‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 21 sur 118 · CHATEAUBRIANT — CHATEAUNEUF · texte numérisé non relu

CHATEAUBRIANT — CHATEAUNEUF

que le poids y est; qaant aux devises , eUes sont empreintes dans mon cœur : c'est là qu'il doit les chercher. » A quoi le roi répondit : « Cette femme a plus de courage que je n*en aurais attendu de son sexe. Allez, reportez-lui son or; je lui en aurais donné le double pour les devises. » Et ce double poids, comme valeur, eût été encore fort peu de chose. Bonchet et Brantôme rapportent que Mme de ChAteaubriant était une des trois femmes qui, lors de l'entrevue de François I**^ et de Clément Vil à Marseille, firent demander une dispense pour faire gras en carême. Le duc d'Albanie, chargé de cette commission, imagina qu'il valait mieux réclamer enleurnom la permission de transgresser, sans pécher, le sixième commandement du Décalogue , si bien que lorsqu'à l'audience du saint-père ces dames insistèrent' pour être affirancUes trois fois par semaine de la loi commune , le ^pwpe entra dans la plus étrange colère, et se trouva fort heureux, après une explication , de n'avoir à se relâcher que sur un point de discipline. Cette plaisanterie, qui prouve avec quelle légèreté on traitait Mme de Chàteaubriant, explique aussi l'humeur que fit éclater son mari lorsqu'il n'eut plus à craindre qu'elle fût protégée par le roL La malheureuse Françoise , rentrée sous la domination de l'époux dont elle avait déshonoré le nom, ayant perdu sa fiUe unique , vécut dans son château de Bretagne, si maltraitée par cet époux, qu'il fut généralement accusé d'avoir terminé ses jours par un poison dont elle mourut. En vain a-t-on nié une jalousie exercée sur une femme de soixantedeux ans ; en vain a-t-on rappelé le monument que le comte de Chàteaubriant fif élever à sa femme et que Marot et Nicolas Bourbon ornèrent chacun d'une épitaphe : la mort de Françoise fut toujours atbibuée à son mari, et le don qu'il fit de tous ses biens au connétable de Montmorency semble confirmer l'opinion qu'il redoutait les poursuites de la justice.

Mme de Murât , Lesconvel et d'autres ont publié des romans historiques sur les amours de la comtesse de Chàteaubriant. [Mme la comtesse Bradi, dans l'i^nc. d. g, d. m. ]

VarilUs. Histoire de Françott f ,• - Bayle, DM. critiqve ; ChAteaubrland , Ètudet hittor. — Bne. du dirneupiétne siecU, art. François I«'. — BcaalCme , Mim. — J. Niel, Portraits et personnages les plus illustres du seizième siècle; 1848, tn-foL

. CHATBAUBRCH {Jeon-Baptiste Vivien de), auteur tragique français , né à Angoulème, on 1686, mort le 16 février 1775. En 1714 il fit jouer une tragédie de Mahemet II, que celle de Lanoue sur le même- sujet a|Wt oublier. Attaché plus tard , comme maître d'hôtel;, à la maison du duc d'Orléans, fils du régent, il craignit, en travaillant pour le théâtre, d'effaroucher ses scrupules religieux. 11 continua bien de composer des tragédies , toutes imitées des auteurs grecs et latins , objets de ses études continuelles , mais Q les gantait en portefeuille. Le duc étant

mort, Chàteaubrun^ alors sexagénaire, n*eal plus la même réserve à garder envers son fils, dont il avait été sous-précepteur. En 1754, après un sflence de quarante ans, il fit jouer les Troyennés, qui eurent du succès. L'auteur s'y est heureusement inspiré d'Euripide. Si la pièce est peu régulière et écrite d'une manière inégale, elle offîre un morceau d'éclat , celui des prophéties de Cassandre!, et plusieurs traits de situation et de sentiment. Elle dut beaucoup eo outre à M^et Clairon et Gaussin dans les rôles de Cassandre et d'Andromaque. Parmi les imitateurs secondaires de Racine , Châteaubrun est un.de ceux qui olRrent par moments un édio de ce grand maître. Plus régulier que lui dans ses plans, Campistron, par exemple , n'a guère de ces traits heureux du cœur qne les Troifennes

