‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 130 sur 133 · CORONA — CORONELLI · texte numérisé non relu

CORONA — CORONELLI

*coftONA (Tobias), théologien italien, originaire du Milanais, mort à Naples, en 1627. Il entra dans les ordres en 1583, fut confesseur du cardinal Justiniani et général de la communauté à laquelle il appartenait. Il fut envoyé en France et en Savoie par le pape Grégoire XV. On ade lui : i Sagri tempii, dove si rappresenta quanto appartiens al culto e venerazUme de tempii, la loro immunità; Rome, 1625, in-4°.

Adétong, soppl. a Joeber, Mleg. gel.-Uxik.

GOBOHADO. Vûy. VàSQUIEB.

goronbl (Alonzo), seigneur espagnol, mort en 1353. 11 abandonna le parti de doua Leonor de Guzman, dans l'espoir de se concilier la fa?eur de don Pèdre, qui venait de monter sur le trône, et qui depuis rat surnommé le Cruel et le Justicier; mais dans plusieurs occasions il combattit les mesures proposées par don Âlonzo de Âlbuquerque avec «une vivacité qui le rendit odieux à ce ministre. Il était d'ailleurs mal vu du roi y parce qull avait donné une de ses filles, nommée doua Maria, à Juan de La Cerda, et qu'il avait soutenu que don Juan Nunez de Lara devait hériter du trône. Sa perte fut donc décidée. Don Alonzo Goronel, prévenu des desseins de don Pèdre et d* Albuquerque, se retira dans ses domaines, et s'occupa de mettre en état de défense ses villes d'Aguuar, de Burguillos, de Montaivan et de Capilla. Don Pèdre ne tarda pas à l'aller attaquer, et il eut bientôt emporté les villes de Montaivan et de Capilla. Celle de Burguillos résista davantage ; aussi, quand elle lut prise, le roi fit couper les deux mains à Talcaïde qui l'avait défendue. Ensuite il vint mettre le siège devant Aguilar. Bientôt, malgré la vigoureuse résistance des assiégés, les remparts présentèrent des brèches praticables. Don Alonzo Coronel, qui n'avait pas de pitié à espérer, s'apprêta à mourir le plus honorablement qu'il le pourrait. Il était dans l'église et assistait au saint sacrifice, quand on vint lui -dire que le roi entrait dans la ville. « Eh bien, dit-il, je vais d'abord m'occuper de Dieu. » H attendit que l'hostie eût été consacrée et que la communion fût achevée; ensuite il alla se renfermer dans une tour ; mais la défense n'était plus possible : il fut bientôt forcé de se rendre, et le roi le fit mettre à mort. Lesdeux gendres d' Alonzo Coronel, don Juan de La Cerda et don AJvar Perez de Guzman, quittèrent la cour; pendant que celui-ci passait en Aragon, don Juan de La Cordasse retira dans ses domaines d'Andalousie, rassembla des troupes, et commença à ravager le pays; mais il fut tait prisonnier par les minces de Séville. Le roi envoya aussitôt l'ordre de le mettre à mort. A la nouvelle de la captivité de son mari, Maria Coronel alla se jeter aux genoux de don Pèdre, et celui-ci, par un raffinement de cruauté dont lui seul était capable, lui donna un ordre écrit pour que son mari lui fût rendu sain et sauf. Il savait bien cependant que sa condamnation devait être déjà exécutée : aussi, lorsque dona

Maria Coronel arriva à Séville pour faire rendre don Juan à la liberté, il avait été mis à mort depuis huit jours. Dona Aldonza Coronel, seconde fille de don Alonzo et femme de don Alvar Perez de Guzman, vint aussi demander la grâce de son mari. Le roi la fit enlever do couvent de Sainte-Claire, où elle s'était réfugiée; mais s'il eut d'abord besoin d'employer la violence, elle cessa bientôt d'être nécessaire, et dona Aldonza Coronel devint la maîtresse avouée du bourreau de son père. Don Pèdre donna des gardes à sa neuvelie maîtresse, et lui laissa par écrit de pleins pouvoirs pour qu'elle n'eût rien à craindre de la jalousie de Maria de Padilla. Aldonza ne tarda pas à abuser de sa puissance; elle fit arrêter Bmestrosa, l'oncle de sa rivale; mais don Pèdre désapprouva cet acte: il fit remettre Hinestrosa en liberté ; puis, se dégoûtant bientôt de dona Aldonza, il la quitta pour revenir à Maria de Padilla.

Mariai», HUtorim de rebut Uitpania libri XXX. - P. Mérimée, Histoire de don Pèdre. - Uvallée cl Gueroult, Espagne, dua V Univers pittoresque.

corosblu (Marc-Vincent), géographe italien, né à Venise, vers 1650, mort dans la même ville, au mois de décembre 1718. Il entra dans la congrégation des Mineurs conventuels, et s'appliqua fort jeune à l'étude des mathématiques et de la géographie. Appelé en France, il construisit les deux grands globes que l'on voit aujourd'hui à la Bibliothèque impériale. Lahire en publia une description en 1704. Ils ont 1 1 pieds 1 1 pouces 6 lignes de diamètre, et sont des monuments curieux de l'état des sciences géographiques vers la fin du dix-septième siècle. Après avoir terminé ce grand travail en 1683, Coronelli fut nommé cosmographe de la république, professeur de géographie à Venise, et général de son ordre en 1702. Toujours zélé pour les progrès de sa science de prédilection, il fonda une académie dont les membres, sous le nom d'Argonautes, s'occupaient spécialement de géographie. On a de CoroneUi plus de 400 cartes géographiques, et un grand nombre d'ouvrages ; dont les plus connus sont : Isola dé Rodo, geografic* , storica, antiea e moderna, col' altre adjacenti; Venise, 1685, 1688, 1702, in-fol. et in-8°, avec cartes \—Memorie istorico-geogrnfiche del regno delta Morea, Negroponte e luoghi adjacenti ; Venise, 1685, in-fol. ; traduit en français , Paris , 1686, in-8° ; — Conquista délia Ser. Rep. di Venezia nella Dalmazia, Epirœ, Morea; Venise, 1685, in-fol. ;— Atlante Veneto; Venise, 1690, 24 vol in-fol. ; — Isolario descrittione yeografico-istoricafacro-profano, antiea, moderna, natural e poetica; Venise, 1696, 2 vol. in-fol.;— il Portolano delta Mare; Venise, 1698, in-fol.;— Synopsis rerum ac temporum ecclesiœ Rergamensis ; Cologne, 1696, in-8°; — Storia Veneta dalV anno 421 al 1504 ; Venise , 3 vol. in-fol. ; — Borna antiea e moderna ; Venise , 1716, in-fol. ; — Guida de

CORONELLI — CORRADESO

forestieri de Venezia; Venise;— Bibliotheca universale sacro-prof ana , 7 vol. in-fol. L'ouvrage entier devait former 45 vol. in-fol. et 14 vol. de planches. Les volumes publies ne vont pas jusqu'à la fin du C ; c'est une compilation encyclopédique rédigée à la hâte et fort inexacte.

Morért, Grand dictionnaire historique. — Tfnboscbt, Storia délia lettoratura itaUana.

I corot (Jean-Baptiste-Camille), peintre français, né à Paris, en 1796. Fils d'un négociant, il entra d'abord dans le commerce. A vingt ans Il quitta le comptoir paternel pour entrer dans l'atelier de J.-V. Bertin, dont le talent s'accordait peu avec les dispositions de son élève. Celui-ci ne fut pas plus heureux avec son autre maître, Michallon. 11 résolut alors de s'abandonner à sa seule inspiration, et le succès répondit à son attente. Personne ne copia mieux la nature que M. Corot Les incorrections qu'on lui reproche témoignent que les maîtres ordinaires ont pu lui faire défaut, mais que la réalité lui est restée. H a exposé en 1827 : Vue prise à Narni et la Campagne de Rome; en 1834, une Forêt, une Mariné, un Site d'Italie; en 1838, Silène; en 1840, la FuUe-en Egypte; en 1841, Démocrite et les Âbdéritains ; en 1842 , la Destruction de Sodome; en 1846, Homère et les bergers; Daphnis et Chloé; en 1846, Vue prise dans la forêt de Fontainebleau; en 1849, Je Christ au jardin des Oliviers; la Vue du Cotisée; en 1850, «in Soleil couchant dans le Tyrol.

jtmm. des èMNC'ftrto. - Bigler, Noms Àllg. Kûnttl.- Uxik.

coroubm, aventurier syrien, régna sur Alep de 068 à 976. Esclave de Séif-ed-Daulah , premier émir d'Alep de la dynastie des Hamdanides, il s'empara de cette ville et chassa Aboul-Marly, fils de son maître, l'an 358 de l'hégire (068 de J.-C. ). Coroubeh ne tarda pas à être attaqué par l'empereur grec Nicéphore; il abandonna la ville, et se sauva dans la citadelle. Après un siège de quelques jours , il consentit à payer un tribut annuel , et donna des otages. Nicéphore se retira, et laissa la ville aux anciens habitants. Quelque temps après, Coroubeh conclut avec Aboul-Marly un traité de paix par lequel celui-ci renonçait à U souveraineté d'Alep; mais il ne jouit pas longtemps de son usurpation, car Bekdjewr, un de ses esclaves , devenu un de ses généraux , se saisit de sa personne, et s'empara du pouvoir, l'an 366 de l'hégire. Coroubeh acheva probablement ses jours dans les fers.

Abonl-Féda, Ckronigu*. - Lebe*n , Histoire dm fias- Empire.

*corporali. Voir Caporau (César).

* corput (Abraham de), biographe hollandais, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. On a de lui : Leven van Philips Melanchthon van 1520 tôt 1560 (Vie de Philippe Mélanchthon de 1 520 à 1560) ; Amsterdam, 1662, in-8°.

Adelong, «uppl. à Jôcber, JUg.-GeU.-L*sic.

* corradi (Bernardin), chimiste italien, natif de Modène, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècle. Il fut préposé à l'artillerie du duc de Modène. On a de lui : Raceolta di tutto quello che fin ora estato scritto nella virtuosa gara iatro-chimica tra U dott. Giov. Paolo Stabe de Cassina e Bern. Corradi; Modène, 1690, in-fol. ; — Considerazioni sopra laproporzione del vigor delpolvere dafuoco; vers 1708.

Journal des savants, 1709.

* corradi (Jules-César), poète italien, vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle. U résida assez longtemps à Dresde. On a de lui : la Gtrusalemme liberata, draina per musica da rappresentarsi nel Teatro Eletloraie; Dresde, 1687, avec des additions d'Etienne Pallavicini et la traduction allemande de Bernhardi. Cet ouvrage n'a rien de commun avec l'œuvre du Tasse.

Adélnng, suppl. à JOcher, Allg. Gol.-Lexic.

*corradi (Domenico). Voy. GnutiAiiOAM.

corradini (Aloysio) , jurisconsulte et antiquaire italien, né à Padoue, en 1 562 , mort le 26 décembre 1618. 11 enseigna avec succès la jurisprudence dans sa ville natale, et fut employé dans plusieurs affaires importantes. Il rassembla une magnifique collection de statues, de bustes antiques et de médailles. Il laissa plusieurs ouvrages; le seul qui ait été publié est une histoire des Césars par les médailles : Séries Cxsarum ex numismatis.

