‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 86 sur 133 · GOOK — COOKE · texte numérisé non relu

GOOK — COOKE

Ainsi se termina -a carrière d'un des hommes qui ont le plus honoré l'Angleterre. Après Chris- . tophe Colomb, Cook est certainement le navigateur qui a acquis le plus de popularité, et cette popularité peut donner la mesure de son mérite. Sa vie fut remplie par des entreprises si importantes et si avantageuses pour l'humanité, qu'on ne peut dire que sa mort fut prématurée : il avait assez vécu pour accomplir les grandes choses auxquelles la Providence l'avait destiné. SU rat enlevé aux jouissances et an repos qui devaient être la suite de ses travaux, sa gloire restera immortelle.

James Cook semblait avoir été prédestiné pour sa mission ; la nature en avait fait en quelque sorte rhomme de tous les climats. Sa taille était de plus de six pieds (anglais) (1). Son extérieur, quoique avantageux, n'avait rien de remarquable. H avait la tête petite, les cheveux châtain foncé, le nez parfaitement fait, les yeux bruns, vifs et perçants, les paupières très-épaisses. Sa physionomie exprimait l'austérité. Sa constitution vigoureuse, endurcie par le travail, était capable de supporter les plus grandes fatigues. Son estomac digérait sans peine les aliments les plus grossiers. Il se soumettait aux privations de toutes espèces avec une indifférence si parfaite , que la tempérance ne paraissait pas être une vertu pour lui. Son esprit avait la trempe vigoureuse de sou corps : un sang-froid admirable dans les dangers accompagnait toujours son courage intrépide et calme; ses mœurs et ses manières offraient de la simplicité et de la franchise. Malgré sa rudesse naturelle, les douces émotions de la famille étaient loin de lui être inconnues. Durant le cours de son dernier voyage, il répétait à ses amis. « Le printemps de ma vie a été orageux, mon été est pénible; mais j'ai laissé dans ma patrie un fonds de joie et de bonheur qui embellira mon automne. » L'homme le plus capable peut-être d'apprécier Cook porte au sujet du navigateur anglais le jugement que voici :

« Le nom de Cook, écrit Dumont d'Urville, rappellera perpétuellement aux marins et aux géographes des nations civilisées le navigateur le plus illustre des siècles passés et futurs. Nul ne rendit de si grands services à la navigation, et l'état actuel de nos connaissances ne permettrait pas à un homme, même supérieur à Cook, d'arriver au même degré de supériorité. Hors des connaissances relatives à son état, Cook n'était certainement qu'un homme fort ordinaire; et l'on sait aujourd'hui à quoi s'en tenir sur son humanité tant prônée. D'un tempérament naturellement taciturne et mélancolique, il était dans sa justice d'une inflexible sévérité, qui tenait souvent de la dureté et de l'opiniâtreté. Ses démêlés avec les Forster (voyez ce nom) et les châtiments rigoureux qu'il infligea souvent

(1) Cinq pieds dix ponce» on an mètre 79 centimètre*

aux peuplades qu'il visitait attestent ces dispositions de sa part, malgré le soin qu'ont pris les Anglais pour étouffer eu pour dissimuler ces incidents. Mais aussi ou peut avouer que jamais navigateur ne conçut avec plus de talent un projet de campagne, ne le poursuivit avec plus de constance, et ne l'accomplit avec plus d'habileté et de succès que le capitaine Cook. En tlui la nature semblait avoir formé le véritable type du marin , et nul n'a honoré autant que lui ce métier pénible, plein de dégoûts et d'ennuis pour qui veut en remplir dignement les devoirs. Sous ce rapport, nous le répétons, Cook figurera éternellement à la tête des navigateurs de tous les siècles et de toutes les nations. »

Le premier voyage de Cook Ait rédigé sur son journal et sur celui de Banks, par Hawkesworth, Londres, 1773, 3 vol. in-4°, avec atlas. Suard le traduisit en français; Paris, 1774 ,

4 vol. in-4°, ou 8 vol. in-8°, avec cinquantedeux cartes ou gravures. — La relation du second voyage , écrite par Cook lui-même, et comprenant la relation du capitaine Furneaux, parafa Londres, 1777, et 1779, 2 vol. in-4% avec atlas et nombreuses gravures. Elle Ait en* core traduite en français par Suard ; Paris, 1778,

5 vol. in-4° avec atlas, ou 6 vol. ln-8°. — L'ouvrage de George Forster : Voyage round the world in his B. M. sloop Résolution , Londres, 1777, 2 vol. in-8°, en forme le complément naturel. — Le troisième voyage de Cook, rédigé et continué par le lieutenant King, parut en anglais, Londres, 3 vol. in-4% avec atlas ; trad. en français par Demeunier, Paris, 1785, 4 vol. in-4°, ou 8 vol. in-8°. Ces voyages ont été réimprimés depuis dans toutes les collections de voyages et traduits à peu près dans toutes les langues. — Le portrait de Cook a été peint avec beaucoup de ressemblance par Dance et reproduit en gravure d'une manière parfaite par Sherwin ( I ). Alfred db Lacabb.

M. Glanelll, Blogto del capit. Kook; Florence, 1TSS, lu-4». — Leraontey, Éloge de Cook (OBuvres, lWfc t. lin. - William Smith, fofaçts autour du monde, II, III, IV et V. - VanTenac, Hlst, çén. de la marine. - Philippe Buacbe , considérations géographiques et physiques.

cook. Von. Cokb.

cookb (Edouard), homme d'État anglais, mort à Londres, en 1820. Fils du prévôt du Collège du Roi à Cambridge, où il termina ses études, commencées a Eton,il devint, vers 1778, secrétaire particulier de sir Richard Héron, alors secrétaire lui-même du comte de Buckingham, lord-lieutenant d'Irlande; il fut pourvu, sous le duc de Rutland , de l'emploi de premier greffier

(i) On vient d'abattre à Gateabead (faubourg de New-Castle)' la maison qo'babltalt Cook en 17*1; mata la chambre dana Laquelle 11 a demeuré a été rellgleusement conservée. On l'a démontée, et on l'a transportée dans nn pavillon da Jardm de la nouvelle habitation . construit «près. Les mura de cette chambra , de trèspauvre apparence, sont couverts de figures de géométrie et d'astronomie dessinées par Cook alors qo'UéUlt enfuit.

COOKE — GOOLHAAS

de la chambre des communes d'Irlande. En 1789 il fut nommé secrétaire du département de la guerre dans ce pays, et obtint en même temps un siège au parlement. Il fut secrétaire du département civil sous le comte de Camden, et garda cet emploi jusqu'à la réunion des deux pays, à laquelle il contribua par ses actes et ses écrits. C'est dans ce sens qu'il dirigea un journal, la Sentinelle. Reyenu en Angleterre après Pacte d'union, il fut nommé par lord Castlereagh, qu'il avait secondé en Irlande, secrétaire d'État de l'intérieur et des affaires étrangères, puis il accompagna au congrès de Vienne cet homme d'État. Il quitta les affaire&en 1817, après quarante ans de services administratifs. On a de lui : Argument pour et contre une union entre la Grande-Bretagne et V Irlande.

Ann. regitter. - Biog. itr. - Galerie. des contemp.

cooke (George), graveur anglais, né à Londres, en 1781, mort en 1834. Élève de Basire, il s'acquit bientôt lui-même une grande réputation. On l'employa d'abord à faire les planches d'un ouvrage contenant des vues d'Angleterre et de France. En 1822 il fut chargé, avec un antre artiste, du nom dé Moses, de l'illustration de la Bible d'Oyley et de Mant. En 1833 il publia une série d'estampes représentant les ponts de Londres ancien et nouveau. Il lut secondé dans ce travail par son fils, Edouard William Cooke. Cet artiste peut être considéré comme un des meilleurs de l'école anglaise.

Rote, New biog. dict.

cooke (Henri), peintre anglais, né en 1642, mort en 1700. Il fut élève de Salvator Rosa. A son retour d'Italie en Angleterre, il rat attaché en qualité de peintre à la maison de sir G. Copley, dansleYorkshire. Un duel qu'il eut au sujet de sa maîtresse, et qui entraîna la mort de son adversaire, le porta à fuir en Italie, où il resta caché pendant sept ans. 11 osa néanmoins reparaître en Angleterre, où il fut activement occupé. Charles II lui confia la restauration descartons de Raphaël, et il fit le portrait équestre de ce prince. Il peignit aussi quelques fresques.

» Walpoie, Anecdotes. - Nagler, New* Allg. Kûnttl.* Lexie.

cooke (Thomas), poète anglais., né vers 1702, à Braintrée, dans le comté d'Essex, mort le 20 décembre 1756. Il fut élevé à l'école de F el- Rted. A l'âge de dix-neuf ans il publia les œuvres d'Andrero Marvell, et les dédia à lord Pembroke. Ce seigneur prit Cooke en affection, et lui fournit d'excellentes notes pour sa traduction à' Hésiode, publiée en 1728. H traduisit encore Térence, Cicéron, de Natura deorum, et V Amphitryon de Plaute. H écrivit aussi pour le théâtre cinq ou six pièces, dont il ne tira, dit un biographe anglais, ni honneur ni argeut. Il fit, en collaboration avec MotUey, une farce intitulée Pénélope. C'était uue parodie de la traduction nou- Telle de X Odyssée par Pope. Ce poète, irrité, mit le parodiste dans sa Dunciade. On a encore de

Cooke des lettres à l'évèque de LîchfieW sur la conduite des quakers ; à la reine, sur la liberté, et d'autres traités, aujourd'hui oubliés.

J. Maw bey, lAfe ef Cooke. - Gentleman'* magaiir*.

coom* (Guillaume), jurisconsulte anglais, né à Londres, en 1757, morten 1832. Après avoir été élevé aux environs de sa ville natale, il s'appliqua à l'étude de la jurisprudence. En 1785 5 publia l'ouvrage qui commença sa réputation, et qui avait pour titre: CompendUnu System o/ the bankrupt-laws, with an appendix o) practical précédents ; in-8°. Ce traité eut trois éditions. Il parut au barreau en 1790. Lord Eldon lui donna l'emploi de commissaire des faillites (commissioner ofbankruptcy), qull remplit pendant plusieurs années. Plus tard, la goutte l'obligea de renoncer à la vie active; il ouvrit alors un cabinet de consultations. Il se retira entièrement de la pratique des affaires en 1825.

