CONEGLIANO - CONFLANS
Ridolfl, rite de* pittori veneti. - Unit, Storia pittorica. — Catalogues des galeries db Venise. Milan, VIcence, Paris, Dresde, Manleh.
conbstaggio ( Hiermymo- Franchi db), historien génois, mort en 1635. H rat d'abord secrétaire du cardinal Sforce, pais évêque de Nardo et archevêque de Capoue. On a de loi : Deir Unionedel regnodi Portogallo alla coronadi Castiglia; Gênes, 1585, in-4°, trad. en français par Th. Nardin ; Besançon, 1596, in-8°; en latin, Francfort, 1602 , in-8° ; en espagnol, par L. de Bania, Barcelone, 1610, in-4°; — Bistorie délie guerre délia Germania inferiore ; Venise, 1614, in-4° ; en Hollande, 1634, in-8°; -* une Expédition contre Tunis, diverses poésies italiennes et une Vie de Sforce Sforza comte de SanU-Flore.
Sai. Onomastic. litterar., IV.
«CONETODCM. Voy. COTUAT.
* coNPALONERius ( Gian-Batista ), né a Vérone, vivait en 1535. Il professa la physique à Padoue, et s'acquit de la réputation comme médecin. On a de lui : de Vini natura, ejusque alendi ac tnedendi facultate absolutissima, dUquisitio; Venise et Baie, 1535, in- 8°.
Fabrlclos, Bibl. med. et inf. mtat. - Élor, Diet. hist. de la médecine. — Chaudon et Delandine, Dict. univ.
*coifPALOifiBEi (Jean-Augustin), écrivain religieux, né à Milan, en 1571, mort le 10 avril 1639. Il entra dans l'ordre des Jésuites, fut employé dans les missions d'Allemagne, et se fit remarquer par son érudition et son talent dans la controverse. On a de lui divers ouvrages en latin ou en italien, tels que Vita béate Maris Virginie; Dilingen, 1612,et Milan, 1620; — dd Verbo di dio umanato; Milan, 1624 ; — Miscellanea varia ; Milan, 1623, in-8° , etc. Il a laissé aussi de nombreux écrits qui n'ont pas été imprimés.
Argélatt, BibUotheca scriptorum medtolanensium, ton. I.
* coupla» (Eustache ob), vicomte d'Ouichy, dit la grande Barbe, général français, mort le 19 juin 1628. H lut député de la noblesse du bailliage de Vermandois aux états de Blois, en 1588. Successivement capitaine de cent hommes d'armes , gouverneur de Saint-Quentin , ambassadeur en Flandre près l'archiduc et chevalier dlumneui de Marie de Médicis, reine de France, il fut décoré des ordres royaux le 5 janvier 1597, et créé maréchal de camp le 24 juillet 1622. Envoyé en Champagne sous le duc de Nemours , il mourut peu après.
LaJ Gbesnaye des Bols, Dictionnaire de la noblesse, III, 114. - Chronologie militaire, XI. M. -:Plnard, Jfttt. des çrands-o/tlciers de la couronne, V|, i«7. — De Conrcelles, Dictionnaire des genéraum français.
*conflan8 (Jean-Chrétien db Vatteville, chevalier, pois marquis db), né en 1658, mort le 7 mars 1725. Après avoir servi au siège de Luxembourg (1684), à la tête d'une compagnie du régiment de cavalerie de Roussillon, il se trouva à la bataille de Fleuras ( 1690), et obtint (28 octobre) le grade de mettre de camp de cavalerie. Le courage qu'il déploya à Fleuras, Mons,
Namur, Steenkerqae, le firent nommer (29 janvier 1702) brigadier, grade dans lequel il servit à l'armée de Bavière, sous les maréchaux de Cannât et de Villars. Maréchal de camp (26 octobre 1703) après Ja bataille de Hochstett, il passa à l'armée de la Moselle (1705), reçut le commandement d'un corps de 12,000 hommes sur la frontière de la Sarre» passa cette rivière, et mit garnison dans Trêves après avoir fait raser les lignes ennemies. Ayant vaillamment combattu à Oudenarde ( 1708), à Varneton et à Malplaqoet ( 1709), il fut envoyé à l'armée de Flandre avec le grade de lieutenant général des armées du roi ( 29 mars 1 7 1 0 ), et servit aux sièges de Douay , du Quesnoy, de Bouchain, et de Fribonrg ( 1713 ) ; ce fut sa dernière campagne. Créé commandeur de l'ordre de Saint-Louis (.21 février 1723), il se retira dans ses terres, où il mourut, à l'Age de soixante-sept ans. A. Sauzay.
Pinard, Ckron. miliL, t. 4, p. «si. - Mémoires dm temps.
