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proqoeqaeles naturels d'Otaïti ; car site n'avaient pas de bonne foi entre eux, ils ne seraient pas aussi disposés à croire à celle des étrangers. » Cook était donc plein de confiance dans les bonnes dispositions des naturels; un fait vint mettre le comble à la bienveillance mutuelle. Les prêtres de l'île résolurent de placer le capitaine anglais au rang de leurs dieux. Après lui avoir fait subir une cérémonie assez ridicule , ils le divinisèrent sous le nom d'Orono. Depuis cette époque, toutes les fois que le capitaine Cook descendit à terra, il fut accompagné de l'un des prêtres, lequel marchait devant lui proclamant qu'Orono était débarqué, et que le peuple eût à se prosterner la face contre terre. Un autre prêtre ne manquait jamais non plus de raccompagner sur l'eau ; il se tenait à l'arrière du canot , une baguette à la main, et avertissait les naturels qui se trou* vaient dans leurs pirogues de rapproche du commandant. Les rameurs abandonnaient à l'instant leurs pagayes, et se couchaient ventre à terre jusqu'à ce qu'il rot passé. Les chefs inférieurs demandaient souvent à présenter une offrande à Orono : lorsque cette permission leur avait été accordée, ils offraient un cochon avec toutes les apparences de la timidité et de la frayeur. Du* rant ee temps, Koah, Kaireekena et les autres prêtres chantaient des hymnes. Les politesses des ministres de le religion ne se bornèrent pas cependant à de pures cérémonies : ils donnaient chaque jour a terre et a bord des cochons et des végétaux en quantité et avec la plus grande exactitude ; ils ne demandaient jamais rien en retour, même d'une façon indirecte. Lorsque les Anglais voulaient savoir qui faisait les frais d'une telle munificence, on leur répondait que c'était Kaoo, chef des prêtres , alors en voyage avec le roi Terreeoboo. Quelque temps après Cook reçut la visite de ces deux grands personnages et de leur suite. Des présents furent échangés avec cordialité; seulement Terreeoboo déclara les Anglais tabous (sacrés, interdits pour les femmes), « c'est-à-dire, rapporte le lieutenant King, historien de ce voyage, que, par des raisons que nous ne pumas découvrir, il leur fut défendu de sortir de leurs habitations et de nous fréquenter ». n est facile de suppléer à la perspicacité du lieu* tenant King. Cette mesure prouvait dans les naturels d'Owhyhee une moralité et une intelligence que n'avaient pas eues les habitants des contrées découvertes jusque là par les Anglais.
La tranquillité réciproque fut troublée par quelques vols ; mais leur répression n'amena aucun acte d'une gravité inquiétante. Un cancanier anglais , William Watman, étant mort à bord d'une attaque de paralysie, fut, sur la de* mande du roi Terreeoboo, enterré dans le marai (cimetière, lieu sacré) de 111e. Après que ses camarades lui eurent rendu les honneurs funèbres, les prêtres de l'Ile célébrèrent les funérailles à leur manière, mais de la façon la plus respectueuse. Durant trois nuits ils sacrifièrent
sur son tombeau, et y chantèrent des 1
Déjà les naturels s'inquiétaient de l'époque du départ des Anglais. « Je voulue savoir, dit King, l'opinion que les habitants s'étaient formée de nous; je me donnai quelque peine pour satisfaire ma curiosité, mais je ne découvris rien, sinon qu'Us noue supposaient oriav naires d'un pays où les provisions avalent manqué , et que nous étions venus les voir uniquement pour remplir nos ugnfrei. LameJcreur de quelques personnes de l'équipage, l'appétit avec lequel nous mangions leurs provisions fraîches, les soins extrêmes que nous preno» pour en embarquer une quantité considérante, semblèrent confirmer la justesse de leur opinion. H était assez plaisant de les voir toucher les flancs et tapoter le ventre des matelots, qui prirent réellement de l'embonpoint durant notre courte relâche sur cette tle, et les avertir par signes ou verbalement qu'il était tempe de nous en aller; mais que si nous revenions à la saison prochaine du fruit à pain, ils seraient nias en état de pourvoir à nos besoins. Noos étions depuis seize jours seulement dans la baie; et si Von songe à la quantité énorme de cochons et de végétaux que nous consommions, on ne sera pas surpris qu'ils désirassent notre départ » Les vaisseaux ayant été réparés, démarèrent le 4 février 1779. Les naturels firent à leurs hôtes les adieux les plus affectueux, et Terreeoboo leur offrit un troupeau de cochons et dea monceaux énormes de végétaux. Cook lui-même fut étonné de la valeur de ce riche présent, « qui surpassait de beaucoup tout ce qu'il avait reçu an lies des Amis et de la Société ». Il fit transporter ces vivres à bord, et se proposa d'achever la reconnaissance de l'archipel; iraH un gros temps, qui dura quelques jours, démâta laftésolution, et força le navire à chercher de nouveau un abri sur les cotes d'Owhyhee.
