NAUMANN -- NAUNDORFF
plus grand succès à l'université de Bonn ; il y est aussi directeur de la clinique. Il a écrit plusieurs ouvrages trës-reroarquables, parmi lesquels nous citerons : Handbuch der allgemeinen SemUUik (Manuel de la séméiotique générale); Berlin, 1826 ; — Versuch eines physiologischen Beweises fur die Unsterblichkeit der Seele (Essai d*one démonstration physiologique de hmmortalité de l'âme); Bonn ,1840; — Problemen der Physiologie ( Problèmes de physiologie); Bonn, 1835 ; — Handbuch der medecinisehen Klinik; Berlin, 1829-1839, 8 vol.; nne nouvelle édition a commencé à paraître en 1848;-— Po/Aopcwic; Berlin, 1841-1845, 3 vol.; — Allgemelne Pathologie und Thérapie {^àr tiiologie générale ) ; Berlin, 1851 ; — Ergebnisse and Studien aus der Klinik zu Bonn ( Études sur les cas qui se sont présentés à la clinique de Bonn) ; Leipzig, 1858.
Son fils Emile , né en 1827 , est élève de Mendelssohn et a composé plusieurs morceaux de musique religieuse qui ont eu du succès. O.
Convenations-Leipikon,
HACNDORPF ( Charles-Guillaume ), se disant Charles-Louis f duc de Nohm4Ndie, fils de Louis XVI, était né, à ce qu'il prétendait, à Versailles, le 27 mars 1785, et mourut à Delft ( Hollande), le 10 août 1845. Suivant les documents fournis par la police Trançaise à M. Morin de la Guérinière en 1839, Naundoriï était juif d'orïgme, né à Potsdam, d'une famille établie précédemment dans la Prusse polonaise. Il vint à Berlin en 1810, et y demeura deux ans; il logeait alors dans la maison d'un tonnelier, et gagnait son pain en colportant des horloges en bois. Il se donnait pour marié, quoiqu'il ne le fût pas ; il faisait passer pour sa femme la veuve d'un soldat, nommée ChristîDe Hasfert. En 1812 il partit pour Spandau. Il se présenta devant le magistrat de cette ville, le 25 novembre, déclara vouloir s'y établir comme horloger, et pour obtenir la droit de bourgeoisie prêta le serment requis de fidélité au roi de Prusse. Il se maria ensuite avec la fille d'un nommé Einers, fabricant de pipes à Havelberg. Il se donnait alors quarantetrois ans, et se disait protestant de la confession d'Augsbourg. De son mariage naquirent deux enfants, qui furent baptisés luthériens. En 1822 Naundorff vendit son atelier, et alla s'intaller à Brandebourg. Il loua une petite boutique près du théâtre, qui prit feu en 1824. Accusé d'incendie, il fut renvoyé de la plainte faute de preuves ; mais à la fin de la même année il comparut devant la justice comme accusé du crime de fausse monnaie. Il se donnait la qualité de fils d'un prince français, et fut condamné à trois années de travaux forcés dans une maison de détention. Il subit sa peine dans le pénitentiaire de Brandebourg, de 1825 à 1828. 11 se retira ensuite à Crossen ; là il se donna ouvertement pour le fils de Louis XVI. Plus tard, il se réfugia à Dresde, puis en Suisse, et enfin en
1833 il arriva à Parts. Voici maintenant la soile de son histoire : il ne savait pas on mot de français et n'avait aucune ressource. Un homme, touché de sa misère, le conduisit k une andenne femme de chambre do fils de Louis XVI. L'étranger lui déclara être Charies-Loois, doc deNo^ mandie, fils de Louis XVI et de Marie- Antoinette. Cette dame crut le reconnaître ; die lui fitqnelquei questions qui la confirmèrent dans sa croyance, et lui offrit de rester chex elle , ce qu'il accepta. Elle parla de son hôte à quelques amis; quelques royalistes s'émurent, et fonnèreot ok cour au prince. Un noble personnage proposlde partir pour Prague, et ne doutait pas que Loos- Philippe ne s'empressât de reconnaître les dniti du revenant. Un évèque l'engagea à entrer dans les ordres ; mais le prince était marié. 