal Bemadotte. prince de Ponte -CurTo, eoatat prince royal de Suéde. Le roi Charles XIII, étant f leot rt hora d'état de Taqtier lal-méme aa soin du goavrroecient, le nouveau prince royal fut tout aossitSt Investi de l'exercice de l*aatorlté.
(t) Napoléon se reprocha plus tard S Salnte-Bé!^»* d'avoir cédé à de pareils motifs.
I Ka Tarquîe, même insoudance politique à l^r de 1807, et, aa moment critique de 1812, iBiime défaite diplomatique, cause immioente d'éTéoements militaires noa moins désastreux. Oa aurait pa oultlier à Constantinople qu'on de- I Tait à rinTasion de l'Egypte par Napoléon la I première rupture de PalUance qui durait depuis Fraaçois !«' entre la France et l'empire ottoman ; ! 00 aurait pu oublier que Napoléon n'avait ja- I mais en pour l'empire ottoman que des attcntiâfls intermittentes, non suivies d*efrets, des Tdléitéfl seulement d'entente amicale; on aurait encore pb oublier à Constantinople que Napokoo, passant de llndifférence à l'hostilité, en était venu, à Tilsit, à Erfurt, jusqu'à proposer à la Russie le partage de la Turquie d'£urope, et cela au moment même où la Turquie venait de s'allier à la France contre la Russie ; la France, disait-on, avait seule intérêt à maintenir l'empire ottoman contre la Russie et l'Angleterre ; c'était là une considération qui pouvait déterminer la Porte à mettre aur le compte d'accidents forcés, involontaires, qui ne se reproduiraient plus dans l'avenir, tous les griefs qu'elle avait contre la politique deNapoléon : mais ce qu'il n'était pas en son pouvoir de ne pas sentir, et très-gravement, c'était la présence de Tarmée russe occupée chei elle à s'emparer de la Moldavie et de la Valachie €0 conséquence des concessions de Tilsit et d'Eifurt; or, la Turquie n'avait qu'on moyen de » débarrasser de cette urgente agression : c'était de profiter de ce que la Russie avait besoin de réunir toutes ses forces, pour exiger d'elle qu'elle renonçât à la Moldavie et à la Valachie. La paix à cette condition était une nécessité pour la Porte, et la paix fut conclue le 28 mai 1812 à Bucharest. Ce furent ainsi les stipulations de Tilsit qui, en 1812, privèrent la France de l'al- Gaiice turque. Le traité de Bucharest rendit disponible toute l'armée de l'amiral TchitchakofT; Napoléon ne le sut que plus tard , alors qu'il n'était plus temps de prévenir la marche de cette ann^. L'expédition française allait donc s'avancer dans les déserts de la Russie, ayant au midi do c6té de la Turquie , et an nord du côté de la Suède, aa lieu des alliés qu'elle aurait pu avoir, des espaces où cheminaient silencieuseioent des ennemis imprévus.
Quant à la Pologne, dont l'arrivée de la Erance réveillait toujours l'enthousiasme confiant, ce fat Napoléon lui-même qui se chargea, sinon de la réconcilier avec la Russie, ce qui était imposable, do moins de la réduire au désespoir et à l'inertie.