Aucune biographie n'a encore donné les détails exacts de la mort de Cook, ni les causes qui ont amené ce meurtre: ce fait a trop d'importance pour le chercher ailleurs que dans le récit même du lieutenant King, ami et compagnon de Cook, témoin oculaire du drame qui va suivre.
Le 11, les deux vaisseaux anglais remirent le mouillage qu'ils avaient déjà occupé dans la baie de Karakakooa (1).
Cette journée et celle du lendemain furent employées à déplacer le mât de misaine et à renvoyer à terre avec les charpentiers. On dressa aussi l'observatoire de King. « Nous nous aperçûmes avec étonnement, dit cet officier, que les
(t) Cette baie est «Ruée s*. eêU ooolemtal de 111e d'Owhyhee, dans un district appelé ^koua; elle a environ an mille de profondeur, et se trouve bornée par deux pointe* de terre basses, éloignée* l'une 4e fantre d*ue lien* et dévale. Le vUUg* de Xotoroice occupe la notatt septentrionale, et une autre bourgade, plut considérable, Kàkooa , le fond de la baie. Le rivage est bordé de corail noir et «Ton accès dlttcUe, eicepté devant Iafco?v
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insulaires n'étaient ptas les mêmes à notre égard : nous n'entendions point de cris de joie, il n'y avait ni bruit ni foule autour de nous, la baie était tranquille et déserte ; ça et là une embarcation glissait rapidement le long de la cote} l'hospitalité aimable avec laquelle on nons avait toujours traités, les témoignages d'amitié et de bienveillance que nous avions reçus à notre départ nous avaient fait espérer un autre accueil. Enfin nous apprîmes que Terreeoboo était absent, et avait misle tabou sur la baie. » Cette mesure eût dû éclairer les Anglais sur les dispositions des naturels, qui, dans leurnaivetésoupçonneuse, ne voyaient pas sans crainte le prompt retour de leurs botes faméliques. H n'en fut rien, et le retour du roi sembla d'abord rétablir tes anciennes relations. Le 13 tes insulaires devinrent menaçants, s'armèrent de pierres, et voulurent empêcher plusieurs de leurs compatriotes d'aider les Anglais à charger des tonnes d'eau. Cook, informé de ce fait, ordonna de tirer à balle sur les récalcitrants; une décharge de mousqiieterie faite sur un voleur annonça bientôt que ses mesures énergiques étaient mises à exécution. L'officier commandant la pinasse de la Découverte crut devoir saisir une pirogue appartenant à Pareea, jakanee ou chef, qui s'était jusque alors montré très-dévoué aux Anglais ; il réclama sa propriété, en protestant de son innocence. L'officier refusa de lui rendre la pirogue ; il en résulta une dispute très-vive, dans laquelle Pareea fut renversé d'un coup de rame sur la tète. Les insulaires, jusque alors spectateurs paisibles, firent pleuvoir une grêle de pierres sur les Anglais, qu'ils contraignirent a fuir à la nage, puis s'emparèrent de la pinasse, qu'ils pillèrent et qu'ils auraient détruite sans la généreuse intervention de Pareea. Ce jeune chef écarta la foule, rappela les matelots, leur fit rendre leur embarcation ainsi que ce qui en avait étt dérobé. Cook, en apprenant cette scène, s'écria : « Je crains bien que les insulaire» ne me forcent à des mesures violentes, car il ne faut pas leur laisser croire qu'ils ont eu l'avantage sur nous. » Mais comme il était trop tard pour entreprendre quelque chose le soir même, il se contenta de donner l'ordre de chasser tout de suite et indistinctement tous les naturels qui se trouvaient à bord. Cette sévérité indisposa les Indiens, qui dans la nuit volèrent la chaloupe de la Découverte, en coupant la bouée a laquelle elle était