‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 42 sur 133 · COLONNA · texte numérisé non relu

COLONNA

ture;ùM., 1734, 4 vol. in- 12. Ces deux derniers ouvrages ont été publiés par Gosmond , ami et élève de l'auteur. On attribue encore à Colonne : Plusieurs expériences utiles sur la médecine, la métallique, etc., sons le nom d'Alexandre Lecrom; Paris, 1719, in-12; — Vade-mecum philosophique , sons le même pseudonyme; ibid,, 1719, in-12; — Suite des Expériences utiles , etc. ; ibid., 1725 , in-12. Hoefer. HUtoirt de ta CktmU, tL- Lengtet-Dofrea-

coloknjl (Fabio), en latin Fabius Columna, naturaliste italien, parent du précédent, né à Naples, vers 1567, mort en 1650. En proie dans ses jeunes années à des accès d'épilepsie, il résolut d'étudier les écrivains grecs et latins pour découvrir chez eu quelque remède à la maladie dont il était atteint. Ces études firent de lui un botaniste, en même temps qu'il acquit la conviction que la valériane était le remède qu'il cherchait La maladie avait mit de lui un botaniste, et la botanique en fit un peintre et un graveur. Il dessina lui-même ses plantes; quoique ses écrits ne se fassent pas remarquer par une classification méthodique, ils laissent cependant à cet âge encore peu avancé de la science pressentir les qualités de ce genre qu'elle pouvait comporter et que Tournerait réalisa en partie un siècle plus tard. Fabio Colonna était un savant dans toute l'acception du mot : il connaissait les langues, la musique, les mathématiques, l'optique et les droits civil et canon. Il rot membre de l'Académie des lyncei de Manies. On a de lui : $vTo6«rctvoc, siveplantarum aliquot historia, in qua describuntur diversi generis plant» rariores , ac magis fade viribus respondentes antiquorum Theophrasti, Dioseoridis , PUnii aUorumque, delineationibus ab aliis hucusque non animadversx ; Naples, 1592, avec 36 planches (les premières qui aient été gravées sur cuivre) ; Florence, 1744 ; — *E*ppa<m prima et secundo minus cognUarumrariorumque nostro cœlo orientium sttrphsm, cum appendice aquatilium et terreriritim; Rome, lôOOet 1616, 1* et 2* partie d'un vol. in-4° , avec fig. ; — de purpura, ab anûnali testaceofusa, etc.; Rome, 1618, in-4°; — Sambuca lincea, overo delT mstrummtomusicoperfetto, libri III; Naples, 1618, hv4° ;— des Annotationes à Y Histoire naturelle du Mexique de Hernandez, abrégée par Becchi; c'est là qu'il proposa le premier l'emploi du nom de pétales. F. Colonna peut être regardé comme le créateur des genres en botanique.

Étoy, Met. hitt, de la médecine. — Brscta et Grfkber» JUg. Bnc.

GOLOififA ( François), littérateur italien , né à Venise, vers 1449, y mourut, en 1527 ; tout ce qu'on sait sur sa vie, c'est qu'entré fort jeune dans l'ordre de Saint-Dominique, il fut professeur de grammaire et de belles-lettres dans le couvent de cet ordre à Trévise en 1467, et qu'en 1473 il fut reçu à Padoue docteur en théologie.