Tomaitnl, IUustrium virorum eloaia.

corradini (Pierre-Marcelin), historien italien, né à Rezza, en 1658, mort à Rome, le 8 février 1743. Il s'acquit la réputation d'un jurisconsulte éminent , et obtint la faveur du saintsiège en revendiquant pour le pape la ville de Coroacchio, dont l'empereur Charles YI s'était emparé. Nommé sous-dataire et chanoine de Saint-Jean de Latran par Innocent XD, et cardinal par Clément XI, en 1712, il rat chargé de plusieurs missions diplomatiques à la cour d'Espagne et à celle de Sardaigne. On a de lui : de Jure prselationis ; Rome, 1688, in-fol.; — de Civitate et ecclesia Setina; Rome, 1 702, in-4°; — Vêtus Latium profanum et sacrum; Rome, 1704, 2 vol. in-4°. Le P. Volpi continua, d'après les matériaux rassemblés par Corradini, cette savante et incomplète compilation; Rome, 1726- 1745, 9 vol. in-4°. Les deux premiers volumes de Corradini ont été réimprimés sous ce titre : de Primis antiqui latii populis, urbtbvs, regibus ; Rome, 1748 ; — de PrtmarUs precibus imperialibus ; Fribourg ( Rome ) , 1706, in-4° ; — Relatio jurium sanctx sedis ad cwUatem Commachensem;Rome, 1711., in-4°.

Goarnaol , Vit* pont&cun. t. II. - Bioorafia deeli Italianl tUustri., t. IV.

CORRADINO dall' aglio (L'abbé Jean

François), poète italien du dix-huitième siècle.

Il n'est connu que par une supercherie littéraire.

909 GORRADNO

JJ prétendit avoir découvert à Rome un manuscrit de Catulle , pins ancien que ceux qui avaient servi à faire les éditions de ce poète. D'après ce manuscrit, qui n'a jamais existé, il publia une édition de Catulle, sous le titre de : C. Valerius Catullus, in integntm resttiutus, ex manuscripto nuper Rom» reperto, et ex gallicane, patapino,mediol.9 rom.9 Zanchi, Maffei, Scaligeri, AchiUis VossH et altorum, critice Jo. Franc. Cerradini de Allio in interprètes veteresrecentioresque; Venise, 1738, pet in-fol. Cette édition, oùle texte de Catulle étaitcorrigéou plutôt altéré avec la plus étrange hardiesse, obtint d'abord quelque succès , et fut réimprimée par Coustetier; Paris, 1743, in-12. On a encore de lui un recueil de poésies latines et italien- Dés; Venise, 1741, in-4°. On y remarque une traduction italienne du poème de Colutbus, l'Enlèvement d'Hélène, suivie d'un petit poème satiriqueintitnlé ; Capiioloin Iode delBeceo (cocu), a consolations di Menelao marito oVBkna. ChradoQ et DabndUM, Dictionnaire univers*. corrado (Carlo), peintre italien, né à Naples, en 1693, mort en 1768. Il fut un des meilleurs élèves et imitateurs de Solimène. Après avoir travaillé à Naples, et surtout à Rome, où il peignit à fresque la. voûte de l'égide des Buon Fratelli, dans l'Ile du Tibre, il fut appelé en Espagne, où le roi lui accorda une pension de 12,000 réaux. H ne put y rester longtemps : le mauvais état de sa santé le força deux fois de revenir en Italie, où il mourut, à l'âge de soixantequinze ans. E« B — m.

Oomlotei , Vif de' pittori napolitani.

gorbado (Marins), jurisconsulte italien , né à Milan, en 1822, mort le 13 avril 1668. On a de lui : Allégations ; en grand nombre , éparses dans les recueils du temps; Rifiessioni belgiche fatte eontro le pretensioni deila reina christianissima ne' Pacsi-Bassi, sous le nom de Rairoond Ricardi; Milan» 1668, in-4°. La seconde partie est restée manuscrite, ArgelaU, mt. mediol.

gorbado (Pvrro), en latin Pyrrhus Corradus, théologien italien, né dans le diocèse de Rossano, en Calabre , vivait dans le dix-septième siècle. H rat protonotaire apostolique, chanoine de Té^ise métropolitaine de Naples, et ministre général de l'inquisition de Rome. On a de lui : Praxis beneficiaria; Naptes, 1656, in-fol. ; — Praxis dispensationum apostoUcarum ; Cologne, 1672, 1678, 1716; Venise, 1735, in-fol. Châodoo et Delaadtne, Dictionnaire universel. goreado (Quinto-Mario), érudit italien, né en 1508, àOria, dans le pays d'Otrante, mort dans la même ville, en 1575. Après avoir étudié à Bologne sous Romulo Amaseo, il entra dans les ordres , et revint dans sa patrie, où il ouvrit une école. H passa quelques années à Rome, en qualité de secrétaire du cardinal Alexandre et ensuite du cardinal Badia. Après la mort de ce dernier, Corrado alla enseigner les belles-lettres

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latines à Naples et à Saterne. Il rerasa une chaire dans le collège de la Sapienza à Rome* et passa dans sa patrie les dernières années de sa vie. On a de lui : Ad cives Oritanos oratio; Venise, 156f, in-8°; — Bpistolarum libri octo; Venise, 1565, in-8°; — de DkUectica liber; Rome, 1567, in-8°;— de Lingua latina, ad Marcellutnfratrem, libri XII, Venise , 1 569, in-8° ;— ad Conciliutn Salernitanum oratio; Fenise, 1581, in-8°;— de Copia latini sermonis libri; Venise, 1582, in-8°.

Hteéroo , Mémoire pour eervir à l'histoire des hommes illustres.

goreado (Sébastien), érudit italien, né au château d'Arceto, dans le duché de Modène, vers le commencement du seizième siècle , mort à Reggio, en 1556. Après avoir étudié dans sa jeunesse sous Baptiste Egnatio, à Venise , il devint professeur de grec et de latin à Reggio, et fonda dans cette ville l'académie degli Accesi : Corrado y figura sous celui de Fedele , suivant la coutume de la plupart des compagnies littéraires d'Italie, où chaque académicien se choisissait un nom. 11 alla ensuite occuper à Bologne la chaire de grec et de latin, en 1545. On a de lui : Quxstura, tn qua vita Ciceronis refertur, et ab iniquis judiciis vindicatur, cum quibusdam attis/Venise, 1537, in-8°; — Egnatins, sive qu&stura; Bologne, 1555, in-8°; Baie, 1556, in-8° ; Leyde, 1667, in-12. Ces deux ouvrages ont été réimprimés par les soins d'Ernesti; Leipzig, 1754, in-8°. Ils contiennent, sous une forme allégorique, des observations sur la vie et les œuvres de Cicéron. « Corrado , dit Nicéron, feint dans cet ouvrage qu'il est questeur, et que Baptiste Egnazio et Jean Pierre Valeriano sont consuls ; que ces consuls lui font rendre compte de l'argent qu'il a rapporté de sa province; province qui n'est autre chose que les œuvres de Cicéron et sa vie, que Corrado avait fort bien étudiée. Ce qu'il en dit passe pour de l'argent qu'il compte aux consuls , qui le reçoivent sur ce pied-là. Il est surprenant comment un auteur aussi poli que ce savant italien a pu imaginer une semblable allégorie , qu'il conserve depuis le commencement jusqu'à la fin , et comme il a pu donner la torture à son esprit pour la soutenir. Elle serait capable de rebuter le lecteur le plus patient, si les bonnes choses que l'on trouve dans son livre et sa belle latinité ne lui faisaient pardonner sa mauvaise méthode. C'est en effet un des meilleurs ouvrages qu'il y ait sur la matière qu'il traite , et les plus habiles gens en ont toujours recommandé la lecture. » Les autres ouvrages de Corrado sont : Ciceronis Epistote ad Atticum , interprétationibus illustratœ; Venise, 1544, in-fol. ; — Valerius Maximus ex recensione Seb. Corradi et cum ejus notis; Venise, 1545, in-8°; — Ciceronis liber De Claris oratoribus, qui dicitur Brutus , cum commentario ; Florence, 1552, in-fol.; — Commentants in VtrgilU

911 GORRADO

jEneidos librum primum; Florence, 1555, in-8° ; — Nota in Epistolas familiares Ciceronis , dans une édition de ces épltres par Jean Thierry; Paris, 1557, in-fol.; — Sex dialogi Platonis e grœco translati , imprimés avec la traduction de Marsile Ficin; Lyon, 1557, in-fol. ; — Annotationes in quintum librum Epistolarum Ciceronis; Strasbourg, 1560, in-8° ; — Virgilii Vita , en tête de l'édition de Virgile de Taubmann; 1618, in-4°.

Fabrlclus, Bibl. med\ et inf. mtat. — Nlcéron . Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres, L XIX. - Teluler, Éloges des savants.

corraro ou cobr A El v*(A nloine) , cardinal vénitien , né dans la seconde partie du quinzième siècle, mort à Padoue , le 19 janvier 1445. 11 fut un des instituteurs de la congrégation de Saint- George in Alga, et fut nommé éVèque d'Ostie et ensuite cardinal par le pape Grégoire X1J, son onde. Après avoir rempli les fonctions de légat en France et en Allemagne , il passa les dernières années de sa vie dans la retraite, au monastère de Saint-Jean-Baptiste. Il composa quelques ouvrages dont on n'a conservé que les titres.

Grégoire Corraro, Soliloquium ad Deum de vita et obltu sintonil episeopi Ostiensis. - Jean de* Agostlnl, flotizie dette opère degli serittori venetfani. — Le cardinal Qntrlni, Thiara et purpura vineta.

corraro (Grégoire), littérateur italien, né à Venise, en 1411, mort à Vérone, en 1464. Il se lit connaître par une tragédie de Progné et par quelques antres compositions littéraires. Appelé à Rome par son oncle Antoine, il fut nommé protonotaire apostolique et, en 1464, patriarche de Venise. Ses ouvrages ont été publiés longtemps après sa mort, savoir : Progné, tragédie ; Venise, t558 ; — un poème latin , publié dans la Vita di Vittorino da Fcltre, du chevalier Rosir i ni; Bassano, 1803, traduit en italien par Moschiui, sous ce titre : Dell* educare la proie; Venise, 1804; — délia Jmportanza difuggire le colpe leggiere; la buona condotta délia vita puo sola tenere in freno la lingua de volgo; Venise, 1809; — Oratio ad Sigismundum imperatorem pro concilia Basileensi, dans la Collection des conciles, par les PP. Labbe et Cossart; — Epistola ad Cœciliam virginem defugiendo sajew/o; dans le recueil Veterum scriptorum et monumentorum des PP. Martin et Durand.

