NEUVILLE
tions sur Vinstitut de la Société de Jésus; Avignon, 1761, 1762, 1771, in-12; '- Lettre d'un ami de la vérité à ceux qui ne haïssent pas la lumière,ou réflexions critiques sur les reproches faits à la Société de Jésus relativement à la doctrine; in-12, s. 1. ni d. A. L.
Rajmond Olosida Cabaltero. BibUùiheem seriplcrum iocietatis Jetu (ui^-1816, lo-4«). -• Feller, Supplément de La France littéraire. — /Nouvel Appel à la raison., de$ écrits et libelles pvbliés par ta passion contre tes JéiuUês de France; Bruxelles, 1761, In-lS. — Aiuls et Alp. de Backcr, Bibliotkéqve des écrivains de la Compagnie de Jésus. — Barbier, Dict. des anonymes, n* M4S. — Catalogus personarum et o//teiorum provùtei» Franelm Soelietatii Jeta, m. iTit, p. s.
HBUVILLB (Charles Frey de), orateur religieux français (1), frère du précédent, né te 23 décembre 1693, dans le diocèse de Coatances , mort à Saint • Germain - en- Laye, le 13 juillet 1774. Il fit ses éludes au collège des Jésuites de Rennes, qui, reconnaissant ses capacités, l'initièreot à leur ordre, en 1710. 11 professait depuis dix-huit ans les belles-lettres et la philosophie, lorsquMI débuta en chaire, où il eut un grand succès (1736). Après la dissolution de sa société, sa présence, toute inoffensive, fut tolérée en France et avec les secours que lui accordèrent le roi et la reine de France, il mourut sans être inquiété. On a de lut : Oraison funèbre de M. le cardinal de Fleury, etc.; Paris, 1743, in-4» et in-12; Amsterdam, 1743, in -4**. Cette oraison donna lieu à de^> nombreuses critiques, auxquelles l'auteur répondit plusieurs fois (voy. Alois et Alp. de Backer); — Oraisen de très-haut , très-puissant seigneur Charles- Auguste Fcucquet de Belle- /sle, duc de Gisors , pair et- maréchal de France, ^c; Paris, 1761, in-4*; — Sermons; Paris, 1777, 8 vol. in-12; Lyon, 1778, 8 vol. in-12. Ces sermons ont été tnid. en allemand par J.-B. Dily, Vienne, 1777-1780, 8 vol. in-8*» ; et par Priester Joh. Buchmann, Augsbouiig,184i, in* 12; en espagnol par Juan-Antonio Pelliccr, Juan Ceron et Pontela , Madrid, 4784 ; en italien , Venise, 1774, 1786, 1793. Le P. Neuville avait rassemblé trois vol. d* Observations Mst. et crit. « Mais , disent MM. Backer, la crainte des interprétations fâcheuses et celle de compromettre ses éditeurs le déterminèrent, quelques jours avant sa mort, à jeter son manuscrit au feu. » Les biographes ont souvent confondu cet écrivain ecclésiastique avec son frère et le P. Anne- Joseph de La Neuville. A. L.
Caballero , Bibliotkeese seHptarum Societatis Jesu ( Rome, 18U-1816 ), ln-4* } - AloIs et Alphonse de Rackcr, Bibl. des écrivains de la Compagnie dé Jésus, V léric, p. B19, BM.
NBUTILLB. Voy, HyDB DE NCO VILLE, LE
QCIEN et Neofvillb.
meutillA ( Didier-Pierre Chicanau de),
(Il Feller et d'après lui la Biographie univértélU (Mlchaud ) lui donoerit les prénoms ù' Anne- Joseph, qui appartiennent A un autre écrivain, Anne-Joseph da Im J\/éuvWe, dont tes irnvres ont éié sonveot coofondaea avec (dlea de Cbartea Frey de NeuvlUr.
littérateur français, né en 1710, à Naaci, mort en octobre 1781, à Toulouse. D*uae fkmille noble de Lorraine , il eut une jeunesse dissipée, voyagea dans le Nord , et entra dans les gardes du roi Stanislas, ob il acheva de se rainer. Afin de rétablir sa fortune, il vint k Paris, se fit recevoir avocat» et passa dn barreau dans les lettres; il se chargea ensuite de l'édacation d*an jeune seigneur polonais, et donna des leçons d*hi&toire aux filles de la princesse Luboroirska. De retour en France, il eut une place d'inspecteur de la librairie k NInnes, et s'en démit bientôt pour embrasser Tétat ecclésiastique. En 1771 il obtint de M. de Brienne, archevêque de Toulouse, la chaire d*b<8toire vacante au collège de cette ville. On a de lui : Les Aventures de Chausi et de Hanné, ou rien de trop; impr. à la suite du Moyen d'être heureux de Rivière ( Amsterdam, 1750, vol. in- 12); — La Feinte supposée^ comédie en prose, jouée en 1750, aux italiens; -~ Dictionnaire phiiosophiquet ou introduction à la connaissance de V homme; Londres ( Pans), 17:>1, I7ôe, 1762, in-8<'; la 3« édit. est fort augmentée; Vauvenargues, Dnclos, Trublet, d'Alembert ont été surtout mis k contribution pour cet ouvrage ; — Oracle de Cythère; 17&2, ni-8*; — L* Abeille du Parnasse^ ou recueil de maximes tirées des poètes français ; Londres (Paris), 1757, 2 vol. in- 12;— Considérations sur les ouvrages d'esprit ; Amsterdam (Paris), 1758, inl2; — Esprit de Vabbé de Saint»' Real; Paris, 1768, In- 12. Ces divers écrits sont anonymes. P. L.
Néeroloçe des hommes eMbra, l7Sf .
