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nistre, et a joué en Angleterre un rôle très-congidérable , grâce non pas à ses talents, non pas à ses qualités et à ses connaissances, mais presque uniquement à une immense fortune, à sa naissance, à ses relations de famille, et à des liaisons intimes avec le parti whig , autant qp'à une ambition dévorante, il était fils aîné de sir Thomas Pelbam, représentant d'une des familles les plus anciennes et les plus influentes de la Qentry dans le c^omté de Sussex. Son père, qui siégea longtemps au parlement, avait concouru à la révolution de 1688» il transmit à ses deux fils ses principes politiques. L'alné fit de bonnes études à Tuniversité de Cambridge , et en 1711, à la mort de son oncle maternel le duc de Newcastle, il recueillit la plus grande partie de sa vaste fortune, et peu après celle de son père. Â Tavénement de Georges I*'', il gagna la faveur du roi et de la famille royale par le zèle extrême qu*il montra pour les intérêts de la maison de Brunswick, et fut successivement nommé comte de Clare , une des dignités de la famille de sa mère, puis finarquHj et due de Newcastle^ avec réversibilité de ces titres sur son frère Henri Pelham et sa postérité mâle ( 1715 }. Ses grandeurs de cour furent complétées par son mariage avec lady Henriette, fille du comte de Godolphin et petite-fille du grand duc de Mariborough, le titre de lordsharobeilan de la maison du roi et de membre du conseil privé ( avril 1717 ), et enfin par Tordre de la Jarretière ( mars 1718 }. L'amUtion de tout antre eût été satisfaite ; mais il aspirait ardemment à la distinction et à l'influence politiques. Quelques fonctions passagères ne firent qu'enflammer ses désirs. Ainsi, en 1718, il fut l'un d^ commissaires anglais qui signèrent le traité d'alliance entre le roi d* Angleterre, l'empereur et le roi de France, et les deux années suivantes un des lords justiciers chargés de Tadministi-ation du royaume pendant l'absence du roi Georges eq Allemagne. Enfin , son beauirère Charles Townshend et Robert Walpole étant parvenus à renverser lord Carteret, et devenus les chefs du ministère, Newcastle fut nommé par leur influence un des principaux secrétaires d'État, ^ son frère Pelham ( voir ce nom ), qui occupait depuis deux ans un poste secondaire, appelé an déparlemenl de la guerre ( 1724 }. Georges U continua Newcastle dans les fonctions de secrétaire d'Etat, bien moins à cause de ses talents, dont il n'avait pas une liante idée, qu'à cause de son dévouement à sa maison et à cause du grand crédit dont il jouissait dans le parlement ( 1727 ). Le royaume jouissait d'une profonde paix. Seulement, dans la splière poiilique , les ministres se livraient MX intrigues et aux rivalités que nourrit l'amour du pouvoir. Walpole exerçait sur eux vne prépondérance qu'il devait surtout k ses talents. Newcastle et son frère, qui en étaient jaloux, fomentèrent^ pour se délivrer de lui, \e&
discordes qui divisaient la famille royale, et ^\ù avaient jeté le prince de Galles dans le parti de l'opposition. Les deux Pelham reâtèrent dans le cabinet à la chute de Walpole. L'invasion du prétendant , en 1745, amena une crise dans le ministère ; le roi voulait mettre à sa tête lord Carteret, devenu comtede Gran ville, qui avait de grands talents et pour qui il avait beaucoup d'affection. Les Pelbam se bâtèrent de donner leur démission, et telle était l'influence qu'ils exerçaient par leurs relations de famille et autres sur les principaux personnages politiques et au parlement, que le roi ne put former un ministère, et fut obligé d'inviter les Pelham à reprendre leurs fonctions. Ils revinrent triomphants, plus puissants que jamais. « Le roi était à leur discrétion, et tout ce qu'il iK)uvait faire, dit Macaulay, c'était de murmurer entre ses dents qu'il était bien dur que Newcastle, qui était au plus ca pable d'être chambellan du plus petit prince d'Allemagne, imposât ses conditions au roi d'Angleterre (1). » Huitannées de tranquillité suivirent, années où la minorité, faible depuis la défaite de lord Granville, ne cessa de s'aHaillir, au point de s*effacer presque entièrement. La paix fut faite avec la France et TEspagne en 1748- Le prince deGalles Frédéric mourut enr;51, et avec lui s'éteignit même l'apparence d'opposition. Tous les survivants distingués du paru qui avait soutenu Walpole et du |)arti qui l'avait combattu étaient unis soa<^ son successeur. Au commencement de mars 1754, Henri Peltiam mourut presque subitement. « Maintenant je n'aurai plus de repos , » s'écria le vieux roi quand il apprit cette nouvelle. «Il avait bien jugé. Peiham, sans être un homme d'État supérieur, avait un excellent jugement et une parfaite droiture. 11 était parvenu à réunir et à maintenir ensemble les premiers talents du royaume, et â diriger, sans qu'il s'en doutât, la conduite de son frère, très-porté aux inconséquences de tous genres. Cette mort Uissait vacant le poste le plus élevé auquel puisse aspirer un sujet anglais, et en même temps l'influence qui avait contenu tant d'esprits ambitieux et turbulents étoit détruite. Cinq jours après, Newcastle fut nommé premier lord de la trésorerie. Il eut assez de présomption et d'audace pour penser qu'il pouvait remplacer son frère ; mais il était si léger, si inconséquent, et en même temps si ambitieux d'accaparer tous les pouvoirs, que les deux ans de sa direction suprême furent marqués à l'intérieur par d'innombrables et misérables intrigues. A l'extérieur, la guerre de Sept Ans commença par des événements aussi désastreux que honteux pour l'Angleterre ( 17&6). Port-Malioo fut pris par le naRéclial de Richelieu, « vieu« fat, dit Macaulay, qui avait passé sa vie, de seiae à soixante ans, à séduke des femmes dont il ne se soudait pas
(1} ArUele sur CIwUhb, ts».
NEWCASTLE
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le moins da monde.» L*amiral Byng, envoyé de Gibraltar pour secourir Port-Mahon, ne jugea pas à propos d'engager une action avec t'escadre française, et reyint sans avoir rien fait. L'orgueil national indigné fit explosion dans les villes, dans les comtés, et la ville de Londres demanda hautement la punition des ministres. Ceux-ci rejetèrent la faute sur l'amiral Byng, et le sacrifièrent. Cette concession ne calma pas le patriotisme irrité, et Newcastie et ses collègues furent forcés de se démettre de leurs emplois ( novembre 1756). Pitt devint secrétaire d'Éta;, avec la direction de la chambre des communes. Cette nouvelle administration dura à peine cinq mois. Le roi avait de Pantipathie pour Pitt, et la chambre des Communes, remplie des créatures des Pelliam, n'était pas trèsmaniable. Pitt sentit la nécessité de désarmer Ifewcastle , qui bien que méprisable par ses manières, son caractère et sa médiocrité, n'en était pas moins un ennemi dangereux, avec lequel il fallait compter. L'ambition de ce dernier le disposait à des concessions pour son retonr au pouvoir. Ces deux hommes, si difTérents de caractère, et naguère ennemis mortels, étaient nécessaires l'un à l'autre. NewcasUe apportait au ministère l'influence de son rang, de sa richesse, surtout de ses relations politiques ; Pitt, t'influence de son incomparable éloquence, de sa liaute réputation, de son ardent patriotisme, de ses grands talents. L'accord fut enfin accompli après bien des négociations (juin 1757). Newcastie prit le trésor, et Pitt devint secrétaire d^Ëtat, avec la direction de la chambre des communes, *et une autorité suprême pour la içuerrc et les affaires étrangères. La mort de Georges U ne changea rien 11 cet état de choses (octobre 1760). Une série de brillants succès au dehors avait satisfait l'orgueil national. Newcastie subissait, un peu h contre-cœur, l'ascendant de son collègue, qui avait relevé la gloire de l'administration; mais quand lord Bute, homme médiocre, mais favori de Georges III, prétendit tout dominer et tout décider, le vieux politique se révolta et se retira volontairement ( 1762). Il rentra cependant dans les affaires en 1765 , et fut revêtu de l'emploi de garde du sceau privé, qu'il résigna l'année suivante en faveur de Pitt II mourut peu après, sans laisser d'enfants. Son titre principal passa à la postérité féminine de son frère, Henry Pelharo. Horace Walpole, qui ne t'aimait pas, a tracé de lui ce portrait, qui est assez impartial pour être ressemblant : « Le duc de Newcastie n'avait point d'orgueil, et pourtant une vanité extrême. La jalousie a été la grande source de tous ses défauts. Il caressait toujours ses ennemis, pour les enrdler contre ses amis. Il n'y a point de services qu'il ne rendit aux uns et aux autres, jusqu'il ce qu'ils fussent au-dessus de ces services ; alors il les soupçonnait de ne pas l'aimer assez, car au moment où ils avaient tout motif
de l'aimer, il prenait tous les moyens d'eidle leur haine, en usant de tout son pouvoir pw les ruiner. Il aimait avec passion les afTàres, mettait la main à tout, et ne faisait rien. Se> discours au conseil et au parlement coulaiat facilement, avec abondance de mots, mais san^ pensée et sans poriée. D'une curiosité in»tialilt à savoir ce qu'on disait de lui, il gaspillait k s'informer le temps qu'il aurait pu emploiera mériter des éloges. Il prétendait à tout, et d>8- 1 reprenait rien sérieusement. Il se laissait dominer par une crainte étrange : il eût hasardé la sûreté du gouvernement, sa vie, sa forloK. plutôt que d'ouvrir une lettre qui potivait )n découvrir une conspiration. Ce fut un secrétaire d'État sans esprit, un duc sans argent, m homme intrigant à l'excès, incapable de gardff un secret , un ministre méprisé et haï par ta maître, i>ar tous les partis et par ses coi)ègQe«, sans être renvoyé par aucun d'entreeox. .Micislay (1) a tracé une esquisse piquante da caractère , des ridicules et de l'ignorance de ce <he de N«wasUe. J. Chauct.
Lodge, Portrait» ^fillustrUnts pertimaget. t VU.- Macaulay, Euap», HMom of Chatawi, im, im.- Taylor, National portrait gallert . — Cyetop»dte,E»tflish Biographe. ~ Chalmers , BiûçrapMeel Didit narif.
^RBWCASTLB (Henry Pelbav Curtojt, cinquième duc DE ) , homme politique anglais, » à Londres, le 1 1 mai 1 81 f . Il porta jusqu'à la noH de son père, en 1851, le titre de comte de làcoin. En 1832 il représenta à la chambre t^« le comté de Nollingham et fut suceessivemaf réélu par le même comté jusqu'en IMft. D« 1834 à 1835 il remplit les fonctions dclonîde la trésorerie et celles de premier ommiim des bois et forêts de 1841 à i846.Acette^ que il se sépara de sir Robert Peel au SDJd* la question des céréales; cette défedion fit ^Pi^ ter sa candidature par le comté de NoHiflgl«'n; mais il fut élu presque aussitôt par le booi? de Falkirk. Nommé premier secrétoire pour 1 Irlande, il donna sa démission en même temps que Robert Peel (1846), mais ne cessa pas* prendre une part active aux discussions dapiflemenf, et demanda ladoUtion do rf^?^ Iholique iriandais. En 1851 il remplaça «w pwf à la chambre haute, et prit rang parmi les ««• ranx modérés ; en décembre 1852 il fi< Pf'^r, ministère Aberdeen , comme secrétaire d'Êfat«^ colonies. En juin 1854. quand »«» l»o*^''^ °^ commencées contre les Russes, il nçoik ^ tariat de la guerre. Après le fatal hirer de i»» 1855, il fut rendu responsable de l'c«'»*^p^ rie dans laquelleon avait laissé les ^^^^^ mée; attaqué ayec violence dan* If •* ?\no! il se défendit avec autant (^'àdTesstq^J?^^ dération ; mais le cabinet ne pot «'«""fr^j, le sacrifier à l'animoslfé de la w"'?!"!^^ mettait sur le compte de son incapacité »«»
)i'. Etiaf/s, ïf'alpoWs letters.
NEWCASTLE — NEWœMEN
maux qu'avait occastoonés une saison rigou- [ reose. Il résigna son portefeuille entre les mains ' de lord Panmare, qui rendit justice au patriotisme de son^prédécesseur, et 11 s'embarqua pour Tisiter la Crimée. Au mois de juillet 1855 il remplaça lord John Russell comme ministre des colonies, et après avoir cessé d'exercer ces fonctions, sous l'administration deiord Derby, il les reprit en juin 1859, lorsque lord Palmerston revint au pouvoir. A. H.-x.
Mân 0/ the ttme. — Tha ParUamemUam eompanHon. — Lodge, Peeraçe,
NKWCASTLB {HUÇUeS DC). FO^. HUGO^S.
NBWCOMB {Thomas) f poète anglais, né en 1675, mort vers 1766. Il était lils d'un ecclésiastique du comté de Hereford et petit- fils , do cAté de sa mère, du célèbre poète Spenser. Élevé à Oxford, il devint chapelain du deuxième duc de Richmond et recteur de Stopham, dans le Suesex. De bonne heure il cultiva la poésie, et en conserva le goût jusque dans un âge avancé; si ses vers ne le tirèrent pas de la pauvreté , ils lui valurent quelque réputation et l'amitié d'Edward Young, le poète des Nuits. Ses principaux écrits sont : Bibliotheca, petit poème estimé, qui parut en 1718 et fut réimprimé, ainsi que d'autres pièces de lui , dans la Select col' lection of miscellany poems de Nichols; — The last judgment of men and angels; Lon- «Ires, 1723, in-fol., épopée en douze livres, dans ia manière de Milton; ^ An ode upon the peace of Utreeht; — The Manners of the timeSf in VU satires; — A Collection of odes and epigrams occasioned by the success o/ the British arms in Germany; 1743; — The Consummation, a sacred ode on the final dissolution of the world; 1752, in-4<*; — A miscellaneous collection of original poems^odes, epistles, translations^ writlen chiefly on political and moral subjects; Londres, 1756, gr. in-4''; — Novus epigrammatum detectus, or original state epigrams and minor odes , suited to the times ; ibid., 1760, in-S»; — The retired pénitent; ibid., 1760, in-12 : paraphrase poétique d'un morceau d' Young; — The Death of Abel, a sacred poeTi»; ibid., 1763, in-l2: imité de Gessner; ~ Hervey*s Méditations, in blank verse; ibid., ^764, 2 vol. in-12. On attribue à Newoomb un poème , On the nature and progress of the soûl (1743), qui tient à la fois du panégyrique et de la satire. K.
