‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; (volume 2)Chapitre 42 sur 110 · ÉON III · texte numérisé non relu

ÉON III

de cehri dbnt « le royaume D'étatt pas de a monde », regrette douloureusement la perte du poovotr temporel, qn'il déclare, dans oa langage qui n'a rien d'évangélique , nécessaire à l'exercice do pouvoir spirituel , se mettant en contradiction flagrante avec renseigne* ment de toute l'histoireii et ne cachant poiat ses sympottites pour les ennemis du progrès, ni sa baine pour ce qui tient de près ou de loin aux grandes conquêtes de la révolntioo française (1). La base du traité de Zurich, Tidée d'une conliédération italienne ayant te pape pour président honoraire , de même que Ioim ies oooseîls que l'empereur des Français a cro devoir adresser au Saint- Père, sont rejetés avec dédain par ceux-là mêmes qoi aoraient en font intéfft à les accepter (2). Cependant des bammelte» non italiennes protègent encore le pape eootre les Italiens qui n'en veulent point comme roî; les troupes françaises continuent d'occnper Rome, et la capitale désignée dti royaume d'Italie est un foyer de conspiration contre Yictor- Emmanoel et son puissant alité. Cette sititalioa anormale disparaîtra , comme Terreur, devant l'inflexible logique des événements. Les appris vainement réitérés au zèle des catholiques, la déroute de Castelfidardo, la violence des allocutions pontiticales et des manifestes épat»paox, l'impuissance des intrigoes légitimistes H des bandes mercenaires de François II, devraient, si les partis n'étaient pas avet^les, aroir dissipé tonte illusion dans le camp des princes de droit divin ; pendant que les enfants ée l'Italir, représentés m parlement de Turin el grsopés anioor de leor roi oonstitotionnel , ne se laissèit détoomer de leur bot par avcone excitation, ai indigène, ni étrangère , et domieot a« monde le beau spectacle d'on peuple qoi a le scntioMot de sa force et U conscience de son droit.

L'avantage immédiat qœ la France retira de la goerre d'Italie fut (24 mars 1860) raeqoisilkm de trois nouveaux départements par Tarniexino do comté de Nice et de la Savoie (3), au grand déplaisir d'une puissance voisine qoi aime à prononcer de beaux diaooors en fkveur des nations opprimées mais qui ne dépense pour leur cause ni nag n obole. L'Angleterre évoqua, è celte occMÎni, l'ombre des souTcnirs de 18 1 5, et ce ne fnt pas a faute, si , au sujet de la neutralisation des froo* tières franco- helvétiques , elle ne parvint pa« à brooiller Pempereur avec la Suisse et avec toolei les puissanoes signataires du traité de Vione.

m Toy. rjâOteutim dn pape, pronooete le t Joln tw. Jour de la canonIsaUon dea martyre japonais, et U Biponie drs éTèques et cardinaux réunis à Rome.

(tl Voy. la lettre de Pcmparenr an pape, pnhHée daes te Mmkitêmr ( il Janvier 1W0) ; lea DoeumenU rfiato"** tiqu€M (annéea ISM et 1861 }, et VEmptrtiir,Jtfme et te roi (fltaiie, broch. in-8*, taci.

(8) La Savoie forme le département de Is Satur (tM.008 habnaaca; cheMIra Chambéry ), et le département de la Haute Savo*e (tei,000 habitanU ; cbef-llca aaneey ). Nice, avec one popolaUon de ist,7f4 *mes , fara*^ le département des Alpes maritimes.

L'annexion des noaveaux territoires à TEmpire Tançais était exigée par la rectificatHm de ses limites du côté du royaume d*Italie, auqiiel Napoléon m Tenait de donner la Lombardie par les traités de Villafranca et de Zurich. La Savoie était d'ailleurs une conquête en quelque sorte tonte morale : les habitants de cette pro- TiDce, appelés à se prononcer eo^-mèmes à cet égard Kbrenient, nM>ntrèrent, par runanimilé de leurs sutTrages , combien ils désiraient foire officiellement partie de la grande famille française, à laquelle ils appartenaient déjà natureKement par leur langue, leurs mceurs, la communauté de leurs intérêts etlen grandes phases de lenr histoire.

Cependant l'empereur avait donné à la Grande- Bretagne l'exemple dn désintéressement en aidant sa jalouse et inquiète alliée dans la guerre de la Chine ob le commerce de la France est encore si faiblement représenté.

On se rappelle que Tcscadre anglo-française, ayant à bord les plénipolentiaires qui diraient s^ rendre à Peking pour la ratification dn traité de Tien -tsin, fut reçue à coups de canon dans le Peî-ho, et dut battre en retraite à la hauteur des forts deTakou. Cet acte d'nne hostilité sauvage détermina les deux pnissaaees alliées à prendre une résolntfen prompte et énergique. Le baron Gros et lord Elgin retonmèrent dans la raer de Chine avec des forces suffisantes. Le 7\ août 1860, l'armée angto- française sons les ordres de sir Grant et dn générât de Montanban, emporte d^assant les forts de Takon après avoir chassé les troupes tartares de leurs camps retrancbé?. Mais , pendant qu'on cherche à sVntendre sor quelques prélinrinarres et le Keu de réunies, tin corps de Tartares effectue une attaque imprérae, et plusieurs membres dn personnel des deux légations sont emmené? prisonniers. Les victoires, successivement remportées, le 1 S et le 21 septembre, à Chankfa-wang età Palikao, sent le châtiment de cette félonie , conduite halNtu^le d'an penpie qui manque de tout sentiment de droit international. Ces journées victorieuses rapprochèrent rarmée alliée à i7 kilomètres de Peking, et lai valurent cent pièces de canon : elle n'avait éprouvé que des pertes insignifiantes. «La plume, ajoate le rapport du général de Montauban, créé depuis par l'empereur comte de PaPikao, la pkime ^t impuissante à donner une idée vraie de œ qui ^ pa^sa autour de nous. L'ennemi nous entoimift i perte de vue; les rapports des prisonniers et des espions varient, dans l'évaluation des Ibrces chinoi?^s,de 40 à 60,000 hommes. Tont cela ^tsi étrange que, pour rendre compte de nos ^Qccés, il faut remonter bien haut dans le passé, ^ se rappeler les victoires constantes de qoel- ^^■^ poignées de soldats romains sur les tiordes tarhares. n Le 5 octobre 1860, Farmée alKée loitla Palikao pour se porter sur Peking. A son approche, les troupes tartares se retirèrent à Ysen-lfing, magnifique résidence d'été de l'empereur de Chine. Mais, à son arrivée, eUe trouva

