COIMBRE
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éviter la batatle qui tai était .offerte, car il m disposait à passer eo Angleterre; mais à ce moment suprême (Inimitié da dae de Bragance ne hii laissa pas le choix. Contraint à accepter on combat qui menaçait d'éterniser les discordes civiles, il ne le fit point sans donner à ses ennemis politique* les explications les plus franches et les phzs nobles sur sa gestion et même sur sa conduite privée. L'examen impartial de cette période historique laissera toujours planer sur la conduite de son illustre frère l'Infant don Henriqoe un sentiment de juste réprobation. Voué entièrement a ses études favorites , le studieux habitant de Sagres ne sut on ne voulut point montrer l'énergie nécessaire pour arrêter une catastrophe prévue longtemps à l'avance; et la funeste journée d'Alarrobeira eut lieu le 20 mai 1449. Le doc de Coimbre y lut percé d'une flèche au début de l'action, et son frère d'armes, le noble Afanada, ne consentit à lui sor- TÎTrc jusqu'à la fin de la bataille que pour donner an monde une preuve de cette fidélité héroïque qui était commandée par les institutions mêmes de le chevalerie, et qui comptait pour rien la mort. La tète du doc de Coimbre avait été séparée de son corps, et ses restes étaient igDomhiieusement abandonnés sur le champ de bataille, lorsque ses ennemis songèrent eux-mêmes à rai donner une sépulture; il mt enterré sans honneur, dans la petite chapelle d'Aheita, puis transporté au château d'Abrantès, et de là an couvent de Saint-ÉJoy, jusqu'à ce que les prières de la reine, sa propre fille, obtinssent qu'on l'inhumât avec magnificence dans la tombe que lui avait réservée le fondateur de la maison d'Aviz au couvent de 6ata&a. Cette translation eut lieu en 1455, et se fit avec pompe. L'infant don Henrique accompagna alors, avec des marques de douleur celui qui avait favorisé ses travaux et qu'il n'avait* pas sa défendre. La postérité, injuste, a réservé toute son admiration pour le prince heureux,, dont chaque paisible effort fut marqué par une découverte; elle a oublié celui qui, grâce à son admirable administration, prépara cette ère de prospérité.
Lisant don Pedro ne fut pas seulement un homme d'État , en conservant a ce mot toute sa valeur ; ce fut encore un protecteur éclairé des sciences et un poète philosophe, remarquable par l'élégance de son langage et la noblesse de «a pensée. Ses poésies, mises au jour dans le siècle même où elles furent composées, sont, an dire de certains critiques, le premier livre que l'on ait imprimé en Portugal. Les deux premières éditions de ce beau livre sont intitulées : Copias fechas par el muy ilustre senor in-
uge ImparUattlé duquel 11 ne craint pas d'exposer tes grteh; Don Pedro y dit positivement qu'on l'accu» f eopotaonnement. Le comte d'Arrayoloe, qui hérita du taché de Bragance, parait avoir été un ami sincère du dac de Coimbre. Le document précieux que noua signalons tel est en dite dn M décembre 1H8.
fonte D. Pedro dé Portugal, en laquâtes ag mil versas cousus glosas, eontenientes del menos precioecontempto de las casas fermosas del mundo : e demonstrando de la su vana e feble beldad; in-fol., carnet gothique; toutes deux sont rarissimes en France , mais la Bibliothèque impériale renferme l'une (1) d'elles dans sa réserve ; l'autre ouvrage, intitulé Poema em louvordacidade de EAsboa, n'a jamais été imprimé. Bernardo de Brito n'en a donné que le commencement On trouvera les deux admirables lettres de l'infant en date de 1446 et 1448 dans le t V àtYHistoria genealogica dacasa real portuguesa d'Ant Gaetano de Souza. Nous avons déjà dit ce qu'il fallait penser de la légende connue sons le titre d'Auto do Infante don Pedro, e dos fête partidas do mundo, souvent réimprimée. Mous n'avons jamais pu nous procurer la première édition de cet opuscule, qui certainement n'est pas du savant duc de Coimbre. Les ouvrages manuscrits, consistant en enivres morales et) en traductions (2), sont mentionnés dans la Bibliotheca lusitana.