* cohflaji s ( Hubert de Brieiuos-Conflahs, comte de), maréchal de France, amiral français, appelé le maréchal de Confiant, né vers 1690, mort le 27 janvier 1777. Chevalier de Saint-Lazare en 1705, il entra dans la marine en 1706, servit en' 1708 et 1709 sous Duquesne-Guitton , et l'année suivante sous Dugnay-Trouin, avec lequel il concourut à la prise d'un vaisseau anglais, fit la campagne de 1710, et contribua en 1711 À la capture d'un vaisseau portugais. Devenu enseigne de marine ( 1712), il arma jusqu'en 1719, et fut chargé en 1722 de reconduire à Constantinople Méhémed -Enendi , ambassadeur de la Porte ottomane. lieutenant en 1727, il monta sur l'escadre destinée à Cadix pour observer les Anglais le long des cotes d'Espagne, servit ( 1728- 1729) sur l'escadre qu'on envoya contre Tripoli, et fut employé à protéger le commerce dans les parages de Tunis et d'Alger. Lieutenant des gardes de la marine à Rochefort ( 1731 ), et chevalier de Saint-Louis l'année suivante, il eut le commandement d'une flotte qui portait des vivres et des munitions de guerre aux lies de Caverne et de la Martinique. Capitaine de vaisseau en 1734, il fit partie d'une escadre d'observation sous Duguay-Trouin , et (ht envoyé ( 1744 ) avec quatorze vaisseaux pour exécuter un embarquement de troupes à Dunkerque. Après avoir remporté plusieurs avantages considérables sur les Anglais, il fut nommé gouverneur et lieutenant général des Iles sous le Vent de l'Amérique. Blessé dans un combat qui eut lieu entre la Renommée, qu'il montait, pour se rendre à sa destination, et une frégate anglaise ( 1747 ), Conflans, fait prisonnier, fut emmené en Angleterre. Échangé en 1748 contre le général Ligonier, il se rendit à son gouvernement avec le grade de chef d'escadre (1er avril 1748), et y resta jusqu'en 1751. Rappelé en France, il reçut le grade de lieutenant général des armées navales ( 1er septembre 1752 ), et commanda en 1756 une escadre destinée à croi-
CONFLANS — CONGÀN
aer dans l'Océan et à favoriser la conquête de l'Ile de Minorque. Créé vice-amiral de France à la mort du marquis de Macnemara ( 14 novembre 1756), il prit le commandement, dans l'Océan, de la même escadre dont il avait été chargé Tannée précédente, et en commanda aussi en 1758 une antre de vingt-et-un vaisseaux. Pour récompenser cinquante-trois ans de services non interrompus, Louis XV le comprit dans la promotion qu'il faisait alors de plusieurs maréchaux de France, etl'éleva à cette dignité le 18 avril 1758. L'année suivante, chargé du commandement de la flotte, il perdit, dans les parages de Quiberon, par le fait de son incapacité, une bataille navale (•30 novembre 1759), qui acheva la ruine de la marine française , et qui ne reçut d'autre dénomination que celle de bataille de M. de Con- 4aiu.Il mourut à l'âge de quatre-vingt-sept ans.
A. SAOXàY.
Pinard, Chronologie militaire, t III, p. Ut. - Abrégé chronologique du président Jiénault, page 40t. - rie ide Louis Xf, t. s, p. 175.
*cok plans {Louis na Bribnhb) de), marquis d'Armentières, vicomte d'Oulchy, maréchal de France, né le 23 février 1711, mort le 20 janvier 1774, appelé le maréchal (TArmentières. Pourvu à l'âge de six ans ( 1717) de la charge de premier gentilhomme de la chambre du régent, charge qui fut exercée par, ses deux oncles, il entra aux mousquetaires en 1726, obtînt le régiment d'infanterie d'Anjou (16 septembre 1727), servit en Italie», se trouva aux sièges de Gerra-d'Adda, de Ptexighitone, de Milan, de Horaire, et prit une part active aux batailles de Parme et de Guastalla (1734), sous les ordres du maréchal de Coigny, où il gagna ( 18 octobre) le grade de brigadier des armées du roi. Son régiment fusant partie de l'armée auxiliaire que le maréchal de Belle-Isie amenait à Charles- Albert, électeur de Bavière (1741 ), il assista à la prise de Prague, et défendit jusqu'à la dernière extrémité la ville de Lentmeritz, d'où il ne sortit qu'après avoir obtenu les honneurs de la guerre. Bentré en France ( 1743), il reçut le grade de maréchal de camp, le 20 février de la même année. Successivement employé aux armées de la haute Alsace, (1743) et de Flandre (1744), il déploya le plus grand courage à Rhinvftlers, à Furne, à Ostende, à Meuport et à Raucoux. Chargé d'apporter à la cour de France la nouvelle de cette dernière victoire, le roi le récompensa des services qu'il avait rendus, en le créant lieutenant général, le 14 octobre 1746. Employé* à l'armée du roi (1er mai 1747), il combattit à Lawfeld, et étant passé à celle des Pays-Bas (16 avril 1748), il se trouva au siège de Maastricht, où il monta à la tranchée le 27 du même mois. Il fut nommé chevalier des ordres du roi le 1er janvier 1753. Général à l'armée d'Allemagne (1* mars 1757), il parvint, malgré l'ennemi, à jeter un pont sur le Weser et à s'emparer du château de Furstemberg et de la ville de Hyen.
HOUV. BIOCB. GÉltéB. — T. XI.
Rentré en France après s'être couvert de gloire à Hastembeck, à Crevelt, ainsi qu'an siège de la citadelle de Munster, qu'il força de capituler, il reçut le commandement des trois évéchés, Metz, Toul et Verdun, et fut promu à la dignité de maréchal de France, le 2 janvier 1768. Il mourut à Paris, six ans après, à l'âge de soixante-trois ans. A. Saczat.
Pinard, Chron, milit., t V, p. SM. - Dictionnaire de la noolesse, t II, p. M7. — De Courcellet, Dieu de* gén. franc., t. IV, p. *u.
COHFCC11T8. Voy. KONG-IOO-TOK.