Rose, New. biog. dict.

cooke (Thomas), illuminé anglais, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième sièclr. Au sortir d'Oxford, où il avait (ait ses études, il obtint un bénéfice ecclésiastique dans M province. Son esprit tourna dès lors au mysticisme, et sa vie ne fut plus qu'une longue suite d'extravagances. Il se fait circoncire , prétend que tout doit être commun entre les hommes, et agit en conséquence; c'est-à-dire qu'on le voit entrer, par exemple, dans une taverne, s'emparer de ce qui est servi pour d'autres et prouver, à grand renfort de textes, que c'est bien là son droit; puis, jeté ainsi sur le grand chemin de BedUm , il y est enfermé trois ans, et se rend d'Angleterre en Ecosse, sans autre viatique que les aumônes qull recueille sur sa route. Secouru à Dublin en 1760, par quelques membres du collège de la Trinité, il s'arrêta quelque temps en Irlande, où il écrivit des pamphlets inintelligibles; puis il revint en Angleterre, passa à Oxford et à Londres. D se rat bien rendu en Amérique, n'eût été l'état de ses finances. Sa mort, causée par l'idée qu'il eut, digne de toute sa vie, de s'appliquer le traitement d'Origène, arrêta le cours de ses extravagances. Outre ses pamphlets signés A. ( Adam), £. (Emmanuel), M. (Moiae),onade lui: le Roi ne peut errer .(the King cannot erre), comédie; 1762; —V Ermite converti, ou lafiUe de Bath mariée, comédie, 1771 ( the Hermitcoth verted, or the mad of Bath married). Ces pièces n'ont pas été représentées. .

Balcr, Biog. dram.

*cool (Laurent \ au), peintre hollandais, vivait vers 1 510. Il excellait à peindre sur verre, et est surtout connu par les vitraux de la chapelle du conseil privé de Delft Les portraits des conseillers y sont peints en grandeur naturelle et armés de pied en cap.

Descampf, Fies des peintres hollandais. - Q»odon et DeUadine, Dictionnaire universel.

coolhaas (Gaspard), théologien allemand, néà Cologne, en 1536, mort àLeyde, en 1615. Il

était ministre protestant. Après avoir desservi plusieurs églises, il fut nommé à Leyde, en 1675, présida à l'inauguration de l'université de cette ville, et y enseigna provisoirement la théologie, jusqu'à l'arrivée de Guillaume Fougereau, professeur titulaire. Goolhaas eut plusieurs discussions avec ses collègues : il soutenait, contre Pierre CorneUsaen, que l'intervention du magistrat dvU était nécessaire dans l'élection des anciens et desdiacres. « Cette contestation, dit Brandt, tut l'origine de toutes les dissensions qui se sont élevées dans la suite touchant l'autorité du gouvernement civil dans les matières eecléaastiques. » Goolhaas défendit ensuite, contre Lac Stespe, ce point de tolérance si intéressant: qull faut reconnaître pour frères tous ceux qui acceptent les points fondamentaux. Il n'approuvait point le dogme de la prédestination absolue. En 1578 le synode de Middelbourg déclara les écrits de Coeihaas scandaleux, inconséquents, contraires à la saine doctrine, et condamna leur auteur à un désaveu public. Coolbaas en appela aux états de Hollande, qui confirmèrent la sentence synodale et lui interdirent l'exercice de son ministère. Le bourgmestre de Leyde soutint Coolhaas dans son hétérodoxie, et^malgré une nouvelle excommunication du synode de Harlem, continua à lui payer ses appointements. Au bout de deux ans , Goolhaas ne voulant pas rester a la charge de la ville, s'établit distillateur. Cette détermination ramena la paix dans l'Église de Leyde. Coolhaas a laissé un grand nombre d'écrits polémiques ou apologétiques de ses sentiments; ils sont maintenant oubliés.

Frehtr, Theatrum enditor. — Arnold, Kirchm une XeUer hist. — Schroeckn, Kirehengesch. seit der Reform.

goolhaas (Guillaume), théologien hollandais, de la famille du précédent, né a Deventer, le 11 novembre 1709, mort à Amsterdam, en 1772. Il acheva ses études à TJtrecht, où il fut reçu docteur après avoir soutenu une thèse sur le sens des mots itiaxiç, icurràç, et ittoTsCeiv. Nommé ministre à Langerak, puis, en 1753, professeur de langues et antiquités orientales k Amsterdam, il fut, en 1755, appelé aux fonctions pastorales de la même ville. On a de lui : Oissertationes quibus analogia temporum et modorum hebrxx linguœ investigatur et illustratur ;—Observationes philologico-exegeticx inquinque Mosislibros historicos Veieris Testamenti ; — Dissertatio de interrogationibus in sacro codice hebrxo non temere admittendis; — Discours inaugural sur la nécessité de la philologie sacrée ( en latin) ; — et deux volumes de sermons en hollandais.

Crosc, Kerkelpken rtgitten der Predikanten „• te Amsterdam.

;coomar8 (Jean- Baptiste- fficolas) , avocat et littérateur belge, né à Bruxelles, en 1813. Il abandonna de bonne heure le barreau pour la presse politique, et fut successivement rédacteur du Journal des Flandres de 1833 à 1841, du <

COOLHAAS — CONINXLOO

Journal de Bruxelles jusqu'en 1845, et du Courrier dUnuersjusqu'en 1848. Éluà cetteépoque membre de la chambre des représentants de la Belgique, il reprit une part importante à la rédaction du Journal de Bruxelles. M. Coomans a beaucoup étudié l'histoire de son pays; il a fait de nombreuses investigations dans les sources flamandes et les vieilles chroniques locales. Partisan convaincu du système protecteur, il a traité d'intéressantes questions agricoles et industrielles. On a de lui : Histoire de la Belgigue, en flamand et en français; Gand, 1836, in-8°, avec cinquante -deux gravures; — jmehitde , épisode de l'histoire des Flandres • Gand, 1839,in-4*(2 vol., figures ),-Baudouin Bras de Fer; — le Moine Robert, roman; — la Clef d'or, Ibid.; — les Communes belges, roman politique; — Yonch, ibid.;— Étude sur les questions d'intérêts matériels à l'ordre du jour ; — H apport sur le défrichement de la Campine ; etc.

Dictionnaire du hommes de lettres de la Belgique. - Btographte générale du Belges.

! coomans {Pierre-Olivier- Joseph), peintre belge, né k Bruxelles, le 28 juillet 1816. Il fut élève de Van Hanselaére et de N. de Kayser, et peint avec talent l'histoire, le genre et le portrait. Il a passé plusieurs années en Algérie , et a visité le Sahara, afin d'y étudier la nature africaine. On cite de lui : Ossian et Malvina, composition colossale, tirée des poésies d'Ossian ; exposition de Bruxelles, 1 836 ; — un Mendiant; même exposition; — Saint Pierre, buste colossal Ibid. ; — un Moine repentant; ibid. ; — le Déluge; — le Repos de la Famille ; — la Dernière charge d'Attila à la bataille de Chdlons-sur-Marne ; — Paysage de la province de Constantine ; — Émigration de tribus arabes ; — Danseuses algériennes ; — la Bataille oVAscalon ; — la Prise de Jérusalem, etc. ; et beaucoup d'Illustrations, dans les ouvrages littéraires et historiques publiés en

Dictionnaire des artistes de la Belgique. -» Biographie générale des Belges.

coombb (Guillaume), littérateur anglais, né en 1741, mort en 1823. Il Ait élevé à Eton et à Oxford. Plus tard il dissipa dans les plaisirs une fortune considérable, ce qui le mit dans la nécessité d'écrire pour vivre. 11 publia toutes ses œuvres sous le voile de l'anonyme. On a de lui : the Diaboliad, poème qui eut beaucoup de succès; — the Royal registcr; 9 vol.; — thé Devil upon two sticks in Bngland; 4 vol. ; the Letters which passed under the name o/ lord Lyttleton; in-12; — a Descriptive account of the river Thames; in- fol ; — the Tour ofdoctor Syntax in search ofthe picturesque; ~ the Bnglish dance of Death;— the Dance oflife;—theffistoryofJohanny Qiue Genus, or the littlefoundling of the late Dr. Syntax. Rose, New biographical dietionary.

CONINXLOO — COOPER

goohinxloo (Gilles Dn), peintre flamand , ué à Anvers , ie 24 janvier 1644, mort dans la même ville, en 1G10. Il eut successivement pour maîtres Van Aelst fils, Léonard Kroês, qui peignait en détrempe l'histoire et le paysage, et enfin Gilles Mostaèrt. Il parcourut la France , et travailla plusieurs années à Paris et à Orléans. Son mariage le rappela dans sa patrie, dont la guerre vint le chasser ; il se réfugia à Frankendal, et y resta dix années; il revint ensuite se fixer à Anvers, pour n'en plus sortir. La touche légère de ses paysages, leur couleur agréable, leurs fond s toujours variés lui avaient assuré une grande réputation, et il peignit plusieurs tableaux pour le roi d'Espagne et l'empereur d'Allemagne. Ses ouvrages sont dispersés partout. On cite de ce grand maître une toile de seize pieds, galerie Roëtlants, à Anvers ;— des Paysages fort beaux, animés par des personnages, de Martin Van Cleef, à Amsterdam ; — tin Grand paysage, avec des figures et des animaux , également de Cleef, galerie Claêtz, à Naerden; — un autre Paysage sur bois, galerie Wyntgis, à Middelbourg; — le Paysage de la galerie de Vienne, considéré comme un chef-d'œuvre, — une Sainte Famille; — Saint Jean-Baptiste; — les Noces de Cana; etc., etc.

