CORMENIN — CORNA
dre du Jour sur la corruption électorale; — Pamphlet sur V indépendance de V Italie, 1 yoL, in-32 (1848); — Deuxième pamphlet sur l'indépendance de V Italie; — des Salles d'asile en Italie; in-32; — Trois Dialogues politiques : la Souveraineté du peuple, Assemblée nationale, et la République; in-32 ;
— Apologue sur les blessés de la presse; — Petit Pamphlet sur le projet de constitution de 1848; — l'Éducation et l'Enseignement, instruction secondaire; i vol. in-32, 1850; — Révision de la comtitution ;1 vol. in-32 (1851) ;
— Lettres sur la liste civile; 1 vol. in-32 , 22* édition, épuisée;— Très-humble remontrance de Timon; id.; — Défense de l'évéque de Clermont; id.; — État de la question; id.; — le Maître iïécole; id.; — Liberté, gratuité et publicité de renseignement; id., — Avis aux contribuables ;id.;— Deuxième avis; id. Tons les pamphlets de M. deConnenin ont paru sous le pseudonyme de Timor.
E. MOGNOT t>B LtDEN.
Mont. univ. — Letur, Anu. hist. unlv. — Galerie du contemp., t. II.
cormier (Thomas), sieur de'Beauvais, historien et jurisconsulte français, né à Domfront (Orne), vers Tannée 1523, mort en Tannée 1800. Il fut conseiller, puis président de l'échiquier d'Alençon. On a de lui : Thoma Cormerii, Alenconii, Rerum gestarum Henrico II, régis GallUe, libri IV; Paris, 1584 , in-4°; — Henrici IV, Christian, et augustiss. Galliarum Navarrxque régis, Codex iuris civilis ; Lyon, 1602, in-fol. Cet ouvrage, traduit en français sous le titre de : Le Code de Henri IV, a eu de nombreuses éditions.
B. Ilauréan, HisLJittér. du Maine, t III.
gormiliollb ( Pierre - Louis ) , littérateur français, né à Paris, le 16 avril 1739, mort le 13 mars 1822. Il entra dans les ordres, mais pendant la révolution il rompit ses vœux , et se maria. On a de lui : Discours civique, adressé aux officiers municipaux, etc.; Paris, 1790, in-8°; — la Thébaïde de Stace, traduction nouvelle; Paris, 1783, 3 vol. in-12; — VAchil- Icide et les Sylves de Stace, traduites en français; Paris, 1802, 2 vol in-12; 2e édition, augmentée de la version du Panégyrique à Calpurnius Pison, avec le texte; Paris, 1805, 2 vol. in-12. CormilioUe démontre, dans un discours préliminaire, que le Panégyrique à Calpurnius Pison , d'abord attribué à Ovide, puis à Lncain, ne peut être Touvrage de ces deux poètes. Il pense que Stace en est véritablement l'auteur; —Suite et conclusion de la Pharsale, ou supplément de Lucain, traduit du latin de Thomas May; Paris, 1819, in-12.
Quérard, la France littéraire.
cormis (François de) , jurisconsulte français, né à Aix en Provence, en 1639, mort dans la même ville, en 1734. On a de lui : Recueil de
consultations sur diverses matières de droit; Paris, 1735, 2 vol. in-fol.
Dictionnaire de la Provence,
cormis (Louis de), seigneur de Beaureeuefl, biographe français du dix-septième siècle, ff fut avocat généra], et président à mortier ta parlement d'Aix. On a de lui : Table des illustres Provençaux; Aix, 1622, in-fol., sous le nom de Pierre d'Hosier. Cet ouvrage, an jugement de Lenglet-Dufresnoy , est rempli d'erreurs.
LeogleL Dorresnoj, Catalogue des principaux historiens.
cormontaingnb (Louis de), ingénieur français, né vers 1696 (1), mort en 1752. Ingénieur volontaire en 1713, il se trouva aux sièges de Landau et de Fribourg. Il entra dans k corps du génie en 1715, et, après avoir résidé a Strasbourg jusqu'en 1726, il assista, de 1733 i 1745, aux sièges les plus mémorables dans les guerres de la succession de Pologne et de celle 4'Autriche. 11 passa par tous les grades, et parvint à celui de maréchal de camp; en cette qualité, il fut directeur des fortifications des places de la Moselle. Pendant la paix , il améliora celles de Thionville et de Metz (2). Il fit construire dans cette dernière place les forts Belle-Croix et Moselle, et appliqua dans ces deux ouvrages ses principes sur la fortification; il développa les propriétés de la fortification moderne, reconnue» avant lui par Yauban. La plus importante des améliorations qu'il introduisit dans Tait des fortifications fut de soustraire les escarpes en maçoit nerie à la vue de l'ennemi éloigné, et de le forcer ainsi à s'en approcher pour les battre en brèche. Il augmenta la saillie des demi-lunes et doua plus d'importance aux réduits de demi-lunes et de places d'armes rentrantes. Le général Cormontaingne laissa un grand nombre de roanoscrits. M. Bavard, capitaine du génie, les recueilOt et les publia sous les titres suivants : Mémorial pour V attaque des places; Paris, 1806, in-8*; — Mémorial pour la défense des places; Paris, 1806, in-8° ; — Mémorial pour la fortification permanente et passagère ; Paris , 1 809, in-8°. Ce dernier livre avait déjà été publié sous le titre d'Architecture militaire, ou rart de fortifier; La Haye, 1741, in-4°. Ces trois ouvrages forment un manuel completde l'officier du génie; ils ont été publiés en 1809, avec des notes de M. de Bousmard, ancien officier du génie. [Enç. des g. du m.]
Aogoyat, Notice sur Cormontaingne, en tête de la féconde édition du Mémorial pour V attaqué des putceu
corna (Antonio belle), peintre, né à Crémone, travaillait dans sa patrie en 1478. H fat élève du Mantegna, et imitateur de sa premièrt
•" (i) On ne connaît pas la date précise de la natstaace de Connontalngne; ta famille Habitait Strasbourg. Ce* aussi à Strasbourg qu'il fit ses études.
(l) A Metz, Connontalngne devint, en 17a*, logeai* en chef : « mats 11 était subalterne lorsqu'il a tait estetter le système de fortification oui perte son nom et est est derenu classique en Europe. » Angoyat, Jf 0ft*, a tète du Mém. pour t 'attaque des places.
833 CORNA
manière. Un de ses' ouvrages, qui a appartenu à Zaist, l'historien de l'école crémonaise, est le plus ancien tableau de cette école qui offre un nom et une date certaine. Il représentait Julien , qui plus tard fut canonisé, tuant son père et sa mère en croyant surprendre sa femme avec un amant Au pied du lit était cette inscription ;
Hoc opus Manteneœ dldlcit snb dogmate clarl ADtoDil Corne dextra plnilt oput.
MCGCCLXXVIII.
H est à croire que cet artiste ne vécut pas longtemps, ou du mohi3 qu'il n'eut pas une grande réputation, puisqu'il ne figure pas parmi les peintres qui dans le quinzième siècle décorèrent la cathédrale de Crémone de ces fresques qui en ont fait un monument digne de rivaliser avec la chapelle Sktine. £. B— w.
Zatst, Fitê de' pittori Cremonesi. - Lanzi, Storia pit-
CORTfÀRÀ
* cornac ( Jean), abbé de Villelvin, prédicateur français, mort en 1614, dans un âge avancé. H joua un certain rôle pendant la ligue ; il eut un grand crédit auprès du cardinal de Bourbon, qu'un parti essaya de placer sur le trône sous le nom de Charles X, et il devint ensuite conseiller intime du duc de Mayenne. Les historiens ne lui ont pas fait l'honneur de le citer, et ses ouvrages sont restés inédits. La Bibliothèque impériale possède quatre gros volumes in-folio de ses sermons. Ce recueil a trouvé un lecteur, un seul sans doute, qui nous apprend que ces homélies ne sont pas sans mérite. La manière de Cornac est un peu froide, mais contenue et régulière. Son style n'a plus rien des jovialités et des images grossières qui abondent chez les prédicateurs du quinzième siècle. Savant en histoire ecclésiastique, l'abbé Cornac ne cite pas à tout propos, ne s'abandonne pas à ce dévergondage d'érudition qui caractérise l'éloquence de son temps; chez lui, un mysticisme clair et simple se plaît peu aux abstractions. Lorsque Henri IV fut devenu paisible possesseur du royaume , Cornac rentra tout à fait dans cette obscurité dont il avait toujours su envelopper sa vie politique.