Chalroer*, General Mogr* déeUanarg,
NBWCOMB ( William) , prélat anglais, né le 10 avril 1729, à Barton-le-Clay (comté de Bedford), mort le 1 1 janvier 1800, à Dublin. Il prit ses grades à l'université d'Oxford, et s'y fit beaucoup de réputation comme gouverneur particulier (^ti^or}; un de ses plus brillants disciples fut l'itrateur Charies Fox. Attaché comme chapelain à la maison du comte d*Hertford , Tice-roi d'Irlande (1765), il occupa successivement les sièges épiscopaux de Dromore (1766), d'Ossory
ROOT. BIOGR. GÉNÉK. — T. XXXVU.
(1775) et de Waterford (1779), et devint en janvier 1795 archevêque d*Armagh et primat d'jrlande. Il se rendit recommandable par l'étude constante et approfondie qu'il fit des Écritures saintes, à l'interprétation desquelles il avait voué la plus grande partie de sa vie. On a de lut : An Harmony of the Gospels; Londres, 1778, in-fol. : ouvrage qui amena entre lui et Priestiey une discussion touchant la durée du ministère de Jésus, que Priestiey fixait au moins à trois années ; — Observations on ouv Lord's conduct as a divine instructor; 1782, in-12 ; — An altempt towards an improved version of the prophet Ezekiel; 1788, in-4'^ — An historical view of the English Biblical translations ; Dublin, 1792, in-8* ; — Attempt towards revising our English translations of the Greek Scriptures, or the new covenant of Jésus» Christ : ouvrage posthume où Ncwcome indique les moyens d'améliorer les Bibles anglaises d'après les corrections indiquées par la critique. K.
Ree», Ctetopetdia. — CenUemaïC» Mewazlne, LXX.
BBWCOBiBif ( Thomas), mécanicien anglais, né à Darmouth, en Devonshire , mort dans la première moitié du dix-huitième siècle. Quincaillier ou forgeron , car il est désigné dans les biographies anglaises tantôt comme ironmonger et tantôt comme hlacksmith, Newcomen avait quelque instruction , et était en commerce de lettres avec R. Hooke, secrétaire de te Société royale de Londres, Tun des savants les plus ingénieux dont l'Angleterre puisse se glorifier. Un préjugé national lui a attribué l'invention de la machine d'épuisement qui porte son nom et qu'on appelle aussi, machine atmosphérique. Revendiquant cette gloire pour la France, Arago a victorieusement prouvé contre M. Biot et quelques-uns de ses confrères à l'Académie des sciences que cette machine , la première qui ait rendu de véritables services à l'industrie^ n'est, sauf quelques détails de construction, autre chose que la machine proposée en 1690 et 1695 par Denis Papin ( voy, ce nom ), et qu*ii ayait essayée en petit. Dans l'une comme dans l'autre, on remarque en effet un cylindre ou corps de pompe métallique vertical, fermé par le bas, ouvert par le haut, et un piston bien ajusté destiné à le parcourir sur toute sa longueur. Dans l'une comme dans l'autre, le mouvement ascensionnel du piston s'opère par l'effet d'un contrepoids quand la vapeur d'eau peut arriver librement à la partie inférieure du corps de pompe et la remplir. Dans la machine anglaise, comme dans celle de Papin , dès que le piston est parvenu à l'extrémité de sa course ascendante, on condense la vapeur qui l'y avait poussé, on fait ainsi le vide dans toute la capacité qu'il vient de parcourir, et l'atmosphère le force alors à descendre. La condensation, disait Papin, doit être opérée par le froid; c'est aussi par le froid que Newcomen^
sas
NEWCOiMElN
John Cawley, vitrier ( a glazier) et le capitaine Sayery, tous trois associés, se débarrassent de la Tapeur qui contrebalancerait la pression atmosphérique. Entre plusieurs dijférentes constructions qu'on peut imaginer pour cela ( ce sont les propres expressions du mécanicien blésuis), les mécaniciens anglais en adoptèrent une, assurément préférable de beaucoup dans une machine en grand à celle que Papin avait lui-même employée dans les expériences faites avec son petit modèle. Au lieu d*enlever le feu , comme le pratiquait simplement celui-ci , Newcomen et ses associés faisaient couler une abondante quantité d'eau froide dans l'espace annulaire, compris entre les parois extérieures du •corps de pompe et un second cylindre un peu plus grand qui lui servait d'enveloppe. Le refroidissement se communiquait ainsi peu À peu à toute l'épaisseur du métal , et bientôt atteignait la vapeur elle-même. Ainsi modifiée quant à la manière de refroidir la vapeur aqueuse , la machine de Papin prit en Angleterre le nom de machine de Aewcomen , et excitant au plus haut degré l'attention des propriétaires de mines de Cornouaillefi, elle sembla, dès le début, fournir une solution inespérée d'un problème dont la difficulté était particulièrement démontrée par les tentatives infructueuses faites jusqu'alors par le capitaine Savery. Newcomen et Cawley sollicitèrent une patente ; mais Savery s'opposa à ce qu'elle leur fût délivrée, en vertu d'un privilège exclusif dont il (tait déjà en possession, et concernant le moyen de produire le vide par le refroidissement de la vapeur. Comme quaker, Newcomen répugnait à toute cx)ntestation judiciaire; aussi pour éviter tout ce qui ix>uvait lentrainer dans un procès, il consentit à ce que la patente fût, en 1705, prise au nom et au profit des trois compétiteurs, qui s'attribuèrent ainsi , dans le projet emprunté à Papin , Newcomen et Cawley, l'idée de la machine à vapeur à piston , et Savery, celle de la condensation. Dans les arts comme dans les sciences, dit Arago, le dernier venu est censé avoir eu connaissance des travaux de ses devanciers; toute déclaration négative à cet égard est sans valeur. La publication des Mémoires que Papin a écrits sur la machine atmosphérique étant de beaucoup antérieure aux patentes de Newcomen et de Savery, on ne peut avoir aucun motif de rechercher si la machine anglaise est ou n^est pas une copie : dans la règle, elle est une copie, puisqu'elle ressemble à la machine de Papin et qu'elle est venue après ; mais on sait de plus , dans ce cas particulier, que les projets du physicien français étaient connus de Newcomen , qui , ainsi qu'il résulte de diverses notes trouvées dans les papiers de R. Hooke, avait plusieurs fois consulté ce savant, avant de se livrer à ses estais. Et alors, dans les confidences de l'intimité, c était bien la machine française que Newcomen voulait exécuter. Au commencement du dix-
huitième siècle, l'art de eonstmire 4e gnoè corps de pompe parfaitement cylindriques, d celui d'ajuster dans leur intérieur des pistoi> mobiles qui les fermassent hermétiqueiBat. étaient presque encore dans l'enfaDce. Aosà dans la machine établie en 1705 parNewcono. pour empêcher la vapeur de s'échapper par le^ interstices compris entre U surface du nliidre et les bords du piston, ce piston était-il roos* tarament couvert ik sa surface supérieure d'ant couche d'eau qui pénétrait dans tous les fîH^ft les remplissait. Un jour qu'une machioedeci genre fonctionnait soos les yeux des constnt leurs anglais , ce fat avec une surprise eitr^c qu'ils virent le piston descendre plosieors foisiic suite, beaucoup plus rapidement que de coutume. Cette vitesse leur parut d'autant pi& étrange que le refroidissement produit par 1^ courant d'eau froide qui descendait extéri«ai^ ment le long de la surface du corps de poope, n'avait amené jusque-là qu'assex lentemeot:i condensation de la vapeur intérieure. Après w rification, il fut constaté que ce jtur-là |e pli^ nomène s'opérait d'une tout autre manière :lr piston se trouvant accidentellement percé dœ petit trou, l'eau froide, qui le recouvrait tomhit, dans Vintérieur mémsdu cylindre par ^wf- (elettes, à travers la vapeur, ]a refrovJiisailf et dès lors la condensait plus rapidement. D^ puis cette époque , on a muni les machifl«»l' mosphériques d'une ouverture en pompe d arrosoir, c'est de là que part la pluie d'eau fr»» qui se répand dans la capacité du cylindre, dj condense la vapeur au moment où le pisloo m descendre. Le refroidissement extérieur se twuw ainsi supprimé, et les va-et-vient soolbeaocoop plus prompts. Cette importante amélioralioora'. comme tant d'autres , le résultat d'un heario^ hasard ; il est toutefois rcgretlable de »« jj** voir point désigner celui des trois a.«sûci« (m l'esprit inventif vit sur-lechamp àsai un w. aussi fortuit le principe d'un V^*^^^^^ ment qu'on retrouve encore dans les macnro d'aujourd'hui; mais la tradition ncnoosa «^ appris à cet égard. Elle est ^^^^'^^^^^ le Heu et la date précise de la vaoriôeVf^^cm Quoi qu'il en soit, a est varfaitcraen' P™*^, que Papin est le preiniej qoi ait ^rnb.^^^ 1690 dans une même maclunea leo « * ' ^^ la force élastique de la vapeur «^<^/*P^,r;e dont cette vapeur jouit de se V^f^rL vu froid , et que Newcomen et ses ^^^^^ ,„e. les premiers en 1705 seulement ^^'^^^^r ner une précipiUtion prompte de » J^^ aqueuse. U fallait que l'eau ^'»"^^j j, ,8^^^^ pandit sous forme de gonttclettes cm .^
même de cette vapeur. Les ^^^^^^^stx^ dont plusieurs savants ^r^^^^!^ -^^iic^^ réserve les opinions, sont loin d aj^ ^^ ^,^^^ occasion des recherches particuWi^ ^^j, consulté les sources originale*, et i ^pjéj«^ mer avec certitude qu'entraînés par
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national, ils n*oDt point tenu compte des écrits de Saiomon de Caux ni peut-ôtre même de ceux de Papin. À chacun selon ses œuvres, H. Fisovet.
AraRo, jinnuaire det longit.t aoo. 18S7. — Papin, il0cueil de diverses pièces touchant guettes nouvelles nui' rhines ; Cassel, 169S. in-lt. - John Roblson, A system o/ fnechanieal PhUosophy, t. Il, p. M et M. — R. Sluart, Hist, deseripUvé cU la machine à vapeur ;i8t7, l vol.
KEWDIGATB {&iv Roger)j antiquaire anglais, né le 30 mai 1719, àArbury(comtéde Warwick), mort le 2ô novembre 1806, dao^ le môme lieu. Élu député en 1742 par le comté de Middlesex, il représenta, de 1751 à 1780, Tuniversité d'Oxford à la chambre des communes. Joignant à une érudition étendue le goût des arts du dessin, il fit plusieurs voyages en Italie , et en rapporta un grand nombre de monuments antiques , de statues et de tableaux. Ck>ntrairement à Topi- Dion exposée par Whittaker sur l'itinéraire d'Annibal, il prétendit que le héros carthaginois, après avoir quitté Lyon , avait remonté le Rhi^ne jusqii^à Seyssel, tAiversé le grand Saint-Bernard et débouché dans la vallée d'Asti. II dota l'uni- •versilé d^Oxford de livres rares et d'objets d'art, et y fonda différents prix. K.
CentlemaiCs Magazine, LXXVII.
* NEWBIAN (/oAn-/fenr2^), théologien anglais, né le 21 février 1801, à Londres. Sa mère appartenait à une famille de protestants réfugiés en Angleterre après la révocation de Tédit de Nantes. Son père, associé dans une maison de banque, lit de mauvaises affaires en 1815, déposa son bilan, et paya intégralement tous ses créanciers. Après avoir achevé ses études à l'université d'Oxford, le jeune Mcwman obtint au concours une place d'agrégé au collège d'Oriel <1822), et reçut les ordres (1824). A cette époque l'archevêque de Dublin Whately le prit en affection, lui confia quelques travaux et le fit attacher à la rédaction de ï Encyclopxdïa métropolitana. Il remplit à Oxford d'autres fonctions, telles que celtes de gouverneur particulier, d'examinateur public et de prédicateur; appelé en 1828 à la cure de Sainte-Marie, qu'il occupa jusqu'en 1843, il acquit par ses sermons t>eaucoup d'influence sur les étudiants, et commença de jeter les bases de ce système religieux auquel le docteur Pusey, son maître, devait attacher son nom. Ce qu'on a appelé « le mouvement «l'Oxford » débuta en juin 1833 par un sermon de M. Keble, imprimé sous le titre de National apostacy. Quelques mois auparavant avait paru la publication périodique des Oxford Tracts ^ qui causa une si profonde sensation en Angleterre. MM. Ncwman, Pusey, Keble, William, Falmer, Perceval et autres, qui la rédigeaient, s'étaient d'abord déclarés les champions de la haute Église et du droit exclusif qu'elle avait à la direction spirituelle du peuple; peu à peu , et à mesure qu'ils s'écartaient des principes de la réforme, on les vit se rapprocher de la foi romaine. Quant à Ncwir.au, un des plus fougueux
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dissidents, il n'y eut plus de doute sur la sincérité de ses opinions religieuses lorsqu'il eut mis au jour The Arians of the iF** century (1834), sorte de manifeste de la secte nouvelle. Ce fut lui qui en 1841 ferma la série des Oxford Tracts par une brochure, la quatre-vingt-dixième, oîi il s'efforça de prouver qu'un ecclésiastique anglais pouvait souscrire aux trente-neuf articles de la constitution du clergé sans cesser d'appartenir à la religion catholique. Les chefs de l'université s'émurent d'une proposition si hétérodoxe; l'évêque d'Oxford intervint, et M. Newman encourut une censure publique. Il abandonna alors l'université, et se retira avec quelques disciples dans un village voisin, où il mena pendant plusieurs mois la vie d'un reclus. En 1845 il se rendit à Rome, et abjura en présence du pape. £n 1848 il repassa en Angleterre, et après avoir dirigé à Birmingham une association religieuse qui se rattachait à la congrégation de Saint-Philippe Neri, il devint en 1862 recteur de l'université catholique, dont la création venait d'être autorisée à Dublin. L'année précédente il avait, dans ses Lectures on calholicism in England^ attaqué d'une façon peu mesurée un prêtre romain, G. Achilli, qui s'était 'converti à l'anglicanisme, et s'était vu condamner pour diffamation à une amende de 100 liv. st. (2,500 fr.); l'amende et les frais du procès , qui avait eu un grand retentissement parmi les catholiques, furent payés (lar des souscriptions publiques, recueillies jusque sur le continent. Outre Ich ouvrages cités, on a encore de M. Newman : Letters on certain di/ficulties ; 1850; — DJ5courses addressed to mixed congrégations, 1850, in-S"*; trad. en français par un des rédacteurs de V Univers (2"édit. ; Paris, 1853, in-8»). ^NBWMAlf {Francis- William), théologien protestant, frère du précédent, né en 1805, k Londres. Après avoir fait ses humanités au collège d'Ealing, il entra à l'université d'Oxford, et y obtint en 1826 le rang d'agrégé. De 1830 à 1833 il voyagea en Orient, fut attaché au collège de Bristol (1834) et à celui de Manchester (1840), et devint en 1846 professeur de langue et de littérature latines à l'université de Londres. Un moment entraîné par l'exemple de son frère, il n'a pas tardé à prendre une voie opposée , et tout en combattant la suprématie de la haute Église, il s'est rangé parmi les défenseurs les plus fermes et les plus éclairés des principes de la réforme. Il a écrit de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous citerons : The soûl , ils sorrows and aspirations ; Londre.% 1841; plus, édit. ; — Catholic union : essays towards a Churchof the future and the organisation of philanthropy; ibid., 1844;— A staie Church not defensible; 1846; — it history oflhe Hebrew monarchy from the administration oj Samuel to the Babylonish captivity ; 1847; 2* édit., 1853, in-8' ; — Four lectures on the con trusts 0/ ancient and modem history;
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1847; — An appeal to ihe middle classes on the urgent necessity of numerous radical reforms, financial and organic; 1848; — Phases of/aith, or passages from the history Vf my creed; 1850; — A collection of poetry for the practice of elocution; 1850; — The Crimes of ihe house of Hapsburg against ils own liège subjects; 1851 ; — Lectures on political economy; 1851; — Régal Rome^ an introduction to Roman history; Londres, 1852, in-8*»; — The odes of Horace ; ibid., 1853; — The Iliad of Homer ; ibid., 1856 : ces deux traductions sont en vers blancs. M. Francis Ncwman a fourni des articles aux Westminster Eclectic et Prospective Reviews , et il a édité en 1843 une version anglaise des English uni' versities d'Huber, et en 1853 les Select sketehes of Kossuth,
Men of the nmê. - Cyelop. of Englith lUerature
Wiogr. ).
