NECKAM
& personne : c'était aa conuneDcemeDt du treizièfDe ftièdt me mvxfroe aDÎTersellement admise que lee hérésiarques, Cest-à-dire les hérétiques impénitents, doivent être supprimés par ie glaive. Noas citerons encore quelques ▼ers do De Naturis rerum sur la TÎUe de Pa> ris, laissant aux antiquaires le soin de les interpréter :
JoMnlt templum Vlncentlot obttaet : lUnd
Pneaal Gerniiaii* vimileat ene mnifli.
Inikai d etoeft ilirtf«o»«f>» thmlraoi
Cjrpridto s lUiid lAem «aiU nilM doret. Dirait tUad optti fldd drvoUo : SaocCI
Victoria prope «Ut r«lltg1on domos.
Bat Ibl UieniMnHB nonltto, umlna fwmdaMi,
Q*Ml nwntl Btortta ferre «oiefeAl opea : 1 quo Mib terri* ad Uiemas are lier aptan
Dttxerat, atque tnaa, Sequana, tiibter aquaa^.
Au poème dont nous venons de citer quelques vers il faut joindre : Suppletio dejectuum operis mag. Alexandri qtiod deservit Laodi Sapienti» dîvinae. L'imprécation contre la ville dé Toulouse indique assez qu'Alexandre Neckam écrivait son gran<l ouvra^^ en Tannée I2it. CVst. en efTet, en cette année que Toulouse fut assiégée par le comte de Moatfort ; mais elle le repoussa, et la prophétie de Neckam ne s'accomplit pas. Le Suppletio defectaum est donc d'une date postérieure. Trouvant, il paraît, quelques endroits de son poème développés d'une manière insuffisante, Neckam y a fait de nombreuses et importantes additions. C'est la matière du Suppletio defectuum^ que nous offre aussi le num. 376 du manuscrit de Saint-Germain,
Dans le même voiane se titMv» encore un autre poème de Neekam, intitulé : Metrieae Prorogationes Novi Promethœi. C'est im titre obscur. Le Prométhée de notre docteur paraît être l'espèce humaine, déchirée par les morsures des passions. Void le premier vers :
Indaet abbaten qui plus optabU amarl Qacm metat.
Or, s'il est id question de l'homme en général, les conseils de Neckam vont cependant pIutAt à l^adresse d'un al>bé et de sea moines qn'à celle des gens du siècle. Ce qui nous porte à croire que les Prorogationes Novi Promethxi pourraient être, sous un antre titre, l'ouvrage ainsi désigné par quelques bibliographes anglais : Ad viros religiosos,
Cnmmendationes vini Étrange titre, étranges poèmes Les bibliographes anglais les désignent, et nous rencontrons, en effet, dans le volume de Saint Germain, pnrmi Its œuvres de Neckam au moins deux opuscules sur le vin. Le premier commence par :
Ouum corpua curaa, atadeaa aiibdaeere cnraa j le teoond par :
RurHiK, Baflche. tuât laodai deaerib* nbmter.
Neckîim fot de son temps un poète renommé. Cependant aucun des critiques modernes, si ce n'est M Thomas Wright, n'a reiiicrché ses œuvres. C'est aie injustice contre iaqaelie nous
protestons. Pour des vers latins da àmàèmt siècle, ceux que nous avons soos les yen u manquent assorément ni de facilité ai d'eqriL Nous aurons achevé le catalogue des ccnnei poétiques de Neckam quand nous aomns mettionné, après les andens bibliographes, «n opatcule intitulé : De Officio monachorum; dei Fables; et des mélanges : Carmima diitru. Le De Offido monacJUirum n'existe pas tel le recueil «le SaÎBt-GennaJB ; mais oo f nacsBtre du OMins qadqaes-mis &n Cmnmima divrrut avec plnséeurs pièees en prose limée d diverses taUes, VAifieei la Tortue, PkoAm H Borée, Vâm tméiu de la peam du ikm.