Nous ne dirons rien ici des innombrables éloges consacrés durant les quinzième et seizième siècles à la mémoire du duc de Coimbre, connu désormais sous le nom de don Pedro d'Alfarrobeira; il suffit de citer les grands noms de Camoens et de Lniz de Souza pour comprendre ce qu'il y avait d'admiration pour 4'homme éminent auquel le pays devait une partie de sa prospérité. Malgré tes rancunes persévérantes d'un parti puissant, les contemporains ne se montrèrent pas moins enthousiastes ; le Cancioneiro de Resende renferme une longue élégie de Lutz d'Azevedo en rhonneur>du duc de Coimbre, et il ose y flétrir, au nom de la religion, ceux qui ont fait périr le bon duc. Un chroniqueur du quinzième siècle va plus loin, et il avoue que sa plume est insuffisante lorsqu'il faut mettre en évidence les vertus oubliées d'un homme qui paraissait presque divin (3).
De son mariage avec la fille du comte dTJrgel, le duc de Coimbre eut six enfants, occupant tous un rang dans l'histoire , mais dont les destinées furent bien .diverses : l'alné, D. Pedro, fut connétable de Portugal et élu roi d'Aragon; D. Jofto, surnommé Jean de Coimbre , mourut, dit-on, par le poison, dans cette lie de Chypre qu'il avait gouvernée; dona Isabelle , la femme d'Alphonse V, fut la protectrice des lettres;
(t) Ce précieux opuscule, qui fait partie d'un roi. sous le n*,Y + «MO, renfermant les Atfrones de Perez, dont U est précédé, n'a point de titre. Les poésies de l'Infant •ont accompagnées d'un commentaire écrit par luimême.
(t) La législation portugaise fut complètement changée durant l'administration du duc de Coimbre, et U est Juste de lui attribuer comme son plus grand ouvrage le vaste recueil intitulé Ordmaçoens dosmho rey D. Alfonto V, Ce fut, à bleu dire, le premier recueil législatif général que posséda le pays : il y en a une édition de Coimbre, de 17».
(S) foy. le manuscrit de la Bibliothèque Impériale sous len^iom.
C01MBRE — COISLIN
dona Brjtes épousa Adolphe de Olives , comte de Ravenstein; dona Filippa se fit religieuse à Odivellas ; et enfin D. Jayme fat archevêque de Lisbonne , cardinal du titre de 6aint-l£ustache ; sa splendide sépulture est encore admirée. Ferdinand Denis.
Pedro de Marfz, Dialoço de varia Mstoria, dlologo*, cap. *. — Sonit , Historia getualoçiea. — Soares da Sylva na«, Memorias del rey D. Jodo P*, Ut. I. — Barbosa Machado, Bibliotheca lusitana. — Retratos e eloaios dos varoes e douas que illustraram a naçào portvgusta ; ln-4». - Henri Schœffer, Histoire d» Portugal, trad. de l'allemand par M. Henri Soulande Bodin,
— Ferdinand Denis, Portugal, dans la collection de l'Univers pittor.
I coin-deli 8LE ( Jean-Baptiste-César ) , jurisconsulte français, avocat à la cour de Paris depuis le 14 mars 1823. H a publié avec M. Frédérich*: Commentaire sur le Code forestier, suivi de Vordonnance d'exécution, avec une concordance des articles du code et de Vordonnance et une conférence des lois abrogées ou subsistantes nécessaire à Vinterprétation du nouveau code; Paris, 1827-28, 2 vol. in-8° ;
— avec le même : Loi sur la pêche fluviale, expliquée par la discussion législative et par ses rapports avec le Code forestier; Paris, 1829, in-8°; — Commentaire analytique du Code Civil, d'après la doctrine des auteurs et la jurisprudence des arrêts, etc., avec la collaboration de plusieurs autres jurisconsultes; 1835-52.