Ch. Labltte, de la Démocratie chex foi prédicateurs de la ligue, p. 70.
* cORNACCHiifl (Agostino), sculpteur italien, né à Pesda , et non à Pistoja, comme le disent tous les biographes, vivait au commencement du siècle dernier. Il vint terminer ses études à Rome, où il fixa sa demeure, et où, par la protection du cardinal Fabbroni, son compatriote, plutôt que par son mérite, il obtint des commandes importantes. C'est ainsi qu'il fut chargé successivement d'un bas-relief représentant Saint André Corsini protégeant les Florentins à la bataille d'Anghieri, d'une statue de la Prudence pour la chapelle Corsini à Saint- Jean de Latran, de la statue d'Élie qui accompagne la chaire de Saint-Pierre, enfin de la statue équestre de Charlemagne placée sous le portique de la basilique de Saint-Pierre, en face de
ROUV. BIOGB. CÉNÉR. — T. XI.
celle de Constantin, ouvrage du Bernin. Ce «groupe colossal est une triste preuve de la faiblesse de l'artiste et du mauvais goût de son époque.
A Pistoja, dans l'ancienne bibliothèque des Philippins, présent du cardinal Fabbroni, on voit dans son vestibule deux groupes de Coruacchini.
Ctcognara, Storia délia scoitura. — TolomtJ, Guida di Pistoja.
cornacchini (Thomas), médecin italien, né à Arezzo, vivait dans la seconde moitié du seizième siècle. Il professa pendant longtemps à l'université de Pise. Il laissa des tables médicales rédigées avec beaucoup d'ordre et de soin. Elles ont été publiées par ses fils, Horace et Marc, sous le titre suivant : Tabules medicm, in quibus eajere omnia qum.a principibus medicis grœcis, arabibus et latinis, decuratUmis apparatu capitis ac tkoracis, morbis,febribus, pulsibus, urinis, scripta parsim reperiuntur, methodo adeo absoluta collecta sunt, ut et illa et loci unde sunt hausta sub unum codant oculorum obtutuni; Padoue, 1805, in-fol.; Venise, 1607.
Van den Llndeo, de Scriptoribus medicis.
coRNACCHiifi (Marc), médecin italien, fils du précédent, vivait dans le dix-septième siècle. Sa vie nous est inconnue. Il professa à l'université de Pise , et acquit une grande réputation en répandant la poudre appelée de son. nom, poudrecornacchine, quoiqu'elle ait été inventée par le comte de Warwick. Élève de Jérôme Mercurialis, il publia les Commentaires de son maître sur Hlppocrate, avec les opuscules suivants : de ffominis generatUme; de Vino et aqua, balneisque Pisanis ; Francfort, 1607, in-fol. On a encore de lui : Methodus qua omnes humani corporis affectiones ab humoribus copia velqualitate peccantibus genitœ, tutof dto et jucunde curantur; Florence, 1619, in-4° ; iHd,. 1620, in-4° ; Francfort, 1628, in-8°; — Genève, 1647, in-8°.
Éloy. Dictionnaire historique de la médecine. — Biographie médicale.
* gornalvs (Jean- Jacques), littérateur italien, sur le compte duquel on ne sait rien , si ce n'est qu'il naquit à Plaisance et qu'il fut l'auteur de deux petits volumes en vers latins : de Norma bene beateque Vivendi, Milan, 1493; Bpigramma et dialogus notabilis, Crémone, 1494. B.
Bronet, Manuel du libraire.
* corna r a (Carlo), peintre italien, né; à Milan, en 1605, mort en 1673. Il apprit les éléments de son art sous Camille Procaccini, mais après la mort de cet artiste il parait avoir continué seul ses études. Dans sa jeunesse, il ne peignit que des sujets de petite proportion ; mais plus tard, il osa aborder la grande peinture , et y déploya un style plus délicat que celui de son maître. Un de ses meilleurs tableaux est un Saint Benoit, placé à la Chartreuse de Pavie. On
CORNARA — CORNARIUS
lui doit aussi à Milan la voûte d'une chapelle à Saint-Ëustorge et denx tableaux à San-Alessandro in Zebedia.
A sa mort, il laissa une fille, qui termina tous les ouvrages qu'il n'avait pu achever, et qui en peignit elle-même un assez grand nombre, sonvent oonfondus avec ceux de son père. Son principal tableau est le Christ donnant les clefs à saint Pierre, dans une chapelle de Saint-Ambroise de Milan. £. B-n.
LmbI, StoHapUtorieé. - Tteosti, DixiùHMrto. - PIroftoo, ffmova guida di MUano.
coahaeiiw (Jean), médecin allemand, né à Zwickau, dans la Saxe, en 1600, mort à léna, le 16 mars 1556. Son véritable nom était ffaetnbut, qui désigne en allemand le fruit du cornouiller et que Mosettanus, son professeur, traduisit en latin, suivant la coutume du temps» par le mot de Cornarius. Sous la direction de oa maître habile, Cornarius fit de grands progrès dans les langues grecque et latine, et ne tarda pas à être en état d'enseigner lui-même. H s'adonna à la médecine , et après avoir suivi les cours de la faculté de Wittenberg, il fut admis à la licence en 1523, et reçu docteur quelques années après. 11 parcourut la Livonie, le Mecklembourg, l'Angleterre, la France et les Pays-Bas, cherchant vainement les livres des anciens médecins grecs. Enfin, à Baie, Froben lui montra les oeuvres d'Hippocrate, de Galien, de Paul d'Égpne et de Dioscoride, qui venaient de sortir des presses des Aide. U parvint à se procurer ces livres précieux, et, muni de son trésor, il vint s'établir à Nordhauaen, puis à Francfort-sur-le-Mein et à Zwickau. Ji fut nommé professeur à Marbourg, et plus tard à léna, où il mourut. On a de lui : Univers» rci medicinm hnypauw, seu enumeratio vompendio traetata; Baie, 1529, in-4°j ibid., 1535, in-4°; — de Utriusque alimenté receptacuUs dissertatio, contra quant sentit Plutarchus; Marbourg, 1543, in-ê'; Bile,
1544, in-8°; — Vulpecula excoriât a; Francfort,
1 545, in-4° : cet opuscule est dirigé contre Fuchs, qui avait durement critiqué plusieurs traductions de Cornarius : Vulpecula est une allusion an nom de Fuchs, qui en allemand veut dire renard; — Niira ac brabglayro Vulpecula excoriata asservanda; Francfort, 1545, ln-4° : c'est encore une diatribe contre Fuchs ; — de Convivicrum veterum grmcorum, et hoc tempère Germa* norum ritibus; Baie, 1548, in-8°, inséré dans le tome IX du Thésaurus antûjuitatum grxcarum de Gronovins; — de Peste libri duo , pro tottue Germanicœtunoomniumhominum, salute; Baie, 1551, in-8°; — Medicma, sève tnedicus, liber unus; accedunt orationes dux: altéra, Hippocrates, sive doctor verus; aUera de rectis medicinm studUs amplectsndis; Baie, 1556, in-8«; — Theologim vitis vintferx Ubri III, publiés par Abraham Sehulze; Heidelberg, 1614, in-6°.