Jean de* AgosUnl, Notizie délie opère degli serittori lenezkml.

correa ( D. Payo-Perez ) , grand-martre de Tordre de Santiago, surnommé le Josué portugais , né dans la première moitié du treizième siècle, mort en 1275. Selon quelques historiens , il serait né à Evora, selon d'autres à Santarem. Voué de bonne heure à la vie des camps, il entra dans Tordre naissant de Saint-Jacques, et fut bientôt regardé comme un des adversaires les plus redoutables de la puissance musulmane dans la Péninsule. Ce fut sous le règne du roi D. Sancho II qu'il accomplit la plus grande

r- CORREÀ

partie de ses exploits. Ce monarque ualhe&neux, dont le règne a été peint sous des conteurs si fausses, fit au début de son règne plusieurs conquêtes importantes, et eut surtout la sage prévision que la ville de Mertola pouvait devenir un boulevard capable d'arrêter les incursions de» Maures vers les provinces ai sud-est; il il donna aux chevaliers de Saint- Jacques. L* conquête des forteresses de TAlgarve suivit de pr*> cette donation , puis Tavira tomba au pouvoir des chrétiens (1). Correa joua un grand Wilc du» ces conquêtes si importantes alors ; iî n'était toutefois que simple commandeur d'Alcacer. Grito probablement à son influence, il fit donner à soo ordre par le souverain imrtugais Al Jusler m 1239, Cacello et Ayamonte en 1240 , et enfin Ta Tira en 1242. Correa passa ensuite au service de la Castille, ce qui a fait supposer à plusieurs écrivains espagnols qu'il avait fait les conquêtes énumérées plus haut pour le compte du pays auquel il avait offert le secours de sou expérience militaire. En 1242 Correa Ait élu grand maître de Tordre, lorsque Tavira était déjà soumise, et jusqu'alors il n'avait dirigé que des chevaliers portugais contre les Sarrasins. C'est surtout lorsqu'il est grand-maître que la chronique espagnole donne à son histoine un caractère vraiment légendaire : les vieux historiens castillans rapportent que durant une grande bataille livrée aux Sarrasins, dans les gorges de la Sierra-Morena, il reçut de Dieu le pouvoir d'arrêter le cours du soleil pour avoir le temps d'anéantir l'armée musulmane. En 1 248, il contribua À la conquête de Sévillc, qui se rendit à Ferdinand III après un siège de treize mois. Lorsque Alfonse TJI se fut consolidé sur le trêne de Portugal, il appela de nouveau à son aide Correa , dans le but de poursuivre ses conquêtes et d'envahir le pays des Algarves. Ce fui encore à la tête des troupes portugaises que k grand-maltre se porta, en 1250, contre la ville de Faro , cité musulmane qui s'était rendue par suite des conventions faites avec l'akaide maure Ben-Baran, Correa ayant reçu Tordre de s'emparer d1 Albufeira, qui ne tarda pas à capituler, et les chrétiens entrèrent dans cette ville : la hante réputation que le grand-maltre s'était acqrôe aplanissait les difficultés. Après avoir servi puissamment a la conquête du royaume des Algarves, Correa lut appelé, en 1263 , comme médiateur, pour régler les différends qui s'élevaient à ce «ujet entre les deux couronnes. Il fut secondé dans cette œuvre de paix par le grand-maltre des templiers Martin Nunez et d'autres personnages en crédit On ignore l'issue de ces négociations; mais, en 1264, les ratifications du traité pour la délimitation entre le pays de Léon et le Portugal furent échangées. Néanmoins, si In cession du royaume des Algarves fut faite au Portugal, il fut stipule aussi que son souverain serait obligé de four*

(l; Il n'eit nullement sûr aujourd'hui que la ville et Sylves ait eu le même sort; elle resta, selon tonte probabilité, plus longtemps au pouvoir des i

CORREA

nir au rot de Léon, sur sa simple demande, anquante lances pour l'assister dans les guerres qu'il pourrait avoir à soutenir. Ce fut de ce droit de vaaselage que le roi Diniz, encore enfant, parvint à se faire exonérer par Alfonse le Sage , en dépit de la vive répugnance manifestée par son conseil.

Le grand-maître de Santiago eut un petit-fils, GonçcUes Coerea, qui se couvrit de gloire, sous Alfonse IV, à la bataille du Salado.

Fbrmiuw) Demis.

Brandâo , Monarckia IumUomo. — Henri Schœffer. Histoire de Portugal.-^ La Clède, Hirt. du ^ori^revue par Fortta-dTJrban et MleUe, L III. - Herculano, Uistoria <UJ>ortuçal, t. Il et III.— Fonseea, Evora glorlota. — Toscan, ParaUeioi de varôet iluttre*. — Vascoocelloa, HUtoria de Semtarem, - Manuel de Parla, Comentariot a Camoetu. - George Cantoso, Agiotogio lusitano, t vol. la-fol.

*corua (Diogo- Alvarez), surnommé Caramuru , aventurier galicien , né dans la dernière moitié du quinzième siècle, mort en 1557. Ce personnage est l'objet d'une tradition populaire , qui a enfanté un poème national ; mais lorsqu'on réduit son histoire anx laits bien avérés, sa biographie n'occupe pas une grande étendue. Originaire de V iana selon les uns , né dans le pays de Galice selon d'autres , il s'embarqua en 1510 sur un navire destiné à faire le commerce du bois de Brésil. Surpris par la tempête à l'entrée de la baie de San-Salvador, ce navire alla se briser sur la cote escarpée où depuis s'est élevé le faubourg da Victoria. Diogo Correa conserva son sang-froid en présence du péril; il se munit d'une arme à feu, et gagna le rivage à la vue même des Tupinambas, qui accouraient pour s'emparer des débris de l'embarcation naufragée. Un coup d'arquebuse, tiré à propos sur un oiseau, suffit pour revêtir le jeune Européen d'un caractère merveilleux aux yeux des Indiens : ils l'accueillirent avec une sorte de respect, et lui imposèrent un nom destiné à rappeler l'événement étrange qui avait signalé, l'arrivée de leur note. Connu désormais sous le nom de Caramuru (1) ( l'homme à l'arme mystérieuse), Diogo Correa passa plusieurs années au milieu de tribus qui souvent étaient en guerre entre elles; il se familiarisa avec l'idiome harmonieux qu'elles parlaient, et devint par la suite un {de ces habiles interprètes que l'on désignait sous le nom de tingua; c'est en cette qualité qu'il fut employé par le premier donataire de la capitainerie des Ilheos , lorsque celui-ci alla prendre possession du beau territoire dont il tenait la concession de Jean ni. Mais lorsque Perdra Coutinho arriva dans le pays, vers 1534, Diogo Correa avait pour

(1) On a prétendu députa trois siècles quo le mot Caramuru signifiait littéralement JUm du Tonnerre, dragon de la mer; mata en langue tuplque Caramuru ou CoJamulu désigne une espèce de raie qui fait ressentir lorsqu'on la touche une commotion électrique , comme cela a lieu pour la torpille ; lt nous a donc semblé beaucoup plus exact de lui conserver Ici la dénomination, on peu vague mais fondée, que nous lui Imposons.

ainsi dire changé ses habitudes d Européen contre celles des Tupinambas, et il s'était allié à l'un des chefs les plus puissants de la cote en épousant, selon les rits topiques, la jeune et belle Indienne que la légende désigne sous le nom de Paraguassu ( la grande rivière), et dont il avait déjà plusieurs enfants (1).

La légende affirme invariablement que Diogo Correa vint en France accompagné de sa jeune épouse ; qu'il y fut très-bien accueilli à la cour de Henri II, et que Catherine de Médicis devint la marraine de Paraguassu; d'autres récits ajoutent que le hardi Galicien, ne voulant pas donner des droits au roi de France sur sa nouvelle patrie, passa en Portugal, et ne revint jouir du fruit de ses voyages au Brésil qu'après avoir fait un acte de loyal vasselage. Nous avons prouvé autre part que ces faits, controuvés, ne résistent pas un moment à l'examen le plus superficiel de la chronologie. H. Adolfo de Varnhagen a parfaitement établi ce que l'histoire pouvait accepter du récit légendaire. Ce qui parait certain, c'est que lorsque Pereira Coutinho, oubliant toutes les lois de la prudence, revenu parmi les Indiens, qu'il avait irrités, fut massacré avec sa suite, sur les rives de Staparica, où s'était brisé son navire , Diogo Correa échappa de nouveau à la fureur des sauvages, en raison de la facilité qu'il avait alors à s'exprimer dans leur langage. Fixé désormais avec sa famille sur remplacement occupé par la vieille ville, grâce surtout à sa connaissance parfaite de la langue tupique, Correa parvint à se maintenir dans les lieux qu'il avait jadis habités. Il jugea néanmoins à propos de s'y fortifier, et il y vécut moitié en lutte, moitié en bonne intelligence avec les chefs indiens, qui gardaient pour lui un certain respect. Ce qui ne contribuait pas peu d'ailleurs à le consolider dans sa position , c'était la présence de cinq gendres, qui sans doute appartenaient à la race européenne; il avait aussi avec lui plusieurs Portugais, débris du naufrage. Grâce à son courage et à sa prudence, il s'était maintenu dans cette situation jusqu'en 1549, lorsque Thomé de Souza vint fonder, par ordre de Jean ni, la ville de San-Salvador, et il devint alors un lien naturel entre les tribus, dont on réclamait le secours, et les nouveaux débarqués, dont on redoutait les prétentions. 11 vécut ainsi dans une situation

(1) 11 est bien prouvé aujourd'hui que cette Indienne, dont on fait une aorte de princesse héréditaire , ne put pas douner a Diogo Correa une partie du pays baigné par les eaux de la Baie de Tous les Saints, comme cela a été fréquemment répété par la plupart des hlatorleoa , et comme l'alflrme d'ailleurs la pierre tombale de la pc- Ute église de la Victoria. Les chefs électifs des peoples de la race topique ne,' possédaient point de territoire fixe, et Ils ne pouvaient point transmettre à leurs enfanta la propriété d'une région qu'Us ne parcouraient qu'en chasseurs. L'usage était même parmi eux de changer d'habitation de trois ans en trois ans. La prétendue propriété qu'on attriboe à Paraguassu sur le riche territoire du Beconeavo deBahta, fut trèa-probablement constituée par ses descendants Immédiats, favorisés d'ailleurs par le gouvernement portugais.

CORREA

prospère jusqu'en 1557. On croit quïl fut enterré dans l'église d'Ajuda, sous une tombe dont l'épitaphe ne peut plus être déchiffrée. Le vicomte da Torre, dont la résidence est fixée à Bahia,se trouve aujourd'hui le descendant direct de dona Genebra, fille légitime de Diogo Correa et de Paraguassu. Ainsi que nous l'avons dit, la légende a donné lieu à une composition épique qui est devenue populaire au Brésil; on Ta réimprimée fréquemment, et die a été traduite en français. Voy. Durao. Fbudihakd Denis.

Gabriel Soarca, Roteiro do Brasil, édlt. donnée par M. Adotfb Varnbageo, daut la Revista tritnemul. - Benlgno ioiè de Carrauio e Caaha, Mtmoria, etc., RevUtm trimmwU, t III, p. 4*T. ~ Adolfo Varohaten, Eptcos BrasiMro*,- l*M, in-M ; on y trouve Caramuru perante a Mstoria, — Ferdinand DenU, un* Fête briiir tienne célébrée à Rouen #n îtio j Bulletin du bibliophile de Techocr, et Orage è part, ta-B», avec additions, In- 8», flg. — De'Mongiave, Caramaru, trad. dn portugais.

gobas* (Gaspard), historien portugais, né dans les premières années du seizième siècle, mort à Goa, vers 1500. H passa de bonne heure en Orient, et prit part à diverses expéditions en qualité de commandant d'une de ces embarcations qu'on désigne sous le nom de cattf r, et qull avait armée à ses frais. Ce fut ainsi qu'il accompagna la flotte de Nuno da Cunha, lorsque ce célèbre gouverneur des Indes fit la conquête de Dia. Le capitan-mor de Malacca, George Cabrai, l'envoya au secours des Moluqnes contre le souverain de Xidor. Revenu de ces expéditions hasardeuses, il écrivit un livre célèbre, dont il existe plusieurs copies, mais qui n'a jamais été imprimé : Historia da India, em quatro tomos ; In-fol. L'ouvrage commence à Tannée 1497 et finit à l'an 1550. Il rot jadis acheté à Goa par D. Miguel da Gaina, qui en fit présent au comte de Vidigueira, D. Francisco da Gama ; le marquis d'Abrantès en possédait aussi une copie abrégée. — Le seisième siècle comptait parmi ses artistes voyageurs un Gaspard CoanBA , secrétaire du fameux gouverneur des Indes D. Joao de Castro. Avant de passer à Goa, il s'était occupé de dessin, et le comte de Juromenba suppose qu'il avait été également attaché à Alfonse d'Albuquerque. H avait connu personnellement plusieurs des hommes émiuents qui avaient gouverné les Indes, et il raconte lui-même qu'il fut chargé par le vice-roi de reproduire les effigies des vice-rois. Pour accomplir ce grand travail, il se fit aider par un artiste hindou , qui le seconda avec tant d'intelligence et tant de zèle, que l'on eut bientôt une collection complète des portraits de tous les gouverneurs qui s'étaient succédé depuis 1497 jusqu'à 1546. « Ces peintures, dit-il, ont été exécutées sur bois séparément, et de grandeur naturelle... Le gouverneur ( Joao de Castro ) se fit aussi représenter, au moment de son entrée triomphale. » Ces divers portraits, dus aux soins de Gaspard Correa plutôt qu'ils n'ont été exécutés par lui, traliissent par leur exécution l'influence de l'art oriental. Ils ont été reproduits par Barreto de

Resende dans son précieux manasent ( vog. ce nom). Correa était l'auteur d'un livre resté manuscrit, intitulé lendas dos Indias.

