‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 9 sur 118 · CHASLES · texte numérisé non relu

CHASLES

trouve une sorte de rësumé de ses trayaux jusqu'en 1837 dans un livre qu'il fit paraître alors Rous le titre d'Aperçu historique sur Vorigine et le développement des méthodes en géométrie y particulièrement de celles qui se rapportent à la géométrie moderne, suivi d'un mémoire sur deux principes généraux de la science, la dualité et V homographie ; Paris', iii-4^. Cet ouvrage, auquel a donné lieu la question suivante, proposée par TAcadémiede Bruxelles : « On demande un examen philosophique des différentes méthodes employées dans la géométrie récente, et particulièrement de la méthode des polaires réciproques », avait été couronné par cette académie en 1830 ; mais son auteur ne le livra à l'impression qu^après y avoir fait de nombreuses additions. Aussi YAperçu historique n'est pas seulement une histoire savamment écrite des différentes méthodes géométriques employées jusqu'à nos jours; dans trente-quatre notes qui l'accompagnent (p. 271 à 571 ), M. Chasles aborde d'importantes questions : il donne une extension considérable à la théorie de l'involution de six points qui prend son origine dans un théorème de Desargues; il établit les bases d'une nouvelle théorie des sections coniques et des surfaces du second degré; etc.

Avant M. Chasles le champ de la géométrie pure se trouvait restreint dans un grand nombre de cas. Malgré les efforts tâités par Camot dans sa Géométrie de position, toutes les fois qu'une question était suscq>tible de recevohr l'application du principe des signes, l'analyse seule pouvait établir la généralité de la proposition. Mais la certitude de cette généralité était souvent acquise an prix d'une complication qui rendait certaines questions presque inabordables. C'est qu'il fallait alors recourir dans ces questions à des éléments qui ne s'y trouvent pas placés naturellement, c'est-à-dire à un système de coordonnées. Par un ingénieux algorithme, M. Chasles est parvenu à introduire le principe des signes dans la géométrie pure, et même à y faire entrer sans la moindre difficulté la considération des imaginaires. Il a ainsi créé une nouvelle branche des mathématiques caractérisée par l'uniformité de la méthode. Pour en donner une faible idée, il nous suffira de dire que nonseulement M. Chasles déduit ûnmédiatement d'un principe unique toutes ces belles propriétés des sections coniques connues sous les noms de théorèmes de Pappus, de Desargues, de Pascal , de Newton , de Camot , de Brianchon, etc., mais encore qu'il en étaUit une foule d'autres , à l'aide de ce même principe et d'une certaine loi de corrélation. En 1841 M. Chasles avait été nommé professeur d'astronomie et de mécanique appliquée à l'École polytechnique. Les brillantes dîécouvertes que nous venons de signaler ne tardèrent pas à foire sentir le besoin d'une chaireoonsacrée à leur enseignement. Cepoidant,

ce n'est qu'en 1846 qu'elle ftat créée à la Faculté des sciences, sous le nom de chaire de géométrie supérieure. M. Chasles, naturellement appelé à la remplir, coordonna alors les éléments de cette sdenoe, dont il a publié la première partie dans un Traité de géométrie supérieure; Paris, 1852, 1 vol. in-8*'. Quoique ce livre suffise pour exposer la généralité de la méthode, il ne renferme pas encore les applications aux sections coniques que le savant professeur expose dans son cours, et qui, publiées. en partie dans différents mémoires, feront sans doute l'objet d'un second volume. Du reste, M. Chasles ne s'arrêtera pas à ces courbes; car il a déjà montré par deux notes insérées dans les Comptes- Rendus de r Académie des sciences (30 mai et 29 août 1853 ) que sa méthode peut atteindre les lignes des degrés supérieurs.

Par ses recherches historiques M. Chasles a rendu d'autres services à la science. Dans VAperçu historique, on remarque des idées nouvelles sur la signification des porismes d'Euclide, et une explication de la partie géométrique des ouvrages des Hindous, qui annoncent chez leur auteur une profonde érudition. Dans ce même ouvrage et dans une Histoire de Variihmétique; Bachelier, in-4*', 1843, extraite des Comptes-Rendus de V Académie des sciences , en s'appuyant sur un passage de Boèce et en analysant plusieurs traités de VAbacus , principalement celui de Gerbert , il a établi l'origine pythagoricienne de notre système de numération, que l'on croyaitexclusivement emprunté aux Arabes. M. Librilui ayant opposé quelques citations tirées de VArénaire d'Archimède, M. Chasles répondit par un savant commentaire sur ce traité , dans lequel il démontra que « aucune des considérations arithmétiques qui se trouvait dans VArénaire n'autorise à penser qu'Archimède n'a pas connu leàsystèmede numération décrit par Boèce sons le nom d'Abacus. »

M. Chasles est depuis 1851 memlbre de l'Académie des sciences. La même année il s'est démis de ses fonctions à l'École polytechnique, pour se livrer tout entier aux travaux que réclame la chaire qu'il remplit à la Faculté des sciences. E. Merueux.

iHctiomittirê de la eonversatioUf t* édtllon. — Notice du travaux mathématique* de M, Chaslet ( Bacbeller ).

^GHASLBS DB LA TOUCHE ( Théodore-Gos-

ton-Joseph }, historien et littérateur français, né àTeil(Ille-et-Vilaine),le 19 février 1787, mort dans la ville de Palais, à Belle-Ile-en-Mer, le 13 avril 1848. Il consacra à la culture de l'histoire et des litres les moments de loisir que lui laissaient ses fonctions administratives de maire et de membre du conseil municipal de Palais.

On a de lui : Notes sur qtielques monuments de la Bretagne;daBS le Compte-Rendu des travaux de la Société des sciences, arts et belles^ lettres de Mdeon, .1823, p. 107 et suivantes; — la langue Celto-kimrique est celle que par*

CHASLES - GHASSAIGNON

iaieniUms Us hablkmtt de la GotOe; dans les Mém€ires de V Académie de D^jon (l^i^iSiA)', — CoMsidéraiUms sur les services gne les Grecs ont rendus aux lettres depuis la fondation de Constantinoplepar Constantin, en 37», Jusqt^àsaphse par Mahomet //,«n I4&d; dans le Lgcée armoricain, t Vf!, p. 341-376.