La prose de Neckam est beaucoup BMiini litéressanteqoeses vers. Onsseoorde à W attribuer un grand nomlwe d'oposcnles tfaéologiques. Cependant, le numéro 37e de Saint-Germain ne nous offre que plusieurs oraisons i U Vierge Marie, neuf pièces différentes, mais bd courtes les unes et les autres, sur Marie^Ha^ leine , et une moralité intitulée : DisputaiM, cordis et oculi. Ne refusons pas nésnoMÉis notre confiance à Williams Cave» qui nous signale parmi les œuvres théologiques de Neckam divers commentaires sur les Évangiles, i'Eoclésiaste, le Cantique des cantiques, dont il j avait, dit-il, des exemplaires manuscrits à Liiieoin,à Oxford. D'autres parlent encore de eommentaires sur les Proverbes, les Psaumes, Eiéebid : mais ces attributions paraissent moins eertaines. Il faut mentionner enfin : VocaMarw^ Biblicum, LecHones Scripturarum^ Concordanti» Bibliorium, Correetitmes Bibltei, Elucidatorium bibliothecm , si loutHais ee< divers titres n'ont pas été donnés an méaKSU* vrage. VoiU tout ce que nens savons des éerit» théoiogiques de Neckam.
Il a de pUis écrit, dit on, sur la philosophir et sur la grammaire. La pbikïsophie hààéààti commeotairet snr le Traété de Vdme et les Hetéores d'Aristote, ainsi que sur le De Suptus Mercurii et PhilologUe de MarUanos Capdla. C'est, du moins, ce que nous altestent plosiesK bibliographes. Quant à ses ouvrages coocmunt la grammaire, nous avons sur quelques-oas d'entre eux des renseignements plus ceilaio». En voici les titres, suivant M. Thomas Wriglk et M. Daunou : tsagogicum de ^rammufiee* Corrogationeu de tropU et figuris^ Hepertùrinm vocnbulorum, DisUnctiones verbcnMt De Accenfu in mediis sgUabis, De VtenfU*bus, ou plutôt De Nominibus vlensilium. Le traité De yominibus utensilinm existe à Pi* ris dans le numéro 900 du fonds de Saint-\1ctdr, 0(1 il est accompagné d'un commentaire doat U pr/'face commence par ces mots : « SScol lit Tulliusin proœmio, seu in prologo snr Rbeloricœ, eioquentia sine sapientia nocet. » Ce petit livre est plein de détails curieux sor Tsineubiement d'une maison à la fin da doi- 7.ième siècle et sur les instmmeots
TfECKAM -* KEGK£a
à reiercke de divenes frofiafisionv. Moim lecommaadonB particulièrement à l'attention des archéologue» le chapitre où il eal trailé dea 4Nitils et autres mbitU dont ob lUaaii «sa^e <|VMd oo écriwait sur fkarcbemiA. A la suite dii De Utensilibus le même maBuacrit de Saiotr Victor nous préaeBte un dictionnaire f«rt peu considérabie, qui noua pasaliAtre l'ouvrage wicatia— é par les bibliograpties soua le titre de Bétpni^ rium vocubulorum* Q«el4|uea paragraphes 4e ce dictiOMUôse oMpeai quelque intérêt iàsU^ Tique; tefe sont» par exeropla : -^ « Blerear tores super Mafluuna Pontem habilantes vea> duat'eapMiu. — Apolhecarii dedpiui|t elerlow scboiares Parisiia, vendendoeiscyrftthecassiniplice», et fornicinas peUièttMguiâauts, cumedia, ▼uipidos et mitas de corio Cactas. — AnCe portam SaocU Hilarii maneoi arcfailenentea, qui Caduai baiistas et arcu» de acere et vibumo, taxo^ «t tela et sagitlaa de franino. » Pour tennioer, rappelons que dans le roanuscrit de Saiot-GemaiB, au verso du feiiiliet 240, on lit une lettre de S., prieur de Malmeslmry, adressée à Wattlier Metidie^ chanoine de Girenoester, concernant «a livre de Meckara intitulé : Du Verùarum signéfieatiomibusj vtl proprieiaiiimt. Malheureusement cette lettre seule bous est restée : l'ouvrege fait dé£aiit B. HAoaéau.
