‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 18 sur 133 · MILE8 ET GON8IUARIUS · texte numérisé non relu

MILE8 ET GON8IUARIUS

AC VICE-PRASBS CAMBBJE COMPUTORUM,

ARBÀM EMIT ET Hf BA AMFICAVIT

Aimol490 (1).

(t)C'est-sVdlre : « Jacquet ColUcr, cberaller, conseiller do roi, vice-président de la chambre des compte* , a acheté ce terrraln et y a fait construire cet édifice, l'an 1*90. » Le ms. «ait latin de la Blbllotbéqoe impériale contient une partie de la correspondance médicale de ColUer. Bile offre quelques notions Intéressantes sur sa position A la cour et des développements étendus relatifs à la santé ainsi qu'à l'existence privée de plusieurs personnages émtneuts du règne de Louis XI. Son por- ' trait, accompagné d'une notice par Dreux du Radier, se I ▼oit dans le recueil publié parOdieurre, marchand d'Ks lampes, sous le titre de ï Europe Illustre ; Parts, «75* ln-«», tome IL v.

COITIER — COKE

C'est dans cette maison que mourut Jacques Coitier. n M inhumé en l'église de Saint- André-des-Ares, dans une chapelle, sous l'invocation de Saint-JBœlas, qu'A avait fait ériger de son rivant, et qnll dote de cent livres de rente, gros» femme pour cette époque.

D* Achille Cherbau.

ffewJol deh Force . Description de Paru, «M, tn-it, L VI, p. m et soir. — Gab. Ifaudé, addition à VHist. de Lotit Xïy 100, ta-a»t ehap. v . - |PhHlppe de Contai, édition de Lenglet-Dafresnoy ; Londres, 1747. H4«, 1 1», p. «oi et intT. — Fdtfblen, HUt. de la vilie * M, rme par LoMneau; In-foL, 17*, t. II, p. S10.

- M* de Ltaan, Hitt. de Louis XI; Paris, 17U, In-S», t n.p. * - Gérai. firme, Description de Paru ; I7ist It-it, t U, p. Ml. - Daeloa, Hist. de Louis XL - Sauper.JHit. de France, ao règne de Loab XI. — Les smsrira de la chambre des comptes, aux Archives. — DtanespUees an département des ms. à la BlbL Imp., Maanataotes par H. VaUet de VlrtTllle.

wnwt(Volcher), médecin hollandais, né à Gfwœgne, en 1534. H parcourut les plus célèbres «writéi de l'Italie et de la France, et survit les bçaat des plus savants professeurs. Appelé en m à Nuremberg, en qualité de médetin-phy- **b, il quitta cette fonction pour se mettre i k mite des armées françaises , en qualité fciaédeda. Les recherches de Coiter ont beaucwpieni à enrichir l'anatomie. n a exposé asa clairement la première formation des os; il a ophqné leur accroissement, marqué distincte- >^hdifiE&rence qu'il y a entre les os des enfants étende* adultes; il a découvert les deux muscles s^eneon dn nez, distingué le muscle sourcier; eafin, 3a connu le muscle coirugateur, mais BKlndonnerdenom. Les biographes ne sont pas '•word suTépoque précise de la mortde Coiter. to i de lui : de Ossibus et cartllaginibus cor- P°nj hmmud tabula; Bologne, 1566, in-fol.;

- Bxternarum et internarum principalium tant corporispariium tabula, atque anateù* exercitattones , observationesque va* te, iwertit ae artificiosissimis figuris illustrait; Nuremberg, 1573, in-fol.; Louvain, MB, MbL; — Gabrielis Fallopii lecttones kPorticulis simUaribus humani corporis, tt tosasis exemplaribus a Volchero Coita* collecte; aceedunt ejusdem Coiteri di- (vsorvm mimaliutn electorum explication "o» *.; Roremberg, 1575, in-fol. ; — Henrici Zpmii Traetatus anatomicus et médiats b<*tibus infantis cognoscendis , conservaitfetf cwandis; accessit Volcheri Coiteri ***dtm ossium Mstoria; Groningue, 1659, •■il

WljlNct. des savants nuremberçeoU. - CfaaJmot; «* ** BeUemàaU célèbres. - Éloy, Dict. de la me- «**•- Adam, rumermditorum. - Keatner, Medt- ***** Gtiêkrten-Lexicon.