Un épisode mystérieux de sa carrière est caché dans le livre auquel il doit un peu de célébrité; il est auteur d'un ouvrage fort singulier, espèce de roman allégorique et moral, intitulé : Hypnerotomachia Poliphili, ubi humana omnia non nisi somnium esse docet. En prenant successivement les lettres initiales de tous les chapitres, on trouve la phrase suivante : Poliam /rater Franciscus Colonna adamavit. Cette Polie, abréviation de Polita ou IppoUta, était, à ce qu'A parait, Lucrezia Lelia, nièce d'un évoque de Trévise. Poliphile, ou celui qui aime Polie, veut démontrer dans ce combat du sommeil et de V amour que toutes les passions de l'homme ne sont que des songes; on a depuis exprimé avec bonheur l'idée qui guida sa plume en disant que la vie est le rêve d'une ombre. Colonna, dont les idées ne paraissent point avoir été fort nettes, a d'ailleurs enveloppé ses visions erotiques, poétiques, artistiques et architecturales sous le voile d'un langage bizarre, italien mêlé de mots latins, grecs, h&reax, arabes et chaldéens. Des commentateurs ont appliqué an moine» vénitien un système d'interprétation fort hasardé; les uns ont cm tronver chez lui des idées de réforme antérieures à Luther; d'autres lui ont demandé le secret de la pierre philosophale. Mais se livrer à pareilles tentatives , c'est çalepréter des allégories qui ne furent oncques songées, comme dit Rabelais, lequel, soit dit en passant, nous semble avoir connu l'Hypnérotomachie. Il serait d'ailleurs fort inutile de vouloir donner ici une analyse d'une composition pareille , et que le lecteur le plus intrépide aurait bien de la peine à mener jusqu'au bout. L'édition originale, imprimée à Venise, en 1499, est un des premiers ouvrages sortis des presses du célèbre Aide Manuce; elle tonne un volume in-folio , orné de gravures en bois d'une exécution fort remarquable, et dont les dessins sont attribués à Giovanni Bellino. Parmi beaucoup de sujets bizarres, il s'en rencontre quelques-uns dn meilleur goût et d'une très-riche ordonnance. Les exemplaires en bon état ne sont pas communs, et se sont payés jusqu'à 20 livres sterling en Angleterre; on en connaît trois sur peau vélin, et l'un d'eux a été adjugé à Londres au prix de 120 livres (3,200 francs environ). Il parut en 1545 une nouvelle édition de X Hypnérotomachie à Venise, in casa de'figliuoli diAido; mais elle n'a pas la valeur du volume de 1499 : le papier est moins bon, le texte moins correct, les figures sont moins nettes et moins vigoureuses* Quelques bibliographes ont dit que le style avait été rajeuni; ce n'est point exact En 1546 on donna à Paris une imitation française plutôt qu'une traduction fidèle du Poliphile italien; l'auteur de ce travail a gardé l'anonyme. Ce volume est recherché, à cause de ses jolies gravures sur bois; elles sont d'après des dessins plus corrects que les anciens , et qui ont été attribués à J. Goujon ou à J. Cousin. Cette traduction

COLOIfNA

reparut eu 1554 et en 1561; elle fut accompagnée d'un Avertissement de l'alchimiste Jacques Gohory, savant un peu visionnaire, qui pensait que Colonna avait eu en vue la pierre philosophai. En 1000, Deroalde de Verville, corrigeant et retouchant le volume français, le mit au jour, avec une préface de sa façon, sous le titre de Tableau des riches inventions, couvert du voile des feintes amoureuses qui sont représentées dans le songe de Poliphile; c'est la moins recherchée de ces diverses éditions. Un architecte français J.-C. Le Grand, s'était épris de cet ouvrage ; il en a donné en 1804 une traduction libre, qui forme deux petits volumes élégamment imprimés, chez Dîdot ramé, et il fit en 1811 réimprimer cette traduction à Parme, dans l'atelier du fameux Bodoni, en deux beaux volumes hv4°. 11 avait le projet d'une troisième édition in-folio ornée de gravures nouvelles dues à d'habiles artistes; elle n'a point été exécutée, et il n'y a guère Heu de le regretter. La traduction anglaise publiée à Londres, 1 592, in-4° , n'est pas complète. G. Brvnet.

Prosper Marchand, DietUmnaire historique) t. 1, p. itt-MS.— La Moanojre, dans le Menagiana, t. IV, p. e».

— Qoétif, Scriptores ordinis Prsedicatorum, t II, p. as.

— Mélanges tirée d'une grande bibliothèque, t. XXXI, p. 1». — Kano, Note al Fontanini, délia Etoqumta itaUona, t II, p. IS*. — Le Conservateur, décembre 1756. — Dibdln, Bibliotheea Spenceriana, t. III. — Jackson, on fr^ood-ençravinç, p. «87-175. — Renouard, Annales des Aides. — Cn. Horflf r, de Quelques livres fittiricueset de leur clé,- Bulletin du bibliophile, octobre 1894. — Franciscus Columna, nouvelle Insérée dans le Bulletin de Cami des arts, 1848, réimprimée en îfttt, Ift-lt, chez Techener.