REWSKi (Saint Alex,). Voy, Alexandre.
NEWTON {Thomas), littérateur anglais, mort en 1607, dans le comté d'Essex. Il eut pour premier maître Brovniswerd , un des bons latinistes du temps, et fréquenta les universités d*Oxford et de Cambridge. Après avoir reçu les ordres, il obtint, par la protection du comte d'Essex, la direction du collège de Macclesfîeld , et en 1583 la cure de Little llford, oii il passa le reste de sa vie, entre les triples fonctions de pasteur, de médecin et de maître d'école. On a de lui : A notable history of ihe Saracens , drawn oui of Aug. Curio, in III books; Londres, 1575, in-4**; — Approved médianes and cordial precepts ; ibid:, 1580, in-8»; — Illustrium aliquot Anglorum encomia; ibid..
1589, in-4% h la suite des Encomia de Leiand; ~ Àtropoion Delion, or the death of Délia; ibid., 1603, in-4°, élégie sur la mort de la reine Elisabeth; — A pleasant new history, or a fragrant posy made of three flowers, Rose, Rosalynd and Rosemary; ibid., 1604. Il est aussi l'auteur de plusieurs traductions, telles que Direction for the health of magistrales and students (Londres, 1554, in-12), de Gratarolus, Touchstone of complexions (ibid., 1581, in-8'), de Lemnius, et Thebais (1581) de Sénèque, etc., et Pulteney lui attribue un Herbal to the Bible, imprimé en 1587, in-»*". K.
Wood. Mherue Oxon., I. -^ Warton, HUt. of poetry. — Lysons, Environit IV. — Patteney, Skttche$.
NBWTON (John), matbématicien anglais , né en 1622, à Oundie (comté de Northampton), mort le 25 décembre 1678, à Ross. Il prit ses grades à Oxford, et reçut en 1661, avec le titre de chapelain du roi, la cure de Ross. Il s'appliqua avec succès à rétade des sciences, et a laissé plusieurs ouvrages d'une atilité pratique; nous citerons de lui : Astronomia britannica; Londres, 1656, in-4*'; — Help to calculation, with tables of declination, ascension, etc.; ibid., 1657, in-4'*; — Trigonometria briian'
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nica, in II books; ibid., 1658, \^U.;> deuxième livre est traduit du latio d*H«flri G' librand; — Geometrical trigoncmetry ; ic:>!i — Mathematical éléments; 1660, in-4': - À perpétuai diary or almanat;\Wl]-^h Rule ofinterests ; 1668, in-8o ; — Art o/f.r:tical gauging; 1669; ^ The art ofnainr. arithmetic; 1671. in-8«;— The English ok demy; 1677, in-8"»; — Introduction toyy graphy; 1678, in-8*. K-
Wood, Mhena Oxon^ II. — Martin , Bioç.piU.
NBWTON (Isaac), Vnn des plus granlur nies scientifiques de rhumanité , naquit à Woo)»thorpe, petit village du comté de Liaooln, I 25 décembre (jour de Noël) 1642, l'année nrfi» de la mort de Galilée, et mourut le 20 iw^ 1727, à Londres. Comme Kepler et Voltaire, l vint au monde avec un corps extrénifiKïdébile. Son père était fermier; sa mère, i£^ Ayscough, devenue veuve peu de mois aprtïK''premier mariage, se remaria avec Bâniâl)i> Smith, recteur de Northwilham. L'eofMt'tnait d'entrer dans sa quatrième année; ii^ confié aux soins de sa grand'-mère, qoi Im^apprendre la lecture, l'écriture et le calcul a» écoles primaires de Skillington et Stoke, àm hameaux voisins de TVoolsthorpe. A l¥ '^ douze ans» fut envoyé àrécole publique deGrffl tham et logé chez Clark, apothicaire derenlnHi Newton aimait à raconter Ini-môme qn'il »«i été d'abord très-inattenlîf et l'on d» den«î> élèves de sa classe. Au lieu d'aimer la soarfeu-^ ses camarades, il s'amusait à de petitiJ ouTn«> de mécanique, parmi lesquels on cite noeespwp de clepshydre et un moulin à vent. A dtfaot»^ vent, le moulin était mis en moufcrnentpar "^ souris-meunier, ainsi appelée parce qoe ce («' rongeur prélevait, pour sa consommai»"»" partie de la farine qu'il produisait. Pen^"'*» séjour à Grantham, le jeune IsaaeiiiT«i»*^jj un char que la personne qui y était •^s*'" .^ elle-même mouvoir. On rapporte ««»^JJ^ pour faire peur la nuit aux gens de l>«^^ il attachait des lanternes en papier à la q««
cerfs- volants. Les murs de sa P«tit« "'JJ",^^ étaitcouvertsdedcsslnsetdepeîntaresdeio"
sortes, faits d'après son imagination ooojp nature. OnVite aussi de l'écoKer de Grw^^. plusieurs essais de poésie, qui sont aii;w ^^ avidement recherchés par les *maw^ .^ ^ fuyait les jeux bruyants de 8<» .<*"^'^nD^ plaisait dans la compagnie des )**"?? v^'on? qui demeuraient aussi chezmaftreCi* • ^ d'elles, M»e Storay, paraissait •«« ^^^ J,b an véritable atlacliement. Elle se n»rw, ^^ suite, deux fois, et s'appelait, fT^, M«c Vincent. Newton, au faîte ^^^^^.^ ne manquait jamais de la visiter dan» s» ^ -^^ au pays natal, et la tira, dit-on, elK « mille, plus d'une fois d'embarras peetw* ^ Le jeune Isaac fut destiné par » J^'d* i» venue veuve en 1656, à gérer les ow»^
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ferme deWool8thorpe,où elle s'était retirée ayec trois enfants de son second mariage. Les samedis elle l'enToyait an marché de Grantham , en compagnie d*un vieax ser? iteur ; mais, pendant qae son mentor était occupé à débattre le prix de ses produits agricoles, Tapprenti fermier allait étudier derrière une haie. Au lieu de garder les troupeaux, il* laissait vaches et brebis courir à l'aventure, lisant, sous un arbre, les Tieux lÎTres quMI avait eftjpruntés à l'apothicaire. Voyant combien il était impropre à Tétat d'agronome, sa mère le renvoya à l'école de Grantham, d'où il passa, en juin 1661, au collège de Kl Trinité à Cambridge (1). Les premiers ouvrages qu'il parait y avoir étudiés à fond sont (a Logique de Sanderson et VOpUque de Kepler, .bientôt le désir de se familiariser avec l'astroloi^ie lui fit aborder l'étude des mathématiques. Il se procura donc un Euclide en anglais ; mais les Uiéorèmes de cet auteur lui semblaient si évidents qu'il s'étonnait qn'op eût pu songer seulement à les démontrer (2). « On pourrait, remarque ici Vontenclle, appliquer à Newton ce que Lucain a dit duNii» dont les anciens ne connaissaient point la source, qu^il n'a pas été permis aux hommes de voir le Nil faible et naissant. » D'Ëuclide, il passa à la géométrie de Descartes, qui l'initia à l'analyse : il comprit bientôt Timportance qu'il y avait à saisir le rapport des équations algébriques avec les lieux géométriques. Cependant il se montra plus tard souvent injuste envers son ;;rand initiateur (3). Vers la même époque (1663 4!t 1664 ), il étudia Viète , Scbooten et Wallis ( De arithmetica injinitorum) , dont il faisait des extraits, et il découvrit, s'il faut l'en croire lurraème (4), la méthode des séries manies. En janvier 1665, il obtint le degré de bachelier es arts, et avant le 8 août de la même année il quitta, pour se soustraire aux ravages d'une épidémie, l'université de Cambridge, où il ne revint qu'en automne de l'année suivante. C'est dans cette année de 1606 que Ton place l'histoire de
;i) Foif.t pour la fixation de c«Ue date, qui avait Jusqu'ici présenté quelque Incertitude, la l« édlt. (18«0) de Brewster, Memoirt €tf life, etc., o/ Newton, tom. I, p. IB et IS.
(2) M. Biot semble ré^MlUer ce fait \k en dontiT. « Qn'après avotr étudié, dlt-lI. les premières proposlUons d*Euclidè, Newton ait successivement cherché et irouTé la démonstration des autres par lui-même, plutôt qpe de «'eofoncrr dans une lecture st excessivement pénible par les formes dont elle est hérissée , vollA ce qui peut se comprendre ; et surtout, s'il avait déjà pria connaissance des mêmes proposUfons pour ses'^Jeux d'enfant, dans quelque livre vulgaire, on concorrt mieux encore qa'il ait Jii^é tnntUe de perdre aon temps à en chercher de nouvelles preuves dans une auial fatigante lecture. Gela expliquerait très-naCurellement le regret qu'il témoigna plus tard de ne s'être pas assez arrêté i la géométrie des anciens. > ( Mélangea tefenUftquet et lUtérairet, t I, p. Mt.)
(t) Ainsi, par exemple, dans son Optique, Il attribue la découvertedela vraie théorie de Parc en ciel à Antoine de Domlnls , tandis que te mérité }tn revient tout entier i Descartes. ( f oy. Blot, Mélamies, p. tt*. )
(I) IVaprèi une noté signée Is. Newton, et qui porte la date dn k jalllet 16M. (Bfcwater, Memoirs, etc., p. to.)
la pomme qui aurait suggéré à Nevrton la première idée des lois de la gravitation (l). Après son retour k Cambridge, il prit successivement les antres grades universitaires et reçut, en 1669, la chaire de mathématiques, dont Barrow s^étoit démis pour se livrer exclusivement à la théologie. Pendant vingt-six ans il remplit avec un zèle extrême ses fonctions de professeur : on assure que de 1669 à 1695 il ne s'absenta jamais de Cambridge plus d'un mois par an, à l'époque des vacances. Le 11 janvier 1672 (vieux style) il fut élu membre de la Société royale de Londres, sur la proposition de Sethivard, évéque de Salisbury. Newton .n'avait guère alors d'antre titre à cette distinction que le télescope qui porte son nom : les découvertes qui devaient l'illustrer n'existaient encore qu'en germe; bien que dès cette époque elles fussent déjà écloses peutêtre dans sa tête, elles devaient être pour le public comme non avenues, et par conséquent n'être d'aucun poids clans une contestation de priorité. En pareille matière, les seules pièces de conviction, ce sont les écrits imprimés, portant une date certaine.
Les recherches que Newton avait entreprises sur la lumière suscitèrent de vives discussions, auxquelles prirent surtout part Hooke et Huygens. Ce fut au milieu de ces discussions qu'il écrivit, le 8 mars 1673, à Oldenburg, secrétaire de la Société royale, pour offrir sa démission. Cette démission non-seulement ne fut pas acceptée, mais il fut exempté de la cotisation hebdoiûadaire, exigée de tous les' membres de la société. Le 27 avril 1675, il obtint aussi du roi les dispenses nécessaires pour continuer à rester aggrégé au collège de la Trinité san.<i entrer dans les ordres. Quelques années après, un événement imprévu le jeta dans le» affaires politiques. Le roi Jacques II avait ordonné au conseil de Tuntversité de Cambridge de conférer au père Francis, moine bénédictin, la maîtrise es arts, sans l'astreindre au serment d'allégeance et de siiprér maUe. L'université refusa, bien que dans d'autres occasions elle eût donné ce titre même à des musulmans, entre autres, k l'ambassadeur du Maroc. Mais il s'agissait ici d'un sujet du pape, et l'on sait quel rôle a jpué l'intolérance de religion dans l'histoire de l'Angleterre. L'affaire fut portée devant la cour du roi; Newton était au nombre des députés de l'université qui devaient se rendre à Londres pour y plaider leur cause. Ils y déployèrent tant d'ardeor, que le président Jefîfrys leva la séancç en les renvoyant brusquement sans prononcer d'arrêt. Pouf leur témoigner ooute sa reconnaissance, le corps de l'université élut le plus illustre d'entre eux, Newton, membre du parlement de 1689, qui prochnna
(1) Cette histoire est sans doute nue pare llc|ipn; car elle n'est rapportée ni par Pemberton, nf par Wniiton, auxquels Newton raconta lol-méme par qnel encbafoement d'idées 11 était arrivé i la condai«5sf)ce des lob de la gravitation. Bile fut rapportée à Voltaire par Citberlne Barton, oMTce de Newton.