;; NBiT-wiBB {Alexandre-Philippe-Maximilien , prince de ), voyageur et naturaliste allemand , né à Neuwied, le 23 septembre 1782. Entré dans l'armée prusienne, il la quitta en 1806 avec le grade de général major. Pendant les années suivantes, il se livra avec ardeur à l'étude des sciences naturelles. En 1815 il se rendit à Rio-Janeiro , dans rintention d'explorer l'intérieur du Brésil; en compagnie de Fretreiss et Sellow et d'une dizaine de domestiques, il arriva, après avoir traversé de vastes déserts, k San- Salvador; il pénétra ensuite dans Pété de 1816 jusqu'à Morro d'Arrara. Là il rencontra la tribu des Botocondes, sur Fesquels il a le premier donné des détails exacts. Par suite de la guerre allumée alors entre les diverses peuplades sauvages de ces contrées, il se vit forcé d'abandonner son plan de route et de f^e rendre à Villa- Viçosa. De là il visita successivement Caravalies , Sanfa-Cruz, et Villa-Belmonte; il séjourna pendant quelque temps auprès des ruines considérables qu'il avait découvertes à Jouassema. Il se fraya ensuite à coups de hache un chemin à travers les immenses forêts au nord du fleuve Belmonte, et entra enfin, après avoir soiiffert de grandes privations, dan^ la province de Minas-Geraès. L'état de sa saalé l'engagea à terminer là son
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voyage; passant par Sertam et Bahia, iléUil déjà arrivé à Nazareth , lorsqu'il fol arrête e! d^enu pendant trois jours, parce -qu'oa le picnaît pour un Anglais; c'est alors qoon lui Toii plusieurs objets de sa prédense ooltectioa (Tinsectes et de plantes recueillie pendant sa roolt Cet incident fâcheux le dégpûta de sod idû première de visiter encore d'autres parties de ce pays; il s'embarqua le 10 mai 1817, et fat quelques senuiines plus lard de retour en AllemagBt. En 1833. il parcourut l'extrême ouest de rAmfrique duNord, s'avança jusqu'aux montagnes Kocheuses, et revint avec un grand nombre d'objets d'histoire naturelle ainsi qu'avec beiocoup de vues de ce pays, dessinées par les artistes emmenés par lui dans cette expéditioo. Oo a de hii : Reise nach Brasilien in denJahm 1815-1817 (Voyage au Brésil dans lesamiées 1815 à 1817); Francfort, 1819-1830, 3 foi bi-8*, avec un Atlas in-fol. : cet ouvrage, d'me exécution parfaite, abonde en rensetgoenests précieux sur la câte orientale do Brésil do treizième au vingt-troisième degré de latitude; - AbbUdungen zur Ifaturgeschichte Bmir liens (Plancbes pour l'histoire naturelle di Brésil); Weiroar, 1823-1831, 15 livraiuvs; - Beitràge sur Naturgeschichte SrasUim ( Documents relatifs à riiistoire naturelle àt Brésil); Weimar, 1824-1833, 4 vol.; - ilfl« durch Nordamerika ( Voyage à travers l'A mériqne du Mord ) ; CobleuU, 1^38-1843, 2 vol* in-4*; avec un Atlas de planches; ce roagn- Aque ouvrage de luxe est surtout imporfaot (!oar
l'etlmographie de ce pays. ^•
Conv^rsaHotU'Lurtkon.
HBVALl, savant turc, vivait à Consbntinople à la fin du seizième siècle de notre ère. 11 fut précepteur du sulUn Amuratli Ili. -^evili est auteur d'un ouvrage de politique et de morale, intitulé : Ferah Piami, quilepla«« premier rang des philosophes et des B»f*»'*^ de sa nation. 11 y traite de la religion ma»^ métane et de ses ministres, des vertus et « l'instruction d'un souverain. Cet ouTrajje « trouve dans la bibliothèque spéciale des siiltaiB
ottomans, à Constantinople. ^oLm
Toderlnl. LUtérature des Turcs. - Baniner, iW"»' dêt'Ëmpire Ottoman. .
KÊVB ( François ne), peintre belge, k»
mort à Anvers, vivait en 1625. H W J»J« de Rubens, et alla se perfectionner en Ital»*- ^ retour dans sa patrie, il mérita la rëpotilwo « bon peintre. « De Nève. dit ^>^^^f^^ posait avec feu, coloriait bien et des5iB«a^ beaucoup d'élégance. » La ville d'Anvers conserve la plupart de ses tableaux. A. w ^^
Jacob Coropo Weycrman . De *»»*'-^'î!î'!i à^ t. 111. p. Î16. - DMCimp*. Ut ne des P^^ ^ ■Mindf. etc., t. II. p. \xi, lis. . <
:nève ( Félix^Jmn-BapiisU'^<^^ orierflaliste belge, néà Alh ( Hainaut). K i^^ 1816. Après avoir reçu la première »*j"^.. au collège de Lille , U suivit les cours des
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versités de Louvain , de Bonn et de Mnnich , puis vint à Paris étudier les langoes orientales sous la direction de Bamuaf, de Reinaud et de Quatremère. Reçu en 1838 docteur en philosophie et lettres, il ftit attaché, en 1841, comme .agrégé de littérature ancienne et de langues orientales , à l'université catholique de Louvain , où il fut nommé professeur extraordinaire en 1844, et. professeur en 1853. Il est depuis 1860 correspondant de l'Académie royale de Belgique. Ses principaux ouvrages sont : introduction à r histoire générale des littératures orientâtes; leçons faites à Vuniversité catholique de Louvain; Louvain, 1845, in-8"; — Essai sur le mythe des Ribharas, premier vestige de l'apothéose dans le Véda^ avec le texte sanscrit et la traduction française des hymnes adressés à ces divinités; Paris, 1847, in-g** ; — Revue des sources nouvelles pour l'étude de l'antiquité chrétienne en Orient; Louvain, 1852, in- 8*; — Le Bouddhisme, son fondateur et ses écritures; Paris, 1854, in-8''; ^ Mémoire historique et littéraire sur le collège des Trois-Langues à l'ancienne uni' ver site de Louvain; Bruxelles, 1856, in-4^, couronné par TAcadémie royale de Belgique ; — Mémoire sur la vie d'Eugène Jacquot de Bruxelles, et sur ses travaux relatifs à ■T histoire et aux langues de COrient; BruxeN les, 1856, in-4**; ^ Des Portraits de femme dans la poésie épique de l'Inde : études mo* raies et littéraires sur le^ Mahèbhftrata; Bruxelles, 1858, in-8*. M. Nève est collaborateur du Journal asiatique , des Annales de philosophie chrétienne, du Correspondant, de la Revue catholique de Louvain , et du Messager des sciences historiques de Belgique.
E. Regrard.
Documents partie.
