‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter; (volume 2)Chapitre 96 sur 110 · JI · texte numérisé non relu

JI

NEWTON

<^rtir par le dernier vùié du second prisme. Ce dernier côté»éUuit4iarallèle an premier cdté du premier prisroe,reQdait la lumièreémergente parallèle à rincidente. Ensuite, au delà des deux prismes, j'en rois an troisième, qui pAt rompre cette lumière émergente , et par cette réfraction jeter les couleurs ordinaires du prisme sur le mur opposé. Après cela je tournai le parallélipipède autour de son axe; et lorsque les côtés contigus des deux prismes furent devenus si obliques aux rayons incidents, que ces rayons commencèrent à être réfléchis, je trouTai qu*alors les rayons qui dans le troisième prisme avaient été le plus réfractés et avaient illuminé le mur de violet et de bleu furent les premiers séparés, par une totale réflexion, de la lumière transmise, les autres restant sur le mur, savoir, le vert, le jaune, l'orangé et le rouge; et qu'ensuite, continuant le mouvement des deux prismes liés ensemble, les autres rayon» colorés «'évanouirent aussi par une totale réflexion , chacun à son * tour, sçlun leurs différents degrés de réfrangii)ilité. Donc, la lumière qni sortait des deux prismes est composée de rayons inégalement réfrangibles, puisque les rayons les plus réfrangibles peuvent en étreôtés, tandis que les moins réfrangibles restent; que si après avoir passé seulement au travers des surfaces parallèles des deux prismes , e\\^ avait éprouvé quelque modification par la réfraction d'une de ces surfaces , elle devait perdre cette modification par la ré* fraction contraire de l'autre surface, de sorte fjirétantpar là rétablie dans son premier état, elle se tronvait de même nature qu'avant de tomber sur ces prismes; par conséquent, la lumière avant son incidence était composée d'autant de rayons , inégalement réfrangibles, qu'après (1). » Nulle part Newton, comme l'a fait observer M. Biot, ne limite le nombre des couleurs simples à sept ou à tout autre nombre, ainsi qu'on le lui attribue généralement; car chaque fois qu'il parle de la formation du spectre par réfraction, il y reconnaît toujours iine infinité de rayons simples, de réfrangibilité graduellement inégales, doués de facultés calorifiques , propres à teindre à nos yeux les objets. Mais,tenant compte des nuances les plus tranchées, il y a établi sept divisions, sans chercher si Ton pourrait, comme l'a fait le docteur Brevrster, les réduire à trois couleurs simples, le rouge, le jaune et le hlea. Il est certain que Newton n'avait pas épuisé tout ce sujet d'analyse ; ainsi, il méconnut Vinégalité de la dispersion des rayons colorés ])roduite sur une même lumière par des corps dénature différente; mais le docteur Brewster est, au jugement de M. Biot, mal fondé à reprocher à Newton « de ne pas avoir songé que les relations des espaces decouleure diverses doivent 4^tre fortement modifiées par la grandeur de l'angle que soos-tend le soleil....; ainsi, deux

(1) TraUé dPOpUque, Ut. I, ^rt. 1, 10* eipérlcnce. W>UV. BlOtift. GÉRÉh. — T. XXXVII.

observateure, placés l'un dans Mercure, l'autre dans Jupiter ou dans Saturne, étudiant le spectre solaire avec les mêmes prismes et la même sagacité que Newton, obtiendraient des résultats très-diflérents» . Après avoir indiqué le procédé (concentrer le cône des rayons solaires par une lentille convergente) employé par Newton dans tous les cas où il voulait prendre des mesures ou faire des expériences précises sur la lumière de réfrangjbilité homogène, M. Biot ajoute : « La concentration de l'image lumineuse du trou par là lentille produit évidemment dans cette disposition le même eflet que si le soleil était diminué en diamètre sans rien perdre de son intensité d'illumination; et somme cette réduction estsans limites,il est clair que l'expérience est bien meilleure qu'on ne la pourrait faire directement dans Jupiter, dans Saturne et même dans Uranus, comme l'exige le docteur Brewster. Et pourtant Newton ne s'est pas encore borné à ces soins; car il prévient expressément qu'il faut en outre opérer dans l'obscurité totale et avec des prismes d'une netteté parfaite, pour pouvoir observer les rayons violets et btens dans une entière pureté; leur faiblesse, surtout vers i l'extrémité du spectre , les rendent très-aisément altérables par le mélange des moindres psKelies de lumière blanche accidentellement disséminées dans l'appartement * (i).

Ce fut après une série d'expériences, ingénieusement variées et qui sont décrites au commencement de, son TraUé (V Optique (2), que Newton aniva à cette importante conclusion, que la Iti* mière n*estpas homogène,mais qu'elle est cornposée de rayons d'inégale réfrangibiUCé; le rouge (le plus réfrangiUe) et le violet ( le moins

M) M. Btot, duM le ^umal dtâ SavanUt iTril itn.

(1) Cet expértencet ont été ^Intl résnioéet par Kewton lui-même : « Puis doitac que parmi toute cette variété d'expériences, faites on sur une lumière réfléchie par des corps naturels, comme dans la l** et la s* expérience, ou spéêolalres, comme dans la ••, ou sur une lumière réfractée , et cela avant que les rayons Inégalement réfractés soient séparés l'un de Tautre par divergence , et qu'ayant perdu la blancheur qu'offre leur réunion, tis paraissent, séparément, de différentes conleurs, comme dan» la I* expérience; ou après que séparés l'un de l'autre, ils paraissent colorés, comme dans les 6«, 7« et S* expériences ; soit , enfin . que l'épreuve se fasne sur une lumière transmise à travers des surtaces parallèles qui se neutralisent, comme dans la i*^ expérience;... et puisque les rayons d'Inégale réfrangibilité peuvent être séparés l'un de l'autre, on par réfraction, comme dans la S* expérience, on par réflexion, comme dana la 10"; et qu'alors les différentes espèces de rayons prises à part éprouvent i égales idcidences des réfractions Inégales , et que les espèces qui sont plus réfractées que les antrea après avoir été dbpersées sont celles qni étaient plus réfractées avant leur dispersion, comme on le volt dans la 6" expérience et les suivantes ; enflo, puisque, si la lumière solaire est transmise successivement à travers trois, quatre prismes, etc., mis en croli» les rayons qui dans le premier prisme sont plus réfrac* tés que les antres sont aussi pins réfractés que les autres dans tcms tes prismes suivants, dans la même proportion, comme le montre la H expérience, il est manifeste que la lumière du soleil est un mélange hétérogène de rayons , dont len uns sont constamment plus réfrangibles que les autres. • {TraUé d^OpUqWy liv. 1, part \ à la fin de la t* proposition.)

