‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 22 sur 133 · COLERIDGE — COLET · texte numérisé non relu

COLERIDGE — COLET

àram. — Jlensf svcpci., XL, «m.

«coles (/. Seigneur nu) , poëte français, vivait dans la première moitié du seizième siècle; od manque de détails sur sa biographie. II est auteur d'un poème fort rare, très-mal écrit, mais orné de fort jolies figures sur bois, et trèsrecherché des bibliophiles. Ce poème a pour titre f Enfer de Cupido; fl a été imprimé à Lyon, en 1565. H s'agit d'an amant malheureux qui , parcourant le monde, rencontre l'enfer, où sont renfermées les victimes de Cupidon. Cet enfer, gardé par un chien nommé Refus, est partagé en dix demeures, qu'habite Déloyauté, Simonie, Bigamie et autres personnages allégoriques, à la mode an moyen âge. L'auteur trouve dans sa route Mécontentement, Mauvaise Gréée, et Faute f Argent. H entre enfin dans le Temple de VAmour ; mais après tous les objets qu'il vient de passer en revue, 0 n'a garde de s'y arrêter, et il en sort brusquement. On voit qu'il n'y a en tout ceci rien de bien propre à faire sortir ce poème de la classe de ceux qui sont comme s'ils D'&vaient jamais été. G. Brohet,

Goojet, BibL française, t H, p. ftM. - Jnnalet poé~ tapes, t. III, p. m — Vlolfct-Lediic, MMiof Mg*« poétiqm, L II, p. 17.

colbs (Élisa), lexicographe anglais, né dans le comté de Nortbampton, vers 1640, mort vers 1700. Après avoir étudiée Oxford, en 1658, U alla professer à Londres le latin et l'anglais. Puis il y établit une école, qu'une prévention«de délit l'obligea d'abandonner. Il alla alors en Irlande, où U mourut. On a de lui : the Cotnpleat english schoolmaster, or method of spelling and reading english; Londres, 1674, in-8°; — the Newests, plainest and shorttst shorthand; ibid., 1678, in-8"; — Nolens-volens, or the plainest directions to the latin tongue; ibid., 1675, in-8°; — an english Dictionary; ibid., 1676, m-8° ; — a Dictionary englishlatin and lalin-english; ibid., 1677, in-4°; et 1730, 12e édit; — the most natural and êosy Method of learning latin, by comparing vith english; ibid., 1677, in-8*; — the young Scholar's best Companion, or an exacte guide to the latine grammar ; ibid., 1679, in-12

Biographêa brittamtca. > Rose. New biograpkieal

4 colbs (Moqer), astronome et physicien anglais, natif de Cambridge, mort vers 1723. On a de rai : Uarmonia mensurarum, seu analysis et synthesisperrationum et angulorummensuras promote ; accedunt alia opusculamathematica; publiée par Robert Smith, dans Tannée de la mort de l'auteur.

Adetuof, suppléai, à JOctaer, Allgem. GelehrUn-Lexic colet ou collet (Claude), littérateur français, natif de Rumilly (1), en Champagne, vi-

(i) RantlIj-les-Vaiides(Atibe), entre Troyat et Barsv-Seme. La famine Collet, encore aujourd'hui connue

NODV. BIOCR. CÉIfÉR. — T. XI.

vait dans la première moitié du seisième siècle. n fut maître d'hôtel de la marquise deNesle. On a de rai : VOraison de Mars aux dames de la cour, en rimes, Paris, 1544,in-4°; édition augmentée, ibid., 1548, in-8° ; — V Histoire palladienne, traictant des gestes et généreux faicts (Formes et oJ amours de plusieurs grands princes et seigneurs, spécialement de Palladien et de la belle Sélerine , traduit de l'espagnol; ibid., 1555, in-fol.; ibid., 1573, in-8*; — La traduction qu'il a donnée du 9e livre à? A madis des Gaules, roman espagnol, est une revision de celle de Boileau de Bullion; la traduction de V Histoire élhiopique d'Héliodore (Paris, 1549, in-8°), que Rigoley de Juvigny attribue à Colet, n'est autre que celle d'Amyot.