*co!f«AL ou gohoall (Saint), instituteur monastique irlandais, né dans le nord de l'UHonie, en 516, mort le 10 mai 601. H fut élevé dans le monastère de Cluain - Ridhneeh (Queen's County ), et fonda, vers 550, l'abbaye de Bangor, dans le comté de Down. En 562 il passa dans le pays de Galles, et y édifia le monastère de Heth, pois revint en Irlande, où il éleva celui de Cell- Congal. Il eut dans ces divers établissements jusqu'à trois mille moines sous sa direction. Les austérités qu'il prescrivait ne purent être observées que d'un petit nombre de religieux. La mort de sept ou huit d'entre eux par la faim et le froid obligea saint Congal de modifier ses règlements. Ses principaux disciples furent saint Colomban et saint Lngil ; la règle qu'il leur donna existe encore en vers hibernions. Saint Bernard a fait l'éloge de saint Congal. '
Héltot, Histoire de» ordre* monastique*. H, ch. St. - Morert, Dictionnaire historique.
gohgall 1er, 44e roi d'Ecosse', mort en 500. H succéda, en 478, à Constantin Ier, son oncle, et s'attacha à réformer et à civiliser son peuple, châtiant sévèrement les meurtriers et les voleurs. Il fut en guerre continuelle contre les Bretons et les Saxons, qui faisaient delfréquentes incursions sur le territoire écossais. Merlin et 60das, devins bretons, vivaient à cette époque.
cohgall il, 47e roi d'Ecosse, mort en 568. n succéda en 558 à Eugène III. Moréri (suivi en cela par la Biographie universelle de Michaud ) en parle ainsi : « C'était un prince paisible et pieux, qui se rendit recommandable par ses vertus. Il le disputait aux religieux de son temps pour l'austérité, quoique alors ils vécussent sous une discipline très-sévère. Il les enrichit par les revenus et les terres qu'il leur donna. H -réprimait la licence des soldats et autres, plutôt par l'exemple de sa propre vie que par la sévérité de ses lois. Il donna du secours aux Bretons contre les Saxons. »
gohgall ui, 66* roi d'Ecosse, mort en 814. Il succéda en 809 à Achaius. Son règne n'offre rien de remarquable.
Bnchanan, Rerum scoticarum historia. — Robertsoo, Histoire de r Ecosse. - Moréri , Dict. hlst.
*goh«an, écrivain religieux irlandais, vivait en 1120. H était entré dans l'ordre des Bénédictins réformés de Clteanx, et devint abbé de Surry (Irlande). Il a composé la Vie de saint Malachie, que saint Bernard écrivit depuis à sa prière,
CONGAN — CONGREVE
La prérace de saint Bernard commence ainsi : Tu mihi, abbas Congane, injungis, etc.
Josla» Simler, Bpitome bibliothêc* C. GesneH. — Poatetto, apparat, iacêr. — Baie, Seriptorum Ubutritm Majoris BriUmim catologus , cent. 14. n° M* - Wate, Scriptoribus tiiberniœ. - Vtocb, BMiotheca oister. — — Moréri, Dictionnaire HiHoriqué.
• *gongnbt (Louis-Henri )t pédagogue français, né à Soissons, le 6 décembre 1795. Il est chanoine de la cathédrale de Soissons, membre de la Société asiatique de Paris et de l'Institut historique de France. Il est inventeur d'une méthode nouvelle pour renseignement de la langue grecque ,' à laquelle il a donné le nom d'Enseignement positif. On a de mi t Grammaire do la langue grecque; Soiasens, 1840$ — le /tore des jeunes professeurs, contenant : la Méthode pour commencer les humanités; V Instruction aux professeurs; Instruction sur Z'obéissance des maures à leur supérieur; les Vertus que doit pratiquer un maître; — Traité des punitions, suivi de Maximes sur la responsabilité des maîtres; Extraits de Montaigne sur le pédantime et sur Vinstraction des enfants; Lyon et Paris, 1843 et 1845, in-32 ; — Grammaire de la langue grecque comparée perpétuellement avec la langue latine; Paris, 1846, in-8°; — le Pieux helléniste, sanctifiant la journée par la prière, etc., on grec et en latin; Paris, 1845, in-32; — Marie honorée dans les classés, ou Mois de Marie, grec et latin; Paris, 1845, m-8°; et une dixaine d'autres livres d'éducation, tels que Cours de thèmes, Corrigés, Syntaxes, etc.
Ch.. Louandre et Bourquelot, Supplément à la Franôê littéraire de Qaérard.
cohseevb ( William), poète anglais, né à Bardsay-Grange, dans le Yorkahire, en 1670 (1), mort le 19 janvier 1729. Il descendait d'une an* cienne famille anglaise du comté de Stafford. Obligé par sa position de changer souvent de résidence, son père, attaché à l'armée, le conduisit en Irlande, où il étudia d'abord à Kilkenny, ensuite au collège de la Trinité à Dublin. Ce séjour en Irlande fut cause qu'on se méprit longtemps sur le lieu de naissance de Congre ve; mais la vérité a été parfaitement rétablie sur ce point. De Dublin il se rendit à Londres pour y étudier le droit. Comme il arriva à tant d'autres, il préféra les lettres, et, ce qui se réalise rarement, cette carrière fut pour lui une source de bien-être et de célébrité. Jeune encore, à dix-sept ans, dit-on, il écrivit un roman, the Incognita, or love and duty reconeiled (Incognita, ou l'amour et le devoir réconciliés). Ce début, publié sous le pseudonyme de Cléophile, ne donnait pas la mesure du talent de Congreve , il l'annonçait seulement. Sa comédie intitulée (Hd bachelor (le Vieux garçon) produisit au contraire ce talent dans son premier éclat. Congreve avait vingt- et-un ans alors, et Dryden, qui avait donné ses conseils à l'auteur, dit qu'il n'y avait pis
(l) in» dans la Biographie univertelle; mais les documents anglais confirment la date que nous donnona.