HEWTON

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réfranglble) oocapant les d«ax extrêmes de Téchelle (1). Newton démontra ain« qne la canne des couleurs existe dans la Inmière elle-mêtne , et qu'il ne faut pas, oomme l'avaient fait Descaries, Griinakii, Decbales, la chercher dans Taclion des corps qui la réfléchissent on la réfractent. Vers la même époque, il avait imaginé de perfectionner les télescopes catoptriques en diminuant leur longueur sans aflaiblir leur poa- ▼oi r ampiificatif. Mais en cela il avait été d^à prrcédé par un Écossais, Gregory, et par un Français , Cassegrain. Newton envoya un modèle de son télescope à la Société royale, qui se conserve encore aujourd'hui aux archives de cette société. On Ut dans sa lettre d'envoi que l'évèque de Sarum l'avait proposé comme candidat pour une plaoe vacante, et que Newton fut très-sensible à cet honneur. « Je tAcherai, tennine-til, de témoigner ma reconnaissance à la Société royale en lui communiquant ce que je pourrai faire pour l'avancement des sciences par mes faibles et solitaires efforts. *

Les résultats analytiques de la lumière, consignés dans le 1*' livre du Traiié d'Optique,

' furent attaqués, entre autres , par le P. Pardies , qui prétendait que « l'allongement de limage réfractée teuût uniquement à la diversité de leurs incidences primitives sur la première face du prisme >. Assertion d'avance réfutée par les expériences de Newton. Un autre adversaire, Linus, physicien de Liège , soutenait n'avoir jamais pu obtenir une image allongée, mais seulement une image ronde , et il accompagnait son dire de remarques dénuées de sens. Hooke et Hu>gen8 enx-mémes n'éfiargnèrent pas leurs

« critiques , parce que l'un et l'antre étaient dominés par des théories qui ne concordaient pas avec les recherches de Newton. Celui ci avait beau s'écrier qu'il avançait non pas des hypothèses, mais des faits qu'il essayait de coordonner par des lois, les discussions n'en de- Tînrent que plus envenimées. C'est ce qui explique sans doate pourquoi Newton accueillit moins favorablement qu*il ne l'aurait dû la découverte que Hnygens venait de faire de la loi de la double réfraction au moyen du spatli dislande. Quant à Hooke, ses travaux se lient, par nno coïncidence singulière, à presque toutes les graiHles découvertes de Newton. Hooke, rapporteur de la oommission chargée par la Société royale d'examiner les recherches optiques de Newton, s'était exprimé d'nn ton si magistral, q ue ce dernier y répondit d'une manière trèssévère et péremploire (^). Hooke ne répliqua poiut; mais voyant que son antagoniste était dans une vole de découvertes qu'il ^^ralt seul parcourir, il s*empressa de présenter à la Société ro>al<* un mémoire important « Sur les couleurs

* ch tn^eantes qui paraissent en anneaux sur les bulles de savon et dans les lames minces d'air

' (1 ) Méin. rommvniqtufà la Société Rap^ ft la fia de ini. (I) l*htiosophieal iranfoot,, n«T. itri.

interceptées entre des verres pressés ». Deoxis. après (18 mars 1674), il en communiqua uoiuts sur les phénomènes fondamentaux de U difln& tion, découverts et décrits par Grimaldin KCi Il y annonçait en même temps « qu'il se pro>Jsi; des couleurs lorsque deux rayons de hunier; arrivent à la fois dans l'œil , sous des diredios si peu différentes, que cet organe les prend poor un seul rayon ». C'était le principe des iotelt rences, devenu depuis ai fécond en apfÉ» lions.

Newton, fatigué des objections dont iUTaiIttc assailli , voulait ne plus rien publier. « J? fus, écrivit-il plus tacd à Leibniz , si persâeiÉ d'objections et d'interpellations sans fis* àrank de la publication de mes Idées snr U lumièf;, que je résolus de ne pas m*y exposer daTaoUac m'accosant moi-même d'imprudence d'avoir. pour une vraie ombre, perdu mon repos, oalici si solide et si substantiel. » Toutefois, pnbiàment excité par les communications deHookcs adressa, le 9 décembre 1675, à la Société ront le complément de ses travaux snr U knàet formant le 2* et d« livre de son Traité (CO^ tique. Il y traite des phénomènes de colonii» qui s'observent dans les lames minces, et m quels il ramène ceux qui se voient àus b plaques épaisses de tous les oorp£, lorsqo'eiie» sont convenablement présentées à U lumière i^ cidente. Il essaye de les explfquer parvatca^ nuelle alternative de dispositions qu'suraieot ^ particules de lumière à se réfléchir ouà se tns^mettre à travers les corps transparents qo'Hb rencontrent (accès de facile réflexkwetdeftfr' transmission ). Voici comment ce travail de }^ ton a été apprécié par un savant illustre, à ^J^ Toptique doit bien des progrès et qui n'a pas besite à proclamer Newton « le plus graod g^ de tous les temps et de tous les pays «. — « U travail sur lames minces (dans le 2« ^màaTraiU d*04>tique ) est, dit Arago, généralemcat oodsidéré comme un modèle dans l'art de faire d^^ expériences et dans celui de les interpréter. Cdt^ appréciation est bien méritée. OepeDdast le d» pitre en question peut donner lieu à des critiqv< fondées. On est Oché, par exemple, ao poiatde Tne historique, de voir que Newton ^^^ Hooke comme ayant le premier fait naître d6 anneanx entre deux ientillM superposées. lie» été également désirable que l'illnstre *^^^^ marquât que la théorie donnée parHook^^^'* formation des anneaux colorés oondoiMit oécessairementauxIoUexpérimentalesoUeoiMsp^»'

snr Uà SQOoesaion des épaisseurs de la lame d "^ qui engendreles mômes couleurs.... Q»»* ^ '^ ^ roeose thécnie des accès de faoUe réfleiioa « ^ facile transmission, elle ne m'a janaîipffo 4^^ reproductioB de phénomènes enlafl^K^^' elle n'expUque rien dans le viai sens de oe s^ Mais void , en point de &tt, ce qoi est F grave. L'auteur prétend que les couleurs <i '"* larae mince ne dépendent pis de la tf^o^ '

ISEWTOW

milieui entre lei^quels elle est reoferroée. Des expériences ultérieures ont prouvé que les couleurs de cette lame dépendent si manifestement des réfringences particulières des milieux entre lesquels elle se trouve contenue, que noire dans un certain cas, par exemple, la lame devient blanche dans un autre , sans avoir nullement changé dVpaissenr; que le rouge y remplace le vert dans les mêmes circonstances , et ainsi de suite. Quant ù Tapplication que Newton a faite de ses belles expériences à l'explication (les couleurs naturelles des coips , on a démontré depuis longtemps qu'elle est de tou9 points

inadmissible Quant au 3^ livre, celui dans

lequel il est question des phénomènes de la diffraction, on ne le croirait pas sorti de la plume de Newton. L'auteur y nie formellement qu'il se forme des franges colorées dans Tintérieur de l'ombre des corps. Ces franges avaient cependant été indiquées déjà dans l'ouvrage de Gri* maldi, que Newton cite. Pour ce qui est des franges extérieures, elles sont décrites et meso-^ rées avec le plus grand soin ; mais lorsque, pour expliquer leur formation. Newton va jusqu'à supposer que les rayons qui passent près des corps éprouvent un mouvement d'anguille , il ne remarque pas que cette supposition elle-même ne rendrait nullement compte de la position des franges à diverses distances du corps opaque, telles qu'elles résultent de ses propres expé> riences (t)». C'est dans le Traité d'optique que se trouve cette fameuse phrase, qu'on a souvent citée depuis comme une preuve du génie divinatoire de Newton , classant ie diamant parmi les corps eoinbustibles , tels que le camphre, l'huile d'olive, l'essence de térébenthine, qui sont tous des substances riches en carbone (2) . Ce ne fut qu'environ cent ans plus tard que les chimistes démontrèrent que le diamant est du carbone pur.