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la vacance du trône, et prépara Tavéncinent de Guillaume. Mais le savant se trouva complètement désorienté dans cette nouvelle carrière. 11 resta comme étranger aux débats de la chambre des communes , et ne prit, dit-on, la parole qu'une seule fois, et ce fut pour inviter Tliuissier à fermer ime fenêtre d'où venait un courant d'air, capable d'enrhumer l'orateur qui occupait la trihune. Après la dissolution du parlement, en février 1690, Newton reprit le cours de ses travaux favoris. Vers la même époque il perdit sa mère, et dè^ l'automne de 1692 sa santé commençait à s'altérer. Le manque d'appétit et Tinsomnin, dont il se plaignait depuis près d'un an, avaient diminué ses forces. Un accident fâcheux vint mettre le comble aux troubles d'une constitution affaiblie. Cet accident , passé jusqu'alors sous silence par les biographes de Newton, a été pour la première fois rapporté par M. Biot. Ce savant avait été frappé de voir qtie depuis l'âge de quarante-cinq ans Newton n'iivaii plus donné de travail nouveau sur aucune partie des sciences ; il en cherchait vainement la cause, lorsqu'il reçut d'un physicien hollandais, Van-Swinden, la note suivante :
« On trouve dans Icâ manuscrits du célèbre Huygens un petit in-folio, qui fait une espt^ce de journal, dans lequel Huygens avait coutume de noter dlfférrtites choses; il est coté n" 8, dans le catiloi^ue de la bibliothèque de Leyde, p. 112. Voici ce que j'y ai trouvé écrit de la propre main d'Hiiygen», qui m'est parfaitement connue par le nombre de ses manuscrits et de ses lettres autofçraphrs (lue j'ai eu occasion de lire. « Le 29 mai 4 6<M, M. Colm, Écossais, m'a raconté que rillustre géomètre Is. Newton est tombé, il y a dix-huit mois, en déii>ence (in phrenesin), soit par suite d'un excès (le travail, soit par la douleur qu'il eut de voir son laboratoire chimique et quelques manuscrits consumés par un incendie (4). S'étant, à la suite de cet accident, présenté chez l'archevêque de CambridRc, et ayant tenu des discours qui indiquaient Paliénation de son esprit, ses amis se sont emparés de lui, ont entrepris sa cure, et l'ayant tenu enfermé dans son appartement, lut ont administré, bon gré mal gré, des remède» qui lui ont fait recouvrer la santé, de sorte qu'il recommence déjà à comprendre son livre des Principes, • — Huygens, ajoute Van-Swinden, donna connaissance de ceci à Leibniz, dans une lettre datée du 8 juin suivant ; à quoi Leibniz répondit, en date du 23 : < Je suis bien aise d'apprendre la guérisbn de M. Newton en même temps que sa maladie, qui était sans doute des plus fâcheuses; c'est à des gens comme vous et lui, Monsieur, que je souluûte une longue vie (2). ■
(1) On raconte qn'allant un soir à la chapelle poar faire ses rtévotions. Newton laissa par mégarde un* bongte allnmép Ror ie bureau de son cabinet. Pendant son ab>aence. niamant, koo chien favori, renversa la bougje, qtv. incttaut iereu h des papiers, causa rinccndie en qnes< tien. M Ah, Diamant, tu ne lonpçonnes pas le mal. que tu iiran fait », se serait-il cootqnté de dire à son retoar. Mal» OD «'accorde à croire qu'il en fut si pénibletnrnt affecté, que son iotelUgence en reçut un profonde atteinte.
(S) Ces passages, rapportés par M. Mot { Mélangea, 1. 1,
La révélation de ce fait, bien naturel, fatassa mal acueillie en Angleterre, et particulièrnnnt par M. Brewster, et cela surtout parce qQ<i avait insinué que r/étaient les travioi tbèoiogiqnes qui avaient marqué lecoromeDceinailiie l'éclipse du génie de Newton. L'e&aroen iropirtial des pieuses qu*on a publiées pour déroontrrr que l'illustre Anglais avait conservé rintcçrik de ses facultés mentales, prouve tout le contraire, comme Ta fait ressortir M. Biot. Panei ces pièces on remarque surtout la lettre (p:D adressa, le 16 septembre 1693, à son ami Locke:
■ Ayant cm. Monsieur, que vous vouliet mV» brouiller avec des femmes {embroil me «itk women ) , et par d'autres moyens, j'en fus teUeroest affecté que, lorsqu'on vint me dire que vooséùn malade ou en grand danger, je répondis que ce serait tant mieux que vous fussiez mort. Je désirpqoe vous puissiez oublier ce vœu peu cbaritable; cjr je suis convaincu maintenant que ce que yoos 3^ fait est juste; je vous demande pardon d'avoir et à votre égard de si dures pensées et de vous avoir présenté comme déviant des voies de la morale dans votre livre sur les idées, et dans l'ouvrage <j« vous vous proposez de publier : je vous avais prs pour un hobbiste. Je vous demande également pardon pour avoir dit ou pensé qu'il s'agissait de ox vendre un emploi ou de m*embrouiIler {iomiroil me). Je suis votre très-humble et infortoné fernteur. Isaac Newton. >
Le célèbre philosophe dut être bteii surpris <!» la réception de cette étrange missive. Lode r répondit, le 5 octobre, du fond de sa retraite à Oates, en Essex. Sa réponse est empreinte et tous les bons sentiments qne pouvait faire naître rindice évident d'une si triste sitoatioD. Newtoi lui écrivit de nouveau, le 15 du roênac Dwis, I» lignes suivantes : « Monsieur, l'hiver dernier, <^ donnant trop souvent près de mon feu, j'ai liai l>ar déranger mes habitudes de sommeil; et une maladie qui. Tété dernier, a été é^àénvftt, a porté ce dérangement si loin que lorsqoejcrons écrivais, je n'avais pas dormi une heure la d«J depuis une quinzaine, et pas une seconde (iepo*^ cinq jours (1). Je me souviens que je tous»
p. 166). ont été reproduits par Uylenbrak, r*lile»^ la Correspondence de if ujrgens et LeibnU.
(1) Il est à remarquer que vers la même époqo«,«^ une If tire adressée (le IS septembre 1«W). * W ... crétalre de i*aiDiraut6, Nevrton se plaignait ''^'""r^ Indisposition. Voici ctttc lettre .• t MoBSlenr. JJ«^ temps après que M. MUtmgton m'eut reœii '**""''*i„ il me pressa d'aller vous voir dans mon P'^^^^Jj^ à I^mdres. J'y répugnais ; mais, «or se* "^*î?ir conseotlA, avant d'avoir réfléclil à ce qne J«J*'*7,.' Je suis exlréroent iroublé (ertremelt ^">^\Jueo broulllementi embroMmenf} où 1* *"•• = î* ■il, «spril dormi ni bien mange depuis dou&e •''®'* ** ^-d;. n'est pas dans sa première assiette (^^^^^^^ tencv 0/ m<n<f ). Je n'ai JamaU eu ''*»*''""**. "'^f,^ obtenir par votre influence, ni par la '«"■"'VJL<ie qoes; mais Je sens que Je dois aujourd'hui ■« '**^^ votre société, et de ne Jamais plu* ^^^ °"*^"1, %cm» antre de mes amis, si toutefois Je P«'» " j,^ rer sans bruit {\f l nusy but Uavt <**f *,"'?"J; demande - -'--- •
core,
serviteur.
Biot, Mélangu, 1. 1, p, slS).
Cl» antre de mes amis, si toutefois Je P«'» "'J,^ sans bruit {\f l nusy but Uavt themq»u*^i* «Dde pardon d'avoir dit qoc Je ▼<>»**"'* IÎJ^Sm»! S et Je demeure votre Irés-bumfaïe rt^"*; ,jTi; iteur. Is. Newton-, m ( Brewsler, Mtwwn» t". v
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écrit; niais pour ce qae j'ai dit de votre livre, je ne me âouviens point Si vous vouUer avoir la lM>nté de m'envoyer one copie de ce passage , je vouD l'expliquerai si je puis. Je suis votre trèshumble serviteur. Is. Newton. »
Qu'y a*tril d'étonnant que le génie ait ses édipseâ? N'a-t-on pas essayé d^établir, dans un livre réicent, que le génie est lui-même une maladie, une uévrose?
Pendant qu'il siégeait à la chambre des com< inunesy Newton s'était lié d'une étroite amitié avec un de ses anciens élèves , Charles Montagne. Ce jeune seigneur, plus tard connu sous le nom de lord Halifax, devint, en 1694, chancelier de l'échiquier. Un de ses premiers actes fut de nommer son illustre maître contrôleur de la Monnaie, et en 169911 lui donna la place de directeur de la Monnaie ( mas ter and worker of ike Mini), aux appointements de plus de 30,000 francs par an. Ce fut alors qu'il se démit de sa chaire à l'université de Cambridge, et désigna l^histon pour son suppléant; ce dernier le remplaça définitivement en 1702. Newton, dans sa nouvelle charge, assez lucrative, rendit des services importants par la refonte des monnaies, ainsi que par une évaluation plus exacte de la monnaie étrangère, comparée à la monnaie anglaise (1).
Dans la même année où il reçut la direction de la Monnaie, il fut compris parmi les premiers huit associés étrangers que , par un nouveau règlement , l'Académie des science» de Paris pouvait s'adjoindre. £n 1701, il représenta une seconde (ois l'université de Cambridge à la chambre des communes ; mais il y joua encore un rôle insignifiant. Le 30 novembre 1703, il fut élu président de la Société royale, et cet honneur lui fut annuellement renouvelé jusqu'à la fm de sa vie, c'est-à-dire pendant vingt-cinq ans consécutifs. Enfin, en 1705, il reçut de la reine Anne le titre de baronnet. Tous ces honneurs n'ajoutaient rien à la gloire de Newton : ils ne pouvaient que flatter son amour-propre , et, ({uoi qu'en disent certains biographes, il fut loin d'en avoir été exempt.
Newton avait si bien la conscience de sa valeur, qu'il lui arrivait plus d'une fois de traiter les autres avec injustice et dédain. « Hooke n'a rien fait, dit-il, dans une de ses lettres à Hal- Icy ; et cependant il s'est exprimé comme s'il savait tout et qu'il eût tout approfondi, excepté ce qui exige l'ennuyeux tracas des observations et des calculs. » Dans plus d'une occasion Newton s'est bien gardé de mettre en lumière tout ce qu'il devait k Kepler, à Descartes et même à Hiiyi^ens, qui avait certainement à se plaindre de lui. Quant à ses discussions de
(t) Un certain William Chaloner aralc dénoncé an parlement plusieurs abus qui auraient été commis & Tbôtel de la Monnaie. Cette dénonciatlun proToqua de vifs débatx^ qui firent tomber les accusations qu'on arait cin- ▼ées contre Newton, f'oy.àce sujet Brcwstcr, Memoirs, t. Il, p. lU et SUIT.
priorité avec Leibniz, au sujet de la découverte du calcul différentiel , elles font tache «lans la vie du grand philosophe anglais. Nommer un comité Chargé d'instruire le procès ( par la publication du Commercium epùttolicum) (1), sans que le principal intéressé (Leibniz), celui qu'on mettait pour ainsi dire sur la sellette , eût été appelé pour en contrôler les pièces, reconnaître implicitement, dans une édition du livre des Principes, les droits de Leibniz à l'invention de la méthode do calcul différentiel, puis effacer ce passage dans une édition postérieure, enfin faire paraître presque iroinédiatement après la mort de son adversaire une nouvelle édition étrangement revue du fameux plaidoyer ICommercium epistolicum) que Leibniz avait, de son vivant, rejeté comme inique à son égard, était-i:e là,, quelque tort qu'ait en Leibniz en présentant à la princesse de Galles le livre des Principes cOmme impie, était-ce là, nous le de- DMndons, agir loyalement? — 11 y aurait aussi à écrire sur les rapports de Newton avec Flamstcéd un long chapitre, qui ne serait pas à l'avantage du premier (2). Whiston, qui connaissait particulièrement Newton, en fait le portrait suivant : « Newton était, dit-il, du caractère le plus craintif, le plus cauteleux et le plus soupçonneux que j'aie jamais connu (3), et s'il eût été vivant quand j'écrivis contre sa chronologie, je n'eusse pas osé publier ma réfutation ; car, d'après, la connaissance que j'avais de ses habitudes , j'aurais dû craindre qu'il ne me Uvkt. » Un passage, emprunté aux mémoires de Flam<>teed, tendrait à confirmer ce jugement : n Newton m'a toujours paru, dit-il, insidieux, ambitieux, excessivement avide de louanges et supportant impatiemment la contradiction (4). « Newton était fort attaché au protestantisme tel qu'on le pratique en Angleterre, et il n'aimait pas les incrédules. Aussi, lorsque son ami Halley se permettait un jour devant lui quelques plaisanteries sur la religion, l'arrêta- t-il tout court par cette apostrophe : « J'ai approfondi ces choses-là mieux que vous. » Arago tenait de lord Brougham que pendant la guerre des Cévennes Newton voulait aller combattre , dans les rangs des Camisards, les <Iragons du maréchal de Villars, et qu'une circonstance for-
[i] Voy. Pla^bas, p. 874,
(1) ^oy. Biot, Mélanges, t. I.