TboaiM Wrtflit, MbL BrU. Ittt. pêr. jimgto^Nprm p. 449. - Cavr, H Ut. lUt. icripL êcelea^ ad aaa. ItlS. — Fabrlctuf«, Btblioth. m«<<. et inf. latin., X, I, p. 66. — Baleas, III, ••. - OiKlIn . Comm. êe SeripL Beet.» U m, p. 4. — iVùCoirwiiU.date Frmaeé, t XVU^ p. tti.
NBGILKR ou HBKBB (Jods^UB), graveW
aHeflaand , vivait dans la première meilié du seiaièoie aiècle. On manque de reeseigBeoieBta sur cet artiste; il travaillait à Augsbow^et gravait sur Ms.. yattentiou des aaaateurs a été appelée sur lui è^cause des éditions remarquables qu'il a laites de La Dante de$ morU d'HolheiB. La première 00Blient43 pi. sur bola (Augsbowg. 1S44, in-fel.>» cA parait être use oontrefaçoB de celle donnée à Bâie es 1630; elle a pour signBf ure JoM Denecker et l'on j trouve eue plaadie, modiaée dans les éditions ultérieures, et représeataut un couple adultère ooucbé que la Mort perce à coups d'épée. En revanche, eUe ne reaferroe pas les pUacbes de VAiiroUtfue et du Guerrier^ qui se voient dans Téditioo de Lyou. Kecker a présidé lui-tnéne à la réiaipression de ce recueil, orné de vers allemande, réimpressioa qui a eu lieu peu de temps après h Augshoui^ ( in* fol., s. d. ) ; il «it même probable que c'est è lui qu'on doit l'édition de 1 561 . qui est la Iraisième. Cet artiste a aussi travaillé au Tkeuer^ danck et au Triomphe de lâaximUitn, et il a Bravé sur bois une HainU rietkfe, d'Albert I>«irer; VEn/ant prodigué^ les portraits de (harles-Quinê et de t*tmpérattiee Isabelle^ et, d'après Bui^kmair, Saini Séùtutién attaihé à une colonne (I&I2), VAnge de la mort, et les bons Chréliens.
Ik graveur du même «mu, Davidwt Mbgur»
t travaittaot à Angfiboorg an milieu do siècle , est oegar^ié par quelques auteurs eomnoe
; étant le iU <hi précédent. U donna une édition de La Danse nuicakre { Leipcig, lb7% io4bl.) et
: on recueil de piaBchee( Vienne, 1577, ia-4') où
, l'on remarque les représeatatioas cmUéroatftquea des dis âges de rboBsme et de la feinme, d'après Deais MaahallarL Une seconde édition de ce recueii, saas bordures emées, a été faite également à Vteaae, par ke soins àfffereulê »b Neolbr, que l'on a iuppoaé être le fila de David. On a encore sans le nom de Deirid une plenche e&trèrocmeal rare, ayant peur anjet une Vmn de la forlereue âe JÊiaemmHurg em 1654. K»
II«Kler, Ntmes Jitoem. KiMMer-Lerikon. — Barttidi, Vll,t4S. — ileller. 4». - MaMmann. dans te KtnuttlaUf 1831, D* 76. - Betneken, JV, i
UKcmBti{ Noël' Joseph)^ botaniste aMenaad, Bé en 1729, en Flandre, mort le 30 décembre 1793, à Mannlieim. Reçu docteur en médecine par l'université de Douai, il se consacra entièrement à l'étude des plantesy vers laquelle un goOt particulier Taviiit eatniiné dès sa plus tendre jeunesse, et il entreprit différents voyages en France, dans les Paya-Bas et en Allemagne, aio d'étendre ses coonaissauces. Il devint successivement botaniste de réàecteur palatin , historiographe do Palatinat ainsi que des duchés de Beig et de Jàliers, agrégé honoraire au Collège de médecine de Naaey, et membre de plusieurs sociétés sa* vantes. Necker avait oon^ de ses talenls et 4e ses