11 a laissé plusieiiri trayaux manuscrits , entre autres nn long mémoiie relatif à la Bretagne, et particiilièremeiità Thistoire de Belle-Ile. Ce mémoire, dont fl s'occupait lorsque la mort est yemie le frapper, était presque terminé; il pourrait facilement Tétre à Taide des matériaux qu'il arait rassemblés. La publication de ce trayafl, désirée des Bretons, serait nn juste hommage à b mémoire de son auteur. P. Levot.

/MfMMtte/ ëê Dimui da SO Jula 18M.

GHASOTOU GHAZOT DB HAN TIGIIT (Louis),

f;éDéalfigiste flrançais, né è Saulx-le-Duc ( Bour- ^o$;iie),enaoût 1693, mort le 29 décembre 1755. il Tmt de bonne heure à Paris, et Ait chargé de Vêdncatk» de plusieurs jeunes seigneurs. Il cultha rélade de lliistoire et surtout bi science de la génédogie. En 1749 fl lut chargé de la partie g fa éifcyqne du Dictionnaire universel de Moréri. fl mourut aveugle. On a de lui Tablettes géograpkigues, contenant un abrégé desguatre peirties du monde, un dictionnaire géofrapkigue, etc.; Paris, 1725, hi-12 ; — Généalogies hàstoriques des anciens patriarches, rois, empereurs et de toutes les meUsons souveraines /usqu^à présent ; Paris, 1736-1738, 4 Tol. iii-4'' (ouvrage inachevé); — Tablettes historiques, généalogiques et chronologiques ; Paris, 1749-1757, 8 vol. bi-24; — TableUes de Thémis; Paris, 1755, 2 vol. in-24; — Abrégé de la généalogie des vicomtes de Lomagne , avec une dissertation sur la branche de Can^ dale;Ptau, 1757, in-12.

Ckandon et bdandlne, DietUmnaire univenel. — Qaérard. ta ftuuce littéraire. — Lelong, Bibitothiqtiê hitt, et ia France, éû. FoateUe.

aussA6XB(LA). Vog. La Chassacne.

- CHASSAIGNAG ( E.„ ), médcdn français, né k Nantes, en 1805. Reçu docteur à Paris en 1835, il a été suoccssivemeot agrégé et prosecteur à la Faculté, vice-président de la Société anatomique, etciiinirgien du bureau central des hôpitaux. On a de hii : de to Structure du col du fémur, étudiée spécialement sous le point de vue de Vanatomie pathologique; Paris, 1835, in-S""; — de la Circulation veineuse; Paris, 1835, iit-ë'*; — le Cœur, les artères et les veines, leur texture et leur développement; Paris, 1836, iD-8* ; — Œuvres chirurgicales complètes d'Astleg Cooper, traduites de Vanglais ( avec M. Richelot) ; Paris, 1835-1837, fort vol. ■1-8* ; — Appréciation des appareils orthopédiques ; Paris, 1841, in-8*; — des Plates à la tête; Paris, 1842, in-8*. On a encore de M. Cbas- Mignar des mémoires Sur la distribution des wajs dans le système musculaire ; — Sur les ruptures de Futérus; -* Sur le tissu fibreux;

sur le système fibreux ganglionnaire, etc. n fut aussi au nombre des collaborateurs que s'était adjoints M. Cruveilhier pour la rédaction de son Traité d^anatomie,

SaebaUle, Ui Médecins de Paris — Ch. Looandre et B<mrqnelot, swppléwtent d la France Uttéraire,

GHASSAieifOBi {Jean -Marie), littérateur français, qui se fit remarquer è la fin du dix-huitième siècle, par des ouvrages bizarres, produits d'un cerveau en délire, naquit à Lyon, en 1735, et mourut à Thoissey , département de TAin , en 1795. Sa famille était connue à Lyon pour so livrer, de toute ancienneté, au commerce de l'épicerie , dont les bénéfices lui avaient procuré une certaine aisance. U fit d'excellentes études au collège des Jésuites de Lyon; nous trouvons dans un chapitre de son ouvrage principal (1) quelques détails, non dépourvus d'intérêt, sur son séjour au pensionnat de la compagnie. Les succès classiques qu'il obtint lui montèrent Timagination, et l'entraînèrent de bonne heure dans une voie bien différente de celle que les traditions de famille lui tenaient ouverte. 11 nous a tracé lui-même (2) le tableau des tristes vicissitudes que les aberrations de son esprit lui firent essuyer. Après avoir fui de la maison paternelle pour se rendre à Genève, et s'être fait arrêter comme voleur, il fut placé par son père dans plusieurs maisons religieuses, dont il s'échappa encore pour errer dans les campagnes.

On parvint néanmoins à le faire recevoir au séminahe de Saint-Sulpice; mais hi mobilité de ses impressions ne lui permit pas de persister dans cette éphémère vocation : il revint a Lyon, où il prit le seul parti qui convint à ses dispositions naturelles et à la trempe de son esprit : il se fit écrivain, dans l'intention de réformer les défauts de son siècle et de gourmander les vicos des particuliers. Ses premiers pas ne furent point lieureux ; il s'avisa de lancer un pamphlet rontr» deux prêtres et un magistrat, qui avaient, selon lui, méconnu les devoirs de leur état. Décrété de prise de corps pour ce libelle diiïamatoirc, il fût obligé de se réfugier en Savoie. Mais , a{)r('s un exil plus ou moins long, il parvint, pour un peu d'or, à obtenir son absolution. Il se rciulit ensuite à Paris, pour y découvrir le prop/icir, ou le régénérateur, dont certains illuminés, tels que Saint-MarUn, Mesmer, etc., avaient annoncé la venue. Après bien des recherches dans les c{;Iii$es et quelques conventicules, il ne trouva point ce régénérateur. La révolution qui éclata bient<«t après se chargea de la mission; mais il ne voulut point lui reconnaître ce caractère. Balan< (^ entre ses penchants pour la cause de la liberté et son horreur pour les crimes dont elle avait été le prétexte, ce dernier sentiment l'cmportn, t$t c'est sous cette inspiration qu'il écrivit un livru

(1) Cataractes de rimaginatlon, t. III, p. 81. Ce chapitre est InUtolé : Ma confession; mon horoscope, scènes inouies.