Le docteur Brewster a trouvé parmi des papiers de famille des manuscrits autographes de Newton sur l'anatomie et la physiologie de l'œiL Mais, d'après l'analyse quM en a donnée , ces manuscrits n'olTient qu'un médiocre intérêt (3).

Newton , si sobre d'hypothèses et de théories , n'a pu cependant résister à cette tendance métaphysique qui semble entraîner tout l'esprit humain. A la fin du Ttailé d* Optique se lit l'énoncé de ce qu'on appelle la théorie de Vériistiony qui a dû céder la place à la théorie des ondulation t (4). Dans l'une et l'autre théorie on admet Texistenoe d'un éther ou fluide im-

(1) Artgo, Fhtiees Moffraphiquet, t. III, p. SSl et sotv.

(1) Voici ce passage remarquable : « Si l'on compare entre elles les force» réfringeote» do camphre, de Tliulle d'olive, de l'huile de lin, de fetaence de («rébenihinc, de l'ambre et dn diamant... on trouvera qu>llrs sont à peu pré* en mf me proportion entre elles que l^nrs densités, n {Traité étOptUgné, Hv. il, part. III, 10* prop.|

(I) Brewsier. Memoirt^ etc., dtfth* li/e, etc^ of New^ ton, 1 1, p. IM et salr.

(4) roy. Arago, Notices Kientifiques, t. IV, p. B9S et

iUlT.

pondérable , universellement répandu dans Tespace et pénétrant presque dans les Interstices des dernières molécules de la matière. Mdis, tandis que dans la dernière théorie (celle de Descartes et Hookc) ce sont les ondulations mêmes de i'éther, ébranlé par laiumière,qui produisent sur ia rétine la sensation de la lumière, exai:teroent comme les ondes sonores, produites dans l'air, engendrent les sons en frappant le nerf acoustique, Newton suppose la lumière n composée de corpuscules infiniment petito , lancés en tous sens autour des corps lumineux par un moteur interne, qui, continuant à agir sur eux à toute distance, tend à accélérer perpétuellement leur vitesse jusqu'à ce que la résistance du milieu éihéré, égalant l'action instantanée de ce moteur, le mouvement de chaque corpuscule devienne uniforme, conune ie devient celiii d'une substance grossière lorsqu'elle tombe d'une grande hauteur dans l'air ou dans l'eau ». On voit qu'il cherchait à rattacher la théorie de la lumière à celle de la gravitation uuiverseJle. « C'est, ajoute-t-il, une chose connue que les corps agissent les uns sur les autres par (les attractions de gravité, de magnétisme et d'électricité ; et de ces faits, qui nous indiquent le cours de la nature, on peut inférer qu'il existe prol»blement encore d'autres puissances attractives (1).»

La première idée du poissant instrument d*analyse connu sous le nom de méthode de flujcions parait remonter à l'année 1665 ou 1666, époque où Newton s'occupait en même temps de Panalyse de la lumière. Peut-être est-ce l'examen du faisceau de lumière diminuant d'intensité dans le rapport du carré de ht distance qui fit naître en lui la conception de la génération des qtiantités. L'idée mère de cette génération des quantités , telle que la concevait l'auteur des Principes de philosophie naturelle, avait pour point de départ le mouvement : elle se trouve énoncée sons la forme de ces problèmes il. La longueur de V espace parcouru étant continuellement donnée (c'est-à-dire à chaque moment, quovis temporis momento)^ trouver la vitesse du mouvement à un temps donné quelconque; II. La vitesse du mouve» ment étant donnée, trouver la longueur de Vopaee parcouru. « Ainsi, dans l'équation xx = y, si y représente, dit Newton, la longneur de l'espace parcouru ou décrit à un temps quelconque, temps que mesure et représente on autre espace x, augmentant d'une vitesse uniforme X, alors XX représentera la vitesse avec laquelle dans le même moment l'espace y sera décrit et vice ver^a. C'est pourquoi j'ai considéré les quantités comme engendrées par un accroissement continuel à la manière de Vespace que décrit un objet quelconque en mouvement (3). »

(1) Traité roptiqve, llr. III, qurstlon 30. (S) Hinc fit ut considerem quant itates tanquam genitas eontlnuo incremento, ut fpattum, quod corpus ont

«71 NEWTON

S'expliquant ensuite sur l'emploi du mot temps, Fauteur ajoute qu'il entend par là une quantité par l'incrément (incrément) ou fluxion {Jluxu) de laquelle te temps est exprimé et mesuré. « J'appellerai, àïi-W, fluenteSy ces quantités que je considère comme croissant (crescentes) graduellement et indéfiniment; et je les représenterai par les dernières lettres de Talphabet, ii, ar, y et Zf afin de les distinguer des autres quantités, qui dans les équations sont considérées comme connues et déterminées, et que Ton représente par les premières lettres de l'alphabet, a, b,c, etc. Quant aux vitesses que diacune des fluentes reçoit du mouyement générateur (vitesses que j'appelle ^tudonf), je les exprimerai par les dernières lettres de l'alphabet, surmontées d'un point : û, i, j^ et i. Ainsi, pour la vitesse ou fluxion delà quantité «, je mettrai it, pour les vitesses de x, y, 2, je metterai i, S, i. » Les valeurs définitives, déduites de la génération graduelle des quantités, étaient donc pour Newton, non pas des agrégations de particules homogènes, mais des résultats de mouvements continus. D'après cette même conception, qui du reste n'était pas nouvelle, les lignes sont décrites par le mouvement des points, les surfaces par le transport des lignes, les solides par le transport des surfaces, et les angles par fa rotation de leurs côtés. Mais il s'agissait de réaliser cette théorie par le calcul. En cela, il fut merveilleusement secondé par le développement, qu'il avait trouvé, des suites infinies et par ce qu'on a depuis appelé le binôme de Newion. L'auteur nous a fait lui-même connaître comment il y était parvenu.

