COMMODE
nicut (le Germanique) le 15 octobre 172 , et admis le 20 janvier 175 dans le collège des prêtres. Le 19 mai de la même année, à la nouvelle de la révolte d'Avidius Cassius, il quitta Rome, et se rendit en toute hâte auprès de l'armée de Germanie. Le 7 juillet il prit la robe virile , avec le titre de Prince de la jeunesse (Princeps juventutis), et fut nommé consul-élu. Il accompagna ensuite son père en Orient, ajouta aux titres qu'il portait déjà celui de Sarmaticus (le Sarmatique), et rot salué tmperatorle 27 novembre 176. Le 23 décembre son père l'associa à son triomphe et à sa puissance tribunitienne. Le 1" janvier 1 77 il entra en fonctions pour son premier consulat. Dans la même année il épousa Bruttia Crispina, fille de Bruttius Pressens , (ut proclamé Auguste et Père de la patrie. Ainsi, à rage de seize ans Commode partageait avec son père toutes les dignités impériales, excepté le souverain pontificat, qui, d'après une loi sévèrement observée jusqu'au règne de Balbin et de Puppien, appartinttoujours à une seule personne. Le 5 août 177 il partit pour le haut Danube, et y fit la guerre, sous les ordres de son père, jusqu'à la mort de celui-ci, le 17 mars 180. Les périls et les fatigues de la guerre et le climat rigoureux de la Germanie semblaient insupportables au nouvel empereur, qui se hâta de conclure un accommodement avec les barbares, et courut chercher les voluptés de Rome. H fit son entrée comme vainqueur de la Germanie, vaincue par son père; mais il triompha plus réellement de l'honneur public, en plaçant derrière lui sur son char un bel esclave, son amant (subactor), ▼ers lequel il se retournait de moment en moment pour le baiser à la vue du peuple et du sénat. Cependant il se laissa diriger ou au moins contenir pendant quelque temps dans l'exercice du pouvoir par son beau-frère Pompéien et par les vieux amis de son père. Deux événements , en excitant sa violence , le décidèrent à briser le frein. Sa sœur aînée, Lucilla, jalouse, à ce qu'il semble, del'influence etde la position supérieure de Crispina, trama une conspiration contre lui : en 183 un jeune homme à qui elle avait promis sa fille se chargea d'assassiner Commode; mais au moment de frapper il cria : « Voilà ce que le sénat t'envoie 1 » Et il donna ainsi aux gardes le temps de hii arracher le poignard des mains. Dès . ce moment Commode déclara une guerre à mort aux familles nobles et riches. Peu de temps après, les préfets du prétoire se débarrassèrent, par le glaive de leurs agents secrets,d'un favori qu'il chérissait à l'égal de lui-même et auquel on attribuait ses dérèglements. Paternes, préfet du prétoire, destituédu commandement des gardes sous le prétexte d'une promotion à la dignité sénatoriale , fut mis à mort, et alors commença cette longue suite de meurtres dont on peut lire le froid et épouvantable récit dans Dion Cassius, Hérodien et Lampride , et qui étonnent moins par l'atrocité de celui qui les ordonna que par la lâcheté de ceux
qui les souffrirent. Perennis, qui avait supplanté Paternus (183) régna environ trois ans sous le nom de Commode, et satisfit par sa fin tragpqoe à la haine du peuple et de l'armée ; mais l'affranchi Cleandre , son successeur après une foule d'autres préfets dont le pouvoir n'avait pas duré au delà de quelques jours, souvent de quelques heures, effaça toutes les autres créatures de Commode par l'audace de' sa scélératesse. La cupidité irritait en lui la soif du sang : après avoir mis à l'encan les emplois, les jugements et les cassations de jugements , on tua les riches pour s'emparer de leurs dépouilles; on vendit par grâce à quelques-uns la vie qu'on leur laissait. Pendant ce temps Commode s'enivrait de débauche au milieu des 300 femmes et des 300 jeunes garçons nourris dans son palais; il occupait ses loisirs à tuer à coups de flèches, de javelots, de massue, des animaux et des hommes dans l'arène. Le ridicule se mêlant à l'horreur, vingtcinq consuls passèrent sur la chaise curule en une seule année. L'empereur, abandonnant aux plus indignes favoris le soin de gouverner l'empire , prenait souvent part, comme prêtre-sacrificateur, aux cérémonies impures des cultes dTsis, d'Anubis, de Sérapis, de Mithra. Mais c'étaient surtout les luttes des gladiateurs qu'il aimait avec une passion qui tenait de la frénésie. « 11 allait souvent, dit Hérodien, passer un temps considérable dans les écoles ou l'on dressait les gladiateurs. Il en sortait avec eux ; il paraissait au milieu d'eux sur l'arène; il combattait, il *e faisait proclamer vainqueur; il voulait être applaudi par le peuple et par le sénat, et les plus graves sénateurs se prêtaient, quoiqu'à regret, à cette misérable adulation ; il exigeait son salaire comme gladiateur, si ce n'est qu'il le montait à un plus haut prix que les autres. Et pour comble d'impudence, il travaillait à perpétuer le souvenir de son ignominie. : toutes les fois qu'il faisait quelque chose de bas, de honteux, de cruel , quelque acte de gladiateur, de maître de débauche , il ordonnait qu'il en rat fait mention dans les registres-journaux que l'on tenait exactement de tout ce qui se faisait de mémorable dans la ville. C'est par cette voie que nous savons qu'il a combattu trois cent soixante-cinq fois du vivantde son père, et sept cent trente-cinq fois depuis la mort de celui-ci, et qu'il a remporté mille palmes, mille victoires dans ces indignes combats. 11 en était si glorieux, que, s'étantapproprié le colosse du soleil, dont il fit ôter la tête pour y mettre la sienne, il voulut que l'on inscrivit sur la base, au lieu des titres de la souveraine puissance, celui du vainqueur de mille gladiateurs. » D'autres empereurs avaient donné leur nom à un des mois de l'année; Commode décréta que les douze mois seraient désignés par les surnoms et les titres qu'il avait pris à différentes époques de sa vie. Les nouveaux mois se succédaient dans l'ordre suivant : Anuamtau, Iwokctus , Félix, P*mf Lucku, jgfau, Aurelku, Commodus,