COLAS
coul* (Jean-François), littérateur français, né à Orléans, en 1702, mort le 3 novembre 1772. Il entra dans l'ordre des Jésuites, qu'il quitta pour des raisons de santé, avant d'avoir prononcé ses derniers vœux, et devint successivement chanoine de Saint-Pierre-Empont et de l'église royale de Saint-Aignan. On a de lui : Oraison funèbre de louis rf Orléans, due d'Orléans, premier prince du sang ; Orléans, 1752, in-4w ; — Discours sur la Pucelle d'Orléans; ibidl, 1766, m-x-; — le Manuel du cultivateur dans le vignoble d 'Orléans, utile à tous les autres vignobles du royaume; ibid., 1770, in-»0.
Qnérard, te France litt.
colas db mantoub, ou plus exactement de montai» db 6A66IO, grammairien italien, vivait dans la seconde moitié du quinzième siècle. Ce rat sous le règne de Galeas Sforza , doc de Milan , que Colas ouvrit dans cette ville , vers 1466 , une école d'éloquence latine, et son enseignement eut beaucoup d'influence sur ses auditeurs. On dit qu'il avait eu Galeas Ini-méme pour élève; qu'il l'avait traité avec une extrême rigueur, et que le duc se vengea de son ancien maître en lui faisant donner sur la place publique le fouet, que celui-ci lui avait administré autrefois. Colas ne devait donc pas être prévenu en laveur de Galeas, dont les désordres et les cruautés excessives donnaient lieu d'ailleurs à de trop justes plaintes. , Nourri des lettres antiques, Colas de Montani ne perdait aucune occasion de comparer les temps, d'exalter l'imagina* non de ses élèves et d'exciter chez eux la haine d'une tyrannie sans frein. Trois d'entre eux, parmi lesquels Olgiati, dont Galeas avait outragé la sœur, conspirèrent contre la vie du duc, et le lendemain de Noël, 26 décembre 1476, Galeas fut mortellement atteint par les conjurés au moment où il se rendait à la fête ayant à ses côtés rambassadeur de Ferrare et celui de Mantooe, entre les bras duquel il tomba en criant : « Ah, Dieu! » Colas de Mantoue peut être considéré comme l'instigateur au moins indirect de ce meurtre, dont les auteurs furent presque immédiatement punis. Olgiati périt au minen d'épouvantables tortures, et ses deux complices furent tués par les gens du duc. V. R.
P. Jove, Éloges. ~ Stanondt, Histoire dès rép. ital, il, a.
C0LA8SE (Pascal), musicien français du dix-septième siècle. Les biographes ne s'accordent pas sur le heu et la date de sa naissance; sekmla version la plus probable, il serait né à Reims, en 1639. 11 mourut à Versailles, au mois de décembre 1709. A son arrivée à Paris, il fut admis comme enfant de chœur à l'église Saint-Paul, et devint ensuite élève de Lully, qui l'employait à remplir les parties de chœur et d'orchestre de ses opéras, dont il n'écrivait que le chant et la basse. En 1683, Lully obtint pour lui l'une dos quatre places de maître de la musique de la chapelle du
HOflV. BIOCR. GÉRER. — T. XI.
GOLÀUD
roi ; il le garda près de lui jusqu'à l'époque de sa mort, en 1687, et lui assura, par son testament, un logement et cent pistoles de pension ; mais Celasse ayant quitté les enfants de Lully, auxquels leur père avait voulu l'attacher, ceux-ci plaidèrent contre Cotasse, qui perdit son logement et sa pension. Ce qu'il ne perdit pas fut une quantité d'aire de son maître qu'il a mis à profit dans ses opéras : souvent Lully, peu satisfait d'un air qu'il avait composé, en écrivait un second ; il les donnait tous deux à son élève, en lui recommandant de brûler le premier, et Cotasse se dispensait quelquefois d'obéir. Uni à ta fille de Jean Bérain, dessinateur du Cabinet du roi, comblé de faveurs par Louis XIV, qui le nomma maître de ta musique de sa chambre après la mort de Lambert, Cotasse ne sut pas profiter de son bonheur. Il se mit en tête de rechercher la pierre philosophale, et ruina sa bourse et sa santé. Sou état de maladie l'obligea , en 1708, de donner sa démission de maître de musique de la chapelle du roi ; il mourut un an après. Malgré les emprunts faits à Lully, sa musique, languissante et dépourvue d'expression dramatique, n'eut jamais auprès du public ta faveur dont elle a joui à ta cour. Les Noces de Thétis et Pelée est le seul de ses opéras qui ait eu un véritable succès.
Cotasse a donné à l'Opéra : Achille et Polixène (1687), dont le premier acte est de Lully;— Tkétys et Pelée (1689); — Énée et Lavinie (1690); — Astrée (1691); — le Ballet de Villeneuve-Saint-George (1692); les Saisons (1695); — Jason, ou la toison d'or ( 1696) ; — la Naissance de Vénus ( 1696); — Canente (1700); — Polixène et Pyrrhus ( 1706). Colasse a écrit aussi Amaryllis, pastorale non représentée ; — r Amour et F Hymen, divertissement composé pour le mariage du prince de Conti ; la musique d'un des ballets des Jésuites et un grand nombre de motets, de cantiques et de cantates pour le service de ta chapelle et de la chambre du roi. D. Denne-Baroh.
Boardelot, Histoire de la musique. — De la Borde, Essai sur la musique. — Choron et Fayolle, Diction, historique des musiciens. — Fétts, Moçraphuruniver selle des musiciens.
colaud ( Claude-SUvestre, comte), général français, né à Briançon (Hautes-Alpes), le il décembre 1754, mort à Paris, le 3 décembre 1819. Enrôlé volontaire au sortir du collège de La Ciotat, il parcourut tous les grades jusqu'à celui de général de brigade. Chargé, en cette qualité, en 1793, d'arrêter tes troupes coalisées qui venaient de forcer le camp de Famars, Colaud, qui commandait le corps des flanqueurs à l'abbaye d'Harmon, parvint, malgré le nombre des ennemis qui le serraient de toutes parts, non-seulement à effectuer sa retraite sur Bouchain, mais à assurer celle de toute l'armée. Sa conduite en cette occasion fut l'objet des éloges publics du général Lamarque. A peine guéri d'une blessure à ta bataille de Hondscoot (7 sep
COLAUD - COLBERT
tembre 1793), Colaud, qui avait reçu du président de la Convention une expédition du décret portant qu'il avait bien mérité de la patrie, passa successivement à l'armée du nord, au camp retranché sous Maubeuge, et à celle de la Moselle, où, à la tète d'une division de l'avant-garde, il coopéra puissamment à la prise de Trêves, emporta d'assaut les redoutes de Trarbach , poursuivit les Prussiens commandés par le général Koehler dans le Hundsruck, les força à repasser la Nahe àBingen, et vint enfin mettre le siège devant Mayence. En 1795 il refusa le commandement' de Paris, que Pichegru venait de quitter pour se rendre à l'armée du Rhin. Colaud se trouva à la bataille de Siegberg, et la part brillante qu'il y prit lui valut de la part du Directoire exécutif un témoignage empressé de satisfaction. Après le combat d'Amberg, où sa division fit la plus belle contenance , Colaud , qui s'était trouvé aux blocus de Mayence et dlLbrenbreistein , fut chargé (1798) du commandement de la Belgique, avec mission d'étouffer une insurrection qui venait d'éclater dans les neuf départements nouvellement réunis à la France. Trois mois après, le général, suivant la notice écrite par Babié et Beaumont, « faisait rentrer au « trésor public plus de trente millions de con- « tributions arriérées, et envoyait à Paris qua- « torze drapeaux pris sur les révoltés et appor- « tés au ministère de la guerre par le chef de hri- « gade Bonardy ». Après avoir remplacé Bernadette au blocus de Phflisbourg, H prit une large part au succès de la bataille de Hohenlfnden. Le 8 janvier 1801 il fut désigné comme candidat au sénat par un message de Bonaparte , premier consul. « Ce soldat, y est-il dit, a rendu des ser- « vices essentiels dans toutes les campagnes de « la guerre. C'est d'ailleurs l'occasion de donner « un témoignage de considération à cette invin- « cible armée du Rhin, qui des champs de Hohen- « linden est arrivée jusqu'aux portes de Vienne, « dans le mois le plus rigoureux de l'année, en « vainquant tous les obstacles. » Élu le 13 février suivant, le général Colaud fut du très-petit nombre des sénateurs qui montrèrent quelque indépendance dans leurs votes et leur conduite. Après avoir fait partie ( 1805 ) de la députation chargée d'aller complimenter l'empereur sur ses victoires, il passa en Hollande pour prendre sous Louis - Napoléon le commandement des troupes françaises. Rentré en France, il s'unit à la fraction du sénat qui demanda la déchéance de l'empereur. Pair de France (4 juin 1814 ), il plaida avec l'éloquence persuasive d'un cœur noble et généreux la cause du maréchal Ney. A. Sadzat.
Archives delà guerre. - Bablé et'Beatunont, Galerie militaire. - Fastes 4e la Légion d'honneur.
colaud db la. salcbttb { Jacques-Bernardin) y général français, né à Grenoble, en 1759, mort vers 1835. U fut aide de camp du général Lameth, et servit à l'armée d'Italie. Con-
traint en 1793, * cause de sa naissance, oe donner sa démission, il reprit plus tard son rang, Ait promu au grade de général de brigade, fit la première campagne d'Italie sous Bonaparte, et contribua puissamment à la victoire de Castiglione. Les lies Ton^nnes ayant été abandonnées à la France par )u ftoffl de Campo-Formîo, Colaud de la Salcette fut nommé commandant de Zante. Attaqué, en 1798, à Nteopolis en Albanie, par une armée turco-russe , forte de onze mille hommes, II livra avec sa troupe, composée seulement de cinq cents combattants, une bataille que l'on compara à celle des Thermopyles, et tomba avec les siens au pouvoir de l'ennemi. Arrivé à Constantinople, après avoir souffert les plus horribles traitements, il fut enfermé au bagne, d'où il ne sortit que longtemps après. De retour en France , il fut employé dans la division de l'Isère, fit les campagnes d'Allemagne, et fut chargé du commandement de Rome. Nommé, en 1815 , commandant de la 7* division militaire, il cessa ses fonctions après la bataille de Waterloo, et vécut depuis dans la retraite.
Le Bas , Diction, eneye. de la France. — Arnanft, Joay, eus , Biooragkie noueelte de» contemporains. — MoniL «mto.
colaud DB LA tALCBTTB (Jean-Baptiste ), homme politique français, né à Briançon, en 1733, mort en 1796. H était chanoine de Die en Dauphmé , lorsque le clergé de cette province le députa aux états généraux. Ami du nouvel ordre de choses , U se prononça dans rassemblée pour la réunion de son ordre au tiers état Envoyé par le département de la Drôme à la Convention nationale, il vota dans le procès de Louis XVI pour la détention jusqu'à la paix , le bannissement, et pour la mort en cas d'invasion. Le département des Hautes-Alpes le nomma pour son représentant au Conseil des Cinq-Cents (1795).
M. VUlaome, Uist. de la révolution. - MonU. «nie.
colbatch (Jean) y médecin anglais, vivait vers la fin du dix-septième siècle; Il fut un véritable empirique, dont les connaissances étaient loin d'égaler les prétentions. On a de lui : a New light of chirurgery , etc.; Londres, 1695, in-80-; — the New light of chirurgery vindîeated/rom the many injust aspersions , etc.; ibid., 1696, in-8°; — a Physico-médical essag concerning tkealkalis and acide; ibid., 1696, in-8°; — a Treatise on the goût, etc.; ibid., 1697 ; — the Doctrine of acids in the cure oj diseasesfurtherasserted;ibià., 1698; — Dissertation sur le gui de chêne , traduite en français; Paris, 1729, in- 12. Les ouvrages {de Colbatch ont été réunis, sous ce litre : a Collection of Tracts chirurgical and médical; Londres, 1704, in-8°.