En lisant, à vingt et un ans, le livre de Wallis, De arithmeiica inflnitorum. Newton avait noté les passages qui lui semblaient devoir être plus particulièrement approfondis. Ainsi, Wallis avait donné la quadrature des courbes ayant leurs ordonnées exprimées par une puissance quelconque, entière et positive, de la fonction ix^* et il avait vn que si entre les aires des courbes calculées de cette façon on parvenait à insérer des termes intermédiaires qui formassent une progression géométrique, le premier de ces termes deviendrait l'expression approchée de la surface du cercle en fonction du carré de son rayon. Pour cette interpolation il chercha empiriquement la loi des nombres formant les coefficients des séries déjà obtenues; et lorsqu'il l'eut trouvée , il la généralisa par une formule algébrique. Il put alors s'assurer que cette interpolation lui donnait Texpression en série des quantités radicales, composées de plusieurs termes. C'est ce qu'il vérifia, sous là forme du problème que voici : ^i Étant donnée une équation exprimant la relation de deux ou plusieurs li- I gnes, X, y, z, etc., décrites dans le même temps

qumlibet res mota detciibU, Newton, Omueula, t. I . p.«, édItCaïUUoo). ' '

87Î par deux ou plusieurs mobiles A, B,C,etc, trouver la relation de leurs Titesses, p, g, r, «e Solution : mettez tous les termes d'un s«ilc«)l< de l'équation, en sorte qu'ils soient=0;DHi!.

tipliez chaque terme par autant de fois? que i

a de dimensions dans ce terme ; puis niulliiiEj;

chaque terme par autant de fois 2 que va <îe

y ' dimensions dans ce teiToe; enfin, multipiicz

chaque terme par autatit de fois - que : a ^

dimensions dans ce terme, etc. ; et la &on>ine de ces produits sera = 0, équation qui donœ la relation dep,gr,r, etc. (I). » Les mêmes séries qa'il avait découvertes par une voie indirecte, il ks obtint en appliquant directement aux quaobtës proposées les procédés ordinaires poar l'extnftion des racines des nombres. C'est aiosi qi'l trouva cette formule si célèbre connue sous ^ oom de binôme de Newton , d'un usage si fnfquent dans l'analyse géométrique. Repreuat asuite son mode de génération des quantités,»»' sidérant que \e& fluentes sont en temps égac plus ou moins grandes, selon que leurs Titesses de développement, on fluxions, soot ploson moins rapides , il cherche à détamiDer ktsfi valeurs définitives, d'après l'expressiao de ce$ vitesses. Et comme dans la génération d'oM courbe, d'une surface ou d'an solide par le moovement, les éléments générateurs (ordooDées, abscisses, longueurs des arcs, volumes, iidinaisons des tangentes et des plans tangeals)nrient inégalement, mais soiidairemeot, et (fx cette solidarité ou liaison est exprimée par Féquation analytique de la courbe, delasoiiwe on du solide. Newton pouvait déduire de cette • équation les fluxions de tous ces éléoeais eo fonction d'une quelconque des variables, et de li fluxion de cette variable, supposée arbitraire. Ensuite, parle développement en séries, il traa»* formait l'expression générale ainsi obteoue es une suite finie ou infinie de termes mooooie$, 011 la règle de Wallis indiquée plus haut trps* vait son application (2). L'idée d'appliqué ^ l'algèbre la théorie des fractions décimales âf«l suggéré à Newton et à Mercator ledévelo|>p^ ment en séries. Cette relation est si infime «qu il suffit, ajoute Newton, desavoir l'arifiunétiqoeét l'algèbre, et d'observer la correspoiviiB» ^^ existe entre les fractions décimales et les |^^ algébriques continués à l'infini, poorlaire^ opérations de l'addition , soustraction, moltipU* cation , division et extraction de rarines. Car, comme les fractions dédmaies, les suites iofioi^ ont, quelque compliqués qu'en soient les tenn^» l'avantage de pouvoir être traitées comme <w quantités simples, ou être xéduites àooe ^

(1) neemeil dêdivérus piéeet, ete , 1. 1 ,p.l^* (I) Biot, Mélanges, p. laa.

rîEWTON

infinie de fractionâ dont les numérateurs et les dénominateurs sont des termes simples. *

Toute cette méthode d'analyse, Newton Ta- Tait gardée pour lui jusqu'au moment où parut (en 1668) la Logarilhmoteehnia de Mercator. L'auteur y donna le premier exemple de la quadrature d'une courbe (hyperbole), obtenue par le développement de son ordonnée en série infinie. En y reconnaissant le secret de la mé' tliode qu*il s'était créée pour tous les problèmes de ce genre, Newton se hâta de com- ' muniquer à Barrow, sou maître et ami, le manuscrit du traité De Ànatysi per œquationes numéro terminorutn iufinitas, dont CoUins obtint la permission de prendre une copie. C'est par la date de cette copie, publiée en 1710, après la mort de Collins, que Ton a cru devoir fixer la découverte du développement des fonctions en séries et du calcul des fluxions. Quant à Newton , il ne publia lui-même sa métliode qu'à la fin de la première édition de V Optique 0704) dans deux dissertations, dont Tune est intitulée ; De quadratura curvarum, et l'autre ; Enumeratio linearum iertii ordinis; et ce ne fut qu'en 17 U ( année où (larut aussi le petit traité Methodus differentialis), qu'il laissa publier, par d'autres, son De Ànalysi per sequationes numéro terminorum infinUas, qu'il avait eu, en 1672, l'intention de joindre à une nouvelle édition d'un traité d'algèbre de Kinskhuysen.

L'habitude qu'avait Newton de garder obstinément le secret de ses découvertes fit naître un de ces débats qui ne font pas honneur au monde savant. Leibniz, qui avait entendu parler des résultats inespérés obtenus par Newton au moyen des suites infmies, témoigna à Oldenburg, secrétaire de la Société royale, le désir de les connaître. Sur l'invitation du secrétaire. Newton fit, le 23 juin 1676, transmettre à Leibniz une lettre où il donne les expressions en séries des puissances binomiales, le déve* loppement du sinus par Tare, et celui des fonctions elliptiques, hyperboliques et circulaires sans aucune démonstration, ni indication de méthode. Dans sa réponse du 27 août de la même année , Leibniz émet des doutes sur la généralité de cette méthode, et ajoute qu'il en possède une autre qui « consiste à décomposer la courbe donnée en ses éléments superficiels et 6 transformer ces éléments infiniment petits en d'autres équivalents, mais appartenant à une courbe où l'ordonnée était expirmée rationnellement en fonction de l'abscisse >. Dans une autre lettre, datée du 24 octobre 1676, Newton s'empresse de déclarer qu'il possède une méthode tout aussi générale; « mais, je ne puis pas, ajoute- 1- il, |)ousser plus loin l'explication de cette méthode; l'en ai caché le fondement dans cette anagramme :

(1) Methodut ftmnionum etterierum <n>lRi^arttm, dans 1. 1, det Oputcula de Newton, p. Si.

