NOUV. BIOGR. CÉNÉR. — T. XI
C'est de ces plantes que Cornut donne la description dans son ouvrage ; car il ne parait point avoir visité le Canada. Cette description commence par les fougères (filix baccifera, adianthum americanum ) et finit par une espèce de légumineuse ( lupinus indiens ). Le texte est accompagné de soixante planches intercalées et gravées soigneusement à l'eau-forte par Vallot. Parmi les plantes que Cornut fit connaître, et dont quarante espèces étaient alors entièrement nouvelles, on remarque : 1* Le gladiolus «thiopicus, flore coccineo ; c'est une espèce de glaïeul, aujourd'hui si communément cultivée comme plante d'ornement sous le nom de fleur du cardinal (gladiolus cardinalis); elle venait de fleurir pour la première fois à Paris, et peut-être en Europe, en octobre 1633, lorsque Cornut la fit dessiner pour son ouvrage. 2° V acacia americana Robini ; c'est notre robinier ( robinia pseudoacacia, L.), vulgairement et inexactement nommé acacia. 11 n'y avait pas encore dix ans que cet arbre, aujourd'hui si répandu, avait été introduit de l'Amérique septentrionale en Europe par Jean Robin. Cornut le confond avec l'acacia d'Egypte, décrit par Dioscoride et Prosper Alpin, et qui était un véritable acacia, bien différent par ses fleurs, en glomérules jaunes, de celles du robinier ou faux-acacia, dont les fleurs sont blanches, papilionacées, en grappes, ou, comme dit Cornut ; Flos albus est, piso similis, in uvam compor situs. Seulement, il se trompe quand il ajoute que la grappe n'est pas pendante, comme dans le cytise, mais dressée (nec,ut cytisi , deorsum nutans, sed se in sublime erigens). Mais il avait fort bien remarqué ce mouvement particulier qu'éprouvent les feuilles sous l'influence de la lumière du soleil , phénomène que Linné généralisa plus tard sous le nom de sommeil des plantes (l).3»Letfto laciniatis foliis ; c'est la vigne vierge (vitis quXnquefolia, L.), aujourd'hui si commun , et qui était alors nne plante nouvelle, récemment apportée de l'Amérique du Nord : Nunc vero promimus novam et nulli hactenus cognitam vitis speciem, cui non fructus» sed folium ab omnibus aliis di/ferentiam facit (Canad. Plant. Hist., p. 182). On l'employait dès cette époque à garnir les murs et les treillages des jardins paysagers (soient nostri juxta parietes disponere, qua parte maxime solplenius calorem vibrât). k°Uapios americana; c'est Yapios tuberosa de Lin., la même plante à racine tuberculeuse dont on essaye depuis; quelque temps la culture pour la
(i) Cornut semble attribuer ce phénomène à l'Influence de la nuit plutôt que du soleil : PeculiaHs est in els noetis sensus : statim sub vesperum in se addueta per média plieantnr donee seouenti die sol posUiminio reversus aperiat. (Canad. Plant. I/ist., p 178. - Il fait fleurir .le robinier an mota d'août [jloret auousto). SI cette observation est exacte, Il sera curieux de constater qoe'.dans se cours de deux siècles, la floraison de cet arbre a éprouvé nne avance de dtux mois; car il fleurit dés la fin de mal et au commencement de Juin.