On était entré à Vilna,le 28 juin 1812. Toute la Pologne s'était levée et s'agitait, croyant bien que son jour était enfin venu. Elle engageait Napoléon à ne pas aller plus loin que Smolensk ; elle lui promettait d'être pour lui cette autre France de l'Orient dont il avait besoin pour inaintenir en paix le continent ; c'est elle qui, affraochie, reconstituée, rendue à sa liberté et
à sa force, allait seule supporter le poids de la Russie et la repousser de l'Europe! Déjà la diète de Varsovie, se changeant en confédération générale, avait, par la voix de son président, le vénérable Adam Czartoryski , proclamé le rétablissement de la Pologne. Une députation de cette diète nationale partit de Varsovie pour Vilna et vint porter à Napoléon l'expression du vœu public et l'acte de confédération. La députation fut reçue, dès le lendemain de son arrivée, le 14 juillet 1812. Mais Napoléon, après avoir écouté une chaleureuse et magnifique allocution du sénateur Wibycki, ne fit entendre qu'ime réponse vague , évasive, mêlée d'une froide réserve au sujet de la maison d'Aiïtricbe, son alliée, dont on ne devait pas songer à troubler les possessions polonaises. Chez les nations très-mobiles, l'enthousiasme, qui est toutb leur puissance, s'élève et tombo suivant des lois que ne règlent en rien les calculs de la raison. La Pologne, frappée au cœur dans sa confiance et son amour pour le héros dont elle faisait le demi dieu de ses destinées, s'affaissa sur ellemême. On aurait pu retenir ce désespoir trop subit, ranimer le mouvement, conseiller aox patriotes les plus énergiques de ne point s'abandonner eux-mêmes , de profiter des circonstances, de songer à s'imposer, de ne point se désister de l'entreprise d'une insurrection générale, de contraindre Napoléon à changer de politique et à recevoir son salut des faits accomplis. Mais on eût dit que Napoléon avait lui-même pris à t&die d'empêcher ce retour possible du patriotisme polonais à de meilleures et plus utiles résolutions : il avait mis, à tout hasard , à Varsovie, pour surveiller les affaires de Pologne et les maintenir à la portée des événements, un homme , un représentant de la France, un ambassadeur; or cet homme qui aurait dû être un agent de premier ordre fut choisi parmi les fonctionnaires les moins reoommandablcs de l'Empire ; Napoléon avait confié l'ambassade de Varsovie à M. de Pradt, personnage presque ridicule bien qu'il fût archevêque, prêtre dou* teux, politique fantasque, effréné courtisan, intrigant émérite, ayant en somme plus d'esprit que de sens. Entre les mains d'un pareil homme, les affaires de la Pologne ne pouvaient que se brouiller de la façon la plus misérable, sans résultat aucun pour une action quelconque.
Napoléon ayant ainsi prévenu, de la part de la Pologne, une insurrectk>n dans laquelle il voyait un obstacle à une prompte paix avec la Russie, poussa plus loin ses formidables légions jusque-là invincibles.
Parti de Paris , le 9 mai , après s'être assuré l'alliance et la coopération de la Prusse et de l'Autriche (1), Napoléon se trouvait, le 26 mai 1812, à Dn»de, où il recevait les hommages de tous les souverains réunis de l'Allemagne. Le
(1) AlliaDce de la Pnuue, traité du 14 février ISlt. - Alliance de l'Autriche, traité da U man isis.
31 mai, il ëlait à Poseo, à la tète d'une armée de six cent mille hommes, dont trois cent quarante mille Français, le reste fourni par les coBtingentft de plus de vingt-deux États alliés de la France. Le 24 juin, cette formidable armée avait franchi le Niémen , entrait à Yilna le 28, et le 16 juillet 1812 commençait à poursuivre l'armée russe.
U était survenu à la Russie on homme d'une prudence terrible, le Prussien Pfuhi (1). Celuici avait fait prévaloir une tactique ayant pour but de s'ouvrir sans cesse devant Tarmée envahissante, de ravager autour d'elle le pays, de Taltirer ainsi dans le désert, le froid, la nuit, la mort.