PhUoctète (1755) et Astyanax (1756 ) suivirent les Troyennes, Le premier de ces ouvrages obtint un accueil assez favorable, nuds ne se soutint pas longtemps ; le second ne fut joué qu'une seule fois. Châteaubrun avait composé deux autres tragédies, Antigoneei Ajax, U les laissa dans un tiroir ouvert; et comme il demandait un jour à son domestique s'il n'avait pas yu deux gros cahiers de papier : « — Oui, Monsieur, « répondit le domestique ; mais je m'en sois « servi pour envelopper ces côtelettes de veau « que vous aimez tant. » Châteaubrun prit philosophiquement cette disgrâce, bien mortifiante pour un poète. Reçu à l'Académie française en 1753, il prolongea sa carrière jusqu'à l'âge de quatre-vingt-neuf ans. Le duc d'Orléans, son ancien élève , lui faisait une pension de deux mille écus. Quoiqu'il n'eût, du reste, aucune fortune, Châteaubrun légua une rente de cinq cents livres à chacune de ses deux nièces et une de trois cents à chacun de ses deux domestiques , en priant le duc, son ancien élève, de se changer de servir ces rentes, comme dernier témoignage de ses bontés. Non-seulement le prince répondit à cet appel , mais encore il ajouta douze cents Ihrres pour chacune des nièces. Les Œuvres choisies de Châteaubrun ont été publiées avec celles deGuymond de la Touche; Paris, 1814, Didot, 1 volume in-18, stéréotype. ^Th. Muret.

., Dictionnaire des théâtres.

GHATKAUFOET^ VoyeZ BOT8BAV.

GHATBÂUNBUF ( L'abbé DE ) , musioographe français, originaire de Savoie, mort à Paris, « 1709. n fut le parrain de Voltaire. On a de lui : Traité de la musique des anciens; Paris, 1725| in-8^, ouvrage posthume.

FéUs, Mogr. universelle des tnusicimu.

ghatbilUHbiif ( L'ÉPINE DE ) , poète et di* plomate français, né vers 1753, mort à Hani« bourg, en 1800. Cousin de Dumouriez,il suivit d'abord la carrière militaire j mais il l'abandonna pour entrer dans celle des consulats, et fut sue» cessiveroent chancelier de Peyssonel à Smyme» à Tripolitza, consul par intérim de la Morée»

loi

CHATEAUIŒUF — CHATEAUROUX

« eoonl à Mpoll de Syrie, eonMil général à

Ton, et enfin résident de la France à Génère.

Lon^ Domonriei se fut expatrié, Château-

oenf quitta ce dernier poste, se retira en Hol-

Jaode, et se fit Uhraire àHamboorg. On a de loi :

IdffUet de Tkéocrite mises en vers français,

suivies de quelpies idfflles de Bion , Moschus

et autres auteurs plus modernes; — Ams-

todam, 1794, in-8**; — Paraboles de VBvan-

file, wUses en vers français ; 1706, in-4**.

Oesetiarci, iUelet UUérairêi,

cmkTMÂVSKVF (Renée db Ribux, dite la

Selle) 9 dame française, ùiTorite da duc d'An-

jm, dqNiis Henri m, naqait vers 1550, d'une

Bofaie (amiUe de Bretagne, et mourut vers 1587.

