‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; (volume 2)Chapitre 46 sur 110 · NARES · texte numérisé non relu

NARES

tion o/fDordif phrases» names^ ete,, in the Works ot Ençlish authors oj the âge of queen Elisabeth; ibid., 1822, iQ-4». Pendant plii- «eurs années, il a travaillé au Britishcritic^ organe des intérêts de la haute Église, et au Closiical journal, P. L.

Uontbiff Magatine, 1819.

RARICHEIN, noble famille russe. On lit sur le tombeau que possède cette famille à Saint- Alexandre- NeTskirépitaphesul vante : Pierre i >' est sorti de leur sang. Ses membres les plus

connus sont :

HABiCHKix ( Ivan'KirilovUch)^ frère de la mère de Pierre !•% né vers 1659, massacré le 17 mai 1682, victime de la fureur des strelitz triomphants. Voyant quil ne pouvait leur échapper, Narichkin se prépara à la mort par la communion* et alla au-devant d'elle en disant à sa sœur : « Tzarine, je marche sans crainte à une mort oertainp ; mon seul vœu est que mon sang soit le dernier qui soit répandu aujouril'hui ». Insensible à tant de courage , les strelitz se ruèrent sur lui, le saisirent par les che- Teux, le I rainèrent à travers tout le Kremlin et lui firent subir toutes sortes de tortures. Le sentant respirer encore, ils le prirent au bout de leurs lances et le jetèrent en rair ; ensuite on loi coupa les bras, les pieds et la tète; le corps même fut mis en pièces. Témoin de cet effroyable supplice, son père fut forcé de prendre l'habit de moine sous le nomde Cyprien.

21 ARiCHKiN ( Léon-Kirilovitch ) , né en 1668, mort le 28 janvier 1705, frère du précédent. Plus heureux que son frère, il parvint à se soustraire aux vengeances des strelitz , fut élevé à la dignité de boyard lorsque le parti de l'ordre prit le dessus, et fut un des quatre conseillers qui dirigèrent l'État, en 1697, durant le premier voyage à l'étranger de Pierre l'**, dont il i^tail Toncle.

BIAR1GBKI3I (Alexandre-Lvovitch), fils du précédent, né le 26 avril 1694, mort le 25 avril 1742, fut un des jeunes gens que Pierre i*' en- Toya étudier en Allemagne , en France et en Italie et auquel il témoigna par la suite une inaltérable confiance. 11 eut l'intention, en i719, de l'envoyer en Espagne pour engager le cardinal Alberoni à déclarer la guerre à la Suède ;des lettres d'introduction avaient déjà été préparées à cet effet pour Narichkin dans lesquelles il était traité de comte. Quelques-uns de ses descendants se fondent inconsidérément sur cet incident, qui n'eut pas de conséquences, pour prétendre qu'ils sont au-dessus des titres et qu1ls se sont toujours refusé à en porter. Compromis, en 1727, dans le complot du comte Dévier, Alexandre Nariclikin fut exilé par Menchikof, mais bientôt après élevé à la dignité de sénateur par l'impératrice Anne ; il termina sa carrière sous Timpératrice Elisabeth , chargé d'honneurs que sa |)arenté seule avec cette dernière semble lui avoir raérités.

— NARllNO

NA EiGBKi n ( A lexan dre-A lexan drovitch ), fils du précédent, né le 22 juillet 1726, mort le 21 mai 1795, fut grand -échanson de Pierre lit et conserva la même charge à la cour fastueuse de Catherine II. P*"*" A. G.— n.

Le Mesiager russe, ISOS. III. — GoHkof, Lês Acte» de Pierre le Grand, — Le Recueil Tounoiinskl — Bao- Ucb-Kamenski. Diet. hist. - Ouslrtator, Hi$t. de Pierre U Grand, t. 1. — Anealef, X« Rivne de Catherine !*^, — Slehébalsky. La Bigenee de la tzarevna Sophie; Carhmbe, 1887. * Pierre DolgoroukI, Notice sur les principales /amUles de la Russie s Rerltn, 1M8.

