CORAS — CORAY
se réfugia àRéalmont. Lui et les autres conseillers fugitifs formèrent, par l'ordre dn prince de Coudé, une chambre souveraine. Jean de Coras et deux autres conseillers, François de Ferrièrea et Antoine Latjer, tarent arrêtés, le 4 septembre 1572, et conduits à la prison des Carmes, puis transférés à la Conciergerie ; ils y furent massacrés, le 4 octobre suivant. Les différents ouvrages de Coras sur llnterprétatfon dn droit ont été recueillis à Lyon ; 1556, 1558, * vol. in-fol.; Wittenberg, 1603, 2 vol. fcr-fbl. Outre ces deux volumes, on a de Coras les ouvrages suivants : In untoersam sacerdoliorum materiam erudit a sane ac luculenta paraphrasa ; Toulouse, 1687, in-4°; — Paraphrase sur Védit des mariages clandestinement contractés par les enfonts de famille, contre le gré et consentement de leurs père et mère; Lyon, 1605, in-8°; — les Douze règles du seigneur Jean Pic de la MWandole; Lyon, 1605, in-6°; — Discours des parties et office d'un bon et entier Juge; Lyon, 1605, in-6*; — Arrêt mémorable du parlement de Tolose, contenant une histoire prodigieuse d'un supposé mari, advenue de notre temps, enrichie de cent et onze belles et doctes annotations; Paris, 1572, in-4* ; Lyon , 1605, in-8*. 11 s'agit dans ce livre de l'étrange histoire de Martin Guerre. Coras fut le rapporteur du procès. Son ouvrage a été traduit en latin par Hugues Suneus ; Francfort, 1588, in-8°. Le poète hollandais Cats a mis en vers l'aventure qui en fait le sujet.
De Thou, OUI., XXX II, LU. - U Pallie, Annales dé Toulouse. - Lacroix au Malu tt rm Vercfer, MMfotAéques Jraneaisu. ~ Mtrérl, Grand dictionnaire historique. — Nlccron, Mémoires pour servir à P histoire des hommes illustres, X. XIII.
corax, orateur sicilien, vivait vers 470 avant J.-C. Après queThrasybule eut été chassé de Syracuse, en 467 avant J.-C., Corax obtint, par son habileté à manier la parole, une influence considérable sur les affaires de cette cité. H donna des leçons de l'art qu'il pratiquait avec succès, et développa les principes de l'éloquence dans un traité qui valut à son auteur le titre de créateur de la rhétorique. Ce livre, aujourd'hui perdu, était intitulé Tfyvri. Selon une conjecture, fort peu probable, de Garnier, le traité inséré dans les oeuvres d'Aristotesous le titre de Rhetorlca, ad Alexandrum, est l'ouvrage» supposé perdu, de Corax*
Clcéroa, Brutus ,• de Oraton. - Ariitotc, Hhetorica, IUU.T- QoiDUllen, InsUt. orat., III, I. - Mongitor, Bibl. tlcul - Weitermann, Ceseh. der Criech. Beredtsamkeil. — Garnier, Mémoires de la troisième classe def institut, «• vol.
coray (Adamantins), on Dîabakt Corav , ainsi qu'il écrivait lui-même son nom en français, savant helléniste, né à Smyrne, le 27 avril 1748, mort à Paris, le 6 avril 1833. Il a été, depuis les Lascarisetles Beasarion, l'homme le plus illustré de la Grèce par son caractère, par ses écrits, et qui a exercé le plus d'influence sur les destinées de son pays. Son père, natif de Cbios, était commerçant; sa mère possédait du grec ancien quel-
ques éléments, qu'elle lui enseigna, et elle excitait son émulation en kil montrant la bibliothèque de son aïeul Rhysfae, ancien professeur, qui avait légué ses livres à celui de ses petits-fils qui aurait le plus de succès à l'école grecque. Le jeune Coray mérita de faire cet héritage, et peutêtre doit-il toute sa gloire à ce legs, qui décida de sa vocation littéraire et politique. Les livres latins, italiens , français , dont il était devenu possesseur, en ranimant du pins ardent désir de les comprendre, lui inspirèrent en effet on immense amour pour l'étude, en même temps que son Hérodote, son Démostàène, qui lui révélèrent les glorieuses annales de sa patrie, augmentèrent encore la haine qu'il avait déjà contre les Turcs. A cette même époque, il eut le bonheur de se lier d'une étroite et vive amitié avec Bernard