11 prit un maître de français, et fil en peu de lempi des progrès assez sensibles. Il arait qaekpK ressemblance avec Louis XVI et Marie-Aatoinette ; il avait assez de tenne, une certaine aisance, beaucoup d'affabilité, et une expaoM» peut-être trop vive. Mais il avait ganfé oa accent germanique caractérisé. Bientôt oo fit intervenir l'illuminé Martin {voy, ce nom), qui, sans jamais avoir vu le prince, le reconont La petite secte des martioistes devint donc on petit parti politique; le curé de Saint- Amookl ûisait des quêtes pour ce roi miraculeasement retrouvé. Naundorff monta Sme maison, et créa un journal pour défendre ses droits. Ce journal, n'ayant pu faire son cautionnement, dut cesser de paraître ; le gérant, Thomas, poursuivit en escroquerie le prince, qui le laissait dai^ Tenktarras ; mais le tribunal mit Naundorff hors de cause. Au sortir de l'audience le gérant, arrêté par ses créanciers, fut conduit à la prison de la dette. Le 28 janvier 1834, Naundorff avait faîUi périr victime d'un attentat. Comme il traversât le soir le guichet du Carr^sel qui condoit an quai, un homme s'approche de loi, Im pose la main gauche sur l'épaule et de la main droite loi porte cinq coups de poignard dans la poitrine en lui disant : n Meurs, Capet ». Par bonheur Capet portait sur lui une petite médaille de la sainte Vierge, qui lui venait de sa mère, et qui amortit les coups, et il ne mourut pas. La confiance des fidèles ne fit que s'accroître. Ce n'est pas qu'il expliquât trien clairement les mystères de sa vie, mais il sortit admirablement de certaines épreuves qui peuvent du reste s'expliquer de bien des façons. Il écrivait à la do* chesse d'Angoulème pour l'amener à nne entrevue ; il écrivait à la duchesse de Berry, qui selon lui, était disposée à reconnaître ses droits; il loi offrit même, dit-on, de l'épouser et d'adopter M. le duc de Bordeaux , oubliant que cette princesse était remariée et que lui-même avait une femme en Allemagne. Il prétendait que le duc de Berry lui avait écrit, et que c'était poor lui avoir été favorable que ce prince avait été assassiné. Les affidés de Naundorff publièrent
NAUNDORFF — NAUSEA
ÔSO
diverses biographies de lui ; dans l'une on racontait que le dauphin avait été enlevé du Temple par deux inconnus, qui avaient apporté un enfant mort, dans une malle, et l'avaient substitué à rbéritier du trône, lequel était sorti vivant de là même malle et avait été confié à une vieille Allemande; enlevé de chez cette femme par (rautres inconnus, il avait été conduit, dans une voiture fermée, en difTérents endroits, puis transporté en Amérique, où il avait été confié à une Allemande qui avait épousé un horloger. Il portait malheur à tous ceux à qui il était confié ; car deux partis s'arracliaient sa possession, et ses gardiens succombèrent successivement sous le fer et le poison du parti contraire. Enfin, il fut ramené en Europe, traversa la France et arriva en Allemagne. Son gardien fut encore assassiné; il rencontra sur la route un nommé Naundorft qui le mena dans sa voiture à Berlin. C'était en 1810. Le prétendu roi de France chercha à entrer dans les hussards du roi de Prusse ; mais il fut repoussé comme étranger. Alors il s'établit horloger. Son ami Naundorff lui proposa une de ses maffresses, qui était veuve d'un horloger, comme femme de ménage, à condition qu'elle passerait pour sa femme légitime ; et le prince horloger accepta cette proposition. Le bourgmestre de Berlin lui ayant demandé ses papiers, il confia ce qui lui en restait an préfet de police de cette ville, qui les