Detcampf, Fies des peintres flamands. - CUudon et Uelandtne, Dictionnaire historique. — Biographie générale des Beiges.

goopbe {Antoine- As ïiley), premier comte de Shaftesbury, ) , homme d'Etat anglais, né à V intWvn* "Wmborra Saint Giles, dans le comté de Dorset, en 1621, mort à Amsterdam, le 22 janvier 1683. H fut envoyé à l'Age de quinze ans au collège d'Exeter à Oxford. De là il passa à Lincolns-Iinn pour étudier le droit; mais avant d'avoir atteint sa dix-neuvième année il fut élu, par le bourg de Tewkesbury, député au parlement de 1640. Au commencement de la guerre civile, en 1642, il se déclara d'abord pour le parti du roi, et offrit n Charles 1er un plan pour ramener ses sujets révoltés à l'obéissance. Ce projet ne reçut qu'un commencement d'exécution , et échoua devant les défiances du monarque. Cooper, irrité, se jeta dans le parti des parlementaires, qui lui firent le plus cordial accueil. H leva des troupes dans le comté de Dorset, et, au mois d'octobre 1644, il s'empara de Wareham et des places voisines. Après avoir donné cette preuve de dévouement à la cause de la révolution, le jeune Cooper ne poursuivit pas plus longtemps la carrière militaire , et se fit élire sheriff (juge de paix ) du Wiltshire. Il sortit de cette position obscure après la dissolution violente du long parlement, et fit partie de la nouvelle assemblée convoquée par Cromwell. Membre du parlement de 1654, il fut un des députés qui protestèrent contre les mesures arbitraires du gouvernement; opposition qui ne l'empêcha pas d'être appelé par le Protecteur dans le conseil privé. Après la mort, de Cromwell, il flétrit sa mémoire dans un dis-

cours éloquent, et fit à son fils Kkhard une vive opposition. Lorsque celui-ci eut été renversé," Cooper, qui faisait parti dn parlement-croupion (rump parliament), fut nommé membre do conseil d'État et commissaire pour l'entretien de l'armée. Dans les intrigues politiques qui préparèrent la restauration des Stuarts, il joua un rôle beaucoup moins apparent, mais presque aussi important que celui de Monk lui-même. Membre très-influent du parlement réparateur ( healing parliament ) , il fut un des douze députés qui allèrent porter à Charles n l'invitation de venir occuper le trône de ses ancêtres. Nommé peu après conseiller privé et commissaire pour le jugement des régicides, il fut élevé à la pairie en 1661, sous le titre de baron Ashley of Winborne Saint-Giles. Il devint ensuite chancelier, sous-trésorier de l'échiquier et, après la mort du comte de Southampton , un des lords commissaires de la trésorerie. Tout en exerçant une influence considérable sur le gouvernement de son pays, Cooper prit moins de part qu'on ne le croit généralement à la déplorable politique de Charles II, et particulièrement au traité de Douvres. « Les principaux conseillers de la couronne, dit M. Macaulay, étaient à cette époque des hommes qui avaient justement acquis une notoriété peu enviable. Nous devons prendre garde néanmoins de ne pas charger leur mémoire d'une infamie qui revient de droit à leur maître. Le roi seul est responsable du traité de Douvres , qui Ait le résultat de ses conférences personnelles avec les agents français : il écrivit à ce sujet plusieurs lettres de sa propre main; ce fut lui qui en suggéra les articles les plus honteux , et qui en cacha soigneusement quelques autres à la majorité de son cabinet, de sa cabale, comme on l'appelait populairement. » On sait quelle fut l'origine de cette dénomination : en 1671 il arriva, par une bizarre coïncidence, que les initiales des noms des cinq personnes qui composaient le cabinet formaient le mot cabal (cabale). Ces cinq ministres étaient Clifford , Arlington, Buckingham, Ashley Cooper et L*udcrdale.

Ces trois derniers « étaient, ajoute Macau lay, des hommes profondément atteints dt l'immoralité épidémique qui avait corrompu tons les gens politiques de cette époque; mai* leur corruption variait selon les diversités de leur caractère et de leur intelligence... Avec une tête mieux organisée que celle de Buckingham et une ambition plus tenace et plus véhémente , Asliley ne s'était pas montré moins versatile; mais sa versatilité était le lait de son égoïsme, et non de sa légèreté. Il avait servi et trahi gouvernement après gouvernement; mais il avait si bien combiné ses trahisons, qu'au milieu de tant de révolutions sa fortune s'était constamment élevée. La multitude, frappée d'admiration pour une prospérité si constante, an milieu des dr

COOPER

7tt

do temps , lui attribuait comme un don de divination iuiraoutense , et le comparait a cet homme d'État des Hébreux dont il est écrit que son conseil était comme un oracle de Diea. » Immoral et versatile, Cooper était au Tond modéré, ami des libertés et de la religion de son pays; ce qui ne l' empêchait pas d'adhérer à la politique anti-nationale et anti-protestante des Stnarts et d'en subir les entraînements. En soutenant dans le parlement la déclaration de guerre à la Hollande, il prononça ces fameux mots : Delenda est Carthago. Comme cette guerre causait les plus graves difficultés financières, il proposa de s'en tirer par une détestable violation de la foi publique. A cette époque les orfèvres de Londres, qui étaient aussi banquiers , avançaient au gouvernement de fortes sommes d'argent : celles-ci étaient remboursées avec les intérêts à la rentrée des taxes. Près de treize cent mille livres sterling avaient été confiées à l'honneur du gouvernement. Tout à coup on déclara qu'on ne pouvait payer le capital et que les préteurs devaient se contenter des intérêts. A la suite de cette banqueroute frauduleuse , la Bourse fut bouleversée , les premières maisons de commerce firent faillite, et toute la société fat plongée dans l'inquiétude et le découragement. Mais le roi, tiré d'embarras, ne fut pas ingrat, fl nomma, en 1072, Ashley Cooper comte de Shaftesbury et lord grand-chancelier. L'entente entre le roi et son principal conseiller ne fut pas de longue durée. Dès le printemps de 1673 celui-ci s'aperçut, avec sa sagacité proverbiale , qu'une violente réaction approchait, et que tout semblait annoncer une crise semblable à celle de 1640. Comme il ne voulait pas que cette crise le trouvât dans la situation de Strafford , il s'empressa de faire volte-face, en reconnaissant dans la chambre des lords l'illégalité de la déclaration d'indulgence , qui avait blessé si profondément toutes les passions protestantes. Ce changement soudain amena la dissolution de la cabale, et l'ex -chancelier, faisant sa paix avec l'opposition, parut bientôt ainsi queBuckingham à la tête de la démocratie orageuse de la cité. En 1675, lorsque lord Damby présenta un bill pour déclarer incapable de siéger dans l'une ou l'autre chambre quiconque n'aurait pas au préalable reconnu, sous serment, « qu'il considérait comme criminelle toute résistance au pouvoir royal », Bockmgham et Shaftesbury se firent les chefs de l'opposition dans la chambre des lords, opposition dont la véhémence et l'opiniâtreté étaient sans exemple, dit M. Macaulay, et qui °nit par l'emporter. Le bill ne fut pas rejeté, il est vrai, mais fl fut mutilé , ajourné, et finit par être abandonné. En 1677 on agita dans le parlement la question de la légalité de longues prorogations. Shaftesbury, Bockmgham, Wharton déclarèrent que la fréquence et la longueur de ces prorogations annihilaient par le fait le pouvoir du parlement La cour réunit toutes ses

forces contre ces trois adversaires, et les fit mettre a la Tour. Les deux derniers firent leur soumission, et obtinrent leur élargissement Shaftesbury ne voulut point d'abord se soumettre; il eut recoure à l'autorité des lois , se présenta à la cour du Banc du roi, et demanda à jouir du bénéfice de Vhabeas corpus; mais les juges refusèrent de le laisser sortir. Il se soumit alors à son tour, et sortit de prison six mois après ses collègues. Jusque là l'opposition n'avait donné à Shaftesbury que de la popularité et de la prison; il voulait le pouvoir: pour le ressaisir il prit, en 1678, une part incontestable, quoique difficile à déterminer, a la grande machination politique connue sous le nom de complot papiste. La découverte de ce prétendu complot détermina une violente réaction protestante, qui porta de nouveau Shaftesbury au ministère; il y entra en qualité de président du conseil, le 21 avril 1679. Malgré ce retour de faveur, il ne s'était point réconcilié avec la cour; aussi pressa-t-il les communes de déclarer par un vote que le duc d'York était incapable de succéder à la couronne. U représenta le catholicisme menaçant d'envahir l'Angleterre pour détruire toute liberté. « Le papisme , s'écria-t-il, et l'esclavage se donnent la main comme deux frères; tantôt l'un marche en avant, tantôt c'est l'autre qui le précède , mais partout où l'un va on est toujours sûr de rencontrer l'autre. » Tout en excluant du trône,l'héritier légitime, Shaftesbury désarma la royauté en faisant passer le fameux bill d'Aobeas corpus , le jour même où les chambres se séparèrent. Une pareille politique était incompatible avec la présidence du conseil, et au bout de cinq mois Shaftesbury cessa d'être ministre, et rentra dans les rangs de l'opposition avec un redoublement dehaine contre les Stuarts. Une nouvelle session du parlement s'ouvrit le 21 octobre 1680. Le bill d'exclusion suivit son cours sans entrave dans la chambre des communes ; mais il fut rejeté par la chambre des lords. Tout se trouva remis en question. Les communes furent dissoutes , et un nouveau parlement fut convoqué a Oxford au mois de mars 1681. « Les élections, dit M. Macaulay, furent vivement contestées; les whigs avaient encore la majorité dans la chambre des communes , mais il était clair que l'esprit tory misait des progrès rapides dans le pays. Shaftesbury, perspicace et changeant comme il l'était, eût dû , ce semble, prévoir l'approche de la réaction et consentir au compromis que proposait la cour; mais, au contraire , il abandonna complètement sa vieille tactique. Au heu de faire des dispositions qui lui assurassent sa retraite en cas de non-succès, il prit une position qui le condamnait à vaincre on à périr. Peut-être, malgré tout son jugement, l'excitation des débats , ses succès et sa popularité lui firent-ils perdre la tête; peut-être, après avoir excité son parti, n'en était-il plus le maître! et étaitril traîné à la remorque par ceux

COOPER

qu'il paraissait guider. L'heure critique arriva. La réunion d'Oxford ressembla plutôt à une diète polonaise qu'à un parlement anglais. » Charles II, à bout de concession», prit le parti de dissoudre le parlement et d'envoyer Shaftesbury à la Tour. En vain la cour s'abaissa à mille intrigues et n'épargna aucune démarche pour assurer la condamnation du grand coupable. Malgré les dépositions de plusieurs prêtres irlandais , non-seulement le grand jury ne se prononça pas contre Shaftesbury; mais il rerasa même d'instruire le procès, et l'exiirésident du conseil sortit de la Tour. Ne voulant pas s'exposer à un nouvel emprisonnement , il passa en Hollande en 1682, et pour se mettre à l'abri de toute réclamation de la part du gouvernement anglais, il se fit recevoir bourgeois d'Amsterdam. Dans le diplôme qui lut fut délivré se trouvaient ces mots : Carthago non abolita in suo gretnio aecipere vult comitem de Shaftesbury; ce fut tonte la vengeance que les Hollandais tirèrent du fameux discoursd'Ashley Cooper en 1071 . Le comtede Shaftesbury mourut dans l'exil, au moment où les autres chefs du parti whig étaient proscrits ou montaient sur l'échafaud ; mais six ans plus tard la politique qu'il avait soutenue dans les dernières années de sa vie triompha par la révolution de 1088 et par l'avènement de Guillaume d'Orange.