Qucrard, suppl. A la France littéraire. — Journal de la librairie, 1846-1854.
* coin n et (Jean-François), médecin suisse, né h Genève, le 4 juillet 1774, mort le 11 février 1834. II fit ses études à Edimbourg, où il fut plus tard nommé président de la Société royale de physique. De retour à Genève, en 1799, il devint l'un des praticiens les plus occupés, et dès lors pendant l'espace de trente- quatre ans, qui se sont écoulés jusqu'à sa mort, il n'a pas cessé d'employer ses connaissances à soulager l'humanité souffrante. Nommé en 1809 médecin en chef de l'hôpital civil et militaire de Genève, puis médecin des épidémies pour le département du Léman , il déploya dans ces fonctions un zèle digne d'éloges. Ses occupations de praticien ne l'ont pas empêché de se livrer à l'étude de la science. A la mort de M. Odier, en 1817, il lui succéda dans la rédaction des articles de médecine de la bibliothèque universelle, à laquelle il a coopéré pendant plusieurs années. En 182011 lut à la Société helvétique des sciences naturelles, qui se réunissait à Genève cette même année, son premier mémoire Sur les propriétés médicales de V iode y où il fit le premier connaître l'action de l'iode sur les goitres. Cette brillante découverte, due à la sagacité avec laquelle il avait saisi les analogies qui existent entre certains faits physiques, fut complétée Tannée suivante par de nouvelles recherches (voy. Bibliothèque universelle, t XIV et XVI). Sanctionnée par douze années d'expériences, l'Académiedes scien-
ces de [Paris la jugea digne, es 1832, du grand prix de 3,000 francs qu'elle donna à l'auteur. L'un des fondateurs de la Société médicale du canton de Genève, Coindet en fut longtemps président £n 1831 il fut désigné par la diète do la Confédération suisse pour faire partie de la commission sanitaire, chargée de prendre les mesures convenables eu cas d'invasion du choléra. Enfin, il fut deux fois appelé par le vœu de ses concitoyens à foire partie du conseil représentatif du canton de Genève; et à sa réélection, la presque unanimité des suffrages le plaça au premier rang parmi les élus de la nation. C'est au milieu de ces témoignages destime qu'une cruelle maladie l'obligea de quitter Genève pour chercher un climat plus doux; il se rendit à Nice, où il mourut. f
Documents particuliers*
coivbi (Gautier de), poète français, né à Amiens, en 1177, mort en 1236. Il fut successivement prieur de l'abbaye de Vic-sur-Aisue et de celle de Saint-Médard de Soissons. Il a laissé en manuscrit une traduction française rimée des Miracles de Notre-Dame , recueil des contes dévots écrits primitivement en latin par Hugues Farsi, Herman, Guibertde Nogent, etc. ; il l'augmenta de tout ce que la tradition put lui fournir de sujets analogues. On trouve plusieurs copies de ce manuscrit à la Bibliothèque impériale de Paris. Quelques-uns des contas de Coinsi ont été publiés par Legrand d'Aussi, dans son Recueil des fabliaux.
Louis Racine, Dissertation sur le mumuscril de G. de Coinsi, dans le L XVIII du Recueil de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
cointb(Le). Voy. Lecoiwte
cointos. Voy. Quintus Calaber.
cointke (Le). Voy. Lecointre.
coin ir ( Jacques- Joseph ) , graveur français, né à Versailles, en 1761, mort le 28 mai 1809. II fut élève de Le Bas. Après un voyage de quatre ans en Italie, il revint à Paris, où il était déjà connu par sa belle suite d'estampes pour les Fables- de La Fontaine, et grava plusieurs planches pour les belles éditions in-fol. à' Horace et de Racine de Didot, le Voyage d* Egypte de Denon, le Voyage pittoresque de Constanttnopie, etc. Sa gravure de la Bataille de Marcngo, d'après le tableau de Lejeune, est remarquable.
Magasin encyclopédique ^ oct. J8W. — Quérard, la France littéraire.