RETBLET ( Pierre ), sieor de Dosches, en Champagne, né àTroyes, mort vers 1610. Il était avocat au parlement de Paris ; les persécutions exercées contre les réformés l'obligèrent à sortir de France , et il se retira avec sa famille à Bàle , où il se lia d'une Intime amitié avec le fameux jurisconsulte François Hotman. Vers 1597, il revint en France et fut député comme ancien de l'église de Vitry au seizième synode national. La date précise de sa mort n'est pas connue. On a de loi : Elogium Pr, Hotomanni ; Francfort, 1595, in- 8*; réimpr. à la tête des Opéra de Hotman (Genève, 1599-1601, 3 vol. m-fol. ) ; et avec la Consolatio e sacris litteris du même (Hanovre, 1613); — Basilex Bel' vetiorum Kcphrasis; Francfort, 1597,in-4®;~ Lacrymas Neveled Doschii in funere avuncuti Pithœi ; Paris , 1603, in-4''; oe petit poème est d'une élégante latinité. Il donna aussi en 1603 une nouvelle édition de VAnti-Tribonian qa'Hotman avait publié en 1567.
Son fils , Isaac Neyelet, né en 1590, à Bâle, •est eonno parla publication d'un recueil d'anciens
NEVERS
fabulistes, intitulé Myihologia JSsopica ( Hei delberg, 1610, in^** ). P. L.
Haag frères , La France protutatUe. — Bayle , DieL erU.
HETBRS ( Comtes DB ). Le Nivernais formait autrefois nn comté qui releva d'abord do royaume de Bourgogne et qui fut possédé par des seigneurs sur lesquels on ne sait rien de certain jusqu'au milieu du dixième siècle. A cette époque Othon , doc de Bourgogne, s'en étant rendu maître, le transmit à son frère Henri le Grande qui le donna, en 987, à Othon-Gusllaume , fils d'Adalbert, roi dltafie. Vers 992 la fille de ce dernier l'apporta en dot à un seigneur, originaire du Poitou, nommé Landri, qui devint la tige des comtes de Nevers. Landri conquit le comté d'Auxerre,et mourut en 1028. Sa faraillu s'éteignit vers la fin du douzième siècle, Agnès, fille de Gui , comte de Nevers , d*Auxerre et de Tonnerre, épousa, enl 184, Pierre II de Coortenaf , depuis empereur de Constanlinople, et hérita de ces trois comtés, qui passèrent de la mère à la fille, pendant quatre générations consécutÎTes, dans les maisons de Donzy, de Chàtillon, de Bourbon et de Bourgogne. Ils furent ensuite séparés , et passèrent aux trois filles d'Yolande de Bourgogne (voyez ci-après). Le comté de Nevers passa alors dans les maisons de Flandre, de Bourgogne, de Clèves et de Gonzague. Nous citerons parmi ceux qui l'ont possédé :
iruillaume II, mort le 20 août 1 148, prit la croix en 1 lOl, et gagna Constantinople, à Ja têtu d'une armée de quinze mille hommes; mais, ayant voulu trayerseï* l'Asie Mineure, il fut harcelé par les Turcs, et atteignit Antioche avec una centaine de soldats. A son retour il fut obligé de donner satisfaction à son évéque, qui l'aceusait d'avoir emmené de force les serfs de l'ab* baye de Saint-Gyr. Constamment attaché au roi Louis le Gros, il l'aida à soumettre les vassaux rebelles ; fait prisonnier dans une de ces expéditions, il fut livré à Thibaut IV, comte de Blois, qui le tint plus de cinq ans en prison. En 11 24 il s'opposa , avec le roi de France, à la marche des Impériaux, qui menaçaient d'envahir la Champagne. Comme il assiégeait la ville de Casne , il tomba encore une fois au pouvoir de Thiliant. Battu ensuite par le comte du Forez, il perdit sa liberté, et ne la recouvra qu'à Tinter^ cession de saint Bernard. Après avoir fondé plusieurs monastères, touché de repentir pour ses fautes passées , il se fit chartreux (1 147) y et mourut quelques mois après. Quoique illettré , il jouissait de la réputation d'un homme trèscapable; le parlement voulut l'associer à l'abbé Su|;er pour la régence.
Guillaume II i, fils do précédent, mort le 2t novembre 1161, suivit Louis le Jeune en Orient (1 147), et eut à soutenir différentes guerres contre les seigneurs ses voisins , et contre l'abbé de Vézelay et l'évéque d'Auxerre.
Guillaume IV , fils du précédent, mort le
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24 octobre 1168, à Saint- Jean-d* Acre. Après avoir soutenu une rude guerre conire Etienne L®% comte de Sancerre, et Renaud, comte de Joigny, il saccagea Montferrand en Auvergne (1163). Eln 1167 il partit pour la Palestine. Jean de Salisbury parle de lui en ces termes dans une lettre à Jean, évéque de Poitiers : a C*est aux larmes des veuves qu'il a opprimées , aux gémissements des pauvres qu'il a vexés, aux plaintes des églises quMl a dépouillées, qu'il faut attribuer le mauvais succès de son expédition, et la mort sans honneur qu'il a trouvée au champ de la gloire. » Son frère Gui lui succéda ( voy. ce nom).
Yolande, de Bourgogne, morte en 1280, soccéda, en 1262, à sa mère Mahaut II de Bourbon. A la suite d'un long procès terminé en 1273, elle perdit la propriété des comtés de Tonnerre et d'Auxerre, qui furent , par arrêt du parlement , donnés à Marguerite et à Alix, ses sœurs puînées. Elle se maria deux fois, en 1265, avec Jean-Tristan, fils du roi £<ouis IX, et en 1272 avec Robert de Dampierre, comte de Flandre. Son fils, Louis /«^ lui succéda; il ne porta que le titre de com/ie de IVevers , étant mort avant son père. Mais son fils et son petitfils, Louis 11 et Louis lll, furent comtes de Flandre et de Nevers (voyez ces noms).
Marguerite de Flandre , fille unique de Louis III, née en 1350, morte le 16 mars 1405, fit entrer le comté de Nevers dans la maison de Bourgogne par son second mariage, avec le duc Philippe le Hardi.
Philippe II, comte de Nevers et de Rethel, troisième fils de la précédente, né en 1389, mort le 25 octobre 1415, succéda en 1404, à son frère Jean, qui devenait duc de Bourgogne. £n 1410 il fut pourvu de l'office de c/iambrier de France au préjudice du duc de Bourbon. Après avoir suivi son frère dans ses différentes guerres contre la maison d'Orléans et contre les Liégeois, il fit en 1414 sa soumission à Charles YI, et4ui remit la ville de^Laon. 11 fut tué à la bataille d'Azincourt, où il commandait douze mille hommes d'armes.