Gependant Napoléon s'avançait cherchant une bataille qui lui permit dMmposer la paix. L'ennemi se laissait voir, semblait attendre, offrir la bsrtaille désirée; puis, quand l'armée française s'était approchée, 11 avait disparu. L'armée française s'éloignait ainsi de plus en plus des terres d 'où pouvaient lui veoir des secours, la vie. La privation des choses oécessaires, les maladies commençaient à la décimer. Une longue traînée de monitioBs abandonnées et decadavres marquaient sa route. Elle s^était mise en marche trop tard, ne comptant pas sur une indécision si 4)ersistante 4k» événements. L'ennemi s'était dérobé k Drissa, à Witapsk (28 iiiillet 1812)^ à Smolensk (17 août), à Dorogobottje (25 août), à Wiasma (29 août), à Gbyat (l^r septembre)» etc., toutefois non sans phis d'une rencontre, «toutes meurtrières comme de grands oomltats; une seule bataille fut Uvrée par Kutusof pour relever le nàioral de l'armée russe, le 7 septembre : ce fut une effroyable tuerie; du oûtédes Français, plus de vingt généraux morts ou blessés, huit mi Ile morts, doose à treise mille blessés, mille prisonniers; du cAté des Russes, quinie mille morts, trente mille blessés , plus de deux mille prisonniers; les Russes et les Français prétendent également avoir remporté cette victoire, de la Moskowa, disent les Françai«,deBorodino, disent lesRusses. Elle fut du moins payée le plus cher par les Russes. Eniin , après tant de mécomptes , on vit luire dans le lointain aux vagues clartés d'un pAle soleil les clochers d'or d'une grande ville : «< Moscou, Moscou 1 cria l'armée d'une seule ▼oix. Occuper Moscon, la ville sainte, la vieille capitale de la Russie, c'était la victoire, des quartiers d'hiver a<isnrés, la reprise des hostilités au printemps, la paix conquise. « Il était temps, » dit Napoléon en entrant, le li septembre, dans la Tille d^è nnette comme une tombe. Biais
(1) Les hUilortenfi, «n général, n'accordent i»as S la tac- Uque de Pfnhl rimportanœ qu'elle mérite ; Pfuhl fat maudit de la Rotste pour la bonté qu'il lui infligra en la condamnant ft fuir «ans cesse devant les Français; de lA rinjnsllce des appréciations; nuils Kutuaof, qui remplaça Barclay de Tolly, après avoir livré une bataille, celle de ta Moskuwa. suivit, comme l'avait fait son prédécesseur, te système de IMuhl : M. Thiers t'a remarqué. Histoire du Contulat tt Oe FEmpire^ tome XIV, pages 4M, la.
après Pfuhl, Rostopcbine, on autre homme d'une terrible résolution. Moscou s'abîma et s'évanouit dans Tair, emportée en deux jours, do Ifi au 17 septembre, par un incendie qu'avait allumé l'inexorable patriotisme. Gloire étemelle aux capitales qui savent mourif! Celles-là ne sont pas de pierre et de chair seulement : elles sont les âmes immortelles des grands peuples . qui ne doivent pas mourir. On avait le droit d'arracher la Pologne à la Russie, de repousser la Russie de l'Europe et de la reléguer en eoo continent asiatique; on n'avait pas le droit de conquérir la Russie au nom de l'Europe. U terre moscovite se Tengeait; elle allait dévorer ses injustes envahisseurs.
L'armée française avait perdu son dernier refuge. Il fallait revenir en arrière. Ici deux fautes: rester auprès du cadavre de Moscou, un mois entier, du 18 septembre au 19 octobre, c'élaâ perdre un temps inappréciable pour la reti^aite. De plus, quand l'armée s'éloigna enfin de Moscou, elle manqua à se diriger sur Saint-Pétersbourg; c'était bien là le projet de Napoléon; mais ses généraux s'y opposèrent. Or, nous savons aujourd'hui qu'à Saint-Pétershourg on ne s'appré* tait pas à renouveler l'héroïque exemple de Moscou ; là il y avait une capitale de pierre et de chair seulement et si Tarmée française ayalt pa l'atteindre sans mourir tout entière en route, la paix était signée (l); les malheurs 'de Texpédilion de Russie se changeaient en un formidable triomphe. Mais les généraux de l'armée f^ançahe refusèrent de suivre Napoléon jusqu'au bout dan» cette aventure qui leur semblait chimérique. Les souffrances avaient abattu tous les coeurs. On se décida pour une retraite non moiQ>< chimérique qu'use marche sur Saint-Pétersbourg.