Barboia Machado , Bibl. ImsiL

courra (Isabelle), savante espagnole, vivait dans la seconde moitié dn dix-septième siècle; elle a publié : SI pastor fido, pœma de Bat. Guarino traduMido; Amsterdam, 1693, in-ft*.

Atfetung.auppL à Jocher, JUg. Gel.-Lexic.

goekbU (Lui*)y jurisconsulte portugais, né à Evora, dans la seconde moitié dn seizième siècle, mort le 12 mai 1597. Il occupa dans h ville natale une chaire de jurisprudence , en 1572. Ce Ait an moment où ses cours jetaient îe plus d'éclat qull se retira de l'enseignement, es 1591, pour passer dans la magistrature. Dès l'année suivante, il occupa de hantes fonctions, et devint même procureur de la couronne. Voulant rattacher au clergé un homme de cette valeur, l'archevêque d'Evorm, D. Theotonio de Biagance, lui offrit un canonicat, avec une pension considérable pour son neveu; mais l'absence dn câèbr? professeur se faisant sentir à l'université, Cambre réclama, et Philippe H décida que le docteur Luiz Correa occuperait de nouveau la chaire qui avait déjà illustrée, en recevant d'ailleurs un traitement considérable. Son canonicat' fut substitué à D. Francisco de Bragance.ll n'a rien publié de son vivant, et mourut dans un âge fort avancé, à Lisbonne, n est enterré an couvant de San- Francisco.

Le seul ouvrage imprimé de ce jurisconsulte qui acquit une si hante réputation est intitulé : AU* aaçao de direito a faner da senhora dm* Catharina, filha do infant* D. Duarte, na causa dasucoessâo da coroa de Portugal. 0a a conservé tous les titres des matières traitées par lui durant ses cours; te catalogue en est reproduit dans Barbosa Machado.

H y a un P.ImU Cobjuu, né à VSa-Real,

devenu jésuite en 1605, qui a écrit la Belaçâo

da perda de Malaca em 14 de janetre 1641.

On conserve ce livre dans la maison de vuniero.

Fers. Dhus.

Barbota Machado, BibUotksea haitana.

goeeka ( Manoel), critique portugais, né à Elvas, au seizième siècle, mort dans le dii septième. Cet écrivain, qui eut toute la confiance de Camoens, et qui avait un goût si décidé pour h haute poésie, commença par étudier le droit cinon, et se fit recevoir licencié dans cette faculté. Devenu examinateur synodal de rarrhevédié de Lisbonne, ses rares connaissances dans h langue hébraïque et dans la langue grecque le mirent en correspondance avec les savants les plus fameux de l'Europe, au nombre desquels était Juste Lipse. La vive admiration qu'il avait conservée pour Camoens l'engagea à donner enfin les commentaires aux Lusiades qoï avait jadis composés ; il les publia en 1613, arec une édition de ce poème. Il a écrit sur le traité de musique de Duarte Lobo, et a laissé mie tn>

CORREA

duction manuscrite oe Tacite. — 11 ne faut pas confondre cet écrivain sérieux avec un certain Manoel Correa Monténégro , qui eut en 1620 le courage de corriger les Lusiades, en les abrégeant impitoyablement, et en ayant soin, dit-il, de les purger d'une multitude d'imperfections.

Barboaa Maefaado, BibUotheea luMana. - Adanson, Life of Camoens, i yoL las*.

*comba (Le P. Manoel ), jésuite portugais, né en 1636, mort en 1708. Saint-Paul de Luanda, dans le royaume d'Angola, fut sa patrie. H passa de cette ville, peu littéraire, à Lisbonne, et entra dans la Compagnie de Jésus, le 31 mai 1651. A l'âge de quinze ans 11 alla professer à l'université d'Evora, où il fut reçu docteur en 1685, et devint recteur de l'université de Coimbre. Appelé à Rome, il y fut promu à la dignité de provincial et nommé assistant du P. Tyrso Gonzales. Ce fut là qui! mourut On a de lui : Idea Consilarii, sive methodus tradendi consilii ex regulis conscientïx; Rome, 712, in-fol.

cokrba (Emmanuel)^ jésuite portugais, né en 1712 et mort en 1789. Il embrassa la vie religieuse en 1729, fut envoyé au Brésil , professa tour à tour à Bahia et à Pernambuco. Arrêté en 1768, à la suite de l'attentat commis sur Joseph 1er, il fut envoyé à Rome, où il mourut. Sa vie , écrite en latin, contient des particularités curieuses sur l'institut religieux auquel il appartenait

*co*.rea (Paulo), médecin portugais, né à Marialva, alla à Rome, et professa à l'université d'Alcala. H fut, dit-on , si habile dans son art , qu'on l'appela dans la capitale du monde chrétien pour y soigner plusieurs prélats, qui le faisaient demander sur le bruit de sa haute réputation. Il revint mourir en Portugal. Ferd. Denis.

Barboza Machado, Bibttotheca luiitana* — Nicolas Antonio, Bibliotheea hitp. nova.

comba ( Thème (1) ) , poète et grammairien portugais, né en 1537, mort le 24 février 1595. Originaire de Coîmbre, il est infiniment probable qu'il fit ses études dans cette université ; il ne séjourna pas longtemps en Portugal, et se rendit en|ltalie,où il professa avec une renommée croissante à l'université de Bologne, au temps où Antoine Muret obtenait de si grands succès à la cour des papes. U séjourna tonr à tour à Païenne, à Rome et à Bologne, et il y acquit une si haute réputation, qu'il fut comparé, par les Italiens eux-mêmes , à Cicéron pour l'éloquence, à Martial pour la poésie : ceci justifie l'éloge un peu exagéré que lui accorde Nicolas Antonio. Ce fut en dernier lieu à Bologne qu'il alla professer : il demeura sept ans dans cette ville , et il y mourut. Son ami et son hériter, Octavio Bandini, lui fit élever une sépulture dans le couvent de Saint-Martin des Carmes. Nous reproduisons ici chronologiquement les titres de ses divers ouvrages : de Toto eo poematis génère quod

(i) Et non Thomas, comme l'écrit la Biographie univeraile des frère* Mlchaud.

epigrammu vulgo dicitur, et deiis gtue ad il- M pertinent; Venise, 1569, in*4° ; cet ouvrage est dédié au roi D. Sébastien, et a été réimp. en 1590, sous le titre : de Bpigrammate; — de Elegia, ad ampUssimum Scipionem Gon- %agamf libellus ; Padooe, 1571 , in-4° ; et Bologne, 1590, in-4°; — Qratio in funere Martini AspiUuetsB Navarri, in œde Sancti Antonii, 1585 ; Rom», 1535 ; — Qratio in Sixtum V, habita Ronue iv kalénd. augtuti 1585, nomine mugni magistri ordinis S.-Joannis, etc. ; Rome, 1585; —Oratio in primo sua ingressu ad gymnasium Bononiense, x hal. decemb.

1586; Bologne, 1586;— Oratio secunda, eodem anno; — In librum De arte poelica Horatïi explanationes ; Venise, 1587,10-8°; — de Conficiendis epigrammatibus; Bologne, 1 590, in-4°; — de Eloquentia libri V : primus agit de rhetorica, eloquentia, et oratione in communi; secundus, de ratione inveniendi; tertins, dedispositione; quartus, de dignitate et diX/erentiaelocutionis;quintus, de memoria et pronuntiatione; Bologne, 1591 , in-4° ; — de Prosodia et versus componendi ratione; Venise, 1596, in-iô; — de Antiquitate, dignitateque poesis et poetarum differentiis, imp. dans le livre de F. Luiz de San-Francisco sur la langue sacrée. Il est question de cet opuscule dans Morhof. Ferd. Denis.

Nicolas Antonio, Bibliotheea nova. - Barbota Macbado, BibliotAeea Imitant- Ohlllnl. Theatro degUHuominl ietterati. - Morhof. Po^hUtor.

COMBA de AEAJMo ( Francisco) , musicien portugais , vivait dans la première moitié du dixseptième siècle, n embrassa la vie ecclésiastique , et, quoiqu'il fut né en Portugal, alla vivre à Séville, où il était considéré comme l'un des plus célèbres organistes de son temps. On a de lui : Facultadorganica;A\cA\h, 1626, in-fol. Ses autres œuvres musicaux étaient conservés à la bibliothèque du roi à Lisbonne.

*gobbba db lagbada ( D. Fernando), écrivain portugais du dix-septième siècle. On lui doit un ouvrage fréquemment cité lorsqu'il s'agit d'un événement mémorable du dix-septième siècle; il est intitulé Catastrophe de Portugal na deposiçâo d'el rey D. Affonso VI e subrogaçdo do principe D. Ped7o o unico , justifteada aas calamidades publicas, escripta parajusUfieaçdo dos Portuguezes ; Lisboa , a custa de Miguel Manescal, 1669, in-4°, et non 1679, comme l'a écrit Barbosa. n a paru sous le pseudonyme de Leandro Dorea Caceres e Fana, et a été traduit en français. On lui oppose aujourd'hui l'ouvrage suivant, qu'un heureux hasard a fait retrouver récemment : A Anti-Catastrophe, historia d'el rey D. Afjonso VI de Portugal, publicadaporCamilloAurelianoda Sylva e Souza; Porto, 1845, in-8°. Ce second ouvrage anonyme rétablit bien des faits altérés, Febj>. Denis,

Berbo&a Macbada; BibU. imit,

CORREA

* goura de jlemos (Antoine), savant portugais, né à Lisbonne, le 9 novembre 1680. On a de lui : Relaçdo de procissdo de preces quefizeraoos Turcosna cidadedeMeca, 1728; Lisbonne, 1730,{in-4*, sousle pseudonyme de Jo. Caries Antonio ; — Almanackuniversal. 1731- 1734 ; ibid., 1731-1734, sous le pseudonyme de Fabian Francez; — Afenix dos Tempestades renacidana de 15 outubro de 1732, con hum discurso Sobre os ventos; ibid., 1732,in-4°.