Charles I^, fils du précédent, né en 1414, mort en mai 1464. Sa mère, Bonna d'Artois, s*étant remariée à Philippe le Bon, duc de Bourgogne, partagea avec celui-ci la tutelle de ses fils. Quoique Philippe se fût mal conduit envers ses pupilles, Charles se montra toujours attaché à sa personne, et parvint même, en 1435, à le détacher du parti des Anglais et à le réconcilier avec le duc de Bourbon. La paix fut célébrée à Nevers par des festins et des réjouissances. « On y dansa, dit Monstrelet , il y eut moult grand foison de monteurs et de farceurs. » Ce qui fit dire à un che- Talier bourguignon : « Nous autres, nous sommes bien mal avisés de nous aventurer et mettre en danger de corps et d'âme pour les singulières volontés des princes , lesquels, quand il leur plaît, se réconcilient Tun avec l'autre, et
sou ventes fois advient que noas en demeuroK pauvres et détruits. » Après avoir reftisé d'otrer dans la ligue des princes dite la Pragvm (1440), Charles se laissa entraîner dans celleqK le duc d'Orléans avait formée contre le roi (1442); mais un des premiers à s'en retirer, F servit avec zèle Charles VU contre les Ad^ Aussi fut-il en 1459 confirmé dans son titre de pair de France. Il mourut sans postérité.
Jean II, frère du précédent, né le 25 octobre 1415, à Clamecy, mort le 25 septeabre 1491, à Nevers. 11 porta d'abord le titre de comlt d'Élampes. A la mort de son cousin Philiffe de Bourgogne, duc de Brabant (1430), il prêtesdait lui succéder. Évincé par Phililipe le Bas, qui le dédommagea de celte perte par des peosions et différentes seigneuries , il fut dépouillé par le domaine royal de ce qu'on lui ^fùl donné. 11 s'attacha néanmoins à la maison àt Bourgogne, et fut chargé en 1452 de châtier b Gantois rebelles ; il les battit en plu^eurs nocontres , non sans perdre beaucoup de wMk^ et contribua en 1453 à la conclusion de la \À\. En 1456 il reçut le coUier de la Toison d'Or, i cette époque le dauplûn Louis, poursuivi par son père, Charies VII, irouva un asile dans les Étals du duc de Bourgogne , où Jean raocaeiJJil aw de grands égards. Hai du comte de Cbaroiai» ( Charles le Téméraire ), qui ne pouvait lui |Wdonner sa condescendance à Tégacd de f<ouis A il fut enlevé en 1465 à Péronne, condoità Béthune, à Mons et à Saint-Oiner, et détenu étroitement. Aussi superstitieux que violent, Charles l'accusait d'avoir voulu l'envoûter pour le f«« périr, et avait arrêté beaucoup de gens cwwK ses complices en donnant à entendre que toos ces sortilèges étaient fabriqués à Pin^igatioD f <^ roi. Le comte Jean ne fut rendu à la libcrlé qu'après avoir renoncé à toutes les donations qiu 1<» venaient de Philippe le Bon ( mars 1466). n protesta contre cette violence, et se fit releTeres 1473 par la cour des pairs. La mort deCl»ar.8J d'Artois , son onde maternel (1472), te h"*^ héritier du comlé d'Eu. Il éteit le plus prod« parent en ligne masculine de Cluirles le Téméraire, et lorsque, après la mort de ce prioc*, Louis XI réunit la Bourgogne à la cooroDoei oi fut étonné de le voir demeurer tranquiltei d Ton supposa qu'il y avait entre lui et le roi ofl traité secret. Il laissa deux filles, ^iMû^'^ "^ liée au duc de Clèvcs, et CharloUe, (e^^ Jean d'Albret, sire d'Orval. i^cni
Engilbert de Clèves , petit-fils da P^?^ mort le 21 novembre 1506. Fils de Jean 1 . J de Clèves, il fut naturalisé français en l«» par lettres de Charles VIII, qui, l'ayant mm* Charlottede Bourbon-Vendôroe (1489)» '«"fj^ le comté d'Auxerre. Il eut à soutenir de W procès avec les gens de ce pays ^* *^^,**wq5 ,7 qui prétendait succéder au Nivernais. Bn ^^.^ accompagna le roi en Italie et commanda '®*^ . . ses à la bataille de Fomoue, amsi qu'en 1300 o*-
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la conquête du Miianais. En 1505 il oblfut une noaTelie érection du comté de Neyers en pairie; c*est le premier prince étranger à qui semblable faveur ait été accordée en France.
Charles de Clèves , fils du précédent , mort le 37 août 1521, se distingua dans les guerres d'Italie, et mourut à la tour du Louvre, où Francis r*^ ravait fait enfermer pour des écarts de jeunesse. P. L.
jtrt de vérifier Ut datei. - Morérf, Grand DUt, bist.
NEVEBS ( François l^ db Clèyes, duc de), fils de Charles de ClèTes, dernier comte de Nevers, né le 2 septembre 1516, à Cussy-sur-Loire, mort le 13 février 1562, à Nevers. A la suite de longues contestations relatives à l'héritage de Jean II de Bourgogne, il perdit, en 1525, le comté de Retliel, qui fit retourà sagrand'tante Charlotte d'Albrct. En compensation, il obtint en 1539 l'érection du comté de Nevers en duclié-pairie, et en 1545 le gouvernement de la Champagne. Après avoir fait ses premières armes en Piémont, sous le maréchal de Montmorency, il commanda de 1544 à 1546 l'infanterie allemande en qualité de colonel général , et fut chargé en 1551 de protéger les frontières de la Lorraine. Pendant le siège de Metz , il harcela les Impériaux par de continuelles attaques ; puis ayant pénétré leur dessein de s'emparer de Toul , il le ht échouer en s'enfermant dans cette place. Il se signala par de nouveaux exploits en Picardie, en Flandre et en Champagne, où en 1555 il eut l'habileté de battre Pennemi en détail et de rendre inutiles les eflbrts du prince d'Orange. En 1557 il se trouva à la bataille de Saint- Quentin, et y combattit avec la plus grande valeur; il rassembla, après la déroute, les débris de l'armée, et par ses sages manœuvres il empêcha l'ennemi de retirer tout le fruit qu'il pouvait espérer de sa victoire. L'année suivante il s'empara d'Orchimont, et courût risque de la vie au siège de Thionville , où il repoussa trois fois les Espagnols, qui tentèrent d'y jeter du secours. En 1560 il découvrit à François II la conjuration d'Amboise.
