COLERIDGE
voisinage de Wordsworth et de son bienfaiteur, M. Poole. Il écrivit alors des articles dans plusieurs journaux de Londres. En 1796 il fit paraître un Tolumede poésies, dont quelques-unes étaient de la composition de Charles Lamb ; et en 1797 il donna une nouvelle édition de ce recueil avec des poésies de Ch. Lloyd. Il ne discontinua point, pendant les trois années qui suivirent, de cultiver la langue des muses ; mais ses productions durant cette période ne furent imprimées que plus tard. C'est dans ses entretiens avec Wordsworth qu'il conçut le plan des Lyrir cal Ballads et des Rhymes ofan ancient mariner qui depuis eurent tant de succès et pendant quelque temps firent école. Alors aussi il composa la première partie de Christabel (1797) et sa tragédie intitulée : Remorse. Coleridge professait à cette époque* les doctrines des unitaires, et il prêcha dans ce sens à Taunton.
En 1798 ses amis Josiah et Thomas Wedgwood lui procurèrent les moyens de visiter l'Allemagne pour y compléter son éducation, comme il le dit lui-même. Wordsworth raccompagna. A Gœttingue, Coleridge suivit les cours de Blumenbach sur l'histoire naturelle et les leçons d'Eidihorn sur le Nouveau Testament. Sous Tychsen il s'initia à la connaissance du gothique dlllphilas; il fit ainsi un cours d'histoire littéraire de la langue allemande. A son retour en Angleterre, en 1800, il alla résider aux Lacs, où s'étaient fixés aussi Southey et Wordsworth, le premier à Keswick, l'autre à Grasmere; et la même année il donna un premier fruit de son voyage en Allemagne , sa traduction du Wal • lenstein de Schiller. En même temps il fournit aux journaux, tels que le Morning-Post et le Courier, des articles politiques et littéraires. En 1804 Coleridge >fit un voyage à Malte, pour y visiter son ami Stoddart ; du mois de mai de cette année au mois d'octobre de l'année suivante, il fut secrétaire d'Alexandre Bail, gouverneur de l'Ile, puis à son retour en Angleterre, il fità Royal Institution des lectures sur la poésie et les beaux-arts. Un nouveau recueil périodique, the JFVie/id (1809), qu'il fonda ensuite, dura plusfongtemps, mais comme spéculation ne fut guère plus profitable que le Watchman. En 1810 Coleridge quitta les Lacs. Arrivé à Londres, il se fixa à Basil- Montagu, et plus tard il devint l'hôte de M. Gillmàn à High-Gate. Des affaires embarrassées tourmentèrent la fin de sa carrière. En 1819, une faillite de son éditeur eut sur son esprit une fâcheuse influence. H fit alors de nombreux projets de publication; pour commencer, il concourut à la rédaction du Blachwood's Magazine. Le numéro d'octobre 1821 contient un article intitulé : Choix de la correspondance littéraire de M. Coleridge (a Sélection from M. Coleridge? s literary correspondence) ; il devait être suivi d'une esquisse de l'histoire et de la philosophie de la superstition (a Sketch of the nistory and philosophy of superstition), qui ne parut jamais. La santé de
Coleridge reçut dès Ion des atteintes que l'abus de l'opium aggrava eneore. En 1825 il devint membre de la Société royale de littérature. Le roi George le désigna comme un des dix membres royaux. Cette nomination valut à Coleridge une pension de 100 guinées sur ta cassette du roi. Les dernières années de sa vie s'écoulèrent au milieu de ses amis et dans le charme des conversations intimes, où il déployait, dit-on, une verve et une abondance presque incroyables. Wordsworth l'appelait un homme de prestance à grands yeux gris, (a noticeable mon with large grey eyes) Son caractère était bienveillant, mais parfois dépourvu de fermeté. Il fut en quelque sorte le chef de l'école littéraire des Lakistes, qu'on appelait ainsi parce que les principaux adeptes habitaient les bords des lacs de Westmorelanri et du Cumberland. Le principe littéraire arboré par cette école était le retour à l'élément national britannique. C'est à ce genre, louable tant qu'on ne l'exagère point, et puisé en partie aux doctrines littéraires de l'Allemagne, qn'appar tiennent les productions de Coleridge qui ont eu le plus de succèsen Angleterre, telles que Christabel; Rhymes of an ancient mariner. Il est facile aussi de reconnaître une certaine parente entre ces œuvres et celles de Walter Scott el de Byron , quoique ce dernier s'en défendît Un rapide aperçu de M. Villemain donne la mesure de Coleridge. » L'Angleterre, dit cet éminent critique, avait des métaphysiciens raisonneurs sans invention, mélancoliques sans passion, qui, dans l'éternelle rêverie d'une vie étroite et peu agitée , n'avaient produit que des singularités sans puissance sur l'imagination des autres hommes : tel était Woodsworth et le subtil et touchant Coleridge. Près d'eux se groupait la foule des poètes descriptifs , des peintres de lacs et de montagnes ; mais rien n'était moins nouveau, après Thompson, après ce qu'avaient décrit l'Allemagne et la France. » Ce jugement s'accorde avec celui des Anglais eux-mêmes; le talent de Coleridge , disent-ils, procédait de l'art plutôt que de la nature (he is a poet of art rather thon of nature). Voici la liste de ses ouvrages, indépendamment des articles épars dans les journaux et recueils : the Fall of Robespierre ;in-8% 1794;— Lyrical Ballads ; 1797; — Pœrns; 179G et 1797; — Wallenstein; 1800 ; — the Remorse , tragedy; 1812 ; — the Statesman's Manual; 1816; — Lay sermon; 1817 ; — Biographical sketches; 1817 ; — Zapolya, drame; 1818; — Biographia literaria; 1817 ; — Aids to Reflection; 1825 ; — the Constitution of the Church and State; 1830; — Theory of Life; Londres, 1849; ouvrage posthume, trouvé dans les papiers de Coleridge et édité )>ar Waston ; — Œuvres complètes, éditées par lui-même ; 1828, 3 vol. in-8° ; et en 1834, avec des additions. On a réuni sous le titre de Table Talk une partie de sa correspondance. V. R. Penny Qfclop — Rom, New bioçraphictil dtet. — vn-