* coislin, famille noble de Bretagne, dont les chefs reçurent en 1634 le titre de marquis, et en 1663 celui de duc. Son origine, sou s le nom de Cambout ou Cambmtsl, remonte à Gilbert de Cambout, qui vivait en* 1247. Kile a fourni des éehansons aux ducs de Bretagne, des capitaines de l'arrière-ban, des évoques de Saint- Brieuc et de Nantes , des guerriers tués à Aurai et à Azincourt. La seigneurie de Coislin lui fut acquise par mariage au seizième siècle. En 1625 un seigneur de Cambout et de Coislin mourut capitaine de. la ville et da château de Nantes.
COISLIN ~- COIT1ER
Son fils, gouverneur des tue et forteresse de Brest, tieotnmt général de la batte Bretagne, fat dans h même année dépoté aux états de la province, et obtint nn siège an parlement de Bretagne. Le fils de celui-ci, Pierre-César, marquis deCoislm, colonel général des Suisses et Grisons, raoornt en 1641, à l'âge de vingt-huit nu, des blessures qalls avait reçues au siège d'Aire, fl eut de ton mariage avec Marie Segnier, fine dn chancelier de France, le personnage dort h notioe sort
couuff (Pierre ne Camboot de), cardinal français, né à Paris, en 1696, mort le 6 février 1706. n devint évoque d'Orléans, premier auinonicrdu roi, pois grand-aimionier de France et cardinal. Regretté des gens de bien et pleuré des pauvres, fl laissa une mémoire digne de la pins hante vénération, autant pour ses vertus et son ardente charité quepour l'admirableconduite (m'a tint dans son diocèse, oh sa sollicitude, vraiment apostolique, parvint à détourner les persécutions dirigées par le gouvernement contre les calvinistes, après la révocation de l'édtt de Nantes . Il avait logé dans son palais les officiers des dragons en- \ojés à Orléans , et contenu les soldats par ses exhortations et par ses largesses. Saint-Simon cite -le lui nn antre trait d'indulgence plus encore que de bienfaisance. « H donnait, dit l'auteur des Mémotm, 400 livrée de pension à rm pauvre gentilhomme ruiné qui n'avait ni femme ni enflants, et ce gentilhomme était presque toujours à sa table tant qu'A était à Orléans. Un matin les gens de M. d'Orléans trouvèrent deux fortes pièces d'argenterie de sa chambre disparues, et un d'entre eux s'était aperçu que ce gentilhomme avait beaucoup fureté là autour. Ils dirent leur soupçon à leur maître, qui ne put le croire, mais qui s'en douta, sur ce que le gentilhomme ne parut plus. Au bout de quelques jours, il l'envoya quérir, et tète à tête il lui fit avouer qu'il était coupable. Alors M. d'Orléans lui dit qui! fallait qu'il se fut trouvé étrangement pressé pour commettre une action de cette nature, et qu'il avait grand sujet de se plaindre de son peu M cofinance de ne loi avoir pas découvert son besoin. Il tira vingt louis de sa pèche, qu'il lui donna, et le pria de venir manger chez lui à l'ordinaire, »
Saku-Staoa, Mémoire*,
coisum (HenrirCharks de Cambout, duc de ;, prélat français, neveu du précédent , né à Paris, le 15 septembre 1664, mort en 1732. Il derint successivement prince-évéqne de Metz, premier aumônier du roi , membre de l'Académie française et de celle des inscriptions et heUes-lettres. Comme son oncle, fl déploya une admirable charité envers ses diocésains , qui durent à ses soins d'utiles établissements et plusieurs fondations pieuses. Ce vertueux prélat eut arec la cour de Rome quelques démêlés , particulièrement au sujet de la bulle Unigcnitus, sur l'acceptation de laquelle il avait publié un man-
itj qui fat supprimé par un arrêt du grand conseil, sur la demande du nonce. Ce fut lui qui légua à l'abbaye de Sawt-Germain des Prés la célèbre bibliothèque du chancelier Seguier, dont il avait hérité et qu'il avait enrichie d'une infinité de livres précieux. Le P. Montfaucon a donné le Catalogne des manuscrits grecs de cette vaste collection, qui fut détruite en grande partie par un incendie en 1793, et dont les débris ont été réunis à la Bibliothèque impériale. Il a publié un Choix des statuts synodaux de ses prédécesseurs; 1699, in-tt*; — un Rituel, Bforas, OwiMf» /mébre 4ê H.-C. CoisU»,