NARifto (Don Antonio), premier dictateur de Colombie, né à Santa-Fé de Bogota, en 1769, mort à Cadix, vers 1822. Il appartenait à l'une des familles les plus riches de la Nouvelle-Es- (Nigne, et fit de bonnes études. Dès sa jeunesse il forma le projet d'affranchir sa patrie, et dans ce but organisa une société secrète ; mais ses desseins furent découverts, il fut arrêté et déporté en Espagne avec la plupart de ses compagnons (1). Il réussit à s'évader de Cadix, se rendit à Paris, et de là à Londres, où il arriva en 1796, dans le temps où Pitt s'occupait sérieu- };ement des moyens d'émanciper les colonies espagnoles. Narino revint à la Nouvelle-Grenade afin de mettre ce projet à exécution ; mais il fut incarcéré presque aussitôt après son débarquement. Rendu à la liberté à la suite des événements qui firent passer la péninsule hispanique sous la domination fhinçaise , il reprit son projet avec ardeur, et en décembre 1810 était secrétaire du congrès réuni à Bogota qui proclama l'indépendance de la Nouvelle-Grenade, il fut élu président du congrès de Venezuela en 1812. Le 10 septembre suivant, le peuple et une partie de l'armée éleva Narino au pouvoir suprême ; mais le congrès refusa de reconnaître cette élection et le déclara usurpador y tirano. Narino, battu à Palo-Blanco par le général Barraca, dut se retirer dans la Cundlnamarca. Battu une une seconde fois (2 décembre) à l'Alto de la Yirgen, il se renfenna dans Santa-Fé, où il ne tarda pas à être assiégé par les troupes de lUnion sous les ordres des généraux RIcaurté et Baraya ; mais il les mit en pleine déroute, le 9 janvier 1813, dans nne heureuse sortie. Il fut alors proclamé général en chef des patriotes qui se rallièrent dans le camp à Cialto-del- Palace. Il re^ioussa une attaque des Espagnols, et les défit complètement à Caldivio. Il marcha ensuite vers Pastos (janvier 1814), et, suivant les difficiles passages des Andes, tomba à plusieurs reprises sur les royaux, dont il enleva les postes, notamment celui d'Aranda. Il espérait, par la rapidité de sa marche, enlever Pastos; mais son corps d'armée, trompé par de (aux rapports , ne le suivit pas. Il se présenta avec son avant-garde seulement devant les posi-

(1) On comptait parmi eux Zea ( qui devint ministre en Espagne), Cabai, Cortèn. Duran, Omana et autres Jrunea gens de familles «ilstlnguéci*, qni plus tard Jouirent dea * rôles plus ou moins importants.

lions espagnoles. Attaqué par des forées supérieures après ua rude oomliat,ti toinlw eatre les Diaias de l'ennemi. Transféré saccessivement à Quito, à Lima, puis à Cadix, il naoorut dans les prisons de celte ville, sans que Ton ait pu vérifier répoque ni la cause de sa rourt. A. de L.

Reslrrpo, Hevolucion de ta Columbia, t, rx, Itb. I, cap. vu. "■ Lallemaot, Hist, Oe ta Colombie; Pari», 1B>6, lo-So; — Btoçraphie étrangère; 1819. * Capitaine Ronnycastle, Spanhh America; Londres, 1SI8. * toI. 10-8».

NARP (M** LoRT DE ), reoime auteur française, morte Ters 1825. Elle a écrit sous le voile de l'anonyme quelques ouvrages d'une morale pure et d'un style agréable, tels que : Les Vic^ Urnes de Vamour ei de Vinconslance ; Paris, 1792, 2 vol. in-l8; ~ Les deux insulaires, suivis de Natalie; ibid., 1801, 2 vol. ia-12,'

— Edouard et CUmenliske^ ou les erreurs de la jeunesse; ibid., isoi, 3 vol. in-12 fig. ; — La Mythologie des demoiselles d*après les objets de la nature; ibid., (80ô, 1809, in-12; — £rnest ei Lydie; ibid., i813, 4 vol. in-13. K.

