COMTE
il afaUulaplume rapide et élégante de M. Ltttré pour qoe les profanes en eussent une idée plus nette. Voici les fondements de la philosophie positive : « Une hypothèse théologique, puis métaphysique, a présidé, dit-il, aux débuts de l'humanité, a soutenu ses pas et favorisé son premier développement En dehors s'est placée l'étude des lois réelles, étude faible d'abord, lente et mal assurée dans sa marche, pois, une fois les premières difficultés vaincues, grandissant avec rapidité. La confrontation Ait inévitable ; et 8'opérant d'elle-même successivement, elle fit reculer l'hypothèse primordiale. Mais dans les temps passés la confrontation n'était que partielle; aujourd'hui elle est générale, et porte sur tout le savoir humain. Arrivées à posséder cet ensemble, les sciences, pour se transformer en philosophie, n'ont plus qu'une chose à faire : c'est de s'ordonner elles-mêmes en système. Cette élaboration accomplie , elles satisferont à toutes les conditions d'une philosophie, c'est-àdire qu'elles fourniront les premiers principes de toutes nos notions rangées dans l'ordre vraimentnatnrel.G'estcedernier travail que M. Comte a exécuté dans son ouvrage. Il faut d'abord reconnaître avec précision la véritable étendue du domaine spéculatif, c'est-à-dire déterminer quel est le nombre des sciences pures, de celles qui correspondent à des lois distinctes et qui ne s'appliquent pas à un objet naturel particulier. Ainsi, l'astronomie est une science pure ou spéculative, car elle étudie les lois qui régissent les compositions et les décompositions des corps. Mais la géologie n'est pas une science pure, car elle s'occupe d'un objet naturel particulier, du globe terrestre, et emprunte tous ses moyens d'attaquer les difficiles problèmes qui lui sont soumis aux sciences pures , par exemple à l'astronomie, à la physique, à la chimie, etc. Telle est la distinction importante qu'il faut faire entre les sciences spéculatives et les sciences concrètes. La philosophie, chose éminemment spéculative, ne peut s'incorporer que les sciences spéculatives. Il font donc les énumérer pour établir tout d'abord le vrai domaine de la philosophie positive. M. Comte distingue six sciences pures : les mathématiques, l'astronomie, la physique, la chimie, la biologie, la science sociale. Les mathématiques révèlent les lois de l'étendue et du mouvement A l'astronomie appartiennent la distance, la grosseur , la forme du Soleil et des corps planétaires , les orbites qu'ils parcourent et les forces qui les meuvent. La physique étndie tous les phénomènes dus à la pesanteur, à l'électricité, au magnétisme , au calorique, à la lumière, aux vibrations sonores. La chimie pénètre dans la constitution moléculaire des substances, reconnaît les éléments indécomposables ou du moins indécomposés, et détermine les conditions qui président aux combinaisons définies. La biologie recherche toutes les formes que revêt la vie, depuis le dernier végétal jusqu'à
l'homme, embrasse la hiérarchie de ces être* de plus en plus compliqués et élevés, se familiarise avec les modes qui règlent la manifestation des phénomènes vitaux, travaille à préciser le rapport constant qui existe entre la structure anatomique et la fonction, constate des facultés de plus en plus hantes dans les animaux supérieurs ; et combinant la considération de l'organe et des facultés, elle dispute l'étude de l'homme intellectuel et moral à la métaphysique. Enfin, la science sociale suit l'évolution des sociétés, en distingue les phases nécessaires, et assigne la loi de ces changements. Ce résumé succinct comprend l'ensemble du savoir humain. Rien n'est omis, rien, si ce n'est ce qui est inaccessible à l'esprit de l'homme, la recherche des causes finales (1). » A coté l'intelligent M. Comte place l'activité humaine passant par trois états successifs : l'activité militaire conquérante, l'activité militaire défensive, et l'activité pacifique.
Laissant de coté toute controverse, nous ferons seulement remarquer que le système de M. Auguste Comte a de l'analogie avec la philosophie de Hegel, qui consiste dans l'identification du subjectif (homme) avec l'objectif (Dieu et le monde ) : au subjectif du philosophe allemand M. Auguste Comte a substitué Y humanité. Ses disciples, dont le noyau est à Paris, se sont imposé la mission de propager les idées du maître, soit par des publications spéciales, soit par la propagande orale.
M. Llttré, Conservation, Révolution et Positivisme, Parlt, isst, In-ll. - Quérard, lay Froncé HUératre (supplément).
I comte (Joseph -Achille), naturaliste français, né à Grenoble, le 29 septembre 1802. H se voua de bonne heure à l'étude des sciences médicales, et devint en 1823 interne des hôpitaux de Paris. L'histoire naturelle eut toujours pour lui le plus grand attrait, et ses travaux sont devenus classiques pour la jeunesse studieuse. M. Achille Comte a été professeur d'histoire au collège de Charlemagne , et il occupait depuis longtemps la place de chef de bureau au ministère de l'instruction publique, lorsque la révolution île 1848 est venue briser sa carrière administrative, où il aurait pu rendre encore de grands services. Il est aujourd'hui vice- président de la Société des gens de lettres. Ou a de lui : Circulation du sang dans le fœtus; Paria, 1826, in-fol. ; — Recherches anatomico-phfsiologiques relatives à la prédominance du bras droit sur le bras gauche; Paris, 1828 , in-8°;avecfig. à plans superposés ; — Règne animal de Cuvier, disposé en tableaux méthodiques ;Mà.t 1832-1841, 91 tableaux, représentant environ tf,f ôo figures ; — Physiologie pour les collèges et les gens du monde , expliquée
(1) M. Uttré, Conservation, Révolution et Positivisme, p,W.