CHAULNES
compagnie des chevau-légers » il obtint les gouvernements d*Âmiens et de Gorbie. Appelé à Tarmée du Rhin, il servit au siège de Philisbourg, le 22 juin 1734. Créé maréchal de France le 11 i'évrier 1741 , il ne fut jamais employé en cette <(iialité. A. S\uzAY
Pinard. Chronol. nUlU., t. 3, p. 304.
CH AULNES {Michel' Ferdinand d'Albert d'Ailly, duc de), général et savant français, fils du précédent, né le 31 décembre 1714, mort le 23 septembre 1769. Il s'adonna avec ardeur aux sciences physiques, pour lesquelles il fit des dépenses considérables. C'est ainsi qu'il rassembla beaucoup d'objets curieux trouvés en Chine, en Grèce et en Egypte, ou des vases étrusques. Loisqu'on adopta les plateaux de glace à la place des machines électriques à globe de verre, de soufre ou de résine, ce fut cet amateur de la science qui fit élever la plus grande machine et une batterie telle qu'il ne s'en était pas encore vu, et dont on se servit pour produire des effets pareils à ceux delà foudre. De Chaulnes M reçu, en 1743, membre honoraire de l'Académie des sciences. Le Recueil de l'Académie des sciences et le' Journal de physique contiennent de lui plusieurs mémoires intéressants. Les folles dépenses de sa fenmie le ruinèrent , et sa conduite scandaleuse le fit mourir de chagrin.
Ses ouvrages sont : Nouvelles méthodes pour diviser les instruments de mathématiques; 1768, in-fol.; suivies de la Description d*un microscope et de différents micromètres destinés à mesurer des parties circulaires ou droites avec la plus grande précision ; — des Mémoires dans le Recueil de l'Académie des sciences. Éloçe de Cbaalnes, IMëmoiret de l'académie des teienees.
CHAULNES (Marie- Joseph Louis d'Albert d'Aillt, duc de), fils de Michel-Ferdinand, chimiste français, né en 1741, mort en 1793. Il porta d'abord le titre de duc de Picquigny. Colonel à vingt"^uatre ans, il se retira bientôt du service pour s'adonner aux sciences naturelles. On lui doit d'utiles recherches. En 1775, il se fit connaître en prouvant que l'air méphitique des cuves de brasserie n'est que de l'acide carbonique. Au moy^ de moussoirs destinés k agiter l'eau au-dessus des cuves contenant la bière en fermentation, il fournit le moyen d'obtenir de l'eau acidulée. Il indiqua de même les moyens d'extraction et de purification des sels contenus dans l'urine. En saturant d'acide carbonique les alcalis au-dessus d'une cuve de bièce, il enseigna le moyen de les faire cristalliser. Il proposa de secourir les aspfiyxiés, en leur adnunistrant sous des formes diverses l'alcali volatil, et il expérimenta sur lui-même sa découverte.
n Quand vous me verrez tomber, dit-il à son valet de chambre, vous me retirerez du cabinet et vous rne donnerez des secours, comme je vous ai enseigné à le faire. » C'est ce qui eut lieu: le valet de chambre sauva à temps un maître qui
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^'exposait à devenir un martyr de la science. U eut de violents démêlés avec Beaumarchais , et se porta même envers lui à des voies de fait, ce qui les fit enfermer tous deux, le duc de Chaulnes à Vincennes, et Beaumarchais au For4'Évêque. On a de lui : Mémoire sur la véritable entrée du monument égyptien qui se trouve à quatre lieues du Kaire, près de Sahara; Paris, 1783, in-4°. Cet ouvrage est le fruit d'un voyage de l'auteur en Egypte, en 1765 ; -*- Méthode pour saturer Veau d'air fiocé, in-4''.
FeUer, Biographie univenelie. édu. WeiM.
GHAULiiBS (Anne-Joseph Bonkier , duchesse de), fille de Joseph Bonnier, baron de la Mossoo, et femme de Michel-Ferdinand d'Albert d'Ailly, duc de Chaulnes, morte vers 1787. Elle épousa le duc en 1734, se prit d'abord de quelque amour pour les sciences , qui faisaient la réputatioo de son mari, et s'y fit initier. Plus tard on la vit tour à tour se livrer aux pratiques d'une dévotion excessive ou à des écaîrts scandaleux. Elle ruina n maison, abreuva d'amertume l'existence du duc de Chaulnes, et à soixante-cmq ans elle contracta un nouveau mariage, disproportionné et excentrique, comme tous les autres actes de sa vie.