Tout devait se montrer comme les représailles d'une justice supérieure dans les événements qui ont marqué cette partie de l'histoire de Napoléon. N'en citons qu'un trait : ce qui fit un effroyable désastre de la retraite de Russie, ce fut la survenance des deux armées sorties , IHine des provinces danubiennes sous la conduite de l'amiral TchitchakolT, l'autre de la Suède pour se joindre à un corps russe sous la conduite de Wittgenstein. « Ainsi, dit M. Thiers, à U &n d'octobre, deux armées, Ttine de trente-cinq mille hommes, Pautre de quarante-cinq mille,... étaient près de se donner la main sur la hante Bérésina et de nous fermer la retraite avec quatre-vingt mille hommea. » (2) Le même historien continuant à décrire les elTets de ces deux armées, poursuit ainsi : « ... Que faire avec des débris, entre Kulusof en queue, Tchitchakoiï et Wittgenstein en tète? Cette marche qui, en sorti) Ce fatt, remrol de Salnt-Pétenboonr. les dispositions générales à céder, sont attestées fixement par on témoin oculaire. Josepb de MaUtre, en ontre par M. Thiers, HuMr$ du Consulat et âe fBmp^n, toote XlV» p. 4ST.
(i) M. Tbion, tome Xiv, p. m.
NAPOLÉON l^
tant de Moscou anSt commencé par «ne manœoTre orTensivc , qui s'était ensuite changée en retraite, d'alïora fière, puis triste, tourmentée , dwilonreuie, pouTait donc aboutir à un désastre sans égal , peut-être à une captifité du chef et des soWats, les uns et les autres maîtres du monde six mois auparayant. » (!) Après le séjour kOrsCha, autres angoisses de Tarmée française décrites avec non moins d'alarmes par TéminMit écriraiii (î). L'armée française parvint enfin après liatdlDcertitQdes sur )es bords de la Bérésina : < Corament jeter un pont 9m cette rivière ayant à giBcbe Tfhitchakoff victorieux, qui pouvait détruire tous nos travaux «de passage, à droite, Wittgcnstein, qni ne manquerait pas de noob prendre en ffcmc pendant que nocs essayerions de passer, et par derrière enfin Kutuaof, qui devait nous assaniir en queue tandis que les aatres généraux russes nous attaqueraient de fronton par côté? (3) »
Ces deux armées, don!t ta sorvcnancc à partir de la fin d*octobre fit de la retraite de Russie et du passage de la Béréstna ce que Ton «ait, étaient les armées qu'avaient rendues disponf lifes les traités de la Russie avec la Porte et la Suède et Pabandon de la Pologne par la France.
ta hiver sans précédent s'était annoncé. Après Il Bérésina, le »6 novembre, le froid q«i n'était que de 1 1 degrés tomba sobitement à 10 degrés Réaunôor. Le6 décembre, ilétaltà 30 degrés.
napoléon connaissait Tétat de l'Europe et de it France à son égard; Il savait toutes les vésistmces qu'il maîtrisait par le epecUde a le «ol ascendant de sa force , et tout ce q«'«na grmde défaite pouvait lui siodter d'iiosti^lés, de révoltes, de défections.
Le 6 septembre, la veille de la bataille de la Moskowa, il avait appris la défaRe des Ar»ç^ (4), la perte dn Portugal et de rSspa^; «t le 7 novembre, an momeiitoiicommonçaJeall les désastres de la retraite, il savait rincoaœvaille succès de la conspiration du général Malet, qni, à Paris, avaH failli, pendant quelques lieures, s%nparer du gonvemement.
H résolut d'arriver à Pafis ea même teaaps qw la nouvelle définitive des événements de Russie jusqoe-lli ^ssinralés par les journaux. Sa présence était nécessaire pour oenjnrar les ntrêmes pérife.
Le 3 décembre, ft Molodetdha on Moladetscho, il rédigea le «9e bulletin, obfoot était dévoilé. Pois il laissa oe qui restait de l'armée à Mnrat, qm devait bientôt l'abandonner poor courir aux intrigues de sa chancelante fortune ita- Benae. Le prince Eogène avait aussi une royauté qui duneelait en Italie; mais, mleai inspiré par
m M. Thicn. tome XIV, p. SM.
Wtbidrtt,!» MT,ele.