Ses deux fils lui succédèrent : l'un, François II ^ né le 31 juillet 1540, fut blessé à la bataille de Dreux , d'un coup de pistolet qu'un de ses gentilshommes tira par accident, et mourut, le 10 janvier 1563; l'autre, Jacques, né le 1*' octobre 1544, mourut également sans postérité, le 6 septembre 1564. François l**^ de Clèves avait eu aussi de sa femme, Marguerite de Bourbon, trois filles, Henriette, héritière du duc de Nevers, Marie, princesse de Coudé, et Catherine, duchesse de Guise.
Anselme . Hist. det çr. offMers de la Couronne, — De Thon, /list. sui temporis, — Slsmoodl, Hist. des Français, XVill.
XKITEBS {Louis DE GoNZAGUB, duc DE), Capitaine français, né le 18 septembre 1539, mort le 22 octobre 1595, à Nesle. Troisième fils de Frédéric II , duc de Mantoue, il fut amené en I
1549 à la cour de Henri H, qui lui accorda des lettres de naturalisation, et le fit élever avec ses enfants. Dès l'âge de quatorze ans, il commença de porter les annes, devint en 1557 capitaine de cent hommes d'armes et servit dans l'armée de Picardie. A la journée de Saint-Quentin, il eut un cheval tué sous lui, et tomba entre les mains de son oncle Ferdinand de Gonzague, l'un des généraux de Philippe II. Plutôt que de passer au service des Espagnols, il aima mieux payer pour sa rançon la somme énorme de 60,000 écus d'or, équivalant à plus de 700,000 fr. de notre monnaie. En épousant Henriette de Clèves, sœur des deux derniers ducs de Nevers (4 mars 1565), il quitta le litre de prince de Mantoue, sous lequel il avait été connu jusqu'alors ; il obtint du roi à cette occasion des lettres de continuation de la pairie attachée an duché de Nevers, ce dont il n'y avait pas encore eu d'exemple. En 1567, il fut nommé gouverneur du Piémont, et ne se démit de ces fonctions qu'en 1574, lorsque Henri III rendit au duc de Savoie Pignerol et les autres villes qui en dépendaient A cette époque il s'opposa avec fermeté à cette restitution impolitique, adressa au roi un long mémoire à ce sujet, et ne céda qu'après avoir fait enregistrer sa protestation au parlement de Grenoble. Pendant la seconde guerre civile, il battit les protestants du Lyonnais, et s'empara de Mâcon. Comme il se rendait auprès de sa femme, il rencontra près de Donzi une troupe de gentilshommes huguenots, dont la plupart étaient ses vassaux ou ses voisins. « Sans dire gare, il les chargea, dit Brantôme, et en porta par terre un et son vassal, qui tout par terre lui déchargea son pistolet à la jambe, vers le genouil, et le blessa tellement que l'on en attendit plutôt et longtemps la mort que la vie. » Il demeura boiteux toute sa vie, et, selon l'expression de Mézerai, « fort ulcéré contre les huguenots ». Lors du massacre de la Saint-Barthélemi, il sauva la vie à son beau-frère le prince de Condé ; mais il fut du petit nombre de personnes qui, de concert avec la reine mère, imprimèrent h la France celle tache ineffaçable. Quelques mois après, Charles IX, en partant pour la Lorraine, lui laissa la garde de Paris. Le bâtard Henri d'Angoulème, mettant à profit l'absence du roi, imagina de faire un second massacre et de piller toutes les maisons riches de Paris en affirmant que leurs maîtres étaient hérétiques. Le duc de Nevers, à qui cet abominable projet fut communiqué, refusa d'en partager la responsabilité sans informations, fit arrêter plusieurs des complices du chevalier d'Angoulême, et envoya un courrier au roi , qui ne permit point ce nouveau crime. En 1573, il assista au siège de La Rochelle, et accompagna de là le duc d'Anjou en Pologne.
Au commencement du règne de Henri III, Nevers se montra fougueux partisan des Guises, et fut un des chefs de la Ligue. A diverses reprises il poussa le roi à proscrire le culte réformé, et à
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4léclarer aux huguenots une guerre d*extennination, guerre qu'il nommait une sainte croisade. En 1577, il lui otTrit d'engager, pour atteindre ce but, tous les biens qu'il possédait dans les Pays- Bas et qui yalaient 100,000 livres de rente, invitant avec chaleur la noblesse à se soumettre à de semblables sacrifices. Ses efforts demeurèrent stériles. L'espoir de s'emparer du gouvernement de la Provence l'avait fait entrer dans la Ligue; il était déjà dans Ayignon lorsque Marseille, qu'il avait secrètement poussée à la révolte, lui fut enlevée. Déçu dans son ambition, il témoigna des scrupules de s'armer centre son ^uverain, et se rendit en 1585 auprès du pape Sixte Quint; ce dernier, pour qui le devoir religieux était dans rot)éissance passive, lui remontra « que le roi se devoit faire obéir également par tous ses sujets, qu'il devoit être roide et sévère, demeurer toujours le plus fort et le seul armé dans son royaume, et que s'il y avoit ou des catholiques ou des huguenots qui eussent la haidiesse de cabaler, il n'y avoit lien de plus facile à un roi de France que de faire couper des têtes (1) ». Ces conseils, répétés souvent à Henri fil, contribuèrent à le jeter dans un parti extrême. Quant au duc de Nevers, il fit céder ses scrupules devant la promesse du gouvernement de Picardie , dont il prit possession , le 25 avril 1587, et qui, par le traité de Bergerac, avait été assuré au prince de Condé. A la fin de l'année précédente, il avait eu, à la demande do roi, une entrevue avec Henri de Navarre au château de Saint-Bris et l'avait vivement engagé à se soumettre ainsi qu'a renoncer au calvinisme. Désireux de tenir le milieu entre les partis, il ne rompit jamais avec la Ligue, et tandis qu'il protestait tout haut de son dévouement au roi, il entretenait secrètement une correspondance avec le duc de Guise. Placé, au mois d'octobre 1 58S, à la tête de l'armée royale en Poitou , il s'empara, malgré la rigueur de la saison, de Mauléon, -de Montagut, de La Garnache et d'une quarantaine de châteaux forts. Mais, après le meurtre des Guises, il fut obligé de licencier ses troupes et de rejoindre le roi à Blois ; il s'efforça de le réconcilier avec la Ligue et n'ayant pu y parvenir, il se retira en Champagne, dont le gouvernement lui avait été accordé en janvier 1589.