Barbu* Machado, BU>1. lusiL

*corrba BAHAEBM (Antonio), célèbre capitaine portugais, né au quinzième siècle, mort au seizième. Il était Tenu aux Indes dès le temps de Lopez de Sequeira, et fit lever le siège de Bentam vers 1520; il passa ensuite au Pégu, que l'on considérait alors comme l'Ophir des anciens, se mit en rapport avec le radjah qui commandait dans ces contrées, et conclut avec ce souverain un traité que Ton grava sur une lame d'or, et qui lui fut remis. A partir de cette époque des relations, vraiment amicales, s'établirent entre les Péguans et les Portugais. Correa retourna bientôt àMalacca; de là il se dirigea sur la ville de Padé, résidence du roi de Bentam, s'empara de la ville, et brûla, dit-on, dans le port plus de cent navires. Ce fut après cet exploit qu'il retourna à Malacca, où il reçut les honneurs du triomphe. U ne devait pas se borner à cette action d'éclat : de retour sur la côte de Malabar, Siqueira ne tarda pas à l'envoyer vers le golfe Persique, ou, d'après les conseils même du roi d'Ormuz , qui nourrissait une arrièrepensée, il s'empara de l'Ile de Baharem, lieu célèbre dans (tout l'Orient par les perles magnifiques que l'on obtenait de ses pêcheries. — Kl Mokri, le souverain de 111e, était gendre du chérif de La Mecque ; il n'en fallait pas davantage pour donner à cette guerre une apparence de justice. Antonio exécuta les ordres du vice-rai avec un rare courage, et le chef musulman rut bientôt chassé de l'Ile opulente qu'il gouvernait. Le commandement en rat remis malheureusement à un traître, Rais Scheras, qui n'aspirait qu'au moment de chasser les chrétiens du golfe Persique; mais Antonio Correa revint à Ormuz chargé de butin , et obtint plus tard du roi Jean m des armoiries qui devaient perpétuer dans sa famille le souvenir de son heureuse conquête. Il ajouta également à son nom celui de 111e Baharem. Ses exploits ont été rappelés dans les Lusiades. Ferdinand Denis.

Jofto de Barros, Mia. — Joûo Rapilsta de Castro, Mappa dû Portugal.

coeeea de 84 bbn a v 1DK8 ( Salvador), amiral célèbre, gouverneur du Brésil , né en 1694, moitié 1er janvier 1 688. Il naquit à Rio-de-Janeiro, d'une famille illustre, et à l'âge de seize ans il entra dans les affaires publiques ; il échappait à peine à l'enfauce lorsqu'il fut chargé de conduire de Pernambuco en Europe un convoi de

trente navires. U revint au Brésil, et vers le commencement de 1025 on le vit contribuer à l'expulsion des Hollandais, qu'il fallait chasser de 6ahia; il se distingua surtout devant Espirito-Sanlo. En 1634 il avait lait un second voyage en Europe, et son père était mort lorsqu'il fut nommé amiral de la mer du Sud , avec ordre daller combattre les rebelles qui menaçaient le Paraguay. Ce rat là qu'il s'empara de D. Pedro Chamay, qui depuis plus de trente ans résistait à main armée aux ordres de la métropole. Après avoir gagné la bataille de Palingarta, en 1635, il passa au Tucuman, où il rétablit la paix ; dans cette dernière campagne, il fut atteint de douze flèches, qui lui firent de cruelles blessures. Tant d'actions d'éclat le firent nommer provisoirement par l'Espagne capitdo-mor et gouverneur général de Rio-de-Janeiro. jEn 1637 il fut confirmé officiellement dans cette place. Trois ans plus tard il se dirigea sur Saint-Paul, où les populations se soulevaient contre l'administration des jésuites; il y rétablit la paix. Lorsque la maison de Bragance monta sur le trône, Salvador Correa pouvait être considéré comme ayant conservé à Jeau IV le plus bel apanage de sa couronne. En 1641 ce souverain le Domina gouverneur général du Brésil, avec le commandement spécial de la division sud, les Hollandais se trouvant alors maîtres des possessioas du nord. Il lui était enjoint de s'occuper surfont de l'exploitation des mines précieuses, qé avaient été découvertes par les Paultsles sur le territoire soumis à son administration, ta 1644 il fut placé comme amiral à la tète (Je la flotte organisée pour protéger le commerce des Portugais dans l'Amérique du Sud. Il se démit alors de ses autres charges, fit trois fois le voyage de l'Europe pour remplir la mission nouvelle qui lui était confiée, et ne contribua pas peu, grâce à son débarquement subit sur la côte de Témendaré , au triomphe de ce Fernaodez Yieira, que l'on a surnommé le Scanderberg portugais.

Mais l'exploit le plus étonnant de Salvador Correa eut lieu sans contredit bien loin du Brésil : il s'agissait de fonder, malgré la paix qui s'était étabUe depuis peu entre la HoUande et le Portugal, une factoi crie qui pût remplacer en Afrique Angola. A force de courage, l'amiral parvint à rendre le port (TAugola lui-même à ses premiers fondateurs. Le .trésor étant épuisé, il frète à ses propres frais quatre bâtiments, et parvint à rassembler dix navires et neuf cents horaux* de débarquement; c'est avec ces forces quû quitte Rio-de-Janeiro, le 12 janvier 1648, gajaie les mers d'Afrique, et se dirige sur le port tic Quicombe. Là il débarque à terre , avoue que ses instructions lui enjoignent de fonder un nourd établissement, mais que l'oppression dans laquelle vivent les anciens colons lui impose uoe autre obligation, et qu'il prétend les délivrer, en dépit même des récentes négociations. La*-

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sentiment des chefs lai Tépond des équipages ; il s'embarque de nouveau, aborde à Angola, attaque résolument le fort de San-Miguel avec une poignée d'hommes, et force une garnison comparativement considérable à' évacuer la place en vertu d'une capitulation. Cet événement eut lieu le 15 août 1648. Au bout de soixante jours toute la cote d'Angola est évacuée par les Hollandais. Salvador Coma, qui s'est constitué gouverneur de la nouvelle conquête, n'hésite pas à aller attaquer le roi du Congo; et il soumet quatorze chefs, parmi lesquels il faut compter cette Anna Ginga, dont la cruauté et les exploits prodigieux tiennent une place si grande dans l'histoire de ces régions. Fort de rassortiment tadte de son pays; niais dans une position toujours précaire, Salvador Coma gouverna trois ans le royaume d'Angola, puis il retourna à Rio-de-Janeiro, et vint prendre quelques mois de repos à Lisbonne. Bientôt une ordonnance du 17 septembre 1658 lui confie le gouvernement des régions sud du Brésil, complètement séparées alors par la nouvelle répartition de la vice-royauté de Bahia. Salvador Correa partit pour Rio-de-Janeiro en 1659; et s'il rendit à Francisco Barreto dans la capitale une sorte d'hommage, exigé par la courtoisie , il n'en maintint pas moins sa parfaite indépendance. Il s'embarqua même à la hâte pour Rio, qu'il trouva consternée : le commerce était anéanti , le crédit ruiné, et la caisse du gouvernement dans un état d'épuisement complet. Cette fois le bon vouloir et l'habileté de Salvador Correa échouèrent; et toutefois, malgré l'exaspération des esprits, l'autorité du gouverneur ne fut pas méconnue. *H n'en fut pas de même lorsqu'un ordre de la couronne l'eut obligé à se transporter dans la province de Saint- Paul et à remettre l'administration provisoire entre les mains de Thome Correa de Alvarenga. Trois semaines ne s'étaient pas écoulées, que le peuple proclamait à Rio-de-Janciro la déposition de Salvador Correa, en exigeant que le commandeur Barbalho Bezerra acceptât le pouvoir et en engageant la municipalité de Saint- Paul à suivre l'exemple que la province voisine venait de lui donner. Ces déplorables exhortations furent heureusement sans résultat; bien loin de là, une lettre honorable émanée des autorités de la ville vint prouver an vieux général qu'il trouverait un concours efficace dans le lieu même où l'on prétendait qu'il subit l'ignominie d'une déchéance. Malgré la fermeté clémente dont H ne cessa de donner des preuves, l'effervescence ne se fût pas calmée sans l'arrivée d'un honorable magistrat de San-Salvador, qui parvint à rétablir la tranquillité. Alors seulement Correa dot rentrer à Rio-de-Janeiro, et après une année de séjour dans cette ville, il remit légalement le pouvoir entre les mains de son successeur; il s'en démit le Ier juin 1661.

De retour à Lisbonne, sous le règne déplorable d'Alfbnse VT, Correa eut à subir de nouveaux

dégoûts de la part du ministère. Bientôt les conseils énergiques qu'il crut devoir donner au faible monarque, dont il prévoyait la ruine prochaine, tournèrent contre lui. Au jour de la déposition d'Alfonse, son procès lui rat fait de la façon la plus inique, et il fut condamné à un exil de dix années sur les plages inhospitalières où il avait vaincu tant de fois. H n'alla pas toutefois en Afrique, grâce aux sommes énormes dont il pouvait disposer encore, grâce surtout au crédit de son fils, blessé récemment à Badajoz, pour le soutien de la monarchie toujours ébranlée. Il obtint donc de pouvoir chercher un dernier asile dans son palais de Santos. Il ne partit pas cependant pour le. Brésil. La mort prématurée de son fils, arrivée au mois d'octobre 1678, attendrit le régent, qui devait bientôt régner sous le nom de Pedro H. Correa offrit alors d'aller combattre où naguère on avait prétendu l'exiler : ce Brésilien, de la race des vieux héros, voulait, disait-il, mourir au bruit du canon. On n'accepta point ses services , et il survécut encore longtemps à ses dernières propositions d'une expédition dans le royaume d'Angola, car il avait quatre-vingt-quatorze ans lorsqu'il cessa de vivre (1). Il fut enterré dans la sacristie du couvent , aujourd'hui supprimé , de Nossa-Senhora dos Remedios, appartenant à l'ordre des Carmes déchaux , qui s'élevait à Lisbonne en face de son palais.

Si l'on s'en rapporte à Manesson Mauet, ce général éminent, qui avait beaucoup navigué , se serait occupé de construction navale, et aurait même introduit dans l'architecture nautique des innovations peu heureuses. En 1658 il aurait fait construire un vaisseau de telles dimensions, qu'on pourrait le faire figurer dans ces légendes fantastiques que les matelots aiment à raconter durant les loisirs du voyage : ce bâtiment prodigieux avait six ponts, mais ne pouvait être manœuvré, et alla pourrir, dit-on ( regardé comme parfaitement inutile), dans le petit portd'Aldeagalega. Cette assertion de l'auteur d'un livre plus curieux qu'il n'est estimé a besoin de confirmation pour être accepté; mais ce qui est infiniment plus probable, et ce que répète aussi un biographe moderne, c'est que Salvador Correa, durant ses excursions sur le littoral du Brésil, avait parfaitement apprécié les richesses de l'intérieur et deviné là splendeur prochaine de cette belle province de Minas Geraes , à peine explorée de son temps.

11 parait certain qu'il avait écrit des mémoires"; personne néanmoins n'en a vu le manuscrit , et

(1) (Test à tort que la Biographie des frère» Mlchaod le hit naître à Cadl» et mourir eu tsfto. Ce qui a probablement Indott en erreur l'auteur de l'article, c'est que sa mère était Aile de D. Manoel Benavldes, gouverneur de Cadli. Il ne saurait y avoir de doute sur ce point, car Pfzarro cite l'extrait de baptême, et Correa dit lui-même, dans une de ses lettres autographe*, qu'il est né à Mo-de-Janelro : son portrait, «1 fréquemment reproduit dans ces derniers temps, a été lithographie d'après une peinture qui existe dan une «es salles de la municipalité d'Angola.