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] cette résWence vide de défenseurs. Les re- I cherclies qu'où y fit ameaèrent la découverte d'un I grand nombre d'objets précieux, parmi lesquels I deux bâtons de commandement, dont Tua fut I offert à la reine Victoria et l'autre à l'empereur I des Français. Le pakûs de Yuen-Ming fut ensuite ! Kvré a«\ flammes, sur Tordre de lord Elgin, afin de frapper de terretir les Chinois pour lesquels la conservation de ce palais impérial était l'objet d'un culte superstitieux. Le 17 octobre, aii moment oii les troupes alliées allaient se disposera bombarder Peking, le prince Kong, frère de l'empereur de Chine, fit annoncer qu'il était prêt à conclure la paix. Comme condition préalable tous les prisonniers devaient être rendus. Sur treize prisonniers français, six rentrèrent au camp après avoir essuyé les traitements les plus inhumains, sept étaient morts par suite de ces trai* teroents : ils furent solennellement enterrés à Peking dans l'ancien cimetière français que i'emperenr Kang-Hi avait autrefois accordé aux missionnaires catholiques. La paix, signée avec un grand cérémonial , le 26 octobre 1860, ratifia le traité de Tien-Tsin, et stipula une indemnité de huit millions de taéls k payer pour frais de guerre. L'empereur est aajourd'bui officiellement représenté à la cour de Peking : jamais souverain de France n'avait encore obtenu une pareille satisfaction. Le prince Kong, chef du conseil de régence, fait donner au jeune empereur Tclioung- Tchi (Agé de dix ans) les principes d'une éducation européenne, où n'est pas oublié l'enseignement de la langue française. Ce même prince, éclairé et libéral, adressa (mai 1862) an\ ministres de France et d'Angleterre une dépêche pour les remercier de la coopération de ces puissances pour la destruction des rebelles on Taipings , et il déclare « être prêt à teot hire ponr resserrer les liens d'amitié qui naissent le gouvernement chinois à ses bons et loyaux alliés ». L'ouverture de la Chine auv peuples de l'Occident sera signalé comme un des faits les plus considérables de l'histoire du dixnenvième siècle. Les ambassades de la Cochinchine (mai 186t) et du Japon (avril 1862), envoyées à la cour des Tuileries, montrent que les nations les plus réfractaires de l'Asie s'empressent d'entrer dans la voie du progrès, ou- Terte par la France et l'Angleterre.

Le royaume d'Annam, dans les parages de la Cbchincinne. persistait seul encore à susciter des obstacles à la libre communication. Depuis le commencement de notre siècle, la France avait vainement essayé de renouer des relations avec le gouvernement annamite ou d'obtenir des atténuations aux violences dont les missionnaires étaient l'objet En 1856, l'empereur avait chargé im agent spécial de se rendre à Tourane et de faire une nouvelle tentative pour vaincre l'aveugle obstination de la cour d'Annam. Cet agent ne fut pas même admis à débarquer, et il dut s'éloigner sans avoir pu faire parvenir à Hué le message dont

il était porteur. Ces procédés furent suivis d'une nouvelle persécution plus rigoureuse encore que les précédentes, dirigées contre les missionnaires, et un évêque (M. Diaz) fut mis à mort 'après avoir été livré à d'affreux tourments. 11 était impossible à l'empereur de permettre que ses ouvertures fussent rejetées avec tant de hauteur, et que sa sollicitude devint une cause de persécution ; une expédition fut résolue. Le gouvernement espagnol, qui avait des griefs analogues à faire redresser, s'empressa de concourir au but de cette expédition dont le commandement était confié au vice-amiral Rigault de Genouilly, en mettant à sa disposition un régiment de Manille et deux navires de guerre. Le 17 février 1859 la citadelle de Saigon fut emportée d'assaut par les troupes franco-es|)agnoles; le 17 novembre suivant eut lieu la prise du fort de Tourane qui domine les communications entre la capitale (Hué) et les forces de l'ennemi; les Annamites furent battus à Mithy et délogés de leurs retranchements; enfin, depuis le 10 février 1860, le port de Saigon est ouvert au commerce de l'Europe (1). L'attitude hostile du gouvernement annamite provoqua bientôt de nouveau l'intervention dn corps expéditionnaire, placé sous le commandement do vice-amiral Cbarner. Les journées des 24 et 25 février 1861, et la prise de la citadelle Mithy le 12 avril suivant, doivent assurer à la France la possession des provinces méridionales de la Cochinchine. Enfin un rapport récent du vice-amiral Bonard nous apprend qu'après la répression énergique d'une vaste in surrection,un traité de paix a été solennellement conclu à Hué ( 14 avril 1803) avec le roi Tu-Duc. Si nous voyons, dans l'Asie orientale, un grand eiTipire se ranimer sous le souffle civilisateur de l'Europe chrétienne, un autre empire, à l'ouest de ce grand continent , menace de s'éteindre sous l'influence de ce même souffle. Les fanatiques sectateurs de Mahomet, ces guerriers jadis si redoutés, savent mal contenir leur haine en face de ces giaours autrefois si méprisés, aujourd'hui ses protecteurs. La Mecque est le foyer où se retrempe chaque année la rage des musulmans; rn 1858, elle fit explosion à Djedda, port des pèlerins de l'islam , par l'assassinat des consuls français et anglais. Le massacre des Maronites par les Druses, en juin 1860, fut le second épisode de cette conspiration universelle des musulmans contre les chrétiens. A peine la nouvelle des événements de Syrie était- elle arrivée en France, que l'empereur, en vertu de cet antique protectorat des chrétiens d'Orient qu*il ne saurait abandonner, sa hAta de provoquer les mesures nécessaires pour remédier à la situation; à l'exemple de Louis XIV, il s'adressa d'abord immédiatement au sultan pour invoquer son intervention en faveur des chrétiens du Liban. Le 12 juillet 1860, le Sultan lui écrivit pour attester

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son désir de faire justice. Mais on reconoot bientôt que ni l'ancien droit de protection, si les sentiments exprimés par le sultan ne pouvaient suffire: tandis que Fuad-Paclia se dirigeait avec ses troupes vers la Syrie, les ina>* sacres continuaient. L'empereur vonlut akit^ proportionner l'action à la nécessité, tout es fncédant avec une réserve extrême dans uneqoKtion où l'avenir est si fortement engagé. Ce le fut qu'après s'être mis préalablement d'accoH avec les grandes puissances qu'il envoya se» troupes en Syrie. « La France, disait l'empefear en passant le 31 juillet en revue le corps eipcditionnaire placé sous les ordres du g^éral éc Beaofort d'Hautpoul , la France salue avec boaheur une expédition qui n'a qu'un but, celui àttat triomplier les droitsdelajusticeetderbumaoité.* Ainsi, la têclie acceptée de toos, c'est b France seule qui va l'accomplir. Aussitôt »« drapeau se déploie à Beyrouth, et les ma^ sacres s'arrêtent Dans cet intervalle , les autres puissances de l'Europe envoient une connission de délégués avec la triple mission de diitier les coupables, de réparer les désastres ec fixant des indemnités et de se oonoerter «r la pacification définitive des peuples dn Libuu On avait d'abord pensé qu'un délai de six o]oi> suffirait pour cela; mais, lorsque le délai aJIail expirer, on reconnut que l'oeuvre de répantioa, rencontrant des obstacles imprévus, n'était pai encore achevée. La Syrie devait être évacuée en mars 1861, t»ien que les conditions, qui es avaient nécessité l'occupation, fussent toujoan les mêmes. La conférence de Paris fut mise en demeure d'examiner de nouveau la questioo. On y souleva des objections de tout genre : b Porte Ottomane se prétendait asseat forte povr arrêter le progrès des massacres, des incendies et du pillage. L'Angleterre, plus jakmse de ses intérêts que sondeuse du sang des chrétiens, pensait comme la Porte. La Russie penchait vers l'opinion de la France; l'Autriclie et la Prusse, saB.< se montrer opposées à cette opinion, l'accoeillalent avec moins d'empressement Enfin, oo parvint à s'entendre sur un atterrooieroent : ItotervenUon fut prorogée de trois mois, du 5 marsao 5 juin. Depuis l'échéance de ce dernier délai et le dé|iart des troupes françaises, les apprébcssions des chrétiens de la Syrie augmentent En cas de nouveaux massacres, la Russie a d*avance, par une déclaration solennelle, mis s<i responsibilité à couvert. Quant à la France, tons ceux qui ont à cœur l'intérêt de Hiomanité s'associeront à ces paroles d'un des v»nlstres de l'empereur : k Les actes slgn^ ^t la dignité de la France nous font un devoir rigoureux d'exécuter loyalement la oonventioQ (l)- S'il en résulte de nouveaux malheurs, ce n'est pas nons, mais d'autres qui en auront Is ks' ponsabilité. Si la France ne se trompe pasdaos

II) rojf. daoi le MonUeur dais JulUet 1160, le régie- Ben t de roovertnredece port.

