‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 35 sur 118 · CHAZELLES · texte numérisé non relu

CHAZELLES

comptabilité nationale instituée pour remplacer la chamlnre des comptes. Il fut massacré aux Tufleries dans la nuit du 9 an 10 août.

Bégto. Biogr. ds la Moselle,

*GHAZBT ( André'René-Polydore Alibsan DE )y littérateur firançais, né A Paris, le 23 octobre 1775, mort en 1844. Secrétaire en 1793 de M. de Mackau, ambassadeur de France en Suisse, fl fut à son retour compris dans la liste des déportés. An 18 fructidor, il échappa à ce danger, , s'adonna aux lettres, se fit auteur dramatique, et . surtout écrivain de drconstanoe. D'abord opposé à Napoléon, il chanta ensuite Uarie^iOuise, soutint les opinions royalistes sous la Restauration, et derint rédacteur de la Quotidienne en 1815, puis Tun des fondateurs de la Société des Bonnes lettres. Dans ses dernières années, il ouvrit des séances littéraires. On a de lui entre autres ouvrages V Amant soupçonneux, comédie en un actfiiet en vers ; Paris, 1805, avec Lafortelle; ^ la belle Hôtesse, ooinédie en un acte; Paris, 1806, en collaboration avec Vallée; — U Bouguet de roses, ou le chansonnier des Grâces; Paris, 1800 ; — te Conciliateur, ou trente mois de rhistoire de France; Paris, 1824, 10-8*"; — la double Méprise , comédie en un acte et en prose; Paris, 1810, in-8"; •— Éloge de P. Cor* neille; Paris, 1808, in-12; — Éloge de La Barpe; Paris, 1805, in-8<* ;— i7«pri< de l'Aima^ naeh des Muses depuis sa création ; Paris, sans date, 2 vol. in-18; -— les Femmes officiers, ou un jour sous les armes , comédie en un acte et en prose (mêlée de vaudevilles) ; Paris, 181 8, sous le pseudonyme d'Edmond et en collaboration avec Dubois ;— Il faut un état, ou la revue de Fan VI, comédie-vaudeville en nn acte; Paris, 1798; — Louis XVIIl à son lit de mort; Pluis, 1824, in-^**; — la Lj/re d^Anacréon, ou choix de romances, rondes de table et ariettes de théâtre; Paris, 1800-1803, 3vol. in-12; — le Mari juge et partie, comédie en un acte et en vers; 1808, in-8°; — la Nuit et la Journée du 29 septembre 1820, ou Détails authentiques de tout ce qui s'est passé le jour de la naissance de M, le duc de Bordeaux; Paris, 1820, fai-8'' ; — les Russes\en Pologne, tableau historique depuis 1762 jusqu*à nos jours, avec la traduction polonaise en regard; Paris, 181), in^; — des Mceurs, des lois et des abus, tableaux du jour, précédés de la vie deM.de Montyon, 1829, hi-8* ; -^ Mémoires, souvenirs, œuvres et portraits; Paris, 1837; — Charles X, esquisse historique; Paris, 1837,

Qoérard, la France littéraire.— Rabbe, BolsJoUo, etc., Biog. portât, des contemp.

Gfl^TB-BBN-z£lD. VOff. SCHABIB.

^CHCGCHI ( Renier ), musicien italien, né k Pîs6,en 1749, mort à Livoome, vers 1815. Lorsque Napoléon créa la société italienne des sdenoes, lettres et aris, Checchi Ait nommé membre de la section musicale. H était d^à

— CHEDEL 172

maître de chapelle de la cathédrale de Livoumc. n a composé beaucoup depnorceaux de musique religieuse et plusieurs opéras, parmi lesquels on remarque VEroe\ cinese. On a aussi de Id une collection de Partimmti pour reoseigpe* ment de l'harmonie.

Fétif , Biographie wUveneUe det muiieUtu.

«GHBccozzi (Jean), littérateur et antiquaire italien, né à Yicence, le 21fjuin 1691, mort dans la même ville, le 13 févrior 1756, n Ait d'abord chanoine dans sa ville natale. £n 1726 il devint professeur d'histoire ecdéaastiqaa à Padoue. La manière obscure dont U s'exprimait l'ayant feit soupçonner d'hérésie, fl fbt mil quelque temps en prison et perdit sa place. Ses principaux ouvrages sont : de ffistoria eccUh siastica; Venise, 1727, in-4*';— I>iMer<asioii0 sopra l'antica idolatria de' boschi , dans ka JHssertaz, acad. delV acad. Etrusca; — Duorum veterum gemmarum Musei Oliverii expUcatio; dans les Simbole Goriane,

Âjmal. leUer. éTitmlia, t U, p. Ul.

G0BDKÀUX (Pierre- Joseph), éoopnraiito français, né à Metz.le 31 août 1767, mort à Piris, le 17 avril 1832. Destiné de bonne heure an commerce, il alla l'étudier à Lyon. De retour dans sa patrie, il jeta les premières bases d'm grand établissement de soierie, et écrivit plnsieurs mémoires pour améliorer l'état du oonroerce et en signaler les entraves. Appelé m 1813 au conseU général du commerce de France, il Alt nommé maire de Metx en 1815, et se conduisit de manière k gagner l'estime de ses concitoyens. Sous la Restauration, Chedeaux, tout m sollicitant plusieurs fois mutilement la dépotation, continua avec succès ses grandes enti»prises commerciales. Ses produits manotactnriers obtinrent des distinctions et des médaûtee de première classe, décernées aux expositioM départementales de 1823, 1820; à celle du Louvre de 1827, et à l'exposition départemen t al e de 1828, une médaille d'or. Ses principaux ouvrages sont : Réflexions sur la nécessité d*établtr dee entrepôts sur tous les points principaux de la France, et particulièrement à MUt; Paris, 1819, in-8*»; — Opinion de M, Chedeattx, de Metz, ....« sur la question des entrepôts intérieurs, etc.|; Paris, de l'Imprimerie royale, 1819, in-4^; ~ J^ojet d^ établissement d'une foire européenne à Jlfe/s;Metz, 1822, in-8«.

Bégin, Biogr, dé la Moselle, — Quérard, la Frëmc» mt.( supplément).

CHEDEL ( Pierre-Quintin ), graveur et dessinateur français, né à Châlons-sur-Marue, en 1703, mori dans la même ville, en 1762. Après avoir fait ses études dans sa ville natale, il vint à Paris pour apprendre la peinture chex Lemoine, d'où il sortit pour entrer chez Laurent Cars. Mais il n'imita guère la grande et large manière de cet artiste, et s'adonna exclusivement à la gravure de petits sujets à l'eau-fortc.

CUEDËL — CHÉGABAY

tel il a laissé on nombre oonsidéraUe. Por- Mts, sujets d'histoire et de sainteté, paysages, brialDei, on trooTe de tout dans son oravre, et snrtoot des frontispices et des gravures pour les libraires. Son burin est fin et spiritoel, et ses compositions pleines d'action. Le mauyais état de «a lanté, qui n'avait Jamais été bonne, sa Tue, qd s'iflUUissait tons les Jours, loi firent quitter m art et se retirer dans sa Tille natale, où il Muret P. Ch.

fMnal. OiêL de$ mrtitta, - RelnMfceii. Diet. ém •rtMik-Hibcr. JfmiMl 4u tmmteurs, t Vlll.

'GiiDOTBL, navigateur normand, dont on

fpora les lien et époque de naissance et de

Méfiés, s'était acquis la renommée d'un habile

fMe, et était surtout n^té avoir une parfaite

'iMsitiiîinrft des côtes de la Nouvelle-France»

lanque le marquis de La Rodus ( voy. ce nom )

le choisit 9 co 1508, pour diriger l'expédition

qiH conduisait dans ce pays et dans les con<

tiéas Toisina, dont le roi Henri IV lui avait

i l^inve&titure. Chédotel ne démentit pas sa

a. Arrivé àl'Uede Sable, par 44° 13 nord,

I à vingt-cinq lieues sud du cap Breton,

idânn|Da sur cette terre stérile et inhospiteltère

Me dnqnantaine des hommes que La Roche

avait emmenés avec lui» et qui pour la plupart

étaient des misérables tirés des prisons de France,

d*oJi Us n'auraient dû sortir que pour marcher à

la potence ou ramer sur les galères. Chédotel

était allé ensuite reconnaître les côtes de l'Aca-

éSe, et n'ayant pu, à son retour, aborder à 111e

de Sable» d'où les vente et les tempêtes l'éloi-

9ièRnt oonstamroent, ces tristes élémente de

colooisition» abandonnés à eux-mêmes, vécu-

reat pendant sept ans de la vie des sauvages.

En 1605, un arrête du parlement de Rouen ayant

: de les rapatrier» à la charge par eux de

poor prix de Irar passage la moitié des

\ et autres objete qu'ils pourraient pos-

r, Chédotel alla les chercher ; parvenu à l'Ile

de SaUe^ U ne retrouva que douze de ces mal-

hcnrenx, quil rançonna tellement qu'il ne leur

Usia fkn. Arrivés en France dans un complet

dénnement, ils furent présentes à Henri IV, qui

fit eompier cinquante écus à chacun d'eux et les

déehariea de toute poursuite judiciaire.

P. Levot.

Rare Letcarbot et le P. Cbarievolx, Hist, de la Nom- Ttlk»nwmeê.

camosTAiNBa (Chritiophe) , en bas-breloaPeii/ententoii,eten latin ACapittfontitim, tMnlogîen français, né dans l'évtehé de Léon, 01 basse Bretagne, vers 1532, mort à Rome, le 21 mai 1595. Il entra dans l'ordre des Cordeliers, MMigaa la théologie à Rome, et Ait élu généni de son ordre en 1571. A la fin de son géitfnlat, en 1571, fl ftit créé archevêque de Céorte par le pape Grégoire XUI, et exerça bi fonctions de l'épisoopat dans le diocèse de 8eM,ea l'abseneede l'archevêque titulaire, lecardU de Peltevé, qui résidait ordhiaireraent à tan En 1587 Cbeffontaines fht accusé de

prêcher une doctrine contraire à celle de l'Église, et se rendit à Rome pour se justiiier. Dans le court espace de cinq années, il vit dnq papes : Sixte-Quint, Urbain Vil, Grégoire. XIV, Innocent IX et Clément Vni. Ces changemente fréquente l'empêchèrent de faire approuver ses doctrines par le saint-siége; mais il reçut des souverains pontifes des marques de bienveillance qui imposèrent silenoe à ses ennemis. On a de lui : la DtfBUse de la foi de nos ancêtres, contenant quinze chapitres, où sont déclarés les stratagèmes et ruses des hérétiques de notre temps; Paris» 1570, in-a*, traduit par Fauteur sous le titre de Fidei majorum nostrorum de/ensto^qua hmreticorumsxculi nostri astus ac stratagemata deteguntur; Anvers, 1575; Venise, 1581, in-8<*; — la Défense de la foi de nos ancêtres, oU la présence réelle du corps de Notre-Seigneur est prouvée par plus de trois cent cinquante raisons; Paris, 1571, et 1586, tai-8«, traduit par l'auteur sous le titre de De/ensionis ftdei mqiorum nostrorum liber seeundus, in quo veritas corporis Christi in Eueharistim saeramento demonstratur et proàatur; Rome, 1576; Cologne, 1587, te-S";

— Réponse familière à une épitre écrite contre le libre arbitre et le mérite des bonnes cBUvres, par laquelle on donne une couverture d'accord, fort aisée et amiable, pour vider tous les différends et controverses qui sont entre les chrétiens touchant lesdites matières; Paris, 1571, in-8®, traduit en latin par l'auto sous le titre de Consultatio <^i«tolœ ct^fusdam contra liberum arbiirium et mérita; Anvers, 1576, in-S"; ^ Chrétienne confutation du point d'honneur, sur lequel la noblesse fonde aujourd'hui ses querelles et monomachies, déduite en un traité de quatre chapitres, et, outre ce, en trois dialogues ensuivants ;VeT\%, 1568, 1571 et 1579, iu-S*" ; — Perpetux Marix virginis ac Josephi, sponsi ejus, virginitatis catholica defensio; Lyon, 1578, in-8*; — Compendium privilegiorum fratrum Minorum ; Paris , 1 578, in-S** ;

— Apologie de la confrérie des Pénitents, érigée et instituée en la ville de Paris par Henri III; Paris, 1583, hi-8''; —delà Vertu des paroles par lesquelles se fait la consécration; 1585, in-8^; — Varii tractatus et disputationes eorreclionis nonnullarum communium opinionum theologix scholasticœ; Paris, 1586, in-8**. La première partie de cet ouvrage Ait mise à Tbdex, et valut à Cheflbntaines les accusations d'hétérodoxie dont nous avons parlé plus haut,

MonTI. Dictionnaire Mit.

;cHÉGARAT (Michel-Charles), magistrat et homme politique français, né à Rayonne ( Basses-Pyrénées ), en 1802. Il fit ses études au collège de Henri IV et à l'École de droit de Paris, puis fut successivement nommé juge-aiiditenr au tribunal de Rayonne en 1826» substitut

CHÉGARAT — CHELARD

da procureur du roi dans la même ville et à Orthez en 1827 , procureur du roi à Montbrisoa (Loire) en juillet 1830, substitut du procureur général à la cour royale de Lyon en décembre de la même année, procureur du roi également à Lyon en juin 1832, avocat général près la cour des Pairs par ordonnance royale insérée au Moniteur du 16 avril 1834, pour porter la parole dans le procès fameux, des accusés politiques de Lyon, Sàint-Étienne et Paris; procureur général près la cour royale d'Orléans le 20 décembre 1835, près cdle de Rennes le 20 juin 1837, et avocat général à la cour de cassation en juillet 1843. £lu député par l'arrondissement de fiayonne en novembre 1837, il fut constamment réélu jusqu'en février 1848. £n 1849 il fut élu membre de l'Assemblée législative. Révoqué à la suite de la révolution de Février, il fut en 1852 réintégré dans ses fonctions, et devint en janvier 1853 conseiller à la cour de cassation, n est depuis 1838 membre du conseil général de son département. Entre autres travaux importants présentés par M. Chégaray, soit à la chambre des députés, soit à l'Assemblée législative, nous citerons de loi le premier rapport sur la réiorme postale, eeux sur les banques coloniales, sur le crédit foncier et la réintégration des magistrats de la cour des comptes révoqués en 1848.

C. Hsrau Laurert. Moniteur uMv. — Lesnr, jinn. Mit. univ, — Biogr. det hommes marquanU.— InsurreetUm de Lnon^ par le docteur MoDfalcoo.

CHEHAB-BDDTN ( Ahmed) ^ historien arabe, natif de Fez, vivait dans le quinzième siècle de l'ère chrétienne. On a de lui un Abrégé de l'histoire universelle.

SUvestre de Sacy, Ifotiees et extraits des manuscrits, t. II.