Praëbonme, Btogr. ies fnmmmt céiébret, IV.

* RAE1IIBN ( John ), mathématicien anglais , né en août 1782, à Ghertmy. Fils d'un tailleur de pierres, qui lui fournit tous les moyens en son povvoir de s^stmire, it acheva son éducation peu à peu et par ses propres efTorts. Afin de suffire à ses i^esoins , il fut employé dans les bureaux d'un tiomme d^affhires, puis dans les ateliers d'un opticion. Ayant eu l'occasioci de donner des leçons de mathématiques au général Chartes Napier, H 4^i( nommé, sur la recoromandation de ce dernier, professeur de fortification au eoliége militaire de Sandiiarst ( 18i7 ), oii il enseigna depuis 1820 les sciences exactes et mturelles. Il fait paitie de la Société royaJe de Londres. On a de lui : il n hiUorical accounl 0/ the orifin and progress of astronomy ; Londres, U3a, in>8o; ~ Tteaiise on proctical tutronomy and geodesy; ibid., 1845, in-S**;

— Piane and solid geometry ;• ibîd,, 1842, ii-S"; — Ànalytieal geometry and the conte sections ;ibid., 1847 ; — desartides insérés dans Petmy CyclofUBdia, Westminster Rewew, Monthly ReoieWy etc. P.

MARflRS, roi de Perse, mort im 303. Ayant succédé, en 294,à son frère Varannc III , il soumit peu de temps après toute l'Arménie à sa domination; Tiridate, roi de ce pays, où l'empeieor Dioriétien l'avait rétaWi. a«a invoqiier l'aide deee prince. Galenns, envoyé par Dtoclétien pourermciier à Narsès sa conquête, Ait entièremeiit déMt par les l>erftes dans nne bataille «VTée en 296 entre Callimqne et Carres. L'iannée «vivante il reprit Toffensive. parvint à SQiprendre rennemi, et le mit en déroute. Narsès lui-même fut blessé; ses sœurs, ses femmes et ses enfants tonïbèrent entre les mains du Tainquetir, qui les Irafta avec beaucoup d'égards. Le roi de Perse implora la paix ; elle lui fut ac-

NARINO — KARSÈS

4ki^

cordée , sous la condition qu'il rendrait l'Ârinénie, renoncerait à ses prélentious sur la Mesopotamie, et céderait à remplre cinq petlle> provinces situées an delà du Tîgre. Narsès, qb ne s'occupa plus dès lors que des afTaires io tériejires de son royaume, abdiqua en 303 a bveur d'Hoiinisdas II; il mourut dans la mèii> année. o.

Ammkn MarrelUn. — Zonaras. — Eq tronc. - «rw*. - Rusèbe, Chrtmique, — Festoa Rofos. — Petnis l^trclus, Exterptade êetratkmiàttt, — Riditer, renmek Ékr die ArioeiâeH muI SeusattiOem.