(S) IM nudUes, ou les crimes du peuple; Paris et Lyoo, 1798, lo-8«. p. m et MlTiatet.

plein iVtfoe énergie sauvage > qu'il intitula , les Nudités, ou lesjcrimes du peuple; Paris et f^yon, 1793, îq-SS C'était, daps sa pensée, une espèce d'antidote au fameux ouvrage de La Yicoipterie sur les ciimes (|es rois, n s'y élève aussi contre les persécutions dont I0 clergé dissident était l'objet, et contre les moteurs des troubles révolutionnaires de Lyon, et notamment Cbalier. Mais comme les sentiments les plus divers se combattaient dans sop cœur, U prit la défense de ce même Cbalier, qui avait/été son condisciple, lorsque celui-ci, ayant comblé U mesure de ses excès révolutionnaires, fut traduit devant le tribunal criminel de Rhône-et-Loire. — Vqf fronde à Chalier, ou idées vraies et philosophiques tracées à la hdte, et offertes à son défenseur, par un homme libre et un ami des hommes ; (Lyon), 1793, in-S** de 30 p., ne put préserver le disciple de Marat de la condamnation capitale qui tilt prononcée contre lui et exécutée. Peutêtre cet écrit apologétique sauva-t-il Chassaignon de l'application des mesures acerbes qui furent

Srises ensuite contre les malheureux Lyonnais, près la mort de son père, il s'était retiré dans un modeste domaine, situé à Thoissey, département de l'Ain, dont il avait hérité, et il y faisait habituellement son séjçur, sans cesser d'avoir un domicile à Lyon. Il ne fut pas moins porté sur la liste des émigrés. Cette droonstanoe donna lieu à une pétition très-originale, qu'il adressa aux représentants CharUer et Pocholle, et dont M. Breghot du Lut nous a conservé le texte (1). <c Gomme on sait, dit le réclamant, que les pen- «( seurs ont Tàme cosmopolite, les affections va- « gabondes, les conceptions vastes, l'imagination n ailée et émigrante , on s'est diverti à mettre « mon nom sur la liste des émigrés, et cette pe- « tite malice ne tend à rien moins qu'à me faire « mourir de faim et de soif. » Cette citation suffit déjà pour donner un aperçu de l'ordre d'idées qui règne dans son principal ouvrage, et des'formes extraordinaires de ^le employées par l'auteur, nous voulons parler des Cataractes de Vimagination , déluge de la scribomanie, vomissement littéraire, hémorrhagie encyclopédique, monstre des monstres ; par Épiménide l'inspiré, dans l'antre de Trophonius, au pays des visions ; 1779, 4 vol. in-12. Ce titre seul caractérise suffisamment une œuvre de délire, oii les sujets les plus disparates sont traités avec une originalité de concepticm qui est encore effacée par celle du style. L'auteur dédareavoir voulu marcher sur les traces de Montaigne; mais il ne lui ressemble que par la fréquence des citations. L'examen et la critique des écrivains célèbres du siècle de Louis XIV et du dix -huitième siècle forment en grande partie le fond de la composition. VÉpiménide, mal inspiré, se complaît à découvrir des taches dans Boileau, Racine, etc. ; en revanche , il fait tous ses efforts

(3) Mélanges biographiques et littéraires relatifs à Vhistoire de Lyon,- Lyon, 183S, in-S", p. 400.

GHASSAIQIÏON - CHASSE

pour élever Pradon, Chapelain et Scudéri au rang des grands poètes. Il tombe à bras raccourci sur les auteurs contemporains, tels que Marmoutel, La Harpe, etc. ; tantôt il exalte Voltaire, tantôt il le déchire. Les amateurs de livres bizarres recherchent un ouvrage qui à ce genre de mérite joint celui de la rareté, ayant été sup primé. On cite parmi les autres écrits de Chassaignon : Éloge de la Brotrade (poëme de Julien Pascal), par un enthousiaste; Genève, (Lyon), 1779, in-12; — les Étais généraux de Foutre monde, vision prophétique; — le Tiers État rétabli pour jamais dans tous ses droits par la résurrection des bons rois et la mort étemelle des tyrans; Langres (Lyon), 1789, in-8"; — Étrennes à messieurs les rédacteurs du Courrier de Lyon ; Autun (Lyon) , 1 790, m-8** ;

— les Ruines de Lyon; Ode (1794), in-8% de 7 pag. n Ces ouvrages, dit M. Bregliot du Lut, « sont devenus fort rares, et contiennent la plucc part, au milieu de beaucoup de folies, âcs. « choses très-sensées et très-spiritueUes. » — Chassaignon avait laissé beaucoup de manuscrits, parmi lesquels se trouvait une tragédie de Cromwell; mais son frère, épicier à Lyon, les fit servir à envelopper les marchandises de son corn merce, J. Lamoureux.

Bregliot du Lut, Mémoires biographiques et Httérairesi I8S8, ln-8<'. — GuUIod , filitoire du siège de Lyon ; s Tol. In-S». — CtttMraetes de ritnaçinaUon. — Les nu dites, ou les crimes du peuple,

GHASSÂif éE. Voy. Ghàssemeux.