d'exemple d'ane première pièce de cette force. Congreve la composa après une maladie et pour occuper sa convalescence (1), comme il le raconte lui-même dans sa réponse à Jérémfe Collier, lorsque celui-ci, de même que Rousseau fit ta France, s'éleva, avec raison d'ailleurs, contro la licence du théâtre. Représenté en 1693, the Old bachelor eut le plus grand succès, et valut à Congreve la protection de lord HaHnx, et cette protection ne fut pas stérile. Il obtint des emplois productifs, qui en dernier Heu montèrent de 600 à 12,000 Uv. sterling de revenu. Ces emplois, attention délicate de h part de lord Halifax,étalentpTesquedes sinécures,qui ne pouvaient guère interrompre les travaux littéraires de Congreve. Un critique français, M. Villemain, remarque à cette occasion, avec beaucoup de justesse, qu'à partir de 1688 on voyait en Angleterre la littérature plébéienne associée partout à la noblesse savante et lettrée qui tenait les grands emplois. Mais il faut signaler aussi la faiblesse de Congreve, trop commune chez certains hommes lorsqu'ils sont arrivés an point culminant de leur carrière : celle de renier leur origine. Lors d'une visite que lui fit Toltaire , il en remercia 111 lustre écrivain français , comme d'un honneur fait à un gentilhomme. « Si vous n'étiez qu'un simple gentilhomme, lui répondit Voltaire, je n'aurais pas aujourd'hui l'honneur de vous voir chez vous. » En 1694 Congreve fit représenter sa seconde pièce, the double Dealer (le Fripon), qui fut moins goûtée du public, quoiqu'elle obtint l'estime de la bonne compagnie. Vint enfin son grand succès dramatique, sa comédie intitules Love for love (Amour pour amour), qui fut Jouée en 1695, sor le théâtre dirigé par Betterion, et qui est restée au répertoire du théâtre anglais. Quoiqu'il se fut engagé envers le directeur, émerveillé du succès, à lui fournir une pièce tous les ané , ce ne fut qu'en 1697 que Ait jouée sa tragédie intitulée Mourning Bride (la Fiancée en deuil), pièce ou respire un sentiment poétique qui mérite des éloges, bien que parfois on y rencontre de l'exagération ou de la boursouflure. Néanmoins, la réputation de l'auteur la lit bien accueillir. La comédie qui a pour titre : the Wap of the world (le Chemin de la vie), vit clore la carrière dramatique et même littéraire de Congreve. Le peu de succès de la'pièce, et probablement la crainte de survivre à sa réputation, peutêtre aussi l'acerbe critique dont le théâtre avait été l'objet de la part de Jérémie Collier, déterminèrent Congreve à renoncer à un genre où II s'était fait un s! beau nom. On ne peut plus mentionner en quelque sorte que pour mémoire une espèce d'opéra appelé le Jugement de Paris ( the Judgment oj Paris ) et une autre pièce dans le même genre intitulée : Semele. Congreve ne
(i) Rapprochement carient, quoique tout forfait : 1$ vUm* Célibataire, êomi Gaina «'HarlcrUle a pu emprmaterle titre à Congreve, a etc compose au plus fort d'une
maladie.
GONGREYE
composa pins que des pièces de circonstance ou des mélanges, n donna lui-même en 1710 une édition de ses œuvres, qu'il dédia à son protecteur, lord Halifax. Puis il rentra dans un repos dont il ne sortit plus. Les divisions des partis politiques le trouvèrent également calme ; rarement franchissait-fl les bornes de la neutralité. Les infirmités s'emparèrent de ses dernières années : il eut la goutte et fut frappé de cécité. Dans un voyage qu'il fit à Bath, pour y prendre les eaux, sa voiture versa, et sans doute il reçut alors quelque lésion intérieure, car il ne fit plus que languir, et mourut six mois plus tard. C'était, au rapport des contemporains, un homme d'un caractère prévenant et poli, et ses confrères en littérature le consultaient souvent, peut-être parce qu'il jouissait, chose rare en littérature, d'une certaine fortune. Haie lui dédia ses Miscellanies, Pope 9&,Translatio7$ofthe Iliad., et il revit le Virgile de Dryden. Quant à sa valeur comme auteur dramatique, le critique le plus accrédité chez les Anglais, Johnson, l'apprécie, il semble, avec une grande vérité. « C'est, dit-il, un écrivain du plus grand mérite j il a de l'originalité, et il n'a emprunté à personne ni son intrigue ni la conduite de son dialogue. H me serait difficile de parler nettement de ses pièces, car bien des années se sont écoulées depuis que je les ai étudiées, mais ce qui m'en est resté dans la mémoire m'a laissé cette impression que les caractères tiennent de l'art ou de l'imagination bien plus que de la nature et de la réalité. » Ainsi s'explique cette précocité de composition et de succès en un genre, la comédie, dont la condition essentielle est l'observation des choses de la vie, en un mot l'expérience. En dehors de l'accomplissement de cette condition, on ne produit que des œuvres éphémères. Les maîtres de la comédie témoignent de cette vérité. « On ne peut guère à cet âge, dit M. Viltemain, en parlant des précoces compositions de Congreve, avoir appris la vie que dans les livres et écrire la comédie que d'après Molière. On le sent aux pièces de Congreve, d'ailleurs pleines d'esprit et conduites avec art. Le Trompeur, Amour pour amour, le Train du monde, ce sont d'excellentes études d'après l'école française, sans copie servile. On y trouve, dit Voltaire, le langage des honnêtes gens avec des actions de fripons. On sent que Congreve connaissait bien son inonde, et vivait dans ce qu'on appelle la bonne compagnie. Comparées au cynisme du théâtre de Charles Iî, les comédies de Congreve sont en effet remarquables par la bienséance du langage ; mais il n'y a pas autant de vérité que de décence. Les mœurs y sont empruntées à nos théâtres , et l'Intrigue à des romans. Jamais poète, au reste, ne se lassa plus vite des succès du théâtre et n'en fut mieux récompensé que Congreve. » Ce fut là sans doute la cause de cette halte qu'il fit dans son talent et dans une gloire littéraire qu'il eût pu porter plus haut encore; ce qu'il écrivit ensuite ne fut plus que
médiocre. Ses œuvres ont eu plusieurs éditions ; on cite celle de Basker ville, Birmingham, 1761, 3 vol. in-S*, et celle de Londres , 1788, 2 volumes gr. in- 12. V. RoscirwALD.