(S) Pour montrer combien Newton était réservé et timide, Whiston rapporte le fait suivant ; Appelé, en 1714, devant un comité de la chambre des communes, ponr donner son avfs verbalement sur un blll relatif i la détermination des lon^tudes en mer, U le donna par écrit. Quelques membres da comité présentant des ol>* Jcctions, Il ne répondait pns un mot, lorsque Whiston, placé derrière lui, s'écria : « Monsieur Newton éproure quelque répugnance à faire connaître aon opinion, mala Je puis affirmer quMl est favorable an blll. » Newton rompit alors le silence, mais pour répéter ce que Whiston venait de dire, et le bill fut adopté. (Arago, J\foUeei btogr.,\. 111, p. MV.)
(V) roij. Biot, Mélanges, p. 73, et Arago, Notice sut Seictou, 1. 111, des JVotiees biogr,, p. t35.
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toile l'empéclia de donner suite à ce projet. H Comment, ajoute Arago, le timide Newton se fût-il conduit sur le champ de bataille, lut qui, de crainte de tomber, ne se promenait en voiture dans les rues de Londres que les bras étendus et les mains cramponnée» aux deux portières (1) ! i>
Fontenelle a donné sur les derniers moments de >'cwton des détails qu'il tenait de la famille même de Tiliuslre savant. « A partir de quatre^ vingts ans, Newton commença, dit-il, à être incommodé d'une incontinence d'urine; encore dans les cinq années suivantes qui précédèrent £a mort, eut-il de grands intervalle de santé, on d'un état tolérable qu'il se procurait par le régime et par des attentions dont il n'avait pas eu besoin jusque-là. Il fut obligé de se reposer de ses fonctions à la Monnaie sur M. Conduitt, qui avait épousé une de ses nièces (2)... M. Newton ne souffrit beaucoup que dans les derniers vjngt jours desavie.Onju^ea sûrement qu'il avait la pierre et qu'il n'en pouvait revenir. Dans des accès de douleur si violents que les gouttes de sueur lui en coulaient sur le visage, il ne poussa jamais un cri ni ne donna aucun signe d'impatience; et dès qu'il avait quelque moment de relâche, il souriait et parlait avec sa gaieté ordinaire. Jusque-là il avait toujours lu ou écrit plusieurs heures par jour. Il lut les gazelles le samedi 18 mars, au matin, et parla longtemps avec le docteur Mead, médecin célèbre. Il possédait parfaitement tous ses sens %t tout son esprit; mais le soir il perdit absolument connaissance, et ne la reprit plus, comme si les facultés de son &me n^avaient été sujettes qu'à s'éteindre totalement, et non pas à s'affaiblir. » Newton mourut à Kensington , le lundi suivant TLO mars, entre une et deux heures du matio, »ians sa quatre-vingt-cinquième année. Sou corps fut transporté de Kensington à Londres , exposé sur un lit de parade dans la chambre de Jérusalem, et enseveli à l'abbaye de Westminster, à gauche de rentrée du chœur. Les funérailles tétaient splendides : les cordons du poêle étaient tenus par le grand chancelier, par les ducs de Montrose et de Roxburgh, comme pairs d'Angle» terre, ei parles comtes de Pembroke, de Sussex et de Macclcsfield, comme membres de la Société royale. Michel Newton , neveu du grand homme, conduisait le deuil, et était accompagné d'un grand nombre de personnes distinguées. L'évêque de Rochester officiait, assisté de tout son clergé. Le doyen et le chapitre de Wesminster permirent qu'on lui construisit un monument dans la partie la plus apparente de l'abbaye, place d'honneur qui avait été souvent refusée à la plus haute noblesse. Ce monument fut rievé en 1731, aux frais des héritiers de Newton
(1) Jiotiees biographiques, t. UI, p. 335.
n) Ccst M. Coadultl qui avait transmis à FoutcncIIc les (îgcuinentJ» qtti ont servi à VÉtoçe de IVetvton par ce sccrélalrc perpétuel de l'Académie des sciences.
et du trésor public (1). Dans la même anoée ea frappa une médaille portant, cPun cùté la tète è Newton avec ces mots : Félix qui pottùtrerm cognoscere causas ; de l'autre, l'emblème dniuthématiques. £n 1 75â, on lui érigea devant la da. pelle du collège de la Trinité une statue en martre, œuvre de Roubillac, portant cette inscriptna ; Qui genus humanum super avU, Enfin, wa récemment, le 25 septembre 1868, oo iiiaogun en son honneur une statue coloasale en broazt dans Saint- Peters-Hili à Grantham. Lord Broogham prononça, à l'occasion de cette soieooik, l'Éloge de Newton. « Tacite, qui a reprodiéan Romains leur extrême indifférence poor tes grands hommes de leur nation, eût, dit Foctenelle, donné aux Anglais la louange toat o(y posée. En vain les Romains se seraient excosÀ sur ce que le grand mérite lenr était dereDu familier. Tacite leur eût répondu qoelegrail mérite n'était jamais commun, on niénie (^^ faudrait, s'il était possible, le rendre comioua par la gloire qui y serait attachée. »
Newton laissa en mourant environ 32,(f0o livres sterling (800,000 fr. ), que se part^ gèrent quatre neveux et quatre nièces. L'oae de ces nièces, célèbre par son esprit et sa beaoté, veuve du colonel Barton , avait épousé eo s^ coudes noces J. Ck>nduitt, qui succédas Newtfl dans la direction delà Monnaie. Elle avait ioipiré un vifatlacliement à lord Halifax, et oni|Dorece qui l'avait empéclié de ré|)0user. Voltaire, aT<« sa malignité ordinaire, s'était emparé de ce Tiil pour insinuer que « le calcul infinité&iiMl et h gravitation universelle furent une recommaoïblion moins sérieuse que la passion delordBtiifax dans la nomination de Newton à U pia^ de directeur de la Monnaie ». Quoi qu'il en «»'i ce lord laissa à sa mort une grande partie de ^ fortunée madame Conduitt.
Voici, d'après ses amis et biograpl«»' '^ poitrait de Newton. Il était d'une taille inoyeone. prenant de l'embonpoint dans les dernière* «J* années de sa vie. Il avait, selon M. CoDduin,
(lî Sur le fronton d'un sarcophage dre«s« «J Jf Jt destal sont sculptés, en bts-reliefs.des eiilants ^ ^ leurs mains les emblèmes dea prioclpaies ^^^''rZgn Newton. Sur le sarcophage même est P^"*^7ûb couchée du grand géoioètrv, accoudé sur ^^^ ^^ y Ut cette épltaphe :
Hic sUna est Isaacus Newton, eques aoralos Qui anlml vl» prope dlvina, Planetarum motus, figaras, Comctaruro semUas, Océanique «"»«• Sua œathesl facem prcfereote,
Prlrous demoMstravlL Radiorum Incts dlssIœlUtadliwS Colorumque Inde nascentlum P^P^^^^^^n.
Quas nemoantea velauspicataserat. p^^ • Nature, aotlqultatls S. Scrlptora;, Seduluf. sagax, fldus •"^^fP'*' ' «1:, Iiel Opt. Mat. ma]ostalém phUosopbw a** ^ Evangelll slmpllcitatem moribus «^^'^''.j'ijjje Slbl gralulentur mortalea taie tanlumquc o • Humant generU dccas. ^
Kalus XXV dcccmb. MDCXI H. O^U i* *»
MDCCXXVII.
NEWTON
l'oeil vif et perçant (1). la physionomie agréable, et ane belle clieyelure, toute blanche, coaTerte par une perruque. Sa tête, de grosseur moyenne, ne présentait aucune trace de calvitie ; il ne portait jamais de lunettes, et ne perdit qu'une seule dent pendant toute sa vie. Il parlait peu en société , et sa conversation n'avait aucun attrait. Il aimait beaucoup la tranquillité, et, comme tous les savants absorbés par leurs pensées , il était distrait. Ainsi, il lui arrivait souvent, après s'être levé le matin, de rester des heures entières assis au bord du lit, plongé dans ses méditations. Plus (l'une fois elles lui faisaient oublier ses heures de repas, et il fallait loi rappeler qu'il devait avoir besoin de prendre quelque aliment (2). Il était très-sobre, d'une mise simple , et n'avait aucune de ces habitudes dont riiomme ne se rend que trop souvent l'esclave. Quand on lui offrait du tabas, il refusait en disant qu'il ne voulait pas se créer des besoins. 91 avait des sentiments profondément religieux, et faisait de la Bible sa lecture favorite; il était {généreux et charitable, bien que la fortune qu'il hiissa montre qu'il ne s'était pas appauvri par ses aumônes (3). Enfin, il ne s'était jamais laarié, et peut-être n'eut-il pas , comme le remarque Fontenelie, le loisir d'y penser. On a <lit et répété que Newton mourut sans avoir jamais eu de rapprocliement avec aucune l'emme (4). C'est là sans doute une de ces hyperlx>les que les panégyristes se permettent souvent à l'égard de leurs » héros incomparables « (5).
(1 ) SaiTant l'éTéqne d*Alterbury | Bplstolary Corretpondencet vol. I, p. 180 ), Newton n'avait plus ce re> Kard perçant dans les vingt dernlérea aiinéea de sa vie : son œil était, aa contraire, laugalssant et terne.
(sj Brewtter, Memairs of the li/e, clc, o/ Newton , t. ir, p. SS6.
(3) Pendant aon séjonr à Londres, il mrnait un asaec grand train de maison : ii avait h son service trois domestiques mâles et autant de domestiques femelles* ( Brewster, Mémoires^ vol. II, p. 834. )
(») Suivant le baron Rtcbcrand, Newton derait être d'un tempérament non pas sangaln, mais mélancolique. M SI Newton, ajoute ce célèbre physiologiste, eût Ktc saugutn, Il ne fdt probablement pas mort vierge . comme on rassure , à quatre-vingts ans. » ( Nouveaux clément» de phifiiologie. L III, p. 408 (10« édit.).
(5) On a fait beaucoup de bruit d'une lettre d'amour [a love letter ) que Newton, à l'âge de soisante ans, aaralt adressée à lady Norris. qui venait de perdre son troisième mari. Voici les principaux passages de celte lettre : • Madame, le grand chagrin que vous a causé la perte de sir William montre que s'il fôt revenu prèM de vous sain et sauf, vous auriez été bien de vi%re encore avec un mari. .. l'enacr toujours à un mort, c'est mener une vie mélancolique parmi des tombeaui.... Ë»t-ce que tous pouvez vous résoudre i passer le reste de votre vie dans le chagrin et la tristesse? Pooveivous vous résoudre à porter perpétuellement un habit de veuve ?... Le remède propre. contre tous ces ioconvé- Ments, c'est un nouveau mari... En outre, vous serez plus en étal de vivre conformément à votre rang avec l'assistance d'un mari que sur votre seul revenu. Cest (lourquol, supposé que la personne vous plaise , Je ne doute pas que vous ne me fassiez connaître votre dispo- Miton à TOUS remarier, ou que du moins tous n'ac^ cordiez à cette personne la permission d'en causer aTcc vous. » M. Biut fait observer ici spirituellemeni : 'c SI cette lettre, qui n'est ni écrite de la main* de Newton, ni signée de lui. a été réellement envoyée à lad;
De même aussi on a voulu le présenter comme un modèle de modestie, en citant de lui les pa* rôles suivantes : « J'ignore ce que je parais au monde ; pour moi, je me compare à un ^enfant jouant au bord de la mer, ramassant çà et là un caillou plus lisse ou un coquillage plus beau qu'un autre, pendant que le grand Océan de la vérité reste complètement caché à mes yeux. » C'est, sous une forme poétique, la même idée de ce philosophe ancien qui avait dit avec rai* son R qu'il faut savoir beaucoup pour savoir qu'on ne sait rien »*
Le principal ouvrage de Newton parut en 1687, in-4'', à Londres, sons le titre de Philosophix naturalis principia mathematica ^ divisés en trois livres. Dans une préface , datée de Cambridge, le 5 mai 1686, l'auteur expose succinctement le but de son entreprise : laissant de côté les formes substantielles et les qualités occultes de la scolaatique, il veut appliquer les mathématiques à l'étude des phénomènes naturels. Parmi ces phénomènes le mouvement occupe le premier rang. Qu'est-ce que le mouvement? L*elfet d'une force. Mais la force elle-même, quant à sa nature et à son origine , nous est complètement inconnue. Aussi, au lieu de poursuivre cette inconnue insaisissable , comme l'avaient fait les anciens, Tauteur se propose-t-il l'étude des manifestations ou de la force comme seules accessibles à l'intelligence humaine. Tel est le sens caché, profond, de l'ouvrage que peu de savants comprirent lors de son apparition, parce qu'il ouvre une voie nouvelle tout à la fois par son objet et par sa méthode, qui est l'analyse unie à la synthèse. Ainsi, à l'exemple des géomètres, Newton débuta par des définitions et des axiomes : la quantité de matière se mesure par sa densité combinée avec son volume, de même que la quantité de viou^ vement s'évalue par la vitesse unie à la quantité de matière ( Définitions I et II ). Il appelle centripète la force qui attire {trahit) les corps vers un point comme vers un centre commun; sa quantité est accélératrice et proportionnelle à l'effet produit. « De même , dit-il , que la vertu de l'aimant est plus grande à une distance moindre, et moindre à une distance plus grande , de même aussi la force centripète ou la pesanteur {vis gravitons) est pins grande dans les vallées et plus petite sur les sommets des plus hautes montagnes, et diminue
Norris, elle aurait pu répondre ce que celte conrtltane de Venise disait à Jean-Jacques : Zanetto, Zanetto, la*" cia le donncf e studfa la matematiea ( Mélange», t. I, p. 480 ). » Un savant matAématiclen anglais, M. A. de Morgan, nie, par des raisons tré^plnusibles, l'authenticité de cette lettre {Nàrth Britùh Reoieic, août l8ss ). — En 1711 l l'année même de la mort de Newton ). le docteur Stukelcy fit connaître au public qu'une dauie Vincent, de Grantbam, alors âgée de quatre-vingt-deux ans, lulaTalt confessé que Newton aTalt en do l'tnelina- Uon pour elle dans sa Jeunesse-, qu'il la visitait régulièrement quand il venait à Woolsthorpe, et lui donna même quelques sbelUugs en cadeaoj
NEWTON
rie plus en plus à mesure qu'on s*élève au-dessus de la surface du globe (1). » En tête des axiomes se trouve formulé ce que les physiciens nomment le principe dHnertie de la matière, sa?oir que tout corps mis en mouvement par une première impulsion continuerait à se mouvoir indéfiniment en ligne droite si aucune force nouvelle ne venait à le faire changer de direction. Les deux autres axiomes sont : tout changement apporté à un mouvement est proportionnel à la force qui Ta produit ; l'action est égaie à la réaction. Viennent ensuite des corollaires sur le centre de gravité et la diagonale d'un parallélogramme qui figure la résultante de plusieurs forces agissant à la fois sur un même point. Après ces préliminaires, qui constituent en partie la base de la dynamique, conomence l'ouvrage proprement dit. La première section du livre l'*^ donne brièvement, en onze lemmes, la méthode géométrique employée par l'auteur pour démontrer toutes ses propositions. Rejetant l'hypothèse des indivisibles , il réduisit ses démonstrations aux limites des sommes et des rapports, c'est-à-<lire des quantités qui naissent et qui s'évanouissent. Il suflit d'avoir tant soit peu le génie des mathématiques pour s'apercevoir combien il y a de rapprochements à faire entre la mécanique, la géométrie et l'arithmétique. Les livres I et II traitent des mouvements rectilignes et curvilignes des corps sphériques ou non sphériques , des projectiles, pendules, liquides , mouvements opérés dans des sections coniques , excentriques ou concentriques , etc. Le tiQisième livre, enfin, est le couronnement de Tœuvre : il a pour titre spécial : De mundi systetnate , et donne d'abord trois règles , appelées regulx philosopttandi , dont voici l'énoncé : « H ne faut admettre comme causes des phénomènes naturels que celles qui sont vraies et qui suffisent à les expliquer; — les effets de même espèce ont les mêmes causes ; — les qualités des corps qui soumis à rex|)érience ne peuvent être ni augmentées ni diminuées doivent être considérées comme des qualités aniverselles.... Ainsi, par exemple, si Tobservation nous apprend que tous les corps qui environnent la terre pèsent sur eUe chacun selon sa niasse , que la lune pèse sur la terre et réciproquement, que toutes les planètes pèsent les unes sur les autres, selon leurs quantiiés de matière, nous pourrons dire, d'après cette dernière règle, que tous les corps pesants gravitent les uns yen les autres ( Corpora omnia in se mutuo gravitant). » — C'est ici le lieu de faire connaître le vrai titre de Newton à la reconnaissance de la postérité.