Après la mort de Henri III, Nevers affecta pendant quelque temps de garder une exacte neutralité ; estimant bientôt que la victoire demeurerait à Henri IV, il mit de côté le vœu qu'il avait fait de ne jamais servir un prince huguenot, lui prêta une somme de 30,000 écus d'or, et lui amena dans les plaines d'Ivry une compagnie de cinq cents cavaliers armés et équipés (1590). Envoyé en Champagne, il y maintint la tranquillité, rejoignit le rui en Normandie et le sauva, au combat d'Aumale, du péril extrême où l'avait jeté sa témérité (1592). Après avoir travaillé avec
(1) Mémoires de Nevers t. I, p. 768.
ardeur à faire rentrer Henri IV <Ums le seia à» l'Église, il fut envoyé en ambassade auprès é» pape, afin de lui rendre publiquement obèliaoe et de solliciter rabsoJotioii («Mstobre 1593); ma» en vain fit- il valoir les plus fortes considéntk», tirées de la justice, de la politique, de la retigif» même, Clément VIII, asservi aux volontés d« Philippe II, demeura inflexible, et persista à k point vouloir reconnaître en lui l'ambassadetr du roi de France. Forcé de quitter Rome m avoir rien ot)tenu, il publia une protestalioi contre ce qu'il regardait comme un déni de j*ts^ tice, en déclarant que son maître saurait iMea se passer de l'absolution qu'on lui refusait. A soi retour il fut chargé, après la mort de Ftaoçais d'O, de la surintendance des finances (Dovetsive 1594), fonctions qui ne lui convenaiefit guère ei qu'il remit Tannée suivante à Nicolas de Hariay pour prendre le commandement de l'armée de Picardie et de Champagne (30 mai 1595). S'il ne réussit pas à empêcher l'occupation de Dooilens, il tint autant que possible les Espagnols en échec, approvisionna Amiens, Péroose fi Saint-Quentin, envoya des renforts à Cambrait s'enferma dans Corbie. Il mourut d'une dyssenterie que lui avaient donnée les fatigues de cette campagne, à l'âge de cinquante-six ani. Se restes furent transportés dans la cathédrale « Nevers, où sa veuve lui fit élever un ma|5Bifiq« mausolée. Louis de Gonzague était à"xm^^ souple, adroit, circonspect; les princes qu'il ata servis ne plaçaient en lui qu'une confiance atdiocre. « Il faut craindre M^ de NefCTS, m Henri IV, avec ses pas de pkHnbetsoacorofUS à la main. » Il avait plus de connalssaoees^ les seigneurs de son temps, et se mêlait roéaie* théologie. Sully, qui ne le pouvait 80uf&ir,retend que le roi ftit débarrassé par sa nortdffl serviteur aussi incommode qu'inutile; de iw« le blâme de sa prudence méticnless*;/!^ Brantôme le place au rang des grands cap»»*» et d'Aubigné le proclame - meilleur Fraoçais^F les Français mêmes ». On a, sous le «« Mémoires du duc de ffevers (Pf'*». *^ 2 vol. in.fol. ), un rccneil de pièces fort fT santés touchant les événements M^^"^y„ pris part, et qui aélé publié V^!^/^^.
fois par Gomberville. Divers traités de w»
verse, écrits la plupart de sa main, ^V^,, vés en manuscrit à U Bibliothèque irojw» ^ Le duc de Nevers laissa un fils, Cfier^ ^ Gonzague, qui lui succéda et qui de'«^ ^^ Mantooeen 1627 {voy.GoaikOVê),»^ ^^ Catherine, duchesse de Long«e«l»» ^^ riette, duchesse de Mayenne. Sa |^°.*pjp;. nette de Clèvea, morte le 24 juin ^^J'^ét se rendit célèbre par sa liaison ^''.^Z^^ en Coconasr, gentilhomme piéroontais, ° Jj^^ac 1 574, pour avoir tenté d'enlever <*« ^'^^y. d'Alcnçon et le roi de Navarre. «'•
due ai 1^- ' Turpln , niÈt. de LouU de C.oniA^^ j^^. " iris. 1789. I0-8-. - MimoiTH i» ^ *
Paris
Brantôme, rte» des grande eapita*net.^ DeThou, Hiit.
Économies ravales. - tlstoilc, /oiimai rfe £r«irl m et de Henri ir. - 0«vHa, //Ut. d«« pi«rrre« *^''ï.!? Franct, - -Jri ^ rA-^Ur ie« datef. — Polr«on, ««. de Henri l^.
MEVBRS {Philippe- Julien M\nciiii-M4ZA- Rim, duc DR ), né à Rome, en 1639. mort à Pari», le 8 mai 1707. U était second fils de Michèle- Lorenzo Mancini et de Geronima Mazarini, aœur puînée du célèbre cardinal de ce nom. L'esprit agréable de Philippe Mancini et surtout la protection de son oncle en firent de bonne heure un personnage à la cour de France. H portail déjà, on ne sait à quel titre, la queue du manteau royal de Louis XIV lors du sacre de ce monarque (1654) (l), et devint successivement duc rie Nevers et de Donzi, gouverneur de U Roclielle, du Brouagc, du pays d'Aunis et de Tilede Ré, puis du Nivernais, chevalier des ordres du Roi (1661), capitaine des mousquetaires, etc. Il ne servit iamais d'une manière remarquable le roi de France ; mais son immense fortune , héritage de se^ oncles, les cardinaux Jules Mazarin et Francesco Mancini, explique suffisamment son importance. Il avait de pins cinq sœurs (2), qui toutes, spirituelles et agréables, eurent toutà tour un grand cr(klit (3), et contribuèrent aux faveurs qu'il obtint si facilement. Quant à luimême, il tranchait du bel esprit, et était l'un des assidus du salon de Mme des Houlières; il ne manquait pas d'ailleurs d'intelligence ni d'instruction. Aussi Titon du Tillet lui a-t-il consacré une place dans son Parnasse. Voltaire le mentionne dans son Siècle de Louis XIV comme « auteur de vers singuliers, qu'on entendait très-aisément et avec grand plaisir .» Est-ce une louange? Estune épigramme? On en jugera après la lecture de cehuitain, fait par le duc de Nevers contre le célèbre réformateur de La Trappe , l'abbé de Rancé, au sujet de la letlre de cet abbé i Claude Kicaise ( voy. ce nom ) :
Cet abbé, qo'en eroycrtt pi^trl de sainteté. 'VieUU dans U retraite et dan» rhiimlMté; Orgueilleux de ses croix et bonffl d'abstinence, Rompt set sacrés statnt* en rompant le atlence; Bt contre on saint prélat (4) s'anlnantaujoard'hul. Du fond' de ses déserts déclame coolre lui ;
(1) Cet honneur donnait le prlTlUH?e d'être reçu che- ?iHcr des ordres du Roi ( eordon bleu ) , niniporte i quel
âge.