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l'infatigable Adolfode Varnhagen, qui a compulsé les archives de la famille, n'a jamais pu les découvrir.

Salvador Correa est pour les Brésiliens aujourd'hui le type de ces hommes émlnents qui , sous l'ancien ordre de choses, ne purent se placer à leur rang rentable ou triompher de la calomnie , uniquement parce qu'Os étaient nés dans une contrée livrée à tous les abus du régime colonial , et qu'ils se trouvaient ainsi victimes nécessaires d'un système qull (allait briser. Ferdinand Dents.

' Adolfo Varnhagen, Bevitta ttrtmensal. — O Panorama, jomal literariû. - O Ottensof brasiUiro. — J.-M. Perdra da Sjrloa, Phttarco brmilUiro.

corrka da ftftMA (José-Francisco), sa- ; vant portugais, né an 1750, mort en 1823. Né dans l'antique bourgade de Serpa, province d'Alem-Tejo, il vint dès sa plus tendre jeunesse à Rome avec son père, pais de là il se rendit à Naples, et, après avoir visité cette partie de (Italie, il retourna à Rome, où il prit les ordres mineurs. Il s'y Hvra avec ardeur à l'étude des langues anciennes, protégé par le duc d'AIafoès, oncle de la reine Marie I". Ce fut avec ce seigneur qn'il revit le Portugal en 1777 ; non-seu- ! lement le dnc voulut qu'il logeât à Lisbonne dans son palais, mais l'Académie ayant été instituée, grâce à son crédit, en 1779, il parvint à faire nommer le jeune abbé secrétaire perpétuel de la nouvelle compagnie; on lui concéda même alors un privilège que nul ne partageait en Portugal : il eut le droit de publier les Mémoires de l'Académie sans être soumis à la censure. Un de ses biographes fait remarquer avec raison quo cet avantage apparent eut en réalité pour lui les plus funestes conséquences; accusé directement devant le saint-office, il se vit, en 1786, contraint de quitter son pays. 11 Be réfugia en France, où il fut reçu hospitalièrement. Après la mort de D.- Pedro m, le mari de la reine, il obtint* la permission de retourner à Lisbonne, et il trouva le duc d'AIafoès prêt à l'accueillir comme par le passé. Malheureusement les liaisons scientifiques qu'il avait contractées naguère en France pensèrent alors lui devenir funestes. Un naturaliste français, le docteur Broussonet , étant venu jusqu'à Lisbonne chercher un asile contre les persécutions de la terreur, alla réclamer naturellement les bons offices de Correa da Serra, dans une ville où il ne connaissait personne. Celui-ci présenta le fugitif au duc d'AIafoès, et te palais même de l'Académie devint son refuge ; mais le docteur, connu pour l'ardeur de ses opinions, avait cru devoir se présenter sous un nom supposé; en réalité II appartenait au parti girondin , et ne tarda pas à être dénoncé par quelques émigrés français : il fut arrêté sur un ordre de l'intendant général de la police. Manique, c'est le nom, devenu trop célèbre, de cet intendant, était l'ennemi personnel du doc ; toutefois , ne pouvant s'en prendre à un membre de la famille royale,

il fit tomber tout le poids de son anhnadversioa sur ses deux protégés : le docteur Broussonet et l'abbé Correa da Serra furent décrétés d'emprisonnement; mais, avertis à temps, ils évitèrent l'étroite captivité qui les attendait, en passant immédiatement dans PAlgarve, et en se réfugiant de là à Gibraltar. Le savant français gagna l'Afrique, tandis que son compagnon obtint toutes les facilités désirables pour se rendre en Angleterre.

Les études, toutes spéciales, de botanique auxquelles s'était livré dès cette époque Correa da i Serra lui flrenttrouver on protecteur éclairé dans la personne de sir Joseph Banks. Sur la proposition de cet homme éminent, le savant portugais fut nommé membre de là Société royale de Londres* Voué à ses travaux de prédilection, fl vécut dans cette ville jusqu'en 1797. A cette époque les changements politiques survenus en Portugal vinrent modinertoutà coup se vie paisible et le jeter au milieu des affaires ; il fut nommé secrétaire d'ambassade. Quelques mésintelligences «'étant manifestées entre lui et l'ambassadeur, D. Loorenço de Lima, il prit le parti d'abandonner la ourière diplomatique, et profita de la paix d'Amiens pour venir à Paris, et son séjour dans cette ville se prolongea jusqu'en 1*13. Retiré dans un modeste appartement, situé au centre du quartier latin, fl prit une part active au mouvement intellectuel qui se renouvelait alors, s'associa à toutes les sociétés utiles, et se Ha avec tous les hommes éminents. Familiarisé de longue main avec les délicatesses de la langue française, il écrivit même dans plusieurs revues périodiques sur l'histoire naturelle et sur des points curieux d'histoire : tel est soo Mémoire sur la germination du nelumàos publié en 1 8 10 dans le Magasin encyclopédique, et son curieux écrit Sur les vrais successeurs des Templiers, qu'accueillit sous le voile de l'anonyme une autre Journal littéraire. Dès 1804 il avait publié dans les Archives littéraires de V Europe son Coup d*aHl sur Vétat an sciences et des lettres pendant la seconde moitié du dix-huitième siècle. Chez cet esprit voué aux études les plus variées, les questions nouvelles trouvaient une prompte solution ; c'est ainsi qn'au moment oh Ton se préoccupait sérieusement en France pour la première fois du mouvement intellectuel de l'Orient , fl donna dans le Maga- Un encyclopédique en 1810 une notice Sur la littérature indienne des Portugais. L'Institut de France le nomma alors correspondant de la troisième classe.

Dès cette époque Correa da Serra s'occupait avec un zèle infatigable de la réunion des doraments inédits relatifs à l'histoire de Portugal , et la grande collection publiée par lui sous les auspices de l'Académie des sciences de Liston» restera le monument le plus honorable de » vie scientifique ou littéraire. Dès 1790 a avait donné le 1er volume du grand ouvrage iati-

GORREA — GORREAS

tulé : Colecç&o de livros ineditos da historia Portugueze; et eu 1816 cette collection, faite avec tant de critique et d'intelligence, atteignait le quatrième volume (1). Mai» à cette époque Correa da Serra n'était plus en Europe : entraîné par son amour pour les sciences naturelles, il avait quitté dès 1813 la France, pour se rendre d'abord à New-York, puis à Philadelphie. Un biographe moderne affirme qu'A y refusa une chaire de botanique. Ô était dans sa destinée de voir toujours ses travaux de prédilection interrompus par les nouveaux devoirs que lui imposait la vie politique. En 1810 il recevait aux Etats- Unis sa nomination de ministre plénipotentiaire du Portugal. La vie diplomatique qu'il mena alors fut des plus actives et des plus utiles. Lorsque la constitution fut promulguée en 1820, le gouvernement tenta de réunir autour de lui les hommes qui unissaient le savoir à l'expérience des affaires , et Correa da Serra rat rappelé; on le nomma alors membre du conseil des finances. Lors de la réunion des Cortès de 1823, il fit partie de la représentation nationale, mais fl demeura pour ainsi dire étranger aux discussions politiques qui eurent Heu alors. Après la chute du gouvernement constitutionnel, sa santé, épuisée par le travail et par linquiétude que lui donnait la marche des affaires, ne put se rétablir, et il mourut aux eaux célèbres qu'on nomme en Portugal Caldas da Rainha; 11 y expira peu de temps après son arrivée, à l'âge de soixante- treite ans. Le peintre Gérard, dont il était l'ami, nous a laissé de lui un excellent portrait. Fort de l'opinion de l'Institut, qui, dans son rapport en date du 9 janvier 1806, signale Correa da Serra « comme un de ceux qui, en examinant chaque famille de plantes, sont parvenus à mettre de l'ordre dans tes genres qui les composent », Balbi rai assigne un des premiers rangs parmi les botanistes portugais , bien que, comme Veltoso Brotero et le père Leandro, il n'ait pas publié de grands ouvrages sur cette science. Ses mémoires Sur les forêts submergées du Lincoln» shire et Sur la fructification des algues ont para dans les Philosophieal transactions. D'autres travaux du même genre ont paru de lui dans les Annales du Muséum de Paris. C'est également dans l'une de nos anciennes revues, les Archives littéraires de P Europe, qu'il a publié son travail Sur V agriculture des Arabes en Espagne.

La grande publication historique signalée pins liant, et trop peu connue en France, est ainsi divisée : Cotleeçdo de livros ineditos, etc. : o tomo I contem livro Da guerrd de Ceuta, por mestre Mattheus de Pisano; Chronica d'el rey D. Duarte, por Ruy de Pina; Chronica de D. Affonso F, pelo mesmo;— o tomo II

(i) Correa daSeirafétaU farineras trivrax bjrtorlnai en publiant de* nft» . Fiéa do infant* Dom Duarte, peèù vtestrê À aère de Retende,- LUbonoe, petit In-4".

contem Chronica d*el rey D. Jodo II, por Ruy de Pina; e a Chronica do conde D. Pedro de Menezes,por Gomez Bannes de Zurara; — o tomo III contem Chronica do conde D. Duarte de Menetes, de Ruy de Pina; Livro vermelho do senhor D. ÂJfonso F; Pragmentos de Ugislacâo portugueza, extrahidosdolÀvro dos posses da casa da supplicaçao; — - o tomo TV contem Chronica d'el rey D. Pedro I, por Femdo Lapes ; Chronica d*ei rey D. Fernando, pelo mesmo autor; Foros antigos dos concelhos de Santarem, S. Martinhode Mouros e Torres-Novas. Chacune de ces chroniques ou chacun de ces documents se trouve précédé d'un excellent discours préliminaire, contenant la biographie de l'auteur ou rappréciation du morceau qui va suivre. Le cinquième volume n'a pas paru. Corroa da Serra a, en outre, fourni plusieurs articles à la Biographie universelle publiée par les frères Mtchaud. Un travail de lui Sur l'état ancien et futur de V Europe a été inséré dans V American review. Nous pensons aussi que l'on doit attribuer au même écrivain un article anonyme Sur le marquis de Pombal, que l'on peut lire dans le t. XI des Archives littéraires de l'Europe. Ferd. Denis.

Sylva Leai: Junior, Retratot e Biographku dot pertonaent Ukutrm de Portugal; Lkbonoe, îftti, et aoiw •uhr. io-fol., ném. parttcalien. - BaJtt, S$$ai de rtatittique sur lerouaume âo Portugal.

*coRRaU gaeçao ( Pierre-An toine ). Voy.

GàfiÇAO.

corakal (Don Gabriel), littérateur espagnol, vivait dans la première partie du dix-septième siècle. D était docteur en droit et chanoine deZamora. On a de lui : la Prodigiosa historia de los dos amantes Argents y Poliarcho; Madrid, 1626, in-4° : ce roman est tiré de V Argents de Barclay; — la Cinthia de Aranguez, ouvrage mêlé de prose et de vers ; Madrid, 1629, in-8° ; — Carmen in romanam prxfecLuram principis Thaddœi Barberini; Rome, 1631, in-8° ; — las Obras poeticas del papa Urbano VIII : c'est une traduction espagnole des Œuvres latines d'Urbain VIII.