CHBHAB-BDDTH (Abdel- Rahman),ïnsionm arabe, né k Damas, l'an 599 del'hégire, 1300 de J.-C., mort l'an 665 de l'hégire, 1267 de J.-C. On a de lui lAhzar al-rondhatain (Fleurs des deux parterres): c'e«t une histoire de Noured-dyn et de Salfth-ed-dyn (Saladin); — deux Abrégés de la chronologie de Damas, et une Histoire des Obaïdites.

Bertbereao, Histoire des croisades.

CHBiiiÂHT ( Aboul'AbbaS' Ahmed' Ben - Yahya)f surnommé Tsalab-el-Nahouï, écrivain arabe, né l'an 200 de l'hégire, 815 de l'ère chrétienne, mort Tan 291 de l'hégire (910). On a de lui plusieurs ouvrages de rhétorique et de grammaire , entre autres : Fassyh; — Recueil de proverbes ; — Explication des poètes; — Recueil des mots que le monde prononce mal; — Commentaire sur le Coran.

Ibn-Khilcao, F'ies des homwies illustres de son temps.

CHEKB OU GHBBKB (sir John), écrivain anglais, né à Cambridge, en 1514, mort à Londres, le 13 septembre 1557. Élevé au collège Saint-Jean à Cambridge, il fut, à vingt'dnq ans, nommé professeur de grec à runiversité de

cette viOe. n tenta de rétablir l'andenne et véri&ble prononciation grecque ; mais il éprowi. une vive résistance de la part du chancdier de l'université , Etienne Gardiner, évèque de Winchester. Chargé avec sir Anthony Cook d'enseigner le latin au prince Edouard , il jouit sont le règne de son élève d'une faveur éclatante, fut créé baronet en 1551 et secrétaire d'État es 1553. Sous le règne de Marie , Chéke se compromit, par zèle pour la réforme, dans la conspiration de Jeanne Gray , et fht forcé de s'enfMr sur le continent. Après avoir erré dans phisieiire contrées de l'Europe, et avoir professé pour vivre le grec à Padoue et à Strasbourg, le savant anglais fut arrêté près de Bruxelles, le 15 mai 1556, et transporté à la Tour de Londres, n ne racheta sa vie que par le désaveu le ph» formel de ses opinions protestantes; mais 9 survécut peu à cette conversion forcée. On a de lui une traductbn latine des deux hamé' liesàe saintiChrysostome, Contra observatores Novilunii, et de Dormientibus in Christo; Londres, 1543, in-4'' ; ~ une traduction latine des six homélies du même père sur le Destin et. la Providence de Dieu ; Londres , 1 547 ; — de Obltu doctissimi et sanctissimi theologi dO' mini Martini Buceri, epistolxduœ;hoiiïdnA, 1551, in-4*; — de Pronuntiatione graecm potissimumlingux disputationes ; Bâle, 1555, in^»; — de Superstitione, ad regem Henricum. Cet ouvrage, placé par l'auteur à la tète de sa traduction du traité de Plutarque sur le même sujet, a été traduit en anglais par W. Elstob. Cette traduction a été palliée par Strype, à la fin de sa vie de Jean Cheke; Londres, 1705, in-8°.

Rose, Biographieal dictionarif,

l CHELARD ( Uippolyte-André-Jean-Bap' liste), musicien-compositeur, né à Paris, le l*' février 1789, fut admis à l'âge de douze ans dans une classe de violon du Conservatoire, et reçut ensuite des leçons de composition de Doorlen et de Gossec. En 1811 fl remporta au concours de llnstitut le premier grand prix de composition, et partit pour Rome comme pensionnaire du gouvernement. Pendant son séjour en Italie , il se livra avec ardeur à l'étude des œuvres de Palestrina, sous la direction du savant abbé Baini, et écrivit plusieurs morceaux de musique religieuse; il fit aussi représenter à Naples, en 1815, Casada vendere, son premier opéra, qui plus tard, en 1820, (bt joué à Paris, sur le Thé&fcre-ltalien. Après un repos de quelques années, M. Chelard donna, au mois de juin 1827, au grand Opéra, Macbeth^ tragédie lyrique en trois actes, paroles de Rouget de Lisle. Cet ouvrage, dans lequel on remarque un trio de sorcières de l'effet le plus vigouremt et des chœurs d'une large et belle facture, fat refait en quatre actes et représenté l'année suivante à Munich, où il obtint un succès qui vali^t au compositeur sa nomination de mattre de

CHELARD — CHEMINAIS

d^wDeda roi de Bavière. Depuis lors M. Che- M a donné k Paris, sur le thé&tre de TOpéra- OoDiqiie, la TahU et le logement (1830), et nonsàveinent A Munich, Minuit, trois actes (1131), ^Etudiant (1832), traduction du livret de la Table et le logement, dont la musique mit été presque complètement reflaite, et le Cmbat éfaermann (1835). Cet artiste jouit 01 JJkmagne d'une haute réputation musicale, hdépendamment des ouvrages qui viennent fAfaeeilës , fl a écrit une messe solennelle, qui a été exécutée à Paris, dans Téglise de Saintbch, des chœurs, des cantates, un Chant grecj fiH fit entendre en 1826 à Paris, dans un con- (Crtdonné an Waux-Hali au bénéfice des grecs, Btdn solfèges à quatre voix publiés à Paris, an H. Lemoine. Denme-Baron.

NOi» Moffrapkiâ tnUverselle des muHdent,

CULEBI. Voyez TGHBLBBI.

qnaii.icni (Fortuné) ^ musicien, d'origine émadt, né à Parme, en 1668, mort à Ca»ri,ci 1757. Après avoir fait r^résenter avec Mob ptasieiirs opéras en Espagne et en Italie, farta, en 1725, au service du landgrave CMeideHesse-Gassel,qui lui conféra le titre è Mitre de chapelle. Le successeur du landpntj Frédéric l*', qui était en même-temps roi le Siède, le confirma dans son emploi de maître lechspdle, et le fit venir à Stockholm en 1731 ; nie le d&nat de Suède ne convenant pas à la «té de CheOeri, cehii-ci retourna à Cassel, t H nommé conseiller de cour. Ses principaux ■fnges sont : la Griselda; Plaisance, 1707; 'UGran Alessandro; Crémone, 1708; — la rouMo in Palmira; Bfilan, 1711 ; ^ VAtanto; Ferrare, 1713; — V Alessandro tra gli ïmaioni; Venise, 1715. — la Caccia in Etoit, 1715; — Pmelope; Venise , 1716; — YA- MisMtaife, re^na de' Oofi; Venise, 1718; — UofamfroSepero; Bresda, 1718; — rArmide; Venise, 1719; — laPaceper amore; Uie, 1719; ^UTemàstocle; Padoue, 1720; - Tùmtrlano ; Trévise , 1720 ; — VInnocenza yfesa ;yeBisey 1721 ; — Zenobia e Eadamisto ; ^ariR, 1722; — i4inor délia ^ria^ 1722.

Mb. BioçrapkU unifMneUé des musicient.

*GBKLLB8(/ean de), architecte, ou, comme ■ éWt jadis, maître maçon, construisit, en 257, k portafl méridional de Notre-Dame de Mi. K. B.-N.

*aBULiKi ( Nicolas ), jurisconsulte italien, ivait dans la seconde moitié du dix-eqrtième Kde. On a de lui : Dedsianes S. Rotes romam eoram Christo Peutingero^ ab, a. 1639- 6M; Rome, 1673, in-fol.

AMng. tnppL à Jôeber, Mlgem. GêlehrUn-Lexiem, CBIHIAKA {DnUtri'Jouriévitch), usurpa- V rasse, né vers le commencement du quinze siède, mort en 1453. Son père, Joury- ■itrovitch, oncle du grand-duc de Moscovie MBiii Illf enleva U couronne à son neveu, et UnrtttDif pour la hii reprendre une seconde

fois. La mort de Joury rendit le tr6ne an prince légitime, qui ne tarda pas à se brouiller avec ses cousins, et fit crever les yeux k l'un d'eux, Vassili Kossoï. Cbemiaka attendit avec impatience le moment de venger son frère et de reprendre les projets ambitieux de Joury. n en trouva l'occasion dans l'invasion des Tartares, qui venaient de fonder le royaume de Kasan.

Makhmet , chef de la horde d'Or, s'empara de Nqni Novgorod, et marcha sur Moscou. Vassili, rassemblant une armée, força l'ennemi à se retirer. Le printemps suivant, la guore recommença; l'armée russe, peu nombreuse , fut battue , et le grand-duc fait prisonnier avec les principaux boittrds, en 1445. Cheimaka fit avec le vainqueur un traité dans lequel il était stq>ulé que le grand-duché deviendrait le partage du fils de Joury, et que le prince captif serait condamné à un esclavage perpétuel. Malgré ces conventions, Vassili fut rendu à la liberté et rentra dans ses États. Il n'y Alt pas longtemps en sûreté : Cbemiaka, Jean de Mojaïsk et Boris de Tver le firent enlever dans le monastère de la Trinité , et enfermer à OugUtch, après lui avoir tait crever les yenx. Cbemiaka, maître du grand-duché , détruisit la prépondérance moscovite, par la séparation des apanages jadis indépendants, et mécontenta tout le monde par ses injustices et ses cruautés. Quelques boyards tentèrent de dâivrer le prince détrùné , et , n'ayant pu réussir, ils s'enfuirent en Lifhuanie* où un grand nombre de mécontents vinrent les joindre. Troublé par la crainte plutôt que par les remords , Cheôiiaka rendit la liberté à l'aveugle , lui fit de riches présents, et lui donna la ville de Vologda. . A peine* libre, Vassili, quittant la i^ésidence qui lui avait été fixée , se rendit à Tver, s'unit au prince de cette ville et k une horde de Tartares, et rentra dans Moscou le 17 février 1447, après en avoir chassé l'usurpateur. Celuici fit sa soumission, mais elle ne fut pas de longue durée. 11 reprit les armes en 1449.

Vassili confia le commandement de ses troupes au boyard Obolenski, qui battit les rebdles près de Galisch, dans le gouvernement actuel de Kostconuk, et força leur chef k se retirer à Novgorod. iTy mourut empoisonné, le 23 juillet 1453. Lajoie que fit paraître Vassili à cette nouvelle ne laisse«guèrê de doute sur l'auteur du crime. Malgré des qualités brillantes, Cbemiaka avait, par son ambition et ses crimes, mérité son sort , et on disait qu'il fut justement puni, si l'assassinatpouvait jamais être une juste punition. Kâramtln, Hiitoir» dé Russie. — Cboplo, Russie, dan* l'Univers pittoresque,

caEMiN (Jean-Baptiste) f cnré de Tomeville, diocèse d'Évreux, né le 26 novembre 1725, mortile 15 mars 1781. On a de lui : Vie de saint Mauxe et de saint Vénérand, martyrs; Évreux, 1752 , in-12.

Qaérard, la France littéraire.

GHBHMAIS DB MONTAIOU (Timolém),

CHEMINAIS — CHËMNrrZER

prédicateur <huiçai8, né à Paris, le 3 jaoTier 1652, d'une fiunille andenne dans la robe , mort le là septembre 1689. 11 entra chez les jésuites, à TAge de quinze ans , et après a^oir perfeo> lionne ses études dans le sein de cette docte sociéte , il alla professer la rhétorique à Orléans. Ses sermons lui firent bientôt une brillante réputetion d'éloquence; mais la faiblesse de sa santé (ut un obstacle à l'ardeur de son lèle et aux progrès de sa réputetion. Ses infirmités l'empêchèrent de prêcher TAvent devant la cour de Louis XIV, qui avait voulu Tentendre. Cependant il n'abandonna entièrement ses fonctions que lorsque la force lui manqua pour ce ministère. Il se voua alors tout entier au soulagement des pauvres , et fit preuve, dans ses dernières années , de la charité la plus active et la plus dévouée. Void le portrait que le P. Bretonneau trace de ce charitable prédicateur : a n avait toutes les qualités qui rendent un homme très-ahnahle, une probité exacte, un naturd obligeant, une candeur admirable, une humeur douce et gaie jusque dans le fort de la douleur, une conversation charmante. » On a de Gheminaisj: Sermons, publiés par le P. Bretonneau; Paria, 1690, i vol. hi-12; 1693, 3 vol.; 1729, 6 vol.; -^ Sentiments de piété; Puis , 1691, ln-1), ré imprimés en 1734 et 1736.

naylc. BepuWfm dm lettru, septembre 1186. — Morért. Grand dictimvMvn hUioripte. — Quérard, la France littéraire.

* CHBMINEAI7 (Jean), général français, né dans le département de la Charente, en 1775, mort à Poitiers, en 1852. Soldat dès l'Age de 6dze ans, il se distingua au pont du Yar, le 10

})rairial an vui, et fut nommé chef de bataillon sur e champ de bataille. Major en Tan \i et cornf)attant en Italie sous les ordres de Masséna, il Tut nommé membre de la Légion d'honneur.

En 1807, il se distingua d'une manière toute particulière au siège de Dantzig; à Friedland il commandait la brigade de grenadiers du général Cohorn; aussi en 1808 ftit-il nommé colonel du soixante-seizième régiment de ligne, fait baron de l'empire et gratifié d'une dotation. En 1811 il fut attaché à l'armée de Portugal, avec le grade de général de brigade, et à la malheureuse affaire des Arapiles il sauva par son courage, à l'arrièrc-garde, les restes de l'armée française. Kn 1813, à la grande armée, il fut mis à l'ordre du jour pour sa belle conduite au combat de Wdssenfèls. A h bataifie de Lutzen il perdit la jambe ; mais l'empereur loi donna le grade de général de division, le cordon de commandeur et le commandement de l'importante place de Strasbourg. Aux Cent-Jours il commandait les deux subdivisions de la Vienne études Deux-Sèvres. Le nom du général Chemineau est, comme récompense de sa carrière militaire, inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile. Marigmy.

Journal de la tienne, is Juin isn. - Documenti

inédits. - Général Foy, Hitt. de laguerre de la Pénih' tule, êous I/apoleon.

CHEMNiTZ OU cuBMifiTZics (Jfar/i>i), tliéologien protestant allemand, né en 1532, I Treuenbritzeo, dans la marche de Brandebourg, mort à Brunswick, en 1586. Il fut d'abord maître d'école à Wriezen, sur l'Oder, fit des épaigœs sur les revenus de sa place, alla continuer sel étodes à VITittenberg, s'adonna aux mathématiques et à l'astrononûe, et de>1nt, en 1547, re& teur de l'école de la cathédrale à Kônigsberg. Nommé bibliothécaire du duc Albert , il s'appliqua dès lors à l'étude de la théologie. Ayaol succombé, en 1553, dans les disputes qu'il eut avec Osiander sur la grâce, il retourna à Viflitenberg, et y fit des cours publics sur les Zod communes de Mélanchthon. Depuis 1654 I fut successivernent prédicateur et surintendant ecdésiastique à Brunswick. En 1586 il donna sa démission de cette dernière place. 8e« principaux ouvrages sont : Âepeiitio sanx doetrinm de vera prmsentia corporis etsangtiinis Do»

mini in cxna sacra; Ldpiig, 1664; — Thê^ logise Jesuitarum prsBCipua capita; ÎM^ 1563; — Examen^concilii Tridentini , Frw»* fort, 1685, 4 vol. in4bl.; — Loci thwlogidi Ma., 1601; — Tract, de indulgentiiSf inàaH en fhmçais; Genève, 1699, in-d**; — Corpm doctrinx Pruienicx; en ooUaboratioii avie Mœrlin; — Harmonia evangelica; Francfoiti 1600-1611.