garda et le força à s'éloigner de la capitale. Il alla alors s'établir à Spandau. Sa femme de ménage mourut en 1816, et en 1818 il épousa la belle* fille d'un $;oo8-officler des cuirassiers de Brandebourg, nommée Jeanne Tuiers. Dans la nuit du 15 septembre 1824, il entend crier an feu ; il sort de chez lui: on le vole et on l'accuse d*étre l'auteur de l'incendie du théâtre ; il est arrêté, et la veille de Noël, sur le faux témoignage d'un receveur des finances, il est condamné à trois ans de prison comme coupable de fausse monnaie, les motifs du jugement portant qu'on ne peut pas croire ses dénégations parce qu'il se donne les fausses qualités de fils de prince. A peu près à l'époque où devait finir sa détention, il est gracié, souB promesse de quitter Brandebourg. C'est alors qu'il se rendit à Crossen. Si un l'en croit, il avait écrit à Louis XVIII, à Charles X, à Louis-Philippe sans jamais recevoir de réponse. En juillet 1832 , il se décida à partir pour la France. Croyant qu'on le poursuit, il se réfa$;ie en Suisse, où il est arrêté ; enfin, il arrive à Paris, le 26 mai 1833, où il loge dans un chétif Iiêtel ; mais des amis lui assurent le nécessaire. Du reste, par une fatalité inouïe, toutes les personnes que cite Naundorff, et qui pourraient témoigner de ce qu'il raconte, sont mortes; tous Aes papiers sont perdus ou Ici ont été enlevés. En décembre 1833, la duchesse d'Angoulême avait dû répondre à on protecteur de Naundorff : « J'ai trop la triste certitude de la mort de mon frère pour pouvoir le reconnaître dans
[ celui qui se présente ; les preuves qu'il vi'en donne ne sont pas assez claires ; je n'ai aucun . souvenir des faits qu'il me rappelle ; donc je ne j puis accepter l'entrevue qu'il me propose. Je ne i me laisse pas effrayer par les menaces qu'il ose prononcer. Qu|il me donne des preuves plus j positives s'il les a. » Un jour Naundorff fit I paraître dans son journal, qui avait pour titre La Justice, une lettre adressée au roi Louis- Philippe, qu'il appellait ; « Mon cousin », dans laquelle il parlait d'un trésor qui avait été caché par Louis XVI aux Tuileries au 10 Aol\t, et qu'il se faisait fort de retrouver. On fut fort étonné à cette époque de voir un aide de camp du roi aller faire une longue visite au prétendant, qui d'ailleurs était bon prince et voulait bien reconnaître les droits du peuple, « ne réclamant, disait-il, que son état civil. » Naundorff poussa même les choses si loin, dans ce sens, que le 13 juin 1836 il ne craignit pas d'assigner la famille royale devant les tribunaux pour se voir confirmé dans sa possession d'état; ce qui l'aurait constitué le chef légal de la maison de Bourbon. La police se fatigua enfin. Deux jours après on saisit les papiers du prétendu Louis XVII ; on l'arrêta, et après vingl-cinq jours de détention, on l'expulsa de France , comme étranger. Le parquet était las, disait-on^ de poursuivre des fous. Naundorff fut d'abord conduit en Angleterre. Forcé de quitter ce pays, il se retira à Deift, où il mourut. Toute sa vie il s'était occupé de recherches pyrotechniques sur l'art militaire. Il lui arriva plusieurs accidents, et ses amis y voyaient des complots. Un de ses avocats nous a décrit la famille de Naundorff qui se composait en 1836 de six enfants : sa femme était restée avec eux eu Allemagne. Cela n'empêcha pas le prince de se mettre à Paris sous la dépendance d'une dame qui ne le quittait pas et paraissait commander pour lut. Un Allemand qui avait connu Naundorff en 18291e donnait comme très-adroit dans la mécanique, et se flattait de l'avoir ramené à quelques idées religieuses. L. Locvet.