(1) Ij» arUeles de eette convcnUon moI ladi^aO daw tê JUonUew du il Jaln 1S61.

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ses préTÎsions, si ceux qot ne pensent pas comme elle se tforopent, le sang qui pourrait couler retombera sur eux. En présence de œs invocations de la foi jurée, en présence d'un souverain qui, chez lui et quelque faible qu'il puisse être, invoque son indépendance et se déclare en état de faire lui-même la police de ses prorinces, nous ne pouvons faire qu'une chose» c'est de prenilre TEurope à témoin de nos craintes et de l'immense responsabilité qu'elle encourt... Ce n'est pas la France qui évacue ce malheureux pays, c'est l'Europe (1). »

Nous ne dirons qu'un mot d'une guerre encore pendante, mais dont tout laisse entrevoir une fin prochaine et heureuse. Les sujets de plainte que la France avait depuis douze ans contre le Mexique déterminèrent l'empereur à y envoyer une armée. Ils sont nettement exposés dans une note de M. Tliouvenel, ministre des affaires étrangères, an contre-amiral Jurien de la Gravière, commandant l'escadre dans les parages du Mexique. On y voit les pertes considérables et les vexations de tont genre que les Français, résidant dans ce pays, ont eu à subir par suite dt l'anarchie qui y règne depuis tant d'années. En 1853 et 1858, le gouvernement de l'empereur était déjà intervenu à ce sujet; mais les conventions, arrêtées entre lui et les chefs momentanément au (H>ovoir, se trouvaient annulées par leurs succes- .^nrs ou devenaient inexécutables par la coexistence de deux autorités de fait, l'une à la Yera- Cruz , l'antre k Mexico. « Les embarras d'une telle situation, ajoute M. Thouvenel, ne se faisaient pas sentir pour nous seuls; les autres puissances européennes, qui ont de nombreux intérêts engagés au Mexique, la Grande-Bretagne et r Espagne notamment, en souffraient comme DOUA. Les préoccupations de même nature que cet état de choses devait, par conséquent, inspirer aux trois gouvernements, les avaient amenés, chacun de leur côté, k penser que la reconstitution an Mexique d'nn pouvoir unique et siiprême, dont l'action pourrait s'exercer sur toute l'étendue dn territoire, était l'unique moyen <1e rendre à ce \»hyt et è tous ses habitants , nationaux et étrangers, l'ordre et la paix que trouvait si profondément une lutte sanglante dont 00 ne prévoyait pas le terme (2). » A la fin de 1861, le président actuel de la république mexicaine, Jnarez, parvint à occuper seul le pouvoir que loi disputait le général Miramon. j^e moment était venu de demander de nouveau une juste Mtisfaction à des plaintes légitimes. Les négodations entamées à cet égard semblaient devoir aboutir, lorsque le président Juarez proposa et fil voter (17 juillet 1861) par le congrès une loi dont le premier article prononce la suppression, pendant deux ans, des conventions étrangères, annule des engagements qui s'exécutaient, et met

(t) OiMcowt de M. RUIanlt an Sénat ( IB mal iseï ). (t) Rote de M. TbouvcDet, dans le JUomtettr de novembre 1861.

k néant tontes les garanties de réparation qu'on avait eu tant de peine à obtenir. En conséquence de cet acte, les gouvernements de France, d'Angleterre et d'Espagne signèrent, dès le mois d'octobre 1861, une convention portant qu'ils prendraient les dispositions nécessaires pour envoyer sur les c6tes de Mexique des forces de terre et de mer suffisantes pour saisir et occuper les différentes forteresses du littoral. Les Espagnols débarquèrent les premiers à Vera-Cruz; ils furent bientôt rejoints par les Français et les Anglais. Mais cette entente ne devait pas se maintenir. Le général espagnol Prim négocia seul avec le gouvernement mexicain une convention, dite de la Soledad , que les plénipotentiaires français et anglais acceptèrent, mais que le gouvernement de l'empereur désavoua comme contraire à la dignité de la France. Cette divergence complète de vue fit rompre Talliance. Resté seul sur le sol mexicain, le général Lorencez n'hésita pas à diriger sa petite armée sur Mexico, et le 28 avril 1862, il enleva la forte position des Combrès, non loin d'Orizaba, où l'ennemi s'était retranché. S'avançanl plus profondément dans l'intérieur, il arriva le 5 mai, en lace de Puebla, sans rencontrer de résistance. Trompé par les rapports des généraux mexicains qui se disaient ennemis de Juarez, il croyait y être reçu avec enthousiasme. Ce fut le contraire qui arriva. L'armée y subit un échec, aggravé par une pluie torrentielle qui rendait les pentes inaccessibles ; emmenant ses blessés et ses malades, elle se retira à Orizaba pour y passer la saison des pluies , pendant laquelle il est impossible de tenir la campagne. Dans l'intervalle de nouveaux renforts furent expédiés de France, et l'armée, ayant repris l'offensive 30US le commandement du général Forey, s'empara de Puebla (17 mai 1863), après un siège opiniâtre de deux mois. La prise de cette ville, où l'ennemi avait concentré tous ses moyens de délense, mérita au général Forey le bâton de maréchal. Le 10 juin suivant, le commandant en chef fit son entrée dans la capitale du Mexique au milieu d'un enthousiasme indescriptible. « Les soldats de la France, dit-il dans son rapport, ont été littéralement écrasés sous les couronnes et les bouquets dont l'entrée de l'armée à Paris, le 14 août 1859, en revenant d'Italie, peut seule donner une idée (1). »

Sans doute bien des graves questions extérieures, telles que la souveraineté temporelle du pape, la pacification des esprits en Italie, la guerre fratricide des États-Unis, les aspirations unitaires de l'Allemagne et de la Scandinavie, la décomposition de l'empire Ottoman, attendent des solutions universellement désirées. La Pologne, combattant pour son indépendance, a réveillé les sympathies de l'Angleterre et delà France; et les gouvernements de ces deux pays, joints à celui de l'Aulriclie, ont donné à entendre àTcmpereur

0) MonUtur do to Juillet 1S63.

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de Russie des conseils deetinéi à calmer les inquiétudes de i*£Mrope. La Prusse, plus libérale que son roi, demande un gouvernement constitutionnel, et ne veut pas se laisse devancer par TAutricbe dans la voie de la liberté.

