‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 37 sur 118 · IS · texte numérisé non relu

IS

CHÉOPS — QHÊRADAME

pmmen princes de la quatrième dynastie, c'est'à-dire vers Tan ri,000 avant J.-C.

B^rodotr. I. II, iSV-iM. - Dindore de Sicile. I. I, <9ft. - Urcher, Traduction d'Hérodote. — CbanapolliODï\^t,Èg\ipte ancienne^ dans VLnivert pittoresque.

ciKOU-sul OU TCHEOV, Ocroier empereur de la seconde dynastie chinoise aiipelée Chang. Sûo règne, qui dura depuis 1 1.'>4 avant J.-C. jusqu'à 1122, fut une suite de crimes et de débuidies. Un de ses courtisans lui offrit une jeune fille, nommée Ta-ki, la plus belle de Tempire, mais en m6me temps la plus méchante et la plus cruelle. Elle acquit une grande influence sur le Tui,et lui fiersuaila qu'il ne pouvait devenir souvenin absolu que par la terreur. Inventant un flenre de supplice inconnu jusque alors , elle fit foadre un cylindre d*airain, que Ton faisait rouipr à un grand feu , puis on forçait le patient à Tembrasser jusqu'à ce que sa cbair fût consumée. Ub des ministres du roi, aussi vicieux que son maître, lui offrit sa tille, qui était fort belle, mais (joi Alt encore plus vertueuse, car elle résista avec un courage héroïque aux brutalités du roi. Celoi^i, furieux de cette résistance inaccoutumée, inatiiacra la jeune fille de ses propres mains, et l'ayant coiip('>e en plusieurs morceaux, il les fit scrrir à la table de son père. Un autre ministre j Dominé Pi-kan, indigné de cette atroce barbarie, fit au tyran des remontrances qui furent punies de UMirt. Cheou-sin, joi{^lantl'ironit! à la cruauté, s'écria : n Ton discours est véritatiiement le discours d'un sage ; il est digne de la grande réputatioo duDt tu jouis. Mais on dit que le cœur d'un **ffi est percé de sept trous. Je ne sais sur quoi UK pareille tradition peut être fondée : il faut nw je voie par moi-même ce qui en est Qn*oa lai ouvre le ventre, et qu'on m'apporte son conir ; je veux Texaminer. » 11 fit ouvrir le oorps d'une feane enceinte \tour voir l'enfant qu'eÛe portait «Uns bon sein, lin jour, voyant iiasser à gué on Tmnu |iar quelques peisonnes, dans unefVoide fsatinée d'hiver, il ordonna de leur couper les jambes, pour voir en quel état était la moelle de laire os. Ces cruautés extravagantes provoquènnt un mécontentement général; une révolte édata, sous le commandement d'un chef feudataire nommé Wou-Wang. Mais Cheou-sin n'en continua pas moins ses débordements. Le peuple fol accablé d'impôts pour subvenir aux «lépenses insensées du tyran et de Ta-ki. Celle-ci fit construire une tour de inar))rc» appeléc!Lou-tat, Tour des cerfs, dont les portes étaient de jaspe. L'intérieur, magnifiquement décoré, avait un tiers de lieue dt' largeur, sur deux cents mètres d'élévation, monument qui coûta dix ans de travail, et que Ta-ki enrichit d'une infinité do choses précieuses. Quand il fut achevé , elle y fit allumer une si grande quantité de flambeaux , que leur clarté égalait celle du jour. Klle s'enfermait dans ce magnifi(|ue palain six mois entiers, ne s'occul>ant qu'à varier ses plaisirs et épuisant tous les gfores de débauche. La révolte devint bientùt gé-

nérale. Woo-Wang, avec de bonnes troupes, arrira sur les bords du Hoang-lio, et disposa tout pour le passage du fleuve. Cheou-sin, de son côté, se mit è la tète d'une armée nombreuse , mais remplie de mécontents. Lal)ataille se donna dans la plaine de Mou*je. Cheou-sin fit preuve de courage, mais son année fut mise en déroute. 11 courut k sa capitale; et, vêtu de ses liabits royaux, il monta dans la Tour des cerfs, où étaient renfermés ses trésors. Là, après s'être [Miré de ses bijoux les plus rares, il se jeta dans un incendie qu'il avait fait préparer, et dans lequel il périt comme Sardanapale. La favorite tomba entre les mains de Wou-Wang, qui lui fit trancher la tête.

PauUiier, CMm, dan» I'I7fi<r«ri pittoresque.

«cilipoT 00 CBPOY ( Thibaut^ sire de), ou CEPOY , amiral de France, mort avant jauvier 1316. Chevalier du diocèse de Beauvais, amiral et grand-mattre des arbalétriers de France, Chepoy rendit de grands services au roi Philippe lo Bel, auquel il consena le château de Saint-Macaire (Gironde). « 300 livres de rentes sur le trésor, réversibles sur ses hoirs, u furent la récompense que le roi lui donna, en mai 129C. Attaclié à la maison de Charles de Valois, frère du roi, il accompagna ce prince dans le voyage qu'il fit dans la Fouille, et reçut à son rotour ( vers 1305) de Louis, fils aîné de Philippe le Bel, un lianap couvert (grande tasse à boire), pesant cinq marcs d'argent. Maître des arbalétriers dès 1304, il exerça la cliarge d'amiral de la mer lors de l'expédition de Remanie pendant les années 1300, 1307 et 1308. » Il prenoit 30 sols de gages par n jour pour sa personne, 15 sols pour cliaqud « chevalier, et 7 sols G deniers pour cliaque « écuyer. » A. S.. ..y.