NARSÈS (Napof};)» "Q àes plus célèbcesgiénéraux byzantins, aé vers 472 apràs J.-a,Diort en d«8. Il était d'une race étrangère et d'une UoMiie tout à (ait obscure, il de\int esdife dè^ l'enfance, soit que ses parents l'eusaent veoda, «oit qu'il eût été fait prisonnier de gberre. Or ne sait absolument rien de la premiè^ (^ês\kùi> sa vie, sinon qu'après avoir été mutilé il fat admis dans la domesticité de la maison impéiiale et s'élevA aux plus hauts emplois du palais 11 était chambellaa ou cuàiculaire «le l'empotiir Justinien lorsque écitita en S32 la territtleéaiealt' de iMêia, Le service qu'il rendit i cette occasîûfi en distribuant à propos de Targent à quelquesans des principaux insurgés lui valut la placé de trésorier de l'empereur. Dons tes années muvantes il fut chargé de plusieurs négpciations de confiance, et s'en acquitta k la saUsbdkm de son maître. £o 538 le soupçonneux Jostiaien renvoya en Italie avec kmissioa ostentiMede conduire des renforts à Bélisaire, et avec Tordre secret de surveiller le général victorieux et do l'empéclier d'obtenir des succès qui l'aoraicat rendu formidable à la cour. Narsès» avec cia'i mille vétérans, deux mille Hérules débar^^en Italie et fit sa jonction avec Bélisaire à Firmiaffl. Les deux généraux déi>loquèrent biealAt après Rimini, étroitement assiégée par les Gotb&, et Narsès s'attribua tout (e succès de cette opéis* tion. Béiisaire, s'aperœvant do manvais vrâloir d'un collègue qui le contrecarrait dans chaque occasion, produisit une lettre par laquelle Joétioien lui confiait à kii, Béiisaire, le conmaode naent suprême de l'armée et ordoanait in^tement à Narsès de lui obéir dans toutceqai intéressait le bien de l'enq^ereur. Narsès répandit qu'il obéirait en eflet à tous les ordres <rji seraient donnés pour le bien de l'empei^ur; bms que comme les pians de Bélisaire étaient aaisiUes à la cause impériale, il ne croyait pas devoir les suivre. Cette désobéissance amena une rupture ouverte, et les deux généraux se séparèrent Leur querelle eut pour premier résutut la perte de Milan. BéUaaite avait ordonné à Jean et à Justin d'aller au secours de celle ville, assiéeée par les Franka et les 6orgondes, alliés des Goibs. Les deux géoéraos répondirent q«i'ils n'avaient d'ordres à reeci<sir que de Narsès, et Milan, abandonnée, torobi au pouvoir des barbsres, qui la détrnisirent A celle nouvelle Justinien, craignant que sa poiitiqtfe

NARSeS

dôfiante à T^rd et Bélisaire ne causât la ruine <le ritatie^ naff^ Narsès en h39,

Dnrant lesdfNiie aimées suifantea, Rarivës est à peme mentionné dans tes annales de Fempire ; «'pendant il oontHma de jonir d'une grande in- Awaee auprès de Justimen. A Tétonnement généraly ce prince mit an vieH ennuque de près de quatre-vingts ans, qui n'vmUencoi'e montTé au* euB «aient raifitnte, ^ la télé de l'année deOinéo i reconquérir f Italie sur les barbares, tâche des plus difficiles , qoe Bélisaire, contrarié par les drooBstaMes, n^valt pas pu accomplir. Narsès employa son crédit sur l'empereur pour obtenir Turgent et les troupes néœssaiires à une telle expéditioD. Les prépcNatifs dorèrent plus d'un an. Enfin tout fat prêt au printemps de 552. Comme les Grecs ne possédaient plus sur le littoral de l'Ali riatiqae entre fiaveoiie et Otranle qve le port d'Ancdne, et que tes Gotfas, malgré leur récente défaite de Stnigaglia, élwent encoiv pnisfitnts sur mer, Niirsès n'osa pas confier air\ etianoes d'un cocnbnt Mi?al le sort des cent mille hommes placés sons ses ordres, et 11 pénétra en Italie en toomaat te rivage septentrional de i'l-> talie. Il avait à traverser une région formée par les embouchures de TAdige et du M, marécageuse et presque impraticable aux bords de la mer et gardée au passage des fleuves par les Franks et lesGoths. Narsès triompha de cet obstacle par un emploi jndideux de sa flotte, qui, cdtoyant de très-pr^ le rivage, fournissait «a besoin des moyens 4t transport aux soldats engagés <Uns le delta des deux fleuves. L'aimée byzantine «tteigoit Raveone, oiii elte se neposa aeuf jours. Narsès se dirigea ensuite vers Ri* nini, et, sans «'arrêter à Taire le siège de cette place, il marcha sur Rome en suivant te Tête flaminieone. Le roi Totilas l'y attendait avec sa principale armée. La bataille se livra dans la plaine de Lenteglis (juillet 552), et se décida en laveur de l'armée romaine , ooasposée -en pvtie d'auxiliaires barbares. Totilas et six mille des siens restèrent snr te champ de bataille. Cette victoire éowÊA à Narsès les pins fortes viUes de Iltalie, entre a«tre8 Rome, ^ se rendit à D«giâthée, m de les meAleurs lieutenants. Têtes, sacoesnenr de Tolilas, ralliant tes fugitifs antonr de Pavte et de Vénane, franchit te P6, qite Narsès avait fiait garder par Valérien , et s'enfonça dans lltaKe méridtenale pour venger te sort de To(i* las. Une nouvelle bateiUe s'-engagaa (mars hS3 ) aa pied dn Yéssve, aux bords du Samos (DnzM), petite rivière qui oaule dans te bâte de Naples. La baUHte dora deox jours; Xétes y périt, et ses soidnte, s'avouant rainons, ^demandèrent à pouvoir évaûKr Kbpement l'Italie avec teurs bagnes. Narsès y «onaentit. Mais cette convention fut mal observée de part ot d'autre. Tandis que les débris de l'arméeide Téias se nspliaient rapi«lement sur Pavte «t Vérone, Narsès, se dirigeant aussi vers le nord, sonmettait Tune après Tautre les forteresses restées aa pouvoir des