La yie du vérUabU /Ut de LottU XFl, due de Kormomlitf, écrite par lui-même.— Grnaa et Laprade, Jtfo- Uf% de eonvUtUm tur l'existence du due de Nornumdàe, ^ lA Justice, IS». — Abrégé de fhist. au davifhin. âl$ de /^uU XFl. - A.-F.<V. Thomat. naundorff ou Mémoire à eoraulter mw fintriffue du dernier de* faux Louis Xf^lL — llluttration da SO aoAt ISW. — Tbibaut, daoi le Diet, de la Conversât.
HAOSBA (1) ( Frédéric), théologien allemand, né vers 1480, à Bieichfeld ou à Weissenfeld, villages près de Wurtzbourg, mort à Trente, le 6 février 1550. Après avoir enseigné le droit canon, il devint en 1526 prédicateur à la cathédrale de Mayence, et peu de temps après secrétaire du cardinal Campefigio; il fut en 1534 appelé à Vienne comme prédicateur de la ootir impériale, et promu en 1541 à l'évêché de cette ville. Il assista au colloque de Spire^
(H Son vrai nom éUlt Vnrath, oa telon d'aatres Bekek
S31 NAUSKA —
et iîit envoyé an ooncile de Trente Gonroe ambassadeur du soi des RomaiM. Quoique adversaire déclaré de» protestanU, il oonaeiUait de ne pat employer contre eux la violence, mais d'avoir moours à la dtseafision, où ilaioellait. 11 était renonaié oonme un des premiers pi>édîcatenr6 de «on tempii. On a de lui : Oratio ad Erasmum ni i$ praximo m Spira sialuum conventui iniersH; Viemie, 1524, in -4° ; -^ Àd Carolum I pro sedtxndo plebeio in Germania tumtUiu ; Vienne, 1525, in-8°; — àfisceUaneorum Uàri 11^ prior pro horU coMoniciM^ aller pro vùssa ûpoloçeiicuê; Mayence, IS27, in-4°; — Homiliarum eeniurUe ^res; Cologne, 1530; ibid., 1»32: augmenté d'une quatrième centaine; — Librï nùrabihum Vil; Mayeaee, 1531, et Cologne. 1532, in .40 : ountient des détails sur plusieurs événements extraondinaires de l'époque; — Pr^tUg* ien uber aile £»angelien des Jahres (Sermons sur tous les Évangiles deraonée) ; Mayence, 1535, iii-foL ; ^ JSerMOAes quadr^igesimaies ; Cologne, 1535, in-fol. ; — In Brasmum muwh dàa; Cologne, 1536, in-8''; — De puero liUrU instUnendç consUia; Cologne, 1536; — Ad Paulvm m rerum eonciliarium libri V ; Leipzig, 1538, in-fol.; — Liber l respousorum ad aUquot germanicx nationis 4idver$\u sedem apoUolieam yrai^otnina ; Cologne, 1538, in-fol.; — De Anlichrislo : Vienne, 1550, in-4''; -— De novissima mortuorutn resurrecHoue; Vienne, IââI, in-^*"; Cologne, 1555, in-8-; — J>e eonsummaiione hujus sxctdi; Cologne, 1555, in S*"; — lÀbri lil meihodi de ratione coneiûHandi , iai|Mimé plusieurs fois ; — des semMia, des oraisons funèbres, des ouvrages de «oiitroverse, etc.; Nausea avùt lui-même donné, eo 1547, un catalogue de ses écrits imprimés et manuscrits, lequel se trouve à la suite des BpiUolx tniscelloMea ad Fr. Naustam : plusieurs de ces derniers ont péri dins l'incendie de Vienne en 1525 ( voy. Hummel , JV«sce Bkhiiùtbek von selUmen Buehern, cinquième partie). Lea Œuvres complètes de Nauseaoot été réunies enon vol. in4ol. ; Cologne, 1616. 0.
Pantaleo, Prwa^fitQrmpkia. — Ballg, Histwrte dêt Tridt$Mni$chm cemHiil, — tfuchrétkten wm Ceiehrttn dês Hoehsiift* ff'ûrttbvrv» {Leipzig. 1794). - D« rin, BàU. 4M auteur» ecelésimUqua (XVt* «tèGlc ).