'coittïe (Thérée-Jean) 9 médecin fran- (**, né dans le pays d'Aunis, vivait dans la se- «»* moitié du seizième siècle. H pratiqua la ■*fccne à Poitiers. On a de lui: deFebrepurr*ta epidemiali et contagiosa libri duo; ***, 157g, m-4° ; — Discours de la coquehtfott antres maladies populaires, qui ont

eu cours à Poitiers en 1580; Poitiers > in-8°.

Carrère, Miotioth, de la nid.

goeairr .( Aston) y poète anglais, né en 1608, à Elvaton, mort en février 1684. Après avoir passé douze ans à parcourir les différentes contrées de l'Europe, il se retira dans ses terres, et se livra » la culture des lettres. Catholique et attaché à la cause de Charles I*', il eut beaucoup à souffrir pendant les guerres civiles. Charles Ier le créa baronet en 1641. Les principaux ouvrages de Cokaine sont : the Obstinât e lady, a comedy; Londres, 1650, in-80; — Trapolin creduto principe, or Trapolin supposée a prince, an italian comedy ;ibid., 1658, in-8°; — Choice poems ofseveral sorts epigrams, in three boohs; ibid., 1669, in-8°; — the tragedy ofOvid; ibid., 1669,in-8°.

dbber, Lives of engl. poets, t II , p. tie. — Oranger, Biogr. Mst. - Brydges, rie de sir Jeton Cokaine, dans le BioUoarapker. — , Baker, Biograpkia dratnaticcu '

coke ou cookb (Edward), jurisconsulte anglais, né en 1549, à Mflcham, mort en septembre 1634. 11 se fit d'abord remarquer comme avocat. Les villes de Norwich et de Coventry le choisirent pour leur recorder (syndic). Envoyé au parlement pour représenter le comtéde Norfolk, il rat élu président de la chambre des communes, en 1592. La même année la reine Elisabeth le nomma attorney, et avocat général en 1593. En 1603 Jacques Ier le créa baronet. Chargé de diriger comme accusateur public la procédure criminelle intentée contre sir Watter Raleigh, il traita avec trop de dureté cet homme, aussi câèbreque malheureux. En 1604 il devint grand-jugedes common pleas, et en 1613 grand-juge du King's Bench et membre du conseil privé. Ayant refusé de se prêter à des mesures arbitraires, il tomba en disgrâce, perdit sa place de grand-juge, et fut exclu du conseil privé. Dès lors il défendit, dans la chambre des communes, les droits du parlement contre les usurpations de la couronne. Son opposition devint si vive, qu'en 1623 le roi Jacques le fit arrêter et enfermer à la Tour. Rendu à la liberté, et élu de nouveau, sous Charles Ier, membre de la chambre basse, il figura au nombre des plus ardents adversaires du favori Buckingham. Ce fut encore lui qui présenta à la chambre la célèbre pétition of rights. Quand il rat au lit de mort, son testament et ses papiers furent mis sous scellés par ordre du gouvernement Coke jouit en Angleterre d'une grande autorité comme jurisconsulte. Bacon même, son rival et son ennemi, disait que sans Coke la loi ne serait plus qu'un vaisseau sans lest Ses principaux ouvrages sont : Reports from 1600 fo 1615. Ces rapports ont eu un grand nombre d'éditions. La dernière est de 1776, 7 vol. in-8*, par Wilson; — a Book of entries; 1614, In-fol.; — Institûtes oj the laws of England : cet ouvrage» divisé en quatre parties , a eu aussi beaucoup d'éditions.

