COQUILLE
btiques, et des garanties pour ce qu'a appelle; dans son langage pur et candide , V ancienne et honnête liberté du peuple Jraneois. A l'exemple de tous les saTants de son temps, Coquille cultiva la poésie latine. Il déplore dans ses vers la Saint-Barthélémy, comme le faisait de son côté le chancelier de L'Hôpital. Il loue la ville de Nevera d'avoir été presque la seule qui n'eut pas trempé ses mains dans le sang de ses citoyens.
Sed solafere urbs Nivemica
Il adressa au roi Henri EU, en 1577, une pièce de vers intitulée Quxrimonia ( Doléances ). Jamais protestation plus énergique contre les abus des cours ne parvint aux oreilles d'an prince; il y attaque les mange-peuple (plebivoros ), les teignes de cour (tineas palatii ) ; on y trouve les allusions les plus piquantes à la politique machiavélique de Catherine de Médicis. Rien de plus éloquent que cette pièce, où Ton trouve résumé avec une énergique concision le tableau des maux de cette époque. Ailleurs il laisse percer le chagrin que lui causait la corruption à prix d'argent et au moyen de places , exercée au sein même des états sur plusieurs députés, qui avaient, dit-il , lait leurs affaires au lieu de taire celles de la France.
Maxisna pars terno qum régnât in ordine, nummos
Larçita, ad summos perUgit usque gradus. Omnibus kit populi commissa est causa : veremur
Ne pro re populi, rem sibi quisque gerat.
Le dégoût qu'il ressentit fut sans doute cause qu'il renonça à se mêler des affaires publiques. En allant aux états il rêvait ce qu'il appelle spes libertatis honest»; mais son illusion dura peu :
Quondam Ubera gensetPrand viximm; at nunc Maneipia et vitis nii nisi turba sumus.
Coquille sut conquérir l'estime et l'amitié de L'Hôpital, de Bodin et de Bacon : il était aimé de tout le peuple , ainsi que le rapporte le vé~ ridique historien Auguste de Thou. Il aimait l'obscurité, et les offres les plus séduisantes ne purent l'attirer à la cour de Henri IV. Son austérité n'excluait point une aimable gaieté, et ce fut lui, dit-on, qui fournît à Brantôme les principaux matériaux de son ouvrage sur les Dames illustres de son temps. Sa mort répandit la plus vive douleur dans tout le Nivernais; cependant aucun monument n'a encore été élevé à sa mémoire. De tous les écrits de Gui Coquille, ses poésies seules furent publiées de son vivant, sous le titre de : Guidonis Conchylii Romenxi NivernensisPoemata; Nevers, 1699, in-8° : les autres furent publiés après sa mort par Guillaume Joly. Ses œuvres complètes furent recueillies; Paris, 1599, in-8°.
Guillaume Joly, Fis as Gui Coquille, en tête dss OEuvrss de ce dernier. — TeUsler, Éloges dss hommes savants, tirés as Vhistoirs de M. As Thon. - Morérl, Crand dictionnaire historique. — Nlcéroo, Mémoires, XXXV. — Taltand. Vies dss jurisconsultes. — Dupln, Discourt de rentrée, IUC.
COQUILLB DES LOHGCHAMPS (JSTcnri),
littérateur français, né à Caen, en 1740, mort à