RACBICRATÈS €MI NAV€»ATéS (Ff«V9l1CpAF
vrfi, OU Nauxpdxn;), poète Comique grec, vivait dans le quatrième siècle avant J.-C. On ne connaît que les titres et de courts fragments de deux de ses pièces, NavxxiQpoi et IIcpjK. D'après ces faibles débris, on suppose que Ifausicratèa était no poète de la comédie moyenne ; et sMIs ne donnent aucune idée du plan et des caractères de ses pièces, ils montrent que sou style était pittoresque, animé et ne manquait pas d'agrément comique. Les Fragments de Nausicratèsontété recueillis par Meineke, Fragmenta comica, vol. I, p. 496, vol. IV, p. 5:^5, etc., et par fiolLe, Fragmenta com. grxcarum, . Y.
I«AVAG£RO
Athénée, Vil, p. 198, 8tS. S». tX, p. 189; - Flbrido», Bibliotheca çraea, vol. Il, p. (71.
5ArsiPRA!VÈs ( Nav<n?âvDc ) , philosophe
grec, né à Téos, \i%'ait vers 300 avant J.-C.
Il adopta les principes philosophiques de Dé-
mocrite et suivit tes leçons de Pyrrhoo. H eut
un grand nombre d'élèves, et rutpart'ooHèrement
fameux comme professeur de rhétorique. Épicare
assista quelque temps aux leçons de Kaa.<âpha-
nés ; mais loin de reconnaître qnll lui avait des
obligations, il afiectait en tonte occasion de dire
qu'il n'avait rien appris de lui. T.
CIcéron , De naU deorum, I, te, SS. — IMafèae lattv. IX, 69, 109 ; X, 8, U. — Sextus BmpMcm. jéép. MatL, i. p.tlfc,
hapeb (La). Koy. L\ Naitis.
NAVA (Luis db), peintre espagnol, nées
1723, mort en 1763. Cadet d'une nndenae fi-
nriiile, il «ntra dans l'ordre reKgieax et militairr
de Santiago. Il devint lientenant des gardes «Is
roi Ferdinand VI. Ses fonctions ne l'empéchèrait
point de se livrer à son goAt pour les arto. sur-
tout pour la peinture. Il fut l'un des foodatevs
de l'Académie de San-Femando, dont il rempwti
le grand prix en 1753 Nava se fit muar<)utf
. par fion excellent coloris. Quoique apiurtenant à
l'école dft Madrid, la plupart de ses lalilcui:^
ornent les principaux moniiroenla religiettide
Valence : on y remarque un Chrùi dans Cé^
San-Juan-del Mercado. A Madrid, don JUvi a
décoré le couvent des Capucins de la Patience;
on cite aussi d e lui qnelquos portraits. A. as L.
Loê Actas 4s te Âe$idemim de Swi-^Famamiù. - QuUliet , DicUonnaire des peintres eâpagnoit.