COKE — OOLALTO

Bridfmaa, Légal bioçraphy. — Biograph. britannica. — Atkin, General biography.

coke ( Roger) , historien anglais, vivait vers la fin du dix-septième siècle. On a de loi; Détection 0/ the court and state o/Sngland during the four last reigns and the interregnum; Londres, 1697 , m-8°.

Buder, Biàl. hitU

* cou ( William, comte de leUxster ), agronome anglais, né en 1757, mort en 1839. Il contribua aux progrès de l'agriculture en Angleterre, en transformant son domaine de Holkham, dans le comté de Norfolk, en établissement modèle agricole. Il introduisit la culture alterne, améliora les races bovine et ovine, et fit adopter des méthodes de culture basées sur des principes scientifiques. Dans l'espace de trente-six ans, il éleva le produit annuel de ce domaine de 7,000 liv. sterling à 90,000. Ses fermiers suivirent ses avis, et s'enrichirent comme lui. (Test Coke qui le premier pratiqua rigoureusement la méthode d'assolement de Norfolk en quatre rotations : 1° des navets ou des fèves, furoier ; 2°,blé ; 3° trèfle et ray-grass; 4° pacage. C'est encore lui qui le premier recommanda la culture du maïs et des turneps.

Thaer, EinleUtmg zur KermtnUs der cngl. IxindwirthschafL — .Rlghy, tiolkham, Us agriculture; Londres 1831. — Molard, Système d'agriculture suivi par M, Coke ; Paris, 1810.

* col (Gonthier), négociateur français, vivait au quinzième siècle. Nous le voyons paraître sur la scène pour la première fois en l'année 1396 : il est envoyé par Chartes VI auprès de Benoit XII , avec la mission de régler à l'amiable l'affaire du schisme. Ce ne fut pas, comme on le sait, une heureuse ambassade. En 1400 il se rend en Angleterre, et va demander une trêve. En 1410 il travaille à rapprocher les ducs de Bour gogné et de Berry. Enfin, en 1414 , en 1415, il prend part, avec le titre de secrétaire du roi, à diverses négociations qui ont peur objet la pacification du royaume. C'était un ami très-intime de Nicolas de Clémangis. Plusieurs lettres de ce docteur sont adressées à Gonthier Col. Une de ces lettres, encore inédite, se trouve dans un manuscrit de Saint-Victor ( BiWioth. impér. , mss. de Saint- Victor, n° 442, fol. 47) ; nous la signalons comme digne d'ôtretirée de l'oubli. On a de lui : Relation de Vambassadede Gontier Col, secrétaire du roi de France, auprès de Jean VI , duc de Bretagne, en 1414 (Bulletin des Comités historiques, t852) : c'est une pièce française, aussi intéressante pour la littérature que pour l'histoire. B. H.

Le religieux dé Sttot-Denys, HisU de Charles VI, traduite par M. Bellaguet.

col DB VILAR s ( Élie), médecin français, né en 1675 , à La Rochefoucauld, en Àngoumois, mort le 26 juin 1747. Il vint à Paris, abjura la religion protestante, dans laquelle il avait été élevé, se livra, pour subsister, à l'éducation de la jeunesse , et suivit en même temps les cours de

la Faculté. Reçu docteur ed 1713* il occupa bientôt une chaire de chirurgie et d'anatomie, et devint successivement médecin du roi au Châtelet, médecin titulaire de l'Hôtel-Dieu et doyen de la Faculté. On a de lui : il» leucophlegmatix levés scarificationes ? Paris, 1738, in«4°;

— Cours de chirurgie , dicté aux écoles de médecine; ibid., 4 vol. in-12; — Dictionnaire français-latin des termes de médecine et.de chirurgie, avec leur définition , leur division et leur étymologie; ibid., 1?40, 1760, in-12;

— Ergo vera cataracte sedes incerta; ibid., 1742, in-4°; — Num in resecaridis artubus, carnis segmina reservare satius? ibid., 1744, in-8°.