JScheri jtllem. Geteàrt^n-Lericon,

CHEMNITZ (Philippe Bogeslau de), écrivait [jolitique allemand, petit-fils du précédent, né à Stettin, le 9 mai 1606, mort en 1678, à Hallstadt , en Suède. 11 quitta le service de la Hol» lande pour passer à celui de la Suède, devint conseiller et historiographe de la reine Christinei et fut anobli en 1648. On a de lui : de BatUmt status in imperio nostro romano-germO' nico, ete.; 2* édit., Freystadt, 1647, ln-4<». Gel ouvrage parut sous le nom de Hippolytus a Za> pide; — JOer kùnigL Schwed, in Deutschlanà gefûhrte Krieg ( la guerre des Saédois en AH^ magne); Stuttgart, 1648-1652.

«CHEMMiTZ ( Christian), théologien protestant allemand, petit-neveu du précédent, né en 1615, à Konigsfeld, mort à léna, le 3 juin 1666s il fut successivement ministre à Weimar et pro» t'esseur de théologie à léna. Ses principaux on* vrages sont : Brevis instructio Mûri minisêri ecclesiae; » Dissertationesdêprssdestinaiione.

MOIIer, dmbria LUt.

GHBMNiTZBR {lwan'lwanowic:i), fabuliste russe, né en 1744, à Saint>Pétersbourg, moft k Smyme, le 20 mars 1784. Il quitta l'étude de li médecine pour suivre la carrière militaire. Il l'abandonna en 1769, et entra dans le corpa des élèves mineurs. Au retour d'un voyage en Allemagne, en France, en Hollande, qu'il fit avee l'un de ses protecteurs, il fut nommé directeur d'une fonderie, fonctions auxquelles il renonça ai 1781. Il se rendit bientôt après à Smyme»

avec le titre de ooimil général, et y toiabt dana «e profonde mâanoolie, à laquelle il tucoomba. Ghenaitier Ait le premier qui , sana aucun modèle piéeiIftaDt, donna à la CÎble un caractère ds aaHonalité et d'actualité. Il n'a paa de rifil poor la foeililé dea Yen , la Tivadté du diakgÊb, la naï?elé de l'expreaaion , Fart et la perftàon de l'exposition. Lee deui meilleures éditioBi de Ma fables sont celles de Moscou , 1836, rtdeSaiirt-Pélersboorg, 1847.

CmmnaUomi'Lêxieom. - OUo, Ukrbuek der ruuUctalittDvHir. p. ist.

anuis-BDDT!f , fondateur de la dynastie des lolouk-Curt (Princes-Curt ), né dans la première fvliedo treizième siècle, mort l'an 076 de l'hégire, (f177-ldeJ.-C.). Il succéda, vers 124 5, à son aioul, pmtnmn eu Khoraçan, et profita des troubles fi ndrirent la mort de Djenghuyz-Kan ix>ur se mire indépendant, n résista à Houlagou, petitflido eonquérant tartare; mais sous; le règne lAhaka-Khan, fllsd'Houlagou, Chems-Kddyn fut M frisoonier et conduit à Tauris, où il mourut. kfÀ% tai, sept princes de sa famille régnèrent m k Ihoraçan , Jusqu'à la conquête de cette pnmnoepar Timaar-Lenk, en 1383.

BIOÉiian, HMoiM éêt Mon§oU. - D'Herbetot, M- MWèàrM orientuie.

caiiAUi ^Simon), acteur et chanteur n-ançais, léà Ainerre» le 20 mars 1758, mort ten 1831. 11 Uils (Tun menuisier, commença par être enftmt et choeur, pois s'engagea dans une troupe de provlKe. En 1782 il débuta à l'Opéra, qu'il quitta poir la Comédie-Italienne, où il créa, en 1783, les râhs de Jacques dans îes TroU Fermiers, de DerHuont dans ta fausse Magie, de Biaise dans In CoiMie, et d'Alexis dans le Déserteur. La Oaotfie-ltalienne ayant pris le nom d'Opéra- OoMqne, Chenard en derint l'un des sociétafa^ dmtenra. Sa belle besse-taille , son Jeu yrai et pkâ de sentiment, l'ont placé au nombre des wllenrs artistes de la scène lyrique fhinçalse. I jouait en outre parfaitement du violoncelle; c'cit pour faire valoir son talent sur cet instru- ■Ht qne M, composé le Concert interrompu,

ttÊ^ rm^ k it éêt mdÊurt àê PurU,

'auBATARD {Aimé) , peintre ornemaniste tançais, né à Lyon, en 1708, mort à Paris, en jai 1838. Il a écrit snr son art, qull avait exercé aiw iiooàs. On a de kii : I\'ouveau recueil de âêeeratimu intérieures, contenant des desiias éê tapisseries, tapis, etc., la plupart etéeuiés dans les manufactures royales; Pvis, 1833- 183à, suite de 42 pi., gravées par Fatoir, fermant sept livraisona in-fol .; — A llmm ée Fomemanisme, rectteU composé de fragnmts d^omements, dans tous les stifles et éns tous les genres; Paris, 1835.

Qitnrtf. la Frmncû UUeraire, sappl.

;CBBKATARD (Poul), peintre français, né s Lyon (Rhône), le 9 décembre 1808. Après livir étudié dies MM. Hersent et Ingres, il #mma longtemps en Italie. Déjà connu par M /uçewunt de Louis XVI et par une os-

CHEMNITZER ^ CHÊNEDOLLÉ

quisse représentant Mirabeau répondant au marquis de Dreux-Bréxé, il fut diargéf après la révolution de Février, de cinquante grandes compositions surmontées d'une frise et de quatre mosaïques circulaires pour la décoration monumentale du Panthéon. Il choisit un bien vaste sujet, et voulut représenter l'iiistoiro de la civilisation depuis la Genèse jusqu'à la révolution française. Quand le Pantliéon fut rendu au cuite catholique, vingt cartons, du onzo pieds sur quinze, étaient terminés, et prouvent combien le peUitre était digne du cboi\. Pour donner une idée de cette ceuvre immense, à laquelle il faut espérer que l'artiste ne renoncera pas, nous dirons que parmi les sigets terminés se trouvent : le Déluge; •— la Mort de Zoroaitre; — la Guerre de Troie; — la Mort de Socrate; — le Passage du Eubicon ; — la Poésie italiefine; — le Siècle de Louis XIV; et les trois cartons exposés au salon de 1853 : Auguste fenne les portes du Temple de Jafius ; ^ Attila arrêté devant Home; — les Commencements de la Réforme, Chacun de ces tableaux brille surtout par le style et la clarté de la composition : l'esprit n'hésite pas un Uistant à en comprendre le s^jet, et l'auteur, tout en restant Hdèlo à la donnée philosophique qu'il s'est imposée, n'est jamais sorti des pures conditions do la peinture.

« Nous retrouvons dans les cartons de Chenavard.ditM.G. Planche, toutes lesqualitésquenous avions admirées dans le Jugement deijouis XVI et dans Mirabeau répondant au marquis de DreuX'Brézé. C'est la même vérité , la mémo énergie exprimées par nn crayon plus savant et plus habile. Quant à la pensée qui circule dans oetta vaste série, je n'hésite pas à dire qu'elle prouve chea M. Cheoavard une connaissance profonde de l'histoire et la notion prédse des conditions qui régissent la peintura. »

Nous ne savons quelle destination pourra, par la suite, étra donnée à oe travail si considérable; mais BOUS espérons qu'il nous sera conservé par la gravure. M. Ohenavard a été décoré à la suite de l'exposition de 1853.

Paul Chéron.

0. 'PbBcbe, PeinCrw et «mlptoiirt; I. t. - Bemiê du Dêêu Mondes, IS jMvler ISSI. - Miglcr. Nêuêt Jllg. Kûiutler'Uticon.

GflÀJiEDOLLÉ ( Charles-Julien Pioult de ), puéte français, né à Vire, le 4 novembre 1769» mort le 2 décembre 1833. Son père était membre de la chambre des comptes do Normandie, et sa mère, Suzanne Julienne des L:)nilrs,appartenaità une ancienne famille du Boca;;i*. Chénedollé était le nom d'un étang auprès duquel le futur poeto allait promener ses rêves d'enfant. Après avoir reçu sa première instruction an collège des Cordcliers de Vire, il fut envoyé chez les Oretoriens à Juiily , où il resta de 1781 à 1788; et dès lors il lut avec ardeur les chefs-d'oouvre consacres. Peut-être n'étudia-t-il pas assez les anciens. Parmi les modernes, Buffon, Gessner et Bomar<

f8S CHÊNEDOLLÉ

(lin de Saint-Pierre étaient ceux qa*il préférait Un écrivain qui a étodié Chênedoné de près et sur les papiers de fiuniile, M. Sainte Beuve rapporte que, dans son enthousiasme, ChénedoUé, s*appayant du titre de compatriote, demanda à Fauteur de VArcadie renvoi de la fin de cet ou- Yrage..<( Fussions-nousnés sous le même pommier, écrivit Bernardin, je ne pourrais rendre à votre désir sur Tarticle des fragments de VArcch die, qui ne sont pas publiés; ce sont clioses trop délicates pour être ainsi confiées à la poste, et vous saurez peut-être un jour jusqu'à quel point va la délicatesse et la susc^bOité d'un auteur. » Tout le monde a éprouvé ces exaltations d'adolescent, fçlacées ensuite par la réalité.

Le poète s'annonçait ; mais l'explosion de 1789 imprima d'abord un autre cours à la carrière de Chênedollé. Au mois de septembre 1791, il émîgra, et participa ensuite à deux campagnes dans l'année des princes, n séjourna en Hollande en 1793 et 1794. L'année 1795 marqua dans ses souvenirs par des émotions terribles. Poussé par l'armée française victorieuse, fl passa la nuit du 21 janvier sur la mer couverte de glace, et arriva à Hambourg, où il fit connaissance avec Rivarol, pour lequel il éprouva un enthousiasme extraordinaire. « Ce fut, dit M. Sainte-Beuve, la grande aventure intellectuelle de sa jeunesse. » Cependant ils se brouillèrent plus tard, « parce que l'esprit y avait plus grande part que le cœur ». Vers la même époque, Chênedollé connut à Hambourg Klopstock, auquel il lut une^ode intitulée V Invention; Hambourg, 1795, in-8**, écrite à la louange de l'auteur de la Messiade, « Je lui trouvai, ditil, en parlant de ce dernier, la candeur d'un enfant et le génie d'Homère. » £n même temps Chênedollé faisait insérer dans le Spectateur du Nord d'antres compositions dans le même genre, entre autres une ode intitulée : Michel-Ange, ou la renaissance des arts. Ces productions diverses ne furent publiées en France que vingtcinq ans plus tard. Chênedollé inséra aussi dans le même journal quelques articles en prose :

un Essai sur les traductions (juillet 1797); ime analyse du poème des Plantes de Castel (juin 1797 ). H quitta Hambourg, et vint en Suisse en 1797. Il ne pouvait manquer d'y visiter une autre câébrité, Mn« de Staël, qu'il vit à Coppet ; il y fit aussi connalssanGe avec M^e de Montolieu. « Ses vers, disait de lui W^ de Staël, sont hauts comme les cèdres du Liban. » Il y avait dans c^te appréciation quelque chose de plus féminin que cela n'était habituel chez l'auteur de Corinne. £lle fit rayer Chênedollé de la liste des émigrés par Fouché, qui reconnut en lui un de ses élèves de'Juilly. A Paris, où U passa trois années, 1799- 1802, Chêneddlé connut l'auteur du Génie du Christianisme, Bijec lequel il eut ensuite une fréquente correspondance (1), et la sœur de cet écrivain déjà célèbre, présente à la mémoire de

(1) H. Sainte-Beuve eo ctte des peget latéreMantet.

tous les admirateurs de René^ M«^ de Cand.

qu'il fut sur le point d'épouser et dont la perte lui fiit si justement amère. U se lia aussi avec la plupart des autres célébrités contNnpoFaineSy notamment Joubert et Fontanes, et put voir dé^ buter un écrivain, M. Yillemain, qui devait bientôt se placer au premier rang de la littérature. C'est en 1807 que Chênedollé fit paraître aaa poème intitulé le Génie de P homme , imprimé plusieurs fois dei>uis (la 4'' édition a été publiée en 1825). On citera ici^, pour donner une idée de la manière du poëte, et comme la résumant, les Ters qui suivent :

Ba TO jant rhomme oa réduit à ta falblesie :

Qa'nne toU nous eAt dit : ■ Accrolasons sa vitesse : « Qa'eo francblssaut les mers 11 vole en d'antres lieu ) « Qui! soumette la fondre et désarme les deni; « Qn'il dispose à son gré des étoiles polaires ; 4c Qne la fondre en ses mains, terrible on tutélalre» m Frappe ses ennemis on, dans des Jenx pins donx . « Peree Tolsean léger, qui fuit en Tain ses conps; « Qne Saturne pour lui soit captif sons le verre ; a Qne sa pensée arrive aux denx bouts de la terre, « Et qu'il soit Invisible et présent en tout Heu » : On se fût éerlé : « Vous en faites un dieu. » Bt toutefois, vainqueur d*lnnombrables obstacles. Des arts autour de lui rassemblant les miracles, AU sceptre social soumettant l'univers, L'bomme a réalisé tons ces projets divers.