éloy, Dict. de la médecine. — Biographie médicale.
* colbbbt (Famille de). Cette famille, qui au dix-septième siècle a donné de si grands hommes à la France, descendait, selon certains généalogistes, d'une maison originaire d'Ecosse, qui s'é-
fOt
GOLBERT
tait étabBeen Champagne dans le treizième siècle. C'est ee que pronterait Inscription du tombeau de Notant Colbcrt, placé aux Ctordetiers de Reims, et qui était ainsi conçue :
CMK II preoi chevalier Richard Colbert, dit U tKmuto,*tt (iH troto ou quatre MotUfidéctyfrakies) iMtw Frics pour ràaw de ML
An miliev de la pierre , continue Morérl , à qui aoasempnnitoai ces détails, est gravé l'écutson des armes de ee ctaevaltar, et on ht an-
leattoèenaa
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Ces efforts, ptus on moins heureux, pour reveràftuer en fiiTear de la famille Colbert nne origine aristocratique datent de la puissance du grand ministre de Louis XIV. Ils forent inspirés et justifiés jusqu'à un certain point par les préjugés dn temps qui les rit naître. Jean*Baptiste Colbert, arec son grand sens, les toléra à peine, et se daigna pas tes encourager. Aujourd'hui la généalogie de cette maison est mieux connue et sortait mieux appréciée : ses commencements, pour s'être nullement chevaleresques, ne jettent cependant , aux yeux de personne , aucune ombre sur sa gloire. Au seizième siècle, deux branches des Colbert exerçaient la profession commerciale, Tune à Reims, l'autre à Troyes en Champagne.
* colbut ( Odart), négociant à Troyes, né an seizième siècle , mort au dix-septième, trafiquait sur les blés, les Tins et les étoffes. Il avait épousé la fine d'an épicier de cette Tille, et s'honorait de s'asseoir, comme marguillier, au banc d'ouvré de sa paroisse, Sainte-Madeleine (1). Peu à peu le crédit et llmportance de sa maison s'agrandirent. Efle possédait à Anvers, à Francfort, à Lyon, à Venise, à Florence, des entrepôts et des comptoirs , qui distribuaient à ces divers pays les produits commerciaux de la Champagne. Le soin de recouvrements aussi étendus, joint à l'instabilité des valeurs' monétaires, loi firent une nécessité de s'appliquer d'une manière approfondie aux opérations de banque , *n calcul des changes, à la haute science du commerce et des nuances. Apre au gain, quoique doué d'un esprit large et de Tues élevées, le bourgeois de Troyes embrassa les difficultés de ««•tte carrière avec les ressources d'une intelligence habile, inventive et tenace. Bientôt fl fut pourra d'une charge de secrétaire du roi et du domaine de YiDacerf , situé à deux lieues de Troyes : c'est ainsi qu'il inaugura la fortune de » famille. Par ses soins , Jean-Baptiste , son neveo ( voy. ci-après) , fut placé de bonne heure eu» deux banquiers italiens; ces banquiers j Paient ceux de Mazarin. Telles furent les circons- ! Jances qni ouvrirent la carrière du grand ministre, j "fre et nourrisson de cette nombreuse, ancienne i 4 patriarcale famille de négoce , nul doute que |
iU Registre 886 des* archives du département de l'Aube, .
a Tr&yes.
le jeune Colbert n'att réellement poisé à source les fortes et saines traditions qui caractérisèrent sa vie; nul doute qull n'ait également et d'abord emprunté à cette école la connaissance profonde des éléments de la fortune publique, la fécondité de ressources, l'esprit de suite et cet amour austère du travail et dn devoir qui distinguèrent si éminemment sa mémorable administration.
Groiley, Troyens célèbres, 18lt, to-t*, to mot Colbert. ~ Tallet de Vlrivllle, Àrchités MttoHqmU dm dépmrU- Mfnl de TAnbêf Parte, 1841, la-e*, page s».
coimtvr (Jean-Baptiste), marquis ns 8netnaav, célèbre homme d'État français!, neveu du précédent, né à Reims, le 29 août 1619, mort le 6 septembre 1083. Son oncle, secrétaire du roi, leplacacheiMaseraaniHOeiiami, banquiers du cardinal Mazarin. Ge ministre, appréciant ses talents, lui confia le sont de ses affaires. Près de mourir, il le choisit pour être un de ses exécuteurs testamentaires. On doit compter au nombre des services rendus par le cardinal à la France celui d'avoir désigné Colbert pour son successeur. H le recommanda comme un homme d'une application infatigable, d'une fidélité à4onte épreuve, et d'une capacité supérieure dans les affaires. « Sire, disait le cardinal à Louis XIV, quelques a jours avant de mourir, je vous dois tout; mais « je crois m'acquitter en quelque sorte envers « Votre Majesté en lui donnant Colbert »
Colbert contribua puissamment à la disgrâce de Fouquet , dont il avait déjà essayé en 1069 de détruire le crédit auprès de Masarin. En poursuivant le surintendant, coupable de concussions et de prodigalités, il faisait son devoir, mais en s'efforçant d'obtenir par les moyens les plus illégaux la condamnation du malheureux Fouquet, il souleva l'animosité publique. On trouve un curieux témoignage de d'indignation excitée par la conduite de Colbert dans le sonnet bien connu de Hénault, lequel débute par ces mots : Ministre avare et lâche. Nous en citerons seulement les derniers vers :
Sa chute quelque Jour te peat être c Craint ton poste, ton ran?, la cour et la fortune Nul ne tombe Innocent d'où l'on te voit monté. Cesse donc d'animer ton prince à son supplice, Et, près d'avoir besoin de toute sa bonté, Ne le fait pas user de toute sa Justice.
Sans s'inquiéter de la haine publique , Colbert se mit courageusement à l'œuvre (l). Déjà contrôleur général des finances , il fut nommé bientôt ministre de la marine ( 1668 ), et de la maison
(1) Un des premiers soins de Colbert fut l'établissement d'une chambre de justice pour faire rendre gorge aux financiers qui s'étalent enrichis aux dépens du pnbtte. Il existe deux listes manuscrites des taxes des gens d'affaires vivants ou de la succession des morts, faites s par Sa majesté dans la chambre de justice es années 1601 et 166$. Ces listes contiennent prés de cinq cents non», et U en est dans le nombre qui y figurent pour des sommes très-considérables. Les taxes Inscrites dans ces denx listes seules s'élèvent à plu9 de 70 millions, et elles ne se rapportent qu'aux deux années 166S et 1663. Or la chambre continua de siéger Jusqu'en 1666, et ne /ut dissoute officiellement qu'en K.69.
COLBERT
du roi ( 1669), et, à part la direction de la guerre, il se trouva investi de l'administration entière de la France ; en effet , le contrôleur général des finances était chargé non-seulement delà perception des impôts et des payements, « mais encore de tout ce qui peut influer sur le revenu de l'État, la fixation des diverses sortes d'impôts et de leur taux , la direction des sources de richesse auxquelles il s'alimente, c'est-à-dire les encouragements et les règlements concernant l'agriculture, les arts mécaniques, le commerce, en un mot le bien-être général du pays (1) ». Colbertfut toujours à la hauteur de ces importantes fonctions. Il travaillait, avec cette ardeur infatigable qui a été l'un des traits les plus distinctifs de son caractère, à réformer tontes les parties vicieuses de l'administration. Une volonté ferme , énergique de faire le bien , une tendance très-prononcée vers l'unité et l'égalité , autant que l'unité et l'égalité étaient possibles au dix-septième siècle, une exactitude irréprochable dans ses engagements, enfin seize heures par jour d'un travail assidu pendant tout le temps qu'il a été ministre, tels furent ses principaux titres aux honneurs et au pouvoir pendant sa vie et à la gloire après sa mort. Sévère pour lui-même, il était exigeant pour ses commis. Son accueil, froid et silencieux, était l'effroi des solliciteurs les plus intrépides. C'était un homme de marbre, vir marmoreus , dit Guy-Patin. Voici son portrait, d'après les mémoires de l'abbé de Choisy : « Jean-Baptiste Colbert avait le visage naturellement renfrogné. Ses yeux creux, ses sourcils épais et noirs lui faisaient une mine austère et lui rendaient le premier abord sauvage et négatif; mais dans la suite, en l'apprivoisant, on le trouvait assez facile, expéditif et d'une sûreté inébranlable. H était persuadé que la bonne foi dans les affaires en était le fondement solide. Une application infinie et un désir insatiable d'apprendre lui tenaient lieu de science. Plus il était ignorant, plus il affectait d'être savant, citant quelquefois hors de propos des passages latins qu'il avait appris par cœur et que ses docteurs à gages lui avaient expliqués. Nulle passion depuis qu'il avait quitté le vin; fidèle dans la surintendance, où avant lui on prenait sans compter et sans rendre compte... » La scandaleuse administration de Fouquet avait mis les finances dans un état déplorable ; le revenu total de l'État au moment où il quitta la direction des affaires était de 89 millions seulement ; la dette en absorbait 52; le gouvernement ne pouvait donc, en réalité, disposer que d'un revenu de 37 millions. Lorsque Colbert mourut, le revenu s'élevait à 105 millions, et la dette avait été réduite à 32. * La véritable base de la grandeur du règne de Louis XIV est dans cette habile administration des finances, qui seule pouvait lui permettre d'entreprendre de grandes choses et de faire face
(i) Voyez l'excellent trttcle publié fur Colbert, par M* Reyoand, dan* Y Encyclopédie nouvelle.
aux dépenses nécessitées par ses entreprises. Si le ministre s'opposa autant qu'il le put aux emprunts, c'est que, connaissant la passion du roi pour les dépenses, il ne voulait pas lui fournir une ressource dangereuse, dont il le savait trop disposé à abuser. On lui a reproché de n'avoir pas connu l'importance du crédit; c'est une erreur grossière, et il suffit, pour la réfuter, fie citer les paroles qu'il adressa, en 1672, au président de Lamoignon, d'après les avis duquel on venait de se décider malgré Colbert, à recourir à un emprunt. « Vous triomphez, dit-il, mais croyez- « vous avoir fait l'action d'un homme de bien? « Croyez-vous que je ne susse pas comme vous « qu'on pouvait trouver de l'argent à emprunter? « Mais connaissez-vous comme moi l'homme « auquel nous avons affaire, sa passion pour la « représentation, pour les grandes entreprises, « pour tous genres de dépenses? Voilà donc la « carrière ouverte aux emprunts, et par consé- « quent à des dépenses et à des impôts illimités ! « Vous en répondrez à la nation et à la posté- « rite. »
Colbert a été , surtout de la part des économistes du dix-huitième siècle, l'objet d'attaques très vives , pour ses règlements sur l'agriculture, l'industrie et le commerce. Mais avant lui la France n'avait ni commerce ni industrie; Sully avait pour ainsi dire tout sacrifié à l'agriculture, qu'il avait exclusivement encouragée. Collwrt voulut compléter l'œuvre du ministre de Henri IV; et comme tout était à faire, il fut comme lui exclusif, et encouragea l'industrie au détriment peut-être de l'agriculture. Sully avait eu raison , sans doute, de donner tous ses soins au développement des arts agricoles : le pays subissait la conséquence des longues guerres civiles qui l'avaient ensanglanté ; la plus grande partie du sol était inculte : il fallait avant tout le rendre capable de nourrir ses habitants. Mais ce résultat obtenu, fallait-il continuer à jamais le même système , faire du peuple français un peuple exclusivement cultivateur, et le forcer d'exporter les produits de son sol pour acheter ceux des manufactures étrangères? Non sans doute. Richelieu avait donné à la France une importance politique trop grande pour que ce pays restât tributaire des autres, à quelque titre que ce fût. « Nourrir l'industrie avec l'agriculture, faire germer partout la population agricole, soumettre en un mot la terre à la manufacture, afin de les faire prospérer plus tard concurremment, et Tune par l'autre, telle fut la grande politique de Colbert pour raccroissement de la population , et par conséquent de la splendeur de notre noble pays (1). »
Lorsque Colbert devint ministre , la France ne possédait que des manufactures dont les produits grossiers suffisaient à peine aux premiers besoins de ses habitants; la draperie fine était fa-
it; Encyclopédie nouvelle, arltete Coi.mrt, M Reynaud.
