C. Bbàinne
MetknuuUre des gravêun..
ITEL OU CBATEL (Jeu»), régicide, né », mort le 29 décembre 1594. Il était fils larchand drapier de Paris. On sait qu'il
attenta à la vie du roi Henri IV. Voici comment L'Estoile, très-explicite sur cet événement, le raconte, à la date du 37 décembre 1594. ^ Le mardy 27 de ce mois, comme le roy, revenant de son voyage de Picardie, fust entre tout botté dans la chambre de madame de Lianoour, aiant autour de lui le comte de Soissons, le comte de Saint-Pol et autres seigneurs, se présentèrent à sa miMCAté, pour lui baiser les mains, messieurs de Ragni et de Montigni. Ainsi qu'il les reoevoit, uq jeune garçon, nommé Jean Chastel , âgé de dix-neuf ans, ou environ, fils d'un drappier de Paris, demeurant devant le Palais, lequel avec la troupe s'estoit glissé dans la chambre et avancé presque auprès du roy sans estre aperceu, tascha avec un Cousteau qu'il tenoitd'en donner dans la gorge de sa mi^^^- ^^^ pour ce que le roy s'inclina à Theure , pour relever ces seigneurs qui loi baisoient les genoux, le coup, conduit par une secrète et admirable providence de Dieu, porta au lieu de la gorge , à la face, sur la lèvre haute du costé droit, et lui entama et couppa une dent. A l'instant le roy, qui sesentist bles^, regardant ceux qui cstoient autour de Ini, et aïant advisé Mathnrine, sa folle, commença à dire, « Au diable soit la folle ! elle m'a blessé ». Mais elle, le niant, connut tout aussitost fermer la porte, et fut cause que ce petit assassin n'eschaspast. Lequel aïant esté saisi, puis fouillé, jetta à terre soneousteau, enoorestout sanglant, dont U fût contraint de confesser le fait sans autre force. Alors le roi commanda qu'on le laissast aller, et qu'il lui pardonnoit ». Le même jour, Henri annonça aux villes du royaume, dans les termes suivants, le danger auquel il venait d'échapper. « Un jeone garçon, nomméyJcan Chastel, fort « petit, et Agé de dix-huit è dix-neuf ans, s'étant « glissé dans la chambre, s'avança sans être quasi R aperçu, et nous pensant donner dans le corps « du Cousteau qu'il avoit, le coup ne nous a porté « que dans la lèvre supérieure du cdté droit, et A nous a entamé et coupé une dent. 11 y a, IHeu « merd, si^peu de mal, que pour cela nous ne « nous mettrons pas au lit de meilleure licure. » Lorsque le roi fût informé que Chastel avait été élevé par les jésuites, il s'écria : « Fallait-il « donc que les jésuites lussent convaincus par « ma bouche I » On les accusa en effet d'avoir insfriréce forfhit, auquel Chastel aurait été (loussé par le curé de Saint-André, en expiation des honteux désordres de sa vie. Mais, interrogé le lendemain 28 décembre, « il deschaiigea du tout les jésuistes, dit encore L'Estoile, me&mc le père Guéret, son précepteur, dit qu'il avoit entrepris le coup de son propre mouvement et que rien ne lui avait poussé que le zèle qu'il avoit à sa religion, de laquelle Henry de Bourbon (car il appeloit ainsi le roy ) étoit ennemi; qu'il n'estoit en l'égjUse jusques à ce qu1l eust l'approbation du roy ». L'exécution de Chastel eut lieu le suriendemain de l'attentat. Nous laissons encore parier l'auteur du Registre journal de Uen-
CHASTEL — CHASTELAm
ri /V: A Le jeadi 29 Chastel, après avoir esté mis à la question ordinaire et extraordinaire , qu'il endnra sans rien confesser, fist amende honorable, eust le poing couppé, tenant en sa main l'homicide Cousteau duquel il ayoit voulu tuer le roy, puis fust tenaillé et tiré à quatre chevaux fil la place de Grève à Paris, son corps et ses membres jettes au feu et consommés en cendres, et les cendres jettées au vent ». Comme cela se pratiquaitd'après la législation d'alors, la famille du régicide fut enveloppée dans la procédure.
L'BttoUe, Mém, et Jommal, - De Tboo, HUt, — SUnondU HiU. des Fr.^ XXI.