A Ibtdrm, p. in.
m u batoiUe tes Anpilef OU de Sahniaqoe avait été ti^rt« le n jaUUt latt.
le devoir, il demeura, pour la défendre, là on elle était en réalité, an milieu de ses compagnons d'armes de France; les débris de l'armée française passèrent sons son commandement
Napoléon, emporté presque seul sur un traîneau, partit de Smorgboni le i décembre, franchit la Pologne, l'AUemagne; le 16, il fisappaitauK portes des Tuileries, dans la auit, à onze bearea do soir, ayant atleiait le oonrrier chargé du 29« bulletin. Paris apprit, le même fwr^ la présence de l'empefenr et tout le désastre dei'année française en Russie.
Il serait euperflu de dire quel fnt Feffet de cette Doav«He sur les esprits. Mais pour oomprendre r^eneemble et la suite des événenaeats, il ert aécessah^ de censidérer à part une antre boetnité que celle de la Russie, dont noua avons fait souvent meiilion, touteCois sans en avoir encore parié avec l'importanoe qni lui appartient.
48: — Avçleterre. — TraHé d'Amiens, — Saint-Domingue. — Colonies, — Conspira^ tions. — Blocus continental. — Les États de l'Europe ont tous pris, posé , repris les armes confre la France; avec chacun d'eux il y eut des intervalles de paix: seule, l'Angleterre n'a jamais fait la paix avec la "France, car le traité d'Amiens n'a été, des deux parts, qu'une trêve imposée par l'opinion putilique, un temps d'arrêt pour de plus formidables préparatifs. L'Angleterre a fait plus que de ne jamais poser les armes : c'est elle qui a soulevé et soutenu contre la France toutes les nations qui lui ont fait la guerre; pas une alliance qu'elle n'ait troublée, pervertie, interrompue pour isoler la France au milieu de TEorope; pas un différend qu'elle n^t envenimé pour en foire sortnr des haines, une lutte «ans fin contre la France. Elle a été Tâme de toutes les coalitions; par elle, ces coalitions se sont succédé si rapidement qu*on peut dire qu'il n'y en eut qu'une seule, continue et acharnée (1). Et ce n*eA pas assez : toutes les nations ea lutte avec la France n'ont employé contre elle que les armes des champs de bataille; seule» l'Angleterre, sans s'abstenh* des combats, a en recours à d'autres armes que celles de la guerre. Ce n'était pas une guene, c'était une entreprise de destruction. Pendant qoe ses armées envahissaient niaîie, la Hollande, le Portugal, l'Espagne; que ses (lottes surprenaient les colonies des alliés de la France, interceptaient leur commerce, assiégeaient tontes les côtes, raterdisaient à toutes les nations la neutralité; pendant que ses agento délibéraient dans tous les ca-
(f ) Ratmlëon disait ft Satvte Bélène i « L'Europe ne («•M Jamais <lc hire ia franre à la France, à aea prtaelpnt, à mol. Il nous fsilalC abattre, sous peine d'6tfe abattus. Ia coalition exista toujours; pnblKue ou secretv, airouée ou demenUc, elle fat toujours en permaneace.. o
bînets, relevant les désespoirs, ranimant les ambitions, procurant des subsides, renouant sans cesse les trames brisées des coalitions; d'autres agents, intrépides et résolus, pénétraient parmi les populations et cberchaient tons les germea de mécontentements et de soulTrances dont ils pouvaient faire des complots, des trahisons, des partis secrets, des soulèvements et même des tentatives d'assassinat; cette propagande occulte, variant de langage selon les lieux et les ferments de discorde, s'adressait toar à tour en France à Texaltation du royalisme et aux dernières fureurs de la révolution ; en Portugal et en Espagne à l'orgueil national, à la fidélité royaliste, an fanatisme religieux; en Italie aux regrets inspirés par la disparition du ^aintsiége, à l'espoir de l'indépendance et de l'unité; en Allemagne, à l'amour de la patrie, à celui de la liberté, aux ressentiments de tant de princes dépossédés par Tordre nouveau ; partout à Fimpatience et à la haine de Texcessive action et de la prépotence française. L'Angleterre ne se bornait même pas à s'acharner ainsi contre la France par des expéditions, par des coalitions, par des conspirations, par des sonlèveraents populaires : la France, jusqne-là, avait fait l'opinion du monde ; ce glorieux privilège, qui s*était interrompu pour elle depuis qu'elle subissait les régimes violents de la révolution, sans