Elfe lot placée comme fiUe d'honneur auprès

de Catlieriiie de Médids; et son étonnante

bonté, qui pendant longtemps fut proyerbiale

à la eovr, lui attira les hommages de Charles IX

et du duc d'Ai^u , depuis Henri m, dont elle

H fat maîtresse pendant plusieurs années. Ce

\mem loi adressa, par l'entremise de Desportes,

k rimmr de la cour, une foule de sonnets qui

lOBieiittoiis sur sabeauté, et en particulier sur

a hlonde cberelure. DcTcnu roi de France|,

Heori m , sHmissant à Louise de Yaudemont ,

Imd qae, d'après le malicieux TaUemant des

Béanz, fl eôt eu quelque envie d'épouser sa fa-

forite, proposa la main delà belle Châteauneuf '

n comte de Brienne, simple cadet de famille;

edoî-ei, néanmoins, refusa un mariage qui, di-

aM, le déshonorait en lui assurant la foveur

da roi, et fot obligé de quitter la cour. Cepen-

ànt mademoiselle de ChÂteauneuf craignait pen

fescharaies de la jeune reine; elle se crat mène

mei sàre de sa puissance pour oser braver

cette princesse dans un bal; et le roi se vit forcé

de la punir de cette insolence en l'éloignant de

k cour. Par dépit, et peut-être par amour, elle

^oosa un Florentin nommé Antinotti, qu'elle

poignarda dans un accès de jalousie. L'ancien

«nour du roi la fit absoudre de ce crime , et

plos tard, après avoir, suivant TaUemant des

BéMix, refusé la main du prince de Transylva-

lie, qui avait envoyé demander une fille de la

cour de France, elle épousa Philippe Altoviti,

Ofiitaine des galères, que Henri m créa baron de

Castdlane. Ce second mari périt encore de

iDort violente : il fut assassiné par Henri d'Ân-

gMiléme, grand-prieur de France, contre lequel

il avait conspiré. Depuis cette époque (1586.),

rhistoire perd la trace de mademoiselle de Châ

teumeuf , et l'on ne sait même pas la date précise

de » mort.

8«lflC-Edme, BitMré da /avoritet. — TaUemant Set Réavx. HUtoriêUei. - U Bas, DUt, eneycl. <fa la ftanee.

CH4TB4UMBirF-EaiiiKiN (le oomte Alexandre de), révolutionnaire français, mort en 1816. Il fut d'abord capitaine dans les dragons do comte d'Artois, et gentilhomme de ce prince ; dépoté par la noblesse de la sénéchaussée de

Mende aux états généraux, fl y vota constamment avec le côté gauche, et fut à la fin de la session nommé l'un des administrateurs du département de la Lozère. Renvoyé par] le département à la Convention, il vota la mort de Louis XYIsans sunis et sans appel. Après avoir signalé son zèle à la montagne, à cdté de Marat et de Robespierre, il devint membre du comité de salut public, et eut à remplir plusieurs missions, notamment à Lyon , où il se montra plus féroce que Couthon. Le Directoire remploya comme général de brigade, et lui donna le commandement de la place de Mayenne. Après le 1 8 brumaire, Châteauneuf-Randon fut nommé préfet des Alpes-Maritimes, et révoqué peu de temps après.

• MonU. unio. — CalerU kUt. des contemporains» — Arnanlt, etc., Biographie nouvette des contemporains.

GHATBâV-BnGHARD (RoUSSELET, marquiS

de). Voyez Cbâtbau-Reciiard.