(1) Son oncle, le cardinal Jules Mazarin, lui transmit par testamrnt (I6«o) %en Immenses domaines de Stfcn et de Donzl, qui apportaient à lenr propriétaire les titres de duc et pair, à U cliarge par PhlUppc-Jullen d'ajouter h son nom dr Mancini celui de Maxarln.
(Sj l»Latirc, marié**, le* février l6H,à Louis dncd'eVend6me et de Mercnur, morte le 8 février lesT. *• Olympe, Hurintcndante de la mal^n de la re«ne . mariée le ÎO fé- ▼rlcr.l6S7, h BuRéoe-Maurlrc de Savoie, comte de Solssons, etc., morte le 9 octobre 170S. 8« Marie, mariée à Lorenzo Colonna, connétable de Naples, morte en mai l-l». *• /lùrtense . qui épousa. le 28 février t86l, Armand- Charles de La Porte, doc de Mazarin et de l* Mellleraye, morte en AnKicterre, le ï Juillet 1899. «• Marie-yinne, mariée, leïoavrlliew, à G odefrol- Maurice de La Tour, duc. de Bouillon, morte le 10 Juin 171*. | f^ojr. Aœédée Rcoéo, Le Nièces de .i/aiarin; Paris. t859 .) l*) Féndon.
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Et moins bunbte de enor qne fler de sa doctrine, II ose décider ce qne Aome examine.
Le duc de Nevers se déclarait hautement partisan de Pradon ; anssi lui attriboa-t-on le sonnet suivant, qui parut après la première représentation de la Phèdre de Racine et qui mit en émoi et la cour et la ville. Ce sonnet rend , au surplus, avec une réalité quelque peu triviale les principales sitnatlonsde la tragédie critiquée :
Dans un raoteuU doré, Aédre . tremblante et blêma^ DU des vers où d'abord personne n*entend rie». Sa nourrice lui fait un sermon fort chrétien Contre l'affreux dessein d'attenter sur sol-méiM.
Hlppolyte la hait presque autant qu'elle folme. Rien ne change son cœur ni ton chaste mtOntien. Sa nourrice Taccnae; elle s'en pnnit Men. Thésée a pour son fils une rigueur extrême.
Une grosse Arlcle,au teint rouge,auxcsins blonds (i). N'est lA que pour montrer deux énormes fefoiu, Qne, malgré sa froideur, HIppoljrte idolâtre.
Il meurt enfin, traîné par ses coursiers ingrats. Et Phèdre , après avoir pris de la morUauX'-ratt, Vient, en se ounfessanl, mourir sur le tMàlre.
Ce sonnet fut bientôt répandu dans Paris. Le» amis de Racine soupçonnèrent le duc de Nevers d'en 6tre Tauteur; et le comte de Fiesqne, les marquis de Manlcamp et d'EfQat, les chevaliers de Nantouillet et de Guilleragues^ etc., composèrent , comme réponse , le sonnet suivant, sur les mêmes rimes :
Dana un palais doré, namon. Jaloux et blima. Fait des vers où Jamais personne n'entend rie^. Il n'est ni conrUsan, ni noerrier, ni chrétien, Bt souvent pour rimer, 11 s'enferme lui-même.
U Muse, par malheur, le hait autant qu'il Caime, Il a d'un franc poète et l'air et le maitUien. Il veut Juger de tout, et n'en Joge pas bien. 11 a pour le phébus une tendresse extrême.
One sœur vagabonde (1), aux crins plus noirs que
blonds.
Va partout l'univers promener deux tétons Dont, malgré son pays, Damon est idolâtre.
Il se toe à rimer pour des lecteurs ingrats. L'Enéide, & son goût , est de la mort-aux-raU ; Bt selon lui, Pradon est le roi du théâtre.
Le duc de Nevers fut justement outré des alln* sions trop transparentes renfermées dans cette pièce. L'attribuant à Racine et à Boileau, il déclara qu'il les ferait périr sous le bâton. Les deux poètes s'empressèrent de déclarer qu'ils n'avaient aucune part au nouveau sonnet, et il suffisait de le lire pour les croire. Cependant le prince de Condé, charmé de causer un déplaisir à la famille Mazarin, les prit sous sa protection, et leur offrit un asile dans son hôtel. « Si vous n'avez pas fait le sonnet, leur disait son fils , le duc Henri-Jules, venez à l'hôtel de Condé, où M. le Prince saura bien vous garantir de ces menaces. ... Si vous l'avez fait, venez aussi à l'hôtel de Condé, et M . le Prince vous prendra de même sous sa protection, parce que le sonnet est très-plaisant. » L'affaire n'eut point de suites : le duo de Nevers se borna à
(1) L'actrice qui a créé le rùle de Phèdre était Mlle d'Bnnebaut, qui. Il est vrai, était blonde et grasse, mais très-Jollr.
tlj Mortense Manelnl , épouse d^Armand-OiarleH de U , Porte, duc de Mazarin et de U Meitlerale.