* corriBE ou coicrm ( Jacques ) , roédo cm français, né àPotiguy, en Franche-Comté, dans la première moitié du quinzième siècle , mort à Paris, vers Tannée lfrOâ, (ut premier mé» deem dn roi de France Louis XI, président de la chambre des oomptes, concierge et bailli du palais, etc. Il est connu surtout par les places considérables qu'il a occupées sons ce règne et sous le suivant, et par rinûuence tyronnique qu'il a exercée sur ce monarque, aussi ombrageux devant les vivants que pusillanime devant la mort. Tous les historiens qui ont écrit l'histoire de Louis XI parient de ce personnage, qu'ils désignent tadiflerernmeat sous les noms de Coitier, Ooîttier, Ootier, Coctier, Coictier, etc. Deux si* gnateres de hn, que nous avons sous les yeux , prouvent que l'orthographe que nous donnons à son nom est celte qu'il employait lui-même. On ne sait dans quelle Faculté Coiiier prit ses degrés en médecine ; son nom ne se trouve point sur les registres matricules de fat Faculté de médecine de Paris. Quoi quïl en soit, il parvint, par des moyens qui sent restés ensevelis dans le mystère, à se faire agréer de Louis XI en qualité de médecin ordinaire, vers l'année 1470, et tout porte à croire qu'il succéda dans cette charge à Enguer» rend de Parenty, doyen de la Faculté de médecine de Paris. H ne tarda pas à devenir premier médecin dn roi, en compagnie d'Angelo Cattho, plus tard archevèqne de Vienne en Dauphiné. Le vice dominant de Coitier était rameur du gain; aussi, n'entrevoyant pas dans l'exercice pur et simple de ses fonctions de médecin à la cour les éléments propres à satisfaire son avarice insatiable, il fit tous ses efforts pour s'introduire à la chambre des comètes, administration riche, puissante, et qui avait compté jusqu'à des princes du sang parmi ses membres. Le 30 septembre 1476 Jacques Coitier oblient'de Louis XI des lettres patentes qui le nomment derc ordinaire en la chambre des comptes, marche-pied au moyen duquel cet homme espérait, non sans raison , parvenir aux dignités les plus élevées. En effet, à partir de cette époque les places, les honneurs, les dons de toutes sortes forent octroyés à Coitier, qui , au moyen de l'influence extraordinaire qu'il exerçait sur l'esprit du monarque, provoquait la destitution des
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OOITIER
fonctionnaire* pour se mettre à leur place, et forçait en quelque sorte Louis XI à le faire profiter d'une partie des amendes prononcées contre divers agents du roi. De clerc de la chambre des comptes, Coitier passa bientôt (1480) à la charge de vice-président de la même chambre, charge créée, nous le croyons, exprès pour lui, qui lui rapportait de gros appointements, et que, par une autorisation spéciale, il conserva sans être obligé d'en remplir les fonctions. Au mois de février de la même année, il reçoit du roi les chateuenies de Saint-Jean de Losne et de Brassay, « avec leurs appartenances et dé» « pendances quelconques assises et situées aux i pays et duché de Bourgogne et bailliage de « Djjon, tant de ça que de Là la rivière de Saône, « et terre et vicomte d'Auxonne, s'estendant en « chasteaux, maisons, édifices, droits et devoirs « de digues, vassaux, sujets, justice, juridiction, « hommages, fiels, cens, censives, bois, forêts, « rivières, etc., etc. » On assure même que Louis XI fit don à son médecin des chateUenies de Samt-Germain-en-Laye et de Triel ; mais nous n'avons pu découvrir les titres authentiques de cette donation. Non content de cela, Coitier parvint, par de sourdes menées, à faire destituer Jean de la DHèche, président