Keun, chapelain du consulat de Hollande , qui lui enseigna le latin , l'initia aux langues de l'Europe , et qui surtout déposa dans le cœur du jeune Grec ces principes de piété, de sagesse et de vertu qui en firent un honnête homme et un grand citoyen. Bien que Coray préférât l'étude an négoce, il aidait néanmoins son père dans tous les détails de son commerce avec tant d'intelligence et de cèle, que celui-ci n'hésita pas à lui confier les intérêts et la direction d'un comptoir qu'il avait établi en Hollande. Coray resta six ans à Amsterdam , uniquement occupé d'affaires commerciales; sa seule distraction était de se rendre deux fois par semaine chez un ami de Keun, le pasteur Bunrt, qui lui enseignait les mathématiques et la philosophie. Trente ans plus tard, on aime à retrouver dans la correspondance de Coray le souvenir de ces pieux minutes de l'Évangile, entouré de tons les témoignages d'une tendre et filiale reconnaissance. De retour à Smyrne , en 1779, peu de jours après l'incendie qui consuma, avec une partie de la vffle, la maison et les magasins de son père, il résolut de mettre à profit ce malheur en réalisant l'idée qu'il avait déjà eue de renoncer au commerce. L'exécution en fut retardée par un mariage trèsavantageux qu'on mi proposa ; mais an moment de se décider, l'amour de l'étude et delà liberté prévalut, et il quitta Smyrne avec l'intention de n'y revenir que pour y exercer la profession de médecin, la seule qui rot alors respectée en Orient. C'est à Montpellier qu'A vint étudier l'art de guérir ; il y arriva en 1782, et pendant six ans il travailla avec une inconcevable ardeur. Un an après son départ de Smyrne, ses parents étant morts presque ruinés, il se mit à traduire en français des ouvrages de médecine anglais et allemands, et se procura ainsi les moyens de payer ses cours et ses examens. Sa thèse pour le doctorat eut le plus brillant succès. Reçu docteur et muni des recommandations de ses professeurs, il se rendit à Paris, où il arriva le 28 mai 1788. La révolution éclata bientôt après; Coray n'y prit d'autre part que celle d'observateur, comme on le voit par le journal épistolaire qu'il rédigea
CORÀY
de tous les événements, et où se manifestent un vif enthousiasme pour la liberté sans licence et de nobles instincts d'humanité (l). Cette grande rénovation sociale lui inspira l'idée de régénérer aussi la Grèce et de la rappeler à la liberté. C'est à cet apostolat patriotique qu'il se dévoua; ce fut la tâche de toute sa vie. Pour l'accomplir, il reconnut qu'il fallait éclairer les Grecs sur leur position politique, et leur faire sentir et comprendre l'antiquité, restée nationale pour eux, épurer leur langage en le rapprochant de celui de leurs aïeux , et prouver en même temps à l'Eorope que la Grèce était désormais digne de fixer son attention et d'obtenir ses sympathies et son assistance. Aussi dans toutes ses publications nous retrouverons Coray à la fois écrivain politique, législateur de la langue, avocat des droits de la Grèce, triple tendance qui se révèle aussi dans toute sa conduite. Pour acquérir l'autorité nécessaire à l'exécution de ses plans, il mit tous ses soins à se concilier l'estime et l'affection des hommes les plus savants de France, d'Angleterre et d'Allemagne , les habituant à honorer la Grèce dans sa personne, par l'élévation de ses sentiments, par une conduite pleine de modestie et de dignité, tandis que son édition des Caractères de Théophraste , en 1799, son traité d'Hippocrate, des Airs, des eaux et des lieux, en 1800, honoré dix ans plus tard d'un des prix décennaux de l'Institut, tandis que sa traduction en grec moderne de l'ouvrage de Beccaria dei Delittiedellepene,ea 1 802, et l'édition des Amours éthiopiques d'Héhodore, en 1804, 2 volumes, dont un de notes , lui assuraient l'ascendant et l'influence du premier helléniste de l'Europe.