• Cornarius est moins connu par ses produc-
tions originales que par ses traductions d'an grand nombre d'auteurs gréas. Plusieurs d'entre elles sont las plus anciennes que l'on ""f^Hn Les plus iniportante* sont s ParthenU Nicwensis Erotica, sive de amatorUs a/fectiontous liber, grec et latin; Baie, 1531, ia-8° ; — Constantini Cmsaris SeUctarum prxceptionum de agricultura libri XX, Joan. Comario interprète; Baie, 1538, in-8* ; c'est nue traduction du recueil des Oéoponiques ; Cornarius la fit réimprimer sous le titre avivant ; CassU Diongsm Uticensis De agricultura libri 2CX, hactenus Constantino Cmsari adscripti; Lyon, 1543, in-8°; Baie, 1556, in-8% — Omnia D. BatUu tnagni, archiepiscopi Cmsarem Cappadods, qux exstant opéra, juxta argumentorumco*gruentiam, in tomos partUa quatuor; Bals, 1540, in-fol.; — Adamantii sophiste Pkgsiognomonicon, id est de natur» indiciù «s» gnascendis libri duo; Baie, 1544, in-*>. flous citerons encore les traductions de Platon, d*A* tius, de Paul d'Égpne, de Syneskis, de saint Épiphane, de Macer, de quelques traités de Galien, de Marcellus Empiricus et d'Artémidore. Ma* les travaux de Cornarius qui noua intéressent le plus sont ceux qu'il exécuta sur Hippecrate, dont U publia le texte m 1538, et une traduction latine huit ans après, sous le titre suivant c Mp. pocratis Coi, medicorum omnium longe pri* dpis, Opéra qu* ad nos exstant omnia; Baie, 1546, in-fol. Cette traduction lui avait conté quinze ans de travail. On en possédait déjà use de Calfo, mais que Cornarius ne connaissait pas, et qui est fort inférieure à la sienne. La nef» leure édition est celle de Baie, 1558, in-86.
Aloy, Mettonamk* MMorigm do te wrttcfcn. - Biographie médicale - Telsaler, Éloges. - Adam, ru* eruduorum. - Kestner, Hedici*. Celêhrtoià-Uxicw.
*coRNA*ttT* {Achates), médecin allemand, fils du précédent, né à Zwickau, vers 1530, mort dans la seconde moitié du seizième siècle. Reçu docteur en médecine à léna, en 1558, il mourut médecin pensionné de Creutzenach, dans le Palatinat. Il termina la traduction de Platon, laissce inachevée par son père, et la publia avec une préface de sa façon.
Biographie médicale,
GOftMAMtts (Diomèêfe), médecin allemand, autre fils de Jean Cornarius, né h Zwickau , vers 1535, mort an commencement du dix-septième siècle. Après avoir étudié la médecine & léna, Vienne et Wittenberg, il exerça quelque temps sa profession à Tyrnao, en Hongrie, et fut nommé professeur à l'université de Vienne. Maximilieu U le choisit pour médecin en 1586, et l*anobIît II mourut dans un âge avancé. On a de lui : Consiliorum medkHnalium habitorum in consultationibus a clarissltnis atque expertissimis. apud diversos xgrotos, partim defunctis, partim adhuc superstitions, medicis tractatus; Leipzig, 1599, m-4°.
Êloy, Dictionnaire hittorigm à* te méàociM, - Biographie mUioato. — Fréter, rhftimmmméitmwm
CORNARO
coasano, célèbre femffle ttaMenne, originaire de Venise, et qui prétendait descendre des Cornélius. En voici les principaux membres, en commençant par les doges :
cmhaeo (Marc) y doge de Venise, né vers 1284, mort le 13 juin 1367. 11 succéda, au mois d'août 1366, au doge Laurent Celai. Affaibli par Tage, il eut peu d'Influence dans les conseils de la république, et ne prit presque aucune part aux événements qui se pâmèrent pendant qu'il était en charge. Le gouvernement de Venise se laissa entraîner par Pierre de Lusignan à une croisade contre le soudan d'Egypte. Les croisés se bornèrent à pûter Alexandrie, et se rembarquèrent au bout de quatre Jours. Cette expédition n'eut d'antre résultat que de brouiller les Vénitiens avec le soudan. H fit séquestrer leurs marchandises, mettre les marchands aux fers, et il fallut que la république lui envoyât de riches présents pour se réconcilier avec lui. L'année 1366 n'était pas terminée lorsqu'une nouvelle révolte éclata dans Candie. Le gouverneur de 111e demanda de prompts secours, et dans le courant de l'année 1366, après une guerre sanglante, l'inavrecoon Ait vaincue. Presque tous les moteurs de la révolte périrent sur l'échafaud ; les femmes et les enfants de la puissante Camille des Calenge ne lurent pas épargnés. Cette pacification sanglante termina le règne de Marc Cornaro. H eut pour successeur André Contarini. Dâni, Histeir* dm la répuèliêue de Fenit*, I. IX.
GOftKAfto (/eau), doge de Venise, mort le 23 décembre 1629. il succéda à François Contarini, le 16 décembre 1624. Il éprouva dans son propre ils combien les lois de la république étaient inflexibles. Il existait entre sa maison et celle des Zeno une de ces inimitiés trop souvent héréditaires en Italie. Renier Zeno, qui se trouvait l'un des trois chefs du conseil des Dix, censurait .tout ce que faisait le doge , et s'élevait contre les faveurs accordées à ses enfants. N'ayant pu forcer Frédéric Corners, évèque de Bergame et fils du doge, à refuser la dignité de cardinal, qui venait de ha être conférée, il avança que les enfants du doge n'avaient pas tous le droit d'en* trer an sénat, et il en fit limiter le nombre à deux; de sorte que George Cornaro, le plus jeune des trois fils du doge, s'en trouva exclu. Pour se venger, celui-ci attendit Zeno à la porte du palais, rassasiait avec l'aide de quelques complices, le frappa de neuf coups de poignard, et prit la fuite. Bien que Renier Zeno n'eatpas étéblessé mortelle» ment, le coupable fat condamné par contumace ; ses biens présents et à venir forent confisqués et son nom efiacédu Livre d'or. L'inflexibâtté de sa loi fait constatée par un marbre élevé sur le heu même eà le crime avait été commis. George Coraaro, qui s'était réfugié à Ferrare, fut tué dans une rixe, par un autre banni. Sons le règne de Jean Cornaro , les Vénitiens furent les attés de la France contre la maison d'Autriche dans ses guerres peavia possession de la Valteline et peur
la succession des duchés de Mantoue et de Montferrat Cornaro ne vit pas la fin de cette guerre; il mourut de la peste qui ravageait l'Italie. A aucune époque ce fléau n'avait été ni si général ni si opiniâtre : on assure que Venise perdit soixante mille de ses habitants, et les provinces plus de cinq cent mille; c'était le quart de la population.
Dara, Htttoin d* la république d$ re*i*e, 1. XXXII.
cornabo (François), doge de Venise, mort le 5 juin 1656. Il succéda à Charles Contarini, le 16 mai 1656. Son règne, qui ne dura que vingt jours, ne tut signalé par aucun événement important.
Duo, Btootnde la répudUfm dm rmkim, L XXXIII.
cornauo (Jean), doge de Venise, né en 1647, mort le 12 août 1722. Il succéda à Louis Mocentgo, au mois de mai 1709. Venise essayait alors de se maintenir neutre entre la France et l'Autriche, qui se disputaient le Milanais; elle voyait son territoire vicié par les deux parties belligérantes, sans oser se déclarer pour l'une ou pour l'autre. Tandis qu'elle entretenait inutilement vingt ou vingt-quatre mille hommes sur la frontière du Milanais , eUe n'en avait pas huit mille en Morée. Tout à coup, en 1713, le ministre vénitien fut arrêté à Constaiitinopie, et un corps de troupes ottomanes s'avança vers ia Dalmatie, pendant que cent mille Turcs, commandés parle grand-vizir et secondés par une flotte de plus de cent voiles, envahissaient la Morée, qui fut conquise en quelques mois. Corfou, vaillamment défendue par le général saxon SchuUembourg, soutint quarante-deux jours de siège, du 6 juillet 1716 au 18 août. Les Turcs se retirèrent après avoir perdu quinze mille hommes. Enhardis par ce succès et par les victoires du prince Eugène en Hongrie, les Vénitiens reprirent Vonixza et Prevesa; mais ils furent bientôt forcés d'accéder à la paix de Passarowfa ( 21 juillet 1716), qui laissa la Morée aux Turcs , sans donner aucun dédommagement à la république de Venise. Jean Cornaro eut pour successeur Sébastien Moeenfgo.