Éloy, Dict. de la médecine. — BlograpJUe méditait, * cola (Gennarodi), peintre italien > né dans le royaume dewNaples, en 1320, mort vers 1370. 11 fut élève de Simone , élève lui-même du Tesauro, mais qui s'était perfectionné à l'école du Giotto. Ses principaux ouvrages se voient à flapies, dans l'église de S^Giovannia Carbonara. La plupart ont été exécutés en compagnie de Stefanone, son ancien camarade d'atelier, resté son ami inséparable, et il serait difficile d'assigner à chacun la part qui lui revient dans ce grand ouvrage. E. B— m.

Domlntel, nu de' pittori napelstiml. - Ticoul, Disionario*

colalto on collalto {Antoine Mattiuzki, dit), auteur dramatique et acteur de l'ancienne Comédie-Italienne, né à Vicence, vers 17 17, mort à Paris, le ô juillet 1778, âgé de soixante- et-uo ans, et non de soixante-cinq, ainsi que Grimm l'a dit à tort dans sa correspondance. — Antoine Colalto avait reçu de l'éducation, et ne manquait pas d'esprit naturel ; on ignore quelles ont été les causes qui firent de lui un comédien. Après avoir longtemps joué avec des acteurs nomades, il s'engagea, en 1749, au théâtre Saint- Auge a Venise, dont la troupe exploitait simultanément les théâtres de Mantoue et de Bologne. Doué d'une belle figure, d'une voix étendue, il obtint beaucoup de succès dans les rôles à visage découvert, et ne réussit pas moins sous le masque de Pantalon, rôle qui correspond, dans l'ancien théâtre italien, au Cassandre de nos pantomimes modernes. Il resta attaché à cette compagnie jusqu'en avril 1759; puis il vint en France pour débuter dans le même emploi à la Comédie-Italienne , le 20 septembre de la mène année. Il s'y montra dès le premier jour ce qu'on l'a toujours vu depuis, un sujet rare, un acteur accompli. II était comédien dans l'âme, et sous le masque le plus ridicule et le plus hideux il n'était point de sentiment, point de passion qu'il no sut exprimer avec chaleur et vérité. 11 devint bientôt un des acteurs les plus aimés du public habituel de ce théâtre. Les témoignages contemporains assurent aussi que Colalto était d'une modestie et d'une simplicité peu communes dans son état, et que ses qualités privées luiavaient

GOLALTO — COLAKDEAU

rahil'esume générait et l'affection profonde de m fcmiUe. Il s'éteignit à Ja suite d'une maladie lente ctdeelemreuse, entouré de tous les siens, qui n'avaient pas quitté son chevet. Il fut inhumé dans l'église Saint-Laurent, avec une assistance de quarante prêtres, dit l'acte de décès que nous avons suos les yeux.

ColaH* a oompoeé pour la Comédie-Italienne plusieurs pièces charmantes, selon Grimai, qui toutes ont été imprimées. La seule qui ait survécu est «Ile intitulée : les Trois Jumeaux vénitiens, canevas italien, dans lequel l'acteur-auteur remplissait trois rôles avec une perfection incroyable. Le succès de cet imbroglio , représenté le 7 décembre 1773, fut très-grand, et engagea Colalto à le dialoguer en français. Ce travail eut lira par les soins de d'Hèle et de Cailhava, ijuoique jamais leurs noms n'aient été accolés au sien sur la pièce imprimée. Un quatrième auteur eût pu revendiquer, à plus juste titre encore, l'honneur de la collaboration , puisqu'en effet Goldoni avait composé, quinze ou vingt ans auparavant, tandis qu'il résidait à Venise, les Deux Jumeaux vénitien*, dont l'un était balourd et Vautre spirituel. C'est ce sujet, auquel il donna une figure nouvelle, que Colalto, qui avait précédemment joué ce double rôle à Venise , reproduisit en France, en y ajoutant un troisième jumeau, brusque et emporté. Il fut extrêmement goûté dans son triple personnage, et Goldoni , c'est lui-même qui l'atteste dans ses Mémoires, se fit un plaisir d'abandonner à Colalto le mérite de rinrenuon. Ed. de Marne.