€IIASTBL (François -Thomas)^ littérateur français, né à Pierrefitte, dans le Barrois, le 30 janvier 1750, mort au commencement de notre siècle, n se rendit de bonne heure en Allemagne, et devint professeur de langue française à l'université de Giessen. On a de lui : VOracle, ou essai d'une méthode pour exercer l'attention de la jeunesse par des jeux en demandes et en réponses, par madame de Laûte, traduit du français en allemand ; Offenbach, 1771, in-8°; — Petit recueil de fables , contes et petits drames , avec une table alphabétique des mots, termes et expressions contenus dans ce livre, et les remarques nécessaires sur la syntaxe et le génie de la langue; Giessen, 1778, 1784, in-S*"; — Chansons de table, d'^rès Claudius et le comte de Stolberg, et deux petites pièces de Burger, mises en vers français avec l'origmal; ibid., 1785, in-8»; — Introduction à la lecture des ouvrages en vers français , suivie d'utiles et d'agréables rapsodiesrecueillies sur le Parnasse français, avec les éclaircissement» nécessaires, en allemand; ibid., 1788, 3 vol. in-8''; — Essai d^ne grammaire, augmentés du traité de Vétymologie et de la syntaxe ^française , avec des tables; Francfort et Leipzig, 1792, in-8*; — Alphabet d'histoire naturelle; Offenbacli, 1792 , in-8** ; — Tuas cessé de soitffrir, infortuné monarque, etc., complainte allemande sur les malheurs de Louis XYI, traduite en français ; Giessen, 1793,;in-8' ; — Recueil de petits mémoires sur les sciences , arts et fnéiiers les plus nécessaires , en allemand et en français; Francfort, 1794, in-8\
Autobiographie, dans l'Histoire littéraire de la liesse, par Strleder.
cukSTEiJf^Pierre'LouiS'Àimé, baron), général français, né en 1774, à Vergi, dans le Chablais, mort à Genève, le 16 octobre 1826. Il s'enrôla, en 1792, dans la légion des Allobroges, prit part aux diverses actions qui eurent lieu dans les Alpes, sur la Durance, puis sous les murs de Toulon. A la paix de Campo-Formio , Chastel, qui avait fait preuve de bravoure à l'armée des Pyrénées-Orientales et en Italie, fut envoyé en Egypte. Ce fut dans une des excursions auxquelles nos généraux furent entraînés par la poursuite de Mourad-Bey , que Chastel découvrit le fomenx zodiaque de Denderah, qui
Alt phis tard transporté en France, et devint l'objet d'une si vivepolémique. Revenu en Europe avec le grade de chef d'escadron , digne prix de ses services, il assista aux journées d'Ulm, d*Austerlitz, fit les campagnes de Prusse et de Pologne, déploya dans toutes les rencontres une rare capacité et mi courage à toute épreuve , fut fait colonel, et appelé à l'armée d'Espagne. Créé général de brigade sur la demande du maréchal Soult, il se distingua à la bataille de Wagram, et fut élevé en 1812 au grade de général de division. L'empereur, à qui le mérite militaire du baron Chastel n'avait pu échapper, lui confia le commandement d'une division de cavalerie forte de quatre mille hommes, à la tète de laquelle il poussa des reconnaissances lointaines, et seflistingua dans plusieurs occasions, notamment à la bataiOe de la Moskowa, où les charges qu'il exécuta ébranlèrent le oorpe du général Doktorow , et à Goeriitz , en Saxe, où le corps d'armée de Murât, dont il faisait partie , eut à lutter contre 25,000 cavaliers, 40,000 hommes d'infanterie et une artillerie nombreuse. La présence de l'ennemi sur le territoire français sembla doubler l'énergie de Chastel. Il rassembla sous les murs de Paris tout ce qu'il put trouver de troupes disponibles dans les d^ts, et combattit avec sa valeur ordinaire. Sa division et celle du général BordesouUe, faisant partie du corps du duc de fiaguse, furent repoussées jusqu'à la barrière de Ménilmontant. £n 1815, Chastel fit partie du deuxième corps de l'armée, qui combattit en Belgique avec un courage digne d'un autre sort. Rentré dans la vie privée après les Cent- Jours, il vivait au sein de l'étude et entouré d'une société choisie, lorsqu'en 1820 , on ne sait par quelle niananivre , il fut signalé comme étant à la tète d'un complot qui aurait eu pour but l'enlèvement du duc d'Angoulème è son passage dans les environs de Lons-le-Saulnier. A cette occasion , le baron Chastel dirigea une poursuite en calomnie contre le Drapeau blanc, dont l'éditeur responsable fut condamné par jugement rendu sur appel à Bourg, le 18 mai 1820. Il vécut depuis lors dans la retraite à Ferney- Voltaire.
Le Bas, Dict. encyclop. de la France. — De Conrcelles, Diet, des généraux français. — F'ictoires et conquêtes*
CHASTEL (du). Voy. DcCHATEL.
GHASTBLAiN (Gcorges) , dit VAdventureux, dironiqueur et littérateur bourguignon, né en 1403, mort le 20 mars 1475. Georges, fils do Jean Chastdain, extrait de la noble maison de Gavre et de Mamnes, vit le jour, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même, n en l'impérial comté d'Alost en Flandres (1) ». A l'âge de sept ans il commença des études littéraires, qu'il interrompit pour suivre la carrière des armes. Trèsjeune encore, il fit son entrée dans le monde, et servit comme écuyer. Georges , alors et plus
(1) Chronique ( édlUoa Buchon.), Panthémi lUt.^ 18S7, page 4 et passim.