(tara, fffefftly» 4* <* rêpmàSkfUé dm rattiat, XXXIV,
enaxABO (iMSiçnana-Caierina), reine de Chypre, née à Venise, en 1464 , morte dans la même ville, le 6 juillet 1510. Elle fut élevée dans le couvent de San-Benedetto, à Padoue. A cette époque, le petit royaume de Chypre n'était plus qu'un fief relevant du soudan d'Egypte. Jean m , qui régnait alors , était gouverné par sa femme Hélène, princesse grecque de la fanaille des Paléologue. Il n'était issu de cette union qu'une fille , mariée à Jean de Portugal, qui résidait dans 111e avec elle. Un parti puissant ae forma contre la reine , qui fut forcée de céder radministration à son «gendre. Le poison la délivra bientôt de Jean de Portugal; mais elle eut bientôt un autre sujet d'inquiétude. Le roi avait un fik naturel, nommé Jacques , et il
CORNARO
n'était pas rare à cette époque de voir des bâtards réclamer les droits des héritiers légitimes. La reine , pour faire cesser les prétention» de celui-ci , l'avait fait nommer archevêque de Nicosie , métropole de l'île. André Cornaro , oncle de Catherine, se trouvait alors en Chypre; 0 parla de sa nièce au prince archevêque, et persuada à ce dernier de renoncer à sa dignité ecclésiastique et d'épouser la jeune Vénitienne; mais Jacques fut contraint par la reine Hélène de s'enfuir à Rhodes. Il y apprit bientôt la mort de la reine , celle du roi et l'avènement de Charlotte, veuve de Jean de Portugal, laquelle se maria en secondes noces avec Louis , second fils du duc de Savoie. Jacques courut implorer l'appui du Soudan d'Egypte ; celui-ci reconnut son client pour héritier de la couronne de Chypre, et lui fournit des troupes. Jacques débarqua dans 111e, où il fut puissamment secondé par les intrigues d'André Cornaro. Charlotte et Louis se sauvèrent à Rhodes, et ensuite à Naples , ne conservant qu'un vain titre , dont les ducs de Savoie se sont prévalus depuis pour prendre la qualité de rois de Chypre et de Jérusalem. Jacques témoigna sa reconnaissance à Cornaro par des faveurs royales ; mais, oubliant l'alliance qu'il avait projetée avec la nièce de ce patricien, il épousa la fille d'un des princes de la Morée. Il devint veuf peu de temps après. Alors Cornaro renoua le projet formé quelques années auparavant, et , offrant a la fois la protection des Vénitiens et sa nièce, il détermina Jacques à accepter l'une et l'autre. Catherine Cornaro , adoptée par la république, apporta une riche dot, qui fut hypothéquée sur les villes de Famagouste et de Cérines. La jeune reine arriva sur une escadre vénitienne ; et la seigneurie, en acquérant un droit sur deux villes importantes, se ménagea le droit de réversibilité sur la couronne de sa fille adoptive.
Cet événement se passa en 1469. Trois ans après, le roi Jacques mourut, laissant sa veuve enceinte et trois enfants naturels, dont deux garçons et une fille. Par son testament, il déclara que si la reine mettait au monde un fils, ce fils hériterait du royaume et resterait pendant sa minorité sous la tutelle de sa mère et d'André Cornaro; que si la reine accouchait d'une fille , le royaume serait partagé entre la fille et la mère, et qu'enfin à défaut d'enfant légitime, la couronne serait dévolue aux enfants naturels , suivant l'ordre de primogéniture. Il recommanda en même temps sa veuve et son royaume à la république. Après la mort de Jacques, Catherine, malgré une protestation de Charlotte, prit sans obstacle les rênes du gouvernement, sous la protection de la flotte vénitienne. Mais bientôt une conjuration se forma contre la reine et son oncle André Cornaro. Dans la nuit du 13 novembre 1473 , celui-ci reçut un message de la reine qui le mandait au palais ; c'était un ordre supposé : André fut assassiné dans le trajet avec un autre Vénitien nommé Marc Bernbo. Pendant ce temps
le palais était investi , et les conjurés se saisis saientdu jeune roi et de sa mère, llsforcèrent celleci d'écrire au gouvernement vénitien qu'André Cornaro venait de tomber victime du ressentiment des soldats , qu'il avait privés de leur paye, et que ce meurtre avait délivré la reine de Toppression de son oncle et le royaume des rapines de cet étranger. Us s'emparèrent de toutes les villes , et annoncèrent le mariage de la fille naturelle de Jacques avec Alphonse d'Aragon, fils naturel du roi de Naples. A la première, nouvelle de ces événements, Moeenigo, commandant de laflottevénitienne alors en station sur les cotes de Morée, accourut, dispersâtes rebelles par la seule apparition de son avant-garde, et n'eut plus qu'à punir ceux des conjurés qui n'avaient pas pris la fuite et à mettre des garnisons dans les principales villes du royaume. Le jeune prince dont la reine était accouchée mourut en 1475 ; les enfants naturels de Jacques furent enlevés et conduits à Venise; il ne resta plus dans l'Ile que le parti de la reine, ou pour mieux dire des Vénitiens , car, héritiers d'une princesse veuve et sans enfants, ils se regardaient déjà comme maîtres du royaume , et en saisissaient toute l'administration. Cet état de choses se prolongea jusqu'en 1488. La république était impatiente d'hériter; Catherine était épuisée par une oppression de quinze ans. En public , on la traitait encore de reine; dans l'intérieur, on avait soin de lui rappeler qu'elle était Catherine Cornaro. Cependant elle supportait cette obsession avec une patience qui désespérait ses tyrans. A la tin , ils voulurent consommer leur usurpation, et il fut arrêté qu'on exigerait d'elle une renonciation formelle à la couronne. Le conseil des Dix choisit pour faire porter cette décision à la reine son propre frère, George Cornaro. Après avoir fait un peu de résistance, demandé des délais, elle se soumit, et partit de Nicosie, accompagnée des provéditeurs vénitiens , pour se rendre au port de Famagouste. Sur son passage, elle reçut tous les honneurs dus à son rang. Les magistrat* et le clergé la recevaient à la porte des villes; elle y faisait son entrée sous le dais, et traversait les rues entourée d'une garde vénitienne , au milieu d'une population étonnée, émue de ce spectacle, et qui la saluait de ses acclamations. Lorsqu'elle fut arrivée à Famagouste, le généralissime de la flotte lui présenta les dépêches de la seigneurie. Catherine répondit que fille de la république, elle obéissait au sénat. Pour donner une sorte de formalité à son abatcation, on assembla un conseil; la reine annonça solennellement qu'elle déposait la couronne. Cest ainsi que les Vénitiens prirent possession de Chypre, le 26 février 1489. Catherine s'embarqua le 14 mai. A son arrivée à Venise, le doge et la seigneurie allèrent au-devant d'elle. On la reçut avec de grands honneurs, et on lui assigna pour demeure le château fort d'Asolo, dans la province de Trévise, où elle fut environnée d"hon-
CORNARO
neurs et de gardiens. Elle charma par la culture des lettres et la magnificence- d'une cour les loisirs de son abdication forcée. Un parent de Catherine Cornaro , Bembo, alors jeune et depuis cardinal , a consacré , dans ses dialogues intitulés gli Asolani, les souvenirs du délicieux séjour d'Asolo et de la charmante souveraine qui en faisait les honneurs.
Jean Trieate, Brève notizis spettanti alla vita délia reçint» CaUrina Cornaro Lusignana ,*dao» le tome XIV de la Nuova rmceolta foputeoli seienti/M et fUolo- 9ici;UU. - Oara, Histoire derenise, Urre XVUj Pièces Justifie., i. vu, p. «70.
cornaro (Louis), hygiéniste italien, né à Padoue, en 1467, mort en 1566. Il avait reçu de la nature un tempérament très-faible ; les désordres de sa jeunesse achevèrent d'altérer sa santé, et il se vit à quarante ans menacé de perdre une vie déjà languissante et épuisée; c'est alors que, changeant tout à coup son régime, il restreignit sa nourriture à douze onces d'aliments solides et à quatorze onces de vin par jour. Il s'occupa aussi de réformer son caractère; naturellement sombre et haineux, il parvint à se rendre gai, aimable. Sa santé se rétablit avec une rapidité étonnante; et toujours fidèle au régime qui la lui avait rendue, il mourut presque centenaire, à Padoue. Depuis l'âge de quatre-vingttrois ans jusqu'à celui de quatre-vingt-quinze, fl publia successivement en quatre parties l'opuscule dans lequel fl trace le plan de conduite dont il retirade si précieux avantages. Cet ouvrage est intitulé : Discorsi délia vita sobria, ne* quali, con Fesempto di se stesso, dimostra con guali tnezzipossa ruomo conservarsi sano fino alV ultima vecchiezza; Padoue , 1558, in-8° : cette édition ne contient que trois discours. Parmi les éditions suivantes, qui renferment les quatre parties, on remarque celles de Venise, 1599, in-8°, et 1620, in-8°, et celle de Paris, 1646, in-24. Le Traité de la vie sobre a été traduit en vers italiens; Venise, 1666, in-8° ; en latin, par Léonard Lessius, qui Ta joint à son Hygiasticon; Anvers, 1613, in-8°; Milan, 1615, in-8°. 11 a paru plusieurs traductions françaises de cet ouvrage , sous ces titres : Conseils pour vivre longtemps , 1701, in-12; VArt de conserver la santé, etc., Leyde, 1724, in-12 ; de la Sobriété et de ses avantages , Paris, 1772, in-12.