Mais, à voir les grandes choses que Terapereur a déjà faites, il est |>ermis de bien augurer de ce qu'il fera encore, en prenant pour devise ce vers de Lucain, appliqué à César t

NU actum rrpuUna, ai qald sapereswt afeadam. Montrer aux yeux de tous que les guerres d'ambition ou de conquêtes sont devenues i»npossibles, que les peuples doivent se rapproclier, non par le choc des années, mais par l'échange des lumières, enfin que la valeur d'une nation se mesurera par son travail, par le contingent qu'elle fournit au fonds commun de la civilisation, telles sont au fond, à juger par ses actes, les petisées directrices de Nap<3^éon III. Moins ppul-èlreque tout autre souverain, rem|)ereur ne saurait se faire illusion sur les difficultés de sa tâche, ainsi que sur l'instabilité des conditions humaines. Il le donna du reste lui-même k entendre à l'occasion de la naissance du prince impérial ( IS'apoléon- Bugène- I/)uis~ Jean -Joseph, né le te mars 185fi). en répondant aux félicitations du Corps législatif : «... Les acclamations unanimes qui entourent le berceau de mon fils ne m'empêchent pas de réfléchir sur la destinée de ceux qui sont nés et dans le même lieu et dans des circonstances analogues. L'histoire a des enseignements que je n'oul)lieraî pas. Elle me dit, d'une part, qu'il ne faut jamais abuser des faveurs de la fortune; de l'autre, qu'une dynastie n'a de chance de sUbililé que si elle reste fidèle à son origine en s'occupanl uniquement des intérêts populaires par lesquels elle a «^té créée (1). »

^ Ce qui fait la force de la constitution de 1852, c'est qu'elle ne se pose pas comme une borne immuable, Répu.Uant ces formules abstraites qui ont la prétention d'enchaîner l'avenir, elle satisfait aux principales exigences du progrès et proclame à la face du monde la perfectibilité des dioses humaines. Fondée sur la volonté nationale , elle réduit à l'impuissance les partis hostiles, ne perd jamais de vue la grandeur et la prospérité de la France, et favorise le développement pacifique des nationalités. En établissant que les ministres ne sont plus responsables, elles voulu mettre un terme à ces compétitions d'ambitions pariementaires, causes continuelles d'agitation et de faiblesse pour les gouvernements passés. En rendant au chef de PÉtat son indépendance et son initiative, la nouvelle constitution a consacré en même temps le principe de la division des pouvoirs. Par le vote des loi.s des impôts etdes comptes, le Corps législatif, produit du suffrage universel et de l'éjection directe, reste en possession de ses attributions essentielles; par la publicité des débals, Il est maintenu en communication avec l'opinion

il) HoniUur du 19 mars i«w.

publique, et par rexclusion des fonctionnaires assurant l'indéiiendance du vote , il est pour h confection des lois ce que Je jury est pour leur afiplication . Ses membres, tous soumisaa seroMst, sont nommés (tour six ans, et reçoivent une isdemnité. Aux dernières élections <31 mai j&y) presque tous les candidats do gouvernement oit été élus dans les départements, tandis que Paris a envoyé à la cliambre tous les candidate <le l'opposition qui s'étaient présentés à ses suffrages. C'est un symptôme de l'opinion publiqie demandant n le couronnennent de rédilke (nr l'établissement d'une entière liberté (t). •

Gardien de U constitution, le Sénat doit veiUer au respect «les principes fondamentaux de l'oi^ nisation civile, politique et sociale. Aucune Ioîk peut être promulguée avant de lui être sounise. Si une loi est contraire k la constitution, A ia le* ligion, à la morale, etc., le Sénat peut s'y opp«»er. 11 règle tout oe qui n'a pas été prévu par la coas* titotiun ; il maintient ou annule les actes qui iai sont déférés ooomie inconstitutionnels par k gouvernement ou dénoncés, pour la même caitf, par les pétitions des citoyens ; et en cas de dissolution du Corps législatif, il pourvoit à tout a qu'exige la marche régulière du gouvernement Ses membres sont nommés à vie par Temperear, et reçoivent une dotation annuelle de trente railk francs. Par le régime, inauguré en 1852, • Teffl pcreur est seul re^onsable devant le peuple fru çais, auquel il a toujours droit de faire appel • (art. 5 de la constitution ).

Le conseil d'État, charge d'élaborer les projets de lois présentés par les ministres, sert de lies entre le gouvernement et le Corps législatif, et cou* court à une administration régulière, éclaiiée, du pays. Il comprend cinq sections, correspondaBl aux dirrérents dq>artements nùnistériels, et uoe sixième qui juge toutes \eê questions «oulevécs entre l'administration et les particidiers. Ce^aae espèce de conseil administratif et judiciaire, ks membres, nommés par l'empereur, sunl ataovibles. Lesprojetsde lois, discutés et ado(»l^fur le couReil d'État, sont transmis au Corps iégi>btil qui les examine d'abord dans leur ensonlile d soumet ensuite l'examen des articles 4 des con* missions dont les séances ne sont pas publiques. S'il y a des amendenoents, ils soot renvoyés au conseil d'ÉUt, et ne sont admis que si ce dernier les approuve ; enstiite la commi«Noa rédige son rapport, et une seconde disai&flos a lieu dans une séance publique du Corps législatif, où le gouvernement avait d'al»nl pour organes des ministres sans portefeuille. Cette création de ministres n ayant dans la faits à débattre aucune part personnelle, vicat d'être supprimée; l'empereur, par le décret «ta 23 juin 1863, leura sub^Utué des ministres citant des rapports du gouvernement avec les grands

..io y T* ^^«"«O"" "« »>mpcrenr. prononcé l«K]«iir. 1868. a I occasion de la dhlnbutlon des recoopcoie* aoi exposaou de Londres.

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corps de i^Élat, « dans le bat d'organiner pliu fiolidemeoft la refirésenUtioa de la pensée gouvernemeotaie devant Jes chambres saos s'écarter de l'esprit de la coaatilutîoii. • Le ministre d'État, <k^agé de toutes atlribiitiooftadfniaiatrativeft et le ministre préeideiit le conseil d^État, avec le concours des membres de ce ooaseii, sont désormais chargés d'expliquer et de détendre les questions portées «levant le Sénat et le Corps législatif.

Les ministres, ne s'oocupaat chacun que de son département, sont les agents directs de Tem pemir; ils ne sont responsables qu'envers lui. mais ils peuvent être mis en accusation par le Sénat. Enfin Tempereur, relevant le principe d'autorité, s'éloi^e à la (bis du gouvernement parlementaire et du gooveroement absolu. C'est la réalisation de ce système politique que Montesquieu avait défini la division des trois pouvoirs sous le çoupernement d'un seuL

Chaque nation firésente un ensemble de caractères, dont la connaissance surfit pour en tracer en quelque sorte a priori toute l'iusloire. L'attention de l'empereur doit avoir été frappi^e de ces passages des Commentaires de César : Gailos noois rébus studere et ad bellum mobiliter celeriUrqite excitari ; — > Aon iolufti in omnibus civitatibus atque an omnibus pagiSf sed pêne eliam in singulis (iomiàus facliones sunt (t). L'amour du changement, l'ardeur guerrière, l'esprit de parti, «iivisé à l*e\tréme , c'est cet ensemble de qualités ou de défauts, compris par César sous ia dénomination générale àUnfirmitas Galloftioi, qui alimente l'hisloire des Gaulois, ancieos et modernes, malgré l'aiksimilation de la nce conquérante qui a donné son nom au pays. L'antagonisme entre les différentes classes de U société française a Tarie de formes suivant l«s époques, pour aboatir, de nos jours, à la re* (ioutable quei^tion du capital et du travail; de politique qu'il était pendant des siècles, cet antaitonisme a fini par revêtir la forme sociale.