MAVAGBMO ( André y, connu aussi aom le nom latinisé de JSaugerius^ honune polili^ vénitien et un des meilleurs poëteé lalias oedèmes, né à Venise, en 1483 , mort à BJois le 6 mai 1529. Il fit ses études d'abord à Veoisr, aous Marc- Antoine Sahellus, puis à Padœe, sons Marctts Musurus et Pierre Pooifàune. Dans la première partie de sa carrière, les lettr» anciennes l'occupèrent presque uniquemeat Ûi voit par les préfaces que Aldie l'ancien mil à ses éditions de Quintilien, de Virgile et de Locrèoe, et par les préfaces d'André Afi^mlan en tMe de rOvide, de l'Horace et du Térence publiés pv le même intprimeur^ avec quel soin Navagcn avait recueilli fies variantes pour tontes ces éili' lions et avec quelle sagacité il avait choisi les meilleures leçons. L'édition des Disomrs de Cicéron publiée par Aide est de Mavagero^ ^ en a dédié les trois volumes à Léon X, è Bonba et hi Sadolet « par des épîtr^s dont le style, loivant Gioguené, est d^gne de Cicéron même >. Ces belles dédicaces lui valurent une telle répotation qu'il fui chargé de prononcer les oraifiW funèbre du général Barthélemi d^Almu (10 novembre 1515), du doge loredamo { 2^ Jbb 1 52 1 ), et de Catherine Cornaro, reine de Cy pf«* Cette dernière harangue n'existe pins. « ta* les deux autres discours, dit Gingnené, le langage a autant de dignité que les pensée&. Tant
NAYAGERO
ce qui honore le s^nat vénitien est éloquwimeot rapfielé. Ces titres tVimperalor^ de princepSj de pntrti oplimi, donnés au généraJ, au dt)ge, aux sénateurs^ les puissances supérieures invoquées Kous le non) antique de DU immoriaUs, tout fait UluUon, et Ton croit assister k deux harangues prononcées dans le sénat roniain. » Après la mort de Sabellico, le sénat lui donna Na?agero pour successeur dans la place de garde de la bibliotlièque Saint-Marc; et chargea en même temps cet éloquent écrivain de continuer lliistoire de Venise commencée par SabeUico. Les missions diplomatiques et Ja mort prématurée de Mavagero l'empêchèrent d'achever cet ouvrage. Il fut nommé, en 1523, ambassadeur de la république auprès de Tempereur Cbarles- Quint II ne partit pas immédiatement, parce que le sénat attendit l'issue de la campagne de François 1*' en Italie. Lorsque le roi de France eut été vaincu et fait prisonnier k Pavie, Mavagero alla en toute liâle porter à Cliarles- Quint les propositions pacifiques de la république, il passa quatre ans à la cour d'Espagne sans parvenir à conclure la paix ; mais si sa mission fut politiquement stérile, elle eut un ré.suitat littéraire imprévu. C'est aux conseils et àrinfluence de ^vagero qoe fut cbe l'iatroduotion ei| Espagne d'ttite noQveHe école de poésie modelée sur la poésie italienne (1). Il quitta la cour de Chartes- Quint lors du renouvellement des hostilités entre ce prince et François 1^. A peine de retour à Venise, il fut chargé d'une raisaion auprès du roi de France. Il reçut de François 1** 00 excellent accueil ; mais il mourut peu après son arrivée à Blois, à l'âge de quarante-six ans. avant d'expirer, il ordonna de jeter au feu, comme trop imparfaits pour être pul)liés, réhauche de sa continuation de Sabellico, son Oraison funèbre de Catherine Cornaro et deux poèmes J)e Venalione et Z>e Situ oràis dans le genre des Sylves de Stace. Les Œuvres de Pïavagero furent publiées à Venise, 1530, infol. Cette édition est belle et rare. Une seconde édition, faite par les soins de Joseph Comino et aux frais des Volpi, parut sous ce titre : Andreœ Navagerii^ patncii Venati, oratoris et pœtm clarissimi. Opéra omnia; Padoue, 171 s, in-4o; une autre