Le système de Cornaro a trouvé des contradicteurs, et l'on publia en 1702, in-12, à Paris, un ouvrage intitulé : YAntirCornaro, ou remarques critiques sur le Traité de la vie sobre; mais ces remarques étaient d'autant plus inutiles, que le~noble vénitien y avait répondu d'avance, en faisant observer que l'efficacité du régime dépend du tempérament de chacun , et que les aliments doivent être mesurés sur les forces digestives de chaque individu. On a encore de Cornaro l'opuscule suivant sur les lagunes de Venise: Traitato de acque; Padoue, 1560, in.-4°. [Enc. des g. du m., avec ac|dit. ]
Biographie wié&ieals.
cornaro . fiscopia ( Lucrèce- Hélène ) , savante italienne, née à Venise, le 5 juin 1646, morte le 26 juillet 1684. Fille d'un procurateur de Saint-Marc, elle fit dans toutes les sciences des progrès rapides, qui excitèrent une juste admiration. Elle savait également bien l'espagnol, le français, le latin, le grec, l'hébreu, et avait une teinture de l'arabe; elle possédait à fond les mathématiques, l'astronomie, la musique, la philosophie et la théologie. Le doctorat en philosophie lui fut solennellement conféré le 25 juin 1678, dans l'église cathédrale de Padoue. Hélène était modeste et pieuse ; son goût pour l'étude Téloignait tellement du mariage, que de très-bonne heure elle fit vœu de célibat; elle prit même l'habit de Saint-Benoit et en observa la règle, mais sans entrer dans un couvent. Le père Bacchini publia ses œuvres , sous le titre suivant : BelenseLucretUeComelixPiscopiœ, virginis pietate et eruditione admirabilis , ordinis S. Benedicti privatis votis adscriplx, Opéra qum quidem haberi potuerunt; Parme, 1688, in-8° : ce sont des discours académiques italiens, des éloges latins, un livre ascétique intitulé : Entretien de Jésus-Christ avec Vdme dévote. Cet ouvrage , composé d'abord en latin par le chartreux Jean Lansperg , fut traduit en espagnol par Andréa Capiglia. Lucrèce Cornaro le traduisit de l'espagnol en italien ; elle le publia sous le titre de Lettera o vero Colloquio di Cristo nostro) Redentore alV anima dévot a; Venise, 1673, in-24. On trouve de ses vers dans le Recueil des poésies des femmes célèbres, publié par M™ Bergalli. [L. Ozbnke, dans Y Enc. des g. du m.]
NIceroD, Mémoires. — Feller, Biographie universelle, édit de M. Weba, toL XIX et XX.
cornaro ou corhelio (Flaminio), historien italien, né à Venise, le 4 février 1693, mort dans la même ville, le 27 décembre 1778. Fils d'un sénateur, il obtint lui-même cette dignité en 1730. Il se consacra entièrement à l'histoire des églises vénitiennes. Le clergé lui en témoigna sa reconnaissance en faisant frapper une médaille en son honneur. On a de lui : EcclesUe venetss antiquis monumentis, nunc etiam primum editis, illustrâtes ac in décodés distributée; Venise, 1749, et années suivantes; 18 vol. in-4' ; — Laurentii de Monachis Veneti De Rébus Venetis , ab urbe condita ad annum 1354 ; omnia ex manuscriptis editisque codicibus eruit, recensuit,prœfationibus illustravit Flaminius Cornélius; Venise, 1753 , in-4° ; — de Clero et collegio novem congregrationum cleri Veneti; Venise, 1754, vol. in-4°; — Opuscula quatuor, quibus illustrantur acta beati Françisd Foscari , ducis Venetiarum, Andrese Donati , equitis ; accedit opusculum quintum De cultu S. Simeonis ; Venise, 1754, in-4° ; — Creta sacra, sive de episcopis utriusque ritus graeci et latini in insula Crète; Venise, 1755, 2 vol. in-4*; -• Notizie storiene
CORNARO -
délie chiese e de' monasterj di Venezia e di Torcello, tratte dalle Chiese Venete Torcellane di Flaminio Cornaro, senator veneziano ; Padoue, 1758, in-4° ; — Relations délie ïmagini miracolose di Maria, conservate in Venezia , e notizie storiche délia B. V. Maria del miraculo venerato in Desenzano; Venise, 1758; —Hagiologicum italicum ; Bassauo, 1 773, 2 yoI. in-4° ; — Esercizio di perfezione e di cristiana virtû, composta dal P. Alfonso Eodrignez, nuovamente accomodatoad ogni stato di persone; Bas&ano, 1779, 3 vol.
D. Anselme Costatloni, Mémoires sur la vie dé Flaminio Cornaro; Basaauo, 1780, In- 8®.
* cornaros ( Vincent) , poetegrec moderne, probablement d'origine vénitieune, vivait au seizième siècle, à l'époque où les Vénitiens étaient encore maîtres de File de Crète. 11 était natif de Setia, capitale de la province orientale de cette tle. 11 passe pour l'Homère de la Grèce moderne. L'obscurité qui enveloppe sa naissance et sa vie, la gloire d'être aussi chanté par des rhapsodes, le caractère de quelques types de son poème , le feu qui anime ses combats, l'ingénieuse variété des aventures de son héros, l'emploi d'une langue à peine formée, lui donnent quelque ombre de ressemblance avec le chantre de l'Odyssée. Son poème, divisé en cinq chante, et en vers rimes, est intitulé Erotocrilos. Le fond en est emprunté aux romans de la chevalerie ; les fictions de la Table-Ronde et des Amadis y sont imitées avec habileté. Hercule, roi d'Athènes, a une fille unique , parfaitement belle, nommée Aréthuse, et un ministre accompli, nommé Pisistrate. Le fils de ce ministre, Érotocrite, devient amoureux d'Aréthuse , qui , de son côté, répond à son amour. Indigné de l'audace d'un sujet qui ose prétendre à la main de sa fille, Hercule le condamne à l'exil; il fait aussi jeter dans un cachot sa fille Aréthuse, pour la punir d'une passion aussi vilaine. Enfui, après avoir triomphé des épreuves les plus périlleuses, les deux amants, à force de persévérance et d'héroïsme, fléchissent le roi , qui les unit L'action est fort simple : c'est un mérite que relèvent encore, et à un haut degré , la moralité des i>ensées , une incroyable originalité d'expressions et une fleur exquise de galanterie chevaleresque. Les descriptions, quelquefois pittoresques , sont souvent un peu longues. Dans aucun document littéraire, la Grèce moderne ne nous offre un texte plus intéressant, plus instructif pour l'étude comparative de la langue ancienne. D'Ansse de Villoison s'est extasié au sujet de quelques dorismes échappés de la bouche d'un Grec : qu'eût-il dit de ce poème , qui en est rempli ! Le style en a déjà vieilli, au point que des Grecs, même instruits, ne l'entendent pas toujours. Ce motif a déterminé un citoyen de Patras, Pénis Photinos , à refaire ce poème : son travail a paru à Vienne, en 1818, 2 vol. in-8°; mais les Grecs et tous les philologues préfére-
CORNAZZAM 844
ront toujours l'ancien Érotocrite, parce que, indépendamment du mérite poétique et de la d*j , veté du style, qui les charment, Us y voient un des plus précieux monuments die la Grèce pour l'histoire de sa langue impérissable. La première édition a été réimprimée à Venise, avec quelques autres poésies, également anciennes et naïves, telles que BooxoicouXs, le Sacrifice d'Abraham, etr. Cornaros fait les délices de fimmense majorité des îles et du continent hellénique. [Enc. des g. du m., avecaddit.]