Jobaioa; Life of Congrtve. — Biog. brit. — Baker, Bioç, drmm. — Atkln, Gênerai bioç.- Fouty cfd. — Clbtoer, lira ttfpoêU. - Voltalrt, OB*vrm, paaata. — VUkmala, de la LitUr. au dix-huitième tiècU, tL- JBrseb et Grv> ber, Allg. Btwic.
cohgrbvb (Sir William), général et ingénieur anglais, de la famille du précédent, né le 20 mai 1772, dans le comté de Ifiddlesex, mort à Toulouse, le 15 mai 1828. 11 était fils du lieutenant général d'artillerie WflHam Congreve, surintendant de l'arsenal de Woorwich, créé baronet de Wallon en 1812, et mort en 1814. Congreve entra jeune an service, et fit ses premières campagnes comme officier d'artillerie. Doué d'un esprit inventif, 11 s'appliqua avec succès au perfectionnement de son arme , et contribua puissamment aux améliorations introduites dans l'armée anglaise par le duc d'York. En 1 804 il proposa la confection d'une espèce de petites bombes, sous le nom de fusées , qui devaient produire un effet plus sûr et plus meurtrier que l'obus et la bombe ordinaire. Le gouvernement anglais l'autorisa à les faire confectionner dans l'arsenal de Woorwich. Plusieurs épreuves furent faites eà présence du duc d'York, et bientôt après ces projectiles, appelés fusées à la Congreve, ou simplement congreve* , du nom de leur inventeur, devinrent un puissant auxiliaire des armes anglaises. Les fusées à la Congreve, d'abord destinées uniquement à incendier, étaient pourvues d'un récipient rempli de matière inflammable. Elles furent employées pour la première fois en 1806, devant Boulogne, puis en 1807, lors de la surprise et (du bombardement de Copenhague. Le 11 avril 1809 elles jouèrent un grand rôle dans l'armement des machines infernales nommées catamarans, inventées par l'amiral Cochrane pour anéantir la flotte française mouillée dans la baie des Basques (lie d'Aix ). Une de ces Aisées , lancée contre les vaisseaux français à la distance de deux mille toises et éteinte 'h propos, fut envoyée à Paris, par M. de Récicourt, ingénieur en chef chargé des travaux défensifs de l'Ile d'Aix. Cette fusée, dite à carcasse, pesait dixhuit livres et avait trois pieds de long sur quatre pouces de diamètre. Le corps est en carton épais revêtu d'une feuille de tôle; le bout est en fer. Cet artifice brûle avec une flamme vive; mais un épais nuage de fumée le dérobe à la vue. Les Anglais se servirent encore de ces fusées , avec de terribles avantages, au bombardement de Flessingue et pour incendier plusieurs ports des Asturies. En 1813 on en modifia la confection. Afin de les appliquer au service de campagne, elles furent de dimensions variables et diversement armées, mais toujours en forme de bottes allongées remplies de cailloux et de mitraille. Elles parcourent une ligne horizontale, et sont munies d'une mèche inextinguible. Lorsqu'elles
CONGREVE — CONIGLIANO
éclatent, elles lancent de tontes parts d'autres petites grenades ou fusées qui éclatent, à leur tour, et renversent ou déchirent tout ce que leurs débris atteignent. Les Anglais envoyèrent à leurs alliés des batteries spéciales destinées au tir des rosées à la Congreve. L'application en fut faite aux sièges de Wittenberg et de Dantzig, contre les carrés français, à la bataille de Leipzig , à l'affaire de Gœhrde, à Waterloo ; et partout elles portèrent le ravage .dans le* rangs au milieu desquels elles furent lancées. La marine britannique employa aussi ce terrible agent contre les Américains, et enfin, en 1816, lors du bombardement d'Alger par l'amiral Exmouth. La composition des fusées à la Congreve n'est plus un secret. Tous les peuples civilisés les ont adoptées en les perfectionnant , et ont introduit dans leurs corps d'artillerie des compagnies d'artificiers chargés de lancer les congreves. Ces rosées, qu'on avait considérées d'abord comme une invention de la plus haute importance, ont été depuis jugées moins favorablement; l'expérience a démontré que le vent et d'autres causes peuvent en faire dévier la direction. En bataille elles sont moins destructives et portent moins loin que les obus ordinaires, et dans un siège ou contre une flotte elles sont d'un effet moins sûr que les boulets rouges. Cependant Congreve a affirmé après 1815 que si la guerre continentale eut continué , il serait parvenu à donner au tir et à l'usage de ses rosées une telle perfection que le fusil serait devenu une arme secondaire. Heureusement pour l'humanité, l'invention de Congreve, détournée complètement de son but primitif, a reçu une application toute pacifique : avec quelques modifications on a su l'approprier à la pèche de la baleine, et ce qui est plus important, à lancer avec une grande justesse des cordes de sauvetage sur les bâtiments en péril ou naufragés. En 1813, l'empereur de Russie, Alexandre, avait décoré de l'ordre de Sainte-Anne l'inventeur des fusées; U fit plus en 1814, fl alla le visiter à Woolwich, et le combla d'honneurs et de félicitations. En 1816, Congreve, nommé lieutenant-colonel d'artillerie et écuyer du régent, depuis George IV, accompagna le grand-duc Nicolas (aujourd'hui empereur) dans le voyage que ce prince fit en Angleterre. Nicolas ne prévoyait pas que les mêmes fusées dont il admirait les terribles effets pourraient être un jour employées contre lui par les flottes française et anglaise combinées.