aar
COLBERT
briquée «Espagne et en Hollande, les belles soieries en Italie , les toiles et les dentelles en Hollande et en Belgique , etc. Il voulut que l'industrie française rivalisât de tous points avec l'industrie étrangère, et il appela des autres pays les manufacturiers les plus habiles , Van Robais pour la draperie fine , Hindret pour la bonneterie, etc. Leurs élèves répandirent leurs procédés, et six ans après 42,000 métiers fabriquaient en France de beaux draps; et nos dentelles, nos soieries, nos glaces, notre bonneterie, nos armes Manches, nos toiles égalaient les mêmes produits fabriqué» à l'étranger ; plusieurs manufactures royales forent créées pour servir de modèles à l'industrie privée : « L'industrie, justement orgueilleuse de ses succès, craignit bientôt qu'on n'altérât les bonnes méthodes de fabrication dont on Tenait de l'enrichir; elle crut être arrivée à la perfection : elle voulut rendre les procédés intariaMes en faisant partout le même mode de fabrication; de toutes parts les manufactures sollicitèrent des règlements , et Colbert souscrivit à leurs vœux.
> Ces règlements ne sont, à la vérité, que la description exacte des meilleurs procédés de fabrication, et sous ce rapport ils forment des instructions très -utiles; mais ces règlements étaient exclusifs : l'artiste ne pouvait pas s'en écarter; la stricte exécution en était commandée, et les inspecteurs brisaient les métiers , brûlaient les étoffes, prononçaient des amendes toutes les fois qu'on se permettait quelques changements dans les méthodes prescrites (1). »
11 fallait bien enseigner aux artisans les procédés que l'impulsion nouvelle donnée au commerce et à l'industrie avait fait inventer; et pour que ces procédés triomphassent des préjuges d'une aveugle routine , il fallait leur donner l'autorité de règlements émanés de l'autorité supérieure. Mais Colbert n'avait pas la prétention de faire de ces règlements un code qu'on ne pût jamais modifier; et si l'industrie fut enchaînée pendant plus d'an siècle dans des liens qui ne furent rompus qu'en 1789, ce n'est pas à l'homme du progrès qu'il faut s'en prendre, mais bien à l'inhabileté de la plupart de ses successeurs et aux obstacles que les plus éclairés d'entre eux rencontrèrent dans les préjugés et les intérêts que froissaient leurs projets de réforme.
Colbert ne négligea cependant point l'agricuU ture; la réduction des tailles, qui frappaient surtout les petits cultivateurs , et une plus juste répartition de cet impôt, la réduction des gabelles, la création de nombreuses routes, l'entretien assuré de toutes celles qui existaient, la construction du canal du Languedoc, étaient des encouragements, indirects il est vrai, mais certainement efficaces ; « enfin, en étendant, comme il le fit* la marine , la pêche , le commerce , les colonies, les arts et les manufactures, il présenta à
(0 Chanta], de r industrie française, U II, p. t*7.
la terre de nouveaux hommes à nourrir, et par conséquent aux laboureurs de nouveaux profits à prendre sur le lieu même de leurs récoltes (1). u Que Ton cesse donc de reprocher à Colbert d'avoir prohibé l'exportation des blés; cette prohibition, en diminuant le prix des subsistances, favorisa raccroissement de la population. Au lieu de consommateurs étrangers, il donna à l'agriculture des consommateurs français: elle n'y perdit rien, et la France y gagna en puissance.
Il y aurait déjà dans les services que nous venons d'énumérer de quoi suffire à la gloire d'un homme ; mais Colbert ne s'en tint pas là : il continua les efforts de Richelieu peur donner à la France une marine redoutable. En peu d'années elle eût 100 vaisseaux, et les rôles de l'inscription maritime présentèrent les noms de 60,000 matelots. 11 créa Brest, Toulon, Rochefort , acheta Dunkerque , commença Cherbourg ; et liant l'industrie, le commerce et la marine dans un avenir commun, il fonda toutes les colonies françaises pour assurer des débouchés à l'industrie et au commerce et un emploi à la marine en temps de paix.
« Comprenant, enfin, que l'opulence ne suffit pas pour constituer la vraie richesse des nations, il appliqua tous ses soins à vivifier en France la culture des lettres, des sciences et des beaux* arts. Richelieu avait aperçu avant lui la secrète puissance de notre langue, et devinant l'ascendant que la nation française pouvait prendre par là sur les autres, il avait créé l'Académie, avec mission d'améliorer ce bel idiome, destiné , dans sa politique, à devenir l'idiome souverain du monde civilisé; marchant sur les traces de ce hardi génie, Colbert, bien que peu lettré (2), ne
(l) Reynaud, ioid.
(S) U était déjà ministre lorsqu'il apprit le latin : ce fut Jean Gallois, abbé de Saint-Martin de Corea et fondateur du Journal des savants, qui lui enseigna cette langue. U se forma cependant la bibliothèque la plu» belle peut-être qu'aucun particulier ait jamais possédée. Tout en développant, comme nous le dirons ot-après , la Bibliothèque du roi , il employa son crédit et son pou* voir à se procurer pour lui-même une foule de manus~ crlts et de livres précieux. Les agents diplomatiques recueillirent et lui adressèrent* des manuscrits orientaux. H acquit à prix d'argent la bibliothèque d'André Du* chesne. Le chapitre de Metz lui offrit en présent la célèbre Bible dite de Met* et les Meures de Charles le Chauve. U acquit aussi les manuscrits d'un amateur distingué, l'académicien Ballesdcnts. Des copies importantes et des compilations diverses furent exécutées par ses ordres, dans le trésor des chartes, les archives des cours souveraines, et nous ont conservé des textes du plus haut prix pour l'histoire, dont les originaux ont péri. Ses richesses en ce genre ne le cédaient qu'à deux collections, celle du pape au Vatican et la Bibliothèque du roi de France, que lui-même avait mise dans cet état de supériorité. Colbert cooSa le soin de sa bibliothèque à Etienne Balaie, l'un des plus savants hommes dont «'enorgueillisse l'érudition française. Bnl7SS, la bibliothèque de Colbert fut cédée par ses héritiers à Louis XV, moyennant la somme de cent mille écus, et réunie à ta Bibliothèque du roi, aujourd'hui Bibliothèque impériale, dont elle compose encore l'un des fonds les plus importants. A ne parler que des manuscrits, le fonds de Colbert se compose : Ie de traités et ouvrages anciens, de toutes langues et de toutes sortes, principalement sur
COLBERT
traita pas l'Académie avec moins d'estime et d'attention, et l'on sait à quel haut degré d'activité et de splendeur ses encouragements surent l'élever. Non content de ce seul foyer de lumières, il y adjoignit r Académie des inscriptions et belleslettres (1663) et r Académie des scienoes (1666). Certes, l'impulsion donnée parRichelieu ne pouvait pas être plus sagement continuée, et Ton serait embarrassé dedécider laquelle de ces trois nobles compagnies, chargée, Tune du perfectionnement delà langue, l'autre del'étude de l'histoire de l'antiquité, la troisième de l'observation de la nature et -de la découverte de ses lois, mérite d'être placée la première (1). »
Golbert créa en outre l'Observatoire, le Jardin des plantes; il réorganisa l'Académie de peinture, l'Académie d'architecture, l'École de France à Rome; il augmenta la Bibliothèque royale (2) et le cabinet des médailles; il encouragea les artistes, les savants et les littérateurs français et étrangers (3); il attira les hommes les plus ha-
rbtetolre et la littérature du moyen-Age : ces livres, au nombre de plusieurs milliers, se placent dans le catalogue immédiatement après le fonds dn roi on' fonds principal, par l'excellence, la rareté des textes et la beauté de l'eiécutlon bibliographique i ** des pièces détachées : on y distingue les cinq cent* feollectlon de cinq cents volumes) ; les cent $oixaate-douze ; les mélanges, et les dépêche de Colbert.: y.
(l) M. Reynaud, ibi4. L'Académie française en appelant Colbert dans son sein (167) avait honoré en lui le protecteur des lettres.
(a) En l66i, la Bibliothèque royale était comme enfouie dans une maison de la rue de La Harpe. Colbert la transporta rue Vivien ou VI vienne, dans deux malsons contlguës, qui lui appartenaient, et qui étalent toutes voisines de son propre hôtel. Là un espace beaucoup plu» vaste était ménagé. Colbert, la même année, en fit le local des séances de l'Académie des sciences, nouvellement créée par lui. Il en confia la garde à son frère, Nicolas Colbert, évèque d'Auxerre. Par ses soins, le Cabinet des médailles y fut également reunt, et l'ensemble de la collection atteignit à des proportions grandioses. Vers 1667, il fit donner A Ooat, président de la chambre des comptes de Navarre, la mission de chercher et de faire transcrire en des copies authentiques, dans les pays de Languedoc, Foix, Béarn et Guyenne, tous les titres qui pouvaient Intéresser l'histoire , la politique, ou la législation du royaume. Le résultat de cette mission fut une excellente et précieuse collection de près de trots cents volumes In-folio, qui forment un des fonds des manuscrits de la Bibliothèque Impériale. Des instructions analogues furent données aux intendants des provinces. Colbert enrichit la Bibliothèque dn roi des manuscrits de Béthuoe, de Brienne; des livres de Gaston, duc d'Orléans ; des collections de Mazarin, etc., etc. En 1681, après ces divers accroissements , le ministre Invita Louis XIV à visiter la Bibliothèque, dont Colbert lui fit les honneurs, et le roi assista le même )our dans cet établissement a une séance de l'Académie des sciences. V.
(3) Le lecteur ne parcourra pas sans intérêt la liste de c?a encouragements donnés par Colbert aux littérateurs ; cette liste, rédigée par Chapelain et Coatar, est assez curieuse pour être citée; elle est datée de 1663. Au sieur De la Chambre, médecin ordinaire du roi, excellent homme pour la physique et pour la connaissance des passions et des sens, dont il a fait divers ouvrages, fort estimés, une pension de «00 livres.
An sieur Conrart, lequel, sans connaissance d'auenne autre langue que sa maternelle , est admirable pour Juser de toutes les productions de l'esprit, nne pension de 1800
Au sieur Le Clerc, excellent poète français. . 600
biles de toute l'Europe, et fit ainsi acquérir à la France cette pi^n&rance morale qu'elle exerça sur toutes les nations au dix-huitième siècle, et qui survécut aux victoires de Louis XIV (1).
Non content de rendre ainsi l'Europe vassale de la France, il voulut faire de Paris un [cheflieu digne de la nouvelle puissance de sa patrie. Il construisit ou acheva une foule de monuments, les quais, les boulevards, le Louvre, les Tuileries.
