CORNELIUS
ment son imagination. H y commença alors, à Toge de vingt-quatre ans, ses illustration de Faust, qu'il finit plus tard à Rome» où il arriva an 1 81 1 . Le Faust que Cornélius tannin» dans sa vingtième année est un de ses ouvrages les phis importants et le plus original qu'il ait produit H a créé ces types a la fois naïfs et vigoureux de Faust, de Marguerite, de Mepoistofélès, de Marthe et de Wagner, qu'on retrouve dans un grand nombre des compositions qui ont été faites plus tard en Allemagne sur la même sujet. Deux pages sont surtout remarquables dans cette obuvre : Faust et Mepoistofélès, assis sur des chevaux traversent l'espace, en regardant le gibet surmonté d'un squelette et entouré d'ombres fantastique* $ puis Marguerite, eu prison, agenouillée devant un erucifix , pendant que Faust et Mephistofêlès entrent pour l'enlever, Cornélius dédia est ouvrage, gravé par Ruaebeweyb, à Goethe lui-même, et la dédieace qu'il lui adressa à cette occasion fait autant d'honneur à son talent d'écrivain qu'à sa modestie comme artiste. A Rome Cornélius rencontra Overbeek, et U s'établit entre eux une intimité telle, qu'ils habitèrent ensemble un vieux couvent en ruines» et qu'ils se tirent mutuellement, et avec toute la franchise de cœurs généreux, la critique de leurs ouvrages, si bien que le roi Louis de Bavière les appelait toujours saint Paul et saint Jean. Plus tard d'autres artistes , tels que Scbnorr, Veit, Schadow, le graveur Aassler et le paysagiste Fohr agrandirent cette société» dont les membres rivalisèrent dans leur lutte pour lesbeaux-*rts. Une des premières compositions que Cornélius entreprit à Rome fut le Cycle des Mbelunçen. Plus encore que les personnages du Faust, ceux des rlibsJungen sont devenus les types des imitations qu'on a faites plus tard. L'élément héroïque de ce poème, les récits tirés de ce monde merveilleux et barbare qui forme le principal sujet de l'épopée des NibeJungen , la naïveté des mœurs et la passion idéalement sauvage que nous poursuivons avec tant d'intérêt dans les caractères des Siegfried , Me Hagem, de Hefcel , de Yolker, de Crinshilde, de Brunhilde, conviennent surtout au talent primitif et inventeur de Cornélius, Les Nibelungen, gravés par Amsler et Lips, prouvent que Cornélius, qui dès sou enfance avait montré tant de vénération pour l'antique et pour les œuvres classiques de Raphaël et de son éoole, ne perdit cependant pas à Rome le caractère de son propre génie : les deux premiers ouvrages qu'il exécuta dans cette fille furent essentiellement allemands. Bientôt M. Bartholdes , consul général de Prusse en Italie, le chargea des peintures à fresque pour sa maison de campagne» où Cornélius exécuta fie songe de Joseph et la scène de reconnaissance de ce dernier avec ses frères. La peinture a fresque avait été négligée depuis un siècle. Cornélius, qui transporta plus tard ta Allemagne est art» qu'il avait commencé de
cultiver à Rome, doit être considéré comme le restaurateur de ce genre de peinture de l'autre coté du Rhin. Pendant qu'il était à Rome, le marquis de Massini le chargea aussi, d'exécuter, dans sa villa, des illustrations à fresque, tirées des grandes épopées italiennes. H composa dans ce but le cycle de la Divin* Comédie de Dante; mais cet ouvrage important ne fut malheureusement pas exécuté à fresque. Il existe cependant de ces compositions des gravures de Sehœfcr et d'Éberié, avec un commentaire du professeur Dolhnger. Cornettes lof. même a conservé les cartons et les dessins coloriés de la Devine Comédie. La JérumUm délivrée du Tasse lut également illustrée par ce grand peintre. Les six feuilles de cette composition, qui parurent en 184a, ehes Relmor, à Berlin, contiennent : l'ange Gabriel apparaissant à Gedefroi de Bouillon; les Croisés apercevant pour la première fols Jérusalem ; Armido demandant du secours à Godefroi de Bouillon { Herminie et Clorinde chez les pasteurs; Clorinde mourante baptisée par Tancrède, et Herminfe apercevant Tancrède évanoui.
Le prince héritier de Bavière, connu plus tard sous le nom de roi Louis, ayant fait un voyage à Rome, fut saisi de la grandeur et de in variété des compositions de Cornélius, et rengagea à aller à Munich. Cornélius quitta Rome en 181U, pour exécuter les grandes fresques de la nouvelle Glyptothèque; et en même temps il fut nommé directeur de l'Académie de Dusseldorf. Il quitta plus tard Dusseldorf, et se fixa entièrement à Munich, oh H fut rejoint par plusieurs doses disciples. A partir de cette époque, Munich devint en quelque sorte le centre des arts en Allemagne. Cornélius peignit dans la Glyptothèque deux sallst, appelées l'une Salle des Héros et l'autre Salle des Dieux. 11 y représenta le Mariage de Pelée et de Thétis; Jupiter, Apollon, Mercure, Jnnon, Vénus, Cérès, Mars; l'Enlèvement d'Hélène; le Jugement de Paris ; le Sacrifice d'Inhigéeie ; le Mariage de Ménélas avec Hélène; Ajax renversant Hector à terre; Nestor et les Atrldes réveillant Diomède ; Priam demandant à Achille le corps d'Hector ; les Adieux d'Hector et d'Andromaque ; Ulysse ohes les filles de Lyoomède ; Venus et Mars blessés par Diomède; Agamemnon accompagné-au combat par le dieu des songes ; Vénus protégeant Péris contre MéoéJa» ; Combat pour le corps de Patrocle ; Destruction de Troie ; Assemblée des Grecs, et Colère d'Achille. Cette œuvre importante est complétée par des arabes ques allégoriques, des bas*reliefs, etc.
Dans la Salle des Dieux ou remarque £ros peint sous les quatre formes des éléments, et sur montant le dauphin , comme symbole de Peau; le cerbère, comme symbole delà terre; l'aigle, comme symbole du feu, et le paon , comme symbole de l'air. Cette composition forme le centre du plafond de cette salle. Quatre séries de tableaux correspondent avec ce beau mvthfi» l**6