Shaftesbury avait écrit ses mémoires (a Bistory ofhis own Urnes). Il en remit le manuscrit à Locke, qui le détruisit à l'époque du procès d'Algernon Sydney.

BioorapMa bHtawiica. - AUUo , General biographe. - Cbilmer*. General blographia. -Macaolay, Histoire d'Angleterre d'après l'avènement de Jacquet //, trad. par M. Jules de l'eyronnct. - Phi la ré te Chastes, Études sur r Angleterre au div-kuitième siècle, 1. 1.

coopbr ( Antoine- As hley, troisième comtede Shaftesbury), philosophe anglais, petit-fils du précédent, né à Londres, le 26 février 1671, mort à Naplcs, le 4 février 1713. Son grand-père, qui avait conçu pour lui une grande tendresse, voulut se charger lui-même de son éducation , et plaça près de loi la fille d'un maître d'école, M1** Birch, qui parlait facilement le grec et le latin. L'enfant profita si bien des leçons de cette savante personne qu'à l'âge de onze ans il lisait sans peine les classiques grecs et latins. De la maison de son aïeul il passa à l'école de Winchester, où il fut traité avec assez peu d'égards, etceptédudoctanrHairis;oiirinsult8Jtmêmefeonventà caosede la mémoire de songrand-père, qui était odieuse aux partisans du pouvoir absolu. On était alors au moment le plus vif de la réaction catholique et aristocratique qui signala les dernières années du règne des Stuarts. Les désagréments que le jeune Cooper eut à essuyer à Winchester le dégoûtèrent du collège; il en sortit, et voyagea pendant trois ans sur le continent, en compagnie d'un gouverneur écossais, nommé Daniel Denonne, homme d'esprit et de probité. A son retour, en 1689, après la révolution qui renversa les Stuarts, il refusa un siège

à la chambre des communes, et consacra tout em temps à perfectionner son éducation. Cette m studieuse dura près de cinq ans. Cooper, nommé représentant de Poole, dans le comté deDonet, se montra en toute occasion défenseur do la liberté et de la justice, il se fit surtout remarquer dans la discussion de la loi sur les procès pour cause de haute trahison. Cooper avait préparé on discours pour appuyer le bill, et surtout la danse qui accordait des avocats aux prisonniers ; mais quand il se leva pour parler dans la chambre des communes, l'aspect de l'assemblée l'intimida tellement, qu'il oublia tout ce qu'il voulait dire, et put a peine balbutier quelques moto. L'assem blée, après lui avoir donné le temps de se remettre, demanda tout haut qu'il continuât Sadressant alors au speaker, il s'exprima ainsi : « Si moi, monsieur, qui ne parie que pour dire mon avis sur le bill , suis si troublé, que je me trouve hors d'état de dire la moindre chose de ce que je m'étais proposé, quelle ne doit pas être la situation d'un homme qui se trouve réduit à plaider, sans secours, pour sa vie, et qui est dans la crainte de la perdre. » Cette heureuse improvisation fit plus d'effet qu'un discours longuement préparé, et contribua à l'adoption du bill. Malgré ce succès, Cooper se fatigua bien vite de la vie parlementaire, et quitta la chambre en 1698, pour aller vivre un an en Hollande, dans la société de Bayle, de Leclerc, et d'autres savants et hommes d'esprit qui habitaient alors ce pays. Pendant son séjour en Hollande, on publia a Londres ses Recherches sur ta vertu, ouvrage ébauché à l'âge de vingt ans. Cette édition, fort imparfaite, exécutée sur nne copie dérobée à l'auteur, lui causa un vif chagrin ; fl Tacheta tout entière, et la détruisit II refondit ensuite sontraité, et le publia dans le second volume de ses CharacterUtics. Peu après son retour en Angleterre, il devint comte de Shaftesbury, et entra dans la chambre des pairs, n refusa la place de secrétaire d'État; mais il fut quelque temps un des conseillers les plus écoutés du rot Guillaume. A l'avènement de la reine Anne, il rentra dans la vie privée. Le nouveau gonvrrnement lui ôta même la vice^mirauté de.Dorset, qui depuis trois générations était dans sa lunule. Shaftesbury profita de ses loisirs pour visiter une seconde fois la Hollande, puis U revint en Angleterre, et s'y livra â la culture des lettres. Naturellement porté vers la philosophie inorale et pratique, il s'efforça de répandre les idées de tolérance au sein d'une société qui poussait jusqu'au fanatisme les préjugés anglicans. Des réfugiés français des Cévennes s'étaient mis à prophétiser, et avaient causé, par leurs extravagances, beaucoup de troubles en Angleterre. Le gouvernement songeait à les poursuivre et à les punir. Shaftesbury, qui avait beaucoup inédité sur l'exaltation des sectaires et qui détestait toute persécution , crut que de pareilles mesures augmenteraient le mal au lieu de le guérir. Il écrivit

COOPER

sa Lettre sur V enthousiasme, et la publia après ravoir communiquée à lord Bornera, président du conseil, et a plusieurs autres seigneurs, qui l'approuvèrent. Cette lettre eut pour résultat d'empêcher toute persécution, et l'exaltation prophétique des sectaires des Cérames tomba bientôt devant le dédain du gouvernement et l'indifférence du public. En 1709 et 1710 Shaftesbury publia ses plus importants ouvrages , savoir : les Moraliste*, ou rapsodie philosophique; le Sensus communis, ou essai sur Vusage de la raillerie et de l'enjouement, et le Soliloque, ou avis à un auteur. Dana tous ces ouvragée 11 montra un esprit vif et pénétrant» une connaissance profonde du coeur humain, une humeur railleuse, qui ne s'exerçait pas seulement sur des sujets humains, mais qui s'attaquait même aux dogmes de la religion révélée. Le noble lord d'Angleterre ouvrit ainsi la route au scepticisme sarcastique de Voltaire; mais lui-même ne faisait qu'imiter un célèbre écrivain français , Saint-Évremond , qui venait de mourir à Londres après quarante ans d'exil. Les idées de liberté et de tolérance professées par Sbafftesbury le rendirent très -populaire parmi les écrivains français du dix-huitième siècle; Montesquieu, le plaçant à coté des philosophes les plus éminents, s'est écrié : « Les quatre grands poètes, Platon, Malebranche , Shaftesbury, Montaigne ! » Sans pousser jusque là l'enthousiasme, Il est permis de reconnaître dans l'auteur du Sensus communis et du Soliloque on des moralistes les plus «agaces, un des écrivains les plus élégants de la littérature anglaise. Pendant qu'il composait les ouvrages qui assurent sa mémoire | Shaftesbury voyait sa santé décliner. Il alla demander du soulagement au climat de l'Italie méridionale, et passa à Naples les deux dernières années de sa vie. 11 les employa è revoir ses ouvrages et à préparer une édition définitive de ses oeuvres. Voici la liste des écrits de lord Sliaftesbory : Utter on enthusiasm; en 1708; — Moralists, a philosophécal rhapsody; en janvier 1709; — Sensus communis f en mai 1709; — SoUloquy, or advice to an author; en 1710. Les œuvres complètes de Shaftesbury furent publiées, aussitôt après sa mort, sous ce titre : Characteristies qfmen, manners, opinions and Urnes; 1713, 3 vol. in-8°. On a publié deux recueils de lettres de Shaftesbury sous les titres suivants : Several Letters , written by a noble lord to a young inan ofthe university; 1716, in-8° ; — letters fromthe right honorable taxi of Shaftesbury to Robert Molesworth ; en 1721 . Il existe enfrançais plusieurs traductions de Shaftesbury; savoir : Essai sur Pusage de la raillerie (Sensus communis), trad. par Coste, 1710, in-12'; le même, trad. par Van Kffen, La Haye, 1710, in-12; — Principes de la philosophie morale, ou essai de M. S*** sur le mérite et la vertu, avec des réflexions ( par M. Pail-

let)(; Amsterdam, 1744, in-8-, — le même, trad. par Diderot; Amsterdam (Paris), 1745, in-ft*; réimprimé sous ee titre : Philosophie morale réduite à ses principes, ou essai de S**" sur le mérite et la vertu; Paris, 1751, ln-8*. On peut regarder Diderot phitot^corame auteur que comme traducteur de ce livre. H déclare, dans un avertissement, qu'il a presque fermé le livre de Shaftesbury quand il a pris la plume, et qu'il s'est seulement rempli de son esprit; — les Soliloques, ou entretiens avec soi-même, trad. par Shnsou; Londres et Paris, 1771, ln-8°; — Œuvres de mytord comte de Shaftesbury; Genève, 1769, 3 vol. in-8«; — les Charasteristics , lettres et ouvrages de my lord comte de Shaftesbury, trad. par M. Pascal; Amsterdam et Leipzig, 1780, 3 vol. in-6*.

Lord Shaftesbury laissa un flls, le quatrième cotnte-de Shaftesbury, lequel écrivit une vie de son père, insérée dans la traduction' anglaise un Dictionnaire de Bayle, et traduite en français, avec des additions, par Ohaufepié.

Chaofepfé, Supplément mu Dictionnaire historique et criHqtf de Boit*. - Biogmpkio értfaniitea. - Atklo, General biography.

coopbr (Edouard ) , dessinateur, peintre et graveur anglais, vivait dans la seconde moitié du dix-huitième siècle. Il n'était pas seulement artiste, il faisait aussi le commerce des oeuvres d'art. Il peignit quelques tableaux originaux, mais se fit surtout connaître par ses gravures sur cuivre, d'après l'Albane, Kneller et d'autres ; on cite beaucoup le portrait d'une femme appelée Marguerite Patter, qui avait' atteint l'âge de cent trente-six ans, et qu'il dessina d'après nature.