On doit à Congreve plusieurs autres inventions de divers genres; en 1815 il avait pris un brevet pour l'invention de vannes hydro-pneumatiques. Ces vannes sont aujourd'hui adoptées généralement dans la construction des écluses et des canaux. H s'était fait donner, vers la même époque, un autre brevet pour un nouveau mode de fabriquer la poudre de guerre , consistant dans une machine destinée à mélanger plus parfaitement les éléments propres à cette fabrication, dans un procédé pour mieux comprimer le pulverin, enfin
dans un appareil pour réunir en grains égaux le produit définitif. En 1819 il inventa un perfectionnement dans les moyens de souder et de combiner différents métaux; il découvrit encore l'impression simultanée en diverses couleurs, au moyen de planches s'emboltant les unes dans les autres, et apportant chacune une couleur, dont l'ensemble forme des dessins et ornements. Ce procédé ingénieux était principalement destiné à empêcher la contrefaçon des bank-notes.
Congreve succéda à son père dans le titre de baronet et dans la charge de surintendant de l'arsenal de Woorwich. Il était de plus inspecteur du laboratoire royal, membre du parlement et de la Société royale de Londres. Il donna sa démission de ses emplois salariés pour se livrer tout entier à l'industrie. En 1824, il se mit à la tête d'une compagnie qui avait pour but l'introduction du gaz dans les principales villes de l'Europe. Accusé en 1826 d'avoir voulu faire payer à la compagnie qu'il dirigeait des mines achetées pour le compte social plus cher qu'elles n'avaient été payées réellement, Congreve fut condamné par la cour de chancellerie : il se retira eu France, où il mourut peu après, laissant une fortune immense. Absolument privé de l'usage de ses jambes, il avait inventé un fauteuil 'machine qui lui permettait de se transporter, sans aide, dans les différentes pièces de son appartement; au besoin, ce grand fauteuil devenait, un lit de repos. Dans les derniers temps de sa vie, il avait trouvé un moyen à l'aide duquel il croyait pouvoir diriger sur mer un bâtiment sans rames, ni voiles, ni vapeur : il avait fait imprimer un précis de son nouveau procédé, qui parait plus ingénieux que praticable. Prévoyant depuis quelque temps une guerre en Orient, il avait envoyé à son gouvernement deux projets, l'un pour défendre Constantinople, et l'autre pour anéantir cette capitale, selon que l'Angleterre serait pour ou contre la Turquie.
On a de sir Congreve : Elementary treatise, or the mounting of naval ordnance; Londres, 1812 ; — Description of the hydro-pneumatic loch; Londres, 1815. Alfred de Lacaze.
Bulletins de la Société d'encouragement de Parie, année 1809, p. MO, et 1810, p. 118. -\Galerie de* contemporain». — Biographie étrangère. — Moniteur universel, 18 mat 1M8. — Conversations- Lexicon. — Van Tcnic, Histoire générale de la marine, IV, isi.
*coniac (Dom), bénédictin et écrivain français, né à Rennes, en 1731, mort à Paris, en 1802. Il était de la congrégation de Saint-Maur. Il commença la Collection des conciles de Francet achevée par dom Labat; Parie, 1785, in-4°, et publia, en collaboration de dom J.-P. Deforis, la Collection des œuvres de Bossuet; Paris, 1772-1790, 18 vol. in-4«\
Cbaudon et Delaadine, Nouveau diction*, historien»
* CONIGLIANO - GLAERNTBAL ( JacqveS-
Marie-Jaseph)t général français, né le 6 octobre 1751, mort le 9 mars 1795. Il se signala pen-
CONIGLIANO — CONMOR
dant le siège de Lille, et, après avoir exercé les fonctions de général de brigade, commandant la division du centre an blocus de Maestricht en février 1793, il fut confirmé dans ce grade le 8 mars suivant, et sut soutenir, à la tête de trois escadrons, la retraite depuis Bazange jusqu'à Liège , et sauver un bataillon français isolé qui allait tomber au pouvoir de la cavalerie hollandaise. Coiiighano-Clarenthal, qui s'était trouvé à toutes les a/foires qui eurent lieu dans la retraite de la Belgique, tomba atteint (22 mars 1793) de deux coups de canon, qui lui enlevèrent une cuisse et le poignet droit. Le nom de ce général, mort à Compiègne, des suites de ses blessures, est inscrit sur les tables de brome du palais de Versailles. À* Sâuzay.
Jrchims au ministère de la guerre.
* coraux {David »b) , peintre flamand, né à Anvers, en 1636, mort à Rome, en 1689. Il était élève de Jean Fyt, et comme lui peignait les animaux, les fleurs, les fruits et surtout les oiseaux. Sa touche se fait remarquer par sa facile fermeté; sa couleur est naturelle et vigoureuse. Coninck visita la France, et alla s'établir à Rome en 1668. H y reçut le surnom de Remetaér : mot qui fait allusion, dit Descamps , aux lapins qu'il se plaisait à mettre dans tous ses talufianx; Coninck y plaçait également toujours un tapis. On voit beaucoup de ses toiles à Amsterdam; on cite ailleurs un Jardin avec fontaine et animaux domestiques, galerie Baut, à Gond; — un tableau représentant une quantité à'oissaux vivants et morts , à Bruxelles;
— une Vue de Hollande, dans la même ville;
— le chef-d'œuvre de Coninck est à Bruges, dans le cabinet de M. Waepenaêrt On y voit des cygnes vivants, du gibier et des poissons de
, Fit des eeintvu flamands* II» ut.