Assurément, et tout en tenant compte de quelques inégalités, ces vers sont k la hauteur da sujet et dignes d'un siècle qui a vu tant de découvertes, dues au génie de l'hommcy inspiré de Dieu, faut -il ^uter. H est rare que l'oa soit justement apprécié par ses contemporains ; quoiqu'il Sût supiârieur à la plupart des prodoetions d'alors, le poëme n'eut pas à l'époque de son apparition tout le succès qu'en espérait l'auteur. £n 1808 parut un autre ouvrage de Chênedollé, intitulé : Esprit de Rivarol, que Joubert appelait Rivarollet dans une de ses lettres ( l*' septembre 1807 ). Après avoir ooncouru avec succès aux Jeux floraux, ChtoedoUé fut nommé professeur à Rouen, en 1810, et inspecteur de l'académie de Caen, en 1812. En 1817 il songea à l'Académie; mais il se vit préférer des candidats qui firent plus activement et plus à propos leurs dânarches. A l'époque de laciéatioii de la Muse française (1823), il fut un de ceux dont on s'empressa de demander la coUaboratioiii C'était au début de la querelle entre les clasH' gués et les romantiques. Chênedollé ne r^Kmsaa que les innovations réprouvées par la raison. Ea 1830 il fut élevé aux fonctions d'inspecteur général de l'université. Ici vient se placer un aeta qui honore Chênedollé. Quand Charles X, ae rendant à Cherbourg , passa dans le village od habitait le poète, celui-ci fut présent sur le pas» sage du souverain détrôné. « Le second Stuart» dit M. Louis Blanc, traversant l'Ile de Wigbl» après la perte d'une couronne et A la veille du supplice, une jeune fille lui vint ofirir une fleur; ce genre de consolation ne manqua pas au frèHB de Louis XVI. Au Val-de-Vire, des femmes, det vieillards, des entants, sortis de la maisoB dt

CUnedollé, aoeodrarent sor le chemin, tenant des brancbeB de lis, qu'ils donnèrent aux fugitifs, fudDe d*im poète saluant celle d'un roi sur la route de Texil. » «.Ainsi que je Tai assez marqué, dit IL Sainte-Beuve, ChénedoUé, dans le cours de a vie, en venant trop tard et le lendemain, ■mqna aouTentroccasion; qu'on n*aille pas dire qv oette fois il la manqua encore : noble poète, fl rifut trouTée. »

ChlnedoUé avait lait paraître en 1820, sous le

titra à'Éhidei poéiiqnes, le recueil de sert an-

onaes odes, avec addition de quelques pièces

MsieOes, parmi lesquelles ie Dernier Jour de

hmoUson; — le Tombeau du jeune labou-

rm; — ia Gelée d'avril. On retrouve dans la

|lgput de ces compositions ce vif sentiment de

ta Htme qui fit le caractère de Chènedollé,

cHBDe po^ et comme homme privé , et qu*il

cttdftéoooter uniquement dans le choix de ses

wnpoBlions. Les vers suivants, qui peignent la

rwjUMan printemps, confirment ce jugement :

IxlNMit, Jeune encor, hds craindre la faocUle,

fc cannait d«|A de mq épi mobUe.

O» tnmat dani la plaine nn essor pins hardi,

Moyril à eOlé da U^fle reverdi ;

la fiaWe en Senrs, par avril ranimée,

SipkHlt de itarfnms l'atmotphére embaumée.

AlBéoia du printemps les pommiers enrtehls

Mnçilriit ieors rameaux empourprés ou blanchis.

Ceit un tableau peint d'après nature. 11 faut chr eneore comme une pièce pleine de langueur dde diarme, le Clair de lune de mai. 11 y a eoBDie un souvenir des plus gracieuses élégies de r«itiqoité dans les vers suivants : ftnii, a hme désirée, ■oBte doocement dans les cleui ;

Sv too trOoe atlencteax.

Amène U brise légère

Q^ dans ralr, précède tes pas,

Donee haleine, à nos ebamps st ebére.

QAa dtés on ne connaît pas;

A IraTcrs la cime agitée

Un saule Incliné sur les eani,

Verse taloenr argentée

ftoCtaate en mobiles roseaux.

Qae ton Image réfléchie

Tombe sur le ruisseau brillant

Bt ^ne la vague au loin blanchie

Boule Ion disque TacUlanL

U tfyle est ai souvent l'homme, que Chènedollé Mn peut-être mieux connu par ces citations ; et c^est à ce titre, et pour le peindre tout entier, pt roo rapprochera de ce qui précède le fragmai loivant, tiré de son journal, à la date du llasÉl 1833. «J'ai revu aujourd'hui avec délices, 7 di-i, tous les travaux de la moisson : j'ai vu leier, j'ai vu lier. J'ai vu charrier. Rien ne me platt cane de voiruo atelier de moissonneurs dans ■ damp ; J'aime à voir les jeunes garçons se hMeret défier les jeunes filles, qui scient encore |kv vite qn'eax ; j'aime à entendre le joyeux ba- Hdes moissonneurs ; j'aime à entendre les éclats da rire des jeunes filles, si gaies, si folles, si fraîches; j*aiBie à les voû* se pencher avec leurs ^ , an risque pour elles de montrer quelt Jambe mieux fUte et plus fine que

CHÈNEDOLLÉ — CHEIŒL 186

celle de nos plus belles dames. Cette vue irrite les désirs dans le cœur du jeune homme; on fait une plaisanterie, et la gaieté circule k la ronde :

Verbaqne aratorls msUca dlsdC Amor.

J'aime à voir le métayer robuste lier la gerbe et l'enlever au bout du rustique trident; j'aime à voir le valet de la ferme qui la reçoit debout au haut du char des moissons, et le char coniUô s'ébranler pesamment dans la plaine. J'aime à voir glaner le pauvre. Laissez-hn quelques épis de plus :

Laissez à rindlgent une part des moissons.

J'aime tous les travaux champêtres ; j'aime à voir labourer, semer, moissonner, planter, tailler, émonder les arbres, aménager les forêts. Je jouis du blé vert, et j'en jouis en moisson. En mars, je ne connais rien de beau , de riant , de magnifique, comme un beau champ de blé qui rit sous les premières haleines du printemps. » On croit lire une page de Virgile ou de Théocrite.

En 1832, Chènedollé résigna ses fondions universitaires pour se livrer tout entier à son amour des champs et d'une studieuse retraite. Il n'eut pas le temps d'achever les œuvres importantes qu'il avait commencées. Outre les ouvrages cités, on a de Chènedollé : Eloge de la NeusMe;oôej 1826 ; dans \esMmoires des Antiquaires de la Normandie;— -voie édition des Œuvres complètes de Rivarol; 1808, 5 vol. in-8'» , entreprise avec M. FayoDe; — la révision de la tradnctioni des Œuvres de Shakspeare^ par Bruguière de Sorsum. Chènedollé avait entrepris une épopée qull projetait d'intituler : Titus, ou Jérusalem tdétruite, etqu'U méditait depuis vingt années. V. Roseetwald.

Oitteanbrland, Jf^molrst dToutrû tombé. - Salnte- Benve, Rev. dêi Dêus Mondes, l" et il Juin 1849. — LouU Blanc, Hist, dé dix ans. - JoaberC, Pensées et eorresp. - A. Desplaces, Rev. de Paris, msi IMO. — Bioçr. tmiv. H portât, des eontemp. — Barbier. Bibt. d*un homme de goût.

GHBNBL DE LA CHAPPRONAYE (/eOII, siCUr),

écrivain breton, né vers la fin du seizième siècle , descendait du célèbre Jean de Beaumanoir. 11 visita une partie de l'Europe, et à son retour en France, U fit imprimer : les Révélations de Vhermite sur l'état de la France; 1617, in-8*, fig., raie. Ce livre est très-singulier : l'auteur y prétend réformer Fusage du duel; et |K>ur parvenir à ce but, U propose l'établissement d'un ordre de chevalerie dont tous les membres, bons gentilshommes, braves et adroits aux armes, feraient vœu de ne jamais accepter de cartel, et de poursuivre les duellistes connus. Louis XIII lui permit de porter la marque distinctive de cet ordre, qui consistait en une croix émaillée de rouge, représentant d'un côté l'effigie de saint Loui^, et de l'autre celle de sainte Madeidne. « J'offk'e le combat, disait au roi le « fondateur, contre celui qui voudra tenir le « partiduduel (seul à seul, les armes à la main.

CHEFIEL^

« en place qoH tous plâtra nous ordonner ), afin c( de maintenir que le dnel est une action in- « digne d*un homme de bien et d'honneur, d*un «c fidèle François et d'un homme de courage. » Les statuts de cet ordre, dont La Chappronaye parait avoir été le seul membre, ont Ùé imprimés à Nantes, en 1614.

Leiong. MébUatkàquê Mit de to Frmneê, II , éd. Foq- UUe. ^ Le Bu, DieU encifelopédique de la Frmne*,

GBENBYlàEBS OU GHBNHBTIKRBS (FrOft-

çois db), éoriyain français, né en 1C99, à La Rocheroucauld, petite ville de TAngoiimois, mort en 1779. D'abord héraut d'armes, puis inspecteur général des hôpitaux militaires, il est moins connu par ses ouvrages que par Tamitié dont l'honora Voltave. On a de lui : DéUUU militaires dont la connaissance est nécessaire aux i^ftcierSf et principalement aux commissaires des guerres ; Paris, 1743, 4 vol. m-12 ; —

Loisirs de M. de ; La Haye (Paris), 176),

2 vol., in-13.

Grtmm, Correspondance UUétxiire, 1764.

GHBifBTix (Richard)^ littérateur et chimiste irlandais, d'origine française , né dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, mort en 1830. n se distingua par une grande variété de connaisBances, et par une rare flexibilité d'esprit. C'est mofais cependant à ses productions littéraires qu'à ses oeuvres scientifiques qu'il doit sa réputation. On a de loi : Remarques sur la nouvelle nomenclature chimique établie par les néologues /français; Londres, 1802, in-12 ; — ObsorvaHons sur les systèmes minéralogiques; dans le t LXY des Annales de chimie, 1808; «- Phuieure mémoires dans les Transactions philosophiques i Observalions et expériences sur Vacide muriatique oxygéné, ainsi que sur quelques combinaisons de Vacide muriatique dans ses trois états; Analyse du corindon et de quelques substances qui V accompagnent; Analyse des arséniates de cuivre et de fer ainsi que du cuivre octaédrique de OomouaUles; Observations et expériences sur la poudre du docteur James, avec une méthode de préparer par la voie humide une substance analogue; Observations sur la .nature chimique des humeurs de FcHl; Recherches sur la nature du palladium; de V Action réciproque du platine et du mercure; — dans le Joamal de Nkholson : Analyse d'une nouvelle variété d^or nat\f; Expérience pour déterminer la quantité de soufre contenue dans Paeide sut* furique; Recherches sur Vacide acétique et sur quelques autres acétates \ — dans le Journal desMhies : Analyses de la trémolite; du sulfate de chaux anhydre, naturel et artificiel; du cuivre arséniaté; de la télésie et du corindon; de la gangue du corindon de Vlnde ; du feldspath en masse; du feldspath retiré du sable de Ceylan; de la JUnrolitet du thaUite qui accompagne le eorinëon de

CHÉNIEft

Vlnde, Parmi ses écrits littéraires on rert les Rivaux mantouans, comédie; et i7eiir tragédie, non représentées.

Rom, Ifêw ^ioçrapMeai dieUonary, GBÉiiiBR {Louis M ), historien francs àBlontrort, en Languedoc en 1723, n 26 mai 1796. H appartenait à une ftoriOe naire du Poitou. Il perdit de bonne heu père et sa mère, abiûidonna à sa sœur to biens, et partit pour Gonstantinople, où gsa ÛmUm après une maison de oomn quil abandonna ensuite pour s'attadi eomte Desalleurs, ambassadear de Frano de la Porte. Après la mort de ce dem génies affaires de la marine et du coir jusqu'en 1764. 11 avait épousé, en M»* Santi-l'Homaka , belle et spirituelle que. De retour en France, en 1763, il a pagna, deux ans après, le comte de Bn que le roi envoyait en Afrique pour co un traité avec l'emperair de Maroc , et il d dans cette mission une grande habileté, fi consul général, puis chargé d'afflAires de 1 près de cette puissance barbaresquc , il dans sa patrie en 1784 , et fut , malgré It à la retraite. H s'occupa alors de coordoni nombreux matériaux qu'il avait recueilli:

ses voyages, et fit paraître ses ouvrag< rorient , compilations qui , bien que tn perfidelles pour la partie historique , m cependant toute confiance pour les rem^ locales. Lors de la révolution , Cbénier membre du premier comité de surveillai la ville de Paris. Au 31 mai 1793, il se c favorable aux Girondins. Aussi ni ses op ni ses efforts ne purent-ils sauver du si André Chénier, son fils , dont la mort h sienne. On a de lui : Recherclies histOi sur les Maures et V histoire de Vempi Maroc ; Paris, 1787, 3 vol. in-8°; — Ri lions de Vempire Ottoman, et observi sur ses progrès, sur se^ revers et sur présent de cet empire; Paris, 1789, in-f produit sous le titre A* Histoire des revoit de Vempire Ottoman Jusqu'à la mort rf, tan Abdul'Hamed; Paris, 1808, in-8**.

Le Sas, Wetionnairt enefclopédi^ne de ta Fra CBÉiiiBR (Constantin-Xavier or), Louis Chénier, et l'alné des quatre frères nom, naquit à Gonstantinople, en 1 700, et n à Paris, le 9 février 1837. Revenu en Franc sa famille, il fit ses études à Paris, et rempe 1778 le prix d'honneur de l'université.

buta dans la carrière diplomatique comrr crétaire de son père, alors consul de France le Maroc. Après avoir été successivemen snl en Espagne, en Italie, en Grèce et en P il fbt mis à la retraite sous l'empire.

GBÉiiiBB (André-Marie de), célèbre français, fils de Louis Chénier, né à tanthiople, le 29 octobre 1762, mort à Pai 7 thermidor an ii ( 25 Juillet 1794 ). krm

CHËNIER

Fiance À Tâge de deux ans» il Tut conduit à Cancattoime , pfèe d*uiie soeur de son père. Il puta neuf ans sous le beau ciel du Lan^edoc»

«fec Mm frère Marie-Joseph , recevant de sa nère des toçoaa qui Tinitiaient à la ooDuaissance de la langue grecque et lui douuaieiit le goût des Utttntnrefl andeDnes. £a 1773 il fut placé, «Bsi que Marie- Joseph, au collège de Navarre, «à sas deux autres frères ConstantiD et Sauveur l'avalait précédé. Tout en perfectiuDDant son iduatkm classique, il s'exerçait déjà danii la foésie française. Il nous apprend lui-même que dès le collégp il traduisit des fragments de Sapho et quelques passages des Bucoliques de Ttt^, Il ne reste de ces premiers essais qï*vat traduction, assez faible, de deux vers de Si|èo. £n traduisant les anciens, André Ché- Mr le préparait à les égaler, et il méditait , bia jeune encore, à peine au sortir du collège, Inaarres origuiales qu'il n'acheva pas, et dont hiiUrables fragments ont suffi pour immor- Uns Km nom. 11 faisait confidence de ses pro* jdidde ses vers k un cercle d'amis, dont les |te intmrf étaient les frères Trudaine, ses ca- Madeg de collège, les frères de Pange, le nnqgis deBrazais, Lebrun. Celui-ci, poète lui- ■tee, cneonragoa les premières tentatives d'André diénier, et lui adressa dès le début cette nagiifique prédiction que l'avenir ne devait pas

Ool, llMtrc Aa génie éclaira ton berceaa,

Li 0oin a sor ton front lecoué aon lUmbean.

Vers la fin de 1782, André Chénier, nommé UDs-lientenant dans le régiment d'Angouroois, ab tenir garnison à Strasbourg. Là se conserfâeot, an milieu de la décadence générale des aides, les traditions sévères de réruditiou alkniande; là vivait Brunck , et les Annlecta I de œ savant helléniste semblent avoir été le ine fkvori d'André Chénier, celui que, selon le précepte d'Horace, il feuilletait nuit et jour. NaJgré les moyens d'instiniction que lui oflrait cette vOle, le Jeune poète ne put supporter plus de six mois la vie de garnison, et, renonçant à la carrière militaire, il revint à Paris. Lui-même a peint avec beaucoup de charme <lans ses premières élégies la vie d'études et de plaisirs qu'il menait alors. Il ébauchait de grands poë- , et composait des idylles , charmant méde souvenirs classiques et d'inspiration.