Nagler, Nmteê JUo* M+uU.; Lêxut.

coopb» (Sir Ast4ey9às*o*), célèbre chirurgien anglais, né le 93 août 1 768, à Brooke, comté de Norfolk, morte Londres, le 12 février 1841. Il était le quatrième fils du révérend Samuel Cooper, recteur à Brooke, et descendait par sa mère de Ufamilie Paston, alliée au comte de Yarmouth, oe qui lui fit ajouter quelquefois à son nom celui de Paston. Son père se chargea de diriger ses études classiques; mais il y profita peu. Rien alors assurément ne faisait présager son brillant avenir; c'était un enfant dissipé, volontaire, et qui savait seulement se faire pardonner ses escapades par sa franche et joyeuse humeur. Aucun danger ne l'effrayait; il montait sans bride les chevaux les pins vicieux ; et l'on raconte qu'il se cassa la clavicule en voulant sauter achevai sur un ane par-dessns une vache accroupie. Cette intrépkiité jointe è un rare sang-froid lui fut utile dans un cas qu'il aimait à rappeler. Un de ses frères de lait étant tombé de voiture, la roue lui passa sur la cuisse et déchira les téguments et l'artère fémorale. Le sang coulait à flots, et tout était alarme et confusion quand arriva A. Cooper, à peine âgé de douze ans : il se précipita sur le blessé, serra son mouchoir autour de la cuisse, au-dessus de la plaie, et arrêta l'hémorrhagie.

GOOPER

C'était, disahVfi, ce premier exploit qui avait , éveillé son goût pour la cbirargie. En 1781 son { pèrefatnouuné recteur à Yanmouth; et peu après, son oncle, William Cooper , chirurgien senior à l'hôpital de Guy, étant venu visiter la famille, il fut arntté qu'on laisserait le jeune nomme suivre sa vocation. Il rat donc envoyé a Londres en août 1784, sous la direction de son onde. Mais il n'y put rester longtemps : il avait apporté à Londres des habitudes de paresse, de dissipation, d'indiscipline, qui, favorisées encore par les tentations d'une grande ville, lassèrent bientôt la patience de l'oncle; et celui-ci, le déclarant ingouvernable, le remit entre les mains de H. Cline, chirurgien, de l'hôpital Saint-Thomas. Cline, esprit ardent et généreux, était bien le maître qu'il lui Dallait, et ne tarda pas à prendre sur lui un grand ascendant; il lui inspira la passion de son art, et roallieureusement aussi il lui fit partager certaines idées politiques un peu trop avancées; dételle sorte que, le transformant à son image, de ce jeune homme si paresseux et si insouciant il fit tout à la fois un élève remarquable par son application et un jacobin fanatique.

Tout d'abord A. Cooper s'adonna aux dissections avec une telle persévérance et un tel succès, que Fannée d'après il avait dépassé tous ses condisciples. Dès lors il suivit avec assiduité le service de chirurgie, recueillant des observations, et se faisant déjà remarquer par une sagacité rare dans l'examen des malades. A dix-sept ans il rat reçu membre de la Physical Society, alors la plus ancienne ej la plus renommée des sociétés de médecine de Londres. A la fin de l'année H revint à Yarmouth, paré de ce nouveau titre; mais an lien de dissiper ses vacances comme autrefois, lui-même demanda à rester chez un certain Francis Turner, chirurgien apothicaire du lieu, pour apprendre à connaître les médicaments. Mais ou le temps ou l'aptitude lui fit défaut : ses notions en ce genre restèrent toujours fort médiocres. En 1787 il alla à Edimbourg suivre les cours de médecine de Gregory et do Cullen ; il essaya aussi d'aborder avec Dugakt Stewart l'étude de la philosophie ; mais, comme il le dit luimême , la métaphysique était trop étrangère à son esprit, qui répugnait aux abstractions.

A son retour à Londres, telles étaient déjà sa réputation de savoir et son habileté dans les dissections, qu'il fut nommé démonstrateur d'anatomie à l'hôpital Saint-Thomas; et il s'acquit en peu de temps une si grande popularité parmi les élèves, qu'en 1701 Cline songea à se l'associer pour ses leçons d'anatnmie, avec des honoraires de cent-vingt livres par an, qui devaient s'accroître d'année en année.

C'était la coutume en Angleterre à cette époque de mêler renseignement de l'anatomie à celui de la chirurgie. A. Cooper se proposa de les séparer. 11 eut à vaincre de fortes résistances ; mais enfin Cline l'approuva, et, gardant pour lui-même le cours d'anatomie, le laissa chargé, dès 1792, des

leçons de chirurgie. Ces leçons se faisaient tons les soirs à Phopital Saint-Thomas, et le jeune professeur y apporta une activité et un dévouement extraordinaires. On raconte même que, s'étant marié peu après, le soir de la céTémonteil fit sa leçon à l'ordinaire , et avec une telle liberté d'esprit, que ses auditeurs ne se doutèrent point du changement qui venait d'amverdaiis sa position. Il avait épousé une parente de Cline, avec une dot de 14,000 livres sterling. Durant les vacances, il fit avec sa femme un voyage à Paris, où il comptait étudier de près la chirurgie française. Mais le moment était peu favorable: la révolution suivait son cours ; il fut témoin, an 10 août, de Tassant donné aux Tuileries. Ses propres impressions, et surtout les alarmes de sa femme, lui firent abréger son voyage. B eut même quelque peine à obtenir ses passeports, et revint en Angleterre au mois de septembre. On remarqua qull n'aimait pas à revenir sur cette époque de sa vie, et peut-être les souvenirs qu'il en garda attiédirent quelque peu la première chaleur de ses convictions. Il avaitd'ailleurs entendu Chopartet Desault professer, et peu satisfaitdu premier, qu'il appelait «ne bonne vieille femme sans caractère, il avait gardé pour Desault une pins grande estime. Ils sympathisaient au moins par un côté, ta chirurgie semblait aussi préparer sa révolution, et Desault à Paris , faisant mépris des traditions, affectait le dessein de recommencer la science. Telles étaient aussi à Londres les prétentions d'un homme qui les justifiait au moins par son génie: J. Hunter déclarait sans détour que chercher la science dans les livres était une folie , et que le seul livre à consulter était celui de la nature. Cline, admirateur de Hunter, avait lait partager à A. Cooper son enthousiasme j il avait donc suivi les leçons de Hunter, et dans son premier cours il chercha même à marcher sur ses traces. Mais pour aborder ainsi les grands principes de la chirurgie, il fallait une autorité qull n'avait pas ; et d'ailleurs son esprit, rebelle aux grandes généralisations, était plus propre à l'observation des détails et aux applications pratiques. Averti par la désertion de son auditoire , il se replia sur rai-même, comprit qu'il avait fait fausse route, et, se réduisante l'exposition de la pathologie chirurgicale et de la médecine opératoire, enrichies de ses idées et de ses découvertes, il ramena la foule à son amphithéâtre, et devint bientôt le professeur le plus populaire et le mieux écouté.

En 1798 il avait essayé de publier avec Haîgbton et Babington les Médical Records and Re~ searches, recueil de travaux d'une société particulière formée à l'hôpital Saint-Thomas. Il publia deux mémoires sans grande importance, Sur une hernie diaphragmatique ^. Sur V obstruction du canal thoracique. A trente ans que peut un chirurgien réduit à sa pratique privée, on à la ressource, assez ingrate, de la pratique des autres? Aussi sa grande ambition était celle

COOPER

(FoMenir un service (l'hôpital. Eu 1800 son oncle William donna sa démission à l'hôpital de Guy , et l'occasion paraissait favorable; mais l'oncle semblait avoir conservé quelque rancune, et favorisait un autre candidat On ne niait point les titres scientifiques d'A. Cooper; mais on lui opposait son jacobinisme, et le trésorier de l'hôpital , de qui l'élection dépendait, restait fort incertain» quand A. Cooper se détermina a lui écrire qu'après mûres réflexions il avait reconnu que ses opinions jKilitiques n'étaient bonnes qu'à lui troubler l'esprit et à entraver ses succès dans le monde, et en conséquence qu'il s'était résolu à y renoncer. Cette abjuration, un peu crûment motivée, lui ramena aussitôt les suffrages, et il fut é1uchinirgienderhopitaldeGuy,enoctohrel800, Alors du moins il s'empara de sa carrière, et commença une série de travaux et de publications poursuivie sans relâche. En 1801 il montra que la destruction de la membrane du tympan n'abolit point l'ouïe; et, par une déduction naturelle, il fut conduit à perforer cette membrane pour remédier à certains cas de surdité. Il avait eu a l'âge de dix-neuf ans une hernie inguinale, pour laquelle il avait pendant six ans porté un bandage. Comme toute observation était pour lui un sujet de méditation , on peut croire que ce rat là le point de départ de ses recherches sur les hernies : en 1804 il fit paraître son grand travail sur la hernie inguinale, complété en 1 807 par un autre travail, sur les hernies crurales et ombilicales. Le premier il avait lié l'artère carotide en 1806 : il publia deux exemples de cette opération. En 1811 il modifiait le traitement du spina-bifida; en 1813 il racontait comment, sur trois sujets déjà, il avait pu extraire des calculs de la vessie sans recourir à la taille. A cette époque A. Cooper pouvait passer pour le chirurgien le plus occupé de l'Angleterre et probablement du inonde entier. Cela ne l'empêcha pas d'accepter la place de professeur d'anatomie comparée au Collège des chirurgiens. C'était pour lui un sujet à peu près nouveau ; an heu de s'y préparer par la lecture des auteurs, il se résolut à faire lui-même toutes les dissections nécessaires, en y consacrant une partie de ses nuits. L'excès de travail altéra sa santé , il devint sujet à des attaques de vertige; et un jour même, chez le duc de Manchester, il tomba sans connaissance. Heureusement il laissa l'anatomie comparée pour reprendre ses recherches chinirgicaJes. En 1817 il pratiqua la ligature de l'aorte, opération qui laissait bien loin en arrière toutes les témérités connues, et qui peut passer pour les colonnes d'Hercule de la médecine opératoire. En 1818 il fit paraître avec B. Travers, un de ses élèves, le premier volume desSurgical Essays, suivi bientôt d'un autre, où il consignait ses premières recherches sur les luxations; et en 1822 il donna au public son remarquable Traité des tuxations et des Fractures articulaires.