Goths ; mais an moment même où il croyait la délivrance de l^ltalie effectuée, il fut surpris par une nouvelle invasion des bart)ares. Soixantequinze mille Alemans et Franks descendirent des Alpes sous les oHres de deux vaillants chefs alemans, Leutharis et Bnccellrn, écrasèrent l'avant-garde romaine dans Vamphithéâtre de Parme, et malgré tes efforts de Narsès se répandirent comme un torrent sur l*nalie méridionale. Leutharis rarvagea r Apnlie et la Calabre ; Bucceltiii pilla la Campsttie, la Lucanie et te Bruttinm. Mais les bart)nres étnent plus propres à dévaster ntafie qu'à la conquérir. Leurs bandes, qui s'éteient dispersées pour piller, forent partiellement détrailes par les Romains. Leutharis mourut d>ane maladie contagieuse. I^creliin fut tué dans vne Intaille livrée à "Narsès près de €asi- Tronm sur te Vnitoree.Ce dernier combat mit fln à !a doinmation des Goths. Justinien pacifia et organisa cette contrée par son €élèt)re édit appelé Prngmalitfne. Narsès ,. nommé gouverneur de ntaKe , éttMft sa résidence è Ravenne. Il administra sa conquête avec énergie, intelligence et dureté. Il accaWn d'impôts ritaWp.déjà minée par les guerres des dernières années ; mais il la préserva pendant tresse ans de Toccopation des barinres, et comprima promptement les révoltes da comte Tidhras et de Sindual, chef des Hernies. Ces victoires ne le sauvèrent pas de la disgràoe à l'avènement de lustte, en &6S.