travaui la plus haute opinion, ce qui explique son irascibilité ooatre les critiques; flsolemeat oà il s'était renfiermé l'avait rendu brusqae et dPbuinenr sauvage. On ne peut lui contester beaucoup de sagacité et de Teiaetitnde dans les reclierctiee. Il fit été mousses son étude de prédilection, et la méthode qu'il en e donnée ait adoptée en AHeinagne. Hedwig a donné le neas de neeàera k un genre de mousses^ On a 4e Neeker : Delàeus Galk^BeigUm ^luee^reiy sem tractaitis gêner aiis pUaUarum çaUe-kelgi^ carwn ad gênera relala; StraslMuiig, t7éS, 2 vol. in-i2 ; cette flore contient les caractères distiactife qui constituent chaque genre et chaqae espèce de plealeii, leurs noms connmnM et pharmaceutiques, les endroits où elles aaisaent spontanément , leurs propriétés médicales, avec des observations écUirées par les lois de la chimie;— Hethodu» miUÊCorum ; Mannheim, 1771, in-8*, flg ; il n'admet qu'une seule classe des mousses, et la divise en trois ordres, dont lee traits dislinctifH sont pris des effets de la germination; quant à cette dernière, loin d*èlre toujours la même, elle est tantôt feuillée, tantôt plumeuse , et queliftieMin i Midples bciorgeons ; — Phgnolegia museentm; Manalieim, 1774, in-S" : ouvrage curieux, trad. en français sous ce titre : Physiologie des eerpe organisés, ou examen analgiigue des animaux ei des 9égétaux comparés ensemble , à dessein de démontrer la ekatne de continuité gui wêU lu
NECKKR
différents règnes de la nature (Boaillon, 1775, in-8°); — Éclaircissements sur la propagation des filicées en général; Mannheina, 1775, in-8« ; — Histoire naturelle du tussiloge et du pétasite ; Maimheim, 1779, iii-8'' ; ^ Traité sur la mgcétoloçie (sic), ou discours sur les champignons en générai; Mannbeim, 1788, in- S"; — Slementa hotanica; Neawied, 1790, 3 vol. gr. iD-8**; «trailé élémeotaire Traiment uDtqae et original dans son genre, dit Wiliemet; il est le fruit de douxe années de réflexions , de recherches et de profondes méditations. » Necker a fourni des mémoires aux Acta de l'Académie palatine de Mannheim. P. L.
Rémi Wlllemet, dans ta Maçatln encuctop , t« année, 1. 1, p. IM.
NBCKER (Charles-Frédéric), écrivain allemand, né à Custrin, mort à Genève, en 1760. Fort instruit dans l'histoire et dan.; le droit public, il dirigea d^abord l'éducation d'un jeune prince allemand ; charmé de la liberté et des lumières qui régnaient à Genève, il se fixa dans cette ville, où en 172 1 il fut appelé à professer le droit public allemand; il remplit cette chaire jusqu'à sa mort. En 1726 il avait reçu le droit de bourgeoisie. On a de lui : Responsio ad quœstionem juris candidati : Quis sit verus sensus commaiis : Salus populi suprema lex estOj numne liceat ejus causa aliquid agere quod legibus naturalibus aut civilibus répugnât, dans la Tempe helvetuM, t. VI; — quatre Lettres sur la discipline ecclésiastique (contre LeMattre) ; Utrecht, 1740, m-i^;-^ Description du gouvernement présent du corps germanique, appelé vulgairement le Saint Empire romain; Genève, 1742, in-8*'. L— z^b. Senebler. Uut. liU. de Genève, L III, p. 90-M.