N. Antonio, Biblioth. hitpana nota. — Léo Allattus, Jpes urbanse.

courbas (Gonzales), grammairien espagnol du dix-septième siècle. Il professait les langues grecque, hébraïque et chaldaique à l'université de Salamanque. On a de lui : Commentatio, seu deelaratio ad illud Geneseos.: Sedfons ascendébat e terra; Salamanque, 1622, in-4°j— • Trilingue de très artes de las très linguas castellana, latina i griega; Salamanque, 1627, in-8° ; — Ortografia hastellana nueva i perfetta ; juntamente el Manuel de Epikteto, i la tabla de hebesfilosofos estoikos; hon forme al original greko, latino, korrelo i traduzido por el mesmo, uno e otro la primero ke se a impreso Aon perfeta ortografia; Salamanka, en kasa de Xatînto Tabernier ; 1630, in-8°. Ce

CORKEAS — CORRÉGE

titre d'ouvrage est nn échantillon des bizarres réformes que Correas essaya inutilement d'introduire dans la langue espagnole. Il existe un ouvrage intitulé : Prototypi in grxcam Unguatn grammaiici canones ; Salamanque, 1600, par un certain Gonzales Correas lnigo, qui parait être le même que l'auteur de YOrtografia kastellana.

N. Antonio, Bibliothëca hùpana nova,

corrége ( Antonio-Âllegri ) ( il signait quelquefois Lieto ), surnommé Correggio, du lieu de sa naissance, célèbre peintre italien, né en 1494, mort en 1534. Il a obtenu de la postérité le titrede divin , qu'il ne partage qu'avec Raphaël et Murillo. Son nom, célébré par les poètes, rappelle ces dées gracieuses , douces , aimables, qui font le charme des productions de son pinceau. C'est devant l'un de ses ouvrages, à Parme, qu'Anomal Carrache, transporté d'admiration, s'écria : « Quelle vérité ! quel coloris ! quel caractère ! tout ce que je vois ici me confond. » « Nous autres, écrivait-il à Augustin, son frère, nous peignons comme des hommes; Corrége peint comme un ange. » Malgré tant de mérites , les contemporains d'Allegri se sont peu occupés de lui; à peine s'ils nous ont conservé quelques détails sur sa vie et ses travaux. Parmi les écrivains qui ont voulu remplir la lacune laissée dans l'histoire de l'art , les uns le font naître de parents pauvres , de basse extraction , et mourir de mi • sère; d'autres veulent qu'il soit issu d'une famille noble et riche), et qu'il ait laissé de grands biens à ses enfants ; il en est qui prétendent, contre toute vraisemblance, qu'il n'eut d'autre maître que la nature et son propre génie : ils font découler de là cette originalité de composition, d'airs de tête, de manière d'ombrer et de colorer ses figures, qui rendent ses ouvrages uniques et inimitables; plusieurs affirment qu'après avoir reçu de son onde Laurent les premiers éléments du dessin, il fréquenta l'école de Bianchi, puis celle d'Andréa Montagna, sans s'apercevoir qu'à la mort de ce dernier, en 1506, le Corrége avait à peine douze an*. Mais aucun ne dit positivement s'il visita Rome ou Venise, s'il étudia l'antique, et à quelle occasion il s'écria ingénument devant la première peinture qu'il vit de Raphaël : Anch1 io son* pittore! « Et moi aussi je suis peintre ! »

Pour aider à rétablir la vérité de certains faits controversés par les biographes du Corrége , nous dirons, avec Mengs , que les travaux considérables dont Allegri rat chargé, de préférence à Jules Romain et au Titien , prouvent qu'il ne vécut pas dans cette obscurité malheureuse, dans cet éloignement complet des grands déploré par certains écrivains. Ses compositions ingénieuses, profondément méditées, annoncent un esprit cultivé , un goût ennobli par l'étude des lettres, une science peu commune des règles de rarchiteeture, de la sculpture, de la perspective et de l'optique ; enfin, le soin qu'il

mit à perfectionner ses ouvrages, remploi des couleurs les plus précieuses et les plus chères, les toiles fines dont il se servit ordinairement , les tables de cuivre sur lesquelles plusieurs ont été peints, enfin, la dépense excessive que durent liii occasionner les modèles en relief, par un sculpteur habile (Bigarelli ), des figures de sa coupole de Parme , annoncent en lui un artiste aisé, consciencieux, plus occupé de sa gloire que de sa fortune. Ce qui caractérise éminemment la manière du Corrége est une grâce de pinceau admirable, une ordonnance vive, féconde et poétique, un grand goût de dessin, une expression délicate et vraie, un coloris enchanteur et vigoureux, quoique lumineux; une harmonie exquise, et surtout cette intelligence do clair-obscur qui donne de la rondeur et du refief aux objets. De telles beautés peuvent bien faire oublier ces légères incorrections de contours, ce quelque peu de bizarrerie dans les airs de tête , ces attitudes parfois outrées, que des critiques sévères se croient en droit de lui reprocher. Le Corrége a le premier représenté des figures en l'air, et nul autre que lui n'a si bien entendu l'art des raccourcis et la magie des plafonds.

Les principaux ouvrages du Corrége sont : à Parme, la coupole de Saint-Jean et celle de la cathédrale, les deux premières qui furent peintes . l'une, exécutée de 1520 à 1524, représente V Ascension; l'autre, terminée en 1530, a pour sujet principtûV Assomption. Nous nommerons ensuite le Saint Jérôme, chef-d'œuvre qui fut payé 47 ducats au Corrége, et pour la conservation duquel la ville de Parme offrit vainement un million à Napoléon; ses peintures poétiques et mythologiques dans le monastère de Saint-Paul, qui passent pour les compositions les plus spirituelles, les plus grandioses, les plus savantes qui soient sorties de ses divins pinceaux; à Dresde, la Nativité de Jésus-Christ , connue sous le titre de la Nuit, tableau prodigieux, qui lui valut 40 ducats ; 208 ltvres de vieille monnaie de Reggio ; ta Madeleine couchée à Ventrée de sa grotte, petit tableau de 18 pouces delarg4, qu'Auguste III acquit pour 6,000 louis d'or; à Vienne, Jupiter et Io; à Paris, Jupiter et Antiope et le Mariage mystique de sainte Catherine d'Alexandrie avec Ventant Jésus.

Le Corrége mourut d'une pleurésie, qu'il gagna en rapportant à pied chez lui le prix d'un ouvrage qui lui fut payé en monnaie de cuivre. Quoique chef de l'école de Parme, le grand artiste eut plus d'imitateurs que d'élèves. Parmi ceux qui passent pour avoir reçu ses leçons, on ne peut guère citer avec certitude que son fils Pox* ponio , né vers 1 520 et mort dans un âge avancé, Fr.Capelli, G. Giarola, Antonio Bernieri, qiri, né à Correggio comme son martre , a été quel qnefois confondu arec hri, et Bemardo Gatti , le plus habfle de tous. Ses imitateurs par excel-

CORRÉGE — CORRODI

feoce sont les Mauuoli, dits les Parmesans, Anseimi, Rondani et le Baroccia. Prud'hon, parai les modernes, a le plus approché de la manière duCorrége. [Soyez, dans VE. d, g. d. m.]

Mcngs , Opère diverse. — RatU, Notizie ttoriche sincère interne alla'vita e le opère det célèbre pittore Antonio JUegri de Correggio. — Lanii, Storia pittorica,

combaio, nom d'une famille patricienne du duché de Parme; elle a produit plusieurs hommes potitiqoes/parnii lesquels on remarque les deux suivants :

gorrbgio (Giberto), seigneur de Panne, né dans la seconde moitié du treizième siècle, mort le 25 juillet 1321. Sa famille, qui appartenait au parti guelfe, parvint à faire bannir, en 1295, les San-Vitali, dévoués aux gibelins. Giberto Gorregio rappela ces derniers en 1303, à condition qu'ils le reconnaîtraient pour seigneur de Parme. H songea ensuite à étendre sa domination sur les villes voisines,et particulièrement sur Plaisance, dont le seigneur, Albert Scotti, avait été chassé par les habitants. Il réussit en effet à se faire proclamer souverain de cette ville; mais il en fut bientôt expulsé, et ne tarda pas à perdre la ville de Parme elle-même, le 26 mars 1308. Il y rentra en 1311, pour la perdre une seconde et dernière fois, en 1316. U mourut dans son château de Castel-Nuovo. Tour à tour guelfe et gibelin, il montra plus de versatilité que de talent , et ne put, malgré son courage, s'assurer une grandeur durable.

cobrbgio (Azzo)y seigneur de Parme, fils du précédent , vivait dans la première partie du quatorzième siècle. Il fut rappelé après la mort de son père, se montra d'abord dévoué au parti guelfe, et provoqua l'expulsion des gibelins ; mais il s'unit ensuite à Mastino de la Scala pour chasser les guelfes, au mois d'août 1328, et partagea avec ce seigneur la souveraineté de Parme. U finit même par la prendre pour lui seul ; mais, se voyant exposé à la vengeance de Mastino de la Scala, il vendit la seigneurie de Parme au marjrais d'Esté , et s'appropria, au détriment de ses trois frères, les 70,000 florins prix de la vente. La maison de Corregio conserva la souveraineté de la petite ville de ce nom, jusqu'en 1630 ; elle en fut dépouillée par les Impériaux, et la céda à l'Espagne pour la somme de 236,000 florins. Cette principauté passa en 1636, pour le même prix, à François V d'Esté, duc de Modène.

Sansovlno, Famil. iUutt. d'ital. — Angeil . Storia di Par ma. — Lart de vérifier le» datée, t. XVII.

corregio (Nicolas de), poète italien, né en 1449, mort àFerrare, en 1508. Fils de Nicolas Corregio et de la princesse Béatrix d'Esté, il passa la plus grande partie de sa vie à la cour de Ferrare, au milieu des poètes et des sa* yants italiens, qu'il protégeait et dont il partageait les études. Cependant la culture des lettres ne le détourna pas des travaux militaires. H se distingua en 1482, sous les ordres du duc Hercule d'Esté, dans la guerre contre les Vénitiens,

flOUV. BIOCR. GÉRER. — T. XI.

et fut fait prisonnier en défendant la place de Figarolo. Par un motif quijest resté inconnu , il quitta la cour de Ferrare, et se rendit à celle de Milan, auprès de Louis le Maure, qui l'envoya complimenter Alexandre VI, appelé à la chaire de Saint-Pierre au mois d'août 1492. Après la mort de Louis le Maure, il revint à Ferrare, an mois de février 1499, [et rat chargé, en 1601, d'aller à Rome chercher Lucrèce Borgia, promise à Alphonse, fils aîné du duc Hercule. Pendant son second séjour à Ferrare, Corregio Ait attaqué d'une fièvre pestilentielle, qui mit ses jours en danger. Sa convalescence fut célébrée par Hercule Strozzi. Après un éloge emphatique de Corregio, Strozzi invite Lucrèce Borgia à s'associer à la joie causée par cette heureuse guérison :

Te deeet In priais, nottrl nova gtoria seeli,

Borgia, pacatls solvere rota det*.

lUe tuas ceclntt ricturo carminé dotes,

Qaoque taom potalt nomen ad astre tattt; Bt ttbl, tetlUB consors, oansorsqne dolonun,

Idem anlmum, lato noo variante, fait.

Corregio avait épousé Cassandra, fille du général vénitien Coleoni. Elle fit élever à son mari un magnifique tombeau, orné d'une épitaphe en .vers latins composée par elle-même. On a de Corregio : Cefalo, pastorale en cinq actes et en octaves, représentée le 21 janvier 1487; — gli Amori di Psiche et di Cupidine, poème pastoral, en 178 octaves : ces deux ouvrages ont été imprimés plusieurs fois; Venise, 1510, 1513, 1515, 1518; — des Rime éparses dans divers recueils de poésies italiennes, ou restées inédites.