CHÂSSÂNioif (Jean db), historien français, né à Monistrol ( Velay), vivait en 1595. Il était protestant. On a de lui : de Gigantibus eorumque reUquiis atque iis qux ante annos aliquot nostra xtate in Gallia reperta sunt; BAle, 1580, in.8** ; Spire, 1587, in-8«»; — Histoire mémorable des grands et merveilleux jugements et punitions de Dieu; 1586, in-S*";

— Histoire des Albigeois, touchant leur doctrine et leur religion, contre les faux bruits qui ont été semés d'eux; Genève, 1595, in-S"".

Lelong , Bibliothèque historique de la France ( éd. Foiitette),Ilet|V.

GHASSANis (Charles), moraliste français, né ve^ 1750, à Nîmes, mort en 1802. Après avoir fait de bonnes études, il suivit la carrière de sa famille, le commerce, et consacra ses loisirs aux lettres. On a de lui : £a Morale universelle, tirée des livres sacrés, rédigée pour la jeunesse, avec des citations; Pari?, 1791, in-8**; — Essai historique et critique sur Vinsuffisance et la vanité de la morale de^ anciens, comparée à la morale chrétienne , traduite de l'italien de don Gaétan Sertor; Paris, 1792, in-12 (traduction supposée); — du Christianisme et de son culte, contre une fausse spiritualité ; Paris, 1802, in-12.

Quérard. la France littéraire..

CHASSÉ ( Claude- Louis-Dominique ue ) , seigneur du Ponceau , chanteur français , né à Rennes, en 1698 , mort à Paris, le 27 octobre

CHASSÉ — CHASSEL

1786. En 1720 , il entra dans les gardes du corps ; mais son p^ ayant été ruine par le STsième de Law et llnoendie de Rennes, Chassé, que la nature avait doué d'une taille ayantar gense, d^une fi||;ure agréable et d'une belle voh de basse, se décida à débuter à TOpéra, en août 1721. FalMe chanteur, mais acteur excellent, il eot bientôt eflaoé ses pré(féoesseurs ; et le rôle de Roland , quH créa avec une sapériorité inoontestatde, mit le sceau à sa réputation, n était si pénétré de ses rAles, qu'un jour, ayant feit une chate sur la scène , il cria aux soldats qui le soivalent : « Marchez-moi sur le corps. » En 1738 Chassé abandonna le théâtre, et se rendit a Bretagne, dans l'espoir d'y rétablir la fortune de sa famille; mais n'ayant point réussi, il rentra à rOpéraenjuin 1742, par le rôle à*Bylas dans Issé. On fit alors sur lui cette épigramme :

AveX'Voiu entendo Chassé DuM U pastorale û'Iué f Ce o'nt plus cette voix tonnule, Ce De sont plus ces grands éclats, Cest an genUlbomroc qal chante ■I qui ne se faUttoc pas.

IVéanmoins, J.-J. Rousseau dit de lui : « Cet excellent pantomhne, en mettant toujours son art au-dessus de lui , et s'efTorçant toujours d'y exceller, s'est mis ainsi lui-même fort au-dessus de ses confrères : acteur unique et homme estimable, il laissera l'admiration et le regret de ses talenU aux amateurs de son théâtre, et un sou- Tenir honorable de sa personne à tous les honnêtes gens. »

En 1757 Chassé prit définitivement sa retraite, n jouissait depuis 1736 de la pension de raa^^iden de la chambre du roi (100 livres) que Louis XV lui avait accordée d'office. On a de lui un ReaiHl de chansons bachiques, publié à Paris.

CiMiadon et Delandlne, DitUonnaire hiitorique univtrael. — FéUs. BioçraphU unirtneUe des wnuiciêng. — J -J. Rooa«eaa, Correspondance. — Watkins, Nouveau dieUonnaire universely trad. de l'anglais por L'Écny; Paris. 180S.

«CHASSÉ (David' Henri, baron), général hollandais, né à Thiel (Gueidre), en 1765, mort à Bréda, en mai 1849. Son père, major au service de l'évêque de Munster, avait, comme protestant, quitté sa patrie pour s'établir en HuUande. Chassé, reçu an service des Pays-Bas en 1775, fût nommé lieutenant en 1781, et capitaine en 1787. Lors de la révolution hollandaise, il prit parti pour les patriotes, et sa réfugia en France quand ce parti succomba, par suite de l'hitervention prussienne. H prit du service en France , et fut nommé en 1793 Ueutenaot-colonel. En 1795 il rentra dans sa patrie ayec l'année de Pichegru, qu'il quitta pour servir de nouveau la Hollande, et prit part, en 1796, à la campagne d'Allemagne sous le général Daendels. Lorsque, cette même année, les Anglais tentèrrat un débarquement sur la cAte de U HoOande, Chassé résista, à la tête d'un

régiment de chasseurs, pendant plusieurs heures à des forces anglaises supérieures. Il prit part ensuite de nouveau à la campagne d'Allemagne, se trouva au siège de Wurtzbourg, enleva une batterie autridiienne , et dans le combat du %7 septembre 1800 fit prisonnier un détachement de 400 hommes. En 1803 il fut nommé colonel, et enfin, en 1806, major général. Dans la guerre d'Espagne il se distingua par beaucoup d'habileté et de courage : comme il avait une prédilection pour l'attaque à la baïonnette, les soldats rappelèrent le général baionnette. En 1808 , le roi Louis-Napoléon hii confia le commandement des troupes hollandaises destinées à l'armée d'Espagne. Malgré de nombreuses difficultés et la défense opiniâtre que fit la Biscaye, il se firaya un chemin jusqu'à Madrid. Il se distingua ensuite à la bataille d'AImonacid de Zorita. La part glorieuse qu'il prit à différentes victoires, et notamment à celle d'Ocana, lui valut le titre de baron et une dotation de 10,000 fr. de rente annuelle. Par sa bravoure il sauva un corps d'armée du général d'Erlon , qui s'était laissé enfoncer dans un col des Pyrénées. En 1813, s'étant joint à la gi*ande armée, il combattit le 27 février, à Bar-sur-Aube, contre les Prussiens, et fut grièvement blessé.