Cwraimdmu de Grimai. — Almanach des Speetefei . - Jemrml de Parié, ml. — Anecdote dramàuom de Vntbt Dtlaporte. - Mémoires de Goldoni.

coujgblo ( François), théologien et littérateur italien, né à Naptes , le 25 novembre 1769, mort le 15 janvier 1836. 11 entra dans la congrégation de l'Oratoire d'Italie, dont il remplit les premières charges , et dut à ses talents son tiévation au siège épiscopal de Castellamare. En 1825 il fut nommé président du conseil de rinslructioa publique dans le royaume de Naples. Ou a de lui : Opuscoli scientifici di Filalete; in-s° ; — Raccolta di opère appartenenli alla ftorialetteraria; 2 vol. in-8°; — il Galileo poposlo alla gioventù; in-8°; — Vita del Pontano; in-8° ; — Vita di Antonio Beccadelli, dm il Panvrmita; in-8°; — Vita di Gio. Battisia délia Porta; in-8°; — Vita di san Nazzaro; in-8°; — la Irreligiosa liber ta di pensare; in-8° ; — Apologia délia religione Christian*; in-8° ; — Jstoria de* filosofi e matmatkï napolitani ; 3 vol. in-4° ; — Omelia hS'Gio.Crisostomo intitolata: CheChristo *ia Dio, traduite du grec, avec notes.

TïptUo, Bioera/ta deçli Italiani illustri, U VI. p. 74.

" colard ( Mansion) f écrivain et premier iuprinieur de Bruges. Le lieu et la date précise de sa naissance ne sont pas connus. — On le supposait d'origine française, à cause de l'usage

qu'il a toujours tait du français dans ses productions et de sa prédilection à n'imprimer guère que des ouvrages écrits en cette langue; mais des recherches récentes et attentives, dues à M. Soourioo, archiviste de la ville de Bruges, ont donné un caractère de presque certitude à l'opinion qui représente Colard Bfansion comme enfant de cette industrieuse cité flamande. Une pièce de 1454, où il est désigné sous le nom de Côtoie; , diminutif de Colard , atteste qu'il était encore très-jeune à cette époque. Il faisait partie de la corporation ou confrérie des libraires de Bruges ; il en fut le doyen en 1471 et 1472. Ensuite il quitta cette vUle, et il est à présumer que c'est durant cette absence qu'il s'instruisit dans l'art de l'imprimerie. Il séjourna plus tard pendant quelque temps à Abbeville. Louis de Bruges , seigneur de Gruthuyse, riche et passionné pour les livres, fut>son protecteur et l'aida beaucoup.

Colard Mansion est le seul imprimeur connu qu'ait eu la ville de Bruges pendant le quinzième siècle. Le nombre de ses éditions est de vmgt-etnne. Une seule est latine, toutes les autres sont françaises. La première parut à la date de 1475, ou environ ; c'était un ouvrage intitulé le Jardin de dévotion, traité mystique extrait du Cantique des cantiques. La dernière est celle de la traduction des Métamorphoses d'Ovide ; elle parut en 1484, date de la mort de Colard Mansion. Ces éditions sont belles en général. Cette traduction des Métamorphoses d'Ovide était l'œuvre de Colard Mansion. Ses autres travaux littéraires sont de même nature. Ii débuta par la traduction d'une histoire fabuleuse de la vie d'Adam : cette traduction, dont il n'existe que trois manuscrits, est intitulée la Pénitence d'Adam. — Colard traduisit ensuite le Dialogue des créatures, recueil d'apologues présentant un sens moral, et dont l'auteur était un nommé Nicole, surnommé Pergaminus. Cette traduction a été imprimée non par Mansion, mais par Gérard- Leen, en 1480. — Enfin, Mansion a traduit du latin en français le Donat espirituel, de Jean Gerson, et l'a arrangé en dialogues. Il a ensuite imprimé lui-même sou œuvre. On n'en connaît qu'un seul exemplaire, qui appartient à la bibliothèque de Lille. Il y avait à Paris au commencement du dix-septième siècle deux imprimeurs-libraires du nom de Paul et Robert Mansion. On ignore s'ils descendaient du Mansion de Bruges.

