‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; (volume 2)Chapitre 65 sur 110 · NECKAM · texte numérisé non relu

NECKAM

des chanoines réguliers dans l'abbaye de Cirencester (1). Enfin, nous le trouvons en 1213 abbé de cette maison et Jouissant d'une grande renommée, ainsi que le témoignent plusieurs de ses contemporains.

Cependant tous les ouvrages d'Alexandre Neckam sont inédits, et il est très-difBcile d'en dresser un catalogue exact. Nous en ferons du moins connatlre quelques-uns.

Le principal a pour titres, dans les manuscrits, Laus IHoinx Sapientiœ, et De Naturis rerum. Ces deux titres lui conviennent également. C'est, en eiïet, une vaste encyclopédie, divisée *en sept livres, où l'auteur, traitant à la fois du del et de la terre, décrit successivement toutes les parties de la création, et donne même le détail de toutes les sciences humaines. Cet ouvrage n'est pas entremêlé de vers et de prose, comme le prétend M. Daunou; il est écrit tout entier en vers, en distiques. La Bibliothèque impériale, à Paris, en possède un bel exemplaire, qu'aurait dA consulter M. Daunou, sous le numéro 376 du fonds de Saint-Germain-des- Prés. M. Thomas Wright ayant publié quelques fragments de ce long poème, d'après les manuscrits d'Angleterre, il n'est plus maintenant tout à fait inconnu : il nous parait néanmoins utile d'en signaler quelques autres passages à l'attention des énidits. Alexandre Neckam est un moine indépendant ; il n'aime pas Rome :

Includl eiauatro. prlvatacn ducere vltam

Opto, Dcterretcurta, Roma vale!

Romm quUl faeiam t mtntiri neseio [% : libroa

DUlgo. aed llbras reapuo. Roma vale !... Respuo deltclas tantas, tantosque tunnaUiu,

Cornutaf frontes boiireo, Roma vale I

Ces trois distiques d'une assez longue invective font assez connaître que dès la fin do douzième siècle il y avait déjà dans le clergé régulier des ennemis déclarés de la cour romaine , des réformateurs. Mais qu'on ne s'y trompe pas : quand Alexandre Neckam poursuit la ville de Rome de ses véhémentes invectives, il entend parler dans l'intérêt bien entendu de l'Église; il ne songe assurément pas à revendiquer contre Vautorité du pontife romain le principe inaliénable de la lit)erté de penser. On en aura bientôt la preuve. Poursuivant la description des villes principales de l'Europe^ Neckam arrive à Toulouse, alors assiégée, menacée d'une ruine presque certaine par le comte de Montfort, comme étant le dernier asile des hérétiques albigeois ; et l'auteur la maudit en ces termes :

FUta vert, Erroreiu teqaeris, ergo doloaa perl !

On ne se lasse pas d'écrire que l'extermination des albigeois fut conseillée par la cour romaine. Voici un détracteur de cette cour qui réclame avec une sauvage énergie sa pari de complicité dans le même conseil. En réalité l'iniliative de la croisade contre les albigeois n'appartient

(1) Et non pas d'Eicester, eonne l'aaiore M. Dannoa. W iuv^paU Sat. t.

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