ISAMBERT
Biographie des contemporains.
CHATELBT ( DD ). Voy, DUCHATBLET.
CHATELET-IiONONT ( DuC OU ), VOy. DUCHA- TELET-LOMONT.
CHATELBT (Charlcs-Louis), peintre et révolutionnaire finançais, né à Paris, en 1753, mort en 1795. n débuta par la peinture, mais ne se fit pas remarquer dans sa profession. H embrassa avec ardeur la cause de la révolution, se lia avec Robespierre et les chefs des jacobins , fil partie du tribunal révolutionnaire , et s'associa à toutes les vengeances de cette époque. Jugé et condamné après le 9 thermidor, et par suite de la réaction qui suivit cette journée, il Bubit la peine capitale.
Moniteur universel.
CHATELLAiH ( Jeon db), prédîcatenr flamand, de Tordre des Augustins, natif de Tournay, vivait dans les premières années du seirième siècle ; il prêcha avec succès dans les principales villes de France et de Lorraine. Accusé d^avoir manifesté publiquement des opinions fiivoraUes auluthérianisme, il fot arrêté, et, malgré la protection que lui accordèrent les magistrats de Metz, condamné au feu, comme hérétique et relaps. D. Cahnet lui attribue la Chro^ nique de la ville de Metz, en rimes; Metz, 1698, 1^712 ; c*est à tort : eOe est de Jean ChAteL
lit
COàTELLAIN — CHATTERTON
UkÊH, MèUaUL de LartwHmt, - GoQjet, MMot*.
* GBATKLLâED ( Jean-Jocques ) , roaShématiden français, de l*ordre des Jésuites, né à Lyon, le 21 décembre 1693, mort à Toulon, en 1756. Il firt professeur dliydrographie dans cette der- ■ère Tille. On a de lui : Éléments de nuUhématiques à tutage des ingénieurs, 3 vol. in-12.
idctaif, aoppL à Jfteher, Attgem. G^lehrten-Uxieon,
cmàTWSMËWÊL {Bernard), prâat français, natif de Montpellier, mort à ATÎgnon, le 14 août 1317. n se fit remarquer par ses connaissances a droit dril et canonique, s'établit à Rome, et yeierça longtemps la charge d'auditeur du sacré ptlaia, sous le ponti&nt de Grégoire X.
i|irès a:foir été chapelain du pape et ardiidiacre 4us régliae de Narbonne, fl frit nommé à Véwér Aé d'Albj, en 1276. Nicolas V le chargea d'infiMmer dans le diocèse de Lodère contre ceux foi avaient usarpé les biens ecclésiastiques, et PhSppe le fiel re&Yoja à Rome pour y pour- «Hie la canonisation de saint Louis. En 1306 CUIeiier passa de rérèché d'Alby à celui du PBy-€n>Tclay. Le pape Jean XXn le créa car-
GolL cArifC. — Frlioii, Cad. pwim-
cmàTïïUJOU (mcolas-Clatide)f littérateur frwcab, né à Bouen, le 14 août 1776 , mort à Paris, le 7 janvier 1826. n consacra à la culture te Idtrea les loisirs que lui laissait un modeste cnploi dans les bureaux de l'administration de lalalerie. On a de lui : ÉpUre auxmtueSf couraaaé, en 1821, par l'Académie des jeux floraux;
— U Duelliste, poème élégiaque, couronné, en 1813, par l'Aeadéroie d'Arras; — le Philosophe à table; Paris, 1824, in-8**; — la Chemise, eode; — les derniers Adieux du poète; Paris, 1126, in-8*;— rjncognito;ïM., 1825, in-8«;
- Quelques compositions dramatiques, et des cbasons de droonstance.
àm»9iaa, noOce surN.C. ChâtiUon, dans le Beeueii * tÀcmâgmie de iHion, tSM.
*CBATUBL DB LA NÉBOHHIÈBB {Pierre-
Jeseph) , théologien fr-ançais, né à Laval, en 1733, mort à Angers, en 1817. La province du MÉie le choisit, en 1789, pour un de ses reprélatints aux états généraux, n fut ensuite viobt de la Trinité de Laval, puis curé de Soubiaes, dans le département de Maine-etrLoire. Onadehn : Traitédu pouvoir desévéques sur ks empêchements du mariage; Paris, 1789, to-12. La doctrine de cet ouvrage a été corobillK pcr MauRrot On attribue à Chatizel de la Wfr o n nière : Lettre de M.*,, curé du diocèse 'iJifert, OH père Vialar, évéque intrus du éipairtementâe la JlfayeRne(1791);in-8*;^ et Uttre adressée au 7. S, P^JHe VI, évéque de hme et sowerain p(mt\fe de VÊglise uninrselie, par le clergé catholique des diocèses éeMans et d^Aligers; Londres, sans date, in-8*'. Oette lettre avait été d*abord imprimée dans le %nial ecclésiastique de Barruel , juin 1792.