Après les événements de lflri4 , Chassé retourna dans sa patrie, où Guillaume I*^ le nomma lieutenapt général des troupes des Pays- Bas. A la bataille de Waterloo, il se montra reconnaissant de cette distinction; il sauva , îe concert avec le général Van der Smissen , une batterie anglaise que déjà la vieille garde avait fait taire, et contnbua au dénouement de la bataille par une vigoureuse attaque à la baîon* nette. Alors il fîit investi du commandement de la quatrième division militaire des Pays-Bas, dont Anvers était le siège, et ce fut à ce poste qu'il signala encore sa fidélité, sa courageuse résolution et son expérience de la guerre. La ville s'étant déclarée pour la révolution qui venait de s'accomplir à Bruxelles, le baron Chassé se retira dans la citadelle, qu'il défendit d'abord contre les Belges ( 27 octobre 1830 ) , par un bombardement dont on lui a fait un crime, mais que ses devoirs militaires lui commandaient, et ensuite (du 29 novembre au 23 décembre 1832^ contre les Français. Pour récompenser son courage, le roi des Pays-Bas le nomma général en chef de l'infanterie. Après la prise de lacitadelle, le baron Chassé resta prisonnier des Français , qui rendirent hommage à sa conduite ; il tut interné à Dunkerque. Une convention conclue le 21 mai 1833 mit fin à sa captivité. Depuis ce moment, il vécut dans la retraite jusqu'à sa mort. [ Enc, des g. du m., avec addit. ].

ConverstttUms-Lexiecn. — De Beanmoct-Vassy . Histoire des États européens (Belgique). — Moniteur universel. — Lesor, ^nn. hist. univ. — Van Hasselt « Belgique et Hollande. — Rabbe, Bolsjolln, etc., Biographie porteUive des contemporains. ^

GHASSBL ( Charles), sculpteur, né à Nancy,

CHASSEL — GHASSENEUX

en 1612 , mort à Pans, dans un âge avancé. D excellait surtout dans la sculpture en petit, et on cite comme son chef-d'œuirre un crucifix de bois conservé au musée de Nancy. Par ordre d'Anne d'Autriche , il exécuta une armée entière , infanterie , cavalerie , artillerie et ma- 'chines de guerre pour servir à Téducation militaire du jeune Louis XIV ; ce singulier travail lui valut le brevet de sculpteur du roi. £. B— n. Nagler, Nêues jiUçemeines K^mtUr-Lexieon.

CHASSEL (Remi^François)y sculpteur fran- ^, petit-fils du précédent, né à Metz, en 1666, mort le & octobre 1752. Dès Tâge de dix ans, il vint à Paris, étudier sous Lecomte, sculpteur du roi. n travailla à Versailles avec Boulogne, Goustou et Desjardins. De retour en Lorraine, le duc Léopold T' le nomma professeur à TAcadémie de peinture de Nancy. Chassel composa un grand nombre d'ouvrages, qui ont presque tous disparu, et dont les principaux étaient : aux Minimes de Nancy, le monument funèbre du président Cueillet; — dans l'église des Carmesde la même ville, une Piété et une Charité ; — dans l'é^se des dames du Saint-Sacrement, le mausolée de Prançoîs-Josias Bousmard; — le Génie des beaux-arts , groupe destiné à une fontaine publique ; — le Christ formant le devant^d'autel deîla chapeUe ducale, dans l'église des Cordeliers de Nancy. Presque tous les ouvrages de Cbassel étaient en marbre blanc ou en pierre de Savonnières.

Dom Calmet. BibWOkèqite lorraine, p. n. — Temple des Metsint, 144. — Uonnili , HitMre dot vUlei vieille et neuve de Hfanef, Il , p. Ml. — Bégio , Miogro' pMe detla Moselle,

GHASSELOUP-LAURAT ( François ^ marquis), gftoéral français, né à Saint-Somin ( Charente-Inférieure), le 18 août 1754, mort à Paris, le 6 octobre 1833 (1). Lieutenant d'artillerie à sa sortie de l'École des Mézières ( 1774 ), Il passa en 1781 dans le corps du génie, se trouva esa 1792 aux affaires de Givet ; il fut chargé de la direction des travaux de Montmédi lors du siège de cette place par les Prussiens. Lieutenant colonel en récompense des talents qu'il avait montrés à Ja bataille d'Arlon, Ghasseloup-Laubat se rendit à l'armée de Sambre-et- Meuse pour prendre le commandement du siège de Maêstricht. Les services qu'il rendit lui valurent le grade de colonel. Appelé à l'armée d'Italie, fl fut chargé de la direction des sièges de Milan et de Mantoue , ainsi que de la réparation des fortifications de Pizzighitone. Les cliamps de bataille du Gonato , Castiglione , Solptierino , Rivoli et Arcole, où il déploya autant de talent que de courage, relevèrent au rang de général de brigade. Pendant que les pléni-

(1) Un de set aneétres , Jean-Nathanael Cbasscloup- LanbatyDé en 1060, qui avait fait les campagnes de Flandre, eons le maréchal de LuxcmboarR . eot anc }ambc emportée à Nerwinde-, en 1693. Son iUs,Jean, né en 1711 , ac distingua , sous le maréchal de Saxe , à Fontcnoy , à Rancoux, à Lawfeld.