Les ph» oonniies sont : le Mendiant, VAveugle, m tOQchante et sublime idylle, dit M. Yillemain, qn semble une page d'un manuscrit grec, mais tndnte par quelque chose de mieux qu'un moderne «; ridylle si pure du Jeune malade, ■a, seloD le même critique, « les plus channants mvenirs de la Grèce , l'ardeur de la tendresse ine mère , le désespoir et la joie de l'amour Mit retracés avec une grftce sans égale et une iael&Ue bannonie ».

Une maladie giave vint interrompre les 0ad» du jeune poète; se croyant près de sa

fin, il s'écriait, dans de touchants adieux à ses amis :

Je niean ; avant le aolr J'ai flnl ma Journée.

Mais il était réservé à une mort plus tragique. Il se rétablit, et, pour achever sa guérison, les Tnidaine l'emmenèrent avec eux dans un long voyage. Parti vers la fin de l'automne de 1784, il visita la Suisse, lltalic^ l'Archipel, Constantinople, et ouvrit ainsi la route de l'Orient à ces autres grands poètes, Chateaubriand, Byron, Lauiartme. Il revint à Paris en 178C, et reprit avec une ardeur nouvelle ses travaux littéraires. Il ressentit pour la spirituelle et brillante M™* de Bonneuil un amour qu'il a immortalisé dans des élégies dont « rien dans notre langue , dit M. Yillemain , ne surpasse la douceur gracieuse et passionnée » . Môme dans c«.s œuvres intimes où il chante set propres impressions, André Chénier se souvient sans cesse des anciens; il imite en général Properce, imitateur lui-même de Callimaque et de Philétas ; mais, loin de se borner à ce modèle, il de> mande à toutes les littératures , et surtout aux poètes de V Anthologie grecque , des tableaux ou du moins des cadres heureux pour ses impressions personnelles. Initié par une longue étude à tous les secrets de l'antiquité, il trouve chez les anciens « ce naturel, ce gracieux abandon, cette variété de tons, cette simplicité expressive, cette franchise du sentiment, qui n'a d'autre ornement que sa vivacité et son tour hardi : qualités exquises , que les auteurs d» la fin du dix-buitième siècle ctouiïaient sous la lourde parure d'une banale élégance ! » Si admirables que soient les élégies d'André Chénier, elles n'étaient pour lui qu'un délassement ; il réservait toutes ses forces pour des poèmes qu'il n'eut pas le temps d'achever, et dont nous allons étudier les fragments, trop peu nombreux.

Si on laisse de côté V Amérique, qui semble n'avoir été qu'un projet vague , et Y Art d'aimer, qu'il ne faut pas séparer des Élégies , il reste l'Invention , Hermès , Suzanne. Le premier de ces poèmes est complet; des deux autres nous avons des fragments et des notes.

« Ce précieux essai, dit M. Yillemain, en parlant du poëme de V Invention, renferme les vues les plus justes sur l'audace légitime du talent , sur les routes véritables de l'invention, sur cette espèce de fidélité infidèle qui s'attache aux derniers imitateurs des premiers modèles. Il ne méconnaît pas la gloire des grands génies de la France, mais il leur souhaite de vrais imitateurs , c'est-à-dire des imitateurs qui ne leur ressemblent pas. » André Chénier en eflet ne veut pas que l'on copie les anciens; il veut que l'on s'inspire de leurs écrits, pour produire comme eux des œuvres originales; ce qu'il demande à l'antiquité , ce ne sont ni des sujets ni des pensées , mais l'enthonsiasme , le feu

CHËNIER

IStt

fioétiqiie. Là, dft-il, en (Miriant deBandeos :

Là. Prométliée ardent, je dérobe les feox Dont J'anime l'argUé et dont Je fait des dieu.

Et dans cet autre passage, que noos citerons parce qaMI l'ésome toate te théorie littéraire de raateur de l'Invention :

O terre de Pél<^ 1 aree le.monde entier Allons Toir d'Épldaiire an agile coursier Conronné dans les champs de Némée et d'ÉUde* Allons Tolr an théAtre, aux aceents d*Earlplde, D'âne sainte foUe un peuple fnrleux Clianter : jâmattr, tifran dêt kowunêi et des dieux ! Pois, ivres des transports qui nous viennent sorpren- Parmi nous, dans nos vers, revenons les répandre ; [dre, Cbangeons en notre miel leurs plus antiques fleurs ; Pour peindre notre idée, empruntons leurs couleurs; Allumons nos flambeaux à leurs feux poétiques ; Sur des pensers nouveaux teisons des vers,antlques.

Dans son poème d'Hermès^ André Chénier voulait profiter des progrès des sciences pour refaire au point de vue moderne le poëme de Lucrèce Sur la nature des choses, U nous reste de cette ambitieuse tentative des fragments précieux , et des notes plus précieuses encore, dans lesquelles Fauteur nous Dut connaître le sujet , le plan et les principales divisions de son ouvrage. Nous empruntons à M. Sainte- Ueave une conrie analyse de ce poème ébauché. « n devait avoir trois chants, à ce qu'il semble : le premier sur Torigine de la terre, la formation des animaux , de l'homme; le second, sur l'homme en particulier, le mécanisme de ses soins et de son intelligence , ses erreurs depuis l'état sauvage jusqu'à la naissance des sociétés, l'origine des religions; le troisième, sur la société politique , la constitution de la morale et l'invention des sciences. Le tout devait se dore par un exposé du système du monde selon la sdence la plus avancée. »

VHermès était conçu d'après les doctrines irréligieuses du dix-huitième siècle. Prenant BufTon pour guide dans la partie sdentifique, André Chénier se rapproche singulièrement de Lucrèce pour la hardiesse des idées. Un poète contemporain , Chènedollé , qui avait recueilli auprès des de Pange et de Brazais des détails intimes sur l'auteur à* Hermès, a écrit cette phrase significative : « André Chénier était athée avec délices. » Dieu en efîet, il faut le reconnaître , est absent du poème d'Hermès, ou du moins il n'y apparaît pas distinct de l'ensemble des choses.

En même temps qu'André Chénier, sur les traces de BufTon et de Lucrèce, tentait de donner à la France un poëme didactique conçu absolument en dehors des idées chrétiennes, il faisait taire tous ses préjugés philosophiques, et empruntait à la Bible le touchant épisode de Suzanne pour en faire le sujet d'un poème narratif. De cette composition, qui ne semble pas avoir été poussée fort loin , il ne reste aiiyour^ d'hui qu'une belle invocation, qui prouve combien André était pénétré des beautés poétiques et religieuses de son si^cl, quelques vers jetés

en passant, et des nolesqni indiquent le |dan do poàne. Cette composition devait être divisée en six chants. Sans altérer en rien le rédt biblique, l'auteur l'avait disposé de manière à soutenir l'i» térét et à ménager des péripéties dramatiques. Les vides laissés par l'action devaient être remplis par des descriptions, quilen retraçant, d'après la Jlble et Hérodote, les mœurs, le climat et les mo-> numoits de l'Assyrie, auraioit piqué la coriosité et reposé l'esprit du lecteur. Au looyai d'épisodes naturellement rattachés au stijet, le poète se proposait d'ûniter quelques beaux, en» droits qui l'avaient particulièrement frappé dans la Bible, l'histoire de Joseph, par exemple, et le Cantique des Cantiques. Enfin, dans l'emploi d« merveilleux, il prenait Biilton pour gaiàt, et, pins sévère que les poètes chrétiens de la renais» sance, il n'avait jamais recours aux fictions my*' thologiques.

Telles étaient les œuvres qu'André Chénier ébauchait vers l'âge de vingt-cinq ans, et qu'il m devait pas achever. A ses amis, qui s'inquiétaient de le voir disperser son talent sur plusieurs ouvrages au lieu d'en terminer un, et qui le près-' saient de donner au public quelque témoîgpagB éclatant de son génie, il répondait se comparant au fondeur qui prépare à loisir les moules où I' doit couler ses statues :

Mol, Je suis ce fondeur : de mes écrits en fovle Je prépsre longtemps et la forme et le moule. Puis sur tous à la fols Je fais couler l'aimin. t Rien n'est faU aujourd'hui, tout sera bit demain.

Mais ce demain ne vint pas, ou s'il vint, il Art rempli par d'autres préoccupations.

La famille d'André Chénier le pressait de se faire une position : son père insistait pour qui tentât la carrière diplomatique ; mais il fallait pour cela aliéner sa Ûberté, dire adieu à sa modeste et indépendante existence. André s'est plaint de cette dure nécessité, dans des vers' énergiques, où il se montre obsédé par des pensées de suicide :

Souvent, las d'être esclave et de boire la lie De ce calice amer que l'on nomme la vie ; Us du mépris des sots^ul suit la pauvreté, Je regarde la looibe, aalic souhaité.

Il a exprimé toute l'amertume de son cœur dans Fadmirable idylle de la Liberté, écrite an mois de mars 1787. En faisant contraster la gaieté gracieuse du chevrier avec les imprécai'* tions désespérées du berger, en montrant coin-** ment les mêmes objets peuvent paraître ïàdemL ou charmants, selon qu'on les regarde avec ka yeux d'un homme libre ou les yeux d'un esclave , André Chénier a composé un des chefin d'œuvre de notre langue, en même temps qui nous faisait sur l'état de son âme à cette époqil» ' les plus précieuses révélations.

Au mois de décembre 1787 , U partit l'Angleterre en qualité de secrétaire d\ sade. Malgré la bienveillance de l'ambassadenv j M. delà Luxeme, il passa à Londres des années i pâiifales, dans l'isolement et rinaction. Sa phifit ' \

CHÉNIER

It si peu qu*0 s'abstint d*abord de tonappointements. Il fallut poar Yj dénaistaiied et presque on ordre formel s la Lnzeme. Il aurait pu se distraire ude de la littérature anglaise; mais s poètes anglais il n*admirait guère que B tiooTait de belles scènes d^s Sbak- !t pas une bdle pièce, et il in?itait les nnçais à « fuir la pesante ivresse des mteors du Nord nébuleux. Enfm, au « de 1790, il se dégagea de sa position iqne, et revit la France, alors en pleine o. Dans le terrible mouvement qui vefaire tomber en ruines toute la vieille il apportait plus d*ardeur que d*expéon très-vif amour de la liberté , une B moins vive de Tanarchie. Ces dispoibérales et modérées étaient celles de y les de Fange , les Trudainc, Brazais , : de Saint-Jean-d*AngeIy , Sieyès , Ck>nle marquis de Pastoret. Il fut introduit ians la Société de 89 , club brillant qui itdans de somptueux salons du Palais- SI membres les plus éclairés, les plus f les plus riches, les plus aristocra- I UQ mot du parti révolutionnaire. Ciharrardeur du jeune poète, ses amis se t de lui comme d'un secrétaire , et le Bt de rédiger et de signer de son nom , et par cela même moins comprometécrit qui fut comme le manifeste de la le 89. Cet écrit, qui a pour titre : Avis mçais sur leurs véritables ennemis ^ iDS le N*" Xm du Journal de la So- 89. n porte la date de Passy , 24 août idré Chénier s'y montra dès Tabord ce I dans cette lutte ardente de deux anli passionné de la liberté, ennemi non kassionné de la violence. Toute sa eut se résumer ainsi : la révolution ste, doit triompher par des moyens et les véritables ennemis de la liberté IX qui veulent rétablir par la force ït inique. André démontre cette thèse, nnable, avec beaucoup de verve , mais Bc d'Imprudentes invectives contre les \ de la violence. « J*ai goûté , dit-il , joie à mériter Testime des gens de bien rant à la haine et aux injures de cet brouillons corrupteurs que j'ai déma»li cm servir la liberté en la vengeant de anges. Si, comme je Tespère encore, ils eot sous le poids de la raison , il sera ed'ayoir, ne fût-ce qu'un peu, contribué lie. S'ils triomphent, ce sont des gens par it mieux être pendu que regardé comme lie brochure, modérée au fond, maistrèsinte par la forme, yalut à son auteur les enta et une médaille du roi Stanislas, qui lofaie en polonais, et beaucoup d'injures t de Camille Desmoulins, qui rédigeait RévohUions de France et deBrabant.

*CV. BIOGa. UKIVBBS. — T. X.

En se séparant dune manière aussi tranchée du parti du désordre , André Chénier n'en gardait pas moins tout son enthousiasme pour les conquêtes de la révolution ; il les célébrait encore en 1791 dans un Dithyrambe sur le Jeu de Paume f adressé au peintre David. Le poète y reproduit les idées d^ exprimées dans VÀfris aux Français, et répète la belle et inutile recommandation de ne pas venger la raison par des crimes. Pour donner un coloris poétique aux événements qu'il célèbre, André Chénier prodigue les images les plus hardies; il use largement des coupes irrégulières, des déplacements de césure, des hémistiches inégaux, des rejets, des enjambements d'un yers à l'autre, et même d'une strophe à l'autre, de toutes les licences, enfin, si sévèrement interdites à notre versilication depuis llalherbe et Boileau. Par son alluro rapide, par les. nombreuses digressions qu'un lien réel, quoique insensible, rattache au sujet principal , le dithyrambe sur le Jeu de Paume rappelle, plus peut-êtro qu'aucune autre composition lyrique de notre langue , les odes de Pindare. Ce poème semble avoir été peu remarqué : la modération des idées et l'étrangeté du style l'éloignaieut également de la faveur du public. Le moment d'ailleurs n'était pas à la poésie, et André revint à la prose. Il se présenta, dans les derniers mois de 1791, devant les électeurs de la Seine, comme candidat pour l'AssemUée législative ; il échoua, et dut se contenter des journaux pour défendre ses idées.