U Croix du Maine, JIM. franc. - Goojet, Bibliothèque franc., U.

colet (Jean), théologien anglais, né à Londres, en 1466, mort dans la même ville , le 16 septembre 1519. Il voyagea en France et en Italie, et se lia avec les hommes les plus célèbres de son temps, Robert Gaguin, Budé, Érasme , etc. De retour dans sa patrie, il devint chanoine et doyen de Saint-Paul , se fit remarquer par le mépris quH affectait pour les moines et par ses propositions erronées sur les dogmes et la discipline de l'Église, fut accusé d'hérésie, et faillit être condamné au supplice du feu. Riche et désireux de répandre l'instruction et les lumières, Colet employa une partie de sa fortune à fonder l'école de Saint-Paul, d'où sont sortis beaucoup d'hommes distingués. Outre plusieurs sermons , on a de lui : Rudimenta grammatices, etc.; Londres, 1539, in-8°; — Absolutissimus de octo orationis partium construetione libellus; Anvers, 1530, in-8°; — BpistoUe ad Brasmum; ces épttres ont été im primées en partie avec celles d'Erasme ; — Commentaires sur diverses parties des livres saints ;

— Plusieurs ouvrages de théologie peu remarquables.

ftnfght. nedeJ. Col*.— Bioçraphia brUanniea.

* colet ( Hippolyte ), musicographe et compositeur français, né à Uzès, en 1814, mort en 1851. n remporta le deuxième grand prix de Rome, devint professeur au Conservatoire de musique de Paris, et composa des ouvrages d'instruction musicale et de théâtre. On a de lui : la Panharmonie musicale, 1840;— l'Ingénue, représentée sur le théâtre de l'Opera-Comique;

— VA bencerrage , opéra-comique ; — une Messe

des archéologue*, était paissante dans ce canton au seizième siècle. Jehan Colet, prêtre, licencié en droit, chanoine et o (Octal de Troyes , naquit dans le conrs du quinzième siècle, et mourut le la «uln 1MI. Devenu curé de sa ville natale, Il entreprit de rebâtir sa paroisse, et réussit, avec les ressources de'son zèle, à mener abonne fin l'exécution de son projet, Cette église , œuvre de la Renaissance, est fort intéressante sons le rapport de l'art ; commencée en ltfT, elle rot achevée en 1M9, et subsiste encore. Voy. Arnaud, Forage archéologique dont le département do Cjéube, 18S7, ln-S<>, pag. 87 et suivantes. V.

COLET

de minuit; — des Quatuor*; — Conseils à mes élèves. V. IL

Doc. partie. — Quérard, la France littéraire.

J colkt (Louise), femme auteur française, veuve du précédent, née à Aix en Provence, le 15 août 1815. .Son père, M. Révoil, était originaire de Lyon et d'une famille de commerçant»!, et sa mère, Mme Henriette de Servanne, appartenait à la noblesse de robe du parlement de Provence. L'enfance de M™ Louise Colet s'écoula tantôt à Aix, tantôt et le pins souvent au château de Servanne, dépendant du patrimoine de sa mère. C'était un de ces manoirs dont le site agreste, inculte, inspire et parfois développe lès natures poétiques ; dès lors s'annonça la vocation de la jeune Louise Colet. On la contraria d'abord 5 assez souvent les parents sont bien inspirés en mettant des entraves à des dispositions qui n'ont leur source que dans l'imagination ou l'amour-pro-

Sre; cette fois l'avenir devait justifier tes goûts e la première jeunesse. Louise Colet était destinée à prendre rang parmi les femmes dont la postérité retient les noms. Elle vint h Paris en 1834 , et depuis elle obtint plusieurs fois et jusqu'à ce jour les suffrages de l'Institut (1) ; en Înême temps elle s'essaya dans divers genres : a poésie, le roman, le théâtre. Ses jeuvres témoignent de fortes études; ses romans sont ingénieux', mais rapidement et quelquefois inégalement écrits. Sa poésie est supérieure à ses ouvrages en prose : on y sent couler l'imagination méridionale, abondante, animée, souvent plus sensuelle qu'idéale. La langue poétique y est soutenue, facile, rarement vulgaire. On peut reprocher à Mœe Colet d'avoir adopté par intervalles des titres prétentieux, puisés à des sources étrangères, tels mie Penrerosa, Ore fellce , Mena tita; en quoi elle a suivi une mode littéraire déjà éloignée (2). Pourquoi ne pas tout écrire en français, comme ont fait les Corneille, les Voltaire, les Racine? Le naturel est le principe de la composition littéraire. Mœe Colet le proclame ellemême dans les vers suivants, de ses Fleurs du Midi:

Aujourd'hui Je dédaigne an factice langage : J'ai aenU que pour plaire il non» faut être vrais.

