‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 24 sur 133 · C0L1GM · texte numérisé non relu

C0L1GM

« que habit qu'il soit ». Après cette journée, il rejeta b paix, que Catherine de Médicis loi offrait, lot décrété de prise de corps , et passa en Angleterre, où il fut bien accueilli par la reine ^fisaheth. Après la pacification de 1570, il se disposait à revenir en France, lorsqu'il mourut, empoisonné par un de ses valets de chambre , qui périt sur l'echafaud. La veuve du cardinal réclama son douaire ; mais la demande rat rejetée par arrêt du parlement de Paris, en 1604.

BrutAme, 1M».- Sainte-Marthe, GalL christ. - Anselme, Hist. 04*.

COL.I6BI (Gaspard de), amiral français»

frère du précédent, né à Chatflkm-sur-taing , le 16 février 1517, mort à Paris, le 24 août 1S72. A rage de vingt-deux ans , il quitta les études sérieuses, et parut à la cour de François Ier, en 1539, peu avant la disgrâce du connétable, son oncle. D y trouva le jeune François de Guise, avec lequel il contracta la liaison la plus intime. Tous deux accompagnèrent le roi dans la pénible campagne de 1543. Coligni s'y fit remarquer par un grand sang-froid. 11 futblesséau siège de Montmédy et à celui de Bains. L'année suivante, il partît avec son frère François, dit Dandelot (Toy. ce nom), peur l'armée d'Italie, que commandait le duc d'Enghien. Les deux Coligni se signalèrent dans cette campagne fameuse, et le général les récompensa en les armant chevaliers sur le champ de bataille de Cérisolles. CoUgni, apprenant que Charles-Quint et Henri Vlil faisaient une invasion en Champagne et en Picardie et menaçaient la capitale, revint auprès du roi : il servit sous le dauphin , qui commandait l'armée de Champagne. Après la retraite de l'empereur, il accompagna le maréchal de Biez au siège de Bou logne. Un régiment d'infanterie lui ayant été confié, Coligni rassujétit à une discipline qui en doubla la force. Après la mort de François Ier, le connétable de Montmorency reparut à la cour, où il rot plus en faveur que jamais. Il proposa à Henri n de donner à son neveu Coligni, dont les talents n'avaient pas encore été bien appréciés , le commandement de l'armée qu'on envoyait en Italie, pour secourir Octave Farnèse, duc de Parme'; mais le crédit de Diane de Poitiers fit préférer Brissac, qu'elle aimait. Ce fut peut-être cette préférence qui décida par la suite le changement de religion des trois frères Coligni. Dandelot, qui s'était engagé dans cette expédition avec l'espoir que Gaspard en aurait la direction, s'enferma dans la ville de Parme, menacée d'un siège, fut fait prisonnier dans une sortie, et subit à Milan une longue captivité. Pendant cette inaction , Dandelot eut le loisir de se livrer aux controverses religieuses, qui agitaient alors tous les esprits. Une autre occasion se présenta de récompenser dignement cette famille : l'âge avancé du seigneur de Tais le rendant peu propre à la charge de colonel général de l'infanterie, créée exprès pour lui, Coligni en fut pourvu; il remplit cette charge avec un zèle aussi ardçnt qu'éclairé.

I II parvint à extirper des abus qui existaient depuis des siècles; « il ponça finfenterie, dit Sainte-Marthe , et fit des ordonnances militaires qu'on observe encore aujourd'hui ». Peu de temps après , l'amiral d'Annebault étant mort, Coligni eut encore cette charge importante. Il fit avec le roi la campagne de Lorrraine , dont l'issue Ait la réunion des trois évêchés à la France. En 1554 il contribua au succès de la bataille de Renty . François de Guise, qui y assista aussi, voulut s'en attribuer l'honneur; mais Coligni le lui disputa, et de ce moment ces deux guerriers, qui avaient fait leurs premières armes ensemble, qui étaient unis par l'amitié la plus tendre , conçurent l'un contre l'autre une haine implacable. Cette haine s'accrut encore lorsqu'on 155o le duc de Guise fit rompre la trêve de Vauxcelles, que l'amiral avait négociée. Cependant Dandelot avait obtenu sa liberté : Coligni, charmé de revoir un frère qu'il chérissait, eut la permission de se démettre en sa faveur de sa charge de colonel général ; mais Dandelot n'en jouit pas longtemps. Sorti du château de Milan, dévoré du désir de faire des adeptes à la nouvelle religion qu'il avait embrassée, il commença par gagner ses deux frères Odet et Gaspard, puis se déclara publiquement huguenot, et perdit toutà la fois la faveur du roi et sa charge de colonel général. Ses deux frères furent plus réservés : tant que Henri H vécut, ils se bornèrent à protéger secrètement les protestants persécutés. En 1557, après la funeste journée de Saint-Quentin, Coligni fut chargé de la défense de cette place, alors démantelée. On a de lui la relation de ce siège, où il fit des prodiges de valeur et déploya un caractère indomp table, une constance à toute épreuve. Il ne céda qu'à la forcé, et tomba entre les mains des ennemis, qui renfermèrent dans le château de l'Écluse. Rendu à la liberté, au moyen d'une rançon de 50,000 écus , il s'éloigna de la cour, et ne parut s'occuper que de ses fonctions d'amiral. Mais ce fut dans cette retraite qu'affermi dans les opinions nouvelles par les entretiens de son frère Dandelot, fl continua à protéger les protestants, et travailla à en former des colonies dans le Nouveau Monde. Après la mort d'Henri IT, Coligni et l'évèque de Beauvais levèrent le masque : ils se mirent avec Dandelot à la tète des huguenots. Un complot s'était formé en secret : La Renaudie en était le chef apparent; le but avoué était d'obtenir la tolérance pour les protestants et d'utiles réformes; mais il avait pour objet secret d'arrêter les Guises , de les massacrer s'ils résistaient, et de s'emparer du gouvernement. La cour, effrayée de la faiblesse du jeune roi François n, s'était transportée à Blois pour lui faire respirer un air plus sain; mais le complot ayant été découvert, elle alla s'enfermer au château d'Amboise, lieu favorable à une longue défense. Le prince de Condé et l'amiral de Coligni suivirent la cour, dans l'espoir d'aider les conjurés; mais Us furent tel*

Page 1