KBCKBR ( Louis ), mathématicien suisse, fils aîné du précédent, né à Genève, en 1730, mort dans la même ville, en 1804. Il étudia les mathématiques sonsd^Alember!» et fut nommé professeur de cette science dans sa ville natale (1767). Eo 1762 il vint à Paris, s'associa à deux banquiers (Girardot et Haller) , réussit dans ses spéculations, et devint correspondant de l'Acadé mie royale des Sciences. Il avait fondé une maison de commerce à Marseille lorsqu'à la suite des Oiangements causés par la révolution il crut prudent de rentrer dans sa patrie (1791). La disgrâce de son frère puîné, Jacques, contribua surtout à cette détermination. II mourut dans le repos. On a de lui : De Electricitate ; 1747, in-4«; — il résolut ce problème ? Trouver la courbe sur laquelle un corps glissant par sa pesanteur dans le vuide, de quelque point de la courbe qu'il Commence à descendre^ parvienne toujours dans un temps égal au point le plus bas , en supposant la résistance provenant du frottement comme une partie dé terminée de la pression qu'éprouve le corps sur la corde, dans le Recueil de V Académie ^savants étrangers), t. iv. L Necker a aussi
in-é{é plusieurs articles dans r^ncyclopédte.
S«nebier. HieL Utt. de Qenéoe, t UI, p. UL MBGRBR (Jacques), célèbre homme d'État français, frère de précédent, né à Génère, le 30 septembre 1732, mort à Coppet, le 9 anil 1804. Il descendait d'une famille d'origioe asglaise et établie en Irlande. Ses ancêtres, oodvertis au protestantisme, quittèrent ririande pour échapper aux persécutions de la reine Mine. Son pîère, Charleii-Frédéric Necker (voyfs ci-dessus) eut deux fils de son mariage aret Mile Gautier, fille d'un premier syndic de U république de Genève; l'alné, Louis Necker, ()i]i prit plus tard le nom de M. de Germaoy, lot destiné à l'enseignement public. Le cadet, Jacques Necker, Toué au commerce, fit d'assez bonnes études classiques, et entra eosaile dans une maison de banque. Ses débuts forent pénibles. Son goût très-vif pour la lectore loi faisait trouver insupportables les monoloM» occupations d'une maison de banque. Ses pareots pensèrent qu'il réussirait mieux sur un pio$ grand théâtre, et l'envoyèrent à Paria cha oa banquier genevois, M. Vemet. Jacques Necker, i peine Agé de dix-huit ans, montra une reinar quable aptitude pour les affaires, et obtint toute la confiance de son patron. Les rares iostaots que lui laissaient les affaires étaient coo^Mrà à la culture de son esprit. « U recherchait arec avidité, dit son petit-fils, M. de SUél-HoUteÎD, toutes les nouvelles productions litténire»; et avant d'avirfr atteint P&ge de vingt ans il s^essayait à composer de petites pièces de ttiéâtre. Ces comédies (restées inédites) sont écnttf avec beaucoup de verve et de franche pité • Punp, entre autres, annonce de la facilité poorla versification. M. Necker eut un instant Wàf^ ^ les faire représenter; mais une raison prHx)oe réprima ce petit mouvement d'arohitioo littéraire. « Si j'y aviis cédé , disait-il plus tard, toute ma carrière s'en fôt ressentie ; car jamais la réputation d'auteur comique n*e6t été compatible avec la dignité sérieuse que l'on eiigeait d'un premier ministre. » Vemet, en quittant les affaires (1762), confia à Necker oae somme considérable qui lui permit de fonder avec MM. Thelu&on une maison de banqoe tpn devint bientAt la première de France. ^ a f dire que cette maison fit époque dans rtiistoiff du créilit. Jusque-là les financiers s'étaient esnchis dans les fermes du revenu public. Nediff chercha et trouva la fortune dans de grande spéculations commerciales honnêtement et b^ bilement conduites. Des achats con«dérable» de grains et des opérations de crédit avec le g»' vemement furent les principales sources de a richesse. Encouragé par le premier mm-vt M. de ChtMscuI, qui avait en lui la plus graïKj ■ confiance, il entreprit de relever la Com[«afB» des Indes ; mais au moment où la Franc* t«w de perdre presque toutes ses possessions ows
lŒGRER