*co*i*c& (Gilles de) , théologien flamand, né à Baflleul, en 1571, mort à Louvain, en juin 1633. Il était disciple de Lessius, entra dans la congrégation des Jésuites, et professa pendant plusieurs années la scolastkrae à Louvain. Ses principaux ouvrages sont : Commentariorum oc disputationum in universam doctrinam J>. Thomx de saeramentis et censuris; Anvers, 1616 et 1619; Bouen, 1630, 2 vol. in-fol.; — de MortalUate, natura et effectibus actuum supernaturaliHm : et de JÙe, spe, charitate; Anvers, 1623, 2 vol. in-fol. — de Deo trino et incamato; Anvers, 1645, in-fol.
André Valère, BibliotAeca belçiea, pan prima, t*. — Ategambe, BièUoth. script. Soc. Jeta. — Oiaodon et DelaadlM, DUS. unéeerseL - Feiter, Dictionnaire M$terique. - Richard et Gfrind, Bibiiothéque sacrée.
* cohinck. (Salomon), peintre hollandais, né à Amsterdam, en 1609. Son père , Pierre Coninck, était un riche joaillier, bon connaisseur en peinture ; il plaça son fils , âgé de douze ans, chez David Colyn , pour y apprendre le dessin. Salomon Conmck passa ensuite dans l'atelier de
François Vernando , puis dans celui de Nicolas Môyart En 1630 il lut admis dans la Société des peintres d'Amsterdam. Coninck peignait l'histoire et le portrait H a beaucoup travaillé pour la cour de Danemark, et ses tableaux sont répandus dans tous les musées de l'Europe. Ses principales toiles sont : Tarquin et Lucrèce, qui taisait partie de la galerie Hnyde-Kooper; — David et Bethxabée, au roi de Portugal; — les Regrets de Judas ; — Salomon adorant les idoles , galeries Bruining et Jean Luyken , etc.
DeaeaBpa, Fies des peintres hollandais, II, t.
«cOHUfOTOit (John), théologien anglais, mort à Cambridge, en 1330. Il prit déjà âgé l'habit de frandscam, et devint néanmoins provincial de son ordre, n défendit vivement la papauté contre les attaques de Ockam. Conington a laissé plusieurs ouvrages de théologie, tels que : Sermones solemnes in quadragesimam sancti GregorU; — de Magistro sententiarum; — de Christo domino, etc., etc.
P1U, rua iUmstr. Jnçlorum. - Morért, Grand die- Mflterd et Qtand, Bioerapmie
* GOBXur ( Albert-Jean ) , curé de Monning, en Bavière, à la fin du dix-septième siècle. B a laissé un volumineux et bizarre ouvrage de piété et de morale, écrit en allemand, et dont le titre peut se traduire ainsi : la Sagesse chrétienne du monde déplorant la folie du monde nouvellement découvert des fous etfaisanUpasser à rétamtneune multitude de fous, le tout mêlé de leçons morales et de passages de V Écriture Sainte. Cet écrit ne forme pas moins de sept tomes in-4* ; Augsbourg, 1708. Pour le composer, il a fallu avoir autant de patience que de zèle; mais ce zèle aurait pu trouver à s'exercer d'une façon plus profitable.
JOcher, JUç. GeL-Ls*.
*commoe, prince de la Domnonée armoricaine, qui régnait vers 540-554 sur le pays s'étendent des montagnes Noires à celle d'Arrez, et dont la résidence principale semble avoir été Ker-Haès (aujourd'hui Carhaix), avait déjà étendu sa domination jusque sur le bord septentrional de la tade actuelle de Brest, lorsque la mort de Waiham, autre prince de la Domnonée, lui parut une occasion favorable d'assouvir son ambition, en rangeant sous sa puissance tous les princes indépendants de ce pays. Dans ce but, fl vint trouver Childebert Ier, roi de Paris, qu'il présumait devoir être bien disposé à seconder toute entreprise contre ceux de ces princes qui étaient dans une sorte de vassalité à l'égard de son frère Chlother. Fort de l'appui de Childebert , appui qu'il avait obtenu à force de présents, et en se plaçant dans sa truste ou vassalité privée, il commença par faire assassiner Jonas, fils de Biatham; et comme sa victime ne laissait qu'un fils , Judwal, encore au berceau, il envahit la Domnonée, et imposa son alliance à la veuve du roi assassiné. Judwal aurait peu tardé à éprouver le sort de son père
CONMOR — CONNEAU
si des aérateurs dévoués n'avaient réussi à le conduire auprès de ChUdebert, qui se trouva ainsi tenir Conmor dans sa dépendance absolue et en mesure de lui susciter des embarras sll tentait de rompre avec lui, comme tout annonçait qu'il l'eût Ait en cas de succès. Conmor se résigna alors à n'être que le lieutenant de ChUdebert. Irrité d'être réduit à cette position subalterne, il lâcha la bride à sa barbarie et à sa violence', dont tons ses sujets, ceux même qui étaient le plus vénérés, ne purent se garantir. IF s'adonna surtout à une débauche effrénée. Au rapport unanime des traditions et des documents écrits, il égorgeait ses femmes dès qu'elles étaient enceintes , et il en massacra ainsi un grand nombre. On cite entre antres la veuve de Jonas, qu'il avait épousée pour colorer son usurpation, et la belle et douce Triffine, fille de Waroch Ier, qui ne lui avait été accordée qu'après qu'il eut fait serment de se comporter en époux chrétien. Ce dernier meurtre mit le comble à l'indignation générale, qui trouva enfin un organe énergique et puissant. Les évoques de Bretagne, réunis en concile au sommet du Menez-Bré, dans les États mêmes de Conmor, fulminèrent son excommunication. Cette malédiction eut de prompts effets. Samson, évêque de Dol, informé de tous les crimes de Conmor, vint réclamer de Childebert la liberté de Judwal. H eut beaucoup de peine à l'obtenir; mais ayant enfin réussi, il conduisit le jeune prince dans une des fles de Jersey ou de Guernesey, et tous deux y attendaient les événements. La réaction fut moins prompte que ne l'avait cru Samson, parce que Conmor était aussi craint que détesté. A la fin, cependant, il se forma une armée à la tête de laquelle Judwal attaqua l'usurpateur, le défit et le tua, soit, suivant les uns, dans une première rencontre , soit , suivant d'autres , après deux défaites successives, dans une bataille livrée, vers 554, dans la grande lande de Brang-Halteg (branche de saule K voisine du couvent du Rebecq, dans les montagnes d'Arrez. Conmor laifisait un fils de son nom, qui régna tranquillement dans le comté de Potren; quant à lui, il a si profondément ému l'imagination des peuples bretons, qu'ils en ont fait l'original de Barbe- Bleue, et qu'aujourd'hui encore ils l'appellent Comorau milignet (Conmor le maudit).