Un peu auparavant la fortune avait encore réalisé un de ses vœux. Aussi recherché des hautes classes que du peuple, il n'avait cependant pas pris pied à la cour; et dès 1813 on avait vu dans un de ses changements de domicile l'intention de s'en rapprocher. En 1820 il fut consulté par George IV, et en 1821 il fut choisi pour enlever une tumeur stéatomateuse que le roi portait à la tête. Son premier mouvement fut de refuser: il craignait, s'il survenait un érysipèle, de voir sa réputation compromise; il tremblait aussi d'être saisi, au moment d'opérer, d'une attaque de vertige. Mais qu'opposer au désir d'un roi ? Il opéra donc quasi contraint et forcé ; du reste, tout réussit à souhait, et outre un présent de cinq cents guinées, il reçut le titre de baronet; puis, en 1824, il rat nommé chirurgien du roi (sergeant surgeon).

U avait atteint cinquante-six ans. Jamais la vie d'un chirurgien n'avait été si heureuse et si bien remplie ; en renommée comme en richesses et en honneurs , l'Angleterre ne lui connaissait pas de rivaux. Mais il n'avait pas suffisamment ménagé ses forces , et la vieillesse commença à l'en avertir cruellement. Ses attaques de vertige devinrent plus fréquentes, et amenèrent quelque difficulté de respirer : il en eut même une plus alarmante, pendant laquelle le pouls devint lent et intermittent 11 sentit que le temps du repos était venu ; et en 1825 il cessa ses leçons et donna sa démission de chirurgien de l'hôpital de Guy. C'était trop peu ; car le loisir qu'il acquérait ainsi lui était repris par la passion du travail et les entraînements de sa clientèle. En 1827 il perdit sa femme ; et le chagrin qu'il en conçut lui donna une fièvre intermittente, suivie d'une grande débilité générale et d'une telle faiblesse dans l'un des bras qu'il ne pouvait plus porter la main à la bouche. Il fallut alors se résigner à de plus grands sacrifices ; U quitta Londres , laissa sa maison et sa clientèle à son neveu B. Cooper, et se retira dans une de ses terres, pour y jouir enfin d'un repos si bien mérité. Vains projets! Dès que ses forces lurent un peu revenues, la sotitude et l'inaction lui devinrent insupportables; dès 1828 il revint à Londres pour reprendre son ancien genre de vie, se réservant seulement de passer chaque année quelque temps à la campagne ou sur le continent. Mais à peine si ces voyages interrompaient ses travaux. En 1829 il publia ses Illustrations sur les maladies du sein ; en 1830 son Traité sur la structure et les maladies du testicule; en 1832 son Anatomie du thymus; diverses observations, dans le Guy's hospital Reports; enfin, en 1839 son Anatomie de la mamelle ; et la mort le surprit travaillant à compléter son premier ouvrage sur les maladies de cette glande, par la description des affections cancéreuses. Il avait eu dans ses dernières années de fréquentes attaques de goutte, mais sans conséquences graves; lorsqu'à commença à s'apercevoir qu'il respirait moins libre-

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ment, que la face prenait une teinte pourpre , il disait lui-même qu'il ne pouvait plus visiter ses clients au-dessus de deux étages, fl jugea qu'il avait un épanchement dans le péricarde, et que le terme de sa vie était proche. Il n'en continua pas moins ses consultations, disant qu'il mourrait sous le harnais. Enfin, il lui fallut garder la chambre, assis dans un fauteuil, ne pouvant se coucher, dans un délire intermittent qui lui laissait de temps à autre toute sa connaissance ; et deux minutes avant d'expirer il dit à ses amis qui l'entouraient : Dieu vous bénisse, et adieu à vous tous!

A. Cooper était d'une taille au-dessus de la moyenne, d'une belle prestance, la physionomie ouverte et expressive, les manières affables; sa figure presque sans rides, son teint fraîchement coloré , la vivacité de ses regards, l'aisance de ses mouvements, semblaient avoir défié l'Age; et, sauf la blancheur éclatante de sa chevelure, Gibson, qui le vit à soixante-onze ans, dit qu'il n'en paraissait paâ plus de soixante. La vie lui avait toujours été douce; il n'avait pas eu, comme tant d'autres , à lutter dès sa jeunesse avec la pauvreté. A cette rare faveur de la fortune il avait joint les dons du caractère ; bieuveillant pour ses confrères, plein de cœur pour ses malades, familier avec ses élèves, libéral de ses conseils et souvent de sa bourse, à peine s'il rencontra quelques inimitiés , et sa mort fut un deuil public.

n n'y a pas d'exemple, dans les annales de la chirurgie , d'une clientèle aussi considérable et aussi fructueuse que celle d'A. Cooper. Dans la seule année 1 81 5, il versa entre les mains de son banquier la somme énorme de 21,000 liv. sterl. (525,000 fr.), dont ses honoraires formaient la plus grande partie; et à sa mort le bruit public estimait sa fortune à un demi-milKon de livres sterling ( 12 millions et demi), ce qui cependant parait exagéré. Il dépensait peu pour lui-même , mais il avait la main facilement ouverte : on dit que ses libéralités envers sa famille allaient entre 2,000 et 3,000 livres par an, et il dépensa 20,000 livres ( 500,000 fr. ) pour faire élire son frère au parlement. Quand on fit une quête pour la docteur Pemberton, réduit à la misère par la maladie, A. Cooper s'inscrivit pour une somme de 500 livres (12,500 fr.). n n'avait eu qu'une fille, morte en bas âge. H légua par son testament 2,000 livres a son neveu 6. Cooper, avec tous ses livres et ses préparations ; 4,000 livres pour fonder un prix annuel en faveur des élèves de l'hôpital de Guy ; le reste de cette fortune revint, avec le titre de baronet, à un autre neveu, dont il était le parrain, et qui se nommait comme lui Astley Paston-Cooper.

Comme professeur, il était clair, précis , sans grande recherche d'élégance, mais s'attachanttoujours à mettre en relief les points importants et à les faire pénétrer dans l'esprit de ses auditeurs. Comme opérateur, il était ferme, habile, plein

de ressources, d'une hardiesse qui allait joaqu Y la témérité, mais peu propre aux opérations délicates ; et par exemple, lui-même se récusait pour l'opération de la cataracte. Ce qui faisait sa supériorité dans la pratique, c'était sa profonde connaissance de la marche et de la nature de la maladie, la sûreté et la précision do diagnostic la sagacité è saisir les indications. A ces causes légitimes de succès, ajoutes l'éclat de ses leçons et de ses ouvrages , l'aménité de son caractère , qui se peignait sur sa figure. D'ailleurs, il s'était appliqué aussi très-sérieasement à cultiver la faveur publique : il était affilié aux clubs en renom, donnait de fréquentes soirées, où il réunissait les médecins de Londres et des provinces; il s'était fait une règle d'an inviter on certain nombre à dîner une fois par semaine. S'il tremblait devant l'opération a faire à George IV, c'était moins pour son royal client que pour lui-même. Lorsqu'il eut son attaque de vertige cher, le duc de Manchester, ses premiers mots, en reprenant connaissance, furent pour prier le duc de n'en parler à personne; et en effet le secret lui fut gardé jusqu|à sa mort Diraije, enfin, que les Anglais , hommes positifs, attribuent une notable part de sa vogue au zèle et à l'intelligence d'un domestique dont ils ont conservé le nom, Charles Osbaldistone, par abréviation Balderson, qui fut vingt-six ans a son service, et qui se vantait, clans oe long cours d'années, de n'avoir jamais laissé perdre à son maître une consultation ou un malade? Du reste, le digne serviteur ne s'était pas oublié lui-même; et l'on dit qu'il gagna en une seule année jusqu'à 600 livres ( 1 5,000 f. ) è distribuer des tours de laveur pour la consultation.

D'ailleurs, ainsi qu'on l'a vu, ce chirurgien, le plus occupé du monde entier, fut en même temps l'un des écrivains les plus féconds et les plus remarquables. Comment y était-il parvenu ? Par un travail assidu, persévérant, infatigable, qui compromit sa santé à plusieurs reprise*. Démonstrateur d'anatomie, il avait eu des hemoptysies fréquentes, qu'il attribuait à la position penchée qu'exigeait la dissection-, souvent, disait-fl, il avait quitté l'amphithéâtre peur vumir le sang. Plus tard, ne pouvant suffire à toutes ses occupations, il se fit assister dans ses recherches par déjeunes aiutomistes, qu'il faisait travailler quelquefois de six heures du matin à onze heures du soir ; mais si matin que vinssent ses élèves, fis le trouvaient debout et an travail. Lui-même racontait que pendant un temps il se levait à quatre heures du matin , avant ses domestiques, allumait son feu, se mettait à la besogne jusqu'à dix heures; déjeunait alors, allait voir ses malades, et consacrait encore la soirée à reporter sur son livre de notes ses observations de la journée. Lorsqu'il revint à Londres après sa courte retraite à la campagne, on l'entendit souvent dire que le repos l'aurait tué, ou qu'il aurait fini par se pendre. Quelques-

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uns oit attribué ce prompt retour à l'ardeur damasser, commune eux vieillards, et qui n'est pat rare eue* le* chirurgiens. Du moine fautil reconnaître que l'amour de le science y eut une grande part ; sea derniers travaux furent purement aiiatomiqoee. Dana cette ardeur de concourir aux progrès de Tait, peu de temps avant m mort il exprima le venu que Ton ouvrit se* cadavre; Il désigna lui-même quatre pointa sur lesquels on devait diriger les investigations ; les pièces devaient être déposées à rbôpitilde Guy, et les détails de l'autopsie consignés dans on recueil de médecine, le Guffs Mospital Ae~ ports.