6accdael3efl713l9n4o4qrr4s9tl2vx (1). Leibniz y répondit, le 21 juin 1 677, en n'employant ni anagramme ni détours : il lui exposa franchement la méthode du calcul infinitésimal^ à peu près telle qu'il la publia, en 1684, dans les i4c<a Bruditorum de Leipzig (2). Newton non-sealement ne souleva aucune difficulté, mais trois ans plus tard, en 1687, il reconnut formellement^ dans son livre des Principes (3), les droits de Leibniz. Pendant près de vingt ans ce dernier développa sa méthode sans qu'il s'élevftt d'aucune pail la moindre contestation. Ce ne fut qu'en 1699 que Fatio de Duillier désigne, dans un mémoire. Newton comme le premier inventeur du calcul infinitésimal ; « quant à ce qu'a pu, ajoutait-il, emprunter de lui M. Leibniz , le second inventeur, je m'en rapporte au jugement des per* sonnes qui ont vu les lettres de M. Newton »• Leibniz répliqua en citant ces lettres et le témoignage que lui avait rendu l'auteur même du livre des Principes, Tout rentra dans te silence jusqu'en 1704. En cette année parut la dissertation des Quadratures, jointe au Traité d'Optique. Les rédacteurs des Actes de Leipzig , en rendant compte de cet ouvrage, signalèrent l'analogie qui existe entre le calcul des fluxions et le calcul infinitésimal, publié vingt ans auparavant dans ces mêmes Actes. De là un toile générai de la part des écrivains anglais. Keill , l'un des plus violents, déclara dans les Transactions philosophiques que non - seulement Newton était le premier inventeur de la méthode des fluxions, mais que Leibniz la lui avait dérobée , en se bornant à changer le nom et la notation. Leibniz fut outré de cette attaque, et assez mal inspiré pour soumettre l'affaire au jugement de la Société royale, présidée par son rival. Ce tribunal, qui évidemment ne présentait pas tous les éléments nécessaires de rimpartialité, fit un recueil des lettres de Newton et de Leibniz, relatives au point en litige, et le publia, en 1712, sous le titre de Commercium epistolicum. .Nous avons dit, à l'article Leibniz, combien cette publication envenima les rapports de ces deux

(t) Le sens de cette anagramme, qni ne rérélalt du reste rien. éUU: Data «fquatione guoteun^e fluenUs quantitatt* involoerUe, /fuxtones Invenireet vice vena. C'était le genre alors usUé de s'assurer la priorité d'une découverte.

(t) « Ce n'est ins, dit I^elbnlz, par les fl niions des lignes, mais par les différences des nombres qoe J'y suis parvcnn, et en considérant que ces di(férences,appllquéet aux grandeurs qui croissent continuellement, s'éTanools» sent en comparaison des grandeurs différentes, au lieu qu'elles subsistent dans des nombres. » Rêcweil de pMeu, t. I, p. M.

(S| II* )lTre,7c propos. ; scbolle du 1" lemmc. « Dans nn commerce de lettres que J'aTals, dit-Il, 11 y a environ dU ans, arec le trèa-babile géomètre Leibniz. Je lui écrivis que Je possédais, pour terminer les maxima et les minimUt une méthode qui s'appliquait aussi aui quantités rationnelles ou irrationnelles , méthode que Je lui cachai sons an chitfre formé de lettres transposées. Cet homme célèbre me répondit qu'il était tombé sur une méthode de ce genre, dont il me donna communication et qnl ne différait de la mienne que dans le mode d'expression, de notaUon et de la généraUon des quantités. ■

NEWTON

tiomrnes de gi^nîe. Newton fat le plus aveuglé fier son anîmosité, et se noisit à lui-même. Non content de faire passer Leihnîz pour un plagiaire, il en vint à soutenir que le calcul dinérentiel ^ait identique avec la méthode des tangentes de Barrow, assertion absurde dans le sens même de Newton, puisque, le calcul différentiel étant supposé identique avec la itaéthode des fluxions , •c'est, non pas Newton , mais son maître Barrow qui en aurait élé le premier inTenteur. Il soute* iiaft aussi que dans le scholie cité du livre des Principes, loin d'avoir voulu affirmer les droits de Leibnis, il avait, au contraire, établi la priorité de la méthode des fluxions. L^ mort même de Leibniz, arrivée à la fin de 1716, ne put arrêter ce débordement de fiel; car, presque immédiatement après, Newton fit imprimer deux lettres manuscrites de son rival , en les accompagnant d^me critique amère et dont il présentait la publication comme ayant été retardée par un sentiment de commisération. Puis, en 1722, il fit donner une nouvelle édition du Commercium «pi£/o/fcum,accompaguéed'une préface Irès-pariiàle. Enfin, en 1725, fl fitôter de la 3* édition de ses Principes le fameux scholie qu'il avait d'abord essayé d'interpréter à son avantage (i). Sans doute ces débats avaient été fort envenimés, de part et d'autre, par le zèle inconsidéré de trop ardents amis. Mais il n'en est pas moins certain que Tbomme de génie, quelque grand qu'il fût, était trop absorbé, de son vivant, par tes préoccupations de sa propre gloire. C'est la postérité qui, ^'élevant au-dessus de misérables conflits de vanité ou d'amour^propre individuel, montre qu'en inscrivant un nom dans l'histoire «lie honore la mémoire de l'homme qui avait tra- Taillé à l'avancement de tous. .

Parmi les autres travaux de Newton, il y a quelque intérêt à mentionner son système de chronologie et ses commentaires sur Daniel et l'Apocalypse. L'ouvrage sur la Chronologie, Newton n'eut jamais l'intention de le publier. Cédant aux insistances de la princesse de Galles, qui s'intéressait vivement aux progrès des sciences, il lui en confia un résumé ; mais elle dut lui promettre que cet écrit ne sortirait jamais de ses mains. Il s'en échappa cependant une copie, qui fut apportée en France par Tabbé Conti. Celui-ci la lit imprimer avec des observations critiques deFréret (Paris, 1725). Newton fut vivement blessé de ce procédé, et le témoigna dans ose note ( Remarks on the Observations mode on a Ckronological Index, etc.), insérée dans le t. XXXIII, p. 315, des Philosophical Transactions,

Le précis que Nevrton avait confié à la princesse de Galles avait pour titre : A short Chronicle from the first memory of things in Eu-

(1) Voy., un cette polémlqne. rédUton du Commertium épistolicum, publiée en 1858, par MM. Blot et Ufort; Beeuell de diverset pièces de Leibniz, Newton, etc., 1. 1, «t Blot. Métangei, t. 1, p. too et suIt.

