‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, avec les renseignements bibliographiques et l'indication des sources à consulter;Chapitre 96 sur 133 · COQUILLE · texte numérisé non relu

COQUILLE

| lent à chaque instant le publiciste et l'honni* d'État, respirent l'amour de la patrie et du fan public. Son dialogue Sur les causes des misera de la France est écrit dans le style de Montaigne. Voici comme l'auteur s'exprime sor le compte du clergé : « Quand les deux aubes ordres proposoient quelques articles qui tar touchoient de près au ait de la léforaution, 3» exclamoient, et disoient qu'A n'appartenoit m laïques d'entrer si avant en la cognoisçaxct des affaires ecclésiastiques. Voilà le grand zèle qu'ils montroient envers l'Église! Ce qui m'a quelquefois donné occasion de croire qulls appellent le bien de l'Église la conservation de leur revenu et leur autorité, avec la liberté de vivre ainsi qu'ils entendront, sans qu'aultres qu'euxmêmes les contrôlent. » Il fallait certes do courage pour oser parler ainsi dans un temps oè le clergé était tout-puissant et où son oppos. tion à des princes corrompus l'avait rendu populaire; mais il ne faut pas voir dans ces lignes passionnées le jugement impartial de l'histoire.

Gui Coquille est le premier écrivain qui ait défini les droits des états généraux en France, et le livre qu'il composa sur ce sujet est encore aujourd'hui consulté par les publiâstes et les jurisconsultes. A chaque page il pose en principe que la souveraineté en France et le droit de disposer de la couronne n'appartiennent qu'aux états généraux. Son traité des Libéria de V Église gallicane est un des ouvrages les plus savante que nous possédions. Le traité des Libertés de l'Église gallicane lui avait été dérobé de son vivant, et n'a été retrouvé que vers le milieu du dix-septième siècle. Il avait laissé plusieurs écrits politiques , particulièrement sur les états de Mois et d'Orléans. Le chanoine éditeur des œuvres de Coquille ne jugea pas à propos de faire imprimer ces écrits, « estant, dit-il, des matières d'Estat qui sont au-dessus de a portée de notre jugement.. » Aujourd'hui ces manuscrits sont perdus.

Nous ne pouvons rappeler tous les oposcate composés par Gui Coquille sur, des sujets qui è cette époque excitaient vivement les passions, mais qui aujourd'hui sont sans intérêt. D n'a cessé de réclamer les libertés publiques, les libertés religieuses , et la réforme du clergé. Il représenta trois fois le tiers état aux états généraux, et il fut le principal rédacteur des cabien de cet ordre aux états de Blois en 1588. Se* pamphlets contre les ligueurs étaient lus avec avidité; et peut-être Henri IV dut-il moins h couronne de France a son épée qu'à l'action de la presse, arme déjà redoutable, dont les homme éclairés d'alors, et surtout les magistrats, faisaient usage à leur profit. Comme jurisconsulte, Coquille rêva l'uniformité du droit pour tout le royaume, et dans cette intention il compoa plusieurs ouvrages sur les coutumes. Députe consciencieux, il voulait la monarchie , mais avec les assemblées représentatives , les libertés p*

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