GHAT&B. Vog, La Châtre.
GBATTBmTON (rAofiuu ), littérateur et poète anglais, né à Bristol, le 20 novembre 1752, mort le 24 août 1770. II perdit son père trois mois avant de naître. Confié à l'Age de dnq ans à un maître d'école de charité, qui avait succédé k un emploi du même genre occupé par le père, le jeune Chatterton fit d'abord peu de progrès, et frrt renvoyé à sa mère comme une intelligenco ^>ai8se, incapable d'une plus forte instruction ( a dull bog, and incapable o/further instruction). Le maître assurément manquait de pénétration. Rentré dans la maison de sa mère, Chatterton avait six ans lorsqu'il parvint à connaître les lettres qu'on lui fit lire dans un vieux livre de musique manuscrit , pour lequel l'enfant s'éprit de passion; et dès lors ses progrès frirent aussi rapides qu'ils avaient été lents jusque alors. A huit ans il entra à l'école de charité CoUton de Bristol, et resta sept ans dans cet établisseroent, où il composa tout d'abord de petites pièces de vers, surtout des poèmes satiriques. Le 1*"' joillet 1767, il quitta l'école, et entra comme clere chez un nommé Lambert, attomey (procureur) à Bristol. Ainsi que l'eût fait un clere d'avoué en France, Chatterton chercha dans la publicité une distraction à ses occupations nouvelles, et adressa au journal de Bristol , dirigé par Félix Farley , des articles qui attirèrent tout d'abord l'attention. Au mois d'octobre 1768, à l'occasion de l'inauguration d'un nouveau pont à Bristol, il inséra dans la même feuille, et d'après un vieux manuscrit, à ce qu'il disait, une description des moines qui les premiers avaient traversé l'ancien pont (a Description qf the frgars first passing over the old bridge , taJken from an ancient manuscript). Interrogé sur la manière dont il s'était procuré ce document. Chatterton ne voulut d'abord pas répondre ; pressé plus vive ment, il déclara que son père ayant trouvé des papiers de ce genre dans l'église de Redcliff, où ils étaient déposés dans le coffre dit de Ca* nynge , ils étaient natorellement tombés dans sa possession. Quelque temps après il fut mis en relation avec un antiquaire appelé Catcott et uu M. Barrett, occupé à écrire une histoire de Bristol. Il donna au premier comme l'œuvre du moine Rowley des poèmes, selon toute apparence, de sa seule composition, tels que the Bristow tragedy; Rowley* s Epitaph upon M. Canyngt^s ancestors, A l'entendre, ce Rowley était un moine du quinzième siècle, protégé par Canynge, riche marchand de la même époque. Et quant à M. Barrett, Chatterton lui fournit une description de chaque église ou chapelle de Bristol, description qu*Ô assurait avoir également trouvée parmi de vieux parchemins. Il parait certain qu'il s'était appliqué à imprimer à ces papiers les caractères ordinaires de la vétusté. Le succès de ces supercheries littéraires excita l'ambition de Chatterton, et il proclama ses espérances dans qoelqiies-unes de oesi» poblicatiouak
Ito
CHACTERTON
En môme temps il se mit à étudier (Tautres branches des connaissances humaines; mais les études de Fantiquaire occupèrent toujours la première place.
Cependant, il composa dirers écrits en vers et en prose, des écrits satiriques surtout, et dont quelques-uns parurent dans les journaux et revues de l*époque, particulièrement dans le Tovm and country magtizine.
Au mois de mars 1769, il s'adressa à Horace Walpole, fils du mhiistre Robert Walpole, et lui offrit une liste de peintres qui auraient autrefois existé à Bristol, Uste que , suivant le système déjà adopté par lui, il présenta comme Tayaut découverte, en même temps que de vieux poômes.Walpoleaccepta d'abord avecempressement; puis il se montra moins bienvefllant, soit qu*il suspectât Tauthenticité de la découverte de Chatterton , soit qu'elle lui parût peu importante ; peut-être aussi parce que le jeufte antiquahpe insistait trop pour voir sa position améliorée. Walpole laissa les lettres de Chatterton sans ré- Iiouse. Chatterton demanda alors, en termes qui témoignaient combien il ce trouvait blessé du procédé, que ses manuscrits lui fassent rendus, et le grand seigneur les renvoya sous enveloppe, sans autre réponse. Le découragement succéda bientôt chez Técrivain inexpérimenté aux espérances qu'il avait conçues, et dès lors il songea au suicide. 11 laissa échapper ce projet sinistre devant la famille de M. Lambert, son patron.