5JV
rinde , il deTenait inutile de maiotenir une compagnie destinée à gouverner et à exploiter des territoires qui appartenaient maintenant aux Anglais. Le contrôleur général d'invaul résolut de la supprimer. II commença par la Taire attaquer par fabbé Moreilet, qui, dans un mémoire très-remarque , insista au nom de la liberté du commerce sur les inconvénients des compagnies privilégiées. Necker répondit à Morellet, et sa réfutation, sans être péremptoire, parut éloquente et partagea le public. La Compagnie des Indes n'en fat pas moins supprimée. Ce fut le commencement des discussions entre Mecker et les éconoraistes.S'il fut toujours suspect à cetteclasse d'esprits, il trouva de zélés admirateurs parmi les gens de lettres. Depuis son mariage avec Mii«Curcbod, en 1 764, sa maison était devenue le rendezvous des philosophes et des littérateurs- les plus célèbres. On a remarqué que dans son salon il restait ordinairement silencieux. Peut-être craignait-il de trahir dans cette société de beauxesprits les limites de son instruction littéraire.' Il vivait cependant de la réputation d'écrivain, tout en songeant à la gloire plus haute d'homme d'État. Sa position de ministre de la république de Genève le mettaif en fréquents rapports avec la cour, et sa position de riche t>anqnier lui permettait de rendre au gouvernement des services essentiels. Les finances de l*État se trouvaient dans une situation si désespérée que le contrôleur général Terray en était réduit à implorer l'opulent banquier dans les termes les plus humbles. Il lui écrivait : « Nous vous supplions de nous secourir dans la journée. Daignez venir à notre aide, pour une somme dont nous avons un besoin indispensable. » Il lui écrivait encore : « L*on est à la veille du départ pour Fontainebleau, mais tous les passeports ne sont pas expé- <liés ; ils sont entre vos mains; le moment presse, et vous êtes notre seule ressource : nous avons recours à votre an)0ur pour la réputation du trésor royal. » Une opération très-avantageuse que Necker fit avec le gouvernement en 1772 le décida à quitter les affaires. Sa fortune était considérable; mais il aurait pu la décupler par quelques années de plus de travail. Au fend, les transactions financières d'une maison de banque lui plaisaient peu ; il se croyait né pour de plus grandes affaires : il songeait dès lors à gouverner un grand État. Son désir se trahit dans un Éloge de Colbert^ qui fat couronné par l'Académie française en 1773. Dans cet Éloge ^éani d'on style embarrassé et lourd, Necker traçait une sorte d'idéal de ministre des finances, et ii laissait deviner qu'il réaliserait cet idéal si jamais il était appelé ao pouvoir. Les lumières et l'attiour du bien public ne lui manquaient- pas pour tenir cette promesse indh*ecte; mais il n'avait pas à un degré suffisant la force et la promptitude de volonté. « Son esprit, dit Meister, avait l'Iiabitude de ouiwidérer toutes les faces d'une aUaire avec tant d'exactitude et de réflexion, sa
NOOV. BIOGA. CÉKte. — T. XXWII.
prévoyance était tellement susceptible et telle • I ment scrupuleuse qu'il n'était plus frappé , dans les circonstances même les plus pressantes, que des difficultés d'une décision quelconque , et ne se déterminait, pour ainsi dire, que forcément A vouloir ce qu'il voulait. Prendre un parti sans un motif qui fui à ses yeux de la dernière évidence semblait un effort au-dessus de son pouvoir, quelquefois même pour les petites choses comme pour les grandes. Je lui ai moi-même entendu raconter que, durant les premières années de son s^our a Paris , il lui était arrivé cent fois de rester plus d'un quart d'heure dans son fiacre avant de parvenir à se décider sur la maison où il devait se faire conduire d'abord. » Cette indécision fut plus tard remarquée quand il eut à conduire TÉtat dans des circonstances pressantes; mais alors on ne voyait que ses grandes qualités, son, bonheur ^ m confiance. Quand Tuiigot succéda à Terray dans le