C'est par ces publications qu'il préluda à sa grande Bibliothèque hellénique, entreprise avec les patriotiques souscriptions des frères Zosima et d'autres négociants grecs. En 1805 il en publia, comme prospectas et spécimen, les Histoires diverses d'Élien, avec les fragments des Constitutions d'Héraclide du Pont {voy. ce nom ) ; en 1807, les deux premiers volumes, contenant les œuvres complètes d'Isocrate ; de 1809 à 1814, les Vies des hommes illustres de Plutarque, 6 vol.; de 1815 à 1819, la Géographie de Strabon, 4 vol.; en 1821, la Politique, et en 1822, la Morale d'Aristote; les Mémorables de Socrate, avec le Gorgias de Platon, en 1825 ; et en 1826, le Discours de Lycurgue contre Léocrate. Outre ces dix-sept volumes de la Bibliothèque hellénique, il publia neuf autres volumes, d'une moindre importance, auxquels il donna l'humble titre de Hors-d? oeuvre, ou IIopepYà. Ce sont les Stratagèmes de Polyen, les Fables d'Ésope, le traité de Xénocrate Surla nourriture que fournissent les productions aquatiques, les Réflexions morales
(1) Ce Journal a été imprimé à Athènes, tous la famse Indication de £v Ilapurioiç ( a Parla ), en 1888. Il complète avec le recueil des lettres de Coray V Autobiographie qui se trouve en tête de aea ProléoomèMi ; Paris,
de Marc-Aurèle, Qnosandre, les teams politiques de Plutarque, le Manuel dTbpictète, les Discours sur Épictète par Amen. Pour avoir l'ensemble des travaux de Coray, il faut joindre à ces vingt-six volumes les quatre premières Rhapsodies de ntiade, les Facéties d'Hiérocles , et la traduction delà Géographie de Strabon, 5 vol. in-4°, qu'il fit en collaboration de La Porte du Theil , de Gosselin et deLetronne. Cette traduction, entreprise par les ordres de Napoléon Pr, fut d'abord rémunérée par un traitement annuel de!3,000fr. L'empereur y ajouta ensuite 2,000 fr. de rente viagère ; mais Coray, avec le même désintéressement qui lui fit plus tard refuser les fonctions lucratives de censeur des livres grecs, résigna les honoraires annuels, et ne conserva que la pension.
Sa correspondance, publiée à Athènes, en 1839 ( 2 vol. in-84 ), témoigne de l'amour de sa patrie et de sa modestie. A cet égard nous répéterons ce que M. Piccolos a inséré dans son ouvrage sur l'Anthologie grecque; Paris : « Ses Lettres ne peuvent qu'ajouter à la vénération qui s'attache à sa mémoire; il s'y montre tel qu'on l'a < de son vivant, helléniste incomparable (1), tique de premier ordre, philosophe d'à deur et d'une simplicité antiques, entièrement voué à la science , à la vertu, à l'amitié. Jamais peut-être le philosophe indépendant ne s'est manifesté dans Coray mieux que dans une circonstance qui nous est révélée par une lettre de M. Botssonade. Cette lettre, dictée par les sentiments les plus nobles, est digne en tous points du savant illustre que la philologie française est digne d'avoir à sa tète. » Voici cette lettre :
Paris, 28 mars 1816.
Je ne doute pas, monsieur, que si vous désiriez une des places qui vont vaquer dans la troisième datte de l'Institut , vous ne puissiez l'obtenir, et à l'unanimité peut-être. Les visites qui sont passées en usage vous effrayent-elles, n'en faites pas. Seulement écrivez au président ou an secrétaire un* lettre ostensible où vous direz que vous tiendriez à honneur d'obtenir en cette occasion les suffrages de la classe, et que sans votre mauvaise santé , vous vous ferlez un devoir d'aller demander la toîi de chacun des membres qui la composent, etc. Voilà quel serait le fond et l'idée principale de la lettre. Je vous réponds que la classe vous dispenserait de toute autre démarche. J'ai entendu causer là-dessus, et je vous en écris avec assurance. Si vont voulez faire cette lettre et me l'adresser, Je la remettrai, et je ne doute pas qu'une des trois places ne vous soit donnée, sur votre demande, faite dans le sens que je vous ai indiqué. Quelle que soit votre détermination, voyez, je vous en prie , dans cette lettre une nouvelle preuve de mon attachement et de mon dévouement. Pourrais-je avoir votre réponse avant vendredi ?
BonsONiDi.
(1) Vit incomparabUU Âà\ Corot, dit le aavaot C. Slntenb, dans la préface des trois éditions d« Pie* de Plutarque, p. XI.
GORÀY — CORBEIL
Ripons.
Je mis on ne peut plus sensible à l'intérêt que vous prenez à mol. Mes infirmités, dont le nombre s'accroît à tout moment, me font une loi de borner mon ambition et l'emploi du peu de forces qui me restent, au seul travail qui m'occupe eu ce moment — Agréez l'assurance, etc. Coray.
28 mm 1846.