ro}^ to the conquest of Persia bfi Aleia»der the Great, 34 pages in-quarto, arec om introduction de 4 pages, où Mewtoo àfàxK «r quMI ne prétend pas être exact à trae um près, et qu'il peut y avoir des erreur^ de doq on de dix ans et même de trente, mais pas de plus w. Quant à l'ouvrage prîncfpai, il ne (unt qu'après sa mort, par les soins de M. Condaift : il est intitulé : Chronology of ancient K^ doms amended, to whieh is ffre/uFedashart Chronicle, Jrom the first memory of (hap in Europe to the Conques t qf Persia hf Alexander the Great ; Londres, t728. H se compose, de six chapitres, traitant de ia Chrih notogie des Grecs ; De V Empire d'^jy/*; De V Empire Assyrien ; Des Empires des Babyloniens et des Mèdes; Description ii temple de Salomon ; De V Empire des Ptnn. Le 6* chapitre, trouvé parmi les papiers de T» teur, ne paraissait pas avoir été destiné à I »■ pression (1). Cet ooTrage posthume de ^el• ton (traduit en français par l'abbé Graael),*?fendu par Halley, Rcid et Nauze, fot attaque en Angleterre par Whiston, en France par Soc ciet et Fréret. Laissant de côté la cbronoIoéK sacrée. Newton n'avait traité que celle de lln^ toire profane, qu'il fit partff de l'aDuéeU» avant J.-C. Cest au-dessous de celte fiœJie que vont descendre Inachus, Ogyg^ Deofli" lion, Cécrops, Daoaiîs, Cadmns, le Méoès w lilgyptiens, le Bélus des Assyriens, Sésostns, Sémiramis, etc. Homère et Hésiode n'aoraitti composé leurs poèmes que vers «70, la ^ avant le règne de Mœris en Egypte- T«* l'histoire ancienne profane, depuis f»t^ P'. qu'à la mort de Darius Codoman, se troovarta^ comprise entre 1125 et 331 avant J.-C. \»^ sonnementssur lesquels Newton appai<î»»«r tème sont divisés par M. Daunoo » ^ classes (2) : « 1« l'incohérence ^Tf*.^,^ chronologie commune, qui fait de rbw«'J* ciennc un vaste désert, où l'on ne ^^^.tloin en loin que des fantômes ou rfes P"J^ : r « la durée des générations, ertlmée à»^ trente-trois ans, et la durée moyenne <i^ gnes, évaluée à dix-huit ou vingt ans » -^ M. Daunou, les vues et les calculs de Rewwj concernant ces estimations conservent ooj^ avantage sur les dissertations de ^ ^^, saires » ; 3* « il n'y a dTiistorique que la &^^ tion ; ses progrès sont les seules ^P^f,. ^ gnables dans les annales de ï'^aro»»^ quatre âges chantés par les poètes ae^ ^^^ dent qu'à qnatre grandes générations • ^^ gonaules furent de l'âge d'or. Mio« ^ d'argent, ses fils de Tâge d'*''""'^,:^? fer finit environ trente-cinq ans ap"^ ' ;„- j

de Troie : ces quatre âges, tous poi

siérieor*

(1) Brcwsler, Memoirs, etc., •/ A'*"^'***'

{%) Cours d'études historigues, t V, p. »»• * Flrmio Didot, 1841.

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CadmnSy désignent Tordre dam lequel les mé* taux dont ils portent les noms furent connus en Grèct*-. Enfin, le quatrième raisonnement, qui forme pour ainsi dire toute fa colonne dn système de Newton, est emprunté à rastronomie. On sait qae par suite du monvement rétro* grade, qu'on appelle la précession des éqmnoxes, le soleil, au lieu de correspondre perpétuellement an m6me point dn ciel ou à la même étoile, se déplace de telle façon qu'au bout de soixantedouze ans il aura parcouru un degré en longitude, et dans environ TÎngt-dnq mille ans tontes les constellations du zodiaque. Or, s'emparant, d'une part, de la splière de Chtron (1), dont se servaient les Argonautes et dans laquelle les équinoxes et les solstices correspondaient an milieu du 15* degré des constellations du Bélier et de la Balance ( pour les équinoxes), do Cancer et dn Capricorne (pour les solstices) ; et de l'autre, d'une observation de Méton, faite en 432 avant J.-C, d'après laquelle tes équinoxes et les solstices corrpspondaient non plus au 15*, mais au (T degré de ces constellations. Newton démontra aisément que cette différence de 7 degrés, équivalant à 7 X 72, on cinq cent quatre ans, devait faire descendre Texpédilion des Argonautes à l'an 936 avant l'ère chrétienne. Ce fut là le point de repère pour la détermination de toutes les époques de sa chronologie. C'est là-dessus aussi que s'était concentrée tonte l'argumentation de ses adversaires; et il ne leur fut pas difitcile de prouver qne la prétendue sphère de Chiron, sur laquelle reposait tout Téchafaudai^e, n'avait aucun caractère d'authenticité. L'existence de cette sphère n'est affirmée que par des vers d'un poète inconnu, auteur d'une GIgantomachie, citée par saint Clément d'Alexandrie. Supposé qne Chiron eût fait une «phère, est-ce bien celle, demandait on, qu*Eiidoxe et Aratus ont expliquée? Newton n'en doutait pas, « parce que la sphère décrite par ces deux auteurs était pleine d'aifusions aux Argonautes, à leurs contemporains et à leurs devanciers, et ne retraçait le souvenir d'aucun fait postérieur à leur expédition (2) ». Mais ce n'était pins là, comme le fait observer Daunou, qu'un argument d'érodit. — Delambre a comparé cette controverse à celle de la dent d'or. « On a négligé, dit- il, de discuter ces prétendues observations, et Ton a vainement disputé sur leurs conséquences. On n'a pris garde qu'à la position des équinoxes et des solstices; mais Eudoxe et Arahis décrivent l'équateur, les deux tropiques et les deux coinres, c'est-à-dire deux méridiens dont Fun passe par les points où Técliptique coupe l'équateur, et l'autre parles points où Técliptiqoe touche aux tropiques. Si les observations sont bonnes, si elles sont d'une même époque, toutes les étoiles indiquées devront se

(1) Newton suppose que la sphère expliquée par Eudo&e et Arilns c^t rrJlc de Chtron.

vl) UauQou, Cours d'éludet hiU., t V, p. M«.

' trouver sur le cercle désigaé ; et av moyen du mouvement de préeession, aujounrhui parfaitement eonnu, nous pourrions vérifier la bonté des données et détenniner les époqnes des observations. Si, an contraire, les détails ne s'accordent pas ensemtrie, il s'ensuivra que les diverses parties de la sphère appartiennent à différents âges.... »-» « Or, Delambre, ajoute Daunou, a fait tout œ calcul, et il es résulte que les étoiles placées par Eiidoxe sur un méinê cercle ne s'y trouvent pas réellement;... que plusieurs étoiles n'étaient même pas encore da temps d'Eudoxe arrivées à la position qu'il leur attribue, et qu'elles n'y sont pas même au» jourdlmi et n'y viendront que dans trois cents ans; qu'il s'est ainsi trompé de vingt-quatre siècles, à moèns qu'on n'aime mieux remonter à vingt-trois ou vingt-quatre mille ans; qu'enfin il n'y a aucune sorte de conséquence clironol»gique à tirer de cet amas grossier d'erreurs et d'incompatibilités (I). » — C'est ainsi que le système chronologique de Newton fut ruiné par sa base.