GHATKÂimoux (Marie-Anne, duchesse de), favorite de Louis XY, morte le 8 décembre 1744. Veuve à vingt-trois ans du marquis de la Tournelle, qu'elle avait épousé en 1734 , elle regarda comme une des attributions de sa noble et antique famille d'être à son tour maltresse de Louis XV, ainsi que l'avaient été mesdames de Mailly, de Vintimille, et de Lauraguais, ses soeurs. La fidélité que pendant plusieure années Louis XV garda à son épouse contrariait beaucoup de courtisans, et la plus grande partie d'entre eux concourut à priver cette princesse d'une tendresse dont madame de Bfailly devint le premier objet dans l'ordre illégitime. Se supplantant successivement, les demoiselles de Nesfe furent enfin représentées dans le poste de favorite par la marquise de la Toumelle, qui se fit nommer dame du palai^ de la reine, et exigea que son titre fttt changé en celui de duchesse de Châteauroux. Le roi y consentit, «joutant 80,000 livres de rentes à la dignité, et faisant mettre dans les lettres patentes que le mérite personnel et les vertus de madame de la Toumelle étaient les seuls motifs des grâces quHl lui accordait. Madame de Chàteauroux crut faire oublier son déshonneur et son avidité en inspi rant au roi le désir de la gloire. Après la mort (1743) du cardinal de Fleury, premier ministre, madame de Chàteauroux, qui avait fait son guide du duc de Richelieu , aprè^ l'avoir eu pour amant, engagea le roi à présider ses conseils et à commander ses aimées en personne. Quant À l'écooomie, que plusieurs croyaient une vertu royale, la favorite ne s'en souciait guère, témoin les 1,200v000 fr. qu'elle fit dépenser à Choisy , dont le séjour lui plaisait. Louis XV, craignant les remontrances d'Orry, son contrôleur général, lui fit remettre le mémoire, qu'Q n'avait osé lui donner, et fut agréablement surpris quand l'habile ministre lui dit : « Sire, je suis étonné de la modicité de la somme, et j'ai mis en réserve pour cet objet 1^500,000 fr. » Si Madame de Château-

CHATEAITROUX — GHATEIONERAIE

roox eût aimé la gloire (1)» oa «urait réservée œt argent pour pousser plus vÎTement la guerre* que la France allait soutenir contre TAngletarre et contre la reine de Hongrie : elle crut suffisant au succès de nos armes de mener le roi lisiter les places fortes de la flnontièrey depuis Donkerque jusqu'à Meti, annonçant qu'il allait prendre le commandement de son arméed'AIsace. Iionis XV partit de Paris an mois de mai 1744: la duchesse le suivait; mais pour éviter le scandale de leur réunion dans chaque ville où séjournait le roi, on perçait des murailles ou Ton construisait des cloisons de pianches : ce qui laissait ignorer au public l'heure des communications, mais en fournissait les preuves les plus ostensibles. Menin, Ypres, Fumes, le fort de Kenoque, firent pris sous les yeux du roi^ et ces succès avaient déjà sensiblement touché les Français, lorsqu'à Metz il tomba malade, d*une fièvre maligne , à la suite des fatigues de cette campagne et des excès de table auxquels il se livrait ftéquemment Les églises de Paris se rempUrent alors de toute la po|Hilation : on n'entendait que cris et prières , et le surnom de bien aimé Ait unanimement décerné au prince f|ui par quelques actes de courage venait de itnimer l'amour de ses sujets. La reine, dont la cassette était vide, emprunta mille louis à Viliemur, receveur général des finances, afin de partir sur-le-champ pour Metz, oà madame de Cbâteanroux, assise au chevet du roi, recevait de nouvelles assurances de sa tendresse; mais le 14 aônt le duc de Chartres et l'évéque de Soissons ayant appris au monarque que ses jours étaient en danger, il consentit, sur les rqprésentations de Tévèque à renvoyer sa ùivorite, et, selon Tusage du temps, demanda pardon à ceux qui l'entouraient du scandale qi\'il avait donné. Dans son trajet de Metz à Paris, madame de Châteauranx, qui 8*était à grand'peine procuré une des voitures du maréchal de BelUsIe, fut accablée dl^jures par le peuple des campagnes, et ne se déroba aux mauvais traitements dont on la menaçait qu'en prenant des chemins détournés ou en traversant à pied et inconnue plusieurs .vfllag^. La longueur de la convalescence du roi, I» sentiments que parurent lui inspirer la douleur et les soins de la rehie, laissèrent croire un instant que madame de Châteauroux était bannie pour jamais. jLes dévotes de la cour y disent quelques Mémoires, mirent des rubans verts à leurs cornettes. Mais la sage Lesczinska, Âgée de quarante et un ans et méàre de dix enfimts, ne pouvait guère lutter contre une jeune et belle femme, aux yeux d'un roi beaucoup plus désireux de chaimes que de vertus. Le maréchal deBidielieu , qui ne se piquait point de délicatesse, imagma des parties de chasse dans