Vers 1828, Toulant, ayant de mourir, recueillir, au profit de la Grèce, tout ce qui se trouvait encore de bon et d'utile dans ses papiers , Coray commença la publication de ses 'Kxoatxâ, ou Mélanges, 5 vol., renfermant de curieuses dissertations et surtout les éléments d'un excellent dictionnaire grec moderne (1). Son dernier ouvrage, le Compagnon du prêtre, 1831, fut comme le couronnement de sa pieuse vie. L'un de ses premiers écrits en grec, intitulé la Trompette guerrière, Zâ\ma\ui xoXe|u<rrîr (hov, et son mémoire sur l'état actuel de la civilisation de la Grèce appelèrent l'attention de la France, dont elles éveillèrent la sympathie et excitèrent les passions généreuses de la nouvelle génération des Grecs. Tel fut Coray dans les travaux de son cabinet , au milieu de ses livres, au milieu de cette jeunesse, l'élite et l'espoir de la Grèce, qui venait s'inspirer de ses pensées et de son patriotisme. Cette vie, dont chaque jour a été signalé par d'importants services rendus à la Grèce ou à ses enfants, et qui se résumait en idées d'avenir et de liberté ; cette vie modeste et glorieuse du patriarche de la Grèce moderne, du restaurateur de la nationalité grecque, s'est éteinte à Paris, le 6 avril 1833. D'après son désir, on a écrit sur sa tombe l'épitaphe qu'il avait composée :
Adamantiius Coray, de Chios.
Je repose en la terre de Paris, où je ne suis point né, mais que f aimais à l'égal de celle de la Grèce, gui m'a vu naître. [F. Dehèqoe, dans VBnc. des g. du m, avec additions. ]
Bioç 'A8a|tavr(ou Kopo»), ovrYpaaeiç iraoà toO lMou;r*rte,isss.-'Aicâv8Lff(ia èitiaroAâv 'Aoapavtiou Koporïj sxdi&moç I. 'Pana; Athènes, lmpr. de Hally, 1889, l vol. tn-S«.
cobazzi (Hercule), littérateur italien, né à Bologne, en 1689, mort à Turin, en octobre; 1726. n entra à l'âge de vingt ans chez les bénédictins de la congrégation du Mont-Olive? , étudia la philosophie et les mathématiques, dans lesquelles il fit de grands progrès, et cultiva aussi l'éloquence avec succès. H acquit beaucoup de considération à Ascofi , Padoue et Sienne, où il séjourna quelque temps. En 1709 il rat appelé dans sa patrie pour occuper la chaire d'algèbre, et ensuite celle de la théorie des fortifications. Sur les instances de Victor Amédée, roi de Sardai-
(1) Cependant la critique doit faire Ici ses réserves : dans toutes tes éditions, Coray n'a pas asses respecté l'autorité des manuscrits, et s'est trop fié & la de sa critique divinatoire.
ÏWHJV. B10GR, GâféR. — T. XI.
gne, ilalla professer, en 1720, les mathématiques à Turin. On a de lui : Dissertationes très : prima, de physiologicis animadversionibus Jos. Marias Lancisii in Plinianam villam, in Laurentino detectam; secunda, de ignibus etruscis; tertia, depestis Bovillx historia; Bologne, 1717; — de Inundatione Rheni ecloga; Bologne, 1718; — Dissertatto ad MichaelisMercati Jfe*a#otôexam; Bologne, 1719; — rArchitetturo militare di Franeesco Marchi, dtfesa délia critica del signore Alano Mal* let, Parigino ; Bologna, 1720.
Fantnisl, Scrittori boioçmtsi, L III. - Tlpaldo, Bloçr. dêgli Italiani illiutri.
CORBBAUDB SA1HT-AXBUI (i\- £-. A.),
ancien lieutenant -colonel d'artillerie, né vers 1750, mort en 1813. H entra dans le corps d'artillerie en 1765, et servit dans les guerres d'Amérique. Corbeau se distingua au siège de Mayeoce en 1793; mais il se compromit par sa modération politique, et n'obtint pas l'avancement qu'A pouvait espérer. H passa ses dernières années dans la retraite, et s'honora par une bienfaisance infatigable. On a de lui : Correspondance familière concernant la religion et les mœurs; Paris, 1813,in-18; — Formation des États de l'histoire moderne, précédée de V histoire des Juifs , depuis le commencement du monde; Paris, 1813, in-12.
Qnérard, la France littéraire.
combil, en latin «idius cobbulbh-
sis (Gilles de), médecin français, vivait vers 1200. n a été confondu avec Gilles d'Athènes, moine bénédictin du septième ou huitième siècle, avec Gilles de Rome, archevêque de Bourges , et avec Gilles de Paris, auteur d'un poème intitulé Carolinus. Cette dernière méprise est la plus igrave, puisque c'est précisément dans ce poème que Gilles de Paris cite Gilles de Corbeil avec éloges, et comme un célèbre médecin du même nom que lui :
Corn ait et hic allô* nostrae non Indeeor nrbl, Orts adornatl, solo mini jnnctoa In usa Hoœlnis, In reUqnla major, mellorque gerendus. Komlnis Ole met celeberrlmns arte medendl.