La moit de Justinien comme oeite de tous le*^ princes despotiques qui ont régné tengtemps fut snivte d'une réaction cœtie ses principaux serviteors. Les plaintes des tteltenstoochant l'avidili^ de leur gouverneur arrivèrent jusqu'au trône <lc remperenr, Justin en prit prétexte pour foire à Narsès des remontrances que le vieux générsl accneillit fièrement. L'empereur alors le dàtitua, et le remplaça par Longimis. Limpératrioe Sophie, ajoutant l'insulte à ta drsgrèoe, envoya, diton, au vainqueur des Goths et des Franîs une <|uenoeiUe«t un fuseau ; elte Tarertissatt en même temps de laisser là le nétter des armes qni ne convenait qu'à un homme, et de revenh* à Coustentinopte reprencVe sa place parmi les «unuqneset tHer4e la tene avec les tilles du palais. Exaspéré, Karsès répondit, d'après Pau) Diacre, qu'il ourdirait à Ilmpérairioe une telle toile qu'elle ne pourrait pas la défaire de sa vie. n se retira ensuite dans sa magnifique villa et Naples. £n ce moment même les Lomfbartts placés sur te frontière de TlteKe menaçaient de franchir tes Alpes. Telle était rimf)rév«yanoe de la oonr de Constarttinople <]u'en idiagraotent te ecad général capable de tenir tète aux iMrbares, lustin ne hii envoya pas immédiateanent de sucoesseur. Dans te désordre où la iv<nûte de fancien ^uf^emaor jetait tes aiffames, tous tes lialiées s'attendaient avec teireor à voir paraître tes Lombards au printemps prmJhate. On disait qne, peur se venger d'une cour ingrate, Narsèa les excitait secrètement à envatiir un pays sans

Jéfense. Le pape Jean m, son ami, alla lefrouver a Naples et le stipptia de venir à Rome. Narsès ;y consentit ; mais, accablé par les années, il mourut dans cette ville, à quatrivTingt-quinze ans, si on en croit les historiens byzantins, on du moins k un Age très-avancé. SMI eût vécu, il est probable qu'il eût repris le commmandement et délivré r Italie de l'invasion des Lombards. Sa mort laissa ce pays sans défense, et l'Italie fut à jamais perdue pour l'empire. On a contesté la vérité de toute cette histoire de la disgrftce de Narsès, de son appel aux Lombards, de son Xardif repentir. Sans doute le récit de Paul Diacre, qui est là notre principale autorité, a un caractère romanesque peu fait pour exciter la con- ^ance. Il est assez probable que plusieurs des droonstances rapportées par le chroniqueur italien sont fausses ou exagérées ; mais le fond de son récit nous parait exact. Narsès, disgracié et irrité, voulait se venger et se rendre, nécessaire. Rien ne convenait mieux à ses desseins qu^une invasion, ou la menace d'une invasion des barbares. Il appela sans scrupule les Lombards, se croyant sûr de les écraser dès qu'il aurait obtenu satisfaction de la cour de Constantinople. Narsès fut le personnage le plus extraordinaire de son temps. Égal à Bélisaire comme général, il le surpassa comme homme d'État; abaissé |)ar sa situation au-dessous des esclaves, il s'éleva à la première place de l'empire après la dignité suprême ; avec le corps débile d'un enfant et la voix d'une femme, il avait l'âme d'un héros et le génie d'un grand homme. L. J.

Procope, Bett. Coth,, II, IS, etc.; III, IV. * Paul Diacre, De Gentii Long., Il, l, B. — Marcellio, Chron. — Agathlaa, 1. 1, II. — Zooaraa, vol. Il, p. 6S, etc. — Cedrenua, p. 987. — Malela, p. 83. — Théophane, tOl-106. — Bvaftrliis, IV, tk. - Anastase, Hist., p. 61 ; f <te Jotm., III, p. 43. — AgncUus, Liber Pontifie. — Baronlua, jénnales. <- Miiratorl, jinn» Italiset i. III« p. 4TI. ~ Gibbon, Hist. of décline and f ail of Roman Empire. — Le Beaa, Jli$t. du Bas-Empire^ t, VIII, IX, édlL de Salnt-Martla.

NARSÈS. Voy. Nersès.

NAEU8CBWICZ {StanUlos-Adam), poète et historien polonais, né en Lithnanie, le 20 octobre 1733, mort à Janowo, le 8 juillet 1796. D'une très-ancienne famille, il entra dans l'ordre des Jésuites, et termina ses études dans leur grand collège à Lyon; il visita ensuite rAllemagne et ntalie. De retour dans son pays, il devint successivement professeur d'éloquence à l'académie de Yilna et directeur du collège des Nobles à Varsovie. Présenté par les princes Czartoryski au roi Stanislas-Auguste , il fut admis dans la société intime de ce souverain, qui, après la suppression des Jésuites , lui confia plusieurs emplois élevés, et l'appela en 1788 à l'évéclié de Smolen^k et en 1790 à celui de Luck. Homme de bien et patriote zélé, Naruscewicz se distingua aussi par son goût éclairé pour les lettres. Il a écrit en polonais : Poésies diverses, 4 vol.; une nouvelle édition a paru à Leipzig, 1835, 3 vol. : ce recueil contient des odes , des idylles, des épitres, des satires , des fables ; ces pièces.