(1) Une preave cnrieose de la fotlllté de ta doelmie, c'est le iBoUr qui lai fit demander et obtenir le renvoi d'Amelot, ministre des affaires étrangères : U avait à s'exprimer une dlIDcalté qui déplalMlt à H fk^orlte.

lesquelles le roi revit madame de Cliâteauroux : elle reprit tout son empire, et exigea une réparation éclatante pour ce qu'elle appelait Vnf- Jhmt reçu à Metz. M. d'Argenson (d'autres disent M. de Maorepas ) , qui lui avait signifié son exil, fut chaîné de lui annoncer son rappel. A cette nouvelle, les poissardes s'écrièrent : Puisque le roi la reprend, il ne trouvera plus un pater sur le pavé de Paris! Qu'aurait-on dit si l'on avait su que madame de ChAteauroux obtenait aussi sa nomination de surintendante de la maison de la jeune dauphine, que l'on attendait? Mais la mort s'opnosa à cette preuve de la faiblesse du roi et de l'effronterie de la fovorite. A peine avait-on appris qu'elle était rappelée à la cour, que madame la duchesse de Ghâteauroux, atteinte d'un mal aussi violent que subit, expira ( 1744), non sans que ses ennemis, et ils étaient nombreux, fussent accusés de l'avoir empoisonnée (1). Le roi la regretta; et les dames de Pompadour et du Barry, qui lui succédèrent , aussi ambitieuses et plus avides, n'ayant ni l'élévation d'esprit ni la dignité de madame de Chàteauroux, la firent aussi regretter par la nation. On a publié à Paris, en 1806^ 2 vol. de ses lettres, et madame Sophie Gay a donné sous le titre de Madame la duchesse de Chdteauroux un roman plein d'intérêt [M™*Ba4Diy dans l'^nc. des g. du m., avecaddit.]

Voltaire, siècle de Louis Xr: - Soulavie', JUem. do Richelieu. — Mém. pour servir à la vie de Vottaire.

CHÀTEiGiTKEAiE {Fronçoïs de VivoKiu:, seigneur de la) , chevalier français, né en 1520, mort le 13 juillet 1547. Il eut pour pan-ain François I^, fut élevé à la cour, et se fit remarquer de bonne heure par une force physique extraordinaire, par une rare habileté à tons les exercices du corps, et par une brillante valeur dans les combats, particulièrement \ la journée de Cérisoles. Mais on lui reprochait une insultante présomption. « n n'avoit que cela ch; mauvais , dit lui-même son neveu Brantôme , qu'il étoit trop haut à la main et querelleux. » Des propos indiscrets l'ayant brouillé avec Gui de Chabot, seigneur de Jamac, ils demandèrent l'un et l'autre au roi la permission de se battre à outrance; François I^ ne voulut jamais y consentir. A la mort de ce monarque, Jamac soUicita de nouveau cette permission auprù.; de Henri II, qui l'accorda. Le combat eut lieu en champ ck>s, dans le parc de Saint-Germain-en- Laye, le 10 juillet 1547, en présence du roi et d'un grand nombre de seigneurs. Contre l'attente des spectateurs, la Chateigneraie succomba, par l'effet d'un coup de revers que son adversaire lui porta au jarret, et qui s'appelle encore le coup de Jamac :isa vie était au pouvoir du vainqueur. Jamac se jeta trois fois aux pieds du roi, en le suppliant d'accepter le don qu*il

(I) Dans ses oHHnentt de lièvre, eOe accvsalt partieB- Uèrencnt Maorepas.