Le Bas, Dictionnaire eneyelop. de ia France.
* CHAUMBAU (Jean ), seigneur de Lassay et du Portail-Milly, archéologue français, vivait vers le milieu du seizième siècle. U était avocat au siège présidial de Bourges, et consacra ses moments de loisir à l'étude de l'archéologie. On a de lui : l'Histoire de Berry^ contenani Vorigine, antiquités, gestes, prouesses, privilèges et libertés des Berruyers, avecparticu^ lière description du dit pays ; Bourges, 1560, in-fol. L'auteur y fait remonter la fondation de Bourges k l'an 1792 du monde, 134 du déluge^ et donne à cette ville (en 1562) 3,733 ans d'existence. H. de B.
j4rchtcc9 du Cher; mtntitn. — OEurres de Caiheri»
not, 1656-1688.
cHAUMEix (Abraham- Joseph de), critique français, né à Chanteau, près d'Orléans, vers 1730, mort à Moscou, en 1790. Il acquit une certaine célébrité dans le dernier siècle, par le sèto ardent et inconsidéré qu'il mit à combattre Uâ philosophes du temps et leurs doctrines. Ses contemporains manquèrent envers lui d'impartialité, les uns en le décriant, les autres en l'exaltant outre mesure. Nous éviterons ces deax excès, et nous aurons de plus l'avantage de raj^ porter quelques particularités de la vie de Cbaèmdx que les biographes nos devanciers n'ont pas connues. Son père, ingénieur des fortificfttions de Metz, s'était retiré du service dans se terre du Chinteau, avec le grade de m^r de corps royal du génie. Il avait deux fils, dont Ytânéf capitaine d'infanterie, fut tué à la bataille de Fo«* tenoy. Le plus jeune, trop f^ble de santé pour soi» ▼rela carrière militaire, embrassa l'état d'homne de lettres, où l'on peut dire qu'il OHMirut aneel
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tes armes à la main. Fort de la protection du f dauphin (1), qoi Toalait bien Tadmettre à des entreliens |iarticnlier8,et entendre la lecture de ses oomigrs, il se croyait assuré de son avenir. Des cnpgements qu'il avait pris pour quelques amis compromirent sa fortune, et la mort prématurée do piince acheva de détruire ses espérances.
Mû il avait levé l'étendard contre les philosophes, et sortoot contre les auteurs de l'Encyclopédie. Dès lors il dut s'attendre à des représailles que sa polémique aggressive devait natunUeroent provoquer. Ses Pr^ugéê légitimes autre rEncfclopédie, et essai de reptation deeeéidionnaire, avec Vexamen critique du lâre de l'Esprit; Paris, 1758, 8 vol. in-12, looierèrient contre l'auteur des adversaires redoDfeibles par le talent et rhifluence qu'ils exerçâaà sur l'ophiion. Soutenu par le clergé et qidi|nes personnes puissantes, il fit d'abord tête i Forain; mais ceux qu'il nommait les ency- (kpédistes ne tardèrent pas à prendre leur reiMohe, et dirigèrent contre lui l'arme du ridieole, qm ne blesse jamais légèrement, en France cortoBty qamd elle est maniée par des athlètes an ai^iâris dans ce genre que l'abbé Morellet et Voltaire. Le premier donna le signal de l'atbqne par la publication d'un pamphlet virulent, ■titnié : Mémoires pour Abraham Chaumeix autre les prétendus philosophes Diderot et ïïàiembert; AmUerd^m (Paris), 1759, fai-12 (2). Le poêle de Femey acheva la déconfiture du Hbeurenx Chaumeix , en lui dédiant, au nom ée Catherine Vadé^la satire si mordante du Paum Diable. Au surplus, il ne faut pas ajouter la iNiadre foi aux calonmies répandues contre Qmneix par ses ennemis, et dont Voltaire se tirécho, en répétant qu'il avait été convulsion- ■are, vinaigrier, maître d'école, qu'il avait épousé n servante, etc. Quoique écrit avec une espèce d'énergie, son livre contre l'Encyclopédie senil tombé de lui-même, parce qu'il est rempli de tkades déclamatoires , et que si un certain aonbre d'observations critiques paraissent fondée», elles devaient perdre leur crédit par les déte l opp e ments hors de mesure que l'auteur teor avait donnés. 11 aurait fallu d'ailleurs un Iaknt bien supérieur au sien pour balancer le WÊUH d'une entreprise à laquelle la faveur pukiqne s'attâdutit d'une manière si prononcée.
