CORMENIN
que où ce corps fut reconstitué par Yoie d'élection parlementaire. H y fnt alors réélu par l'assemblée législative ; il présida d'abord le comité du contentieux, et passa ensuite, comme conseiller, à la section des finance*. Après les événements de décembre 1861, M. de Cormenin fut rappelé au conseil d'État reconstitué par l'empereur Napoléon in, qu'il avait défendu lors de l'affaire de Strasbourg.
Imagé, spirituel, abondant mena* dans la eau* serje privée, Bf. de Cormenin manque de talent oratoire et devient muet devant le public. Comme écrivain, M. de Cormenin doit être apprécié sous la triple face de jurisconsulte , de pamphlétaire, de moraliste. Il a par 14 exercé une grande influence sur les aflaires politiques de son temps. Ce fut lui qui mit en vogue les premiers comptearendug des journaux. Comme jurisconsulte, M. de Cormenin a rassemblé le premier les éléments épars du Droit administratif, perdus dans les archives da conseil d'État, et qu'il avait lui-même tant contribué à établir comme rapporteur. Ces règles et ces aphorisme*, particulièrement sur ce qui traite de la compétence, prirent sous sa plume le caractère et la force d'une véritable science, et ce livre, de tous ceux qui ont traité cette matière, fera toujours autorité : il est conçu sous la forme d'axiomes avec des déductions, des preuves tirées des arrêts du conseil d'État. Le nom de M. de Cormenin restera attaché à cette oeuvre remarquable, qui a eu cinq éditions. Ou doit aux instances de M. de Cormenin la publicité des au-'1 diences du conseil d'État, l'institution d'un ministère publie et la défense orale.
De toutes les formes de la presse politique, le pamplOet est la plus redoutable et la plus agressive. M. de Cormenin est le pamphlétaire do règne de Louis- Philippe, comme Sieyès le fut de la Révolution et Paul-Louis Courier de la Restauration , avec la différence que ce dernier est peutêtre plus caustique et M. de Cormenin plue logique. Dans les gouvernements représentatifs, le pamphlet agit d'abord sur le public, qui réagit ensuite sur les assemblées, fous ce point de vue, le triomphe de M. de Cormenin a été complet. Il fit pins avec sa plume incisive qu'il n'eût fait avec sa parole s'il eût été orateur. Ce fut le plus rude adversaire du gouvernement du roi Louis-Philippe. Ses Lettres sur la liste civile, qui eurent vingt-cinq éditions, son pamphlet sur les apanages , écrit qui força le gouvernement de retirer la loi et condamna un ministère (le ministère Mole) à la retraite, curent un succès prodigieux. M. de Cormenin dévoua aussi sa plume de pamphlétaire à la défense des libertés religieuses. On le voit, sur la fin de la Restauration, se jeter dans les luttes ardentes des appelt comme d'abus, puis, sous Louis-Philippe, forcer par ses écrits le conseil d'État à ne plus connaître des refus do sépulture ecclésiastique, malgré le concordat. Le pamphlétaire empêcha donc un grand corps de faire
l'application d'une loi existante. Cette défense de la religion prit ensuite sous la plume acérée de M. de Cormenin une allure plus vive , plus populaire : le fameux pamphlet Oui et Non eut un grand retentissement auprès du clergé de France. Les électeurs voulurent une rétractation ( M. de Cormenin était député [ 1946] ). L'écrivain répondit par un second pamphlet : Feu 1 Feu t qui fut tiré a plus de 60,000 exemplaires 1 Non-seulement les pamphlets de M. de Cormenin lui suscitèrent beaucoup d'ennemis; mais ils lui fermèrent les portes de l'Académie française ainsi que de l' Académie des sciences morales et politiques. L'un des ouvrages les plus considérables de M. de Cormenin, et qu'il a tracé avec une indépendance d'esprit remarquable, est le Livre des orateurs, fruit de dix ans d'observations consciencieuses. A la différence des biographes, M. de Cormenin ne touche pas à l'homme privé; l'homme politique et l'orateurs sont seuls en scène; le Livre des orateurs a été traduit dans toutes les langues; il a eu jusqu'à ce jour (1854) dix-sept éditions.
Comme moraliste, M. de Cormenin a écrit les Entretiens de village, livre qui en 1840 obtint les honneurs du prix Montyon. Poussé à la fois par un sentiment de charité et par une aptitude d'organisation toute particulière, qui lui fait trouver le côté pratique , M. de Cormenin a fondé plus d'oeuvres de charité qu'aucun laïque de ce temps. Voici les principales : Œuvres des veillees-ouvroirs, pour les femmes âgées ; — Œuvres de couture, pour les jeunes filles des campagnes; — des Ouvroirs industriels; — des Aumôniers ; — des Dernières prières ; —
— du Refuge, pour les enfants; — Secours aux vieillards par les enfants de la première communion ; — des Prières pour les morts des hospices; —des Prières pour ceux gui ont dévoué leur vie pour sauver leurs semblables ; — Société d'enquête internationale pour l'amélioration des lois; — des Inscriptions murales des hommes célèbres de chaque arrondissement, etc., etc.
Voici les titres de ses écrits : le Livre des orateurs ; 2 vol., 17e édition ( épuisée), Pagnerre, comprenant les portraits de : Mirabeau, Danton, Napoléon, Manuel, de Serre, de Villèle, Foy, Martignac, Royer-Collard , Benjamin Constant, Guizot, Thiers, Berryer.FiU-James, Casimir Perier, Dupin aîné, Sauzet, Lamartine, Mauguin, Odilon Barrot, Dupont (de l'Eure), Garnjer-Pagès, Lafayette, Laffitte, Arago,Ledru- Rollin , Cormenin ; — Entretiens de village, 8e édition, 1 vol. in-18; — Droit administratif, 2 vol. in-8°, 1822, 6e édition (épuisée) ; — Pamphlets : de la Centralisation, 1 vol., in-32 ; — un Mot sur la liste civile; — le Maire de village, 1 vol. in-32; — Deux der* nier s pamphlets de Timon sur la dotation ;
— Oui et Non, au sujet des Ultramoutaius et des Gallicans (1845); — Feu l feu! réponse aux adversaires de Oui et Pion (1845); — Or*