CHATËIGNERAIE — CUATEL

Jb fiitail de la penoane de son adversaire. Le rai à't enfin an vainqueur : « Vous avez comtattn camne Cësar et parlé comme Cicéron » , et fit porter la Chateigneraie dans sa tente pour éln pansé; mais lliumiliation que celui-ci ^proavait le jeta dans im tel désespoir, qu'il arncba tous les appareils mis sur sa blessure. Ce omriwt ca chainp clos fut le dernier duel auiinié*

flcaevine. MéÊKOkrt». - Brantôme, Mémoiret.

oiATBifiiiKBAiB (L'abbé DE LA ) vivait dm la seconde moitié du dix-septième siècle.

Oi a de loi : Comnaiisance de$ arbres fruitiers ; Firis» 1692, in-12.

tiêtf^kiê mni9enaie. ,

aîlTBi.. Vop. Chastel.

CaiTBLw FOf . DUCHATEL.

chItsi. ( Lambert i>e), en latin lam^er^tif

de Cartelu) , joriflconsulte> français, vivait dans

la seconde mcÀtàé du treizième siècle. II naqtiit

dm UB bonrg du Thymerais, anciennement

a|çdé Chastd, en latin Castellum , et plus tard

ChUeanMof. Ch&tel fut un de ceux qui se

livrèraift avec le plus d'ardeur à Tétude du droit

rtnaiL II professa lui-même le droit civil à

Vu», d compta parmi ses disciples Raoul de

CobameOe, qui lui dédia, vers 1290, le livre

de Tnaulatione Imperii, C'est à tort que Du-

pia tût adresser cette dédicace à un Lambert

deCa^iDe. Quant à Lambert du ChAtel , il a

nos doute écrit aussi, mais rien de lui n*cst

voiQ jusqu'à nous.

nrrai du Radier, Élogei hUÏ. det hommet ilbutret du THmtrmis. - mn. Ittt. rfe fa fr., XXï, t8l7. - Journal ^rrrAn, mars 1751.

cbItbl {François du), pcmtre flamand, Bé à Bruxelles 9 en 1626, mort vers 1680. Cet artiste, que l'on compare à Gonzalez Coquez, fîitdève de David Teniers, et adopta d'abord le (QEBiY de son maître; mais il l'abandonna* pour as peindre que des assemblées, des bals et M% pfirtraits. « Son dessin est correct, dit Descao^is, sa conleor excellente, sa touche fine, et a entendait très-bien la perspective et avait noteUiiseBoe du clalr-obscor. » Le tableau le plus fpniidérabtede Dn ChAtel représente le roi d'Esfnfiieyvi reçoU le sermenide fidélité des étais étt Brttbant et de Us Flandre, en Tannée IMa. n a vingt pieds de longueur» sur quatorze <le haotenr : on y compte plus de mille figures.

OeseuBps. ria dei pHntret flamand* et hollandais.

IcmATmLiFerdinand'François), fondateur de rÉgMia dite catholique -française, né à tînaiit^ en Bourbonnais, le 9 janvier 1795. Ses nés de fortune, le placèrent chez un r ponr loi faire apprendre ce métier. Suile grande régularité les offices relil^x, le jeone ChAtel fut remarqué par un eodé^astiqna de sa paroisse, qui, ayant songé 41e Cura entrer dans les ordres, le mit à ses frais an petit sémihaire de Montferrand. Après «voir étodié la théologie au grand séminaire, ^iriié par les solpidens , ChAtel reçut la tonsure