potentiafaes français et étiangers nègodaîcnt è Rastadt une paix dont les préliminaires avaient été signés à Léoben, Ghasseloup-Laubat s'occupa de tracer les limites de l'Autriche et des nouveaux États créés en Italie; et, de retour en France, il établit la ligne de défense du Bas- Rhin, d^s Mayence jusqu'à Nimègue. En 1799, il retourna en Italie, et prit le commandement en chef du génie. L'armée française , commandée par Schœrer, accablée par cent mille Austro-Russes , se voyait forcée de se replier derrière l'Adda, et il ne restait qu'un seul moyen d'empêcher l'ennemi de pénétrer en France : c'était d'occuper l'Appennin et de couvrir Gènes. Mais des difficultés sans nombre s'opposaient à cette exécution : il fallait faire trente lieues dans les montagnes et par des routes impraticables. Ghasseloup-Laubat fit tracer en dix ; jours une route de neuf lieues à travers l'Appcnin; et l'armée, dont Moreau venait de prendre le commandement, put opérer sa retraite en bon ordre. Gette action lui valut ( 19 décembre 1799) le grade de général de division. Appelé ( 1806 ) à la grande armée qui marchait contre la Prusse, il rendit les plus grands services, par les travaux immenses qu'il fit sur les bords de l'Elbe, de roder, de la Vistule, aux tètes de pont de Praga , de Sicrock, de Modelin, et par la direction qu'il donna à ceux du siège «le Dantzig. Envoyé de nouveau en Italie ( 1808), i! porta tous ses soins sur les fortifications de plusieurs places importantes , et il reçut en récompense (30 juin 1811 ) le grade de grand-oflider de la Légion d'honneur et la charge de conseiller d'État en service ordinaire ( section de la guerre ). Après avoir fait partie de l'armée de Russie ( 1812), il Alt appelé au sénat ( 5 aoAt 1813 ), et fut chargé de l'inspection des places fortes de ntalie. Se sentant trop âgé pour reprendre du service pendantles Gent-Jours, Ghasseloup-Laubat, qui avait adhéré à la déchéance de Napoléon, fut élevé (4 juin 1814) à la dignité de pair de France par Louis XVm. Appelé à faire ]»artie de la commission qui devait juger le maréchal Ney, il se prononça contre la condamnation. Ge général, qui était grand' croix de l'ordre de la Réuniou, commandeur de l'ordre de Saint- Louis , et grand-cordon de la Légion d'honneur (ô août 1813) obtint le titre de marquis en 1818, et mourut aveugle, à Tâge de soixante-dixneuf ans. Son nom est gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile, cAté sud. A. S... t.

Son fils, le comte Justin-Napoléon'Sainuelj ancien ministre de la marine , est aujourd'hui membre du corps législatif.

Archives de la guerre. — Dictiormairt des çcnéranx français. - Victoires et conquêtes, U II. YI, XIll. XV, XVI. XVII, XXI.

GHASSBNBUZ (Barthélémy de), seigneur 'le Prelay, juriscon.sulte et magistrat, né k Issy-rÉvè(iue, prcâ d'Aûtun, en août 1480»

mort à Aix, en avril 154 1 . Il avait étudié le droit

CHASSENEUZ — CHÂSSIGNET

à IMle, puis à Poitier»» et enfin à Tarin, sons Claicle Seyssel. 11 ftit, à TAge de vingt-elHin ans, nommé maître des requêtes du cardinal Charles d^Amboise, que Louis XU avait euToyé dans le Milanais pour y commander, et Tannée sui- ¥anfe il prit à Payie le grade de docteur en droit De retour en France, Chasseneuz reçut de Guy de Rochefort des lettres de maître des requêtes honoraire ; mais après la mort de ce chancelier, il se retira en Bourgogne, y exerça la professioD d'ayocat, devint en 1S08 avocat ao haiUînge d'Autun, ai 1531 conseiller au parlement de Paris, et Tannée suivante, premier frrésîdent ou plu^t unique président du ftarie* ment de Provence. Ayant été accusé de mal- Tcrsaljoa par Tavocat gôiéral Laugier, son innocence fiit reconnue, en 1535, par la commis- SH» devant laquelle il avait été renvoyé. La même année le roi Tq)pela dana son conseil, afin d^y traTaiUer à Toidonnance donnée à Issar-TOle poor la réformation de la justice. 11 ëtiâX encore à la tête du pariement d*Aix lorsque tB&Tcndo, le 18 novembre 1540, le fameux arrêt qâ esoilamnait au feu par contumace un certain nombre d'habitants de Cabrières et de Mériadol, confisquait leurs biens, bannissait leurs ianmes et leurs enfants du royaume, et ordonnait la raine de leurs maisons. C'était un reste des nndens Vaudois, que la fermentation causée par les doctrines de Luther avait rendus suspects. Chasseneuz obtint un ordre du roi portant que oes infortunés seraient entendus ; mais, après sa mort, le président d'Oppède, son snocesseur» fit exécuter Tarrêt dans toute sa rigaenr. Les phis horribles cruautés furent alors oommiaes par les troupes royales.

Les ouvrages de Chasseneuz ont pour titres :

Commentaria ht consuetudines duc(Uu$ Bwryundim principaliter, et totius fere Gailue conseeiUive; Lyon, 1517, in-4% goth.; Paris, 1534, m-é^*; Genève, 1649, .in-foK; la dernière édition est de Paris, 1717, in-4*'; — Catalogus glorUR tnundi ; Lyon, 1529, in-fol. ; goth. ( dédié au chancelier Duprat ) ; Francfort, 1579, édition moins correcte; Genève, 1649, MfA. Cet ouvrage , tombé dans un oubli pro- Ibnd , règle les rangs et les préséances, et contient des recherches sur les offices , dignités et diarges de la couronne; — Consilia; Lyon, 1531-1638, in-fol.; ce sont des consultations sur des manières de jurisprudence. Chasseneuz est auteor des vers latins dans les Êpitaphes des rois de France qui ont régné, depuis le roi Pbaramond jusques au roi François /^ de ce nom y etc.; Bordeaux, sans date, in- 12. Le P. Lekmg loi attribue à tort Touvrage entier. Les vers français qu'il renferme ont été imprimés à Poitiers, 1531, in-4'', sous le nom 4e Jean Bouchet^ qui en est le véritable auteur. £. Regn/oid.

De Thoo , Uiitoria, ton. I , llb. VI , p. 189, édiU de Goiivc. - Booebe, HUIMre de Provence, tiom, II, p. eu

et nilT. — Boubler, HitUHre des eoïïumentaieurs de la Coutume du duché de Bourgogne, en tète de »pi (ouvres de furitprudeneet édlu de Dijon, 17S7. — Mtcéron, MéwMirtSftom. 111 et X.