Si le mouvement est l'essence du pn)grès, la France en est inconlesUblement Tavant-garde, et sa marche doit être d'une grande autorité pour l'avenir des nations. La classe, qui représente la propriété ou le capital, triomphante depuis juillet 1830, fut Taincoe en 1848, et prit bien tût sa revanche aux journées de juin. Mais ce dernier triomphe était si clièrement acheté et semblait si précaire, qu'elle se montrait prête à acclamer tout poQvoir qui la délivrerait de l'invasion du socialisme et de Ui terreur des ateliers nationaux. Cahner deux adversaires implacables, au milieu d'une société bouleversée, c'était là une entreprise ^ ne pouvait être tentée avec des chances de socoès que par la volonté intelligente et ferme d'on «eul homme. Ce qui paraissait presque impossible, le second Empire l'a fait L'impulftioo donnée au développement des ressources

(1) ^or. notre article CisAa ^^apkié gentrale.

dana le tome IX de la

448 P», matérielles do pays a profité en même temps au capital et au travail, et la nouvelle gloire de rarinée française, rehaussant la grandeur de la patrie commune, est devenue le lien d'une puissante wiioa. Là France, accoutumée à tenir la première place dans les conseils de l'Europe continentale, avait été amoindrie par les traités de 1816; et les gouvernements qui s'étaient depuis lors succédé, loin de la relever de cet état d'hunuliation, ne semblaient s'appliquer qu'à la blesser encore davantage dans son orgueil et dans sa dignité, en la traînant à la remorque des puissances étrangères. Napoléon lit lui a rendu à la fois sa splendeur et sa prépondérance.

Si les Françaia aiment la gloire militaire et l'égalité civile, ils ont aussi l'amour et le génie des arts de la paix. Satisfaire les nobles instincts de la nation et pourvoir en même temps au bien être des masses, c'était réconcilier le capital avec le travail, et asseoir la société sur des bases solides. C'est ce grand problème social que l'empereur a en partie résolu par tout ce qu'il a fait à l'intérieur.

Auguste trouva Rome en bols; il la laissa en marbre à ses successeurs. Napoléon III aura réalisé, par la transformation de Paris, une merveille non moins grande que celle du neveu de César. A la place des maisons en plâtre s'élèvent, comme par enchantement, des palais en pierres de taille; les vieux monuments sont rajeunis, et de nouveaux surgissent; des boulevards et des mes à larges trottoirs donnent plus d'air et de lumière aux anciens quartiers qu'ils traversent ; et, ce que des génf^rations de rois avaient vainement tenté, la volonté de l'empereur l'a réalisé : le Louvre est achevé et se relie par un magnifique développement au château des Tuileries, également rajeuni. Enfin, la capitale élargie, assainie, rééilifiée sur un nouveau plan, 6'ei>t accrue de plus d'un demi-million d'habitants depuis l'extension de ses limites jusqu'aux fortifications (loidu 16 juin 1859). Paris, est aujourd'hui la cité la plus populetisedu monde comparativement à la surface qu'elle occupe *. en 1789, elle comptait seulement 600,000 âmes; en janvier 1860, sa population était de l,â25,942habitanls, répartis sur 8,502 hectares (f).

L'exemple delà capitale fut suivi par les départements et les commune^. Leurs budgets respectifs témoignent des effets de l'éloquence persuasive des autorités locales. Chaque année les départements proposent et le gouvernement autorise de 20 à 25 millions d'impositions extraordinaires. Y a^t-il des cours d'eau à rectifier, des routes, des ponts, des quais, des édifices à réparer, des rues à élargir, des marécages à dessécher, des terres à défricher, etc., les municipalités s'adressent au gouvernement qui ne manque jamais de prendre leurs de-

(1) Pari« comprf'nd environ I96hablt;intc pur hectare, Undlt que Londres, pour la laSaïc auperflele, n'en a g utre pliu de «S.

mandes en sérieuse considération. Il contritNie pour sa part à toutes ces dépenses, et si les communes sont obérées, il trouve des capitalistes qui avanceront Targent nécessaire, et les l)énélices résultant des travaux feront plus que rembourser la dépense. Paris, Lyon, Marseille se sont mis à la tète de ce mouvement d'émulation ; et les campagnes elles-mêmes B*ont pas voulu rester en arrière des villes.

Il serait inexact de dire que cette intervention du gouvernement dans les travaux d'utilité publique ne date que du second Empire. Depuis 1820 on voit figurer au budget des sommes qui varient de 25 à 70 millions de Tr., employées en construction de canaux, de routes, de chemins de fer, etc. Mais, si le gouTemement impérial n'a fait, sous ce rapport, que suivre l'exemple de ses prédécesseurs, il a eu à la fois la prudence d*éviter leurs erreurs et le pouvoir de réaliser ses propres vues. Les chemins de fer et les douanes en offrent les preuves. Pendant qu'en Angleterre la construction des voies (Irrées était entièrement abandonnée à l'industrie privée, on avait ailleurs posé en principe qu'au gouvernement doit appartenir toute loi* tiativede ce genre d*entreprises. En France surtout ce principe avait été poussé à l'extrême, et la question y fut réduite à ce dilemme : le gouvernement doit-il construire toutes les lignes à ses frais, ou, dans l'impossibilité de faire immédiatement face è tant de dépenses, serait-il plus convenable d'y faire concourir, moyennant certains avantages, les capitaux privés ? Ces deux points de vue, vivement discutés dans les Chambres, aboutirent à la loi de 1842, espèce de compromis qui devint la source de grandes pertes de temps et d'argent. Au lieu d'être stimulées, les compagnies se reposaient sur le gouvernement; elles intriguaient pour devenir cliacune la plun favorisée, et c'est ainsi que des rivalités individuelles nuisirent ici, comme ailleurs, à l'intérêt commun. Il en était résulté qu'à l'avènement de l'empereur, la France n'avait pas plus de 3,641 kilomètres de chemins de fer, traînant une existence précaire. Un nouveau système se substitua à l'ancien. Le gouvernement impérial prit les mesures nécessaires à la formation de compagnies assez fortes pour achever les lignes qui étalent sa propriété. Afin de stimuler les capitalistes, il prolongea de plus du double la durée ordinaire des concessicns, qui fut portée à quatre^^vingt- dixneuf ans. Toutes les compagnies furent réorganisées sur cette base; elles eurent bientôt de l'intérêt à fondre les petites lignes en quelques grandes qui devaient se partager tout le tenîtoire. Les subventions gouvernementales furent , pour la plupart des cas, supprimées en 1 867, et l'on adopta comme règle i>ne garantie de 4,05 pour cent, à titre d'inti^rêt et de fonds d'amortissement, pendant cinquante ans sur un maximum fixe de dépense. Après 1872, tous les te*

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Tenus des anciennes et des nouvelles lignes, dépassant une somme déterminée, devront être partagés avec FÉtat. On estime que la proportion des dépenses supportées par le goove^l^ ment pour l'exécution des 5,000 kilomètre d'embranchements, décrétés en 1857, ne dépasse pas 25,000 fr. par kilomètre conln 100,000 que lui coûtaient en moyenne les asciennes lignes ( par kilomètre). C'est ainsi que, par une révolution heureuse, les Toies ferréts ont perdu leur caractère d'entreprises gouTcrnementales, sans parler de la rectificatioB <)« beaucoup d'embranchements que des intérêts <ie clocher tendaient à détourner du vrai but M l'utilité générale. Aussi par suite de cette énaocîpation , les chemins de fer se sont-iU àènloppés avec une rapidité extrême et au pruit de tout le monde. De 3,541 kilomètres (igji) ils se sont élevés, au commencemeat de 18(3, à 10,096 kilomètres, el ce résultat a été obtenu avec la moitié moins de charges qu'imposiit as trésor l'ancien système. Cette extension dfs moyens de communication et de transport, mm rapides que peu coûteux, n'a pas tardé k rét«r salutairement sur le commerce et l'indostrie.

