‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 122 sur 133 · CORNIC-DUCHÊNE · texte numérisé non relu

CORNIC-DUCHÊNE

contre lequel il se prononça, n proposa dans le même temps un système de défense do nord de la Bretagne, leva le plan des cotes depuis Rctcoff jusqu'à Bréhat, adressa au duc de Praafin, en 1767, un mémoire sur les tles anglaises avec un projet éventuel de descente , et lui offrit d'aller reconnaître les ports et les eûtes d'Angleterre. M. de Praslin refusa; mais fl lui accorda 1,200 livres pour l'indemniser de ses voyages et de ses travaux.

En 1777, malade et aigri par des injustices, il voulait quitter la marine. M. de Sartine obtint de lui, au mois d'août, qull irait à Terre-Keuve remplir une mission secrète. L'intervention de h France dans la guerre d'Amérique étant arrêtée dans la pensée du gouvernement, Cornic avait ordre de foire rentrer en toute hftte les pécheurs daa» leurs ports. Cette mission accomplie, il s'attendait, pour récompense, à un commandement qui hn permit tout à la fois de vaincre les Anglais et de combattre pour Indépendance ainérirone. Bercé de promesses qui ne se réalisèrent pas, il se décida à quitter le service. II n'était que lieutenant de vaisseau. Le ministre en témoignant tes regrets que lui causait sa retraite, loi expédia le brevet de capitaine de vaisseau et celui d'une pension de 1,200 livres. Tint la révolution, qnH salua avec enthousiasme. Au mois d'avril 1793, le ministre de la marine Dalbarade ordonna de graver la carte de la rade de Morlaix, et rappela près de lui pour remplir les fonctions de son adjoint. Lorsque Tallien ensanglanta Bordeaux, Cornic, sur la prière de sa soeur et de son dernier frère, revint à Morlaix, et acheta sur le bord de la mer une habitation placée dans un site pittoresque. C'est là qull vécut désormais, continuant de se dévouer à ses concitoyens, dans les fonctions de membre du district , du conseil général et de chef des mouvements militaires de Morlaix. Une carrière nouvelle s'ouvrit devant lui; il la parcourut avec résolotion et bonheur. Les eûtes voisines étaient en proie aux désordres , aux pillages de toutes espèces. Il réprima ces abus , créa une police efficace, fit de sa propre maison un arsenal où les bâtiments et les marins furent assurés de trouver tout ce dont ils avaient besoin, et exécuta aux abords du port les travaux que commandait sa sûreté. Ce qui lui restait chaque année de sa fortune ainsi employée, il le consacrait au soulagement des pauvres. En même temps son imagination, active et féconde, enfantait projets sur projet*. Tel est celui de faire de Morlaix un port de refuge et un point de départ favorable à une descente en Angleterre, projet développé dans m mémoire, adressé en 1800 au premier consul. P. Levot.

Archive* de la Marine. — Histoire de Ck. Corne. par Cb. Alexandre ; Morlaix, V. GuUmer, 1S4S, in-8*. «k 64 pages.

'GOBinc-DUMOULiN ( Pierre - Franco* )4 amiral français, né le 23 juillet 1731, à Bréhat

CORNIC-DUMOULIN — CORNIFICIOS

où il mourut, le 11 avril 1801. H naviguait depuis neuf ans lorsqu'il entra dans la marine, comme Yokmtaire, le 20 janvier 1746, et s'embarqua sur le navire la Paix, destiné pour Saint- Domingue. De cette époque jusqu'à la guerre de sept-ans (1756-1763) il continua de servir, soit en cette qualité, soit comme lieutenant auxiliaire, pilote et deuxième capitaine , fut détenu prisonnier pendant deux ans , et essuya sept combats, dont trois remarquables : le premier, de onze heures, sur le vaisseau ? Opiniâtre ; le deuxième , comme second de son cousin Cornic- Duchéne ( voy. ce nom ), sur la Félicité ( mai 1758); le troisième, sur V Étourdie, contre un bâtiment de force supérieure, qui fut obligé de s'éloigner. Dans ce dernier combat, Cornic, quoique blessé à la tète, ramena trois fois à coups de sabre une partie de l'équipage, qui aboodonnait son poste. Nommé capitaine commandant au commerce en 1763, il continua de naviguer jusqu'à la guerre de 1778, pendant tout le cours de laquelle il fut employé au service des convois entre Bordeaux, Saint-Malo, Nantes, Lorient et Brest. Grâce à sa parfaite connaissance des côtes de la Bretagne, jamais aucun des convois qu'il escorta ne rat entamé. Lieutenant de vaisseau depuis le 1er juillet 1783, il commanda, du 5 septembre suivant au 28 juillet 1785, le Courrier de V Europe, l'un des paquebots destinés pour New- York. Attaché au service des classes de Morlaix, le 7 avril 1786, il fut admis à la retraite le 26 janvier 1787, et passa au service des classes de Tréguier, où H rat employé de 1788 à 1790. Rappelé à l'activité , comme capitaine de vaisseau de troisième classe, en 1793, et nommé contre-amiral le 24 octobre de la même année, par arrêté des représentants du peuple, il fut appelé le 25 mars 1794, par un arrêté du comité de salut public , au commandement des forces navales de la Manche, et au mois de juin suivant à celui de Saint-Malo , où il fut employé jusqu'en 1799. Admis alors au traitement de réforme, il comptait près de soixante ans de services, dont plus de quarante-cinq sur mer (1). P. Levot.