A.-P. ntdot,'J?f#ti< sur ta typographie. - Documents inidUs.- Van Pral, Notice sur OUard-Maruion. s

CeLARDBAU OU CSOLLARDBAU (Julien),

poète français, né vers 1590, à Fontenay-le- Comte, en Poitou, mort le 20 mars 1869. 11 fut procureur du roi au présidial de sa ville natale. On a de lui : Larvina, satyricon in chorearum lascivias et personata tripudia ; Paris, 1619, in-8°; c'est un poème satirique contre les bals et les mascarades ; — Tableaux des vie*

foires dé Louis XIII, poème; Wd., 1630, in-8° ; — Description du château de Richelieu, poème; ibid., 1643, in-4°. — On trouve encore dans le Sacrifice des muses au cardinal de Richelieu , par Bois-Robert', une ode de Colardeau sur le vaisseau le Grand-Armand.

Dreux du Radier, BUUioth. du Poitou.

colardeau (Charles-Pierre), poète français, né le 12 octobre 1732, à Janville, en Beance, mort le 7 avril 1776. Il fut élevé par son oncle maternel, M. Regnard, curé de Saint-Salomon, à Pithiviers (1). Après avoir fait sa philosophie au collège de Beau vais, à Paris, il entra dans une étude de procureur au parlement; mais le mal de la poésie le tourmentait si fort, qu'il tomba malade, et revint à Pithiviers, auprès de son oncle. Pour se faire pardonner de faire des vers et gagner les bonnes grâces du bon curé, il traduisit quelques morceaux tirés de l'Écriture Sainte, et ébaucha même une tragédie ecclésiastique. En même temps il travaillait en cachette à une œuvre plus profane, Astarbé, dont le sujet était emprunté à un épisode du Tëlémaque. Cette pièce rat reçue à la Comédie- Française, en 1756; mais la représentation en fut retardée, à cause de l'attentat de Damiens, qui eut Heu vers le même temps, et qui pouvait donner lieu à de méchantes allusions. Astarbé ne fut jouée que deux ans après, et une versification facile fit accueillir avec faveur ce début d'un jeune poète de vingt-six ans. Colardeau s'abandonna à ce souriant avenir. H écrivit pour le même théâtre la tragédie de Caliste9 qui n'eut qu'un'médiocre succès, malgré le jeu delà célèbre M,,e Clairon.

Le poète adopta alors un genre plus approprié à la nature de son talent. En 1758, sa fameuse Lettre d'Héloise à Abailard, imitée de Pope, obtint un prodigieux succès. Encouragé par ce véritable triomphe, il composa son héroïde d'Armide à Renaud, imitation de la Jérusalem délivrée , bien digne du modèle, par le charme du style et l'éclat des images. Peu après parut le poème du Patriotisme, qui valut à l'auteur une lettre de félicitations du duc de Choiseul , en même temps qu'une satire très-mordante. 11 y répondit finement par YÉpitre à Minette, adressée à La Harpe, dont la plume jalouse, alors toute dévouée au culte de Voltaire, déchira la plupart des gloires littéraires de son époque. A cette période de sa vie littéraire se rattachent les œuvres les plus connues et les plus estimées : le Temple de Gnide, dans lequel il a ajouté toutes les grâces de son style au coloris si brillant de la prose de Montesquieu; — les Nuits dïYoung, traduction en vers, ou se retrouve toute la tristesse sombre du modèle; — les Per-

(i) Toute une correspondance Inédite de Colardeau, pleine de détails charmants aur la vie de château et d'anecdotes littéraires, et éertte.dans an style très-piquant, est conservée par M. Dufresne, ancien avoué à Orléans, petit-neveu du poète. Quelques détails de cette notice ont été empruntés à cette correspondance.

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