Kévrton avait aussi la réputation d'un grand théologien; elle se trouve en effet justifiée par ses Commentaires sur Daniel et sur VApoco' lypse de saint Jean. D'après une lettre de Newton à son ami Locke, le premier aurait dès 1690 songé à commenter Daniel. Les Commentaires .sur ce prophète, traduits de l'anglais en latin par G. siiderDuin, forment dans l'édition de Castilkm des Opuscuia de Newton (t. III) 15G pages in-^". L'auteur commença par passer ( I*' chapitre) rapidement en revue les livres de l'Ancien Testament, depuis le Pentateuque jusqu'à Daniel ; il y a beaucoup d'érudition, bien que les exégètes modernes pussent y trouver beaucoup à reprendre. Dans le 2* chapKre , il traite du style prophétique. Ainsi, il piétend, par exemple, que rendre les eaux amères veut dire infliger à un peuple quelqne ftéau ; un homme ou un ani« mal signifie un royaume, etc., formant ainsi un dictionnaire à son usage. Le chapitre 3 el les suivants, jusqu'à la fin, renferment les interprétations proprement dites des prophéties de Daniel ; ces interprétations sont principalement fondées sur le lexique qu'il s'était créé. La naissamse, les progrès et la chute du pouvoir papal y jouent no grand rôle. Les expressions ds « un temps, deux temps et la moitié du temps, n le savant commentateur tes traduit par n douse cent soixante années solaires , et prenant pour point de départ Tan 800 de notre ère, il sembla fixer la chute de te papauté vers l'an 2060 *. — > Dans son Commentaire sur VApoealfpse^ qui suit le commentaire sur Daniel, Newton s'atta* che d'abord à détenniner l'époque de la eonK position de ce livre; cette époque parait, selon lui, coïncider avec la fin dn règne de Néron. U

(l> Delambre, cité par Daunou, Cours d études hist*^ t. V, p. sif.

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insiste ensuite surtout sur la destmclion probable da inonde actuel, et la construction d'un uni? ers nouveau,. où régnera la justice (le millenium ), Du reste, presque toutes les prophéties de saint Jean portent sur des événements déjà accomplis, tels que la difTnsion des sept communes chrétiennes de TAsie Mineure, indiquées par les sept candélabres, et la chute de Tempire romain, désigné sons le nom de N grande prostituée de fiabylone ». <— On s*est souvent demandé ce qui avait pu conduire cet esprit, si sévère, si mathématique, à s'occuper de pareilles études. Les uns y ont vu le déclin du génie de Newton ; les autres ont pensé qu'il avait, en cela, cédé aux entraînements du temps où il vivait. Aucune de ces suppositions ne nous paraît fondée. Newton, comme tous les hommes qui ont fait de grandes choses, se croyait investi d'une mission divine ; cette croyance répondait à sa fibre religieuse ; elle se fortifiait avec le progrès de Tâge, et cherobait un aliment dans ces propbéties de la Bible où les nombres, qui avaient fait à la fois le bonheur et le tourment de sa vie, jouent un rôle si important. Dieu, dit un sage de l'antiquité , a fait - de la géométrie en créant le monde. En découvrant les lois de cette géométrie, Newton ne devait-il pas se croire initié aux secrets de la Divinité.'

Comme tous les grands esprits mathématiques. Newton aimait à s'appliquer à toutes les connaissances humaines. La chimie et ralchtmie même ne loi furent pas étrangères. Il avait extrait des notes de Robert Boyie, et dans une lettre à F. Aston il parle d'expériences concernant la transmutation des métaux, et le docteur Brewster cite de Newton une recette pour faire un alliage propre à la fabrication des miroirs métalliques : De métallo ad conftdendum spéculum Cùmponendo et fundendo (i). A la même époque où il s'occupait de la rédaction de ses Principia , 11 se livrait fréquemment à des expériences dans le laboratoire qu'il avait fait construire à son usage. Les écrits physiques, chimique^ de Newton sont : Scala caloris, publié sous le ▼oîle de l'anonyme, dans les Philosophital Transactions {2S mai 1701 ); on y trouve l'indication du moyen de rendre les thermomètres comparables par la détermination constante des deux extrêmes de l'échelle, la détermination de la loi du refroidissement des corps solides à des températures modérées , .et l'observatioh de la constance de la température pendant les phénomènes de fusion et d'ébuUition ; — De natura acidorumt petit traité de deux pages, suivi de Cogitationes variXy contenant des sentences snr différents objets de chimie, reproduit à la fin du traité d'optique, qui contient beaucoup d'al- Insions aux travaux chimiques de l'auteur. Différentes notes qu'on a trouvées de lui témoignaient qu'il se plaisait à faire des extraits de

, (1) Brewstcr, M€m., t. Il, n« XXIX de l'appeodlce.

Jacob Bœhmi de Basile Yalentin et d'autres alchimistes (1).

BiBUOGRAPHiB. Vo^xnhtfi principal de Newton (Philosophie naturalis principia matJ^ematica) eut du vivant de l'auteur trois éditions : la r*", en 1687, in-4o, fut donnée sur les instances de Halley ; la 2* parut en 1713, par les soins de Ck)tes, et la 3*, en 1726, par Pemberton (2). Ces trois éditions présentent de notables différences. Ainsi dans la 3* manque le scholie concernant Leibniz ; dans la 2*^, se trouve encore le même scholie ; mais à la dernière phrase : À mea vix abludentem prxterquam in verborum et noianan formuliSf se trouvent ajoutés ces mots : et idea generalis qtuiniitatum. Addition importante» parce qu'elle différencie essentiellement la naéthode leibnizienne, d'Une génération tonte abstraite, de la méthode newtonienne, qui procède de l'idée de mouvement. Le livro des Principes fut enfin édité parTessanek ; trad. en français par Mme Du Ghâtelet, 1756. Le traité d'optique parut à Londres, sans date, sous ce titre : OptikSp or a Treatise on the reflections andcolours oflight; Newton le présenta lui-même, le 16 février 1704^ à la Société royale. Une 2* édit parut en 17i7« S. Clark, aidé par de Moivre, en donna une édition latine, en 1706. L'édition anglaise fut rénnprimée en 1721 et 1730, et l'édition latine en 1719, 1721, 1728 à Londres, en 1740 à Lausanne, et en 1773 à Padoue. Les Lectiones Op^ ticœ ( Coars d'optique fait par Newton à Toniversité de Cambridge pendant les années 1669» 1670 et 1671) ne parurent qu'après sa mort; l'édition anglaise in-8'', en 1728, et l'original latin, en 1729, in-4^

Les autres ouvrages de Newton ont été recueillis et publiés d'abord par Castillon (Ulewtoni Opuscula mathematicOf philosophica et philologica), 3 vol. in-4*', à Lausanne et Genève, en 1744; puis d'une manière plus complète, par Horsley, en 5 volumes in-4^ ( 1779 à 1785). Dans le t. I( 1779) de cette édition, on trouve : Arif,hmetica universcUis ( publié en 1707 par Whistoo, sans l'assentiment de l'auteur; c'est un traité d'algèbre très remarquable., dont il existe une traduction française ; -* Tractalus de Rationiôusprimis ultimisque;'^Ana' lysis per xquationes numéro terminorwn infinitas (aussi dans le t. Ide Castillon); — Excerpta quxdam ex epistolis ad séries fiuxionesque pertinentia (ibid.); — Tractatus de quadratura curvarum ( ibid. ) ; — Geometria analytica, sive specimina artix analyticx; -^ Methodus differentialis (ibid. ) ; — Bnumeratio linearum tertii ordinis (ibid.). Dans le t. II (1779) : Philosophix naturalis principia mothematica li- M priores duo. Dans le t. 111 (1782) :

(1) Brewster, Miém., t II, p.t88-sos. (t| Foy. EdlestoD, Corretpondanet de Nmoton t, d* Couti isu.