An sieur Pierre Corneille, premier poète
dramatique du monde tOOO
Au sieur DesmareU, le plus fertile auteur, et doué de la plus belle imagination qui ait
jamais été itoo
Au sieur Ménage* excellent pour la critique
des pièces. tjooa
Au sieur abbé de Pure, qui écrit l'histoire
en latin pur et élégant 1000
Au sieur Bayer, excellent poète français. . . *oo Au sieur Corneille te jeune, bon' poète français et dramatique. . t ? iooo
An sieur Molière, excellent poète comique. . 1000 Au sieur Benserade, poste français fort
agréable : . . . îwo
Au père Le Cointe . habile pour l'histoire, lioo Au sieur Huett de Caen, grand personnage,
qui a traduit Orlgèns ISOO
Au sieur Charpentier, poste et orateur frao*
cals i*»
Au sieur abbé Cottin, poète et orateur français .... : ; 1100
Au sieur Sorbière, savant es lettres humaines, iooo
Au sieur Dauvrier, Idem 3000
Au sieur Oçier, consommé dans la théologie
et les belles-lettres 1100
Au sieur rallier, professant parfaitement ,1a
langue arabe 600
A l'abbé Le rayer, savant es belles-lettres. . 1000 Au sieur Le iMboureur, habile pour l'histoire. ltOO Au sieur de Sainte- Marthe, habile pour l'histoire icoo
Au sieur Du Perrier, poète latin 800
Au slenr Fléekier, poète français et latin . . 800 Aux sieurs de ralois frères , qui écrivent
l'histoire en latin 3400
Au sieur Mauri, poète latin 600
Au sieur Racine, poeté français 800
Au sieur abbé de Bouruys, consommé dans la théologie positive scolasUqnc, dans l'histoire , les lettres humaines , et les langnes
orientales 3000
An steur Chapelain, le pins grand poète français qui ait jamais été. et du plus solide Jugement 3000
Au sieur sbbé Castagne, poète orateur et sa- '
vant en théologie 110e
An steur Perrault, habile en poésie et en
belles-lettres 1500
Au slenr Mettrai, historiographe 4000
(4) Colbert avait conçu le projet de codifier les' lois di royaume, et le réalisa en partie dans la législation clvUe et maritime. Il se proposait de recueillir en un seul corps les ordonnances des rois de France : dessein qui fut mis en oeuvre depuis, par le ministre Pontchartraln. En 1676 Colbert résolut de faire Imprimer aux frais et au nom de l'État la collection générale des historiens de France. A cet cHct, Il convoqua chez lui un comité de savants, composé de Le Cointe, Du Cange , d'Herouval, Adrien de Valois, Jean Gallois et Baluzc. Un premier plan de publication fut rédlgéïpar Du Cange et imprimé dans la Bibliothèque historique de la France du père Lelong ( 1" édition, p. 9M et suivantes ). Mais Colbert mourut avant que cette belle et grande idée passât dans le domaine des faits accomplis. Le premier volume du Recueil \des historiens de France] ent pour auteur le religieux bénédictin dom Bouquet, et parut en 1739. V.
COLBERT
11 exerçt afin mr tout le grsmd règne une beoreose haluenee. n lutta eotistamment contre les idées Muqueuses de Louvois (1). Mais es 1070 le crédit de ee dernier remporta , et le roi, (ahgaé de l'opposition continuelle que ton grand ministre apportait à ses fantaisies , méconnut ses services et ne craignit point de le maltraiter devant son coilègoe.
fl loi écrivit cette lettre rode , et d'autant plus menaçante qu'elle avait été rédigée de sang-froid et après mûre réflexion :
A ChanUUv, oc M avril MU.
« Je foi assez maistre.de moy avant ier pour tous cacher la peine que j'avais d'entendre un homme que j'ai comblé de bienfaits comme vous, me parier de la manière que vous taisiez. J'ai eu heaucoup d'amitié pour vous, il y paroist par ce (pie j'ai (ait; j'en ay encore présentement et je croys vous en donner une assez grande marque eo tous disant que je me suis contraint un seul moment pour vous , et que je n'ay pas voulu tous dire moi-mesme ce que je vous escris, pour ne pas vous comettre à me déplaire davantage. C'est la mémoire des services que vous nfavez rendas et mon amitié qui me donne ce sentiment; profités-en , n'asardés plus de me fascher encore, car après que j'aurai entendu vos raisons et celles de vos confrères, et que j'aurai prononcé surtouttes vos prétentions, je ne veux plus jamais en entendre parler. Voife si la marine ne tous convient pas, si vous ne l'avez à votre mode, si vous aimeriez mieux autre chose : parlez librement; mais, après la décision que je donnerai, je ne veux pas une seule réplique. Je îoqs dis ce que je pense, pour que vous travaillies sur un fondement asseuré , et pour que vous aepreuies pas de fausses mesures.
« A Colbert. »
Cette lettre marque un temps d'arrêt définitif dans la faveur de Colbert; Il resta ministre, mais sa position devint chaque jour plus difficile. « La guerre , dit M. Clément , tramant en longueur et exigeant sans cesse de nouveaux efforts, le roi dit un jour à son ministre qu'il lui faudrait
(1) Il ne lutta pot avec mollis d'ardeur contre le» dé> •tests inutile* et les prodigalités fastneoses du monarque. Huas citerons à ce sujet un fragment d'un admirable ■rtmoîre, qui fait le pins grand honneur an patriotisme «••sinistre : « lo mon particulier. éerlMI à Louis XIV, Je déchre à Votre Majesté qn'on repas Inutile da 1,000 eau me (ait une peine Incroyable; et lorsqu'il est question se mutions d'or pour la Pologne, Je vendrais tout •on bien, j'engagerai* ma femme et mes «niante, et J'Irais a pied tonte ma vie poor y fournir, si c'était nécessaire. *olre Majesté excusera, s'il lui plaît, ce petit transport- Vôtre Majesté doit considérer qu'elle a triplé les dépens» de ses ecnrtes... SI Votre Majesté eiomtne bien, dJe trouvera que cette augmentation en livrées, en nonrritnre* d'hommes et de chevaux, en achats, eu gages, va a plus de 100,000 Uvres tons les ans... SI Votre Majesté considère son Jeu, celui de la reine, toutes les fétes, repas, festin* extraordinaires, eue trouvera q«e cet article monte environ à pins de M0,0M livres, et qne les rois ses prédécesseurs n'ont Jamais fait cette dépense, et quelle n'est pas du tout nécessaire. »
soham>'inillîoiM]daplos pour l'extraordmairedes guerres. Effrayé par ce chiffre, Colbert répondit tout d'abord qu'il ne croyait pas pouvoir fournir à cette dépense. «;Songez-y» reprit Louis XIV; il se présente quelqu'un qui entreprendrait d'y suffire, si vous ne voulez pas vous y engager. » Colbert resta longtemps sans retourner chez le roi , et ses oommis le virent occupé à remuer tous ses papiers, ignorant ce qu'il faisait» encore moins ce qu'il pensait. Enfin, le roi lui fit dire d'aller à Versailles. Colbert y alla , et les choses reprirent leur train ordinaire. On prétend, dit Charles Perrault, après avoir raconté oe tait, que la difficulté de faire face à un pareil surcroît de dépenses l'avait engagé à se retirer; mais que sa famille lui persuada de ne point quitter la partie et qne c'était un piège qu'on lui tendait pour le perdre en l'emignant des affaires. Colbert resta donc ministre; « mais, ajoute Perrault, tandis qu'auparavant on le voyait se mettre au travail en se frottant les mains de joie, depuis cet événement il ne travailla plus qu'avec un air chagrin et même en soupirant De facile et aisé qu'il était, il devint difficultueui , et l'on n'expédia plus, à beaucoup près, autant d'affaires que dans les premières années de son administration. »
« Ainsi, par un singulier retour de fortune , l'accusateur, le remplaçant de Fouquet en était venu au point , vers la lin de sa vie, de craindre un piège dont les auteurs , s'ils eussent réussi , ne lui auraient pas seulement oté le pouvoir. Aveuglé par ce vertige de la laveur, auquel si peu d'hommes savent résister, comme Fouquet, à qui lui-môme , vingt ans auparavant , il reprochait l'orgueil de ses alliances , fl avait de la môme manière cherché des appuis dans les pins puissantes familles du royaume, et le même reproche venait l'atteindre. Ses ennemis craignaient ou feignaient de craindre son insatiable ambition, et lui prêtaient de coupables projets. Une lettre de M"" de Malntenon elle-même montre qu'ils l'accusaient de tramer des desseins pernicieux. Quels étaient ces desseins ? Peut-être d'usurper le rôle du cardinal de Richelieu, de Mazarin, de devenir comme eux premier ministre et ministre dirigeant. 11 est certain qu'avec un prince moins allier, moins absolu que Louis XTV, Colbert aurait atteint ce but : « Je crois, a dit Gourville, que son ambition était plus grande que le monde et lui-rnême n'en jugeaient; mais quand il a voulu faire quelques démarches pour excéder sa place, il a bientôt pu voir que le roi ne s'en accommoderait pas. » On comprend en effet que, jaloux comme il l'était du pouvoir, et surtout de l'apparence du pouvoir, Louis XTV n'eût jamais souffert une pareille usurpation; mais Colbert devait le savoir mieux que personne. Les bruits répandus contre lui, les desseins pernicieux qu'on lui attribuait, étaient donc sans aucun doute inventés et colportés par le parti de la guerre, pour le forcer à sortir du conseil.
COLBERT
« La mort se chargea de ee soin, et, par inallieur pour la France, au moment où ses services lui eussent été le plus nécessaires. On était en 1683. Colbert, plus que jamais en butte à la faction Louvois, était alors âgé de soixantequatre ans. Depuis plusieurs années, sa santé, altérée par un travail opiniâtre, lui commandait les plus grands ménagements. Vers 1680, ayant accompagné le roi dans un voyage aux Pays- Bas, il eut une fièvre maligne extrêmement violente, dont les accès étaient de quinze heures. Un médecin anglais l'en guérit avec du quinquina, ce qui mit ce remède à la mode. Il y a donc lieu de croire que ce ministre, déjà fortement éprouvé par plusieurs maladies considérables, succomba à une nouvelle attaque, compliquée cette fois d'une pierre qui s'était formée dans les reins. Cependant, d'après quelques-uns de ses biographes, le chagrin que lui causa une injuste réprimande du roi aurait avancé sa mort. On raconte même à ce sujet les détails suivants : « Louvois surveillait avec une attention extrême les dépenses même les plus minimes de son département Ayant cru découvrir qu'en sa qualité de snrin tendant des bâtiments, Colbert avait passé quelques marchés onéreux au trésor, notamment pour la grille qui ferme la grande cour du château de Versailles, il en donna avis au roi. A quelque temps de là, Colbert rendit compte de cette dépense à Louis XIV, qui reçut fort mal ses explications. Après plusieurs choses trèsdésagréables, le roi lui dit : « H y a là de la Irjponnerie. — Sire, répondit Colbert, je me flatte au moins que ce mot-là ne s'étend pas jusqu'à moi. — Non, dit le roi ; mais il fallait y avoir plus d'attention. » Et il ajouta : « Si vous voulez savoir ce que c'est que l'économie, allezen Flandre , vous verrez combien les fortifications des places conquises ont peu conté. »
« Ce mot , cette comparaison , firent , dît-on, l'effet d'un coup de foudre. Colbert tomba malade, de la maladie dont il mourut, et ses dernières paroles furent, en parlant du roi : « Si j'avais fait pour Dieu ce que j'ai fait pour cet homme-là, je serais sauvé deux fois, et je ne sais ce que je vais devenir. » En apprenant sa maladie , le roi lui envoya un gentilhomme , et lui écrivit. Colbert reçut ce gentilhomme dans sa chambre, mais en feignant de dormir, pour être dispensé de lui parler. Quant à la lettre, il rerasa de la lire, en disant : « Je ne veux plus entendre parler du roi ; qu'au moins à présent il me laisse tranquille. »
« Ainsi mourut, dans son hôtel de la rue Neuve-des-Petits-Champs , un des plus grands ministres qui aient honoré l'administration française, fi mourut, on le voit, haï de ses collègues, du roi peut-être, et à coup sur du peuple, qui le regardait comme le promoteur d'une multitude d'odieux impôts établis depuis 1672, du peuple de Paris surtout, qui ne pouvait lui pardonner d'avoir donné à bail les échoppes des halles, dont
il avait joui gratuitement jusque alors. La haine de ce peuple lut telle qu'on n'osa faire enterrer de jour le corps de celui qui en était l'objet Sou convoi n'eut lieu que la nuit; encore fallut-il, dans la crainte d'un plus grand scandale, le faire escorter par des archers du guet, de son hôtel à l'église Saint-Eustache, où sa famille lui fit construire ensuite un magnifique mausolée. » Avec lui finit la série des grands ministres français (Sully, Richelieu, Mazarin, Colbert ) ; et dès lors la monarchie pencha vers son déclin.