contrôle général des finances , Necker ressentit quelque dépit de voir occupé par un autre une place dont il se croyait digne. Il fit de l'opposition au grand ministre qui s'efforçait d'iotro- 'duire la liberté dans le commerce en attendant qu'il tentât de l'introduire dans l'administration. Un des premiers actes de Turgot fut d'accorder la liberté illimitée dn commerce des grains ( septembre 1774). Le parlement et le peuple s'inquiétèrent de cette mesure, à laquelle Ils attribuèrent le renchérissement du |toin. Necker, trop éclairé pour partager ce sentiment, parut pourtant le justifier dans un traité 5tir to législation et le commerce dea grains, en 1775. U soutenait, contre les partisans de la liberté illimitée du commerce , qne le gouvernement doit, dans l'intérêt du peuple, r^lementer le commerce des grains et en prohiber l'exportatioa dans certaines circonstances. Comme les économistes appuyaient leur théorie sur le fait que le blé est une propriété et que le gouvernement n'a aucun droit sur une propriété individuelle, Nedter contesta ces propositions, et alla jusqa'A prétendre que l'État doit protéger les consommateurs pauvres contre les propriétaires. « Ce sont, dit-il, des lions et des animaux sans défense qni vivent ensemble; on ne peut augmenter la part de ceux*ci qu'en trompant la vigilance des autres et en ne leur laissant pas le temps de s'élancer.» L'argumentation destinée à soutenir cette théorie sentimentale respectait fort peu la propriété, et M. Louis Blanc en a fait dans le i^ toI. de son Histoire de la révolution un éloge compromettant (1). Dans le temps quelques éoon6-
(1) Il dlMlt, par exemple : « Presque Imitet les iBitituUons diilei ont été laites pour lea proprlétatoca. Oo ett eflrayé, en ouvrant le code dea lots, de n'y décoavrir partout que cette vérité. Oo dirait qu'an peUt nombre d'booDBies, après s'être partagé la terre, ont fait des loia d*nnloo et de garantie contre b nnlUtude, comme Un auraient mia dea abris dana lea bols pour se défendre des beies sauvages. Cependant, on ose le dire, après avoic établi lea loU de propriété, de Justice et de Uberté, un a*#
INECKER
mixtes aceusèrent le livre de Necker d'avoir oontribué aux séditions que la cherté du pain excita en 1775. • C'est à tort, dit M. Droc : il ne parut que le jour même où les lK>ulaDgers furent pillés dan» Paris. » Tnrgot fut renvoyé le 12 mai 1776. Ctugny, qu*on lui donna pour successeur» Chigny, débauché et incapable, remit les fiaanceft dauH l'elTroyable désordre dont Turgot avait ea tant de peine à les tirer. L'opinion publique appelait impétieusement Necker au contrôle. Lui-même ne cachait plus son désir d^obtenir cette pliioe. Par Tinterinédiaire du marquis de Peaay, il fit remettre à Maurepas un mémoire dans lequel il indiquait les moyens de combler le déficit. Ifau repas Alt charmé du mémoire ; mais il D*08a pas proposer au roi d'appeler au ministère un étranger et un protestant. La difficulté fut éludée. Un conseiller d'État, Taboureau des Réaox, reçut le titre de oontrAletvr général et Necker lui fut adjoint oomme directeur^ trésor (22 octobre 1776). Quelques mois plus tard Taboureau se retira, et Necker lui succédait avec le titre de directeur général des finances (29 juin 1777). Sa religion n'avait pas permis de lui donner entrée au conseil; mais il avaK tout le pouvoir d*on ministre des finances. H en usa d'une manière ex* trétnement brillante, qui fit illusion aux contemporains La postérité, plus juste, tout en lui reconnaissant les mérites d'un très«habile banquier, ne le place paa au même rang que Bfachault et qne Tuiigot. Forcé de faire face à un déficit de 30 millioM environ, et de subvenir aux dépenses de la guerre qui éclata avec l'Angteferre en 177S, Necker eut recours uniquement à Ifleroprunt. La coofiaoee q«*inspirait Necker facilita le placement de ses emprunts, qui s'élevèrent en qoelqnes années à 4f90 milliens. Cétiil une charge l)eauooup trop lourde pour des finances aussi