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Yincipiorum liber teriius, de systemate lundi ; ^ De mundi systemate (aussi dans î t. II de redit: de Castillon ) ; — Theoria unx ; Ltctiones opticx ( ibid.)- Dans le t. lY 1782) : Opiiks; — Lettnrs on varions ubjects in natural phtlosophy, published rom ihe originals in ihe archives of the loyal Society ( en partie dans le t. Il de CasiUon ) ; — Lciter to Boyle on the cause of ravitalion ; — Tabula dtue, colontm alera, altéra refractionum ; — De problema* ibus Bernoullianis ( dans le t- de Castillon ).;

- Propositions Jor determining the motion f a body urged by two central forces; — ^our leiters to Dr. Bentley; — Commerium epistoUcum de varia re mathema^ ica, etc. ; — Àdditamenta Commerça epiS' olici ex hisloria fluxionum Raphsoni; dans B t. V ( 1785) : — The Chronology of anctent ïingdoms amended (édit. latine dans le . lli de Castillon) ; — A short chronicle rom a Ms,, the proprieiy of the R» Dr. ï/iinSt dean of Carliste; — Observations ipon the prophecies of Holy Writ; particu' arty the prpphedes of Daniel and the Apoalypse of S. John (dans le t. III de Castillon ) ;

- An historical account of two notable irruptions of Scripture ; In a letter to a rieiid. On trouve des manuscrits et lettres de Vewlon dans différentes bibliothèques et colleciuns (le l'Angleterre. Sa correspondance avec :\)tes, relative à la seconde édit. des Principia^ ii comprenant de soixante ft cent lettres, une grande partie du manuscrit de cet ouvrage, et :inq lettres à Keill sur la controverse avec Leibliz, sont conservées à la bibliothèque du collège le la Trinité à Cambridge, et ont été publiées par i^dleston. Euviron trente-quatre lettres de Newon à Flamsteed se trouvent dans la bibliothèque le Corpus- Christi à Oxford. Le Musée britanlique et la bibliothèque de la Société royale de Liondres possèdent aussi beaucoup de lettres de N'ewton et de ses correspondants. Mais la plu- )&rt des papiers de Netvton ont été légués par sa lièce, lad} Ly mington, à la fiimille Portsmouth ( 1 ).

Ferd. Hoefeb.

Biographia Britannica. — Fontenelle, Éloge de Newon. — Brew»ter, Âiemoirs of tàe Itfe, tariUnifs and titcoveries of $ir Isaae Newton ; t* <idit.,, Édlraboarg, ift^o, S vol. In-ll. -> Blot, Mélanges seienU/Uiue*,t, I.

- Arago, Pfotices biographiquet , t. lU \lfewton),

NEWTON {Richard) f ecclésiastique anglais i lé vers 167ô, mort te 21 avril 1753, à Lavendon- Srange.( comté de Buckingham). Il fit ses premières études à Técole de Westminster» et prit ses grades jusqu'à celui de docteur à l'université 3'Oxford, où il remplit avec beaucoup de dis« tinction l'emploi de répétiteur. Introduit dans la famille de lord Pelham, il fut chargé de surveiller réducation du duc de Newcastle , plus tard mi-

(1) Brevster, Mémoires, etc., t II, p. Ml.

nistre de Georges II , par lequel il obtint , sans l'avoir sollicité, un canonicat de l'église du Christ, à Oxford. En 1725 il avait fondé le collège d'Hertford et perdu dans cette spéculation malheureuse la -meilleure partie de ses revenus. Quoiqu'il eût ordonné en mourant de détruire tous ses papiers, on a imprimé de lui deux ouvrages posthumes^ une traduction des Characters of Theophrastus (1753, in.8*) et un recueil de Ser-* mons (1784, in*8®). Le révérend Newton n'avait mis lui-même au jour qu'un traité, Plura* lities indefensible (1744, in- 8«), destiné à réfuter Henry Wharton, qui avait pris la défense de la pluralité des bénéfices. P. L— y.

Cbalmen, Hist, ef Oxford.

NEWTON (TAomaj), érudit anglais, né le 1*^ janvier 1704, à Lichfield, mort le 14 février 1782, à Londres. De l'école de Westminster il passa à l'université de Cambridge; après avoir été reçu agrégé et docteur en théologie, il prit les ordres en 1730, vint s'établir à Londres , et y prêcha dans diverses paroisses. La réputation qu'il avait acquise par ses ouvrages attira sur lui les faveurs de la cour : il devint successivement chapelain du roi (1756) , prébendier de Westminster (1757), précenteur de ^l'église d'York, doyen de Saint-Paul (1768), et réunit cette dernière dignité à celle d'évéque de Bristol, dont il avait été pourvu en 17C1. Ce prélat, que recommandaient sa charité et son érudition » n'eut pas toujours des principes conformes à ceux de l'Église anglicane, et se rapprocha souvent des congrégations dissidentes plutôt que du catholicisme. On a de lui : Milton's Paradise lost, a poem, tuith notes ofvarious authors; Londres, 1749, 2 vol. in-4*», fig. Cette édition estimée renferme des notes critiques ou explicatives rédigées clairement et en général justes , une Vie de Milton d'après les sources les plus authentiques, une apologie des opinions politiques et religieuses du poète, et une table alphabétique très-détaillée; Newton fut aidé dans ce travail , qui est dédié au comte de Bath, par Heyiin, Jortin , Warborton, Cruden et quelques autres écrivains contemporains ; — Milton's Petradise regained and smatler poems ; Londres, 1752, in-4% fig.; ces deux ouvrages ont donné lieu à de fréquentes réimpressions, soit ensemble, soit isolément; ils rapportèrent à l'éditeur plus d'argent que n'en gagna jamais Milton avec sa plume, — Dissertations on the prophecies which hâve remarkably been fulfilled and, are at this time fulfilling in this toorld; Londres, 1754-1758, 3 vol. in-8", trad. en allemand et en danois. On a réuni ses œuvres après 8amort(lFor*s; Londres, 1782, 3 vol. in-4'', et 1787, 6 vol. in.8'). P. L— y.

lÀfe of Tko, Newton, k U tête de la t* édit. de ses OEuvres,

ITEWTON {William), architecte anglais, mort en 1791. II est l'auteur d'une traduction anglaise deVîlruve, Londres, I77M79», 2 vol. in-8»;

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