D'AuYlgny, FU de Colbert, dans les Homme* illustra de France, L v. — Charles Perrault, Mémoires. - Chotoy, Mémoires. - Necker, Éloge de J.-B. Cotbert.- »e Brany, Examen du ministère de Colbert.— D'Audi ffret, Notice sur J.-tt. Colbert, daos le PluUirque français. — Lemontey, Notice sur J.-B. Colbert, dans les OBuores)complétest t. V. — Forboooala, Recherches et considérations sur les finances de France. — Moctyon. Particularités sur les ministres des finances célèbres. - BaMy, Histoire financière de la France, U I. — Blanqul, Histoire de l'économie politique en Europe, t. I cl II. — Alban de Vllteneuve-Bargernoot, Histoire de L'économie politique, 1. 1. — A. de Seriez, Histoire de Colbert. - Le Bat, Dict. encyc. de la France. - Pierre Clément. Hist. de Colbert; Paris, 18M. lo-8».
colbert (Charles 9 marquis de Caoissy), homme d'État, frère du précédent, né à Paris, en 1625, mort le 28 juillet 1696. Il fut successivement conseiller d'État, président au conseil d'Alsace , premier président au parlement de Metz , ambassadeur en Angleterre et ministre secrétaire d'État des affaires étrangères (1679). Il fut aussi Y un des négociateurs de la paix de Nimègue et de celle d'Aix-la-Chapelle. « 11 joignait, dUSiamendi, la rudesse un peu grossière de son caractère à l'arrogance, si souvent blessante, du maître dont il était chargé de transmettre les sentiments aux puissances étrangères. » On a de lui des Mémoires sur l'Alsace, les Trois-Évêchés et le Poitou, que l'on conserve en manuscrit à la Bibliothèque impériale. Les lettres de C. Colbert qui sont relatives au traité de Nimègue ont été imprimées avec celles du comte d'Estrade et du comte d'Avaux ; La Haye, 1710, 3 vol. in-12.
Saint-Simon, Mem. — Journal de Dangeau. — Sismondl, HisU des Franc., XXV et XXVI.
colbert (Jean-Baptiste, marquis de Skignela y), homme d'État, fils du grand Colbert, né à Paris, en 1651, mort le 5 novembre 1690. il se forma aux affaires sous la direction de son père, qui obtint pour lui la survivance du ministère de la marine et de la maison du roi. Il commença, en 1676, à diriger ce département, et acheva d'élever la marine française à ce haut degré de puissance qu'elle atteignit sous Louis XIV. Colbert de Seignelay avait un esprit vaste et une grande fermeté de caractère. H dirigea en personne l'expédition contre Gênes en 1684.
Stsmondt, Hist. des Français , XXV et XXV |. - Botta, Stor. fit.:
colbert (Jacques- Nicolas), prélat français, frère du précédent, né à Paris, en 1654, mort le 10 décembre 1707. Jeune encore, il ob-
COLBERT
tint l'arcbevèené de Rouen, et m fit remarquer par son esprit de tolérance envers les calvinistes. D fat membre de l'Académie française depuis 1674, et Pan des premiers membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
BJefaaN et Gfniid, Bibliothèque sacrée.
colbbbt (Michel) y théologien ascétique, parent des précédents, né vers 1633, mort à Paris, le 39 mare 1702. H entra dans Tordre des Prémontrés, et en devînt abbé général en 1670. On a de lui : Lettres d'un abbé à ses religieux; Par», î vol. in-8°; — Lettres de consolation , adressées à sa sœur, qui Tenait de perdre son mari.
Hefaard et Giraod, Bibliothèque sacre*.
golbbbt ( ...),comted'£j*oiffcri/fe,littératenr français, petit-fils da grand Colbert, mort vers 1760. H a traduit en français la Divine Comédie de Dante ; Paris, 1798, in-8°. Cette traduction rat publiée par les soins de Sallior, qui l'avait revue. On croit que le comte d*Estouteville a travaillé avec Fréron à limitation en prose da huitième chant de VAdone, du cavalier Mariai, publiée sous le titre des Frais plaisirs, ou les amours de Vénus et # Adonis, 1746, in-12, et réimprimé sous celui à' Adonis, poème, 1775, in-8°.
Querart, ta Vrance littéraire.
colbbbt (Jean- Baptiste 9 marquis de Torct), diplomate français, fils de Gh. Colbert, marquis de Croissy , né à Paris , le 14 septembre 1665, mort le 2 septembre 1746. Il suivit, comme son père, la carrière diplomatique, fut ambassadeur en Portugal, en Danemark , en Angleterre, secrétaire d'Etat des affaires étrangères en survivance (1689) et titulaire (1696), ministre d'État et surintendant des postes ( 1 699). 11 fat aussi grand-trésorier, puis chancelier des Ordres da roi. H ouvrit au conseil privé l'avis d'accepter le testament de Charles II , qui à défaut d'héritier laissait le trône d'Espagne à un prince de la maison de Bourbon. Malgré ses nombreux et importants services, il fut obligé, sous la régence, de se démettre de ses emplois (1715 et 1731 ). L'Académie des sciences l'admit au nombre de ses membres honoraires en 1718. On a de lui : Mémoires pour servir à l'histoire des négociations depuis le traité de Mswick jusqu'à la paix ffiUtrecht; La Haye (Paris) , 1756, 3 vol. in-12; Amsterdam, 1757, 3 vol. in-8°. Us sont divisés en quatre parties. La première est consacrée aux négociations pour la succession d'Espagne, la seconde au négociations avec la Hollande, la troisième aai négociations avec l'Angleterre, et la quatrième aux négociations pour la paix dTJtrecht. « Ces Mémoires, dit Voltaire , renferment des détails qui ne conviennent qu'à ceux qui veulent slostroire à fond ; on y reconnaît le goût de la cour de Louis XIV ; mais leur plus grand prix est dans la sincérité de l'auteur: c'est la modération eUe-raème qui conduisait sa plume. » On
trouve encore dans les Mémoires de l'Académie des sciences, année 1741 , un antre écrit du marquis de Torcy, intitulé : Relation de la fontaine sans fond de Sablé, en Anjou.
Mtm. de rjùaé. des se.- Detesiarts, les Siècles M.
golbekt ( Charles-Joachim) , prélat français, frère du précédent, né à Paris, le 11 juin 1667, mort le 8 avril 1738. Il Ait successivement condaviste du cardinal de Furstemberg, lors de Félection du pape Alexandre VIII, grand- vicaire de Rouen, et agent général du clergé de France. Nommé à t'évéché de Montpellier en 1697, il travailla avec succès à la conversion des calvinistes. C'est sous son épiscopat que le P. Poujet rédigea le célèbre catéchisme connu sous le nom de Catéchisme de Montpellier. Ce prélat s'opposa par phisieurs lettres pastorales et mandements à la bulle Unigenitus. Quelquesuns de ses écrits, recueillis en 3 vol. in-4% 1740, furent condamnés à Rome.
nesemrto. les Siècles m.
* COLBERT (S. ME CA9TLE-I1ILL, de Sbicmj la y), évéque de Rodes et député aux états généraux, naquit en 1736, en Ecosse, au château de Castle-HHl, berceau de la famille Colbert, et mourut vers 1808. Envoyé dès son jeune âge en France, il embrassa l'état ecclésiastique, obtint bientôt les abbayes de Val-Richer et de Sorrèze, et devint vicaire général de Toulouse à l'âge de vingt-six ans. 11 rot nommé en 1781 évéque de Rodez, à la place de Champion de Cicé. L'assemblée provinciale de la Haute-Guienne était réunie à Viilefranche; Colbert en devint président, et contribua beaucoup au bien qu'elle fit dans le Rouergue et le Quercy . Il fut appelé par Louis XVI aux deux assemblées des notables, et fit partie du sixième bureau, présidé par le prince de Conti ; en 1789, il rat élu député aux états généraux par le clergé de la sénéchaussée de Rodez. D'un esprit sage et conciliant, et animé de véritables sentiments populaires, Colbert désirait voir la nouvelle assemblée établir, par l'union entre les trois ordres, des réformes sérieuses et soulager la misère dn peuple. Aussi provoqua t il, au sein de son ordre, la réunion du clergé au tiers état, et il fut un des sept évéques qui, dans la séance du 22 juin, vinrent déposer leurs pouvoirs sur le bureau du tiers, constitué en assemblée nationale. Cette démarche, qui fit cesser les résistances delà coordonna à Colbert une grande popularité, et il fut porté en triomphe, le 25 juin, dans les rues de Versailles, par le peuple qui la veille avait poursuivi de ses huées l'archevêque de Paris , de Joigne. Nommé commissaire de la salle des séances (fonctions analogues à celles de questeur), et membre des comités de règlement et de l'extinction de la mendicité, il se prononça pour le maintien des dîmes ecclésiastiques , dans la discussion qui eut lieu à ce sujet , quoique Mirabeau eût prouvé que ta dime enlevait un tiers de la récolte nette du cultivateur; il rendit compte quelques jours après*
COLBERT
au nom au comité des recherches, d'un message de la commune de Paris qui demandait l'autorisation de pénétrer dans le palais de Versailles pour l'instruction relative aux 6 et 6 octobre , et fit accorder cette autorisation sur le motif qu'il n'y avait point de lieux privilégiés lorsqu'il s'agissait de la sûreté publique. Colbert paria encore sur l'organisation communale et départementale, et appuya l'institution des cantons. Croyant la religion menacée par la constitution civile du clergé, U adhéra le 13 avril 1790 à l'exposition des principes des évoques de l'assemblée , par Boisgelin; il signa en outre trois protestations de la droite contre la procédure de l'aAaire des 5 et 6 octobre et contre les réformes établies dans l'acte constitutionnel. — Colbert, à respiration de son mandat, émigra à Londres, et y reçut un accueil des plus flatteurs. En 1802 il refusa de rentrer en France, et fut un des évéques dissidents qui protestèrent contre le concordat et formèrent ce qu'on appela la petite Église. Colbert joignait à de grandes connaissances la piété la plus sincère et les mœurs les plus pores ; lord Lauderdale disait de lui, à Londres : « C'est un prélat qui honore l'humanité par ses vertus ».
H. CàïLA.
Bacbex et Boni, Histoire parlementaire de la rép. fr. - TWers. Histoire de la rèv. fr. - M. Vlllaumé , Hist.delarev.fr.