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Taire un troisième sonnet sur les rimes des pré- ' cédents, et devint même aflectueux pour Racine. Boileau lai garda rancane, et dans sm satires et ses épUres fit contre lui plusieurs allusions mordantes. Le duc eut le bon sens de ne pas s<e les appliquer. On croit aussi que Molière a touIu représenter Philippe Mancini dans son Oronte du Misanthrope. Le duc de Nevers a laissé plusieurs écrits, tant en vers qu'en prose, parmi lesquels on remarque ; Défense d'un poème hé" roïque, suivi de Remarques sur les œuvres satiriques du sieur D*** ( Boileau -Despréaux) ( avec les abbés Regnier-Desmarets et Testu ) ; Paris, 1674, in-12; — Abrégé de V histoire de France depuis la troisième race, mis en chansons sur Pair : Que ce jardin se change en un désert affreux ; dans le recueil de poésies édité par Adrien Moëtjens ; La Haye, 1694 ; — Epttre à M. Bourdelot , médecin de la reine Christine de Suède; même recueil , et dans le l" vol. des Œuvres posthumes du duc de Nivernais, publiées par François de Nenfchftteau ; — EpUre à M. du Charmel, dans le recueil déjà cité de Moëtjens; — Epitre à un de ses amis, dans lequel le duc de Ne vers fait Téloge du roi Louis XIV et celui de Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne; imprimé dans un recueil de poésies; La Haye 1715; — plusieurs pièces en vers de deux et (rois syllabes dans Les Divertissements de Sceaux;' Trévoux, 1722 et 1755, 2 vol. in-12; — Le parfait Cocher, publié par La Chesnaye des Bois; Paris, 1744, in-8*, et attribué aussi à Louis-Jutes-Mancini-Mazarini , duc de Nivernais ( vo^. ce nom ), petit- 61s de fauteur.
Philippe de Nevers avait épousé, le 15 décembre 1670, Diane-Gabrielle de Damds ( morte le 12 janvier 1715), dont il eut 1** i^/ot, mort jeune; 2° Gabriel, duc de Donzi, mort en mai 1683; 3** Philippe- Jules ^François, d'abord appelé prince de Vergagne, puis duc de Nevers, né en 1676 et mort en 1768 ; 4° Jacques ffippolyte, dit le marquis Mancini, auquel son père laissa ses biens situé» en Italie, né le 2 mars 1690; 5** Diane- Gabrielie- Victoire , mariée, le 6 mai 700, à Charles-Louis-Anfoine-Galéas de Hénin , prince de Chimay et de Bossot ; et 6** Diane- Adélaïde" Philippe, mariée, en 1707, à Louis- Armand , duc d'Estnées. A. d*E— i*— c.
Salot-Slmon, Mémolrei, t. XII, p. iOT. — TUon do Tiiiet, ij$ Parnasse francois (é4U. In-rol. de 1781), p. 60S-Soe. - Mémoires aneeëotes de Louts Xlf^, p. 181- ISS. — Morérl, U grand Dictionnaire historique, art. Maneini, Mazarln etNèwrâ.— Le P. Anielme, Hlst. des grands officiers de la couronne, t. III, p. hê%, — M»* des Hoailères, OEuvrei.
NBTBBS. Voy. GoNZAGOE etLoois.* RBVBV ( Matthys ), peintre hollandais, né à Leyden, en 1647, mort à Amsterdam, en 1721. Sa famille était d'origine française et aTait émigré, comme protestante, à la suite des persécutions religieuses. Il commença son art sous les leçons de Abraham Torenviiet, et devint un des
JNEVILE 8!^
élèves bien aimés de Gérard Dow, doot 3 \vvint à imiter le fini précieux. II se fix» à Ajb». terdam, où il occupait on emploi dans iei odbtributions. Les tableaux de cet artiste représestent des assemblées de gens do moodf , dr> concerts , des collations , des bals parés ou ras? qués, des joueurs^ etc. Houbralten ait de ni un tableau d'histoire, qu'il appelle les Œntm de Miséricorde. Il y admire arec quel esprit. quel bel accord, quelle Térité de couleur Tartisle a disposé et placé un nombre prodigieux <k Ggures. » Les tableaux de Neveu, dit De$camps, sans être tout à fait aussi finis que nui de Gérai*d Dow, sont toujours bien peînt^, \m coloriés, d'un t>on goût dedes.«in; les figures j sont agréables et pleines de finesse. » lis soct fort rares, surtout en France. A. de L
Honbraken. Konst SehUders des Nederlandecke^ de, t. III, p. 6S. — Pilklniton, Dictionart o/ Paintm. - Descanips, La Fi» des Peintres hollandais, et&. LU, P.S14-3U.
IIETILB (Alexandre), littérateur aogiais né en 1544, dans le Kent, mort le 4 odobft 1614, à Canterbury. Il prit ses degrés à Caisbridge, et devint secrétaire des archeTèqae Parker et Grindal. On a de lui : Kettus, soi de furoribus Nor/olciensium Kelio dva; Londres, 1575, I582,in-4o; réimpr. en anglais en 1615 et 1623 ; — Apologia ad Wallixproceres; Londres, 1576, in-4" ; — une parapha* de VŒdipus de Sénèqué (1581 ), —et quelque* poésies.
Son frère, Thomas Netile, mort en 1615, * Cambridge, fut un des ecclésiastiques les pi» émlnents du temps ; il occupa divers mpio^ dans la liante Église, entre autres cdoi * doyen de Canterbury , et consacra unegrtf« partie de sa fortune k la reconstruction rfo w*" lége de la Trinité. ^-
WarCon, Hift.qf poetr^. — Strypc. VfeefPurkT. — Todd, Account of the deans of Canterètof-
NBVILB OU NBVILLB ( Henry), pnW««^ anglais, né en 1620, mort le 20 septembre 1694, à Warfield (Berkshire). Après ^^ voyagé sur le continent, il revint «»^' Loncfres, et propagea avec ardeur les P^JJ^ du parti républicain. Nommé conseilla jwf en 1651, il se démit de ces fonctions «"«« protester contre la tyrannie de Cromwdi, e cessa, d'accord avec Harringlon et <J'*"*"* Pj: ritains, de plaider la cause de la \'^^jTj restauration il essuya une ^^^^^^^.''^^^JS La plus remarquable de ses 9^^^^^-^i ques est celle q,uî a pour titre Plato retfi»fj^ ; or a dialogue coticerning governmm ( dres, 1681 ), réimpr. en 1763, par le» 80«» Hollis. On a encore de lui : The P^''^'^^^ oj ladies; 1647, in-4% - Shu/fimc^^J and dealing in a game at P*^^'\ J in-4« : satire dirigée contre le ^^^^^'f q T/ie isle of Pines, or a laie f^'^TLL fourth island near Terra australw mwj^^' by Hen, Cornélius van SlœtUfi; ^