Dans sa lettre au ministre d'État, l'cmpereor a témoigné toute sa sollicitude pour V\nd\t>trie, le commerce et l'agriculture, cette grande nourricière des peuples. « Avant de dévetopper, dit-il, notre commerce étranger par récfaufee des produits, il faut améliorer notre agricalture et afTranchir notre industrie de toutes les entraves intérieures qui la placent dans des conditions disfériorité. Aujourd'hui non-seulement nos grandes exploitations sont gênées par une foule de ^ègl^ ments restrictifs, mais encore le bien-être de ceux qui travaillent est loin d'être arrivé au développement qu'il a atteint dans un pays voisin. Il n'y a donc qu'un système général de bonne économie politique qui puisse , en créant la richesse nationale, répandre l'aisance dans la classe ouvrière. En ce qui touche l'agriculture, il faut la faire participer aux bienfaits des institotioos de crédit , défricher les forêts situées dans les plaines et reboiser les montagnes , aCfeder tous les ans une somme considérable aux grands travaux de dessèdiement , d'irrigation et de défrichement. Ces travaux, transformant les conuminaux incultes en terrains cultivés, enrichiront les communes sans appauvrir l'État, qui reooo%rera ses avances par la vente d'une partie de ces terres rendues à l'agriculture. Pour encourager rindustrie, il faut affranchir de tout droit les mali^res premières, et lui prêter, exceptionnellement et i un taux modéré,le8 capitaux qui l'aideront à perfectionner son matériel (1). » En résumé suppresioa des droits sur la laine et les colons; réduction successive sur les sucres et les cafés; amélioration énergiquement poursuivie des Toies de communication ; réduction des droits sur les canaux et, par

• (I) MonUeur du it Janvier t««o.

&uite, abaissement général des frais de transport ; prêts à ragricaltore et à l'industrie; al)olition du système prohibitif; traités de commerce avec les imissances étrangères, telles sopt les bases du programme impérial. Déjà réalisé en partie par la création da crédit foncier, Vaugmentation du capital de la Banque, la conversion des rentes, les avances faites à l'agriculture pour l'introduction du drainage , il fut surtout mis en pratique par le traité de commerce avec l'Angleterre. On avait depuis longtemps signalé comme une aîiomalie étrange de Toir,dana un pays si jaloux du principe de l'égalité, quelques intérêts ])articalier8 protégés au détriment de l'intérêt 'général. Le gouvernement du roi Louis-Philippe avait essayé de modifier le système protecteur de l'industrie française; mats il rencontra, dans l'opposition parlementaire, des obstacles ioTincibies. Le gouvernement impérial réalisa hardiment les réformes économiques réclamées par l'immense majorité de la nation. En pré- •^^nce des clameurs sinistres de quelques manufacturiers, appuyés par le commerce de détail, il lui fallut une foi inébranlable dans reffîracîté des principes du libre échange. Le traité (le commerce anglais, conclu pour dix ans, mit )iii au vieux système des prohibitionnistes, tout tm protégeant, dans de justes limites, les in^^ (lastries nationales. Signé le 23 janvier 1860 , il ne fut ratifié par le Corps législatif que le 4 téfrier 1861, non sans une vive opposition. 11 importe de faire remarquer qu'à peu d'exceptions près, les concessions que faisait TAngleterre avaient un effet immédiat , tandis que celles de la France s'échelonnaient sur une série de mois et d'années, combinée de façon à rassurer, par certains ménagements, les intérêts qui se consi- >!éraient, à tort ou à raison, comme plus ou moins lésps par la levée des prohibitions. L'expérience a déjà montré combien ce traité est propre à développer l'activité industrielle et commerciale <le la France au contact de sa puissante rivale. les craintes mêmes d'une diminution des recettes par suite de la réduction du tarifent été promptement calmées. Dès les premiers mois de la înise à exécution du traité (d'octobre à décembre 1861 ), la diminution fut un peu plus que nominale, et dans les premiers mois de 1 862 les recettes (JODoèrent un excédant, non-seulement sur 1860, inai»^ur 1859, années antérieures à la réduction. Chaque pays a sa spécialité, qui est Texpi'ession des aptitudes inhérentes au caractère et aux mœurs de ses habitants. La France 3 la réputation bien méritée d'être la patrie du goût. Les importations françaises en Angleterre, comme les imporialions anglaisent en France, firent bientôt ressortir la supériorité respective <les deux peuples dans certaines fabrications qui devinrent le vrai point de départ de leurs relatifjns commerciales; c'est une entente progressive et un rapprochement mutuel qui en amèneront peu à peu le véritable équilibre. Une

KOCV. BIOGB. GÉNÉR. — T. XXXYII.

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réunion providentielle de circonslances imprévues vint mettre pour ainsi dire le dernier sceau aux efforts du gouvernement impérial pour réveiller les forces engourdies de la nation. A peine avait-il abandonné l'échelle mobile pour les grains, qu'une mauvaise récolte fit ressortir tous les avantages de la liberté d'importation. A peine avait-il supprimé les droits prohibitifs sur certains articles manufacturés, que la crise américaine fit apprécier tous les bénéfices d'une politique commerciale qui seule pouvait neutraliser les effets de pareilles catastrophes.

La France, qui paraissait naguère privée de capitaux et dépourvue de tout esprit d'initiative, en abonde aujourd'hui à tel point « qu'elle inènace, dit un célèbre diplomate anglais (lord NornMuby), de devenir la métroiiole financière aussi bien que la métropole politique de l'Europe. » — « Autrefois, ajoute ce diplomate, non suspect de flatterie, les potentats avaient-ils besoin d'argent, ou les gouvernements voulaientils construire des chemins de fer, ils s'adressaient presque exclusivement à TAngleferre, oti non-seulement affluait une plus grande abondance de capitaux , mais où régnait aussi un esprit d'aventure plus hardi que partout ailleurs. Si un projet ne trouvait point d'appui en Angleterre, il était considéré comme perdu et était abandonné. En outre, toutes les fois qu'un pays était ouvert aux entreprises, les Anglais étaient toujours les premiers sur l'arène, et dans la plupart des cas ils n'avaient même pas de concurrence à craindre. Il n'en est plus de même maintenant. L'Angleterre n'est plus le dernier refuge des souverains et des gouvernements nécessiteux ; non que les Anglais soient peut-être devenus plus prudents, niais parce que les Français sont devenus plus hardis et plus disposés à courir des risques dans l'espoir de réaliser de gros bénéfices (1). »

La transformation d'un peuple, habitué à tout demander au pouvoir plutôt qu'à ses forces individuelles, et la position éminente que, par suite de cette transformation, il occupe aujourd'hui parmi les nations commerciales et industrielles du monde, voilà des résultats d'une incontestable valeur. Et ces résultats ont été obtenus avec des sommes beaucoup moindres que celles qu'on avait autrefois dépensées inutilement dans le même but. Ainsi, de 1852 à 1862, le stimulant, employé pour développer l'esprit d'entreprise et la prospérité publique, représente on total de 1 ,300 millions (en additionnant ensemble les dépenses, faut ordinaires qu'extraordinaires) contre 1 ,706 millions, dépensés dans les dix ans qui ont précédé le régime impérial.