* colbert ( Edouard- Charles-Vlcturnin , comte de), contre-amiral français, né en 1758, mort le 2 février 1820. Descendant du comte de Maulevrier, lieutenant général des armées du roi, l'un des frères du grand Colbert, Edouard entra de bonne heure dans la marine, prit part à la guerre d'Amérique, et obtint le grade de capitaine de vaisseau en 1791, ainsi que la croix de Saint- Louis. La révolution l'ayant contraint d'émigrer, il fit la campagne de 1792 à l'armée des princes, et se trouva à la malheureuse affaire de Quiberon. Ayant échappé au carnage, il se retira en Vendée, et servit en qualité d'aide de camp du général Stoflîet, qui avait été longtemps gardechasse du comte de Colbert-Maulevrier, son frère aîné. Stofllct étant mort (1798), Colbert passa en Amérique, où il resta jusqu'au commencement du consulat, époque à laquelle il épousa (1803) M"c de Montboissier, petite-fille de Malesherbes. Ses opinions monarchiques ne lui permettant pas de servir sous l'empire, Colbert' se tint éloigné des affaires jusqu'à la Restauration, qui, pour le récompenser des services qu'il avait rendus à la cause des Bourbons , le nomma ( i 1 juin 1814) capitaine des gardes du pavillon amirai. Après avoir été député d'Eure-et-Loir pendant la session de 1815, Colbert fut placé dans le cadre de réforme par l'ordonnance du mois d'octobre 1817. A. Smjzay.
Dkt.de la noblesse. - Moniteur, il Juin 18U, 7 février 1810.
coisBR*T(Augwt6-Marie~Françoi$ywmte)y général français, né à Paris, le 18 octobre 1777, tué à Cacabeilos (Espagne ), le 3 janvier 1809.
Successivement volontaire dans la garde nationale de Tarbes ( 1792), puis dans le 2? bataillon de Paris , il entra au 7e régiment de chasseurs le 22 décembre 1794, et passa maréchal des logis au 15° le 12 août 1795. Promu lieutenant au 1er bataillon de la Loire-Inférieure, par arrêté do comité de salut public en date du 23 septembre suivant, il fut appelé (12 janvier 1796) près do général Grouchy pour remplir les fonctions d'aide de camp , qu'il quitta le 19 octobre 1797, pour passer près du général Murât, avec le grade de capitaine, que le général Bonaparte venait de lui conférer. 11 fut nommé chef d'escadron sur le champ de bataille de Salehié, où deux cents braves du 17* de hussards, du 22e des chasseurs et des guides repoussèrent « les efforts d'une troupe demameloucks cinq fois plus nombreux qu'eux ». H se trouva ensuite à la bataille de Saint-Jean d'Acre, où il eut les deux cuisses percées d'un coup de feu. De retour en France avec Desaix, il passa bientôt en Italie , se distingua à la bataille de Marengo, fut nommé chef de brigade du 10e régiment de chasseurs, par arrêté du 18 juillet 1800, et reçut la croix de la Légion d'honneur le i 1 décembre 1803. L'intrépidité et le courage dont il fit preuve, tant à Ulra qu'à AusterHtz, lui valut le grade de général de brigade ( 24 décembre 1805), et Napoléon, qui l'avait distingué, le chargea de porter à l'empereur Alexandre l'ultimatum de la paix d'Austerlitz. La bataille d'Iéna fournit à Colbert l'occasion de prouver à Napoléon qu'il était digne du bienveillant intérêt qu'il lui portait, car on lit dans le 8* bulletin de la grande armée : « Le général de bri- « gade Colbert, à la tète du 4e de hussards et do « 12e de chasseurs, a fait sur l'infanterie enne- « mie plusieurs charges qui ont eu le plus grand « succès. » Ayant reçu, vers la fin de 1808, le «immandement de la cavalerie de rayant-carde du corps du duc d'Istrie, qui se trouvait en Espagne, Colbert, qui pouvait rendre encore de grands services à son pays, tomba mortelle ment blessé d'une halle au front au moment où, à la tète de quelques tirailleurs, il poussait une reconnaissance contre les Anglais. lis dernières paroles qu'il prononça forent un vœu pour la France : « Je suis bien jeune encore pour mou- « rir, dit-il à ceux qui l'entouraient; mais au « moins ma mort est celle d'un soldat de la « grande année, puisqu'on mourant je vois fuir « les derniers et les éternels ennemis de ma pa- « trie, » Ainsi que Bessières (voir ce nom), Colbert avait un vague pressentiment de sa fin prochaine; la preuve s'en trouve dans un entretien qu'il eut l'avant- veille de sa mort avec Napoléon, qui lui faisait entrevoir les hautes destinées auxquelles il voulait relever. A ces paroles d'avenir, Colbert répondit : « Sire, dépé- « chei-vous ; je n'ai que trente ans , il est vrai , « mais je suis déjà bien vieux. » Deux jours après il n'était plus. Le nom de ce général, qui avait épousé la fille dn général de Canclaux à
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un retour d'Egypte, est inscrit sur les tables de bronze do palais de Versailles , ainsi que sur l'arc de triomphe de l'Étoile. A. Sàozat.
Ardâtes et ta guerre. — rict. tt cône., U •, U, 18. -IH*. est batailles - a* bulletin de ta grande armée.
*colbut (Louis-Pierre* Alphonse , comte de), général français, né à Paris, le 29 juin 1776, mort à Rennes, le * Juin r&43. Après avoir été soldat dans le 7* bstaâkn de Paris, et chasseur à cberal an 7e régiment, il passa dans l'administration, et serrit.en qualité de commissaire des goerres an* années de l'ouest, de ftambreet-Mense, d'Italie, d'Orient et de Saint-Domingoe. Ayant abandonné la carrière administrative, il entra (;14 novembre 1808) chef d'escadron dans le régiment des véUtes à cheval de la garde de Joseph Napoléon, alors roi des Deax-Sidles. Ayant quitté le service de Ifaples (15 décembre 1811), il revint en France, obtint ( il janvier 181) ) le commandement du 0" régnent de hussards, qui était à l'armée d'Espagne, et se distingua à Barbastro, où U enleva trois positions à l'ennemi , ainsi que dans les différents combats qui eurent lieu (1814) contre les Autrichiens , sous les murs de Lyon. Ces derniers laits d'armes lui valurent le grade de général de brigade, dans lequel il ftit confirmé par LootsXVm. Il servit dans l'armée impériale pendant les cent Jours. Rappelé par la seconde restauration (tîjoillet 1818), il lut adjoint à l'Inspection générale de la cavalerie stationnée à Nantes; puis il lut désigné ( 14 août 1829) pour prendre le commandement du département du Var. Nommé lieutenant général ( 18 mai 1838), il fat placé à la tête de la 13* division militaire. Le nom de ce général, mort dans l'exercice de u dernière fonction, est gravé sur l'arc de triomphe dé l'Étoile , côté ouest A Sauzay.
Archives de la guerre. — Biographie des généraux frmçaù- Moniteur.
'colbbrt ( Pierre-David, dit Edouard, ointe de), général français, pair de France, né à Paris, le 18 octobre 1774,-morten 1853. Soldat dans le bataillon de Paris, dit de Guillaume- Tel], il fit la campagne de 1793 à l'armée du Haut-Rhin, et passa l'année suivante hussard an 11e régiment, dans lequel il obtint le grade de sous-lieutenant. Suspendu comme royaliste, par ordre du général Hoche, il fit partie, en qualité de volontaire, de l'expédition d'Egypte, où il fut bientôt nommé adjoint aux commissaires des guerres, puis commissaire. Capitaine au 3* régiment de dragons (décembre 1801), il entra dans les mameloucks de la garde de Bonaparte, avec le grade de capitaine adjudant major. Il servit à l'armée des cotes de 1803-1804. en qualité d'aide de camp du général Junot. Étant pané (1805) avec le même titre auprès du maréchal Berthier, il fit la campagne d'Autriche. Chef d'escadron au 15e régiment de chasseurs à cheval, U se signala à la bataille d'Austerlitz, où fl obtint le grade de colonel dn 7° régiment. Ba-
COLBJORNSEN
ron de l'empire en 1808 et général de brigade le 9 mars 1809, il se distingua à Amstetten, où, à la tète du 29e régiment de chasseurs, il écrasa un corps de cavalerie ennemie; à la bataille de Baab, où son courage contribua puissamment au gain de la bataille, et enfin à Wagrarn, où il reçut trois coups de feu à la tète. Colonel commandant du 2e régiment des lanciers de la garde impériale ( 14 mars 181 1 ), tt combattit vaillamment à Wilicka et à Orcha (1812) ; il mérita à Baotzen le grade de général de division ( 25 novembre 1813). Dans la campagne de France (1614), il donna de nouvelles preuves de valenr à Montmirail, à Craon et Champ- Aubert, et ne déposa les armes qu'après l'abdication de Napoléon. Colbert, qui était commandeur de la Légion d'honneur depuis le 17 juillet 1809, lut nommé chevalier de Saint-Louis le 24 août 1814, et conserva le commandement des lanciers. S'étant rangé sous le drapeau tricolore pendant les cent jours , il combattit à Waterloo, où il fut blessé d'un coup de feu. Licencié lors du retour des Bourbons, il (ht rappelé au service (1818) en qualité d'inspecteur général de cavalerie, et chargé du commandement d'une division au camp de Lunéville. Devenu aide de camp du due de Nemours (1834), il accompagna ce prince en Afrique, et fit partie de la première expédition de Constantine. Il fut blessé auprès du roi Louis- Philippe, lors de l'attentat de Fieschi, et devint pair de France en 1838. A. 5.. ..y.
Archives de la guerre.— rict. et conquêtes, t. », ai, 18, M. — Moniteur unie.
*colbio (Joachim), poète et médecin italien, de Pise, vivait vers la fin du dix-septième siècle. On a de lui : Miracula poetiea e museo Mich. Marquati; Iéna, 1689, in-8°.
Clnelll, Dibl. vol.
* colbjo ansen (Christian), homme d'État et jurisconsulte danois, né en Norvège, en 1749, mort à Copenhague, en 1814. Après s'être distingué comme avocat à la cour suprême, depuis 1773 jusqu'en 1786, il fut nommé secrétaire de la commission que le roi avait chargée de réformer les abus qui pesaient sur l'agriculture. Le sort des cultivateurs était déplorable; serfs de leurs seigneurs, ilsétaient l'objet des plus indignes traitements. C'est à cet état de choses que la commission était appelée à remédier. Son talent, sa fermeté, ses profondes connaissances rendirent Colbjornsen l'âme de cette commission, et c'est surtout à lui et au comte de Reventlow, qui en était le président , que le paysan danois doit la liberté et le bien-être dont il jouit aujourd'hui. Nommé ensuite juge à la cour suprême, et plus tard président de ce même tribunal, Colbjornsen introduisit au Danemark les réformes les plus salutaires de la procédure civile et criminelle, notamment l'établissement des commissions d'accommodement, qui contribuèrent si puissamment à diminuer le nombre des procès et à en accélérer la marche. Les graves fonctions et les
COLBJORNSEN — COLE
travaux nombreux auxquels Colbjorasen fut appelé ne lui permirent pas de composer de grands ouvrages ; mais il publia de nombreuses brochures et des discours qui servirent de commentaires aux réformes dont il était le principal auteur. Abrabams.
Kraft «t Nyerap, Danske-Norsk Litteratur Lexi- «0». — Bntew, Forfatt.-Lexic.
* colbjornbkh (Jacques- Edouard ), jurisconsulte danois , né en 1744, mort en 1502. Après avoir été avocat à la cour suprême peu dant quelques années , il fut nommé, en 1773, professeur de droit à l'université, premier juge de la marine en 1775, membre de la chambre des domaines en 1787» président de la cour suprême en 1799» Abribams.
Kraft et Nyerap, Danske - Iforsk UUeraU-Lexic.