Gilles de Corbeil était sans doute né dans la petite ville dont il portait le nom. Il se livra de bonne heure à l'étude des lettres; et il alla ensuite professer la médecine à Montpellier. Il y eut un grand nombre d'élèves , auxquels il enseignait aussi les arts libéraux. 11 revint ensuite à Paris, où sa réputation l'avait devancé et où il s'adonna à l'étude de la théologie. Son mérite le fit nommer chanoine de la cathédrale; et il fut reçu docteur en théologie et en médecine, n exerça de plus les fonctions de médecin de Philippe-Auguste; nous ne savons ni à quelle époque ni combien de temps , mais ce fut sûrement plusieurs années avant Jean de Saint- Alban, qui en 1215 occupait cette place. L'époque de sa mort est également inconnue. Tout ce qu'on sait avec certitude, c'est qu'il florissait vers la fin du
douzième siècle. Noua n'avons de Gflies de Corbeil que de§ ouvrages de médecine, et il» sont tons en Ter». A l'exemple de l'école de Salerae» les médecins du moyen âge donnaient une forme poétique à leurs préceptes sur l'art de guérir, dans l'intention sans doute de tes graver plus facilement dans la mémoire des élèyes. On a de Gilles de CorbeU on traité très-remarquable de Pulsions, mien hexamètres, et on traité de Urinis, également en hexamètres. Cas deux traités se trouvent dans plusieurs manuscrits de la Bibliothèque impériale de Paris. Us ont été plusieurs lois imprimés: Baie, 1494, ia-4°, avec des commentaires de Gentilis de Folgmeo; ibid., 1526, hv*°; ihtd., 1S29, tn-ft°; Lyon, 1606, arec des corrections d'Avenaatius da Oamerino. On a encore de Gilles de Corbeil un poème de Vèriutibus et laudibus compositorum medfeominum, que l'on trouve quelquefois dans les ma* nuserits, sons le titre dé Antidetis on de ComposUtone mêdtomentorum; il a été inséré tout entier par Porycarpe Leyser dans son Histoire des poètes et des poèmes du moyen âge. L'auteur y détaille les salutaires effets que produisaient on devaient produire les onguents, baumes , antidotes, enfin tons les remèdes connus de son temps; et cela en vers qui ne manquent ni de gravité ni d'harmonie et rappellent souvent la manière de Claudien.
Daboulay. Histor. univers. — Glllat 4t Parla, 4am le Recueil des historiens dés Gaule* et dé la France, t. XVII. — Catalogué des manuscrits de la Bibtioth. imp. - Histoire littéraire de la France, L XVI. * Fotycarn Uyter, Bise, port, et 90m. m*é\ ssvi., p. sot.
«MfrBMUL (Pierre db), théologien français do treizième siècle, n fut d'abord chanoine et docteur de Paris, pois évésjne de Cambray, et enfin arohevèque de Sens en 1)00. Pendant qu'il professait la théologie à Paris, il eut pour disciple Innocent m. Celui-ci parvenu à la papauté fa» vorisa son ancien maître en tonte occasion, et lui confia des missions importantes. Rigord, Alberto, Vincent de Beau vais, S. Antonin, Trithème, Henri de Gand, font l'éloge de Corbeil-, mais il ne nous reste de lui que quelques fragments de ses ordonnances synodales. On trouve a la Bibliothèque Impériale un manuscrit intitulé : Petri de Corbellio Bettyra adversité eos qui .usures ducunt. On ignore si l'auteur de cette satire est le même personnage que rarchevéque de Sens.
Duboolay, Histor. univers. - Mortri, Grand AuH. historique, - Histoire UttéraUre de la France, L XVII.
*con«ELiv (Pierre), théologien français, né dans le Maine, vers l'année 1480. Il professa les beHes-iettres au collège de Navarre, ainsi que nous l'atteste Jean da Launoy. Do Yerdier compte parmi ses ouvrages divers écrits qu'on rencontre difficilement aujourd'hui : de Divine nàssm saaïjicio; — de Bxretieorum confis* tatis opinionibus, vanaet/tUUia tusresiar* ekarum refellens deiiramenia; Toulouse, 1523, in-4°. On connaît mieux : Pétri Corkelïni