GHA8SBPOLOUGHA8Sn>OL(fy'ançoi« db). Cet auteur, sur lequel on manque de détails biographiques, parait avohr été chargé par Colbert d'un travail sur les finances publié sous le titre de : Traité des finances tt de la fausse monnaie des Romains^ suivi delà Manière de discerner les médailles antiques de celles qui sont contrefaites, par Guillaume Beauvais; Paris, 1740 Jn-12. On attribue au mémeChassepol deux romans faititulés : V Histoire des grands vizirs , Paris, 1677, 3 vol. in-12, et VHistoire nouvelle des amazones; Paris, 1678, 2 vol. in-12.

Journal des iovaiUs,. 1740, p. Ml; — Barbter, Dfe- Uoimaire det ouvragei anonifwtet. — Bniaet, Maamei.du libraire — Qaérard, la France littéraire,

* CHASSBT (Charles-Antoine f comte), homme politique Ihuaçais, né à ViUefranche, le 25 mai 1745, mort vers 1830. Avocat et maire à Tépoque de hi Révolution, il fut nommé membre de TAssemblée constituante , fit décréter la suppression des dîmes, et fut envoyé avec le général Custine et Régnier en mission dans les départements du Haut et du Bas-Rhin et des Vosges. En 1792 d devint membre de la Convention nationale, vota, dans le procès de Louis XVI, la détention pendant la guerre et le bannissement après la paix, et ensuite se prononça contre le sursis. Après le 31 mai 1793 , il sortit de France, devbt aide-chirurgien sur un vaisseau anglais, et aide-chirurgien à Toulon pendant l'occupation anglaise. En 1795, il rentra en France, où il venait, quoique absent, d'être nommé membre du Conseil des Cinq- Cents. 11 fit ensuite partie du Conseil des Anciens; et à l'époque du 18 bnimairo an vu (1799) il s'attacha au parti du général Bonaparte, ce qui lui valut son admission an sénat conservateur, le titre de commandeur de la Légion d'honneur, la dignité de comte de Tempire et celle de comte titulahre de la sénatorerie de Metz. Après^ la seconde restauration, il fîit ooinpiîs dans la loi du 12 janvier 1816, au nombre des conventionnels dits votants; mais il obtint peu après l'autorisation de rentrer en France.

Biographie moderne. — Galerie des contemporains. — Le Ba«, Dictionnaire ene^clopédiaue de la France,

CHASSIGNET (Albert), historien français, vivait dans le dix-septième siècle. Il était bénédictin, et a composé V Histoire de tous les monastères du comté de Bourgogne, restée manuscrite; — l'Histoire des maisons de l'ordre de Cluni; du Prieuré de Vaux-sur-Poligny, etc.

Ulong. Bibl, Mst, delaFr. (éd. Fontette), \, li.est,

€HA88IGNET (François, baron de), homme d'État autrichien, d'origine française, né à Besançon, en 1651, mort vers 1716. Il entra au service de TAutriche, où il s'éleva jiAqu'au grade dégénérai. L'empereur Léopold lui confia l'éducation

C31ASSIGNET — CUASTAINE

de soD (ils aîné (depuis Joseph I*^). En juillet 1701 il fut envoyé à Naples pour exciter une révolte contre la domination de Philippe V, roi d*Espagne, et contre les Français, sea alliéa. Une conspiration redoutable fut organisée par leaaoini de Chassignet : son explosion, fixée au 19 septembre, fiit différée au 6 octobre. Ce retard la lit découvrir : le duc de Medina-Cell, alors vice* roi pour rEspagne, prit aussitôt toutes lea mesures nécessaires pour fairo avorter le plan dca conspirateurs. Geux-d, se voyant prévenus, appelèrent le peuple à l'insijrrection, mais sans succès. Chassignet fut arrêté, transporté à Paris, et écroué à la Baatille; il en sortit en 1714, par la paix deRastadt; l'empereur Charles YI le nomma conseiller d'État.

ReonetUle. iHitoire de ta BatUUê, 1», 114. et II. 4(4.

ghAlSSIGN ET (Jean-Baptiste), poète ftrançats, né à Besançon, vivait en 1620 ; Il eut pour maître le savant Huet, et il puisa dans les leçons de ce guide éclairé un grand amour pour les lettres. Ses poésies sont en général empreintes de mélancolie. On lui doit, entre autres, deux poèmes intitulés : Mépris de la vie et consoiations contre la mort; Besançon, 1594, in-l2; — Paraphrases sur les cent cinquante Psaumes de David; Lyon, J013, in-l2. Ces compositions ne sont pas sans quelque mérite, et rappellent le genre de Malherbe.

Goajet. Bibl franc.

* CHASSIN (/ean-5imon), marin français, né à riIe-Dieu, en 1754, tué le 16 nivôse an vi. n monta comme matelot, en 1778, à bord de la galiarre le Compas, et fbt nommé capitaine de frégate le 10 pluviôse an v, après avoir gagné tous les grades intermédiaires par des actions d'éclat ou des missions importantes. Le 16 nivôse an VI, Chassin escortait sur la corvette le Chéry un convoi se rendant de Rochefort à Brest, lorsqu'il fut attaqué par plusieurs bâtiments anglais. Accosté par la fr^te Pomon; il n'hésita pas à combattre, malgré llnfériorité de ses forces. Après une vive canonnade, il tomba mortellement atteint; mais son équipage, électrisé par son exemple, continua une défense héroïque, qui ne cessa que lorsque les batteries cla Chéry furent submergées. Pendant ce temps le convoi, forçant de voiles, échappa aux ennemis. Les Anglais, ne pouvant sauver la corvette française, recueillirent son équipage, et, par une exception honorable pour les deux nattons, le mirent en liberté, après avoir rendu les honneurs funèbres à son commandant. Bonaparte , premier consul , accorda une pension à la veuve de Chassin. Cet ofSder était auteur de : Belevé des côtes de la ci-devant Bretagne et moyens faciles de les mettre en état de défense; Ro* chefort, an m, in-S**, avec cartes; — Essai sur la construction et Varmement des bâtiments destinés à la course; Brest, an v, in-8'; — de Futilité des pièces dites de chasse et des moyens d'assurer leur tir; Rochefort, ibid.; et

plusieurs autres ouvrages sur la science navale restés roanoscrits ou déposés aux Archivea de la Marine.