Dans la lutte trop inégale que le parti constitutionnel soutenait contre les Girondins j>et les Jacobins, alors leurs alliés, il combattit toujours au premier rang. Le 26 février 1792 il publia', dans le Journal de Paris, un long article où il accusait la Société des amis de la constitution (Jacobins) d'être la cause des désordres qui troublaient la France et arrêtaient l'établissement de la liberté. Selon lui, pour dire le contraire il fellait être « un fripon ou un imbécfle ». Marie-Joseph Chénier, membre du dub des Jacobins, ne pouvait avoir sur leur compte la même opinion que son fîrère , et il se trouvait peu flatté d'être compris dans une de ces deux catégories. Dans une note , oonvenable d'ailleurs , il déclina toute oummnnanté d'opinion avec son frère. La dispute en serait restée là si elle n'eût été envenimée par un des rédacteurs du Journal de Paris, qui commenta d'une manière injurieuse la réponse de Marie-Joseph. Celui-ci, qui n'était pas doué d'une grande patience, riposta avec vivacité, et réfuta, mais avec beaucoup d'égards, l'article de son frère, dans une lettre datée du 7 mars, et insérée dans le Moniteur du 11 mai. André ne se tint pas pour battu ; dans une réponse fort yive, il maintint toutes ses attaques, et les aggrava en ngoutant à ses inyectivcs générales une allusion piquante à l'adresse de son frère : il dit que « Marie-Joseph pouvait beaucoup louer sans l'aimer ime société qui disposait de cette

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partie des succès littéraires dont la nature est d*ayoir besoin des applaudissements de la multitude ». Ces paroles étaient une aliusîoo évidente au succès de Charles IX. Marie-Joseph, qui avait assez bien supporté les attaques au si]jet de la politique, s'irrita dès qu'il se sentit piqué dans son amour>propre a'auteur ; il releva vertement les paroles de son frère, dans une lettre insérée au Moniteur du 19 juin 1792, et donna à entendre que la colère d'André contre les Jacobins pouyait bien être le dépit d'un candidat évincé. La famille se hâta d'intervenir entre les deux frères, qui furent brouillés quelques mois seulement. Biais le souyenlr de cette polémique ne s'effaça pas. Les royalistes s'en firent trois ans plus terd une arme contre Marie- Joseph; les révolutionnaires s'en servirent en 1792 contre André, et le traitèrent de fratri" cie/e, sotte injure que le noble poète repoussa avec une fh>ide et dédaigneuse indignation. Cette déplorable polémique fut entrecoupée par une autre, plus grave encore dans ses conséquences, puisqu'elle fut une des causes les plus probables de la mort d'André Chénier. Quarante-cinq soldats du régiment suisse de Châteauvieux avaient été condamnés aux galères, pour s'être révoltés et avoir pillé la caisse du r4;nnent; ils furent amnistiés, et les Jacobins, sur la proposition de Collot d'Herbois, résolurent de leur donner une fête, à laqueDe la municipalité de Paris eut le tort de s'associer. André s'éleva avec énergie contre ces honneurs décernés à l'indiscipline; il qualifia cette fMede scandaleuse hocchanale, de hambochade ignominieuse^ et la stigmatisa dans un ïambe, chef-d'œuvre d'nronie. Célébrant à sa manière les Suisses révoltés, il demanda les honneurs divins pour les clients de Collot d*fferboiSy ces quarante meurtriers chéris de Robespierre. Ces noms sinistres de Collot d'Herbois et de Robespierre ne se rencontrent que cette seule fobdans les écrits d'André Chénier, qui luttait surtout contre le parti girondin.

La révolution du 10 août, en renversant la royauté, mit fin à la carrière politique d'André, qui essaya de se consoler des maux de la patrie par la culture des lettres. A l'aimable poète Wieland, qui s'informait de ce qu'il faisait dans la révolution, il répondait, à la date du 19 octobre 1792, « qu'il était bien détermmé à se tenir toujours à l'écart, ne prenant aucune part active aux affaires publiques, et s'attachant plus que jamais, dans la retraite, à une étude approfondie des lettres et des langues antiques ». En annonçant cette détermination, André Chénier promettait plus qu'il ne pouyait tenir; il ne devait être maître ni de sa pitié ni de son indignation. Le procès de Louis XYI, en excitant au plus haut point dans son âme ces deux sentiments, le ramena dans l'arène politique. Il prit à la défense du malheureux monarque une t»art réelle, bien que difficile à préciser. Il servit, à ce

qu'il semble, de secrétaire à M. de Malesherbes, et rédigea quelques pièces de la défense. Il prépara pour demander l'appel au peuple un projet de lettre qui ne fut pas adopté : les défoiseurB préférèrent la lettre très-simple qu'on lit dans le Moniteur à la noble et éloquente demande rédigée par André Chénier. Tant de fatigues et de douleurs avaient altéré sa santé; il allait de temps en temps passer à Versailles, dans une petite maison que son frère lui avait louée, « des semaines vouées, dit M. Sainte-Beuve, à la méditation, h la rêverie, à la poésie. Un amoordélicat l'avait repris, et le consolait de ses antres tristesses par sa blessure même, n en a oâébré l'objet dans des pièces adoraUei, sous le nom de Fanny. Mais la phis belle (s'il fallait choisir), la plus complète des piècèi d'André Chénier, est celle qu'il composa yen ce temps, et qui commence par cette strophe :

O Vénalité , 6 bols . O portiques !

Marbres Tirants . bereeanx anUqnes»

Par les dieux et les rois Elysée cmbelU ,

A ton aspect dans ma pensée , Comme sur Therbe aride une fraîche rosée ,

Coule on peu de calme et d'oubli.

On y voit, dans un rhythme aussi neuf qu'harmonieux, le sentiment de la nature et de la solitude, d'une nature grande , cultivée et même pompeuse, toute peuplée de souvenirs de grasdeur auguste et de deuil , et comme ennoblie on attristée d'un msyestueux abandon. Il y a l'élégie royale dans toute sa gloire, puis, tout à cAté, le mystère d'un réduit riant et studieux co«ronné de rameaux , et propice au rêve da poète, au rêve de l'amant. Car il aime, il revH, il espère, il ya chanter comme autrefois, et la source d'harmonie va de nouveau abonder daas son cœur et sur ses lèvres. Mais tout à coup devant ses yeux lui repasse l'fanage des horrears publiques, et alors le sentiment vertueux et stoïque reyient dominer le sentiment poétique et tendre. L'homme juste et magnanime se réveille, et la vue des innocents égorgés corrompt son bonheur. Tel est, dans cette admirable pièce. Tordre et la suite des idées, dont chacune revêt tour à tour son expression la ph» propre, l'expression hardie, à la fois sayante et naïve. »

Ce sentiment d'indignation, qui foisait roogîr André Chénier de son bonheur et presque de la vie, anime toute Vode à Charlotte Cordoff. Le poëte s'écrie en s'adressant à la meurtrière de Marat :

Seule tn fus un bommc , et rengeas les bumaloa! Et nous , eunuques vils, troupeau Mcbe et sans âme, Nons savons proférer quelques plaintes de feane, —Mais le fer pèserait à nos débiles malnal

Ce même sentiment se reproduit avec phis d'énergie encore dans une page trouvée parmi kê papiers du poète, et qu'on peut appeler son testament «Il est las, dit-il en pariantde VAmèrna, de partager la honte de cette ftNde ini* roense qui en seeret abhorre autant qne hét

CHÉNTER

mais qui a{^nroQTe et encoorage, aa moins par soD silence, des tiomines atroces et des actions abominables. La vie ne Tant pas tant d'opprobre. Quand les tréteaux, les tayemcs et les Ueox de débauche Tomlssent par milliers des légialateurs, des magistrats et des génémux d'armée qm sortent de la boue pour le bien de la patrie, il a, lui, mie autre ambition, et il ne craint pas de démériter de la patrie en faisant dire un jour : Ce pays qui pixMluisit alors tant de prodiges dlmbédlUté et de bassesse produisît «Msi un petit nombre d'hommes qui ne renoncèrent ni k leur raison ni à leur conscience; té- ' moins des triomphes du vice, ils restèrent amis delà Tertu, etne rougirent point d'être gens de bien. Dans ces temps de Tîolence, ils osèrent pirier de justice; dans ces temps de démence, fls osèrent examiner ; dans ces temps de la plus ahiecte hypocrisie, ils ne feignirent point d'être àk scélérats pour acheter leur repos aux dépens de llnnocence opprimée , ils ne cachèrent point leur haine à des bourreaux, qui , pour payer leurs amis et punir leurs ennemis, n'épai^ gsaient rien, car il ne leur en coûtait que des crimes; et un nommé André Chénier fut un des daq ou six que ni la frénésie générale, ni l'aTi- <&é, ni la crainte ne parent engager à ployer le geDOD devant des assassins couronnés, à toute des mains souillées de meurtres, et à s'asleoir à la table où l'on boit le sang des hom-

BWB. »

La mort que le poète proyoquait avec cette féséreose impatience ne devait pas se faire atladre. Le 17 nivôse an ii (6 janvier 1794), il •etraovait à Passy, chez M™» de Pastoret, quand kéear Gnénot, porteur d'un ordre du comité detOreté générale, se présenta pour arrêter cette dme. André Chénier voulut s'y opposer, et Gué- Bot onloona de l'arrêter lui-même. André se rédma de la Section de Brutns (quartier Mont- ■artr^y dont il avait un certificat de civisme, et TtUsuM de signer llnterrog^hre qu'on lui fit abir. Guénot obtint du comité révolutionnaire de Pissy l'ordre de le faire conduire à la maison de détention du Luxembourg. L'ordre était si Mgnlfery que le concierge du Luxembourg refca de reoevofa* le prisoni^er. Celui-ci , ramené disant Guénot, fut envoyé à Saint-Lazare et iUs sans difficulté, n ne fut cependant écroué fae le 19 nivôse. Pendant cette journée seule- ■ert dintervalle du 18 nivôse , il eût été posittfe d'obtenir la mise en liberté du prisonnier. Une fois écroué, il n'eut plus d'espoir que dus Fonbli; car l'écrou ne pouvait être levé fae par on ordre du comité de sûreté générale de la Convention nationale. Le père d'André CbUer, s'appoyant sur ce foit que son fils •urit éié arrêté sans ordre supérieur, dennda qnll fût mis en liberté. Cette supplique THia sans ellét; mais elle n*eut pas, comme mVhâHj pour résultat d'envoyer André à ~ y puisquelle précéda de plusieurs

mois sa mise en jugement. En entrant h Saint- Lazare il s'était dit qu'il lUlait s'accoutumer à l'oubli. Un sentiment, mélange délicat de pitié et d'amour, vint le distraire et le consoler un peu de sa captivité. Il célébra la duchesse de Fleury, plus connue sous le nom de comtesse de Coigny, prisonnière comme lui, dans cette ode admirable de lajmtne Captive, dont M. Vlllemain a dit si justement : « C'est un des chefsd'œuvre de la poésie moderne, c'est la plus pure des élégies tendres, c'est un style dont la richesse, pleine de symboles et d'images, a quelque chose de riant et de nouveau comme la jeunesse. »

Mais l'amour n'inspirait pas seul le poëte dans les cachots de Saint -Lazare. André trouvait dans son indignation des acccmts d'une terrible énergie, pour flétrir les oppresseurs de la France. Il ne voulait pas mourir, disait-il.

Sans percer, san» foaler. uns pétrir dans leur fange, Ces bourreaux barbonllleara de lois.

Il voulait survivre à tant de brigands abhorrés.

Pour cracher sur leurs noms, pour chanter leur supplice.

Ces cris d'indignation, que le poète ne savait pas contenir, eussent suffi pour le signaler aux espions qui surveillaient jusqu'aux moindres paroles des prisonniers, quand bien même le souvenir de la polémique du Journal de Paris ne l'aurait pas assez désigné aux vengeances du comité de salut public. Le 6 thermidor il fût transféré de Saint-Lazare à la Conciergerie, et son acte d'accusation lui fht signifié. Cet acte, daté du 3 thermidor, avait été rédigé avec tant de négligence, que des fi^ts relatifs à un des frères du poëte, Sauveur Chénier, qui venait d'être arrêté dans le département de la Somme par l'ordre d'André Dumont , furent portés à la diarge d'André Chénier. Celui-ci était désigné comme ancien chef de brigade dans l'armée de Dumouriez. Ainsi Fouquier-Tinville envoyait les prisonniers à la mort sans constater leur identité. André Chém'er signala probablement cette incroyable confusion, car les faits relatifs à Sauveur se trouvât rayés dans la minute de l'acte d'accusation. Le lendemain, 7 thermidor ,André comparut devant le tribunal révolutionnaire avec quarante-quatre autres accusés, divisés en deux catégories. Depuis que la loi du 22 prairial avait supprimé tonte défense, les prétendus jugements du tribunal révolutionnaire se bornaient à la lecture d'un acte d'accusation collectif, à un rapide interrogatoire et à une constatation, souvent fort imparfaite, de l'identité de l'accusé. Après les deux ou trois heures nécessaires pour remplir ces deux dernières formalités à l'égard des quarante-cinq accusés , trente-huit furent condamnés à mort. Le poëte Roucheret André Chénier, qui faisaient partie de la première catégorie, ainsi que le baron de Trenk, le comte de Montalembîert, le comte de Créqui, forent condamnés comme « convaincus de s'être rendus les ennemis dn peuple, en participant aux crimes de

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Capet et de sa famille , en approoTant le massacre da Champ de Mare, en écrîTant contre la liberté et en fayeor de la tyrannie, en entretenant des intelligenees avec les ennemis de l'État, en discréditant les assignats; en conspirant dans la maison d'arrât dite Lazare, à l'eCTet de s'éyader, et «ssnite dissoudre, par le meurtre et l'assassinat des représentants du peuple, et notamment des membres du comité de salut public et de sûreté générale, le gpuTemement républicain, et de rétablir la royauté «. Les jugements du tribunal réTolutionnaire étaient exécutoires sur-le-champ. Les condanmés fhrent aussitôt dirigés sur la barrière de Vincennes (anjourdliui barrière du Trône), place choisie pour les exécutions. En descendant Tescalier de la Conciergerie, André Chénier se frappa le front, et dit : « Pourtant j'avais quelque chose là. » Il prit place à côté de Boucher. D'après le rédt touchant, maispeu Traisemblable, de M. de Latouche, les deux amis charmèrent leurs derniers moments en récitant la première scène d'Andromaque; suivant une autre tradition, tandis que Boucher s'étourdissait lui-même par de bruyantes paroles, André, silencieux, tout entier à ses suprêmes pensées, paraissait insensible aux clameure de la foule qui se pressait, irritée ouj^oompatissante, autour du funèbre cortège. André Chénier fut guillotiné le second après Boucher, à six heures du soir. Trois jours après, à la même heure à peu près , sur la place de la Bévolution , Bobespierre et ses complices montaient sur l'échafaud.

André Chénier avait pu craindre que son œu* vre, longtemps élaborée, mais restée inachevée, ne périt avec lui. Cette crainte ne se réalisa pas. Le 20 nivôse an m , moins de six mois après la mort du poète, la Décade publia la jeune Captive, avec cette note : « André Chénier avait beaucoup étudié, beaucoup écrit, et publié fort peu. Fort peu de gens aussi savent quelle perte irréparable ont faite en lui la poésie, la philosophie et l'érudition antique. » I^e Mercure publia la jeune Tarentine dans son numéro du 1*' germinal an ix. M. de Chateaubriand cita de courts et gracieux fragments des Idylles dans une note du Génie du Christianisme, Biillevoye, dans les notes de ses Élégies, publia des fragments du poème à* Homère, Ces citations, sans donner toute la mesure du génie d'André Chénier, en faisaient connaître la portion la plus exquise. C'était assez pour intéresser vivement le public. Dans la Galerie historique des contemporains, recueil biographique, daté [de Bruxelles 1818, on lit ces lignes, qui prouvent que même avant la publication des œuvres d'André Chénier son nom et son génie n'étaient point inconnus : <c Dans ces premiers essais d^an talent moissonné à son aurore, on reconnaît l'étude et le sentiment de l'antiquité. La Tarentine et quelques autres é^ognea , dont les journaux ont depuis cité daa fragments, sont

infiniment au-dessus de tout ce que i avait possédé jusque alora dans ce genn position. C'est la naïve simplicité de 1 jointe à la douce mélancolie de Virgpl œuvres d'André Chénier, remises à M. ^ che, qui les revit et les prépara pour l'in avec un soin digne des plus grands él< rurent enfin en 1819. Elles surps»sèrent coup l'attente du public, et obtinrent i qui depuis est toujoure allé croissant mites d'im recueil biographique ne n mettent pas de rechercher quelle influa dré Chénier a exercée sur notre litté quelle place il doit occuper parmi les \ notre siècle. Sur ces deux points nous vous que renvoyer aux écrits de nos critiques et historiens littéraires. Un éminents, M. Sainte-Beuve, nous seml résumé les jugements des contemporai vancé celui de la postérité, lorsqu'il a • dré Chénier « qu'il était un des maltr poésie française au dix-neuvième siècle , plus grand classique en vers depuis l Boileau ».