de la chambre des comptes, et à se faire octroyer cette charge par lettres patentes datées du 17 octobre 14W. Au mois de septembre précédent, il s'était fait nommer concierge et bailly du palais, place qui lui rapportattàeUe seule 1200 livres, c'est-à-dire environ 411,000 francs de notre monnaie, outre les nom* breux bénéfices qu'il retirait de la location des échoppes qui occupaient alors le pourtour de la cour du palais. Philippe de Gomines assure que Jacques Coitier reçut en cinq mois cinquantequatre mille écus ( plus de deux millions) ; plus, l'évêché d'Amiens pour son neveu et d'autres offices et terres pour lui, ainsi que pour ses amis et créatures. « Ledit Coitier, ajoute le célèbre chroniqueur, estoit si rude au roi que l'on ne diroit point à un vallet les outrageuses et rudes parolles qu'il luy disoit, et si le craignoit tant le dit seigneur, qu'il ne l'enst osé envoyer hors d'avec luy, et s'en plaignoit à ceux à qui il en partoit. Mais il ne l'eust osé changer comme il faisoit tous autres serviteurs, parce que le dit médecin luy disoit audacieusement ces mots : Je sçay bien qu'un matin vous m'envoyerex comme vous faites d'autres, mais par la mort Dieu vous ne vivrez pas hukt jours après. De ce mot Da s'épouvantoit tant qu'après ne le faisoft que flatter et lui donner. »
La plupart des historiens, Dudos, FéKbien, G. Naudé, Moréri, entre autres, rapportent qu'à la mort de Louis XI, arrivée le 30 août 1483, Jacques Coitier lut poursuivi pour la restitution des dons immenses qu'il s'était lait faire, et que Charles VEI lui fit dégorger 50,000 écus, dont le pauvre roi avait grand besoin pour son expédition de Naples. On ajoute même, et c'est Ger-
main Brfce qui l'assure, que Louis XI, ayant enfin ouvert les yeux sur les déprédations de son médecin , avait donné ordre à son grand-prévôt , Tristan l'Hermite, de s'en défaire, ordre qui ne lut pas exécuté , à cause des liens d'amitié qui unissaient ce dernier à Coitier. Tout cela nous parait unconte fait à plaisir. Les recherches auxquelles nous nous sommes livré, et qui sont destinées à servir à un travail plus étendu sur le personnage qui fait l'objet de cette notice, démontrent sans réplique que Coitier non-seulement conserva sous Louis XI toute son influence, mais encore qu'il lut maintenu dans ses dignités et dans ses charges par les successeurs de ce roi. Charles Vffl, il est vrai, presque immédiatement après son avènement à la couronne, destitua, le 22 septembre 1483, Jacques Coitier de sa charge de président de la chambre des comptes pour la donner à Pierre Dorlote; mais il le maintint dans la dignité de vice-président en ladite chambre, et Louis XII lui-même, par lettres datées de Paris le 20 septembre 1498 , et contresignées par l'archevêque de Rouen, confirma le médecin de Louis XI dans ces hantes fonctions.
Sept ans après la mort de Louis XI, c'est-àdire en 1490, Coitier, abandonnant les pompes de la cour, se retira, tout en conservant, comme nous Venons de le dire , une haute position à la chambre des comptes , dans une maison qu'il venait de faire bâtir rue Saint- André-des-Arcs , tout près et en deçà de la porte Buci. Cette maison, qui ne lut démolie qu'en 1739, se faisait surtout remarquer par un abricotier sculpté sur une porte^devise indiquant sans doute que Cotier, son propriétaire, avait voulu se mettre là à Pabri du fracas du monde et jouir paisiblement des richesses que ses manœuvres lui avaient fait acquérir. On voyait encore représentées sur cette même porte les images de la sainte Vierge , de saint Jacques, et d'un évèque, avec une inscription en lettres enfermées les unes dans les autres, comme on en voit des exemples nombreux dans les écritures de la première et de la seconde race des rois de France. Cette inscription était ainsi conçue :
Jagobus Corrrea,