à vingt ans, les ordres mineurs six mois après, le sous-diaconat l'année suivante, et en 1818 la prêtrise. D'abord vicaire de Notre-Dame de Moulins, il s'exerça à la prédication, pour Idquelle il avait quelques dispositions. Deux ans après il obtint la cure de Monetay-sur-Loire, et de là , au bout de six mois , passa ai qualitc^ d'aum6nier dans le vingtième r^iment de ligne, puis dans le deuxième régiment de grenadiers à chevaf de la garde royale jusqu'en 1830. De 1823 à 1830 il prêcha dans la plupart des églises de la capitale. Qndqne temps avant la révolution de Jnillet , l'abbé ChAtel écrivit dan» le Réformateur^ dans VÉcho de la religion et du siècle, où ses inexactitudes théologiques pouvaient faire pressentir le IVitur novateur. Après avoir réuni plusieurs prêtres mécontents dans sa maison, rue des Sept-Voies, il leur fit part de ses projets. Tel Ait le germe de la tentative d'innovation de l'abbé ChAtel. Les prosélytes r*<^tant accrus, rétablissement fht transféré me de la Sourdière, ensuite rue de Cléry, enfin rue du faubourg Saint-Martin. « Le peuple et le clergé, ayant été réunis, » le nommèrent évéque-primat de la nouvelle Église. Le maître des Templiers, Fabre-Palaprat, le consacra en 1831. Voici un des articles du Credo de l'abbé ChAtel : « Je crois que la morale de Jésus-Christ est si sage , que sa vie a été si pure et son zèle si ardent pour le bonheur des hommes, que ce grand personnage doit être regardé comme un modèle de vertus et honoré comme un homme prodigieux, u Le fondateur de cette parodie évangélique a lui-même résumé ainsi sa doctrine :

<t La loi naturelle, toute la loi naturelle, rien que la loi naturelle. » Mais des schismes ne tardèrent pas à surgir ( Voy. Auzou ). C'est en 1842 seulement qu'un arrêté de police fit fermer le lieu de réunion du sieur CliAtel , qui, d'après les termes de ce document, aurait proféré « des outrages envers la morale publique, » etc. L'abbé ChAtel obtmt ensuite du gouvernement un emploi dans le service des postes. La révolution de 1848 vit reparaître M. ChAtel, qui mit son éloquence au service de la cause des femmes opprimées.

Orateur assidu du club présidé par madame Niboyet, on l'entendit plusieurs fois plaider la cause du divorce, une des thèses favorites de ces condliaboles. On a de lui : Sermon à Vouverture de la nouvelle Église française ^ br. in-8*»; — Profession de foi de l'Église catholique française , précédée de r Église romaine, ou de Véducaiion anti-nationale des séminaires , in-8° ; — Catéchisme à Vusage de VÉglise catholique française, 1833, in-8«>, plusieurs fois réédité ; — le Code de V humanité, ou Vhumanité ramenée à la connaissance du vrai Dieu et au véritable socialisme i 1838, in-8°; — À la Chambre des Députés, 1843, in-fol. 11 existe en outre de lui un f^and nombre de discours , particulièrement contre le célibat des prêtres, sur les abus de la confession, sur

lit

CHATEL — GHATELLAUf

texcellenee de la loi naturelle, sur la vocation de la femme y etc. A. R.

Biographie Au clergé emUem^oraiA, — Biographie de» Homuneê du four. — La France litiéraire, tupplément. CHATELAIN. Foy. ChASTELÀIN.

CHATELAIN (Jean-Baptiste), dessinateur et graveor anglais, né à Londres, en 1710, mort dans la même Tille, en 1771. il fut un halnle graveur de paysages. Sa touche est libre et facile, et son exécution pleine d'esprit, il avait, ditron, le caiactèro lirusque et ne travaillait que lorsque le besoin l'y contraignait. On a de lui un grand nombre d'estampes d'après Gaspard Poussin, Bfaroo Ricd, Pietro de Ckirtone, Nicolas Poussin, et divers paysages de sa composition. Il a travaillé à plusieurs œuvres en société avec Vivarès, son ami et âève de Lebas, et prit part à la collection de paysages publiée en 1747 par Boydell. Parmi ses productions on cite : un Paysage d'après Ck)rtone, avec cette légende : « Suivez-moi ; je vous ferai pécheurs d'hommes » ; 17C6 ; — un Paysage d'après Poussin, représentant U7ie Tempête et Vhistoire de Pirame et Thisbé;— Paysage italien, d'après C. Lorrain et Vivarès.