NARSÉà — NARYAEZ

fort admirées de son temps, sont écritea d'oa style pur et élégant; mais elles manquent dla»* piration; — Histoire des Tartares de CrinUe; — Histoire de Pologne; Varsovie, 1780-l7tt et 1803-1804 : cet excellent ouvrage, résultat da recherches les plus consciencieuses, commence à l'an 965 et s'arrête à l'an t386 ; l'auteur avait l'intention de le faire précéder d'une introduction , où devaient être traités les origines da peuple polonais et les temps fabuleux de son histoire ; il avait réuni à cet effet plus de trois cents volumes de matériaux manuscrits ; lorsqu'il eut été empêché par la mort d'exécuter sn projet, ils furent remis à une société de savaoli qui rédigèrent cette Introduction , publiée «a 1824 à Varsovie ; elle parut de nouveau en tète de la nouvelle édition de V Histoire de Potogm; Leipzig, 1836, 10 vol. ; — Voyage de Stanislas- Auguste à Kaniow en 1786; — Vie de Charles ChodkiewicZf hettnan de EÀthuam; Varsovie, 1805, 2 Tol. in-B**. Naruseewia a aussi donné des traductions des Œuvres de Tacite, 1772, 4 vol. in-4% et des Odes du Horace. Une grande partie de ses écrita a été reproduite dans le Choix d'auteurs polonais, ^bbé par Mostowski. 0.

Hlracliing, Handbvch, - ChodyDlckl, Dict, da Poténais savants, — Benikowski, Hist de la HtUrwbtre polonaise. - Woyclekt, HitU lUt de la Potogni-

NARTABZ (PanJUo de), conqnislador espagnol, né à Valladolid, vers 1470, roorten imllet 1528, dans la Floride. Quoique fort jeune, il avait déjà acquis quelque capacité militaire, lorsqu'il passa dans les nouvelles conquêtes que les Espagnols venaient de faire dans la mer dei Antilles. Il descendit à Cuba, où il aida rêôelantado, don Diego de Velasqoez, à soumettre j complètement l'Ile. Velasquez, depuis kxigtemps I jaloux des succès de Heman Cortèt, ak>rseotré dans Mexico et qu'il continuait à considérer comme un subalterne insurgé, clierdiait nn vngeur de ses droits, qu'il prétendait usurpés (foir i ce sujet les articles Ck>RiÈs et Velasocq). Il résolut d'envoyer au Mexique une force soiffisante pour établir son autorité, au nom de b cour d'Espagne. 11 prépara dix-huit naTiits, portant neuf cents soldats et un matériel de guerre considérable. Empêché par sa oorpuleooe de prendre le commandement , il le délégua à Narvaez, qui promit d'amener Cortès mort oo vif. Il |>artit de Cuba en mars 1520; mais,batto par de violentes tempêtes dans lesquelles il per* dit deux b&timents, ce ne fut que le 23 avril qu'il débarqua devant San- Juan d'UUoa et fi fortifia à Champelloa. Il envoya aussitôt à Sandoval, qui tenait garnison à Villa-Rica, l'ordre df se soumettre. Cet officier, dévoué à Cortès. répondit à cette sommation en envoyant, sous tNWOf garde, les envoyés de Narvaez à son chef. Nanraez, qui jusqu'alors n'avait rempli qu'une misàtoo pacifique, déclara la guerre i Cortès. Jamais 1^ position du conquérant du Mexique n'avait été si

Page 1