\jt Bm, DietUnmair^ encpelop. de la France. — Vao Teoac, Hutoire de la marine.

GHASSIPOL. Voy. CH4SSEP0L.

CHASSiRon (Pierre-Matthicu-Martin ok), littérateur français, né en 1704, à l'Ile d'OIéron, mort à La Rochelle, en 1767. 11 fut trésorier de France, et conseiller d'honneur au pré&idial de La Rochelle. On a de lui : Réflexions sur le com^ que larmoyant; Paris, 1749, in-i2 : cet ouvrage fit quelque sensation à l'époque où il parut L'auteur blâme le goût de ses contemporains pour le comique larmoyant, et veut les ramener aux traditions classiques de l'ancienne comédie. On doit encore à Chassiron V Histoire des travaux de r Académie de La Rochelle, dont il fut l'im des fondateurs. On la trouve en tète du premier recueil des Mémoires de cette société; Paris, 1747, in-8**.

Le* trois tiéclet de la littérature française. — Quérard, la France Utt.

CHASSIRON {Pierre-CharleS'Martin , baron de), économiste fi-ançais, fils du précédent, né à La Rochelle, le 2 novembre 1753, mort à Paris, le 15 avril 1825. Il fut maître des requêtes et trésorier au bureau des finances de sa ville natale. Partisan des réformes promises par la Révolution, il en adopta les principes, mais il en blâma les excès. Arrêté comme suspect, il ne dut sa délivrance qu'au dévouement de sa femme. En 1797 , le département de la Charente-Inférieure l'envoya au Conseil des Anciens. Au 18 brumaire, Chasf^iron fut admis dans la commission législative, et passa ensuite au Tribunal, où il appuya les divers projets présentés par le gouvernement, et réclama vivement des lois protectrices de l'agriculture. A la dissolution du Tribunal, il devint conseiller à la cour des comptes. On a de lui : Lettres sur V agriculture du district de La Rochelle et de ses environs; 1796,in-12; — Deux Lettres aux cultivateurs français sur les moyens d*opérer un grand nombre de dessèchements par des procèdes simples et peu dispendieux; Paris, 1800, in-8°; — Richard converti, ou entretiens sur les objets les plus importants du code rural; ibid., 1801, in-8° — Essais sur la législation et les règlements nécessaires aux cours d'eau et rivières non navigables et flottables , ainsi qu'aux dessèchements àfatre ou à conserver en France; ibid., 1H18, in-S". Chassiron a aussi inséré plusieurs articles dans le Nouveau cours complet d'agriculture et dans la nouvelle édition du Cours d'agriculture de Rozier.

SUvestre, Éloge de Chassiron^ dans les Mémoires de la Société d'agrieultvre de 1626.

* CHASTAiNB (Léonard), chirurgien français, né à Mussidan, dans le Périgord, le 24 novembre 1715. Après avoir étudié dans sa ville natale, puis à Bordeaux et à Paris, il fut envoyé en 1738 à l'hôpital de Lille, où il devint aide

CBASTAITiE -*- CHASTEL

Ctien-nugor en 1744. H servit eBsoite au litre daiu le^ années françaûes» et fut nom- Tespondant de l'Académie de cJiirurgie. On i : Lettres à M, Canton, premier chirurle la princesse Charlotte de LomUne^ ervir de réfutation à une lettre de Van '-adit , chirurgien et pensionné pour la '« Lille i ians indication de date ni de lieu nuîpn ; — Lettres sur Ut IMhotomke ; Pa- DieS. de ta méd.

STB ( ... OE ), gouverneur français, vivait seconde moitié du seiaiètne siècle. U Ait rieur de Dieppe et d'Arqués. Catherine de ( renvoya, en l&Bd, avec une compagnie iei ie dans nie de Torcàre, pour y soutenir rets d'Antoine, prieur de Crato, récem- In roi de Portugal. Cette ei^pédition ne heureuse. £n 1603, de Chaste forma à une compagnie pour continuer les découàté^à faites au Canada. Il mourut au mo- « il se disposait à partir lui-même pour outrée. La relation du Voyage à Tercère, Cbasie, fait partie du deuxième volume tteddeThévenot.

«oC, Mciation de divers voyages curieux.

àSTEAiJ , en italien gastblm ( Guil- ), graveur français, né ù Orléans, le 18 &36, mort à Pans, le là septembre 1683.

ia à Paris les principes du dessin, et fit son tour d'Italie, Il parcourut succès- Ht Gûnes, Parme , Y^ise et Florence. A il se lia d'amitié avec Fiédério Greuter, léterraina à renoncer à la palette pour le Les portraits de prélats et de pontifes stampes qu'il a gravées en Italie sont«si- ! son nom italianisé, Castelli. Il séjourna î temps à Lyon, avant son retour à Pail fut protégé par Colbert, qui le penet le fit entrer à l'Académie de peinture.

vé surtout d'après Le Poussin et les malliens. On cite parmi ses gravures : le Raent de saint Paul, d'après Poussin ; — •p^ton de la Vierge, d'après Annibal be ; — to Manne au désert; — Saint recouvrant la vue, d'après P. de Cor- — le Martyre de saint Etienne, d'àrrache ; — la Guérison des deux aveu- Jéricho, d'après Poussin ; — le jeune u soustrait aux recherches des MopH avaient tué son père jEadde, d'améme; — la Mort de Qermanicus^ le même ; — quelques tableaux d'après . Ses estampes à l'eau forte sont préfé- I ses gravures burinées : sa manière y est re, plus pittoresque, et 11 est à regretter se soit pas exclusivement livré à ce genre.

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