11 resterait à apprécier ses travaux et ses dé* couvertes, à dire quelle influence il a exercée tor la chirurgie. Il était bien le disciple de J. Hnnter, qui ne voulait rien devoir à ses devanciers ni à eea contemporains, et prétendait à lui seul reconstituer la acienoe. Dana les nombreux écrite d'A. Cooper, on ne trouverait pu peufcêtre le nom de quatre écrivains antérieurs ; et quand il en cite un [par hasard, évidemment il nerapas ki, et c'est une vague réminiscence de l'école. Il ne connaît guère mieux ses oontenv porainB, et ne s'en soucie guère. Dans la préface de son beau Traité des hernie*, il se Tante de n'avoir à peu près cité personne, et de s'en être tenu à ce qu'il a pu voir par lui-même, notamment dans les hôpitaux de Guy et de Saint»Themas. Prétention insoutenable! J. Hanter pouvait encore à tente force l'affecter, parce qu'A procédait principalement par voie d'expérimentation, et qull multipliait à son gré les expériences. Mais déjà pour les hernies les faits ne se présentent que de loin en loin; pour les luxations, île sont bien plus rares encore; aussi l'auteur, déclarant lui-même qne la vieest trop courte pour tout voir, est obligé de confesser qu'il n'aurait pu traiter convenablement son sujet s'il n'avait eu recours à des communications étrangères. De là l'étrange composition deses ouvrages : d'une part, les faits généraux, les doctrines, les règles à suivre tracées de la main ferme et sûre du maître; de l'antre, des observations ramassées au hasard, pour la plupart sans valeur, fréquemment contraires à la doctrine qu'elles devraient étayer; on trouve même, chose triste à dire, le même ndt raconté par deux élèves différents et reproduit niaJencontrcnaement comme type de deux luxations différentes. Beau résultat, d'écarter les maîtres de l'art pour se faire le complaisant écho de praticiens obscurs et ignorants 1 Aussi, de son vivant même, la valeur de ses oeuvres fut mise en question; Ch. Bell, élève comme rai de J. Hunier, mais qui avait compris le péril de cette méthode, démontra que le Traité des luxations n'était pas au niveau de la science, et que l'auteur était tombé aussi dans ce danger de ceux qui ne lisent point, de s'attribuer les déconcertes des autres. A. Cooper répondit à une partie de ces reproches mais se tnt sur les an-

tres; et plus tard, écrivant son Anatomte de la mamelle, et se vantant encore de n'avoir consulté que ses propres préparations, il émettait le vœu que chaque anatomiste en fit autant, pour avoir ainsi, disait-il, les éléments de grands et beaux ouvrages utiles à la postérité. Naïve inconséquence, dans laquelle était pareillement tombé J. Hunier, qui ne voulait pas que ses élèves lussent aucun livre, excepté les siens! On se tromperait donc ai, jugeant les œuvres d'A. Cooper d'après leurs titres, ou pensait y trouver des traites didactiques et complets; ce sont plutôt des fragments rapportés des mémoires spéciaux, où il expose les résultats de son expérience personnelle , en arrière quelquefois sur l'expérience générale, mais aussi fréquemment en avant; car s'il eut les défauts de son école, nul antre esprit dans ce siècle ne fut aussi bien doué peut-être pour en saisir tous les avantages ; et en se débarrassant de toute tradition, de toute idée étrangère, rarement du moins il s'arrêtait à la surface des choses ; et lorsqu'il s'attachait à creuser une question , il allait presque toujoui^plusprofoiidémentqu'onu'avaitfaitavaut lui. Certes l'écoto de J. Hunter a été féconde en chirurgiens de premier ordre; mais A. Cooper en reste encore jusqu'à présent l'expression la phis brillante et le plus glorieux représentant

Nous avons indiqué ses principaux ouvrages; la plupart ont été traduits en diverses langues, et réunisdans la traducttonfrancaisede M M.Chassaignaeetlueuelot Malgaignk.

Brodé*, Eulogiwn -oa tkr j. Cooper ; London Med. Gawtte, vol. XXV II, p. 8S4. - lbtd., p. 80* et 837. - B. Cooper, the Life o/sir A. Cooper ;1n-lt: on en troure une analyse dans the BrUUh and fereiçn med. ré* vi«v,vol.»XV.,p. itl.

coopm (Jean-Gilbert), écrivain anglais, né à Thurgarton, dans le comté de Nottingnam, en 1723, mort en 1769. Il fut élevé à l'école de Westminster et au collège de la Trinité à Cambridge. Nommé grand-sberiff du comté de Nottingham, il fut un excellent magistrat, et publia un grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : the Power qf harmony : ce poème, en deux chants, est une imitation, assez faible, des Pleasures of imagination d'Akenside; — the Life qf Socrates, collectée from the Memorabilia o/Xenophon, and the Dialogues qf Platon ; 1 749, in-8° : cet ouvrage, bien accueilli à son apparition, est aujourd'hui fort peu estimé; — Istters on tas te; 1764, in-8°: production élégante , mais futile ; — the Tomà of Shakspeare, a vision; Epistles to the Qreat,Jrom Arts* tippus in Retirement; 1758, in-4°; — the Call qf Amtippus, an epistle to Dr. Aken+ side ; et une traduction du Vert-Vert de Gresset, Cooper eut l'imprudence d'attaquer Warburton, et s'attira beaucoup d'injures de la part de cet irascible prélat. Cooper fut un écrivain spirituel et facile ; mais il manquait de profondeur, et imitait trop les brillants défauts du comte de Shaftesbury. De tons ses ouvrages, un seul est

COOPER

souvent cité; c'est sa charmante chanson de

Winifreda.

Biographie* Britannica. — Gorton , General bioçraphieal dietimorf,

* coopbu (James Fînimore ), célèbre romancier américain, né à Burlington, dans le New- Jersey, le 15 septembre 1789, mort à Cooper's-Town, le 14 septembre 1851. Il appartenait à une famille anglaise du Buckinghamahire, qui émigra en 1769. Son père, William Cooper, fat un des premiers colons qui s'établirent dans le nord de l'État de New-York : il y devint propriétaire, en 1786, d'un immense domaine sur les bords du lac Ostego, et y jeta les fondements de la petite ville qui porte aujourd'hui son nom ( Cooper's- Town). Plus tard, il fut élu juge de son comté et membre du congrès. Après avoir ébauché l'éducation de son fils , il le confia aux soins du révérend Thomas Ellisson, ministre de la secte épiscopale, puis le plaça en 1802 au collège dTale,à New-Haven(Connecticut). Le jeune Fenimore Cooper montra peu de dispositions pour les études classiques : aussi dès 1805 il entra dans la marine militaire en qualité de midshipman. Il navigua six années seulement, mais il fit de longs voyages, assista à plusieurs combats, et acquit dans la pratique les connaissances qui lui permirent plus tard de retracer avec tant de vérité les scènes multiples de la vie maritime. En 1810, forcé par sa sauté de renoncer à une carrière devenue trop pénible pour lui, il se maria, s'établit quelque temps à Winchester près New- York, et vint ensuite se fixer dans la résidence paternelle de Cooper's-Town. Dès lors il se livra complètement à la culture des lettres. Cependant, il demeura dix ans sans rien publier : il employa sans doute ce temps à préparer ses sujets, mûrir ses idées, classer ses matériaux, car ses écrits se succédèrent ensuite À fort peu d'intervalle les uns des autres. Ils attirèrent en peu de temps l'attention générale, et assurèrent bientôt à leur auteur un rang distingué parmi les meilleurs romanciers des deux mondes. En 1826 les conseils des médecins engagèrent Fenimore Cooper à changer de climat. Il vint alors en France, et y remplit jusqu'en 1829 tes fonctions de consul à Lyon. Curieux d'étudier les mœurs européennes, il parcourut ensuite l'Allemagne méridionale, la Suisse, l'Italie, et vint reprendre dans sa patrie le cours de ses travaux, que la mort seule a pu interrompre. Cooper, quoique valétudinaire, était doué d'un caractère décidé; son esprit tendait vers l'observation des choses plus peut-être que vers celle des hommes, sa taille était au-dessus de la moyenne; la rapidité de ses mouvements, de son geste, annonçait l'énergie; sou Iront était très-élevé; ses yeux, I enfoncés, avaient uue expression inquiète, agitée, et semblaient constamment chercher quelque chose (un de ses amis le décrit comme inaccessible an sommeil), mais parfois leur éclat sauvage «'affaiblissait , et Us exprimaient alors élo-

quemment les sentiments les pins doux, les uJ« tendres. Dans le silence, son visage était l'expression d'une inflexible fermeté, d'une froide* glaciale; mais lorsqu'il pariait, les sentiments qui l'animaient passaient sur ses lèvres , et akes il captivait l'attention de ses auditeurs.

On peut diviser en plusieurs catégorie* les productions de ce fécond écrivain : le plus grand nombre rappellent les traditions de l'Amérique du Nord , l'histoire des États-Unis ou les mœurs de ses habitants; viennent ensuite tes romans maritimes, tableaux animés des grands drames qui s'accomplissent sur l'Océan ; puis quelques épisodes empruntés aux vieilles chroniques européennes; enfin, des impressions particnlîèra, dans lesquelles l'auteur se montre observateur sagace, voyageur philosophe et historien consciencieux. Voici la liste chronologique des oeuvres de Cooper : Précaution, 1821 ( Précaution, on le choix d'un mari). Cet ouvrage, qui fut le début de Cooper dans la carrière littéraire, n'annonçait pas ce que son auteur a réalisé depuis. C'est un roman intime à la manière de miss Edgeworth. On y trouve quelques observations ingénieuses noyées dans de longs et ennuyeux dialogues, dans des accessoires minutieux et puérils. H eut peu de lecteurs en Amérique, et est demeuré presque inconnu en Europe : l'Angleterre, où se passe l'action, lui fit seule quelque accueil, par patriotisme sans doute; — tht Spyt 1821 (l'Espion), parut bientôt après; il révéla chez l'auteur un véritable talent dramatique. La guerre de l'indépendance et les efforts héroïques qui firent son succès sont retracés dans ce roman sous de vives couleurs. Jamais le dévouement à la patrie n'avait été mis en relief comme dans l'humble colporteur Harvey Birtfc, si résigné dans sa vie et dans sa mort, si glorieux dans sa honte, si fier dans son abaissement. Le capitaine virginien Lawton est aussi très-heureusement dessiné. Les autres personnages, surtout celui de Washington, peut-être trop pèles auprès de ces vigoureuses créations, ne remplissent pas assez le cadre du sujet, et l'action est quelquefois allanguic par le dialogue; — the Pkmeers oj the sources qf the Susquehanna ( les Pionniers); 1822 : Cooper s'ouvrit par ce roman une voie nouvelle, dans laquelle il est demeuré san* rival. 11 eut le pi emier la pensée de mettre en présence la sauvage indépendance des Peaux Rouges et la civilisation intéressée des blancs. L'auteur a su orner le récit de cette lutte de détails si saisissants, qu'il éveilla la curiosité générale, et que ses héros devinrent rapidement populaires. Il était facile à Cooper d'être vrai, car il avait vu tout ce qu'il écrivait Dans les Pionniers il s'est plu à retracer les scènes de son enfance : te juge Marmaduke-Temple n'est autre que son père William Cooper, et la ville naissante de Tempk- Town, dont il décrit avec tant de charme la commencements, s'appelle aujourd'hui CooperV Town; — the Pilot le Pilote), 1823, est juste-