Depuis 1819 les éditions des œuvres Chénier se sont rapidement succédé;, la liste : Œuvres complètes , précédé notice par un anonyme; Paris, Baudooii 1819, in-S**; — Poésies, précédées d'u par Henri de Latouche; ibid., 1820, i Œuvres complètes, [nouvelle éditioi 1822,in-18; — Œuvres anciennes et mes, revues, corrigées et mises en o M. Bobert; Paris, Guillaume Nepvei 2 vol. în-8** ; — Poésies posthumes et précédées d'une notice par H. de L Paris, Benduel et Charpentier, 183 2 vol. in-8**; —Les mêmes, édition p plète que les précédentes; Paris, Cha 1839, in- 18, avec un portrait. Cette améliorée dans des réimpressions suc laisse cependant encore à désirer. H ser de scruter les papiers d'André Chénier tirer les fragments ( on ) sait qu'il en r peuvent offrir quelque intérêt. Le texte devrait être sévèrement revu sur les crits et restitué partout où il a été altéi éditeurs. On a encore publié d'André \ Œuvres en prose y augmentées d'u nombre de morceaux inédits , précéd< notice historique par le bibliophile Ja ris (Gosselin), 1840, in-18; — Po François Malherbe, avec un commen dit par André Chénier ; seule édition publiée par M. de Latour; Paris, Chc 1842, in-12. Cette édition a été faite exemplaire de Malherbe , édition Barb< exemplaire annoté par André Chénier, trouve en la possession de M. de Li commentaire d'André Chénier, consiste très-courtes, mais très-vives! et trè qoables. Elles attestentl on goût aussi

tôt

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hudi et un sentiment très-élevé de la véritable po^ie lyrique. Léo Joubert.

Jfànitear nntoenel, 17M. — Galerie Mttorique des rmtnmpnrmint, — H. de Laloache, NoUcê tur An- 4n Chénier, — IttbUophlle Jacob, Notice historique WÊÊT André Chénier. — Lemercirr, Revue encyrlopè' , ISM. — Raynoaard, Journal des savants, 1819. — Lfcee, 1819. — Sainte- Beave , Critiques et portom. Il, V; Portraits contemporains ^ t. III; CmmeèrUs du lundi, i. IV. - viUcmatD, Littérature au 4i9àuimime sOele.— GosUve PUnche, Hevue des Deux Mniirii, Il Janvier isss. - Qoérard, la France liUéraire. — H. Sbaonet, la Pléiade, nouvelle Encyclopédie lit» térmire et biographique, n« 1, mars 1814.

CMÈMiKtL{ Marie- Joseph )f poète français, frère du précédent, né à Constantinople, le 28 aoM 1764, mort à Paris, le 10 janvier 1811. Ck>nèât en France Tannée même de sa naissance,

I passa ses premières années à Carcassonne, «près d'une tante paternelle. Placé ensuite à Ms, an collège de Navarre, « il y reçut, dit DuDoa, une éducation si précoce et si rapide, ^aossitôt qu'elle fut terminée il sentit le bénit d'étudier tout ce qu'on voiait de lui ap- |iadre ». A peine Agé de dix-sept ans, Marie- Joie|ih entra, comme officier de dragons , dans k carrière militaire. Pendant deux années de puflon à Niort, U recommença toutes ses Mes; et comme il n'avait plus de professeur, lit en peu de temps des progrès solides. Mais I ne tarda pas à se dégoûter du métier des ar- Ms; fl fallait à llnquiète activité de son esprit ■e Mitre direction, un plus grand théâtre, et il «lit M fixer à Paris. D^à tourmenté de son éKBrité, et avec la présomption de son âge, tap pressé de se produire, il fit jouer au Théâta^Amçais un drame en deux actes , intitulé Ufor^ ou le page supposé^ et qui , suivant La Ihipe, « fut sifflé dès la première scène » ( Cormp, lut. ). L'auteur condamna lui-roéme son amage, et se garda de le faire impnroer; mais Iw se laissa point abattre par un premier échec.

II tragédie à*Azémire fut représentée, le 4 nolOBbre de la même année, sur le théâtre de la enr à Fontainebleau : « J'avais alors vingt ans, 41 raoteur dans sa lettre à M. de Pange; et cnme il fout encourager les jeunes gens , la |Aee fat sifflée d'un bout à l'autue : jamais paféÊt aventure n'était arrivée à Fontainebleau. » hémire fut jouée le suriendemain à Paris , où, fMiqiie accaeillie moins défavorablement, elle imd que quatre représentations. Les critiques «partagèrent sur cet ouvrage : La Harpe, si nîf€itf passionné, si souvent injuste, et que il looibieaaes chutes auraient dû rendre plus

ne vit dans Azémire qu'une misér ftqfttodie, tandis que Palissot éleva beauîÊÊp trop haut son mérite. Ce qu'il fallait dire, iM nnlérèt même de Chénier, c'est que, malpi de trèa-grands défauts dans le plan et dans kttfldf Àsémire annonçait dans une floraison péeoee des fruits qui mûriraient dans l'avenir. QHlqiies pièces de vers publiées en 1787 et 1719, me ode sur le dévouonent du prinot de une ^pdre à son père, on peéme

Sur rassemblée des notables; le Ministre et r homme de lettres; Dialogue entre V homme de lettres et le public, satire contre Rivarol , qui venait de publier sa facétieuse impertinence de VAlmanach des grands homtnes, commencerait la réputation poétique de Chénier.

La chute de la BaîstilLe avait ébranlé le trûne, et les journées des 5 et 6 octobre venaient de le montrer déjà penchant vers sa ruine , lorsque Charles IX parut sur la scène française. Cette pièce fit rapidement grandir la réputation de Chénier, et commença celle de Talma. Trois années d'intervalle séparèrent la première représentation d* Azémire (4 novembre 1786) de celle de Charles /Jt (4 novembre 1789); mais cette dernière pièce avait été composée assez longtemps auparavant, puisque le discours préliminaire de Chénier porte la date du 28 août 1788. Le succès fut prodigieux, et la foule se portait aux représentations. C'était une idée hardie de mettre la Saint-Barthélémy sur la scène et d'y faire paraître un cardinal bénissant les poignards pour un vaste assassinat Disciple enr thousiaste de Voltaire, Chénier voulut foire des tragédies philosophiques ; il mit le fanatisme en action et les maximes de la liberté en scènes dialoguées. En s'emprcssant pour voir le drame, c'était aussi la révolution qu'on aUait applaudir. En 1790, les représentations ayant été suspen dnes par le conseil de Thûtel de ville, les Comé diens français présentèrent, le 27 septembre, une requête tendant à « obtenir l'ordre ou la permission, par écrit, de donner Charles IX », et le même jour Bailly, maire de Paris, signa Tautorisation demandée. Charles IX reprit sa vogue , et il en parut plusieurs traductions en allemand et en d'autres langues.

Chénier donna en 1791 deux autres tragédies, Henri VIII et Calas, La première est remplie d'un pathétique déchirant : « Quand on la veut critiquer, dit M. Daunou, il faut commencer par essuyer ses larmes, veiller sans cesse à les retenir, et résister non moins courageusement aux impressions qui résultent des mouvements et de la beauté du style. » Un autre habile critique, M. Hssot, en reconnaissant dans Henri VIII « un pathétique vrai, qui fait couler de douces larmes », ajoute : « On n'y respire ni la verve d'Eschyle, ni la majesté de Sophocle, ni la profonde éloquence d'Euripide. » Mais une pièce où tout cela respirerait serait le chef-d'œuvre des chefs-d'œuvre, et pour n'être pas ce chef-d'œuvre, V Henri VIII de Chénier n'en est pas moins digne de beaucoup d'estime. C'est par cette tragédie que fut faite, rue de Richelieu^ l'inauguration du Théâtre dis la République.

La tragédie de Calas n'eut que trois représentations; le spectacle en fut trouvé si déchirant que l'auteur avouait lui-même avoir dépassé le but. CcMis Gracchus fut représenté le 9 février 1792. Le fomeox hémistiche ides lois, et

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non du sang! qu'on applaudissait avec enthousiasme, « quand, dit M. Dauxiou, le sang coulait à grands flots sur les ruines de toutes les institutions sociales, » fit interdire la représentation de cette pièce, tonte répubUcaine. Le conventionnel Albitte accusa en plein théâtre, à haute voix, devant 1,600 spectateurs, Chénier ilïtrc un ennemi de la liberté. La tyrannie répontlit : Uu santf, et non des Uns ! elle proscrivit U |f'èc(\ et résolut la proscription du poète. Le ^7 janvier 179:{ fut donné à l'Opéra le Camp de Grand- Pré, divertissement lyrique en un acte, <lont Gossec avait fait la musique. Une rojidc fie cette pièce devint et resta longtemps un des chants joyeux des armées françaises. Le 9 février fut jouée sur le Théâtre de la République la trafifidie de Fénelon ; elle eut un grand succès dans o's temps difficiles, «c J'ai cru, disait Chénier, qu'en nos jours mêlés de sombres orages , lorsque les mauvais citoyens prêchent impunément le brigandage et l'assassinat, il était plus que temps de faire entendre au théâtre cette voix de rhumanité qui retentit toujours dans^ le orur des hommes rassemblés. » Une partie du succès de Fénelon fut due à Monvel : cet habile tragédien se moutra si pathétique et si vrai , il produisit un tel enthousiasme, que le marqm's de Fénelon, s'y laissant entraîner, alla trouver l'acteur et lui fit don de l'anneau pastoral de l'archc- \ ôque de Cambrai, connue pour ajouter à l'intcrôt du drame et rendre plus complète l'illusion de la scène. J'ai vu sous le consulat, non sans étonnement, l'anneau de Fénelon au doigt de Monvel, qui, par une singularité non moins remarquable, était alors propriétaire de l'ancien Paracict d'Iléloise et Abélard. Il y avait de la ver'u et du courage à montrer au théâtre en 170:) le plus touchant modèle de la philosophie chrétienne et de Inhumanité. Lorsque Chénier fit r<jiiiiprimer sa pièce, en 1802, il la dédia à son ami M. Daunou; et dans une longue et savante épttre, après avoir rapidement tracé l'histoire de l'art dramatique chez les anciens et chez les modernes, et avoir établi quel est son but ( résumé par lui en deux mots : instntire et plaire ), Ù ajoute : « H m'était doolilement honorable d'avoir publié Charles IX sous U royauté et Fénelon sous la tyrannie démagogique. » Le fait est que Chénier fut alors, comma il le rappelle à son ami, dénoncé dans les clubs et dans les journaux; qu'il vit ses tragédies bannies du théâtre : Fénelon et Calas comme fanatiques, Henri Mil et Charles IX comme royalistes, Caîus Gracchus comme suspect d'aristocratie.

La tragédie de Timoléon, en trois actes , avec des chœurs, musique de Méhul, ne fut représentée qu'après la chute de Robespierre (le 25 fructidor an in, selon l'édition de 1820). L'anteur continuait de donner an tliéfttre les leçons d'humanité qu'il avait déjà présentées sans succès dans Cmus Gracchus y dans Fénelon,

et qui, manifestant en lui le courage de ses o|inions, rendent odieusement ridicoles les calomnies dont il fut si longtemps poorsnifL D osait dire :

La tyrannie, alUëre et de nieurtres avkle.

D'un masque révéré couTrant son froat Uvlde,

Usurpant mus pudeur le nom de liberté.

Rouie an Min do Corintbc un char cncangtuté....

Il eit temps d'abjurer ces coupables maxlnes :

U faut des lois, des mœurs, et non pu des Tirtlwrs I

Ces vers étaient applaudis avec transport. Le comité de salut public se bâta de faire suspendre les représentations. Tous les manuscrits de i* pièce, qui n'était pas encore imprimée, furcot saisis et brûlés ; une seule copie échappa an recherches; elle fut conservée par M"^ Yestrit, et serrit, en 179ô, pour l'impression de cette tngédie.

Ce tilt peu de temps après la proicripliOB et Timoléon qu'André Chénier périt sur Téduiand. Tout entier à sa douleur, Marie-Joseph senUa renoncer aux travaux dramatiques, et ne les reprit, longtemps après, qu'une seule fois, en 1804, par une tragédie de Cyrus, qui n'eut qu'une représentation. L'avènement de Cyrus an trfiM des Mèdes était une allusion au coi de Napoléon. Cette pièce, où, dans de vers , le talent dramatique brille de peu d*édal, fut une erreur que no couvrit pas la gkùre; eDe augmenta le nombre des ennemis de Cliàiier, sans lui attirer la faveur du notrveau maître.

Chénier avait été membre de la CoQTentin nationale, du Conseil des Cinq- Cents, et il siégea dans le Tribunat. Ses travaux politiqiei pendant dix ans de législature ( depuis le 21 sq»* tembre 1792 jusqu'au 7 mars 1802)» ont qoriquefois besoin d'être vus dans leor époque poor être bien jugés. Il fit partie des comités de llntruction publique, de sûreté générale, de sriol public ; il présida la Convention et le Conseil des Cinq-Cents. De 1803 à 1806 il fut inspecteur 96néral de l'instruction publique.

Void une faible esquisse des travaux qui doivent honorer et protéger sa mémoire contre les calonmies qui troublèrent sa vie et en piédpitèrent le cours. Ami de Tordre , il cmmença par demander, dans les prenûers jonn de la Convention, le maintien des lois non abrogées et des pouvoirs non révoqués. Il demandi le rappel des dépotés mis hors la loi, aptes b iatale journée du 31 mai , et fit accorder mt pension de 1,200 livres à la mère de Girey-Dnpré, rédacteur du Patriote français etnctine du 31 mai; il fit un rapport pour le désarmement de ceux qui avaient partidpé aux liomvi de la t3rrannie pré-thermidorienne; il prapûB des peines contre les iofracteurs de la loi di 3 venttee sur la liberté des cultes, des nd«nités à accorder aux députés proscrits; il pré* senta et fit adopter, en septembre 179&, le déoit qui rapporta l'acte d'accusation contre M. de 1^ leyrand et autorisa sa rentrée eo France; il de manda l'exécution rigoureme des lois conln U

praioeilk» an iDeortre ; ranmifttie des délits réloloUooiiaires, etc. On ne pent qu'indiquer sommircment tout ce qa*U fit pour Tinstniction pubBqWy pour les sciences, les lettres et les arts. Cest sur son rapport qu'à la fin de 1798 Ait décrété rétablissement des écoles primaires. En 1793 il s'éleva contre la destruction des livres et des atjets d'ait sous prétexte qu'ils étaient emprdBls de féodalité , et il fit rendre un décret réfimU de ces actes de yandalisme. Il prononça phters discours sur l'instruction publique.