amarée. Le matin Cook résolut d'amener à bord le roi et les principaux éarées (chefs) et de les détenir comme otages jusqu'à ce qu'on lui eût rendu son embarcation. Il douna l'ordre d'arrêter toutes tes pirogues qui essayeraient de sortir de la baie. Son projet était de 4ee détruire, si les moyens pacifiques ne réussissaient pas. Il plaça à cet effet les petites embarcations de la Résolution et de la Découverte, bien équipées et bien armées, en travers de la baie, et fit tirer quelques coups de canon sur deux grandes pirogues qui essayaient d'échap-
per. Ayant chargé lui-même son fusil à deux coups, il monta la pinasse, et fit naviguer vers la terre. A iw-chemin, il héla la chaloupe de la Résolution, qui était en station à la pointe sep» tentrionale de 111e; l'ayant prise avec lui, il débarqua au fond de la baie, ainsi que le lieutenant des soldats de marine, Philips, et neuf soldats. Avec ce nombre d'hommes, évidemment trop faible pour accomplir par la force le projet énergique qu'il méditait, Cook marcha droit au village de Kovrrowa, résidence du roi. Il y reçut les marques de respect qu'on avait coutume de lui rendre ; les habitants se prosternèrent devant lui, et lui offrirent de petits cochons selon leur usage. S'apercevant qu'on ne soupçonnait pas tes motifs de son débarquement, il s'informa du Heu où se trouvaient Terreeoboo et sa famille. On s'empressa d'avertir les deux fils du roi, qui ne tardèrent pas à arriver et conduisirent surle-champ Cook à la maison où leur père était couché. Ils y trouvèrent le vieux roi endormi : le capitaine dit quelques mots sur le vol de la chaloupe, dont il ne supposait pas au surplus le roi complice, puis il invita ce prince à passer la journée à bord de la Résolution. Ter* reeoboo accepta la proposition sans balancer, et se mit aussitôt en route. On atteignit paisiblement le rivage i déjà les deux fils dn roi étaient dans la pinasse et le reste de la troupe se disposait à rembarquement, lorsqu'une vieille femme appela à grands cris Kanee Kabareea, mère des princes et l'une des épouses de Terreoohoo. Celle-ci s'approcha du roi, et employa les larmes et les prières tes plus ardentes pour l'empêcher de se rendre aux vaisseaux. En même temps deux chefs arrivés avec elle retinrent le roi, lui démontrèrent son imprudence, et le contraignirent à s'asseoir par terre. Les insulaires, alarmés par le canon et les préparatifs hostiles qu'ils voyaient dans la baie, formaient des groupes sans nombre sur le rivage ; ils se précipitèrent en foule autour de leur roi. Le lieutenant PhiUps, voyant ses soldats trop pressés par la multitude pour se servir de leurs armes, proposa à Cook de les ranger en bataille le long des rochers sur la bord de la mer : les naturels lui ayant fait passage sans difficulté, il se posta à environ trente verges du lieu de la contestation. Cook continuait de presser le vieux roi de s'embarquer; celui-ci, la frayeur et l'abattement sur le visage, semblait disposé à suivre le capitaine; mais les chefs qui l'entouraient, après avoir épuisé les conseils et les prières, eurent recours à la force pour le retenir. Cook, voyant qu'il n'était plus possible d'accomplir son projet sans verser le sang, dit à Philips qu'il y renonçait. Il quitta le roi, et se mit à marcher paisiblement vers les embarcations. Les canots placés entravers de la baie ayant tiré sur des pirogues qui essayaient de s'échapper, un chef de premier rang fut tué. La nouvelle de sa mort arriva dans ce moment, et excita une vive rumeur parmi tes
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