(OBfMt ajoatareetla elraoïwUinee à tontes celles VI M fCfifHft pas d'adoetlre l'assertion, plus que Iwniéc, tf'Borace Walpole, qui dans ses Mémoire* préiMi tac ■ k daapbin étatt no philosophe moderne, dans iMe réICBtfae dn mot ».
WUs Mémoirm éê VaMé ManUet Rardeot le silence •■ ccHa pabDeaUoo. DeTons*ooa« croire à la déclara* ■m VU avait faite à M. Barbier qnll n'en était pas l'antaff? Le savant blbilotraphe D'en a pas moins persisté i H IbI attrtboer t scolemeat on Ht le mot douteux a iil* de la meatton de l'ouTrage dans la table alphabé- ■lae da antews cites an Dictionnaire det Anonymes, 1* M a w i fnag e de La Harpe, qui devait savoir roleox Wfm antre à «fool a'eo tenir, ne nous laisse aucune inndesor ce point. (Voy. sa Oorretponéance liU4- ; LUI, p. Ml.
Chaumeix ne trouva pas non plus dans le parti opposé aux philosophes tout l'appui que méritait son zèle. Découragé, inquiet pour le présent, alarmé sur l'avenir, il prit la résolution de quitter sa patrie, et d'aller chercher en Russie un calme d'existence qu'il ne pouvait plus trouver sur le sol natal. Il fut accueilli par l'impératrice, qui, malgré son penchant pour les philosophes, no crut pas que leur ennemi, dont elle sut appré* cier le mérite, fût indigne de ses bienfaits. £He le chargea de l'éducation des enfants de plusieurs familles distinguées. Nous apprenons par une lettre qu'elle écrivit à Yoltaire que Chaumeix était devenu tolérant, et qu'il avait même rédigé un factum contre des capucins qui avaient refusé la sépulture à un Français mort subitement, sous prétexte qu*U n^avait pas reçu les sacrements, U est en ce genre un fait encore plus honorable pour Chaumeix, et qui mérite d'étro rapporté. A son arrivée en Russie, il vit avec effroi qu'on ne donnait pas la sépulture aux pauvres, et que leurs restes étaient jetés dans les champs, confondus avec ceux des animaux ; son âme liounète fut révoltée d'un pareil état de choses, et il ne craignit pas de porter à l'impératrice elle-même les plaintes de l'humanité outragée. Loin d'être ofTonsée d'une pareille liberté, la czarine recon* nut la justesse de ses représentations, et rendit une ordonnance par laquelle des mesures décen • tes furent prises pour l'inhumation des pauvres. Séparé de sa femme (1) et de sa fille, qui ne pu • reiit aller le lejoindre, Chaumeix éprouvait lom d'elles la privation des douceurs do la famille. Sa constitution délicate ne put supporter les rigueurs d'une température hyperboréenne; il succomba , jeune encore. Feu M. Dusaulchoy , ancien rédacteur du Journal de Paris, qui l'avait connu particulièrement, a fait l'éloge de ses qualités estimables. <* Il était shnple comme un « enfant, sensible à l'excès; il ne pouvait voir « un malheureux sans être attendri jusqu'aux « larmes et sans se dépouiller pour lui. » Les entraînements d'une tête exaltée ne pnrent altérer ses généreux penchants, mais ils lui attirèrent beaucoup d'ennemis. C'est sans trop de fondement , ce nous semble , que quelques bibliographes lui ont attribué plusieurs autres écrits anonymes contre les philosophes, et entre autres la Petite Encyclopédie, ou dictionnaire des philosophes , ouvrage posthume d?un de ces messieurs'^ Anvers, 1772 et 1781, in-8*. Il est possible qu'une partie des matériaux de ce livre ait été tirée de ses Préjugés légitimes; mais il fht étranger à leur mise en œuvre, car il était parti pour la Russie depuis l'année 1765. Un autre ouvrage dans le même genre, qui lui appartient, est intitulé : les Philosophes aux abois , ou lettres à messieurs les Encyclopédistes ; ( Paris) 1760, in -12. On le regarde généralement comme l'auteur du Sentiment d'un inconnu sur VO-
(1) Madame Chaumeix était flile d'un négociant dr Lille, et non la servante de son marU