* colbbak (Isabella-Angela) , cantatrice espagnole, femme du célèbre compositeur Rossini, née à Madrid, le 2 février 1785, morte vers 1840. Elle eut successivement pour maîtres de musique François Pareja, Marinelli et Crescentini. De 1806 à 1815, elle a joui de la réputation méritée d'une des plus habiles cantatrices de l'Europe. A dater de 1816, sa voix perdit de sa pureté et de sa justesse. MUe Colbran épousa Rossini le 15 mars 1822, partit pour Vienne, chanta à Londres en 1823, quitta le théâtre peu de temps après, et vint résider à Bologne. On a d'elle quatre recueils de canzonu
FètU, Biographie universelle des musicien*.
coLCHBlf (Le comte Jean-Victor ), administrateur français, né à Metz, le 6 novembre 1751, mort à Paris, le 21 juillet 1830. Il se destina de bonne heure à la carrière administrative. Après avoir été l'un des secrétaires de Boucheporn, intendant de Corse, il devint premier secrétaire, puis subdélégué des intendances de Pau et d'Auch, et plus tard chef de division au ministère des affaire* étrangères. La révolution le trouva dans cette place, et l'y laissa. Du 19 février 1 795 au 6 novembre suivant, il fut chargé du portefeuille sous le titre de commissaire des relations extérieures. Nommé en 1800 préfet de la Moselle, il remplit ces fonctions avec un zèle éclairé, et encouragea tout ce qui pouvait contribuer au bien de ses administrés. En 1801 il fit partie de la commission chargée de négocier la paix avec l'Angleterre. Ses talents et les services qu'il avait rendus dans les temps les plus difficiles furent récompensés en 1804 par la dignité de sénateur. Appelé à la pairie en 1814, il fut, en juillet 1815, exclu de la chambre des pairs, parce qu'il avait siégé dans celle que l'empereur avait établie pendant les cent jours. Il fut rappelé dans la premère en 1819, et vota constamment avec le parti libéral.
MoniL univ. - Cal. hUt. des eontemp. - Bégfn, Btog. de te Moselle, I.
COLCHESTER. Vùy. AbBOT.
* colczawa (Charles), littérateur bohème, de l'ordre des Jésuites, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècle. On ade lui ; Exer-
citationes dramaticac; Prague, 1703; 3 volumes in-12; — Progymnosmota in triplki génère chriarum; ibid., 1708, in-8°.
Adelung, «ippl. k Mcber, AUgem. GeUhrUn-LexécoL
*colobmay (Gérard-Honoré), cartographe allemand, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. Il fut conseiller et archiviste près la cour de la Frise orientale. On a de lui : Bine neue Karte ven Os{fricsland (nouvelle carte de la Frise orientale); 1730.
Adeiung, rappl. à Jôcfaer, Mlg. Gel.- Les*.
goldbn (Cadwallader), médecin écossais , né en 1688, mort en 1776. Il passa en Amérique, pratiqua d'abord la médecine en Pens y hante, s'établit ensuite dans la province de New- York, et y mit en culture de» terrains considérables. Nommé lieutenant gouverneur de cette province, il y fonda plusieurs établissements de bienfaisance. Ses principaux ouvrages sont ; an Account of the diseuses then prévalent in America; — an Essay on the cause and retnedy of the yellaw fever, so fatal ai New- York in 1743; — History of the fine Jndian nations; Londres, 1745 ; — a Treatise on the gravitation , augmenté et réimprimé en 1751, sous ce titre : à^rinciples oj action in matter, uHth a treatise on the éléments of fluxions, or différenciai calculus. Colden se livra aussi à l'étude de la botanique, etenvoyaàLinnéungrand nombre de plantes, dont le célèbre botaniste suédois a donné la description dans les Actes de VAcadémie des sciences d'Upsalen 1743 et 1744.
Rose, New bioçraph. dictionary.
*coldiicg (Paul-Janus), lexicographe danois, vivait dans la première moitié du dixseptième siècle. Il prêcha à Winding, dans l'Ile de Sélande. On a de lui : Etymologïcum-lcdïnum, cum interpretatione danica; Rostock, 1622, in-fol.
Catalogue delà BIM. imp. de Paris.
coldoré (Julien deFoNTENAi), gravetu français, vivait dans la première moitié du dixseptienie siècle. Il grava en pierres fines, tant en creux qu'en relief, et se fit un nom célèbre, pendant le règne de Henri IV, par la finesse et l'élégance de son travail. Ses portraits sont d'une ressemblance parfaite. On présume que Coldoré est un sobriquet qui lui aurait été donné à cause de plusieurs chaînes d'or qu'il portait à son cou , comme autant de récompenses accordées par le roi, suivant l'usage de ce temps Le vrai nom de cet artiste est Julien de Fontenai, le même que Henri IV qualifie, dans ses lettres patentes du 22 décembre 1608, du titre de son valet de chambre et de son graveur en pierres Unes.
Le Bas , Dict. encec. de la France. — FeUer, Biogr. univers, (éd. Welst).
cole (Thomas), théologien anajhcan, mort en 1697. Il fut principal du collège de Sainte- Marie à Oxford, et eut le célèbre Locke pour disciple. Ses principaux ouvrages sont : a MHscourse of the Christian religion; in-8°; —
COLE - COLEBROOKE
a Treatise m imputed righteousness ;in-8° ;— o Discours* of régénération, faith and repentante; Mr.
Gortoo, Central biographe dictlonarf.
cole ( William), botaniste et théologien anglais, né en 1626, à Adderbury, dans le comté d'Oxford, mort en 1662. 11 fut secrétaire du docteur Doppa, évoque de Winchester. On a de lui : the Art of simpling; Londres, 1656, in-12; — Mon considered with respect to theology , philosophy , anatomy , and comparée with the universe; — Adam in Eden s c'est l'histoire des plantes, des herbes et des fleurs, arec leurs synonymes.
Rom, Ifem btoarmpA. dictionarf. — étoy, Die t. de la médecine.
cole ( William), médecin anglais, vivait dans la seconde moitié dn dix-septième. On a de lai : Cogitata de secretUme animali; Oxford, 1674, in-12;— Practical essay cancer' ning the late freçuenty of apoplexis; ibid., 1699, in-8°; Londres, 1693, in-8°; — Nova hypothèses, ad explicanda febriam intermUtentium symptomata et typos excogitatx hypotyposis; Londres, 1693, in-8°; Amsterdam, 1698, in-8°; — Disquisitio de perspirationis insensibilts materia, etc.; Londres, 1702, in-8°; — Des mémoires et des dissertations scientifiques.
Boy, DU*, de la wufd. - Biographie médical*.
*cole( William) antiquaire anglais, né à LitUe Abington, en 1714, mort le 16 décembre 1782. Il rat élevé à Éton et à Cambridge, où il prit ses degrés. En 1736 il partit pour la Flandre française , d'où il se rendit à Lisbonne. Revenu en Angleterre eu 1739, il fut nommé en 1740 député-lieutenant du comté de Cambridge, sous lord Montfort, son protecteur, qui en était tord-lieutenant. Après un nouveau voyage en Flandre, il fut nommé diacre, puis recteur de Horosey, dans le Middlesex, en 1749, et de Bletchey, dans le comté de Buckingham, en 1753. Il visita la France en 1765, en compagnie d'Horace Walpole, et séjourna quelque temps dans ce pays, où il eût fini ses jours si Walpole ne l'eût détourné de ce projet. Revenu en Angleterre, il fut nommé, à h recommandation de lord Montfort, membre de ia commission de paix (commission of the peace) pour le comté de Cambridge. Plus tard il« retira dans une maison qu'il avait tait construire dans le village de Milton, où il finit ses jours. Cole s'était livré avec ardeur à l'étude des antiquités de son pays. Quoique aucun ouvrage n'ait été imprimé sous son nom , il a contribué par des notes, des dissertations, à plusieurs publications importantes, parmi lesquelles : les Antiquités de Grose (Grose's An liquides); — 1% de Bentham ( Bentham's Ely ) ; — la Vie du cardinal Pôle (Life of cardinal Pôle), par Philips; — la topographie britannique ( British
Topography), de Gough ; — les Mémoires de
U Société des gentilshommes de Spalding (the
Memoirs of the gentUmens-Sodety ai Spalding); — la Collection de poèmes de Nichota (Nichols's CoUecti on ofpoems)-, — les Anecdotes de Hogarth (Anecdotes of Hogarth), — l'Histoire d'Hinckley (Bistory of Hinckley), et la Vie de Rowyer (Life of Bowyer). Quanta ses manuscrits, très-volumineux , il les légua an British Muséum, à la condition qu'ils ne seraient ouverts que vingt ans après sa mort. Rs se composent d'une nombreuse et précieuse correspondance, de portraits, de notes. U se proposait dans cette œuvre on double objet, celui de foire une publication dans le genre de Wood (Athenm Oxonienses), et d'écrire une histoire du comté de Cambridge. Cette collection témoigne que Guillaume Cole avait un penchant prononcé pour l'Église catholique romaine.
Rose, New. bioç. diet. — Oorton , Gen. bioa. — Ntcbols, LU.anêcd. — Disraeli, CalamUiet ofatdhort.
colbbroom ( Henri-Thomas ) , célèbre orientaliste anglais, né à Londres, le 15 juin 1765, mort dans la même ville, le 10 mars 1837. 11 reçut de ses parents une éducation très-soignée, qui n'a pas peu contribué au mérite inestimable de ses nombreux travaux sur la poésie, la littérature et les sciences des anciens Hindous. Dans sa jeunesse il fit un voyage en France, où 0 séjourna quelque temps. Ses hautes facultés scientifiques et son aptitude extraordinaire pour l'étude des langues lui rendirent bientôt familières notre langue et notre littérature du dix huitième siècle. Envoyé dans l'Inde comme secrétaire de la Compagnie anglaise, il porta dans cette belle partie du monde la haute raison philosophique de son siècle, qui le mit en garde contre les préjugés de la plupart de ses compatriotes, sans le rendre hostile à aucune des croyances de l'humanité. Dès qu'il fut arrivé dans l'Inde, il voulut marcher sur les traces de l'illustre W. Jones, et il connut bientôt à fond la langue admirable dès Brahmanes. Destiné à la carrière de la magistrature, qu'il devait illustrer dans le poste le plus éminent, il comprit bientôt que le devoir des maîtres de ilnde était de connaître les lois qui régissaient avant leurs conquêtes une population de plus de 80 millions d'habitants. Aussi dès l'année 1797 il publia, à Calcutta, en 4 volumes in-folio, une traduction anglaise, remarquablement fidèle, d'un Digeste de lois indiennes, que W. Jones avait fait compiler par des Pandits habiles. Bientôt Colebrooke fut promu aux fonctions de chef de justice ou grand-juge (chief-justice) des cours de Sudder-Dewant et de Mizaroat-Adaoulat ; il rat aussi membre du conseil provisoire du Bengale. Dans une circonstance antérieure, il faillit perdre la faveur de la Compagnie des Indes pour avoir publié, de concert avec deux de ses amis, dont l'un occupe aujourd'hui un emploi élevé en Angleterre, un ouvrage anonyme sur l'agriculture et le commerce du Bengale ( Calcutta, 1795, in-4°), dans lequel il avait osé plaider pour la liberté
COLEBROOKB — COLEONI
du commerce dans cette riche partie du monde. Menant dans llnde la vie d'un véritable philosophe indien , il consacrait tous les moments qui n'étaient pas réclamés par ses devoirs de juge à l'étude des ouvrages sanskrits , dent il a rassemblé la collection la plus nombreuse et la plus riche peut-être qui existe dans le monde. Aucun sacrifice ne lui contait pour se procurer les manuscrits les plus précieux et les plus rares, et ceux qu'il ne pouvait acheter à prix d'argent, il en Taisait prendre des copies soignées (1). Non content de ses sacrifices et de ses travaux personnels , Colebrooke fut le premier Européen qui encouragea et propagea l'étude de la langue et des ouvrages sanskrits, en composant et en publiant une grammaire critique de cette langue, d'après les grammairiens indiens (ouvrage resté malheureusement inachevé), un dictionnaire sanskrit (VAmara Kôcha), et plusieurs textes sanskrits importants, au nombre desquels est la grammaire sanskritede Pânini (Panini Soûtra vritti, 2 vol. in-89, Calcutta), la plus ancienne, la plus abstraite, la plus piofonde assurément qui ait jamais été composée dans aucune langue du monde. Le grand recueil des Recherches asiatiques, publié à Calcutta , fut successivement enrichi de nombreux et savants mémoires de Colebrooke, Sur les cérémonies religieuses des Hindous ; — Sur la langue et la littérature sanskrites; — Sur les Védas ; — Sur la poésie sans krite et prakrite; — Sur la précession des équinoxes, d'après les anciens astronomes indiens, etc., etc., mémoires qui sont tous des traités profonds et complets sur la matière. Colebrooke, comme la plupart des esprits supérieurs, n'a pas été apprécié par ses compatriotes comme il méritait de l'être ; même quelques-uns d'entre eux, comme Bentley, l'ont attaqué pour avoir attribué, sur des preuves incontestables, une antiquité trop grande à des ouvrages astronomiques d'auteurs indiens. Colebrooke a honoré sa haute mission de savant autant qu'il est donné à l'homme de le faire, sans jamais trahir la vérité et sans jamais blesser aucunes croyances, fussent-elles idolatriques. [M. Pauthibr, dans VEnc. des g. du m.] frottées ofthllfeof Henry Thomas Colebrooke, asm
(i) Cette belle et inappréciable collection, estimée à une valeur de plus de îOO.000 fr„ a été donnée par fil. Colebrooke à la Compagnie des Indes, qnl Ta Tait placer dans la bibliothèque de son riche mnsée. On ne peut contenir son admiration pour le donateur quand on lit sur presque tous ces manuscrits sanskrits, surtout ceux qnl traitent des matières les plus difficiles et les plus abstraites, comme les Vidas, les traites de philosophie, d'astronomie et de Jurisprudence, ces mots: J'en ai cov* mencé la lecture tel jour, Je foi terminée tel jour. Souvent même on rencontre plusieurs notes de sa main, qui prouvent avec quel soin , avec quelle conscience Il préparait les matériaux de ses publications. Ses mémoires seuls Sur la philosophie des Hindou*, que l'auteur de cette noUcc a traduits et publiés en français, prouvent une si vaste lecture d'ouvrages philosophiques sanskrits et une crtUqse al assurée, que lui seul, nous ne craignons pas de k dire , était capable de les imposer.