passer entièrement à l'Angleterre , appartenait nécessairement, pour tout ce qui tient aux idées et aux passions politiques, au seul pays dans lequel se fussent conservées les habitudes et les prérogatives de la libre disons* sion. Le mouvement de cette liberté en Angleterre, loin d'embarrasser le gouvernement, en faisait la force et la vitalité. Or, le gouvernement de la Grande-Bretagne se servit de cette incomparable puissance de la liberté politique pour ruiner dans l'opinion du monde tout ce qui était la France, l'Empire, la Révolution. Une calomnie habile, persévérante, s'attacha aux actes, aux institutions, aux personnes; les vengeances anonymes , les anecdotes secrètement révélées , les prétendus documents authentiques dérobés aux fonctionnaires supérieurs, tout cela passait la Manche et se rendait en Angleterre; les détails scandaleux et piquets se mêlaient ainsi, pour leur donner plus de relief, aux invectives générales dirigées sans relftche contre les choses et la politique de l'Empire. Chateaubriand, dans un moment de colère, avait menacé Napoléon de la snrvenance d'nn Tacite; à défaut des Tacite, les Suétone, les Pétrone et les Prooope abondaient en Angleterre. Ces histoires particulières circulaient à travers les peuples émos, traduites au besoin en allemand, en espagnol,, en italien et surtout en français. On s'est étonné des étranges et grossières calomnies qni ont fait subitement explosion en France dans Tannée 1814 : ces calomnies où tout était méconnu et défiguré, des esprits lâches, pervers ou malades ne les avaient pas improvisées en un seul i
jour d'infamie et de malheur; non; mais il y avait, sur la Révolution, l'Empire, ses actes, son personnel, une opinion que l'Angleteire avait établie en Europe par plus de quatorze ans de pamphlets , et que la police française avait toujours soigneusement tenue à l'écart de nos frontières : c'est cette opinion-là qui, tout d'un coup , apparut en France à la suite des armées de l'invasion.
La lutte de l'Empire contre cette hostilité si acharnée de l'Angleterre est presque toute l'histoire de l'ère napoléonienne. Là se trouve la cause première de tous les excès de dictature et de conquête; là l'explication principale de ce qu'il y eut de démesuré et d'anormal dans U politique de la France de 1800 à 1814. Raconter cette lutte en détail, ce serait refaire eu entier l'histoire de l'Empire. Nous nous bornerons à rapporter de ce formidable duel, non tous les événements qui en ont marqué les phases, roai^ seulement les faits qui s'y réfèrent immédiatement.
On doit remarquer que Napoléon a pris soie, plusieurs fois, de mettre l'Angleterre en deroeare de conclure la paix. Le monde souffrait de U continuité de ces conflits qui , sur la terie et sur la mer, interrompaient le commerce des nations. H y avait intérêt à décliner la responsabilité de cette pertuibation universelle. Napoléon ne manqua pas une occasion de provoquer l'Angleterre à la paix. 11 le fit hautement au\ derniers jours de 1799 par une lettre rendue publique et adressée an roi Georges III (1). Cette sommation fut renouvelée, dans la même forme, en 1805 (2). En 1806, il y eut des négociations pour la paix longuement et vainement suivies, du mois de mars au mois d'octobre. Alexandre, après le traité de TiUit, se chargea de les reprendre comme médiateur; à cette occasion, une lettre collective des deux empereurs de France et de Russie fut adressée aji roi d'Angleterre, en date d'£rfurt,12 octobre 1808. Le ministère anglais répondit assez fièrement, le 28 octobre, qu'il avait à sauvegarder ses alliée de Portugal» de Naples, de Suède, d^Espagne, et qu'il ne ferait la paix qu'à la condition de cetti! sauvegarde. En t8t2, à la veille de l'expédition de Russie, Napoléon offrait et demandait encore lapaixàrAngleterre(3). Ces démonstrations pacifiques étaient bruyamment commentées par U presse impériale; si elles ne réussissaient pas à faire poser les armes, elles servaient du uKuns à exciter contre l'Angleterre Tanimoslté des populations de la France. Au moment de la guerre
(1) Lettre du fS décembre 17M. Le nlnlstire aostals répondit, ie 4 janvier 1800, en demandant comme condition préalable ie rétabllMcmeot des Bourb«na en Praocf.