COLOMBA (Jean-Paul), compositeur italien, natif de Bresda. Il rat un des compositeurs italiens les pins distingués du dix-septième siècle, particulièrement dans le style d'église. Il établit à Bologne une école d'on sont sortis plusieurs musiciens. Outre un opéra tfAmilcar, on a de lui : quatre œuvres de psaumes à trois, quatre, dnq et Irait voix; Bologne, 1081-1694, in-4° ; — deux livres de Motets, à une, deux et trois voix; ibid., 1681, in-8°; — trois Messes à huit voix, et antres pièces; ibid., 1684-1691 ; — les Litanies de la sainte Vierge ; ibid., 1682 ; — les Lamentations de la semaine sainte; ibid.,

FéUt, Biographie universelle des musiciens.

COMMUA (Mario), poète italien, né à Rome, vers 1540. Flaroetta Soderini, dame de Florence, non moins comme par son esprit que par sa beauté, lui inspira plusieurs sonnets. Ce poète mourut à la fleur de l'Age. Ses poésies, imprimées en 1589, avec celles de l'Argclio, ont été Insérées dans le t. n de la Scelta di Sonetli de Gobbi. On trouve aussi plusieurs pièces de Mario dans les Opère de Jean de la Casa , Venise, 1728, et dans la Storia délia volgare poesia de Crescimbeni.

Creaclmbenl, Storia délia vola. poes. — TlrabotcM, Storia délia lett.

colonna (Victoire), femme auteur ita-

lienne, née en 1490, morte à Rome, en février 1547. C'est une des femmes dont l'Italie s'honore le plus. A l'âge de quatre ans elle fut fiancée à Ferdinand-François d'Avalos, fils du marquis de Pescaire, enfant dn même Age qu'elle; h dixsept ans ils se marièrent, et de ce moment jusqu'à celui où le sorties sépara, Us ne cessèrent-de s'aimer de la tendresse la plus vive. Tons deux avaient été parfaitement élevée; victoire savait le latin et maniait parfaitement sa langue en prose et en vers. En l'absence de son mari, que la guerre appelait souvent loin d'elle, elle se consolait par une correspondance assidue avec lni et par l'étude. Après la bataille dePavie, les princes italiens, qui auraient voulu attirer Pescaire dans leur parti, lui offrirent la couronne de Naples : il hésitait; Victoire le rappela aux lois de l'honneur et dn devoir. « Ce n'est point, lui écrivait-elle, par la grandeur des États ou des titres, mais par la vertu seule, que s'acquiert cet honneur qu'il est glorieux de laisser à ses descendants. Pour moi, je ne souhaite point d'être la femme d'on roi, mais de ee grand capitaine qui a sa vaincre les plus grands rois, non-seulement par sa valeur durant la guerre , mais dans la paix par sa magnanimité. » Peu de temps après elle perdit cet époux si cher : il mourut des suites des blessures qu'il avait reçues à la bataille de Pavie ( 1525) ; Victoire, qui se rendait près de loi pour le soigner, apprit sa mort en chemin, et retourna à Naples. A trente-cinq ans, bette et célèbre par son esprit et par ses vertus, elle était année de Michel-Ange, et vît des princes rechercher sa main ; mais, toujours fidèle à la mémoire de Pescaire, les prières même de ses frères ne purent la décider à s'engager dans de nouveaux liens. Pendant de hmgnes années rien ne put la distraire de sa douleur? enfin, la piété radoucit Aux poésies dans lesquelles elle chantait la mémoire de son époux succédèrent des poésies sacrées; on y retrouve le même talent, noble, facile et pur. Victoire mourut à Home, à l'âge de cinquantesept ans. Ses œuvres parurent pour la première fois à Parme, en 1638, in-8° ; l'édition la plus complète parut à Venise, 1644, in-8°, sous ce titre : Rime de la diva Vittoria Colonna de Pescara, allequali sono nuovamente aggiunU 24 Sonetti spirituali , le sue Stanze, ed uno Trionfo délia Croce di Cristof non più stampato, La dernière édition est celle de Bergame, 1760, in-8°. Les vers de Vittoria Colonna, quoique trop fidèlement moulés sur la forme de Pétrarque, portent quelquefois l'empreinte d'un talent gracieux et de cette originalité qu'un sentiment vrai donne toujours, même a l'imitation la plus timide et la pins dévouée. Mais l'imitation éteint à la longue la chaleur des sentiments les plus vrais, et il serait difficile de trouver parmi toutes ses Mme un sonnet tout entier qu'on puisse donner comme de la haute poésie. {Knc. des g. du m.].

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