6alilée,mort, comme nous l'avons dit, dans l'année même où naquit Newton, avait démontré que les corps en tombant obéissent à une force accélératrice, et que l'espace parcouru est comme le
(1) PhUoi, nat., p. 4 ( édIL 1718 ).
carré du temps employé à leurcbute, c'est-^-dùe que si Ton représente par 1 l'espace parcouru ^<£ik une seconde de temps, la somme âe$ espaces parcourus par exemple dans 10 secondes. sera = 10' ou 100, l'espace parcouru daus la 1'* ,(ians li f, dans la 3', etc., seconde étant comme Iaprogr& siun des nombres impairs. La loi de la chute des corps est donc la même que celle de la géDéralioa des carrés. Huygens avait enseigné commeot, i l'aide du pendule, on pouvait s'assurer de ooi&bif& un corps tombe dans la première seconde soos une latitude donnée. Le même physicien s'éUit même aperçu qu'elle diminue à mesure que Tw approche de l'équateur, où elle atteint mù miwmum, et qu'elle augmente, au contraire, à roe?ur( que l'on approche des pôles, où elle a soq mojàmum. Fort de cette connaissance, et sad)aDt,a outre, que « les molécules matérielles unifonae' ment dislritNiées dans le volume d'une sphère agissent en somme sur un point de la surface comme si elles étaient toutes réunies au cenlre de la sphère », Huygens considéra le premier la terre comme un sphéroïde de révolution, et li^* termina approximativement la quantité dont i^ terre est renflée à l'équateur et aplatie au3( p6]es, c'est-à-dire la diilérence entre le rayon équaturiaj et le rayon polaire. Cette différence est en réaiiW de quarante-deux mille cinq cent seize mètre». Les observations du pendule lui apprirent donc que la pesanteur, cette force œotripète, diminue avec la distance au centre de la terre, ou à mesurequ'oa s'élève au-dessus de la surface terrestre, de teiie façon qu'arrivé, par exemple, jusqu'au iune,uD corps abandonné à lui-même ne tomberait piu^ dans la première seconde que d'une fraction *^ 15 pieds. Mais dans quel rapport la pesaotejr diminue-t-ellei' Cette importante que.Mioo. Huygens se l'était sans doute déjà posée, et il r<t<^ prolmblement résolu s'il avait essayé de la combiner avec fa troisième loi de Kepler, d'après laquelle les carrés des temps employés par les pio* nètes à tourner autour du soleil sont comme les cubes de leurs distances moyennes à cet astre. Mais il était réservé à Newton de réunir dans une même loi générale les phénomènes de la chute des corps terrestres et les mouvements des corps célestes. L'idée même de Tatlraction unimseIkT dont on fait honneur à Newton, avait déjà ^^ plus ou moins nettement formulée k des époques différentes, tant il est vrai que Icsgraode conceptions sont pour ainsi dire le patriiuoiBe du genre humain ; seulemoit on les laisse longtemps de côté, parce qu'elles paraissent ^P simples, jusqu'à ce qu'un homme degénie n«u» à en saisir l'importance et les mettre an jour.
Timée de Locres , organe des platoniaeos, admettait déjà l'action de deux ^<>^^^^ jection et la pesanteur), ausquellesjl ne "*"' quait que les noms de centripète 'et de cwtHfuge pour expliquer les mouvemenls «»
astres ; et il ajoute que ces deux ^^^^r: eûvoiiei;, àpxà; xivYi<yéo>v) étaient coinlMK»
INKWTON
suivant des proportions arithmétiques ( xar* &^i- Ofioù; &p|iovixoû; ) (1). Anaxagore, interrogé sur la cause qui maintenait les astres dans leur orbite, répondit qu'ils y étaient retenus par la vitesse de leur mouvement (2). Plutarque compare la lune dans sa révolution autour de la terre à « une pierre dans une fronde, laquelle est sollicitée par deux forces à la fois, la force d*impulsion qui la porterait à s'éloigner suivant la tangente si elle n'était retenue par le bras qui agite la fronde et représente ainsi la force centrale, laquelle, combinée avec la force d'impulsion, lui fait parcourir un cercle. ». Il parle aussi de « cette force inhérente à la terre et aux autres planètes pour attirer tous les corps qui leur sont subordonnés (3) ». Et ailleurs il. dit que « les distances des sphères célestes et les vitesses de leurs révolutions sont proportionnelles entre elles et par rapport au tout (4) ». Dans un Commentaire de L. Groto (seizième siècle) sur un ouvrage fort peu intéressant de Bonardo, De la dimension des sphères célestes f on lit «« que les corps célestes restent suspendus et en équilibre dans l'espace par une espèce d'attraction magnétique produite par clos corps éloignés >*» Camille Agrippa, à la fin d'un ouvrage destiné à enseigner la manière de faire des armes, déclare (Dialogue entre lui et Annitial Caro) que non-seuicmeut les planètes pèsent ou gravitent les unes sur les autres, mais que de plus , elles pèsent différemment sur la terre, et que c'est à «ette difTérence d'action qu'est due la précession des équinoxes (5). Kupernik traitait la pesanteur « d'appétence naturelle dont le divin architecte de l'univers a (loué les parties de la matière aQn de les rendre aptes à s'unir pour former des sphères w. Kepler donnait sa seconde loi (d'après lar|uellc les planètes décrivent autour du soleil <)es aires proportionnelles aux temps) comme l'expression d'un effet physique , en assimilant le soleil à un aimant qui agirait sur les planètes suivant la direction des rayons vecteurs. 11 montrait la parenté que l'attraction du soleil avait avec la pesanteur et déclarait que les vitesses, dont les ()lns grands écarts s'observent au périgée et à l'apogée, sont à peu près en raison inverse du carré des distances {roy. Kepler et Koper- Mi) (6). Cette idée est formulée plus nettement par Bouillaud , qui dit , dans son Àstronomia PhiloiaicOf publiée en 1645, qae « la force du soleil, agissant sur les planètes, est en raison inverse du carré de leur distance ». Borelli soutenait, en 1666, que les mouvements des planètes autour du soleil s'opèrent selon les mè-
(I) Timée de Locres, édlt d'EsUenne. p. M et M.
ji( nto^ène Laercc, în yinaxag.y llb. II.
13) Plut., De/arie in orbe iunœ.
(4) Ibtd.'. De mnimm proereatione.
(I) M. Llbrl, /ntnMiticitoii ad Catalogue de sa Bibliothéqve mathématique, Mttoriqiif^ etc.; Londrffi, 1861.
(6) Voy. aurai Maclanrin , Systèmes des philosophes^ dans un nueoura préItmiDalrc à la philosophie de Newton, et Duteoa, Origine de* découvertes, 1. 1, p. IM et aulr.
mes lois qui président aux révolutions des satellites autour de leurs planètes. Enfin, en mai de la même année , K. Hooke lut à la Société royale de Londres un mémoire, où il expliquait la formation des orbites planétaires par la combinaison d'une force tangentielle constante des planètes avec une force centrifuge variable du soleil, et en 1674 il essaya d'établir que les astres exercent une force d'attraction à la fois sur leurs propres éléments el sur les autres corps célestes, et que cette force est d'autant plus grande que les corps sont plus rapprochés.
Nous voyons par ce qui précède que le grand mérite de Newton est non pas d'avoir inventé, mais d'avoir démontré les lois de la gravitation universelle. Voici comment il parvint à cette démonstration, qui est son vrai titre de gloire. La pesanteur diminue-t-elle comme le carré de la distance? D'après ce que nous venons dire, il serait faux et puérile de croire que Newton eût été le premier à soulever cette question, et cela à l'occasion de la chute d'une pomme (1). Kepler, Galilée, Bouillaud , Huygens avaient pu, comme Newton , se demander pourquoi une pomme ou tout autre corps tombe dès quMI n'a plus de support iet comme cette chute s'affectue toujours dans le sens de la verticale, il y a donc au sein de la terre quelque chose qui attire le corps. Ce quelque chose, cette force enfin, peu importe le nom qu'on lui donne, de quelle manière ou suivant quelle loi agit-elle sur le corps tombant.' Jusqu'à quelle distance de la terre se fait-elle sentir? Et dans le cas oji son infiuence s'étendrait jusqu'à la lune, quel effet produirait-elle sur cet astre? Lorsqu'on tire un canon dans une direction horizontale, le boulet dévie de cette direction et va frapper au-dessous du point visé d'une quantité exactement égale à celle de sa chute par la verticale dans le même espace de temps. Or, si l'on supposait le canon transporté à la distance de la lune, le boulet, ainsi tiré, ne continuerait-il pas à se mouvoir, autour de la terre, dans la même courbe que la lune? A cette question si impor» tante , Newton répondit , avec certitude , par le calcul. Mais auparavant il fallait connaître trois choses : 1" la loi d'après laquelle cette force agit, 2*> le temps de la révolution lunaire, 3" la grandeur exacte de la terre ou de sod rayon.
L'observation avait montré que près de la surface de la terre la chute des corps dans la première seconde est sons notre latitude, en chiffres ronds , de 15 pieds (2). De combien sera cette chute à une distance de 10, de 100, de 1,000 lienes de la surface terrestre? La ré-
(1) Ce rat , dit-on , dans un Jardin de aon lieu natal qu'il vit tomber la pomme qui lui avait donné la première idée de la gravIUUon. Ce pommier fut longtemps l'objel d'un culte de la part des admirateurs de Newton. 11 lut bri»é en 1626 par un ouragan, et de son vieux trône on fabriqua une chaire qu'on montre enc^re aujourd'hui aux amateurs de cas sortes de curiosités.
{% Plus exactement de is pteda S lignes, ou dt k^,9h%.