(1) Lettre du 14 lanvler laos. Le mlniatère anglais ni fit qu'une réponse évailve.
(S) Par nne lettre de son ministre des rclaUons extérfenres, du 17 avril isia. Le mlnUtére anglais répondit, ie ta avril, en demandant le rélabliiseaient préalable des Bourboat d'Espagne.
ISAPOLÉON F'
de Prusse, alors qae l'on ne pouvait plas douter dereitréme obsUnaiion de l'hostilité anglaise, Napoléon s'exprimait ainsi dans un message au sénat:»'... Notre cœur est péniblement affecté de cette prépondérance constante qu'obtient en Europe le génie du mal, occupé sans cesse à tra- Te^^er les desseins que noos . formons pour la traaqoillité de l'Europe, le repos et le bonheur de II génération présente, assiégeant tous les cèbàtti par tous les genres de séduction, égarant ceux qu'il n'a pu corrompre, les aveu- ^Dt sur leurs véritables intérêts, et les lançant au milieu des partis sans autres guides que les passions qu'il a su leur inspirer » (1).
Cependant il y eut un jour où Napoléon panriot à signer la paix, avec l'Angleterre; mais comment, à l'aide de quelle politique? C'est ce qu'il importe de constater.
La France venait d'obtenir par le traité de Lu- Déville {!) un peu plus que sa prépondérance iiâtortiie sur le continent; ses frontières étendues recevaient des agrandissements; les États dont raUiance immédiate et certaine lui est nécessaire, la Hollande, la Suisse, l'Italie, ie relevaient sous sa main et se rattachaient à die par les tiens de la solidarité politique (3). £q rnéme temps la France faisait des traités de piix et d'alliance avec PEspagne (4), avec Napies (5), avec le Portugal (6), avec la Russie (7), aveo la Turquie (8), avec les États-Unis d'Anr:éri(|ue (9). La ligue des marines neutres pour garantir llndépendance des mers contre les prétentions de l'Angleterre commençait à se former àia$ le Nord (10). Le continent s'apaisait. Les centres réclamaient leur liberté. La France, loaltresse d'elle-même, en paix avec le monde, a avait plus à songer qu'à un seul ennemi ; elle '^ préparait à l'attaquer. Déjà se massaient à Boulogne les bâtiments de la flottille qui devaient (•orter une armée française de l'autre côté de la Manche. L'Angleterre fit des prodiges pour se lir^r de cet extrême péril ; d'abord , elle voulut rompre la ligue des neutres , qui l'inquiétait le pli^ : Copenhague fut inopinément attaquée et ia flotte danoise brûlée sans déclaration de suerre (1 1) ; quelques jours auparavant, Paul !"', (iè Russie , promoteur, à l'instigation de Napo-
'1) Mesiaire an fléoat, Bamberg, 7 octobre 180S.
f)l lévrier 1801.
IS) £o HoUaode, constltnUon da 17 octobre iSOl faite à noiKe de la ooostltution française de l'an viir. — En îiuiuf, acte de roedlaUon , du !• féTrier 180S, commencé <iès te T «epiembre 1801. — Bn I telle, la victoire de Maf«%o at an toot livré à la France.
\! i\ mars et l«* octobre tSOl.
on tt mars 1801.
») 19 srpirmbre 1801.
m 8 octobre 1801.
|S: Préliminaires de pats, o octobre 1801 ; traité défi- ^% U laln 180S.
j»^ 30 septembre 1800.
i») Traité de Salnt-Péterabonrg, 18 décembre 1800, c^tre la Rnade et la Suède. Le Danemark et la Prusse KcMtrtot ft ce traité dans le même mois de décembre