Le système de centralisation avait été poussé à l'excès. Imprimer à la nation le goût de Tadminisfral ion des localités par elles-mêmes, c'est conjurer ces périlleuses transitions de l'apathie à la violence. Le gouvernement de l'empereur l'a corn-

(1) Dix ans d'impériuUsme en Francex Paris, iscs, p. m.

pris : l'exposé de laftitoatton deTempire, présenié en 1862, au Sénat et an Corps législatif, signale les progrès accomplis dans cette voie. Une liberté entière a été laissée à Tinitiative des conseils municipaux et des conseils généraux des départements, et un grand nombred'afTaires locales, qui autreibis ressortissaient au ministère de Tintérieur^ont été abandonnées à la décision des préfets.

Du reste, le conseil d'État Tient d'être officiellement saisi de cette importante question par une lettre de l'empereur, ainsi motivée : « Notre système de centralisation, malgré ses aTaatages, a eu le grave inconvénient d'amener nn excès de réglementation. Autrefois , le contrôle incessant de l'administratioo sur une foule de choses avait peut-être sa raison d'être ; mais aujourd'hui ce n'est plus qu'une entrave. Comment comprendre, en effet, que telle affaire communale, par exemple, d'une importance secondaire, et ne soulevant d'ailleurs aucune objection, exige une instruction de deux années au moins, grâce à Tintervention obligée de onze autorités différentes? Dans certains cas , les entreprises industrielles éprouvent tout autant de retard. Plus je songe à cette situation , pins je suis convaincu de l'urgence d'une réforme. Mais dans ces matières où le bien publie et l'intérêt privé se touchent par tant de points, le difficile est de faire à cliacun sa part, en accordant an premier toute la protedion, an second tonte la lilierté désirable (1). » La pensée de l'empereur réalisera une des plus grandes réformes de notre temps, quand on songe aux lenteurs et aux entraves que partout l'admlnistration apporte à l'expédition des affaires.

Si le système de centralisation a des inconvénients, il a aussi des avantages. Joint au réveil de l'esprit d'entreprise, il a servi à réaliser le nouveau mode des emprunts publics, où la limite inférieure des coupons de rente a été fixée à 10 francs. Cette innovation heureuse, en multipliant le nombre des souscripteurs, encourage les petites épargnes m même temps qu'elle rend presque inutile l'intervention, jadis si puissante, des banquiers. C'est le système d'association universalisé, avec garantie du gouvernement. Les emprunts faits par le gouvernement impérial représentent nne somme d'an moins deux miilards et demi, y compris les obligations trentenaires et la dernière con* version du 4 1/2 pour cent. Tous les petits capitaux, «itrefois inactifs, sont maintenant lancés dans la circulation, et c'est à cette source que s'alimentent presque toutes les grandes entreprises. Les cliemins de fer français , fonds de roulement et matériel compris, représentent au moins 3,750,000,000 fr. ; les emprants des villes de Parié, de Lyon et de Alarscille, pas moins de 250,000,000; les emprunts d'autres Tilles et communes, environ 50,000,000; eenx des départements, 220,000,000. Il est impossible de

(1) Lettré de l'eapereor «drcMée da palsb de Pon-

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calculer les sommes de capitaux absorbés par les étoblifisemenls de crédits, tels que le crédit foncier, le comptoir d'escomf^, le crédit ntoliilier, la banque d'Algérie; pàv les nombreibf$ compagnies d'assurances, de docks, de port5, de transports publics de navigation, de gu, dt forgea, enfin par toutes les entreprises imiitf* trielles qui ont reçu un grand développement on qui ont été créées pendant la période dénon^ de 1852- 1862. S'il est difficile, sinon impossible, de préciser les sommes absorbées par ces efit^^ prises, il est au moins certam que ce sont presque exclusivement des capitaux français. U eo est do petit capitaliste comme du soldat thoçais : isolé, c'est un homme tout comme ua autre; mais, associé à ses camarades, il àtvai un héros. Le système d'association populaire i donné au craintif petit rentier l'aodace aoglosaxonne, à lui dont les rêves de spécolalian te bornaient naguère à goûter otium cum dignitaie. C'est le triomphe do régime impérial de montrer au monde que ni de grandes guerres, ni de mauvaises récoltes, ni des crises fioàscières et commerciales, ni des magaifiMocr» coûteuses, n'ont pu arrêter le développement de la prospérité générale de la France.

Les perfectionnements apportés à b marise excitèrent la jalousie de l'Angleterre , qui pics d'une fois semblait redouter la descente d'on oouveau conquérant La guerre de Crimée tnodu une question depuis quelque temps en litige ; la supériorité des vaisseaux à hélices sur les bâtiments à voiles. On y vit aussi pour la première fois manœuvrer avec succès nn navire coirassè. L'expérience ne fut pas perdue de vue. Dès 1157, le gouvernement de l'empereur conçut on vaste projet, dont l'exécution devra, dans une période de quatorze ans (de 1858 à 1672), transformer complètement la marine française. Voici ce projet : « 1*^ fonner une flotte de transition ei adaptant des hélices auxiliaires à tous les vaisseaux de ligne qui ne sont pas trop viesi; 2" construire et armer graduellement cent cmquante vapeurs rapides, de différentes dimeistons, et d'après les meilleurs modèles eonoos; 3^ achever une flotte de transports de suîxasicdouze vaisseaux, partie en transfonoant les frégates à voiles en transports è vafiear, et partie en construisant de nouveaux bâtiments. » L'exécution de ce projet augmente le budget de 17 millions par an. Cette augmentation élève k 134 millions les dépenses ordinaires annuelles do département de la marine (i). De 1840 à 1847^ ces dépenses varièrent entre 120 et 134 millions. C'est donc 10 millions de moins que dans les dernières années du règne de Looîs> Philippe. Et cependant quelle difTérence dans le> résultats ! Dans la guerre d'Orient, la supériorité de la marine française dut être reconnoe par l'Angleterre elle-même; la batterie OoUaote, tA-

CD Eierpté les badfcis de 4an et tut. aoirncntét pu

tainebleaa, le M Jain 18«S, au président da conseil d'État. ' m eipédillous dt Syrie, de Chine et da Moxlq«e.

NAPOLÉON m

valanchit apparat sealeà Kinbarn, et la Gloire i à pea près abandonné. L'édncation tende segéné-

fut ta première frégate cuirassée mise à flot. Les colonies reçurent par le décret du 26 sepiembre 1855 une organisation nouTelle, concemaot surtout le partage des revenus et des dépenses entre le budget de l'État et le budget eoiooial. Le principe de cette organisation , arec quelques dispositioDS noareUes, fut consacré par le décret du 31 mai 1862 sur la comptabilité publique. Depuis rémanclpation des esclares, le travail dans les colonies languissait; il est aujourd'hui fortement encouragé, sur les oôtefl d'Afrique, par des contrats libres et temporaires, qui assurent aux nègres un salaire pour les travaux qu'ils exécutent. L'Algérie, que l'empereur ?isi(a en personne, est devenue l'objet de toute la sollicitude du gouvernement, comme l'aUeste la lettre adressée au gonvemeur général {féTrierl863) (1).