Ttraboschl , BibUottoca modeneu, t U. Storia délia leUeratura italiana.

* correggio (Francesco), peintre bolonais, vivait vers 1650. H rat un des meilleurs élèves de Francesco Gessi; il a laissé des peintures nombreuses et estimées dans les églises de Bologne. E. B — u.

Malvasia, FeUina pittrice.

coeebus , chef gaulois, vivait dans le premier siècle avant J.-C. Placé à la tête des Bellovaques, il rat un des derniers défenseurs de l'indépendance des Gaules. Nommé , en 51 avant J.-C., chef de la ligue formée contre les Romains par les Bellovaques (habitants de Beauvais), les Atrébates (habitants d'Arras), les Amiénois, les Vellocasses ( habitants de Rouen), il dirigea son armée avec beaucoup d'habileté, rat vaincu par le génie de César et la discipline romaine, et refusant de se rendre, il mourut en combattant.

HlrUos. B. C. VIII, HT.

corrodi (Henri), théologien suisse, né à Zurich, en 1752, mort dans la même ville, en 1793. La sévérité presque excessive de son père eût pu étouffer ses dispositions naturelles, si à Leipzig et à Halle, où il alla étudier, il n'eût rencontré dans Platner et Semler des appréciateurs qui l'encouragèrent. Sous de tels maîtres,

il acquit bientôt une grande eouhaissance des matières théologique» et des sciences naturelles. A son retour à Zurich, U y professa avec succès; et eu 1786 11 y Ait chargé d'enseigner là théologie, la philosophie et l'histoire ecclésiastique. On a de lui : une Histoire critique du millénarisme; 1781 ; — Histoire du canon des livres saints chez les juifs et chez U» chrétiens', — un Recueil de discoure et de mémoires philosophiques; 1786; —Fragment pour servir à V examen impartial des doctrines religieuses ; journal théologique, commencé en 1781.

Meteler, Notice sur ta Me de UlkrtCWVadi («S allemand ).

cofcfcoxET (Gilles), imprimeur- libraire, né à Paris, le 4 janvier 1510, mort dans ié même ville, le 4 juillet 1668. « OsIuhû, dit Du Verdier , encore qu'il n'eust été entretenu aux études, toutefois ayant un grand jugement et esprit émerveillante , il n'a laissé d'apprendre les langues latine, italienne et espagnole , et se voient, tant de son invention que de sa traduction, plusieurs livres que lui-môme a imprimés. » Oorroset l'ut enterré à coté de sa femme, Marie Harelle» aux Carmes de la place Maubert. Il avait pris |K)ur devise , par allusion k son nom, une main étendue qui tenait un cœur , au milieu duquel «•luit une rose épanouie , avec ces mots s in corde prudentis revirescit sapientia. Son épitaphe contient la même allusion :

Heu! Heu! C.orrozetc saccr, «of Nutnloa stUDant,

Doneé terfa Rosam profofst MU team.

Scillcet lovldeas, nrc parcas, ferrea Clotlto,

Permanet In scriptis glorU viva suit.

La liste des ouvrages de Gilles Corrozet occupe pins de huit pages dans le Nicéron; tous sont oubliés aujourd'hui, excepté le petit conte en vers du Rossignol ; nous citerons les moins insignifiants : le Tableau de Cédés, traduit en rhythme françois, avec quelques emblèmes à /o/î/t; Paris, 1643, in-8°; — les Fables d'Ésope, Phrygien, enversjrancois, avec leurs arguments; Paris, 1548, h>10; — Catalogue des villes et cités assises es trois Gaules, avec un traité des fleuves et fontaines d*icelles ; Paris , 1 538 et 1 540, in-8°; — la Fleur des antiquités et singularités de la noble et triomphante ville et cité de Paris, et les noms des rues, églises et collèges; Paris, 1532, in-8° : cet ouvrage, qui paraît être une nouvelle édition de la Fleur des antiquités et excellence de la noble et trionh phante ville et cité de Paris, capitale du royaume de France, Galios-Dupré, 1532, a été plusieurs fois reimprimé; la dernière édition donnée par Corrozetest de 1561. Aussitôt après sa mort, son ouvrage fut réimprimé* avec des additions considérables par l'imprimeur-libraire Nicolas Bonfons, sous ce titre ! les Antiquités, chroniques et singularités de Paris; Paris, 1568, in-8° ; l'édition de 1661 est la meilleure et la plus complète de toutes

GOR&ODI — GOR&m 933

celles que Corroiet a puMMe* \ Dépendant, celle de 1586, avec le supplément de Rabel, lui est de beaucoup préférable; — le Parnasse des poètes français modernes ; Paris, 1571, «-«•; — Histoire d'Apollonius, prince de Ter et roi d'Antioche; Paris, 1578, in-4«; — le Thrésor des histoires de France, ou le catalogue des rois et des reines de Franm , réduit par titres et lieux communs t Paris, 1689, in-8°. Son petit-fils, Jean Corboist, te fit également un nom dans la typographie et dans les lettres. Il donna en 1636 une nouvelle édition du Thrésordee histoirU<de ftonce composé par son aïeul, l'augmenta considérablement, et publia d'autres ouvrages.

Nleéfoo , Memoimponr servir û VhUtMre du ée*. me* Musir**, t. XXIV. — Du Verdier et Lacroix nu Maine, Bibliothèques fronçait a. — Goujet, ÈiMiothéqw française, X,XIH. - Bbhhlrttol. Études èurGUtoOtr roMêt et f «r dtte ancien* etiftrapef relatifs û ikittoirt de la ville de Pmris, etc.; Parte, lSts, ln-s«.

cobaali ( Andréa ) , navigateur italien , né à Florence, vivait en 1517. Il quitta sa patrie pour entrer au service d'Emmanuel , roi de Portugal. Ce prince lui confia un bâtiment, avec lequd Corsai! explora les Indes et la Chine. En 1516 il était à Cochin, et se joignit à l'ambassade que la cour de Portugal envoyait en Abyssinie. Il profita de cette occasion pour visiter M ascate et une partie de l'Arabie. Il s'embarqua ensuite à Ormuz, s'arrêta à Goa, et revint à Cochin. C'est de cette ville qu'il écrivit la relation de set voyages; elle consiste en deux lettres adressée* a Julien et Laurent de Médicis. Ces Lettres, datées de 1515 et 1517» contiennent des détails fort intéressants sur les Indes» la Cbiue, l'Arabie et les contrées limitrophes. Ramusio les a insérée* dans le Ier vol. de ses Viaggi e navigazione, etc. On les trouve aussi dans Temporal, Recueil, etc., tome II; Lyon» 1566, '4 vol. in-fot. A. de L.

Pocelamo, de Mript. ftortnt. — Veattas, de Scknt. mathemat., f se.

COR8BTTI (Francesco), poète italien, oé à Sienne, vers 1700, mort le 9 mars 1774. Rrçu docteur en théologie le 21 juillet 1726, il fut nommé recteur du séminaire de Sienne» ou il avait été élevé. Membre de r Académie des Arcades, il portait dans cette société littéraire le nom d'Oresbio Agieo ; ce fut sous ce pseudonyme qu'il publia la plupart de ses ouvrages. On a de lui : Vita di Girolamo Gigli Sanese; Florence, 1746, hv8°; — Elégie sceUe de Ttbuilo, Properzio, et di Alôino Van*, tradotte in terza rima; Lacques, 1745» in-4* : cet ouvrage parut augmenté d'une traduction italienne dn premier chant de la Henriade et d'une traduction latine de trois élégies italiennes de Paul RoUi ; Venise, 1756, in-4»; — Tradwtione in versi scwtti delta tragedia intitolata L'finone» di altre intilolata il Saule, di attra intitolata Miccabsi» ed il Mebmbt; Sienne, 1756, tn-4°; —te Satire di Quinto Oraxio tradotte in verso Un* liano; le Epistele di Q. Oraxio; Sienne,

933 C0RSËTT1

1765, m-8°; — të 0#i rfl 0- Ofûtio FiOCCO, ttû<dot te in verso italiano; Sienne, 1778, ln-4°.

Tfpaldo, Bioçrafla d*0tl Haliani Ultiitri, Vol. I. - Pattont, Bibi. degli volgarilt.

* coksi ( Jean ) , philosophe italien , natif de Florence , rivait dan» la première moitié du seizième siècle. 11 remplit diverses fonctions publiques , notamment celles de gonfalonier. En 1 5 1 3 on l'envoya à la cour d'Espagne, en qualité d'ambassadeur. Il s'occupa beaucoup de matières philosophiques , et fut disdple de Marsile Fiera* On a de lui : Commentarius de platonica philosophiez instauratione , se* MarsilU Ficini t*ta;Pise, 1772> Hegrl. Seritt. flotênt.

sonate* Aiit ( Pierre-Antoine ), historien italien, né à Gelano, diocèsedeMani, dausrAbruzse, en 1666, mort le 17 octobre 1751. Il entra dans les ordres, et se distingua de bonne heure par d'importants travaux historiques. Élu à l'âge de vingt-deux ans membre de l'Académie des Arcades, il fit encore partie de quelques antres sociétés littéraires, telles que celles des Infime de Narda , des încutti de Montalto , des Infecondi Je Rome. Il fut appelé en 1727 à t'évêché de Venosa, d'où 11 passa à celui de Salmone en 1738. Historien laborieux, mais dénué de critique, Corsignani a laissé les ouvrages suivants : Av* vertimenti politici e morali, per un giovane che desidera di esetcitàrsi ne' governi, oonuna letlera intorno alla terra di Celano; Rome, 1708 , in-8°; — de Viris illustrions Marsorutn liber singularis, eut etiam sanctorum ac ve< nerabilium vitœ, neenon Marsicanm inscrip* tiones accesserunt; Rome, 1712,in-4°; — de Anienx et viœ ValerUe pontibus spnoptica enarratio, eut Sambuci monumenta, neenon proximorum locorum inscriptiones accesserunt; Rouie, 1718, in-4°; — Synodus dtoce* sanaeccleste Venusinxt accesserunt ejusdem ecclesiœ ac civitatis historica monumenta, una cum episcùporum catalogo; Rome, 1738 , in-4*; — Reggia Marsicana, owero memotte topograficostoriche di varie Colonie e citta anticke e moderne délia provincia de Mdtsi ë di Valeria , compresa nel vetusto Lazto e negtt AbruzsA ; Naples , 1748 , 2 Vol. in-4° ; — Acta SS. MM. Simplicii Constantii et Victoriani, quorum reliquiœ Celani apitd Marsos antiqua veneralione coluntur; Rome, 1760, in-4°.

Tipaldo . Bioçr&a dêgli ItalUtrH ilhtitri, t. VIII. - Adelung, sappl. a JOcber, AU. Gel.-Lexte*

cous»! ( André ), saint italien, né à Florence, le 30 novembre 1302, mort le 6 janvier 1373. Ses parents, qui appartenaient à l'ancienne famille des Corsini de Florence , le tirent entrer dans Tordre des Carmes, en 1319. Ordonné prêtre en 1328, il devint, par ses sermons et plus encore par la sainteté 4e sa vie, un sujet d'édification. « L'an 1359 ou 1360, dit la Bibliothèque sacrée, 11 fut fait évèque de Fiesoli , malgré la précaution qu'il avait prise de se cacher chez les chartreux, pour éviter

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