Et presque toujours, à part l'exception signalée, elle s'est conformée à cette loi. Il serait difficile de faire un choix parmi les morceaux digues d'être cités : ils sont nombreux; noua mentionnerons : V Hymen (dans les Fleurs du Midi) ; — Hommage à ma ville natale ; — les vers adressés à Béranger, à qui elle dit si justement :

De notre liberté toi dont la mute est sœur, Réranger, toi qui sala de ee peuple qui t'aime Deviner les instincts, les vœux, l'avenir même.

Le recueil intitulé : Ce qui\est dans le cœur des

(i) L'Institut a souvent accordé des mentions littéraires a des femmes, mats Mm* Louise Colet est du petit nombre des personnes de son sexe qui ont obtenu des prix.

(Ji On sait qu'une pièce de vers adressée a M,,e Louise Dertln par M. V. Hugo ' Voix intérieures) est Intitulée Pensar, Dudar.

femmes, contient des passages on M™* Colet soulève, souvent avec finesse, tin coin du voile mystérieux. On en jugera par les vers suivants, détachés d'un sonnet intitulé : A ma Fille :

Tu t'élèves et Je m'efface, Tu brilles et )e m'obscurcis) Tu fleuris, ma Jeunesse passa ; L'Amour nous regarde Indécis,

Peut-être que ce dernier vers eût été mieux placé dans la bouche d'un autre que le poète. Jusqu'à ces derniers temps la penséede Mme Colet, répandue sur des sujets divers, ne s'était pas condensée sur un point unique et de manière à tendre à un but. Le poème de lafemme, divisé en six Récits, dent les deux premiers, la Paysanne et la Servante, ont paru, formera un ensemble destiné à suivre la femme dans toutes les phases de son existence, partagée entre l'amour et le sacrifice. Le sujet est un des plus heureux que puisse rêver le poêle. Dans le Récit intitulé : la Paysanne, avec autant de naturel que précédemment, la poésie de M"* Colet a pris un essor plus élevé. Entre tous les passages dignes d'être retenus, le suivant est vraiment remarquable :

Pour le désert, la nature a des fêtes,

Des lieux choisis que l'homme n'a point vas :

Sur les hauts monta des floraisons secrètes ,

De gais sentiers, des lacs, des bols tonf|ns.

Fraîcheur des eaux, aménité des mousses

Senteurs montant de la terre au olel bleu ,

Combien ainsi vous devez être douces,

Vous dévoilant, vierges, à l'œil de Dieu f

Dans vos splendeurs la cité vous ignore;

Le voyageur ne parle pas de vous;

Mais Dieu vous volt, votre beauté l'adore,

Et vous plaisez à son regard Jaloux.

Il est ainsi des âmes Inconnues

Dont les vertus fleurissent en secret ;

Tout le parfum de ces urnes élues

Se perd en Dieu comme un encens discret :

Leur sacrifice est offert en silence,

Leur dévouement découle calme et fort,

Lear héroïsme Attend aa récompense

Du sslnt repos que leur promet la mort.

Souffrir l'affront sans qu'aucun bras nous venge,

Subir la faim avec sérénité,

Être martyr sans espoir de louange

Et s'Ignorer dans sa sublimité ;

Ames du pauvre, Incessantes offrandes,

Versant en Dieu vos naïves douceurs.

C'est là, c'est là ce qui vous fait si grandes

Vous que le Christ doit élire pour sœurs !

Si la critique peut relever ici quelques taches le cœur ne les aperçoit pas.

L'Académie française a décerné la couronne à un nouveau poème de Mme Colet, sur le sujet de prix mis au concours : V Acropole tf Athènes. Noos détacherons de ce poème les deux strophes suivantes :

Sur la frise, où le jour palpite,

Semblent hennir les coursiers blancs ;

Cn ebar vainqueur se précipite,

Suivi de chars étlncelants :

Des vierges nus longues toniques

Portent les amphores de miel

Et les pains que leurs doigts pudiques

viennent de pétrir pour l'autel.

On dirait leurs robes mouvantes ;

Leurs cheveux frémissent a l'air.

Ces formes sont- elles vivantes f

Est-ce le marbre? est-ce la chair"

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