le n* 9 do Journal of the royal astaUe Society of Great Britain and Ireland, août 18».- Walckenailr, Notice historique sur la vie et les ouvrages de Colebrooke.
*ceLENDAL {Henri), théologien allemand, de l'ordre des Jésuites, né à Cologne, le 15 avril 1672, mort le 23 janvier 1729. Il fut successivement missionnaire , professeur de théologie à Osnabrùck, chapelain royal à Dresde, prédicateur et recteur de la maison professe à Cologne. Ses principaux ouvrages sont : Arnica confabulatio catholicum inter tt Luther anum àfi existentia sacerdotii inter Lutheranos; Cologne, 1710, in-80 ; — Osnabrugensis rusticus edoctus a tatholico ecclesiaste methodum,qua facillime demonstrat inanitatem sacerdotii Lutheranorum ; ibid., 1710;-— Nulr litas sacerdotii Lutheranorum ; ibid., 1713, in-8°.
Hanneton, Oiblioth. Colon.
coleojni (Barthélémy), capitaine italien, natif de Bergame, mort au château de Malpaga , le 4 novembre 1475. Il apprit le métier désarmes à Fécole de Sforza et de Braccio de Mantotie, deux des plus fameux capitaines de celte époque, et entra d'abord au service des Vénitiens, qui lui donnèrent le commandement des troupes employées contre Philippe Visconti, duc de Milan. Après avoir remporté divers avantages sur ce prince, il se mit à son service, et lui fut trèsutile contre les Vénitiens. Arrêté par ordre de Visconti , qui ne pouvait avoir une grande confiance dans sa fidélité , il sortit de prison à la mort de ce prince, en 1447. Les Milanais, qui l'avaient délivré , l'élurent leur général en chef. Coleoni aida ses libérateurs à repousser les Français ; mais dès Tannée suivante il rentra au service des Vénitiens, qu'il abandonna de nouveau pour aider François Sforzc à se rendre maître de Milan ; il revint prendre le commandement des armées vénitiennes', qu'il conserva cette fois pendant plus de vingt ans. Sur la fin de sa vie, on lui offrit de se mettre à la tète d'une expédition contre les Turcs ; mais cette expédition n'eut pas lieu. Coleoni laissa à sa mort des richesses immenses, qu'il partagea entre ses quatre filles, léguant en outre des sommes considérables à la ville de Bergame , et même à la république de Venise, qui lui fit élever une statue équestre en bronze doré. H est le premier qui ait donné des affûts aux canons et introduit l'usage de l'artillerie de campagne.
Slsmondl, Hist. des rep. ital. - Daro, HisU de Venise, II, xvii, 9.
* coleoni (Célestin), historien et théologien italien , de l'ordre des Capucins, natif de Bergame , vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. Ses principaux ouvrages sont : /$toria quadripartite, di Bergamo e suo territorio nato gentile, e rinato christiano; Ber-* gameet Brescia, 1617, 1619, 3 voUin-4"; — Vita S. Patritii, apostoli et primi archiepis- • copi Hibernensis, etc. ; Brescia, 1617, in-8°; — Tractatus de vero et legitimo tnatrimonio
GOLEONI — COLERIDGE
S.grateVlramis;1tkâ., 1618; — flteSS. Martyrum nrnd et Rustici; ibid., ICI», ln-8°. Bernard te Bologne, Biblioth. capucine.
colbb (Jean) , agronome allemand , rirait vers te commencement dn dix -septième siècle. On a de lui : Œconomiaoder Handbuch, etc. ; Wittenberg, 1595-1602, in-4*; son vent réimprimé;— Calendarium perpetuum œconomicum; première partie, Wittenberg, 1592, iû-4°; deuxième partie, ibki. , 1606, 1607, ÎD40; 1622, 1627, 1632, in-fol.; — Diss.debombgee; Giessen, 1605, in-46.
Wiue, LHariumbioçraphicwn. - Von Robr, Hamthaltnç$ •Mônowcft.
on lu {Jean). Voy. Sfinosa.
colbe (Jean-Christophe), bibliographe et théologien protestant allemand, né en 1691, à Alta-Gottern, près Langensalza , mort à Wetmar, le 7 mars 1736. Il fat ministre et prédicateur de la cour du duc de Saxe- Wehnar. Ses pria* àpaax ouvrages sont : quelques dissertations acédemiqoes : de Epigraphe rabbintea, siveprmcipuis quitus in scribendis libris suis rabbini usi fiterint rationibus ; de Bphraemo et Joonné Damosceno; de illustribus principum juventutisperigrtnationibus, etc.; Wittenberg, 1714, M#; - Historia Gothofr. Ârnoldi; IWd., 1718, ln-8°; — Âcta litteraria Academiœ Wittebergensis; ibid., 1719, in-8e; — Bibliothèque thêologïque choisie, en allemand ; Leipzig, 1724-1736, in-8° ; — Anthologia , seu episfote varii argumenti; ibid., 1725-1728, 1 yoI. îq 8* ; — Remarques importantes sur divers sujets de théologie , d'histoire naturelle, de critique et de littérature, en allemand ; ibid., 1734;— Acta historico-ecclesiastica, gazette ecdéâiastknie, écrite en allemand ; Weimar, 1734 et suiv., in-8°.
Jucher, Allgevutnêi Gtlêhrtçi-Ltxicm.
*çousft (Jean-Jacques), théologien allemand, né à Zurich, dans le seizième siècle. H rat ondes élèves de Théodore de Bèze. On a de loi : Questio theologica, an anima rationalis sit ex traduce; Zurich, 1586, m-4°. Le succès de ee petit traité fut assez grand , et Rodolphe Gocfenms prit soin de l'imprimer une seconde fois dans sa collection d'écrits sur l'origine et la nature de rame : Psychologia, hoc est de hominù perjectione; Marporgi, 1694, in-8*. On doit encore à Jean- Jacques Ooler : Prxfatio tn Bpistolas Hutteni, avec le recueil des lettres de Hutteo; Nuremberg, 1604,. in-80.
Cataioç. dé la Bibl. Imp.
*cole* {Christophe) y Jurisconsulte allemand, mort en 1604 ; il jouissait de son rivant <Fone grande réputation, et parmi les divers ounages qnll laissa, et qui sont oubliés, on distingua la Parerga ad varios et Pandectarum et institutionum locos; Altorf, 1597, in-8*.
îebrtcr, Étoçet des hommes savants; 1711, I. H, P. W7 - OnMte, Gloria aeadtmioa JUorJln*, p, i0». - Fabricim. Historia bibUothecse, t. V, p. 4U.
colkaidob (Samuel Taylor), poète et poblidste anglais, né à Ottery-Mary, dans le Devonsttire, le 21 octobre 1772, mort à Londres, le 25 juillet 1834. Il était le plus jeune des fils de John Coleridge, vicaire de Samte-Marie-Ottery. A neuf ans 0 perdit son père, qui laissait une veuve et onre enfants. An mois de juillet de l'année suivante, le jeune Coleridge Ait envoyé à l'école de l'Hôpital dn Christ à Londres, on il eut pour condisciple Charles Lamb, dont la nom devait également retentir dans le monde littéraire. H se livra d'abord avec ardeur aux études métaphysiques et théologiques, comme 0 le rapporte lui-même : « Je m'enfonçai dans les controverses », dit- il ( l had bewildered myseff in metaphysks and in theoloçical controverse); il parait même qu'il traduisit les Hymnes de Synesius. En 1791 il alla* continuer ses études an collège de Jésus a Cambridge ; mais d'une nature indolente, il ne se lit remarquer que par un modeste succès au concours d'ode grecque fondé par W. Browne. II quitta l'université en 1794, avant d'avoir pris ses degrés. Après avoir erré sans argent et dénué de tout, dans les rues de Londres, il s'engagea dans le 15"* régiment de dragons, sous le nom de Comberback. Un de ses officiers s'aperçut de l'intelligence et de l'instruction de Coleridge; aussitôt il écrivit à des amis du jeune soldat, qui se hâtèrent de le libérer dn service. Coleridge se rendit alors à Bristol, où il fit connaissance avec Soiithey , qui y résidait. En même temps il fonda un journal , le Watchman , dont il fit l'organe des opinions libérales, pour lesquelles il se montrait enthousiaste à cette époque de sa vie. On en jugera par ce passage de son Ode à la fronce : « Lorsque la France en courroux souleva ses membres gigantesques, frappa de son pied terrible, et qu'avec des serments dont furent ébranlés deux , terre et mers, elle jura qu'elle serait libre, tu sais, ô Dieu ! quelles forent mes craintes et mes espérances. » ( When France, inwratk, her giant-limbs upreard, And with that oath whichsmote heaven, earthand sea, Stamped her strong foot, and swore she would be free, Witness me, heaven, how i hâve hoped andfear'd). Peut-être que plus tard un poète français, M. Barbier, se souvint de ces accents poétiques et grandioses de Coleridge , lorsqu'il écrivit ses ïambes, qui annonçaient une si chaude inspiration. Le journal de Coleridge vécut peu , quoique Fauteur eut fait dans les districts manufacturiers, pour avoir des souscripteurs, une tournée dont il a donné dans le dixième chapitre de sa Biographia literaria une piquante description. En 1795 il se maria avec Sarah Fricker, de Bristol , dont Southwell épousa le même jour la sœur, et qui le fit renoncer à un projet de colonie humanitaire (la Panlisocratie) , dont il avait , avec ses amis , rêvé l'établissement en Amérique. Il alla demeurer à Nether-Stowey, dans le Sommerset , au pied des monts, dans le