La loi du 25 avril 1855 a modifié avantageusement le caractère de l'armée. En vertu de cette loi, qui supprime le trafic des remplacements, tout individu appelé au service peut s'assurer l'exemption en versant une somme déterooinëe dans la caisse de la dotation de rannée,qni pourvoit à tous les engagements et réengagements Tolontaires. L'armée finira ainsi par se composer exclusivement de volontaires et de soldats de profession. Le droit à une pension a été réduit de vingt-cinq à vingt ans; et la médaille mililaire, créée en 1852, oontère aux soos-offiders et soldats une rente annuelle de 100 francs. La perspective d'entrer dans la garde impériale, qui s an uniforme distinct, un service agn^ble, plus qne double solder est aussi un puissant élément d'attraction pour la vie militaire. Malgré les grands changements apportés dans l'armement (adoption des canons rayés), l'habillement et le matériel , malgré l'amélioration de la condition do soldat, les dépenses du budget de la guerre (ont proportionnellement moindres de ce qu'elles étaient avant 1852. Le budget de 1847 donne 333 millions pour les dépenses de trois cent trente-sept mille hommes; et le budget de 1858 ne porte qu'une augmentation de 33 millions pour un ^ecttfde quatre cent quinze mille hommes en moyenne. Le système des congés, combiné avec la faculté, laissée à l'empereur, de fixer la proportion du contingent dont le maximam doit être voté par le Corps législatif, permet d'avoir une armée toujours prête à entrer CD campagne sans trop charger le budget.

L'instruction publique occupe une place importante dans cette grande impulsion donnée aux forces du pays. La création de plusieurs chaires, l'établissement d'une nouvelle section (économie politique ) dans l'Académie des sciences morales et politiques, l'amélioration du sort des instituteurs, en sont des preuves. Le système de bifurcalioQ des scieoces et des lettres, introduit en 1 &52 dans l'enseignement secoodairc/a été depuis

H) Al&meur du 10 JoiOet ISSl.

raliser. Près de quatre mille écoles de forçons et plus de sept mille de filles ont été ouvertes depuis 1848, et, dans les lycéen, le nombre des élèves a augmenté de plus d'un cinquième. De récents efforts témoignent de toute la sollicitude de l'empereur pour l'enseignement professionnel.

Si le règne de Louis XIV fut le siècle littéraire par excellence, l'époque actuelle sera le règne de la science. C'est par l'irrésistible action civilisatrice des découvertes et des applications scientifiques on industrielles que la société moderne tôid à subir une transformation profonde. Ce mouvement caractéristique ne devait pas échapper à la sagacité de Napoléon IIL Aussi l'empereur l'encourage- 1* il par tous les moyens propres à stimuler l'esprit d'invention etde recherches. Parmi ces moyens il faut citer, en première ligne, la réorganisation complète des Expositions, tant universelles que spéciales, de toutes les productions humaines, l'institution de grands prix, l'afTranchissemrnt de toute mesure et de tout droit restrictifs pour les journaux ou recueils purement scientifiques et littéraires, de grandes pul)lications faites sous les auspices ou aux frais du gouvernement impérial, etc. Des missions envoyées dans didérents pays de l'Orient, des fouilles entreprises en Phénicie, en Mésopotamie, en Algérie, etc., ont amené des découvertes archéologiqoes et épigrapbiqoes, précieoses pour la connaissance de l'antiquité. Les musées du Louvre, enrichis par des acquisitions considérables, attestent la même sollicitude pour les beaux-arts. Enfin, aucun souverain n'aura autant fait que l'empereur pour les origines gauloises par une élude compVAtive, oonscienciense, des documents anciens et des indications territoriales.

Dans la grande répartition du travail national, l'empereur n'oublie pas l'assistance aux infirmes. A cMé des nombreuses sociétés de secours mutuels, dont il a provoqué la fondation , on a vu s'élever l'hôpital de Sainte-Eugénie, la caisse de retraite pour la vieillesse, les cités ouvrières, les asiles de Vincennes, du Yésinet, etc. Au nom du prince impérial se rattachent l'orphelinat et une société de bienfaisance, qui, sous la présidence de l'impératrice, a pour bot « soit de faire des prêts destinés à laciliter l'achat des instrumentas, outils, matières nécessaires an travail, soit de venir en aide pour des besoins accidentels et temporaires à des familles laborieuses ». Excepté pour les enfants trouvés et les aliénés, toute assistance est volontaire. C'est de donations et de fondations que les nombreux établissement charitables tirent leurs principaux revenus. Aux maisons de travail d'Angleterre {workhouses), legonvenemeot, d^aceord avec les autorités municipales, a substitué tout un système de travaux publics; c'est ainsi que bien des bras sont employés à construire on entretenir des routes, à embellir les villes, à défrictier des terres ÎDcnltes, à dessécher des marais, k assainir des

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contrées insalabres, comme la Sologne, etc. Les fonds, ainsi dépensés, soulagent les pauvres sans les humilier et deviennent en même temps une source de bénéfices pour la société. Dans les oon* Hits entre patrons et ouvriers, le gouvernement de l'empereur s*est toujours appliqué à démontrer que leurs intérêts bien entendus sont au fond identiques , que ce qui tourne à l'avantage des uns contribue au bien-être des autres, et que toute société serait impossible si chacun voulait pousser à l'extrême l'exercice de ses droits (1).

Le gouvernement de Jui llet avait laissé une dette flottante de près de 500 millions de francs avec une dette de 43 millions de rentes de plus que le gouvernement de la Restauration. La République de 1848 ne put que suivre la même voie. Cependant le défaut complet d'équilibre entre les recettes et les dépenses n'a fait que peu d'impression en présence de l'énorme élasticité que les recettes de l'État et la production nationale ont déployée dès 1852. Les recettes, qui de 1,351 millions et demi étaient tombées, en 1848, à 1,207 millions, s'élevèrent, dans la première année du second Empire, à 1,391 millions, dépassant de 40 millions les recettes de nMm))orte quelle année antérieure. Celte augmentation du revenu est principalement due aux conlributions indirectes, c'est-à-dire À l'accroissement de la richesse nalionale. Le budget atteint aujourd'hui près de deux milliards, en y comprenant 550 millions de dépenses qui, d'après le système de comptabilité suivi, n*y figurent que pour ordre. Quoi qu'il en soit, il s'agit, non pas de savoir de combien le budget actuel dépasse le budget des gouvernements passés, maia si son accroissement a été utile à la grandeur de la France et au déve- Joppement de la richesse sociale. Voilà le terrain sur lequel un esprit impartial et éclairé portera toujours la question des finances.

Le décret du 24 novembre 1860 a inauguré une ère de réformes intérieures. Le droit d'adresse accordé au Sénat et au Corps législatif, droit qui permet à ces corps de discuter la politique impériale; la publicilé de discussion , la publication complète des débats législatifs, le droit d'amendement, rendu plus accessible aux députés: ces divers changements, apportés à l'esprit de la constitution, ont une signification imporlante qui se trouve clairement indiquée par l'empereur lui-même dans sa lettre au ministre d'État, à l'occasion du décret du 1 2 novembre 1 80 1 , qui étend considérablement le droit d'examen des dépenses, exercé par le Corps législatif. Adoptant le système proposé par M. Fou!d (2), l'empe-

(1) l.et délrffations onrrlëres, cnroyita h la dernière Eipnsltion onlvrrxelle de l.ondrrs |186S|, Inslntent, dans leurs rapports, sur la formallon de chambres iiyodtcales, conposées de tous les él^mcnU nécessaires pour régler équltablement les conflits qui pourraient s'élever entre les patrons et les ouvriers au sujet des questions de sa* lalres.

(9) Voici les mesures Indiquées par M. Fould pour établir féqullibre entre les recettes et les déprn<eH : vèdnct!on de rctfcctif de l'armée au chiffre de quatre cent mille

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