P. Levot.
Fie* de* SS. de Bretagne, d'Albert (e Grand et de P. Lobiocau. — U. MabiUon, Acia ord. S. Bened., v. Samson. - M. de La Borderlc, Biogr. bref., t. 1er, p. 548-553.
commit (François db), seigneur de Coulon, jurisconsulte français, natif de Paris, mort dans cette ville, le 1er septembre 1551. Fils d'un maître des comptes, il fit ses études à Orléans et à Bourges, et eut pour maîtres Pierre de L'Étoile et Alciat. Il devint un des jurisconsultes les plus distingués de son temps, et François Ier le nomma maître des requêtes. Une mort prématurée l'empêcha de mettre à exécution le pro-
jet qu'il avait conçu de réduire en corps de doctrine la science des lois. Il réalisa en partie son plan, dans son ouvrage intitulé : Commentaria juris civilis; Paris, 1538, in-fol., édité par son ami Louis Leroy et dédié au chancelier de L'Hôpital. Une autre et plus ample édition de cet ouvrage est celle de Baie, 1662. Plus élégant que les jurisconsultes antérieurs , et en même temps plus érudit , il attache trop d'importance à l'étymologie et à la propriété des mots. Cujas le traite avec assez de sévérité, et le trouve peu judicieux.
Morbofit» PolvAUtor, III. - DeaeuarU, le* SHcle* littéraire*.
;conxsau (Henri), médecin français, naquit en 1803, à Milan, pendant l'occupation française. Fils d'un employé supérieur dans l'adtainistration militaire et d'une mère italienne, il résida d'abord à Florence, et pendant le cours de ses premières études médicales il devint le secrétaire particulier du roi Louis Bonaparte. Quelques années plus tard, il commençait à exercer la médecine à Borne, lorsque éclata dans cette ville le mouvement iiisuiTectionnel de 1831. L'un de ses amis, blessé et poursuivi , trouva chez lui un asile et des soins, en dépit d'une ordonnance du gouvernement papal qui défendait aux médecins de secourir les révoltés, sous peine d'être considérés comme complices. Craignant avec raison une visite domiciliaire, M. Gonneau quitta secrètement Borne, et se réfugia à Marseille. La reine Hortense l'appela alors près, d'elle, et lui confia le soin de sa santé. Connaissant, par l'expérience du malheur, tout le prix d'un dévouement réel, elle recommanda son médecin à son fils, et fit promettre an docteur Conneau de ne jamais abandonner le prince Louis-Napoléon , aujourd'hui empereur. M. Conneau tint parole; après l'affaire de Boulogne, il aima mieux se faire condamner que de quitter le prince. Il le suivit au fort de Ham, partagea et adoucit pendant six ans sa douloureuse captivité, et sut enfin y mettre un terme , en secondant son évasion. On connaît l'intelligente coopération de M. Conneau au déguisement et à la mite du prince, le sang-froid et la présence d'esprit avec lesquels il sut entretenir l'illusion du gouverneur jusqu'à ce que le noble fugitif eût gagné la frontière. M. Conneau subit pour ce fait une nouvelle condamnation; et dès qu'il fut libre, il alla, fidèle à sa promesse, rejoindre en Angleterre le fils bien aimé de la reine Hortense. Ne voulant pas augmenter les nombreuses charges du prince, il reprit l'exercice de la médecine, et joignit i sa • clientèle celle de M. Berner-Fontaine.
La révolution de 1848 et les événements qui survinrent ramenèrent en France M. Consean à la suite du prince. A l'avènement de Napoléon m, M. Conneau fut nommé premier médecin de l'empereur, chef du service de santé de la maison impériale, et directeur général des dons et se-
1§l CONWEAU
cours de kart majestés. Homme d'étade etde science, M. Conaeeu possède un profond esprit d'anaryst et dmvestigatioo, qw Ta mi* sur la voie de découvertes précieuses en électricité et en tnétéorotogie. Il a imaginé diverse» méthodes et mstraroents de précasiea» qu'il s'empresse , avec une rare modestie, de montrer aux savants.