Dttft Fan n y l'Institut de musique (le Conserntoire) Ait établi et organisé d'après ses rappnti et ses projets.* n prit part à l'organlsalioQ de llnstitut national des sciences et des arts, éUâ par la loi du 3 brumaire an nr ( 25 octobre 1795 )y et les six premiers membres de la section de Poésie (3* classe, littérature et àenuMu-ff) forent nommés dans Tordre suimt : Cbénier, Lebrun , Ddille, Duda, GoUin- HaMDe, Fontanes. Ohénier appuya la fixation àiso des aères de l'École polytechnique. U fit des diicours, des motions ou des rapports sur fa établissements publics, sur la roultipUcité fa fliéâtres , sur le réveil des scimces et des nti, sur la Uberté de la presse ; et il faut dire m sur cette dernière question on le vit à im 4x>ques varier, et qu'il mérita de s'en- Mrs mettre en opposition avec lui-roème. U oNfnt que le peintre David, détenu par décret, ftt rendu à la liberté pour reprendre ses pbi- Mox ; fl fit accorder des pensions aux veuves ^denx hommes célèbres, Goldoni et le chimie Dessault. Il avait demandé à la Ckmven- VûD des liooneurs nationaux pour Descartes ; I It an Conseil des Cinq-Cents un rapport Ar le même sujet, quand llnstitut national «t exprimé le vœu que les cendres du philolophe firançais fussent déposées au Panthéon. appela l'intérêt de la Convention sur les tranat littéraires de Pougens, de Mfllin, et sur les voyages de Forster. Enfin , ce fbt sur son npport que, le 3 janvier 1795, la Convention leeocda 300,000 fr. de secours, qui ftirent repartis entre 116 savants, littérateurs et artistes, panni lesquds figuraient toutes les notabilités cdentifiqaes , littéraires et artistiques du temps. Qoedevfennent maintenant, en présence de tous ces faits, un vote, quelques motions, quelques disconri qui étaient dans l'esprit d'une époque où l'on ne tronvegnèredliomme de talent qui fttt exempt d'exaltation ? Le résultat d'ensemble de toute la vie politique de Chénier n'est-il pas quil voulut éet lois, et non du sang, la gloire, et non rnarehie dans la république; qu'il combattit avec courage cette anarchie sur la scène et à la iribane; qu'exposé à la haine des factions, cl près d'être proscrit par elles, il était ^ans aémt pour leur arracher des victfanes ?

Ghénier dit dans son épltre à Daonou : « Je fin co ntrain t de laisser longtemps anonyme le Chtmt dti déjpcart^ qne les fiers accents de Mé-

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I hul ont rendu cher à nos guerriers victorieux. » Qui ne sait que ce chant célèbre a été après la Marseillaise l'hymne populaire qui a eu le plus de succès ? Méhul en composa l'air dans une soirée de salon, et il l'écrivit sur un des coins de la cheminée, au milieu du bruit et des conversations. Les chants nationaux de Chénier commencent en 1792, par son hymne pour la fédération; il fut suivi du chant pour les sections de Paris sur l'acceptation de cette constitution de 1793 qui k peine décrétée fut remplacée par le gouvernement révolutionnaire. En 1794 parurent V Hymne à la Raison, V Hymne sur la reprise de Toulon , \ Hymne à VÉtre suprême, le Chant du départ, le Chant des victoires. Vinrent ensuite r/f^m^ie à /.-/. RousseaUf V Hymne du thermidor, V Hymne du 10 août, et plus tard V Hymne pour la pompe funèbre du général Hoche et le Chant du retour, exécuté à la iîgte donnée à Bonaparte (1797) avant son embarquement pour l'Egypte.

Tous ces chants furent composés pour des fêtes nationales.

Parmi les poésies lyriques de Chénier, nous ne citerons que son Ode sur la mort de Mirabeau (1791 , in-8«) et l'Orfe sur la situation de la république française durant Voligarchie de Robespierre et de ses complices (1794). Après avoir fait connaître les œuvres dramatiques que Chénier fit représenter pendant sa vie, il nous reste à parler de celles qui n'ont été imprimées qu'après sa mort : Brutus et Cassius, ou les derniers Romains, tragédie en trois actes, avec une épttre dédicatoire à son frère, tenninée par ces lignes touchantes :

« Puisse cet ouvrage sévère obtenir l'estime des gens de lettres I puisse-t-il obtenir la vôtr«, mon cher frère I Co n'est pas seulement aux liens du sang qui nous unissent que j'en fiiis hommage, c'est k l'amitié qui nous unit plus étroitement, c'est à l'amour des lettres qui nous unit encore, et surtout c'est à votre mérite, dont je connais toute l'étendue » ; — Philippe II, tragédie en dnq actes , dont le sujet est la mort de don Carios ; — - Tibère, tragédie en cinq actes : c'est peut-être la meilleure pièce de l'auteur; — Œdipe roi, tragédie en cinq actes, avec des chœurs ; — Œdipe à Colonne, tragédie en dnq actes, aussi avec des chœurs; — Electre, tragédie non terminée, et dont les deux premiers actes , avec des chœurs, ont seuls été achevés. Ces trois dernières pièces ne sont que des traductions (en vers) de Sopbodc, que Chénier préférait à tous les poètes de l'antiquité, et dont il se proposait de traduire ainsi tous les ouvrages. « L'un de ses plus ardents désirs , dit Daunou , était de voir un jour les poèmes de Sophode représentés par les acteurs du Théâtre- Français sur le théAtrc de l'Opéra, dont les artistes auraient exécuté les diœurs. Ces spcctades pouvaient selon lui contribuer à nous fifire mieux ooonattre ceux de la Grèce » ; —

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Ffatfum le Sage, drame en trois actes et en vers y imité de Lessing; ^ les Portraits de famille, et Ninon, c o médies en plusieurs actes et en vers, non terminées, et dont on n'a recueilli que de longs fragments. Toutes les pièces de Chénier ont été réunies en 1818, 3 vol. in-8®, et ce théâtre est précédé de la notice de Daunou.

S'essayant dans tous les genres , Cbénier fit des élégies ( la Promenade à Saini-Cloud ) , des discours et des dialogues en vers , des dithyrambes, des imitations d'Ossian; une traduction, en yers dissyllabiques, de V Art poétique dHorace ; une traduction du Cimetière de campagne, de Gray; de petits poèmes, parmi lesquels on distingue le Vieillard d^Ancenis, sur la mort du général Hoche (1798); un poème didactique Sur les arts, dont le premier chant est seul terminé; un poème épique non achevé , qui a pour titre la Bator tkade, imprimé pour la première fois à Bruxelles, en 1816, in-8**, avec d'autres poésies inédites et sous le titre d* Œuvres diverses, par les soins du général Mellinet; des épttres satiriques, dont les plus connues sont : Tépltr» sur la Calomnie (1797) et VÉpUre à Voltaire, 1806 (ces deux pièces ont été souvent réimprimées ) ; un assez grand nombre d'autres satires : le Docteur Pancrace (1797), le Concile de Constance,' pièce très-rare ( on a prétendu même qu'O n'existait que l'épreuve de l'édition préparée par l'auteur); Conférence théologicopolitique entre Pie VI et Louis XVIIi (1798) ; les nouveaux Saints (1801, six éditions); Us Miracles, conte dévot (1802, quatre éditions ); petite Épitre à Jacques Delille (1802) ; les deux MissionntUres, ou La Harpe et IS'apgeon (1803) , etc. La satire est le genre où Chénier a le mieux réussi, a Que faire , écrivait-fl à M. Daunou ( en lui dédiant sa nouvelle édition de Fénelon , 1802 ) , que faire au milieu de tant d'ennemis littéraires , politiques , religieux? Continuer sa route avec courage, mépriser les calomnies, écouter les critiques, même injustes; profiter des critiques judicieuses, fussentrcUes gâtées par les injures ;... respecter le public, cultiver à la fois l'art de penser et l'art d'écrire. » Mais Chénier ne put sui- Yre cette sage règle de conduite dans son entier : il ne sut pas mépriser les calomnies, et tandis qu'elles tuaient rapidement sa vie, il se vengeait en poète plein de verve et d'âiergie dans un corps détaillant; il renvoyait à ses ennemis des traits désolants, qui les poursuivent encore dans la tombe. Cepoidant jAus d'une fois, dans son exaspération , Chénier fut injuste, et « c'est là , dit M. Daunou , le plus grand tort que lui aient fait ses ennemis ». Ce tort, il le reconnut souvent dans les dernières années de sa vie, et on le vit « disposé à toutes les réconciliations qu'on ne lui rendait pas impossibles ».

. Ses ouvrages en prose sont mtHns nombreux

que ses ouvrages en vers; le phis considéiiiile et le plus difpse d'estime est son Tableau historique de l'état et des progrès de la littérature française depuis 1789, demandé par Napoléon à l'Institut, qui chargea Chénier de ce travail. Il en lut une analyse, laite par lui-même, à une séance du conseil d'État, en présence da chef de l'État, qui lui témoigna sa haute salisfaction (27 février 1808). Ce livre a en ploaieBis éditions ; c'est un beau travail , qui demandait et qui trouva dans son auteur une grande force de talent, de vastes connaissances, un jogemeirt élevé, un goût sûr, une impartialité rare et difficile. Chénier sut rendre justice à ses enoemii les plus implacables ; il oublia les outra^ dei uns, l'mgratitude des autres : c'était une vengeance plus digne de lui , et son livre est m monument qui honore à la fois son esfKÎt d son coeur, sa mémoire et les lettres.

En 1806 et 1807 il traça, dans un ooon ÙA k l'Athénée de Paris , la première partie d'à tableau historique de la littérature française^ de la langue et des divers genres en prose et ca ▼ers qui ont été cultivés en France jii84|n'à U fin du règne de Louis xn. L'histoire des seizième, dix-septième et dix-huitième siècles devait former trois autres parties de ce grand onvrage; il en avait tracé le plan dans une savant» introduction, qui fut imprimée en 1806, in^P. On doit regretter qu'il n'ait pu ni le tiiiHiinnr. ni faire imprimer qu'une faible partie de ce qu'il en avait composé. Ses leçons sur les Ah bliaux et sur les Romans français ont seules été publiées. Nous citerons encore l'exodlcit Discours sur les progrès des conmaàssaaets en Europe et de Renseignement publie en France, qu'A prononça en 1801 , en qualité de membre du jury d'instruction du d^arterocntde la Seine.

Le dernier écrit .de Chénier, « tracé , dit Daunou , d'une main mourante, mais arec toute la vigueur et la grâce de son talent, » se tnwTe dans le recueil des discussions de llnstitnt aitionai Sur les prix décennaux. Il demanda pour un de ses anciens ennemis, Delille, le prix de littérature didactique ; il apprécia avec une impartialité remarquable le Cours de Uitérature de La Harpe, qui était aussi son ennemi. Les contemporains admirèrent et applaudirent; les haines littéraires , qui ne s'éti^^ient même pas tot^ours dans la tombe, s'anétèreot devant l'écrivain qui allait y descendre, et ses ennemis s'inclinèrent devant la hauteur de an talent et de son caractère.

Chénier avait remis à M™* de Lesparda, désignée dans ses œuvres sous le nom d'Eogénie, une partie de ses manuscrits , dont les priicipaox étaient des traductions de la Poé^qme d'Aristote, de la Vie d'Agricola et des Mœurs des Germains, de Tacite; du Dialogue sur les orateurs , attribué à Quintilien ; de VArt poétique d'Horace (en vers français);

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kùmn de Uttérûiure fut à rAthéoée; le Tableau de la littérature française depuis ndBjusqu^en 1808, et pluàieurs discours en len. Un procès s'éleva, en 1816, entre la do- Mtiire et les tiéritiers de Ck>nstantin-XaYier et de Lonis-SauYeur, frères de Chénier. La prmci|>ale quefltioQ était de savoir si les manuscrits non «6ore publiés d'un homme de lettres étaient ttNJeUis aux lois de la transmission des tneus et ne pouvaient être donnés que par acte notalié, on bien s'ils étaient des papiers domestiqoes, des propriétés natureUes et indépendutes de la loi civile , pour la transmission desquelles une donation manuelle suffit. La do- Bitaire perdit sa cause; et bientôt parut le théâtre complet de Chénier, 1818, 3 vol. in-8^y dtiot le dernier est composé de pièces postimuies. Le premier volume est précédé de la notice de M. Dannou, qui dès 1811 avait paru avec le eaUlogue imprimé de la riche bibliothèque de son ami. Les Œuvres complètes furent publiées (1823-1826) en 8 voL in-^, où, avec la ■oliGe de M. Daunou , s'en trouve une antre , écrite par Arnault Cette édition fut encore enrichie par M. Lemercier d'une savante analyse do théfttre de Chénier; car si Chénier eut le ittlbeor d'avoir des ennemis implacables et de b'cb fkire lui-même un assez grand nombre par ■e certaine roideur de caractère, par des Ms passionnés et des critiqoes amères , il eut amii U consolation de se voir entouré d'illustittamis, qui ne s'éloignèrent point du lit de ses loopes douleurs, et qui avaient su apprécier Int ce quil y avait dans cette âme ardente et dm ce haut talent, qui fut si tourmenté, de aofalestjKuItéB etde sentimeots g^éreux. [M. ViuiifE, dans V£nc. des g. du m.]

Cli.LaMtte. Rmue déM Deux Mondêi, 15 Janrler ISU. - Gant, Notice sur la vie et U$ ouvrages de M. J. Cknkr, — Ungny, Eloge de M.-J, Chénier. - Ar< liait Sur y. Chénier.

;ciiÉHiBE {L.'J.'G. de), neveu des précédeîto, jurisconsulte militaire français, né le 14 Nplenibre 1800, On a de lui : Manuel des conseils de guerre, ou recueil alphabétique des tmtùmsdedroU miUtaire; Paris, 1831, in^; *- Guide des tribunaux militaires, ou légisktkm criminelle de Parmée, contenant, avec dei notes et des commentaires explicatifs, Is texte entier des lois, décrets; Paris, 1838, îfoL Ib-8*.

Qiénrd. te France UtUrtOmt lapplénient — Beuchot, kmnmlde iaH&rairie.

CUHOT (Adam), médecin néerlandais , né a 1721, à Luxembourg, mort le 9 mai 1789. £n 17&& fl se dévoua courageusement au soulagenait des pestilérés de Cronstadt, et fut nommé OMiite pnysicus contagionis ( médecin d'épidémie) à Hermanstadt. En 1773 il devint protofeiédeôn de Siebenburg. On a de lui : Tractatus de peste ; Vienne, 1 766, in-8" ; traduit en ailenaiid, Dresde, 1776, in-8*; — Historia pestis ^ansHvanicxannorum 1770 et 1771 , ouvrage

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