mal établie que celles de la nonancliie française; if était urgent de donner à l*imp6t une assiette plus large et pins solide en Télendunt h toutes les classes du royaume; il était urgent aussi de ne pas laisser perdre entre les mains de courtisans avides les ressources péniMement elttenues par l'hupôt. De larges réformes financières et une stricte économie étalent devennes indispensalrtes ; Necker en conçut la nécessité , mais il n'eut pas la force de les exécuter, et par le fbneste palliatif des emprunts il laisM croire à la cour que l'on pouvait s'en passer, jusqu'au moment où le mal se trouva si grand que tout remède devint impossible. Personnellement très- désintéressé, jusqu'à refuser les appointements de sa charge . il dut s'abstenir de toucher aux pensions scandaleusement prodiguées à des «soorlisans. Du reste, tout ce que poQvaft faire un honnête homme de beaucoup
preMviie Hen Mt «nooiN» pevr la elane h plas nonbreti»f> dpft eiioyen». Que noiift tmporteot to* lois de proprt^ti^ ? poiirra«ent-itM dire, noa* ne fosuédonc rleo. Vo« hm tfr JaMIi-er bma «'««oim rtea è 4*readre. Voe lots tie libf^rté • tl nous, ne tranUllom petdemilD, nous ■•orrons. »
d'esprit et d'infiniment de bonne Tolonté, il le fit. En 1780, il supprima dans la maUmài roi une foule de placés aussi onéreoses que » diculeroent inutiles (i). il supprima aussi bctacoup d'emplois dans l'aduiinistration des fiances, et il eu résulta plus d'économie et de célérité dans le service ; dans le noorean bail de la ferme générale , il obtint un l)énéfiee annuel de 15 millions pour le gouvememeuL JosteiMflt préoccupé de la répartition équitable des imptis, il sollicita du roi la création d'asaemUées proriodales. Et son projet, quoique moins bien caieoihi que celui de Turgot, aurait suffi aux besoins^ l'administration. Il devait y vfok dans cbaqtt généralité une assemiilée formée par portkw égales de membres choisis dans le dergé, dav la noblesse, dans le tiers état dus villes et daas celui deâ campagnes. Pour la première finmtion, le roi nommerait un tien des membres, d ce tiers élirait lea antres. Les renouvellemeuli seraient partiels, et alors les ebaix seraient bits par les assemblées elles-mêmes. Ce profct airait institué dans cluique province Ime sorte d'oligarcliie mixte dont il étoit difficile de prévoir les tendances politiques ; mats il ne reçut qu'on commencement d'exécution. Lorsque Neéker sortit du ministère, denx assemblées sodement, celle du Berry et celle de la Haul&^ruieBne, étaient en exordce. La première, formée ea 1776, avait donné de bons résultats; uUe sTiit sapprimé la corvée et recueilli en qoelqna miis deux cent mille livres de contribnlkMis voèontiires pour objets d'utilité pubMqi».
Sous lo ministère de Necker la mainniorte fat abolie dans les domaines royaux (1779) ; la qoestlon préparatoire fut également uboliB. Ces ^ verses mesures, quoique iMHmes, étaient insoffi* santés ; et la situation était loiii de s*aBiéliM«r. « Necker, dit M. Droa, avait beaucoup d'habilelé; et cependant ses ressources diDainuaîtnt «fsne nanlèao alarmante. On n'avait obtenu en 17M que 81 mitions d'emprunt , en recourant à la médiation des pays d'états ; et l'on avait poorra aux dépenses excédantes par 4ea aatidpacioBi qui s'élevaient à 155 miUions. H devcanit imfo»sitile dn subvenir aux frais du la gmerre, n f^ ne trouvait un moyen de eanvaincpe la capiti* listes que la France jouissait d'non prospéfité financière qui devait leur èonoer une uatiire conflanoe dans le gouvernement. » Il résolat à» frapper ua grand coup sur l'opinion, et il poUit son Compte rendu au roi. La Compte roêH produisit une immense sensation; en eflet ^ Goncluskms étaient de naton à fira|yper- foit»ment les esprits ; elles piésentaftont :
En revenus M4,t5l,09fi b>.
En dépenses t53,954,000
Excédant 10,200,000
Necket avait entooi^ ces chiffres ék^unts psr
fî) Parmi lc« foncUonnatres sni^miié» te Inrowat d» »9ur0wt de vin. dee hât9vn de rdt#,4ei go^Has, ««•