Leuke, Eesearches in Greect% p. 101. — Brandis, Mittheilungen ueber Criée henlandy 111,80. — A . EUtoea. Versuch einer Polyglotte der Europaiseken Poésie, l, m. — Fanriel. Chants populaires de la Grèce moderne, tom. 1", Introduction. — L'outrage d'un littérateur allemand, Intitulé Uucothôe.
corxax (Mathias), médecin italien, vivait au seizième siècle. Né dans là Romagne, il fit ses études à Venise, sous Nicolas Massa, enseigna lui-même pendant quelque temps dans cette ville, devint médecin de l'empereur Ferdinand, et mourut professeur à l'université de Vienne. On a de lui : Historia qtiinquiennisfere gestalionis in utero, quoque modo infans semipul ridas, resecto alvo, excerplus sit, et mater curata evaserit; Vienne, 1550, in-4° : c'est un fait trèscurieux d'opération césarienne, pratiquée avec succès chez une femme qui portait le produit d> la conception depuis cinq ans, dans l'utérus. On trouve à la suite un supplément, qui a pour titre : Historia secundo, quodeadem/œmina denuo conceperit, et gestavei'it fœtum virum perfectum masculinum ad legitimum pariendi tempits, quodque expost habita sectione mater una cum puella interierit ; — Medicx consultationis apud aiyrotos secundum artem et experientiam salubriter inslUuendx enchiridion; Bàle, 1564,in-8°.
Adam, Vitœ erudit. - Kestoer, Msdici*. Gettkrl.* Lexic. — Bxog. médic.
CORNAZZANI, CORNAZZANO OU CORSAZA-
xv s (Antonio), littérateur italien du quinzième siècle ; il naquit à Plaisance, selon les uns à Ferrare, selon les autres. Il vécut longtemps à MHan, où il était en faveur auprès du duc François Sforœ. Son patron étant mort, il alla à Venise, fit un voyage en France, et passa le reste de sa vie à Ferrare. On conjecture qu'il mourut vers 1530. Ses ouvrages en vers, en prose, en latin, en italien, sont nombreux et de divers genres. Plusieurs n'existent qu'à l'état de manuscrits, dans les bibliothèques de l'Italie. Le seul qui ne soit pas tombé dans l'oubli a pour titre : Proverbii in facezie. L'auteur y explique, dans des historiettes, souvent beaucoup trop lestes, l'origine de seize proverbes italiens. La première édition est de Venise, 1518, in-8° ; on en compte une quinzaine, qui suivirent celle-ci dans l'espace de trente ans. Elles sont toutes devenues fort rares, et elles étaient imprimées avec beaucoup de négligence. Un libraire parisien, instruit et lélé, M. Renouard, en a donné en 1812 une réimpres-
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swo comète et soignée» qui n'a été tirée qu'à cent exemplaires. Malgré tout ce que l'ouvrage de Cornawani offre de peu édifient, il parut avee un privilège du souverain pontife , daté du mois de juin 1521, dernière année du règne de Léon X; mais U ne faut pat en conclure, comme on Ta lut, que de pareils réots aient reçu l'assentiment officiel del'autorité ecclésiastique : les termes, un peu vagues, du privilège nes'appliquentqu'àim certain nombre d'ouvrages non désignés, que devait publier un éditeur vénitien. On avait dé}* mis au jour, en 1503., un traité en latin de Comanani de Proverbiorum origine: quelques-uns des récits contenus dans le volume italien s'y rencontrent. Par un contraste qui n'était pas alors sans exemple , cet auteur s'exerçait à la fois sur des sujets de dévotion et sur des anecdotes grivoises; ses deux poèmes en tercets ou Ur%a rima, la Yita di Maria Virgine, J4»i, et la Vita di Gesù CrUta, 1492, sont dédiés à la trop fameuse Lucrèce Borgia, Un poème del Arte milit or, un autre sur le gouvernement (de Arte regendi), des sonetti, de* canzoni ont eu des éditions multipliées; ses vies de Pierre Àvogadro et de Barthélémy Goleoni ont été imprimées, la première en 1560, la seconde dans le t. IX du Thesaur. Antiq. Mal. de Burroann.
TlnlMNcb^itorfa délia Mteratur*, t XVII. p. •♦. -
Fabrtclua, JHbl. med. et W. œtat, - 1,-C Brunet, Manuel du libraire, I, 171. - G. Duplessto, Bibliographie parémiolAçiq—, p. m - To«tu«, dé Ilist. M.
I corhe ( Hyacinthe), publiciste français, né à An-as, le 28 août 1802. Président du tribunal eîvil à Douai, U rat en 1837 élu membre de la chambre des députés , où il siégea an côté gauche. Après la révolution de 1848, il devint procureur général près la cour d'appel de Douai, et ensuite près celle de Paris, fonctions qu'il dut régfgneHe 20 septembre 1848. M. Corne a fait partie de la Constituante et de l'Assemblée législative. Il est auteur de plusieurs ouvrages, qui ne sont pas sans mérite, particulièrement celui qui a pour titre du Courage civil (Paris, in-8°, 1828), couronné par la Société de la Morale chrétienne. En 1 844 il a publié, au plus fort de la lutte entre le clergé et l'université, un traité de V Éducation publique dans ses rapports avec la famille et avec F État ( Paris, Hachette, in-8« ). Dans cet ouvrage il ee prononce pour la liberté d'enseignement , avec la restriction toutefois de la surveillance de l'État, et propose la création de professeurs chargés spécialement et exclusivement d'enseigner ta morale dans les établissements de l'État Cemêmeouvrage, publié dans les Mémoires de la Société d'Émulation, en 1825, avait obtenu le prix d'éloquence dans le concours ouvert par cette société en 1824. Plus récemment encore M. Corne a enrichi la Bibliothèque des chemins defer de deux Études sur V administration de Richelieu et de Mazarin; Paris, Hachette, 1853, in-8*. Paul Faber.
— CORNEILLE 846
Usur, Auml Mil. univ. - Biographie eu 7» représentants. — Mémoire* de la Société d'Émulation do Cambre*.
*cobnejo (Damien) , théologien espagnol, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. On a de lui : Chronica seraphica, vida del glorioso patriarca Francisco i de sus primeros discipulos; Madrid, 1682-1698, in -fol.
Adetang , supplément à JOcher, Allg. Gel — Lexic.
corneille ou gornelius (Saint) vivait dans le premier siècle de l'ère chrétienne. H était centenler, ou capitaine, dans la cohorte appelée l'Italienne, et demeurait à Césarée en Palestine du temps de l'empereur Tibère. Quoique gentil, il connaissait le vrai Dieu, jeûnait, priait et faisait de grandes aumônes. Un jour qu'il était à jeun et en prières, sur les trois heures après midi, il vit entrer dans sa chambre, sous la forme d'un homme revêtu d'une robe éclatante, un ange qui l'appela par son nom et lui dit d'envoyer chercher saint Pierre, qui était alors à Joppé. Le pieux centenier obéit, et se rendant au-devant du saint apôtre , se jeta à ses pieds, lui raconta l'apparition de l'ange, se fit instruire et baptiser avec ceux de sa maison. « Quelques auteurs, dit la Bibliothèque sacrée, ont (ait de saint Corneille un évéque de Césarée en Palestine, mais sans autorité. Ce que l'on dit de la découverte de son corps, sous l'empereur Théodose le jeune, et de sa translation par Sylvain, évoque de Troade en Phrygle, n'a pas plus de fondement Les Latins célèbrent la mémoire de saint Corneille le 2 février, et les Grecs le
13 septembre. Ils le qualifient de martyr sans aucune preuve. Les actes de saint Corneille ne sont point authentiques, et nous n'avons de certain sur son sujet que ce qui est dit de lui dans les Actes des Apôtres. »
Acta jipottolorum, cb. x. — Richard et Glraud, Bibliothèque sacrée.
corneille ou corjibliu» (Saint), pape et martyr, élu le 9 juin 250, mort le 14 septembre 262. Il succéda à saint Fabien sur la chaire de saint Pierre. Son élection fut traversée par Novatien, prêtre romain, qui se fit sacrer évéque de Rome par trois prélats d'Italie, et devint ainsi le premier antipape. Pendant la persécution de Gallus, saint Corneille fut exilé à Civita-Vecchia, où il mourut, selon toutes les apparences , de sa mort naturelle. Luce Ier loi succéda. On célèbre la fête de saint Corneille à Home le 16 septembre, et le
14 dans les autres pays. On croit que son corps, après diverses translations, fut amené à Compiègne dans l'abbaye qui porte son nom. On trouve dans les lettres de saint Cyprien deux lettres de saint Corneille à Fabius, évéque d'Antioche. Il y a dans la Bibliothèque des Pères» une lettre de saint Corneille à Lupicien , évéque de Vienne; mais elle est apocryphe, ainsi que les deu\ qni sont sous son nom parmi les Décrétâtes.