Nagler, Neues Mlgem. Kûrutler'Lexicon, — Basao, Diet. Oes graveurs, — Rose, New biogr. dictUmarg,

CHATELAIN ( René-Théophile), publiciste français, né à SahitrQuentin, le '19 janvier 1790, mort à Paris, le 20 mars 1838. Il embrassa de bonne heure la carrière des armes, en 1808, et fit avec ^stinction les campagnes d'Espagne, de Russie, d'Allemagne et de France, dans la cavalerie, n échappa, comme par miracle, aux désastres de la campagne de Russie, et traversa avec son cheval la Bérésina. H obGnt la décoration de la Légion d'honneur en 1813, et il était lieutenant de cavalerie lors du licenciement de l'armée en 1815. Son cœiur comme son esprit furent indignés des outrages que prodiguaient alors à l'armée française d'anciens émigrés, qui n'avaient guère servi qu'à la suite des armées étrangères et soutenaient les prétentions féodales de Kanden tégirae. H prit la plume, et se livra à la polémique, d'abord pour voiger ses compagnons d'armes, et ensuite dans l'intérêt de la liberté constitutionnelle, éclairé par les relations que ses succès littéraires lui procurèrent avec les hommes éminents de l'opposition, Foy, Sébastiani, Benjamin Constant, Casimir Perrier, Chauvelin, duc de Choiseul. n avait publié en 1817 : le Voyage d^un étranger en France et Quelques abus dans le système religieux; — en 1818, le Paysan et le Gentilhomme (trois éditions) ; — le Seizième siècle revenuen 1817 ; — Entretiens sur le caractère que doivent avoir les députés ; — en 1819 , une brochure sur les élections. Plusieurs de ces écrits , très-piquants, et d'un sel attîque, furent poursuivis. Châtelain, qui avait d'ailleurs travaillé au Censeur, au Nouvel Homme gris, etkla Renommée, devint en 1819 le rédacteur en chef du Courrier français , dont il devint le co-génmt

en 1828. Dans cette carriètre du journalisme, fl se distingua par son désintéressement, sa fermeté et son talent net et incisif, et il se fit nue haute réputation dans la presse. H avait été un des premiers à protester contre les ordonnances de 1830. Aussi, après la révolution de cette époque, Louis-Philippe voulut converser avec lui, et lui fit des offrà d'emploi. Châtelain préféra garder son indépendance : il prévoyait une sorte de réaction et de nouvelles luttes. Blanqui (l'alné), qui avait longtemps été le collaborateur du Courrier français, a dit sur sa tombe que Chal^ain « était resté dans la presse périodique, « tantôt pour s'élever contre quelque oppression, «T tantôt pour flétrir quelque apostasie ».

Châtelain, atteint d'une maladie organique, qui pendant plusieurs années lui fit éprouver de cruelles souffrances, avait toujours refusé de s'allier aux hommes violents qui voulaient renverser la monarchie. H avait horreur du sang et du régime de 1793 ; aussi, malgré la vivacité et la persévérance de son opposition, il eut d'illustres amis, qui ont voué un culte à sa mémoire. Son ouvrage le plus remarqualde est le livre des Lettres de Sidi Mahmoud, écrites pendant le séjour en France de ce personnage; Paris, 1825, in-12; c'est dans ces lettres que Châtelain a souvent imité avec succès les Lettres persanes, et prouvé la délicatesse ingénieuse de son esprit. On lui doit encore l'introduction au Résumé de Vhistoire de Portugal, par Rabbe, morceau supérieur à l'ouvrage principal. Enfin, il aleu part à la traduction des diefs-d'œuvre des thé&tres

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