NEWTON
ponse sera facile si Ton admet comme démoatrée la proposition d*après laquelle Tattraction est eo raison inverse du carré de la distance. Comme Tattractlon agit en tous sens, on peut l'assimiler à une lumière qui partirait du centre de la terre. Que l'on se figure un globe creux, d'un rayon , par exemple, de loo mètres, et dont le centre coïnciderait arec celui de la terre ; la face interne de ce globe sera éclairée par cette lumière avec une certaine intensité. Si le globe est d'un rayon double, c'est-à-dire de 200 mètres, sa face interne sera plus faiblement éclairée par la même lumière. Or, les surfaces des globes étant comme les carrés de leurs rayons , le second globe sera, & son intérieur, 4 fois moins éclairé que le premier. Si son rayon est 3, 4 etc. fois plus grand, il sera 9,16 etc. fois moins éclairé ; en un mot la puissance éclairante diminuera comme le carré de la distance. La même loi doit s'appliquer à la pesanteur, à l'attraction, si on fait partir cette force du centre de la terre. La cbute d'un corps pour une distance quelconque exprimée en rayons terrestres sera donc égale à 1 5 pieds ( chute par la première seconde divisée par le carré de cette dislance). Ainsi, leDbawalaghiri , l'une des montagnes les plus élevées de la terre (pic de l'Himalaya) est de 24,150 pieds au-dessu.s du niveau delà mer ; sa hauteur est donc à peine la 800^ partie du rayon terrestre, ou la distance de son sommet au centre de la terre est de 1,0012 rayon. Divisant l'unité par le carré du dernier nombre , on obtient 0,998, et celui-ci multiplié par 15 donne 14.970. Cela veut dire que sur le sommet de cette montagne la cbute des corps dans la première seconde est non plus de 15 pieds, mais seulement de 14 p., 97, ou, si l'on prend la pesanteur à la surface moyenne de la terre pour unité, elle se trouvera diminuée au sommet d'un deux-millième environ ( plus exactement, 0,998). Or, une différence aussi petite ne pouvait pas être vérifiée par voie d'observation ; aussi considérait-on primitivement la pesanteur comme constante sur tous les points du globe (1). Ce résultat aurait pu dérouter tout
(1) Daof une lettre à Balley, à rooeailon de let démêlés avec Hooke, Newtoa dit pottUTement qu'il n'avait polot étendu la loi du carré des distances ft des fractions si petites du rayon terrestre. * Je n'ai Jamais, dlt-ll, étendu la loi du carré i des distances aa-drssoos de la surface de la terre ; et avant une certaine démonstration que Je trouvai Tannée dernière ( 1685 }, j'avais soupçonné qu'elle ne s'étendait pas même jusque-là : c'est pourquoi Je n'en fis Jamais usage dans la théorie des projectiles, que Je considérais Indépendamment des mouvements célestes.... Lorsque Hnygcns publia son traité De horotogto oteillO' tûrio (en lt7l), U m>n envoya un eiemplalrr. Uans la lettre de remerdemeots que je loi adressai Je fis un éloge parllcolier de ces théorèmes, qu'il a placés h la fin, à cause de leur utilité pour calculer la tendance de la lune i s'éloigner delà terre, celle de la terre pour s'éloigner du soleil, ainsi que pour résoudre une question relative à la constance de l'aspect de la lone et assigner une limite k la parallaxe «olalre ; ce qui montre quedéji vers cette «époque J'avais mon attention tournée vers les forces centrifuges des planètes, résultantes de leur mouvement circulaire, et que j'en comprenais la théorie; et. par conséquent, lorsque Hooke proposa solennelle-
autre que Newton ; mais le giénie c'est U sagi* cité unie à la patience. Si, se disait-il sans doote, à plus de dix milles au-dessus de U imba de la ferre, la force d'attraction est à peioe diminuée, elle doit, même à la distance de la laoe, être assez grande encore pour produire oo effet sensible. Et supposé que la loi du carré fût ttù, un corps transporté à 60.2965 rayons terrestres, c'est-à-dire à la distance de la lune, toicbenit dans la première seconde d'une quantité égale i 15 pieds, divisée par le carré de 602965, m 0. pied 00413, ce qui fait environ ^ de ligne. C'est là ce qu'il impoi*tait à Newton de déinootrer. Huygens, dans ses propositions sortes forces centrales, avait établi que pour les corps qui tournent dans des cercles les carrés des temps de leur rotation sont comme les rayons de ai cercles divisés par la pression que ces corp* exercent perpendiculairement aux périphéries, et que cette pression doit être considérée oNnDie la force qui dirigée vers le centre du oerde produit Je mouvement de rotation. Il s'eosi.^' donc que dans tous les mouvements circaUir^ la force d'attraction partant du centre est en raison inverse du carré du rayon, c'est-à-dire que la force centrale d'attraction diminue ^ wt sure que la distance du corps attiré augmente, et cela dans le rapport du carré de crîte distance. Newton connaissait parfaitement tt^ proposition, et il en profita ponr la résolutioB de son problème. Mais pour y arriver il loi f'^' lait encore denx éléments : le temps e\a(i d la révolution lunaire et la mesure précise do rayon terrestre. Or, on savait depuis loD^eiop» que la révolution sidérale de la lune est ^ 27.321614 jours, c'est-À dire qu'elle jnet C(>
temps à parcourir 360« ou 1296000''. Onlronw donc facilement, par une simple proportioo, qiK la lune, dans son mouvement autour de la lerr^' parcourt dans chaque seconde de temps le petit angle de 0. 5490". Or, on sait que la demK^rconférence d'un cercle, dont le rayon est P^' pour unité, est = 3.1415926 rayons; cooséquemment à un angle de 648000", corns^m un arc de 3.1415926, à un angle de T o" >^ de 0.000048481 rayon. Multipliant ce derwrf nombre par 0.5490 (angle parcouru en noe seconde ), on obtient l'arc décrit par la lune en nB« seconde de temps; cet arc est égal i '* 0.0000026617" partie du rayon de l'orbite lunaire. Enfin, comme les observations de la P>* rallaxe de la lune donnent pour IJ distoflce moyenne de cet astre au centre de li 1*^ 60.296c rayons terrestres, il suffit àe DwltipUer les deux derniers nombres l'un parTiotre, Ç^ trouver que l'arc que la lune parcourt en one sèment la question de la recherche de c» '«'***»*'? »on Essai pour prouver U mouvemeM de te tern. Je n'avaU pas alors connu la raison du esrré <•** f^ ce», je n'auraU pu manquer de la décooTrir. ■j'JJ^ phia BrUanniea, article fiooke, et Biol, MtUM^ scicnti^ues, 1. 1 , p. ITS et sulv. j
conde est «= 0.0001605 ra^on terrestre. Mais comme il s'agissait de comparer la chute des corps à la surface terrestre (en une seconde éTaluée en pieds ou en mètres) arec la révolution de la lune, pour s'assurer si ces deux mouvements dépendent de la même cause, il était nécessaire de connaître préalablement la mesure du rayon terrestre exprimée en pieds ou en mètres. Malheureusement Newton, au lieu de faire usage des travaux de Snelltus et de Norwood, qu'il ne paraissait pas avoir connus (1), il prit, d'après une évaluation alors généralement admise, le degré du méridien = 60 milles anglais ( 297,251 pieds de Paris); d'où il déduisit le rayon terrestre, égal à 17,031,230 pieds. Multipliant ce nombre par 0.0001605 (arc lunaire d'une seconde, exprimé par une fraction du rayon terrestre), il trouva 2733.5 pieds pour l'arc que la lune parcourt en une seconde de temps. Or, ce résultat éfait erroné : il est d'un septième environ trop petit. D'après cette fausse donnée, la chute de la lune ( par l'action de la pesanteur) serait, en une seconde, de 0. .pied 000361, ou égale au carré de 2733.5, divisé par ( 60.2965) X 34062460, ce qui donnerait, pour la chute d'un corps dans le même espace de temps à la surface terrestre non plus 15, mais 131 pieds. Évidemment un pareil résultat ne pouvait |)a8 être mis sur le compte d'une erreur d'observation. Que fit alors Newton ? Au lieu de suspecter l'exactitude des éléments de son'calcul, il rejeta tout le tort sur l'hypothèse qui lui avait servi de point de départ. 11 est, se disaitil en lui-même, inexact de prétendre que la même force qui fait tomber une pierre fasse mouvoir la lune , ou du moins .que cette force diminue comme le carré de la distance. Ce raisonnement , qui était une nouvelle erreur, le conduisit à l'idée qu'il devait y avoir là encore d'autres forces en jeu, d'un rôle inconnu, et il se reprochait d'avoir rejeté trop vite la théorie des tourbillons de Descartes. Mais ces tourbillons ne se prêtant pas au calcul, il s'arrêta tout court daus se& recherches , qu'il traitait de vaine spéculation. C'est ainsi que nous avons vu Kepler, par suite d'une simple inadvertance de calcul , likher la vérité qu'il tenait dans ses mains.
Newton avait repris ses ébides sur la lumière, lorsqu'en 1678 il fut chargé par la Société royale de lui faire un rapport sur un ouvrage d'astronomie, aujourd'hui complètement oublié, mais qui au moment de son apparition eut un grand succès. Dans une lettre adressée à Hooke, secrétaire de cette société, il rend compte de ce travail, et ajoute qu'il serait possible de démontrer la rotation de la terre par dea observations directes. A cet efTet, il proposa Texpérience, depuis souvent répétée, de la chule des corps du haut d'une
(t) Snelllai avait éralaé en l€ii le degré da méridien à 830,4S1 pieds, et Norwood, en 1694, à 348,800, mesure plus exacte mente que celle que irouva Picard.
NEWTON
So$
I tour élevée.. Il soutenait que ces corps, à cause du mouvement de la terre, devaient éprouver une légère déviation, et venir tomber un peu à l'est de la tour, parce qu'ayantleurcbute ces corps participent à la vitesse acquise du sommet de la tour, qui est plus grande que celle de la Iwse. Hooke, cliargé de l'exécution de cette expérience, fit otiserver que les corps doivent, dans l'hémisphère boréal, tomber à la fois à l'est, et un peu au sud de la base de la tour. Newton reconnut la justesse de cette observation, depuis parfaitement confirmée, et il ajoutait, dans sa réponse à Hooke, qu'un examen plus approfondi de ce sujet l'avait convaincu que la courbe parcourue par le corps tombant devait être une spirale. Mai» Hooke, loin d'être de la même opinion, répliqua que cette courbe devra être une ellipse, si l'attraction terrestre est en raison inverse du carré de la distance. C'était rappeler à Newton le souvenir d'une ancienne déception, in/andum..., dalorem. Naturellement timide et rendu circonspect. Newton n'osa pas encore reprendre directement la question qui loi avait causé un si cruel mécompte. Enfin, ce ne fut que seize ans après son premier insuccès, que le hasard (si toutelois il ne vaudrait pas mieux retrancher ce mot du langage humain) le remit sur la voie qu'il avait abandonnée trop vite. Un jour du mois de juin 1682, Newton arriva l'un des premiers au lieu de réunion de la Société royale. Eu attendant que l'assemblée fût au complet, il prêtait l'oreille à une conversation qui se tenait à cdté de lui, et où il était question des résultats obtenus en France par Picard pour la mesure du méridien. L'un des membres montrait une lettre où ces résultats se trouvaient consignés. Newton en prit note et durant tout le reste de la séance il demeura indifférent à ce qui se passait autour de lui. Rentré chez lui, il se hâta de chercher ses anciens calculs de 1660, et se mit à les comparer avec le nombre de 19,615,780 pieds, pour le rayon terrestre, et 3148.3 pieds pour l'arc décrit par la lune en une seconde; l'un et l'autre résultats étant déduits de la mesure dii méridien obtenue par Picard. A peine avait-il commencé ce travail, qu'il se sentit défaillir par un saisissement étrange : l'univers avec les mouvements compliqués de ses astres s'ouvrit-il tout à coup, comme un livre mystérieux, à ses yeux éblouis, ou fut-il subjugué par une sensation aux mortels interdite ? Quoi qu'il en soit, son émotion était si vive qu'il fut obligé de confier la vérification de ses cafculs à un de ses amis. Il en résulta là confirmation la plus inattendue de la grande loi qui jusqu'alors n'avait eu que la va* leur d'une hypoth^e (1).
(1) Vold la constraetloa géométrique par laqaelle on peat ae rendre eompte de la découverte de Newtoo. Sott C à la fois le centre de la terre et celai de Torblte lunaire AMD ; A le centre de la lune ; AM l'arc que la lune parcourt en une seconde; AB la droite que suivrait la lune »l elle était mue par la seule force d'impulsion; BM la
NEWTON
Mais cette loi ainsi démontrée pour la terre et la lane 8*appltqae-t-elle aussi aux autres astres ; en an mot, est-elle universelle ? Newton parvint h répondre victorieusement, et c'est dans le développement de cette question qu'il a déployé toute la grandeur de sou génie. Il s'en occupa sans relâche pendant quatre ans, et consigna les résultats de son travail dans son immortel ouvrage : Prin' <ipia philosophiêe naturalit tnathematica. Après y avoir montré TefTet combiné (courbe) de <lcux forces, Tune d'impulsion primordiale, een- (ri/uge, suivant la direction de la tangente à Tor- ^ite, et l'autre d'attraction ou centripède, suivant la direction du rayon de l'orbite (en comparant la lune à un boulet lancé avec assez de force ou à une assez grande distance du centre attractif pour qu'en tombant il ne puisse plus ■atteindre ce centre, et que, en vertu de ce qu'on appelle Vinertie de la matière , il continue d'obéir à IMmpulsion primitive , tangentielle , mais déviée par la force centrale ) (1), l'auteur rappelle que les molécules matérielles, distribuées dans le volume d'une sphère agissent en somme sur un point extérieur, comme si elles étaient toutes réunies au centre de la sphère; de h les corps célestes, quelque grands qu'ils soient, peuvent, pour la simplification du calcul, être considérés comme des points, et cette force attractive étant commune à toute molécule matérielle et en raison directe de la densité de cette molécule, il s'ensuit que non-seulement le soleil agit sur les planètes en leur faisant parcourir •des ellipses, mais les planètes elles-mêmes agissent les unes sur les autres proportionnellement à leurs masses, de manière à apporter dans leurs orbites un trouble apparent ; je dis appO" rentf parce que ce trouble même est la confirmation la plus belle, la plus harmonieuse de ia grande loi universelle, formulée en ces simpleà
qaanUtc dont eUc tomberait en une seconde, si elle n'était soliicilce par la force de l'allraction tcrre^itre.
C'est celle quantité ou putite ligne BM quil «'aglcsait
•de dèiermiiier, pour voir si elle e»t réellement ( d'après
le calcul admis plut haut) de 0. pied OOilS. Comment y
arriver P Nous connalssoni déjà la ralenr CA ou CD,
«l la valeur de l'arc AM. Or, les éléraenta de la Réomé-
trie suffisent pour démontrer que BM est égal au carré
de A M, divisé par AD, double distance de la lune à la
ierre. Remplaçant ces lettres par les nombres (oamb par
Picard , on a : 0. pied OOiiO =
' î X 160.1965) X l»6irtO
/ k Mis
ou BU = -^ — --. Or, 0.00410 ne diffère que d'une quan- AD
tlté insignifiante de OOOMS, trouvé par hypolhé^e.
{i) f^off. la note précédente, où la ligne AH représente l'espace que la lune on le boulet parcourt en une seconde en venu de b force dimpulslon, et la ligne BM la quantité dont la lune ou le boulet tombe dans le mémeespace de temps, et AM l'arc que le proJecUle parcourt en réalité.
paroles : La force d'attraction d'un eorp st égale à la masse divisée par le carré it U distance.