Kusèbe. Hi$t. ceci. V|, VU. - Ttllémont, Mém. ecoi., U III. - Bailler, F<es des saints, U septembre. - Richard et Glraud, Biblioth. sacrée.
* corneille (Michel), dit le Père, peintre
CORNEILLE
français, né à Orléans» en 1601, mort en 1664. Il Ait élève de Vouet, dont il suivit toujours la manière. H travailla à Orléans et à Paris. La première de ces deux villes possédait avant la révolution plusieurs toiles de Michel Corneille, entre autres : V Enfant Jésus dans les bras de saint Joseph, exposé aux Grands-Carmes. Il peignît aussi, pour Notre-Dame, Saint Paul à Cystre, déchirant ses habits parce qu'on veut lui sacrifier comme à un Dieu. On cite encore parmi ses productions remarquables le Baptême de saint Corneille;— Saint Jacques le Majeur guérissant un paralytique; — une Assomption ; — Clio déchirant les pages de la vie du grand Condé oit sont inscrites les victoires contre les Français. Corneille avait aussi du talent comme graveur; il a laissé des eaux-fortes d'après Raphaël et Carrache. Plusieurs tapisseries ont été exécutées aux Gobelins d'après ses cartons. Michel Corneille fut l'un des premiers membres de l'Académie.
Les Homme» illustres de l'OrUafuUs.
cobjibille (Michel), dit VAiné, fils aine du précédent, peintre français, né à Paris , en 1642, mort en 1708. Il remporta en 1664 le second grand prix de peinture , et rot envoyé à Rome par Colbert II resta environ quatre ans en Italie, où il s'occupa à dessiner d'après l'antique et les grands maîtres, surtout les Carrache; il étudia aussi avec soin le coloris, et ses œuvres, largement composées, se ressentent, par les qualités du dessin et de la couleur, de ces études sévères. Michel Corneille a peint un grand nombre de tableaux, que Ton voyait autrefois à Lyon, à Versailles, à Trianon, à Meudon et à Fontainebleau. Parmi ces tableaux on peut citer l'Assomption du maître-autel de la cathédrale de Versailles ; un plafond au palais de Versailles, représentant Mercure au milieu des Muses; une Vierge pour la chapelle de Fontainebleau ; la Vocation de saint Pierre et saint André, et Saint Pierre et saint Paul délivrés de prison, à Notre-Dame de Paris ; une Cène, au mattreautel de Saint-Paul; la Fuite en Egypte, au Louvre ; une Vierge, que l'on estimait beaucoup, et qu'il donna à l'église des Feuillants de la rue Saint-Honoré. D travailla aux Invalides sur la fin de sa vie. Plusieurs de ses tableaux ont été par lui-même gravés à l'eau forte. Il fut reçu académicien en 1671 ; son tableau de réception représentait Nôtre-Seigneur apparaissant à saint Pierre sur le bord de la mer; et il devint professeur en 1690. C'était l'un des artistes les plus estimables de son temps.
Son frère, Jean-Baptiste, né à Paris, en 1646, mort en 1695, obtint le grand prix en 1668, fut reçu académicien en 1675, et professeur en 1692. Son tableau de réception représentait Busiris sacrifiant des étrangers à Jupiter. Il a fait un assez bon nombre de tableaux pour diverses églises de Paris. On cite parmi les meilleures de ses productions : le Sauveur apparaissant à
r sainte Thérèse et à saint Jean et la Déli- 1 vrance de saint Pierre. On doit aussi à Jean-Baptiste Corneille d'excellentes gravures, d'après Carrache et d'après sa propre invention, ainsi que la reproduction gravée des plus belles statues de Rome et de Florence. On a en outre de lui : Les premiers éléments de la peinture pratique ; Paris, 1684» in-12.
Baaan, Dict. des çraoemrt. — Nagler, Nemes AU*. KûnstL-Lexie.
ooftNRiliLB (Pierre), créateur de l'art dramatique en France, un de ces génies rares et puissants qui font les grandes révolutions dans l'histoire de l'esprit humain, naquit à Rouen, le 6 juin 1606, et mourutà Paris, le I«r octobre 1684. n était fils d'un avocat général à la table de marbre (eaux et forets) de Normandie, nommé aussi Pierre Corneille, et de Marguerite Le Pesant, fille d'un maître des comptes. La date de la naissance de Corneille a été controversée. La Société libre d'émulation de Rouen, qui s'était établie sous le patronage et comme sous l'invocation de ce grand homme , ayant fixé une séance publique au jour anniversaire de sa naissance , s'était décidée pour le 9 juin. Mais en 1826 elle nomma une commission chargée de déterminer la date précise de la naissance ; un des membres de cette commission, descendant direct de Pierre Corneille, professeur d'histoire au collège royal de Rouen, fit le rapport, et il fut constaté que son illustre aïeul était né le 6 juin, et non le 9, date de l'acte de baptême. Depuis cette époque la séance publique annuelle de la Société libre d'émulation a été reportée du 9 au 6 juin.
La vie de Corneille fut sans agitation extérieure, sans événements étrangers à ses ouvrages. Il vivait dans son cabinet, travaillant pour la gloire. 11 avait succédé à son père dans sa charge. Simple dans ses mœurs et dans ses habitudes, celui qui fit si bien parier ses héros sur la scène brillait peu dans la conversation; ce qui lui a fait dire :
• J'ai la plume féconde et la bouche stérile ; non galant an théâtre et fort manTala en rifle ; Bt ron peut rarement m'écouter aans ennui Que quand Je ne produis par la bouche d'autrul.
Le grand Condé disait également de lui : « A ne faut l'entendre qu'à l'Hôtel de Bourgogne. » Corneille ne se montrait guère dans les sak>n6 et n'allait point soutenir des thèses d'amour à l'hôtel de Rambouillet. Il travaillait ses pièces, et non pas ses succès.
Les succès de ses premières pièces le signalèrent à l'attention de Richelieu , qui essaya de se l'attacher. Le cardinal, roi sous le nom de son maître, se délassait des intrigues du monde politique dans les intrigues du théâtre. Il faisait des pièces avec Roisrobert, Colletet, L'Étoile, Des Marets et Rotrou, qui recevaient des pensions sur sa cassette. CorneiHe fut pensionné comme les autres ; mais il se montra moins complaisant. Ses triomphes finirent même par importuner le puissant ministre, qui dévînt jaloux
CORNEILLE
d'un grand homme dont il avait la faiblesse de se croire le rival.
Les vertus domestiques, qui seules font le bonheur, sont sans éclat : Corneille ne brilla donc qu'au théâtre. C'est là qu'il faut chercher sa vie, ce qu'on a trop négligé jusque ici de Caire dans ses biographies. 11 avait depuis longtemps publié tous ses chefs-d'œuvre, lorsqu'en 1664 Racine fit jouer son premier ouvrage ( les Frères ennemis). Un intervalle de trente-un ans sépare le Cid é'Andromaque. Corneille avait donné le Menteur en 1642, seize ans avant que Molière débutât à Paris (1658) par la comédie de F Étourdi. Un intervalle de vingt-deux ans sépare le chefd'œuvre le Menteur de Tartufe, premier chefd'œuvre qu'ait donné Molière. Voilà ce qu'il ne faut point oublier. « Le génie de Corneille, ainsi que le dit Voltaire, a tout créé en France. » C'est dans une revue rapide de ses œuvres qu'il convient de chercher ce qu'a créé cet homme extraordinaire, qui a reçu de son siècle et de la postérité le nom de grand, et dont la gloire impérissable emprunte un nouvel éclat à chacune de nos révolutions littéraires et politiques.