Archivée de ta marine.

*coMfiriciiTS ( Quintus), homme d'État romain, vivait dans le premier siècle avant J.-C. Il fut un des juges de Verres. Tribun du peuple en 68 avant J.-C, il obtint probablement la préture en 66, et fut un des compétiteurs de Cicéron pour le consulat en 64. Cette rivalité ne le brouilla pas avec le grand orateur. Il prit une part active à la répression du complot de Catibna, et fut chargé de garder Cethegus après l'arrestation des conjurés. Il accusa devant le sénat , en 62, Clodius d'avoir commis un sacrilège

(i) Les membres actuellement eitstaots de la famille Cornic vivent aujourd'hui retirés dans la petite Ile de Bréhat, en face de Palmpol. Ils sont tons des marins distingués, dont le chef, vénérable octogénaire, a acquis le grade de capitaine de vaisseau par d'honorables services *ous l'eaptreor Napoléon Ie*. Ses deux fils ont également «Dorasse la carrière maritime. {Note du Directeur.)

• et violé les mystères de la bonne déesse. A partir I de ce moment il n'est plus parié de lui dans

l'histoire ; il mourut probablement vers 60. Asco-

nius l'appelle vir sobrius ac sanctus.

Cicéron, in remm, set. I; iO;' ad Mticum^ I, i, 18.

— Asconlus. Toç. cand. — SaUnate, CatiL, 47. - Ap-

pkeo, Bell, civ., II, S.

« cornificius (Quintus), fils du précédent, homme d'État romain, mort vers 40 avant J.-C. Dans la guerre civile entre César et Pompée, il se déclara pour le premier, et fut envoyé par lui en Blyrie avec letitre de propréteur. Il rendit de grands services à 4a cause de César, et fut récompensé par la dignité d'édile. Vers la même époque, il se lia intimement avec Cicéron, comme on le voit par la correspondance de ce dernier. Après son retour dlllyrie, Cornificius ne séjourna pas longtemps à Rome; car en 46 nous le trouvons en Syrie, observant les mouvements de Cecilius Bassus , et dès le commencement de Tannée suivante nous le voyons nommé par César gouverneur de la Syrie. H passa avec le même titre dans la Vieille-Afrique, et il s'y trouvait au moment du meurtre de César. Maintenu par le sénat en possession de son gouvernement, contre L. Catvisius Sabinus, il resta fidèle au parti républicain {lors delà formation du second triumvirat, en 43. Sommé au nom des triumvirs de remettre sa province à T. Sextros, gouverneur de la Nouvelle-Afrique, il s'y refusa. La guerre qui par suite de ce refus éclata entre les deux gouverneurs est différemment racontée par Appien et Dion Cassius; mais il est certain que Cornificius, après quelques avantages, fut vaincu et tué.

Cornificius aimait les lettres, et s'y connaissait ; Cicéron, qui le regardait comme un excellent juge, lui envoya, en 45 avant J.-C, une copie de son Orateur. Beaucoup de critiques lui attribuent la Rhétorique à Herennius.

Cicéron/ ad FamU., vin, 7; XII, 17, 18, 19. Appien, B. clv., III, SI i IV, 86, 5S-56. - Dion Cassius, XLVIIf , 17, it.

* cornificius, homme d'État romain, vivait vers 40 avant J.-C. Il accusa Marcus Brutus devant le tribunal instituée «pour juger les meurtriers de César. Chef des forces navales d'Octave dans la guerre contre Sextus Pompée , il sauva des plus grands dangers la flotte qu'il commandait en 38, et s'empara du vaisseau de Démocharès, amiral de l'escadre ennemie. Laissé par Octave à Tauromenium, à la tête des troupes de terre, en 36, il les ramena à Mylès, à travers de nombreux obstacles, et rejoignit Agrippa. Fier d'avoir sauvé la vie de ses soldats, il s'honora lui-même d'une sorte de triomphe perpétuel, en ne se montrant dans Rome que monté sur un éléphant. Auguste le récompensa d'une manière plus sérieuse en lui accordant le consulat. Comme les autres généraux d'Auguste, Cornificius consacra une partie de sa fortune aux embellissements de Rome, et bâtit un temple de Diane.

Plotarque, Brutus , 17. — Appien, Bel. eiv., v\ 80, 86,

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