‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; (volume 2)Chapitre 68 sur 110 · NECKER · texte numérisé non relu

NECKER

détresse publique, ni rétablir les finances épuisées S'il panrint à faire adopter par rassemblée le teto S¥$pen9%f aeeordé au roi ; si , appnj^é par un éloquent et dédaigneux discours de Mirabeau , qui présenta l'odieux tableau de la banqueroute prête à dévorer la France, il fit ¥«ter rimpAt extraordinaire du quart du revenu, il tH, contre ses vœux et malgi^ ses efforts pour s'y opposer, les biens du clergé mis à la disposition de l*Élat ; 400 millions hypothéqués sur ces biens ; les assignats émis à plusieurs reprises. 11 s'opposa encore , an commencement de septemkire 1790, à une nouvelle émission de SOO millions d^usignats; mais l'Assemblée n'écouta pas ses misons, et passa outre. Voyant alors son impui»sance , fl donna sa démission , qui fut acceptée avec indilTérence par la cour et par PAssembiée; et il partit pour la Suisse, le 18 septembre 1790, bissant au trésor les deux millions qu'il y avait déposés. Tel était le changement opéré à son égard dans Topinion publique, que ce ne fut pas sans danger qu'il traversa la France ; sa voiture Ibt même arrêtée à Arcis-sur-Aube , et il faNat on ordre de l'Assemblée nationale pour qu'il lui fut permis de eontinuer sa route. A Vesoul il QOnrut de nouveaux di^gers, et n*écliappa qu'avec peine aux fureurs du peuple. Exemple frappant des vidssitudes humaines et de l'inconslance de la popularité! Vers la fin de septembre, il s'établit dans sa tielle terre de Coppet près de Genève. Dans cette retraite il ne sut pas se détacher des souvenirs de cette carrière politique qui avait eu pour lui tant de douceor et d'amertnme. L'ouvrage qu'il publia sur son administration en 1791 est une gloriflcatiott sentimentale de lui-même, et un gémissemetrt perpétuel Bur ringralKude des hommes et partlculiènnement de cette Assemblée qui lui devait Texistence. « Quels moyens on a préférés I dit-il. Tandis qn*avec un peu de retenue dans ses systèmes, avec un peu d'égards envers les opprimés , avec on peu de ménagement pour les antiques opinions, surtout avec un peu d*amoor eft de bonté, c'est par des liens de soie qn\>n eût conduit au 1x>nheur toute h France. • — - « Quelquefois, ajoute-t-il, au pied de ces montagnes, où llngratitDde particulière des représentants des comnrranes m^a relégué, et dans les moments où j'entends les vents fûswox s'eflbreer d'ébranler mon asile , et renverser les arbres dont 11 est environné, i! m'arrive alors peut-être de dire comme le roi Lear : « Soufflez, vents impétueux ! livrez-vous à votf« Aireur; je ne vous accuse point dHngratitude ; vous ne me devez pohit votre existence, vous ne tenez pofart de mol votre empire! » Son traité Du Pouvoir exéeui^dans les grands États (1797) est une critique judicieuse, mais inutHe, de b constitution de 1791. Plus tard il critiqua avec une sagacité tout aussi vaine la constitution de 1795. Dans ces divers écrits, où il prodigue des conseils que personne A'éDontait, on trouve des idées fort sages, expri-

) mées avec un remarquable talent Depuis VEloge de Colbert, son style s'était Iwaiieoup pn-

: fectianné. Son livre sur l'importonce des této religiemses, publié en 17M, oonticat de bdies pages ; si les doctrines tfaéologiquea en sont oa pe« vagnes et semblent placées entre la révéUtioa et b religion natm'elle , les doctrines sioraleseB sont pares et élevées. Les nédttatîoiM rdigienses, dont il vantait avec raison i'eflicacité et qoil pratiquait sans dente daos sa retraite de Coppet, ne l'empêchèrent pas de songer à sm retour au pouvoir. Le 18 brumaire lui donna quelque espoir. Il est en 1800 une enlrcvoe affc le premier consul. Voici oe que l'on lit è ce ta^ dans les Mémoires de Napoléoau • Le premer consul arriva à Genève, le 8 mai 1800. Le (smeox Nedicr, qui était (hns cette ville, fangs» l'honneur d'être pressente au premier coosoi île la république française : il s'entretint une tiout avec lui, paria beaucoup du crédit poUie, de la moralité nécessaire à un ministre des finanoei: il biltsa pereer dans tout son discours le désr et l'espoir d'arriver k la direction des fioaneesde la France , et il ne connaissait pas même de quelle mamère on faisait le servi» avec de obligaliotts do Trésor. Le premier consul fut aiédiocrement satisfait de sa conversatioii. » Deax ans après, Necker publiait ses Demièrts Vwes de politique et de JlntmceSy où il proposait an premier consul deux plans de gouvernement, hn pour une république, l'autre pour ime moaar chie. Dans ces deux pbns il faisait k b kiberte une part bien plus grande que ne le désirait fth naparte, et le premier couf^ol regarda fNDteblcment ces Dernières Vues comme les léve» dangereux d'un utopiste. Necker mourut deui ans après ce dernier écrit, dans sa soixaate^oezième année. Éminent par nue rare rénaiee de qualités morales et intellectueiles, mais dàioé de b fbroe de volonté indispensable à un hooioie d'État, necker eut rapparence d'un grand ministre lorsqu'il n'était qu'un grand et bxiaCte financier. Plus tard il fut en-dessous de sa réputation et des circonstances , et malgré sea intégrité, sa bienbisance, son amoav do bia public, fl perdit rapidement sa poputavHé; si chute ftit prompte et irrémédbble, mabelleB'cst rien de tragique, puisqu'elle loi labsa te boubear domestique et l'opulence. Sa glc^ aeigncuK ment défendue par l'admiration de sa femiBe, de sa fille et de son petit-flte, est venue jusqifl nous sans trop de diminution., et œnx mène qui le jugent sévèrement ne lui oonteateot f» d'avoir été un des hommes les meillears et le> plus honnêtes de son temps.

On a de Necker : Réponse ou Méfiai ^ M. Cabbé MoreUet sur ta Compagtùe dss iiKiei; Paris, 1789, in-4*; — i^loyerfeJ.-Bep^- Colbert, distours qui n remporté tfpf^ de V Académie française en f 773 ; PèAs, 1773, fai-8* ; — ;Sfcr la législation et le Comment des grfHns; Paris, 1775, ln-8"; — Mtmttfe

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