Corneille débuta en 1 629 (1), par Mélite, ou les fausses lettres, comédie en cinq actes et en vers. A cette époque le théâtre français, né près d'un siècle auparavant, n'était pas encore sorti de sa longue enfance. Depuis Jodelle il n'avait même fait aucun progrès éclatant, décisif. Soixante-dix-sept ans avaient à peine suffi pour produire la différence qu'on remarque entre la Cléopâtre de Jodelle et la Sophonisbe de Mairet. 11 ne fallut que dix ans à Corneille pour porter la tragédie à son plus haut point de perfection. Voici, d'après Fontenelle, à quelle occasion se révéla le génie dramatique de ce grand poète : « Hardy commençait à être vieux, et bientôt sa mort aurait fait une grande brèche au théâtre , lorsqu'un petit événement, arrivé dans une maison bourgeoise d'une ville de province, lui donna on illustre successeur. Un jeune homme mène on de ses amis chez une fille dont il est amoureux : le nouveau venu s'établit chez la demoiselle, sur les ruines de son introducteur : le plaisir que lui lait cette aventure le rend poète; il en
fiût une comédie; et voilà le grand Corneille
Sa première pièce fut donc Mélite. La demoiselle qui en avait fait naître le sujet porta longtemps dans Rouen le nom de Mélite, nom glorieux pour elle, et qui l'associait à toutes les kuanges que reçut son amant. Mélite fut jouée avec un grand succès : on la trouva d'un caractère original. On reconnut que la comédie allait se perfectionner; et sur la confiance que l'on eut au nouvel auteur qui paraissait, il se forma une nouvelle troupe de comédiens (2). »
(t) Fontenelle dit en le» ; mais c'est ane erreur évidente comme l'ont démontre les frères Farfalct. {HUtoir$ du Théâtre françoU. )
(t) Cette nouvelle troupe était sans doute celle de Noodory, qui alla s'établir au Théâtre du Marais. (
Il est curieux de voir comment Corneille, en pleine possession de sa gloire et au déclin de sa vie, jugeait ce premier essai, que le vieux Hardy appelait « une assez jolie force ». « Cette pièce, dit notre grand tragique dans l'examen qu'il a fait de son propre ouvrage , fut mon coup d'essai, et elle n'a garde d'être dans les règles, puisque je ne savais pas alors qu'il y en eût. Je n'avais pour guide qu'un peu de sens commun, avec les exemples de feu Hardy, dont la veine était plus féconde que polie, et de quelques modernes qui commençaient à se produire, et qui n'étaient pas plus réguliers que lui. Le succès en tut surprenant ; il égala tout ce qui s'était fait de plus beau jusque alors, et me fit connaître à la cour. Ce sens commun, qui était toute ma règle, m'avait tait trouver l'unité d'action , pour brouiller quatre amants par une seule intrigue, et m'avait donné assez d'aversion pour cet horrible dérèglement qui mettait Paris, Rome et Constantinople sur le même théâtre, pour réduire le mien dans une seule ville. »
On voit que Corneille à ses débuts ne connaissait pas encore ce que la plupart de ses contem porains ignoraient comme lui ou du moins dédaignaient, cette fameuse règle des trois unités, qui devait plus tard servir de base à tout notre système dramatique. Écoutons le poète nous raconter comment il fut informé de l'existence de ces règles gênantes, qui nuisirent peut-être au libre développement de son génie. « Un voyage, dit-il, que je fis à Paris, pour voir le succès de Mélite, m'apprit qu'elle n'était pas dans les vingt-quatre heures. C'était l'unique règle que l'on connût dans ce temps-là. J'entendis que ceux du métier la ( Mélite ) blâmaient de peu d'effet et que le style en était trop familier. Pour la justifier contre cette censure par une espèce de bravade, et montrer que ce genre de pièce avait les vraies beautés du théâtre, j'entrepris d'en faire une régulière, c'est-à-dire dans ces vingt-quatre heures pleines d'incidents, et d'un style plus élevé, mais qui ne vaudrait rien du tout : en quoi je réussis parfaitement»
Cette pièce « régulière et qui ne valait rien du tout » était intitulée Clitandretou l'innocence délivrée, tragi-comédie, jouée en 1632. L'unité d'action y est remplacée par une profusion d'aventures et d'incidents. On voit dans le premier acte une Dorise, trop offensée des libres discours de Pymante, tirer une aiguille de ses cheveux, crever un oeil du galant, et s'enfuir. Alors Pymante, désolé, apostrophe l'aiguille dans un long monologue, et lui adresse de si subtiles plaintes que de là, dit-on, est venu le proverbe discourir sur la pointe d'une aiguille. Le théâtre était alors très-licencieux. Dans le Clitandre, Caliste vient trouver Rosidor dans son lit. « Il est vrai, dit Fontenelle, qu'ils doivent être bientôt mariés. » Rotrou s'était donné plus de licence encore dans sa Céliane. Il faut dire cependant que Corneille cessa bientôt de suivre l'usage établi, et que le
CORNEILLE
premier il épura les moeurs de is scène française, comme le premier il en créa l'art et les lois. Le troisième ouvrage de Corneille, joué en 1633, a pour titre : la Veuve, ou le traître puni. Cette comédie n'est pas plus régulière qaeMélile et ClUandre. L'action dure cinq jours. On y remarque l'absence des a parte, et Corneille avoue dans sa préface son aversion pour ces mots ou ces phrases que le spectateur doit entendre dans toute la salle, et qui ne doivent pas être entendus sur la scène des personnages avec lesquels on s'entretient.
Cette pièce obtint le plus grand succès, et plaça Corneille au premier rang des auteurs dramatiques contemporains. Ceux-ci se plaisaient même à proclamer son talent et sa gloire. Mairet, l'auteur de Sophonisbe, lui adressa les vers suivants:
A. M. COBHBH.LE, POSTE COMIQUE, SUE SA fetttW,
Rare écrivain de notre France, Qui, le premier des beaux esprits, As fait revivre en tes écrits L'esprit de Plaute et de rérenre, Sans rien dérober des douceurs De M élite, ni de ses sœurs, O Dieux ! que ta Claviste est belle ! Et que de veuves a Paris Souhaiteraient d'être comme elle, Pour ne pas manquer de mari».
Rotrou,deson côté, qui avait devancé Corneille dans la carrière dramatique, et que ce grand homme appelait son père, disait à celui qu'il nommait son cher rival :
Pour un même sujet, même déstr nous presse, Nous poursutvon* tous dent une même maîtresse ; Mon espoir toutefois est décru chaque Jour Depuis que je t'ai vu prétendre t son amour.
M aie la gloire n'est pas de ces chastes maîtresses Qui n'osent en deux Ueux répandre leurs caresses. Cet objet de nos vaux nous peut obliger tous, Et faire mille amants, sans en (aire un Jaloux.
En 1634 fut représentée avec un grand succès la Galerie du Palais, ou Vomie rivale. L'action, dans les cinq actes, dure encore cinq jours ; mais Corneille, par une heureuse innovation, substitua le personnage de suivante à celui de l'éternelle nourrice du théâtre antique, rôle qui était ordinairemeut joué à Paris par un homme habillé en femme.
La cinquième pièce de Corneille, moins irrégulière que les autres, est encore une comédie, qui a pour titre la Suivante (1634). L'auteur remarque lui-même qu'il s'est assujetti à rendre les cinq actes tellement égaux en quantité dV lexandrins qu'ils en ont chacun, ni plus ni moins, le même nombre. Soit plaisir d'avoir accompli un pareil tour de force, soit pour toute autre raison , Corneille semble avoir été fort content de sa Suivante. On le voit, dans l'épltre dédicatoirede cette pièce, s'écrier en beaux vers, qui sont comme une réponse à ceux de Rotrou :
Je vols d'un œil égal croître le nom d'autrul, Bt tâche à m'élevrr aussi haut comme lui,
Sans hasarder ma peine à le faire i