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ment estimé comme un des meilleurs ouvrages de Cooper» C'est un épisode de la vie du célèbre marin écossais Paul Jones. Tous les personnagra que l'autour a groupés autour de cette figure historique sont habilement nuancés et dessinés avec observation. De ces types nombreux, aucun n'est surabondant, chacun apporte sa paît à l'intérêt général; — Lionel Lincoln ( 1824 ) est le tableau fidèle et curieux de la révolution ainencaine. Ce rémanent dû paraître avant l'Espion, car il explique les causes de llnsurrection qui enleva à la Grande-Bretagne sa plus belle colonie. On y voit couler le premier sang ▼ersé pour l'affranchissement des États-Unis. En racontant l'héroïsme des Américains, l'auteur a en le bon goût de rendre justice au courage discipliné des Anglais ; — the hast of the Mohicans (le dernier des Mohicans; 1826)) est regardé comme le chef-d'oeuvre de Gooper. C'est certainement celui de ses livres qui jouit du plus de popularité. 11 doit être considéré comme le quatrième acte du drame que Cooper a commencé dans the Deerslayer (le Tueur de Daims; 1842) et the Pathfinder (le Guide ou le Lac Ontario), qu'il a continués dans les Pionniers et terminé dans the Prairie (la Prairie; 1825). Comme on l'a dit plus haut, le sujet de ces cinq romans, dans lesquels les mêmes personnages reparaissent, est l'agonie de la race indienne, s'eJfecant chaque jour devant la persévérance anglo-saxonne; mais sur cette donnée saillit parmi tous un personnage qui appartient essentiellement à l'auteur. Sous les diverses dénominations expressives de Tueur de Daims, Œil de Faucon, Longue Carabine, le Guide, Bas de Cuir, et le Trappeur, Cooper a créé dans Nathaniel ou Natty Bempo un type intermédiaire entre l'homme civilisé et l'homme sauvage, d'une originalité et d'une énergie vraiment remarquables. Cette figure suffirait à elle seule pour assurer à son créateur une gloire durable; — the Wept o/' JVish ton Wish (les Puritains d'Amérique; 1828 ) présente les scènes qui survirent l'arrivée des premiers émigrants en Virginie. L'auteur y a peint les mœurs austères de ces colons, presque tous puritains, rayant la persécution religieuse qui désolait leur patrie. Comme toujours, il introduit dans son drame, pour plus d'animation, des personnages historiques. Ce livre fait connaître les vaillants Sagamores indiens, qui tentèrent les premiers de repousser les envahissements de la race blanche ; — Red Rover (le Corsaire rouge) et the Waier WUch (la Soicière des Eaux, ou l'éeumeur de mer), parus tous deux en 1828, sont les dignes pendants du Pilote. De la part de l'auteur, même amour de la mer, mêmes connaissances maritimes , mêmes belles descriptions de combats et de tempêtes. L'action et le dénouaient de ces deux œuvres laissent pourtant à désirer. On peut aussi critiquer ça et là quelques longueurs ; mais ces taches, qui te retrouvent dans tous les romans de Cooper, itouv. biocb. cÉmta. — T. Kl.

disparaissent devant la hardiesse des situations et la vérité des détails; — the Bravo (le Bravo ; 1831 ), bonne étude du gouvernement vénitien du quinzième siècle, n'eut pas le succès des précédentes productions de Cooper : ce roman contient de superbes peintures de Venise et de ses lagunes, mais l'auteur américain n'y est plus original ;— theffeidenmauer (l'Heidenmauer, ou le Camp des païens ; 1 832) eut le même sort. Il présente l'Allemagne au seizième siècle, au moment où les doctrines de Luther commençaient à fermenter. L'auteur a mis en présence les intérêts opposes d'une ville libre, d'un couvent et d'un seigneur féodal; — the Beadsman of Berne (le Bourreau de Berne, ou l'Abbaye des Vignerons; 1833) n'est remarquable que par de beaux tableaux des sites alpestres; — History of the american navy (Histoire de la marine américaine; 1839) ; — the Two Admirais ( les Deux Amiraux; 1842), dans lequel Fenimore- Cooper, après avoir souvent décrit des combats de vaisseau à vaisseau, s'est essayé avec beaucoup de bonheur à représenter une bataille navale : — the Jack à' lantern, or the prïvater (le Feu Follet; 1842), roman maritime; — Ned Myers, or a l\fe before the mast (Ned Myers, ou la vie d'un matelot; 1843), roman très-médiocre, dans lequel l'auteur a retracé l'histoire de ses premières campagnes; — Wing and Wing ( Aile et Aile; 1844), ouvrage peu connu; —Mercedes of Castille (Mercedes de Castille, ou Christophe Colomb; 1844), roman historique; — Wyandotte, or the kutted noll (Wyandotte, ou la hutte sur la colline, et aussi Fleur des bois; 1844); — ( Afloat) and (a short) or the adventwes of Miles Wallingford (Sur terre et sur mer, ou les aventures de Miles Vallingford), et sa suite, lAtey Hardinge ; 1844 ; — Satanstoef or the family of litle page (Satanstoe, ou la famille du petit page; 1845) ; — Ihe Red Skins (les Peaux Rouges); — the Crater, or volkans peak(\e Robinson américain, ou le cratère): œuvre d'un esprit déjà affaibli, cette réminiscence de Daniel de Foe ne se recommande que par quelques curieux détails d'histoire naturelle ; — Jack Tier, or the Florida retf (Jacques le Tireur); — the Sea Lions (les Lions de Mer); 1849 ; — the Ways ofthe hour (les Mœurs du temps); 1850; — the Chainbearer. Ce fut la la dernière production de Cooper. V Œuvre de Cooper (ses productions méritent ce nom) peignent avec charme et font revivre les mœurs des premiers habitants des forêts d'Amérique. On a comparé la manière de Cooper avec celle de l'auteur tfAtala; mais cette comparaison manque de base : les Peaux- Rouges de Chateaubriand ont existé dans son génie bien plus que dans la réalité, tandis que Cooper les a reproduits comme il les a connus : tour à tour bizarres et graves, hospitaliers et perfides, naïfs et rusés, généreux et féroces ; en un mot, Château-

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briand a fait de la poésie, Cooper de l'histoire. Un rapprochement plus naturel, c'est celui qu'on a fait entre Cooper et Walter Scott. L'on et l'autre ont peint les mœurs et encadré dans leurs œuvres les traditions de leur patrie respective; l'un et l'autre ont décrit la nature extérieure avec la plus grande exactitude. Parfois le romancier américain est grandiose comme le site qu'il décrit; mais fil «fit inférieur à W. Scott comme écrivain et comme observateur du cœur humain. Les ouvrages de ce romancier hors de ligne ont été traduites dans presque toutes les langues vivantes ; V Espion t en* tre autres, a paru enlanguepersine, en 1847. Parmi les traductions françaises, on cite celte de Defauconpret , Paris, 1838-1845, 23 vol. in-8", et celles des MM. B. Laroche et A. de Monteront, Paris, 1835, 6 vol. Alfbbd de Lagaxc.

Madame F. Cooper, morte en janvier 1853, n'a survécu que d'un an à son mari.

Conversationt-LexUxm. — M., de Lomenle , Galerie 4e* contemporains. -Suppl. à Quérard, la France littéraire

cooper (Richard), dessinateur et graveur anglais, né en 1730, mort vers 1820. 11 vint 4 Paris, o(i il eut Philippe Le Bas pour maître, et se fit bientôt connaître comme un excellent graveur. En 1814 il grava encore pour le recueil de Tresham : Gallery ofpictures; 1808-1818, in-4°. On a en outre de lui ; les Enfants de Charles /«" d'Angleterre; 1702; — la Maîtresse de Rembrandt; 1777, grav. à la manière noire; — la Vierge tenant Ven/ant Jésus dans ses bras, d'après Corrége ; 1763, gr. in-foL; — Vue de V église de Saint-Pierre et des environs; 1778, à l'acqnatjata ; — Vue de la même église et de la colonnade;—l'Ancien pont sur VAnio, dit Ponte-Salaro;— Ponte Nomentano, sur le même fleuve; — l'Intérieur duColisée; 1779 ;— Vue prise du jardin de la villa Negroni; — Vue de Tivoli et des monte environnants; — la Campagne de Rome.

Hagler, Neues Allg. Kûnstl.-Uxic.

cooper {Richard) f peintre anglais, surnommé le Poussin britannique, vivait encore en 1806. Il alla se perfectionner dans son art en Italie. Il peignit surtout admirablement le paysage. On cite particulièrement de lui deux vues de Windsor, qu'il exposa en 1801.

Nagler, Neuee Allg. KûnsU.-Lexie.

cooper {Samuel ), peintre anglais, né à Londres, en 1609 , mort dans la môme ville, en 1672. Élève de son oncle, John Hoskins, il excella dans la miniature, et imita Van Dyck avec tant de succès qu'il futsurnomméfcpeW Van Dyck. S'attachant à rendre les figures, il négligea les accessoires. Il fit les portraits en miniature de Charles //, de la reine et des principaux personnages de la cour; mais son chef-d'œuvre est le portrait â'OHvier Crotnwell. Ilfutinvitc a venir à Paris, et sa veuve obtint une pension de la cour de France. Ami de Butler, auteur du Hudibras, il donna à ce spirituel poète des leçons de peinture.

Walpole, Anec. of painting. - rtnkerton, Diction, of point.

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