(1) O fait rat si twportavi dam l'MttoIre de la poésie eipaim^te qnll oiMIe «Télre raMOté ea détail. Pmdaift an se)our de »U m(Hn quM Ot à GjrcMde es 11)6, Nava» Rrro, ayant eu occa^ton de caiinrr de littérature avec Roiran . tut drnsiida po«P(f«iol II i/eMayalt pas de tranaporter dana te lanpiMi capamole le soMiet et les a«lc«» forme» de areraUcatton emplojéfa par les bopa auleiira lUIiens, et te pressa vivement de faire cette tentative. BMca« sr Uila«« peraDad«r, et quelques Inurs plus lard Il M mit è rceivre; U f prit btenlAt pinWr, et evpdoja le> iif«arva faforilcs de la poésie luttrnnr avfc autant dr turdlesne qne de saceè*. Le iroAt pnbltc réaistaU d'àbani à oetle «euiattve; maN fiarHiaso «hit •« neenurs de Bwcaa. et la réforme lutéralre «'saconiplil; une réforae qui modifia feositilemeni le caractère et ks d«atinccs de b poéste espagnole.' « Il est rare , dit Tlckoor, qu'on boiame soit oapelile d'esoreer aur ooe imératnre étranlére Ma taflaence «usai CoKe q«e celle qne HasantM aerça aur la lUlénive espagnole. *
édition, plus commpde,p]u6 complète, ei qui dispense des précédentes, |)ariit à Venise, 1754 , in-12. Elle contient outre les Dédicaces et Orat* sons /unèbrtis en prose latiiie dont il a été question plus haut, des Varias lecliones in omnia opéra P. OvidU Ifasanis , et des Carmina ou Lusus, Ces poésies latines^ coi^posées de quarante-sept pièces, la plupart très^courtes , sont le chef-d'œuvre de Kavagero. Le poëie s^est inspiré de la manière forte et large de Catulle,, et a évité avec soin les subtilités et les pointes de Martial. 11 condamnait si sévèrement ce dei^ nier poëte que chaque année il en brûlait ud exemplaire en rUonneor des Muses et de Catulle. Les Lusus de Navagero eurent un grand succès; Joachim Du Bellay en donna de char<mantes imitations françaisea. Ë.-T. Simon en a traduit quelques-uns dans son Choix de poésies erotiques; Paris, 17&G, 2 vol. in- là. Un grand nomt>re de ces Lusus ont été insérés dan» le recueil des Carmina iUustrium poelarum Italorum, imprimé à Venise, en 155S, et k ¥iorence« en 1552. A la suite des Carmina, ou trouve des Rime, ou vers italieni^ qui vateat moins, mais qui sont d'un goOt pur. On a encoi» de Navagero, en ilaliea, cinq lettres écrites d'£apagne à Bannuaio , un Voifage en Espagne et un Voyage en France ; ces deux Voyages ne sont que des notes courtes^ sèches, mais jud»denses et intéressantes. Il Viaçgio /atto in Spagna^ publié k Venise, 1563, in-12, a été inséré ainsi qne les Lettres à Ramusio et Je Voyage en France dans les éditions des Opéra omnia. L. J.
Clan. Vol pi, ffciice sur Navagero, avec lev SeUctim doetor. vfron/m de Andréa Jfauçerio efusfue tcriptlê tmt^tmia^ en tête des fixera onMi«. •*• TIratoaohI , StorUê ëelia ietteratura Ualiana, L VU. part Ul, p. SS8. — Boscan, fjetter to the Dn^meia de Soma, en l£le du second livre des Poisiei de Boscan. — rilngueof, /fl«foMW UUérwtn d'iUUie, X. VU, p. 4U. - Ticfaior, JVb- (ory ot spanith Uteratur», *«>l. f . f . 4M.
5AVAGKftO {Bernard), parent du précédent, cardinal, né à Venise, en 1507 , mort à Vérone, le 27 mai 1565. Appelé aux chai|Qes leu^ plus importantes de la république, il fut successivement ambassadeur en Dalroatie, k Cous^ tantinople, en France, à Rome et à la cour de Tempereur. Le doge Pierre Laodo brigua sot» alliance et lui fit épouser Istriana Lando, sa petite-fille, qui mourut quelques années après son mariage avec Bernard. Celui-ci chercha dei4 consolations dans l'étude et dans la religion, et embrassa la carrière ecclésiastique. Le pape Pie IV, jugeant que la place d*un homme si distingué était marquée dans le sacré4x»llége, le créa cardinal, le 26 février 1561, et lui donna Tévéché de Vérone. Il Tenvoya ensuite en qualité de légat à Trente, où il assista à la clôture du concile. On a de ce cardinal des Harangues^ la Vie du pape Paul IV, AngusUn Valerlo » donné la vie de Bernard Navagero, dans aon livre intitulé : De cautione adhibenda in edendis li- ^rij; Padoue, 1719, in-4*(p. 61 à96). H. F.