On trouva même son testament, conçu en termes qui le peignent tout entier; cette pièce débutait de la manière qui suit : n Ceci est la dernière volonté et le t^tament de moi Thomas Chatterton, de la cité de Bristol , sain de corps, par la grûce de mon dernier chirurgien. Quant à mon esprit, c'est au coroncr et au jury à en juger; seulement, je les prie de noter que les maîtres passés en fait d'intelligence à Bristol me traitent de fou. Si je commets aujourd'hui un acte de folie, il est simplement confbrme au reste de ma vie , taxé comme empreint de ce caractère. » Puis il annonçait que sa mort était fixée au lendemain soir, avant huit heures. La lectnre de cette pièce, qui témoignait ou d'un commencement d'égarement d'esprit , ou , ce qui était plus vraisemblable, d'une misanthropie ironique, extraordinaire à l'âge de Chatterton, cnVaya M. Lambert, qui le congédia. 11 vint alors à Londres, où les libraires lui firent d'encourageantes propositions. « Je débuterai par les lettres , écrivait-il : les promesses qu'on m'a faites me donnent lieu d'espérer que j'y réussirai ; si, contre toute attente, je me trouvais déçu dans mes espérances, je me [ferais ministre méthodiste. Comme toujours la crédulité est la déesse régnante, c'est chose facile que de créer une secte nouvelle (1). Si cette ressource me fait défaut, il m'en restera une dernière, le pistolet » (Ifthat too skould
(1) Oo eu presque enrayé de cette précoce expérience des liommeA et des chose»
fait me, my last and final ressource is apistoi). Cependant, ses premières lettres à sa mère et à sa sœur respirent renthodsiasuic. « Me voici placé enfin, y lisait-on, et comme je le désûre. Quelle magnifique perspective! » Il écrivit pour l'opposition, quoique, disait-fl, la fortune ae trouvât dans le parti contraire. Malheureusement aussi, il ajoutait « qu'il serait un pauvre écrivain celui qui ne saurait pas écrire pour le^ deux partis ». Évidemment le sens moral était peu développé chez Chatterton, à son intefllgence était précoce ; et ce qui le prouve encore, c'est ce compte écrit de sa main et trouvé an dos d'une brochure politique à l'adresse db lord-maire Beckford, son protecteur. Il suppute dans cette pièce, en forme de Doit et Avoir, les résultats, en ce qui le concerne, de la mort récente de ce seigneur :
Perdu par sa mort sur cet essai. 1*116
Gagné en élégies 2* 2*
£n essais 5^ 3*
Je me r^ouis de sa mort pour. . d' 13 6 Si ce compte n'était pas une mauvaise plai« sauterie, il n'émanait pas d'un grand cœur, même en faisant la part des hauteurs que Chatterton aurait pu essuyer chez les personnages qu'il voyait. Quoiqu'il écrivit beaucoup, il n'acquit pas d'aisance, et le désespoir vint encore s'asseoir au seuil du jeune littérateur. Au mois de juillet 1770, il quitta son logement de Shorcditoby pour venir demeurer Brook-Street , ffolbom^ où, réduit à la dernière misère, il s'empoisonna. Il avait dix-sept ans et neuf mois. Comme son génie, son extérieur s'était développé d'une manière précoce. Ses yeux étaient perçants, et l'un des deux beaucoup plus que l'autre. Sa tenue était shnple , et son affection pour ses proches était sans bornes. Malgré des inégalités de caractère incontestables. Chatterton était doué de facultés peu ordinaires ; il ne lui manquait fieutêtre que le sentiment du devoir. On sait que M. Alfred de Vigny a fait de Chatterton le sujet d'un drame, représenté le i*^ février 1835, aprèt l'avoir pris |)our héros d'une de ses Nouvelles. M. de Vigny est un admirateur de Chatterton.
Quoique l'histoire soit plus que la poésie tenue de mesurer son admiration , il faut reconnaître qu'à beaucoup d'égards le jugement porté par l'auteur de S^e(/oest fondé. Nous le citons en partie comme l'éloquent résumé de la vie de Chatterton. « Il venait d'avoir onze ans et demi, dit M. de Vigny. Cette tendre voix jette son premier cri; et c'est l'indignation qui le lui arrache, à la vue d'un prêtre qui a changé de religioB pour de l'argent. Un humble assistant ou sousmattre de l'école, nommé Thomas Philipps, l'écoute et Tencourage. Il part, il est poète, il écrit 11 fait des élégies , des poèmes , une prophétie lyrique, un poème héroïque et satirique (the Consuliad ), un chaut dans le goût d'Osisian (Gorthmund). A quatorze ans il a imprimé trois