Toutes les grandes découvertes astrononJ^if» découlent de cette loi , qui a été depuis pe îkttonnée, dans ses applicalions, par LapUce, Ctiiraut, Euler, d'Alembert et Lagrange. Elle a {«• mis d'expliquer toutes les perturbations p!aoetaires, quel*on a distinguées en >nf 90^(^1 é^ laires et en inégalités périodiques, l 'et--- 1 n^i périodes moins longues que les inégalités î^mlaires (1). Grâce à ta petitesse des plaQd>, comparativement à la masse du soleil, grâc^di core à la grandeur relative de leurs intenal!^, les perturbations de chaque planète \m\M. sans erreur sensible, être évaluées par l'adk du soleil et de la planète la pins \oisino de h première. C'est là ce que Ton connaît sous If m-: de problème des trois corps. Sans cette \>'^bilitéiCt si, à raison de leurs valeurs, ilfilW pour une planète donnée tenir compte de Fadifla troublante de toutes les planètes à la fuis )^ calcul des perturbations défierait probabletKt! tons les elforls de Tanalyse. Ce fut armé <k s^ loi que Newton put répondre à des queitiuni qui n'étaient pas même venues à Tesprit ^ philosophes grecs, d'une innagination poorful a féconde. Connaissant les masses et les den>lie> lies astres, il savait avec c^ertitude qu'un a^T qui sur notre planète parcourt en toro'''' 1 5 pieds dans la première seconde en parcourrait dans le même espace de temps 430 sur le solal, 39 sur Jupiter, etc. L'aplatissement de Jopibf lui fit déterminer la vraie forme <le la ♦'"*• ayant trouvé que la force centrifuge déTefopf*? par la rotation équivaut sous réquatwr à h 289' partie de la pesanteur, il en déduisit qoe notre terre était un sphéroïde de révolotioo. Le premier il fil dépendre la précession de* équiuoxes de l'aplatissement de notre ?I'>1>p» déclarant que ce phénomène ne pourrait e^!<tff pour aucune planète parfaitement sphériqu^- h posa aussi le problème mécanique de la ni.tww de la lune, qui ne fut complètement résolu qoe par d'Alembert, Euler et Uplace. fl ratUclia a» grafitation universelle le phénomène de la iwrw. qu'un ancien avait appelé « le tombeau de bwriosité humaine ». Supposant la terre »>"'r^ ment recouverte d'eau , il montra que ce miid* doit sous l'action attractive du soleil, prendif » figure d'un ellipsoïde dont le grand axe eit««tamment dirigé vers l'astre central; V»"'*"*^ cette action celle de la lune, qui P"^V*Jl sur la mer un ellipsoïde, mais plus «Hw» puisque son action est plus puissante, H 61 <*""
(1) • U manière )a pins simple . dit *•■?'■•* 'JÎÏJ^ gcrles diverses periurbatloas, con*We 4 liwr^^ ^ planète mue, conformément au» Iota du «'"^T^ ^
piancie mue, coniuriucujcni nu* ww '••• .
Uptiqoe, sur une ellipse dont les élémeoU «ne» des nuances Insensibles, et à concefolr en ««»« que la vraie planète oscWe auloor de «^'«.^7.. tive. dans un U-és petit orbe dont la natore «P»"" perturbations périodiques. »
NEWTON
prendre que si les deux actions du soleil et de la lune s'ajoutent (aux syzygi^) ou se retranchent (aux quadratures et positions tntermédi&ires), il devra en résulter de grandes et de petites marées. Enfin, les comètes elles-mêmes, dont les courses vagabondes faisaient le désespoir des astronomes,!! les soumit à sa loi en faisant rentrer leurs courbés dans une section conique.
Il semble naturel de croire que l'apparition d*on ouvrage qui contenait l'explication d'aussi ^ands mystères fut accueilli avec un enthonsiasme universel. Ce serait pourtant une grave erreur. Le livre des Principes fut froidement accueilli dans tous les pays du continent ; pendant plus de cinquante ans il n'exerça que peu ou point d'influence sur les travaux des savants. Pourquoi? Parce que la physique des tourbillons de Descartes régnait alors en souveraine dans les écoles de l'Europe. En France surtout on tenait à la philosophie de Descartes, comme à une gloire nationale : Maupertuis et Voltaire se virent traités de mauvais patriotes pour avoir voulu introduire dans leur pays une production anglaise, la philosophie de Newton. C'est, comme on voit, jusqu'au domaine de la science, héritage de tout le genre humain, que cet égoïsine collectif, qu'on appelle patriotisme, cherche à étendre ses étroits sentiments ! Puis, la philosophie de Descartes flattait l'imagination plutôt que rintelligence ; tandis que celle de Newton s'adressait exclusivement à l'intelligence. Préférant à la méthode analytique, alors généralement suivie, la méthode synthétique des anciens géomètres grecs, Newton, dans son style laconique, souvent obscur, cherchait, non pas à instruire, mais à convaincre : tout son livre n'est en effet qu'une démonstration. Si, comme on l'a dit, il n'y eut alors que trois ou quatre hommes capables de le comprendre, cela ne prouve guère en faveur de la simplicité de l'ouvragé, à laquelle d'autres ont voulu préférer la sublimité. Euler lui-même ( dans la préface de sa mécanique) signale les difficultés que lui offrit la lecture du livre des Principes.
Huygens, préoccupé de ses idées siUr la cause de la pesanteur, n'admettait la gravitation newtonienne que pour les astres, et la rejeta de molécule à molécule. Leibniz, dont le génie avait une trempe essentiellement métaphysique, se posa hardiment en adversaire du philosophe anglais. Malheureusement Newton avait donné prise à la critique en doutant de la conservation indéfinie des éléments planétaires : il croyait qu'une main poissante devait intervenir de temps k autre pour réparer le désordre (1). Leibniz ne pouvait lui pardonner de faire de Dieu un espèce d'iiorloger. « Cette machine de Dieu, dit- il, est même si imparfaite qu'il est obligé de la décrasser de temps en temps par un concours extraordinaire et même de la raccommoder, comme un
<i) Ce doute se trouve exprimé dans son Optique (dcriércquest, p. SU).
horloger son ouvrage, qui sera d'autant plus mauvais maître, qu'il sera plus souvent obligé d'y retoucher. Selon mon sentiment, la méfne force y subsiste toujours et passe seulement de matière en matière, suivant les lois de la nature et le bel ordre préétabli. Et je tiens, quand Dieu fait des miracles, que ce n'est pas pour soutenir les besoins de la nature, mais pour ceux de la grâce (1). M Nous savons comment Laplace rendit inutile l'intervention d'un Dieu pour remonter de temps à autre les pièces de la grande horloge du monde. Leibniz reprochait encore à Newton de faire de l'espace le sensorium de Dieu, d'admettre le vide, de donner des borner à la matière et à l'univers, et d'employer un mot qui, à moins d'un miracle, n'explique rien. Newton avait dit : « Ce que j'appelle attraction es*^ peut-être causé < par quelque impulsion ou d<* quelque autre manière qui nous est iuconnue. Je ne me sers du mot attraction qu'en général pour désigner la force par laquelle les corps tendent l'un vers l'autre, quelle que soit la cause de cette force. Car il faut que nous apprenions pour les phénomènes de la nature quels corps s'attirent Tun l'autre, et quelles sont les lois et' les propriétés de cette attraction, avant qu'il soit convenable de rechercher quelle est la cause efficiente de l'attraction. » Ailleurs, il ajoutait : « Je considère ces principes non comme def^ qualités occultes que l'on supposerait naître des formes spécifiques des choses , mais comm'j des lois universelles de la naturer, selon lesquelles les choses mêmes ont été formées. Car il résulte des phénomènes de la nature, qu'il y a actuellement de tels principes, quoiqu'on ne puisse pas en expliquer les causes. Soutenir que chaque espèce distincte des choses est douée de qualités occultes spécifiques, par le moyen desquelles les choses ont certaines forces actives, soutenir, dis-je, une telle doctrine, ce n'est rien dire. Mais déduire des phénomènes de la nature deux ou trois principes généraux de nnouveinent, et ensuite expliquer comment les propriétés et les actes de toutes les choses matérielles découlent de ces principes, ce serait faire un grand progrès dans la philosophie, quoique l'on ne connût pas encore les causes de ces principes. » Ailleurs encore il disait : « J'ai expliqué les phénomènes des cieux et de la mer par la force de la gravité; mais je n'en ai pas encore assigné la cause. C'est une force produite par quelque chose qui pénètre jusqu'aux centres du soleil et des planètes sans rien perdre de sa force; et elle n'agit pas proportionnellement aux surfaces des particules sur lesquelles elle agit, comme les causes mécaniques ont coutume de le faire, mais proporiionnellement à la quantité de la matière solide, et son action s*étcnd de tous côtés à des distances immenses, diminuant toujours en raison doublée des distances ( duplicata ratione
(1) Recueil de pièce* diverses de Leibniz, Clarke, New- Ion, etc., t. I, pt S,
NEWTON
distantiantm),,. Mais je n*ai pas encore pu d^aire Je ces phénomènes de la gravité ta cause de ces propriétés, et je ne fais pas d'hypothèses : Hypothèses non fingo (i). « On voit dans ces aveux que Newton s'attachait principalement aux forces et à leurs elTets, et non à des causes abstraites ni & de*^ qualités occultes. Il y avait là tout un programme tracé pour l'avenir de la science. Malgré les critiques, assez acerbes, de Leibniz, TédiHce de Newton resta debout, et l'observation n'a fait jusqu'ici que le consolider.
Ce qui caractérisR les découvertes de Newton , c'est que les travaux qui y ont conduit remontent tons à la même époque, presque à la même année; elles ont eu, pour ainsi dire, le même point initial, comme pour montrer de la manière la plus éclatante que les connaissances humaines partent d'un même tronc, et que pour arriver à en saisir les lois II faudrait les embrasser toutes a la fois. Mais Dieu n'a coniié cette tâche qu'à ses élus.
Newton avait à peine vingt-quatre ans lorsque la théorie de la gravitation universelle, l'analyse de la lumière , et l'idée du calcul des fluxions commencèrent à s'emparer de son esprit. Nous venons de tracer l'histoire de la première de ces trois grandes découvertes : il nous reste à parler des deux autres.
Les anciens paraissent avoir eu une idée bien vague de la nature de la lumière. On trouve à ce sujet chez les écrivains grecs ou romains des renseignements aussi brefs que contradictoires. Aristote définit la lumière « l'action d'une matière subtile, pure et homogène v (2). Sénèque, dans ses Questions naturelles (liV. H, 7,8), se borne à dire : Lumen non paulatim prorepit, sed si" mul universis infunditur rébus : en attribuant ainsi à la lumière une action instantanée, il lui dénie le caractère d'un fluide qui ne peut se propager qu'avec une vitesse plus ou moins grande. Quant à la cause des couleurs, les philosophes n'avaient jamais pu s'entendre. Les pythagoriciens les faisaient naître d'un mélange des éléments de la lumière (3). Selon les platoniciens , qui passent pour avoir les premiers trouvé que l'angle des rayons incidents est égal à langle des rayons réfléchis, les couleurs sont l'eiïetde la lumière réfléchie, composée de petites particules proportionnelles à la vue (4). Platon, du reste, semble avoir en quelque sorte entrevu la composition de la lumière ; mais il croyait que l'on ne parviendrait jamais h la démontrer. « Oui , s'écriait-il , si quelqu'un espé* rait rendre compte de cet admirable mécanisme
(1) Optiee, p. SIS et Uk. El Principia (la scholle à la fin de l'ooTrage. Comp. Recueil de pUees diverseg, 1. 1, p. 105).
(I) Arl«t, De jinima, 11, 7.
(3) Ta; Sisçépoc Tùv xpci>|MiT(iiv icopà Tàcitoiotc»
fitUi; Tta>v <rrotXfi((i)v. PtiiUrqae, De PlacU. phUotthphorum.
(M Ibid., et Plat., Tlmée,
( pi-oducUon de la lumière par l'eflet de lei rayons ), il ferait voir par là qu'il ignore eBtiè^^ ment la différence qu'il y a entre le pooToirde l'homme et le pouvoir de Dieu; en dfet Dia peut réunir plusieurs éléments pour en faire h composé, et les séparer ensuite comme ilio platt, parce qu'il sait tout et peut tout eo Dèot temps; mais il n'y a point d'homme aujourd'hui et il n'y en aura peut-être jamais qui paisse venir à bout d'accomplir des dioses aussi difficiles » (t).
Eh bien, ce qui paraissait impossible à PU* ton , Newton l'a fait. Dès le comroencemeot de 1666, ce grand expérimentateur avait entreprè ! <l 'étudier la lumière à l'aide d'un prisme de Tem^ On sait qu'en faisant passer à travers uo prisa? un rayon de lumière dans une chambre obscart on voit sur le mur opposé à la petite •aTertoR se dessiner une série de traits colorés (spectre solaire ): le rouge et le violet forment lesdeo extrêmes du spectre; puis on remarque,! partir du rouge, l'orange , le jaune, le ^vi, ^ bleu et l'indigo , ce qui fait en tout sept cotleurs principales , disposées dans le mime ordie que celles de l'arc -en -ciel : en imprimant à ct^ couleurs un mouvement de rotation rapide, on reproduit la lumière hlanche ordiiuiie. Ce$ expériences sur le spectre solaire, interrompit par une épidémie, furent reprises en 1668. U prisme qu'il employait lui donnait une image ai* longée du soleil , environ cinq fois pins ioog ^ large. « J'éprouvais, dit Newton un naipl» sir à regarder les couleurs vives et ioteiKcs^ produites. « Mais à ce plaisir vint bieotdtie joindre le sentiment d'une curiosité eitriiK» causé à la fois par ia disproportion étnii0B entre la longueur du spectre et »a ^^^^ la persistance des coulears dans le mime o(d^ Il répéta l'expérience avec des ^m»àtm^^ rentes épaisseurs, avec des ouvertures «je dilrentes grandeurs, ou en changeant ia position do prisme; mais le résultat fut toujours le m^- On pouvait lui objecter aussi ^ .*** J?l leurs du spectre sont produites par l'actioo ww du prisme, et que celui-ci ne joue P» "flJ: r61e passif, décomposant. A l'eneontre de ^ objecUon , Newton fit l'expérience ««♦«»«. « Je pris, rapporte-t-il, deux ?"•"*; ,.u même forme, et je les liai a»«>*^ r!^ manière que, leur» axes et leurs côtés oppf étant parallèles, ils composaient "^^^7^^ pipède. Un faisceau de lumière solaire *y*V. j introduit dans ma chambre obscure p»r ""P\ j trou fait au volet de ma fenêtre, je mi» «^ • lélipipède au-devant de ce faisceau de lom»*' quelque dislance du trou, en tdlesitnatio»^^ axes des prismes fussent P«rp"^'**{*[7sorJe
rnvnns înridAnts. pt miA ma raVOBStomt)aDi 9»
rayons incidents, et que ces rayons!
premier côté de l'nn des prismes P^^"":^, séries deux cMés contigus des deo j pn«»«»
(1) Platoo., Timée.