Anselme. Ilist. généal. des amiraux^ t V|I, p. 739, t. Vlll. p. s.

*CHépoT (Jean, seigneur de), amiral de France, vivait au milieu du quatorzième siècle. Il fut commis, avec Eustachc de Montigny, pour commander les galères que le roi Philippe VI de Valois envoya contre les Turcs. Suivant IHi Cange, après s'être signalé dans le commandement des galères que le pape et le roi envoyèrent en Grèce, Il eut une grande part à la victoire que les princes chrétiens remportèrent sur les Turcs; mais, d'après Bdleforest, « loin d'avoir eu des « succès, les François qui furent avec lui ^ Le- « vaut y ayant été mal reçus , et mal fait leurs « afTaires. ils s'en revtorcnt en France en 1335. «ç Chepoy fnt pris devant le chAteau de Maucon- H seil, près Noyon, dans une émotion survenue « contre les nol)les, fut mené au château de « Creil, d'où il ne soriit qu'après avoir [layé une R somme de 4,400 saluts d*or, pour lesquels il « vendit une partie de ses terres, et s'en retourn nant chez soi, il roounit à Cathenoy, où il git. »

Anselme , Hitt nénéat. des amiraux, t. VII, p. ^k%, — bu Cange, Uist. de ConUantinopie, p. M4.

CHÉRAi>AMB(/eaii), savant français, d'une famille originaire d'Argentan, vivait au comiuen*

cernent da fleizième siècle. On lui donne aussi quelquefois le nom d'Hippocratès et celui de Channorius. 11 fut un des premiers professeurs de grec au Ck>Uége royal ( Collège de France), fondé par François I*'. On a de lui : GrammatUa isagogica; Paris, 1621, in-4° : un abrégé de cet ouvrage fîit publié par Tauteur, sous le titre d'/ntroductio alphahetica; Lyon, 1537, in-8^;I — Lexicon grxcum; Paris, 1623; — In omnes Erasmichiliades epUomeper Ad, Barlandum, cum additameniis et accurcUa Cheradami recognitione^ 1626; — Alphabetum lingux 8anctamysticointellecture/ertum:ib32,uï'S'*.

Sax, OnomasUeon tUt.

CHéRADÂME (Jean-Pierre-Bené), médecin français, né à Argentan, en 1738, mort le 24 août 1824. n fut Vun des rédacteurs du Codex medicamentarius.

CHBBCHEMOBiT (Jean de), trésorier de l'église de Laon, fut chancelier de France sous Philippe le Long, en 1320, et privé de son emploi à la mort de ce prince, en 1321. Charles le Bel le rétablit deux ans aprto, et il conserva cette place jusqu'à sa mort, arrivée en 1328. Charles le Bel Tavait nommé un de ses exécuteurs testamentaires:

Anselme. HM. généat.

CHBRGHBMOifT (Jean de), prélat français, neveij du précédent, né au commencement du quatorzième siècle, mort le 26 janvier 1373. Appelé d'abord à Tévêché de Troyes, puis transféré à celui d'Amiens, il devint chancelier de France sous Philippe de Valois.

Morért . Dictionnaire Mstoriçtu.

CHÉRÉA ( Cassius ) , meurtrier de Caligula , vivait dans le premier siècle de Tère chrétienne, n se fit remarquer pour la première fois dans la révolte des légions de Germanie. Les soldats, k la nouvelle de la mort d'Auguste , massacrè- Vent leurs centurions. Chéréa , le glaive k la Aiain, se fit jour à travers les révoltés, et parvint à se sauver, n était tribun dans les cohortes prétoriennes, lorsqu'il conçut le dessein de tuer le prince insensé et sanguinaire qui régnait sur Tempire romain. Il associa à ce dessein Cornélius Sabinus et quelques antres patriciens, et fixa pour le tonps de l'exécution les jeux célébrés en l'honneur d'Auguste. Le quatrîîème jour de ces jeux, 24 janvier, 41 après J.-C., les conjurés massacrèrent l'empereur, qui revenait du théâtre au palais par une galerie étroite. Chéréa, qui avait porté le premier coup, échappa à la fureur de la garde germaine. Après avoir fait mettre à mort Césonie, femme de Caligula , il appuya de toutes ses forces la décision du sâiat <j^ui venait de décréter le rétablissement de la république, et reçut des consuls, pour mot d'ordre, le mot liberté. Le lendemain tout changea. Les prétoriens proclamèrent Claude.

Le nouvel empereur ordonna aussitôt le supplice des conspirateurs. Chéréa montra en mourant beaucoup de courage, et demanda à être ^

CHÉRADAME — CHÉREFFEDDIN

exécuté avec le même fer dont il avait frappé Caligula.

Tadte, jânnales, 1. 1.— Josèphe, jintiqiMès judaiqmes, X1X« 1-4. — Suélonc, Caligula, 66-58; Claude, il. — Dion CaMliu, I. IX, 19. - Zonaras, XI, 7. - Sénèqoe, Oe Cwutantia, tS. — AoreUus Victor. Cxsar, S.

*GHéRl6AS (Xaipéou;), Athénien, fils d'Arcbestrate. Envoyé en 411 avant J.-C. par le peuple de Samos et l'armée -athâiienne établie dans cette lie, pour annoncer à Athènes qu'une tentative faite à Samos en foveur de l'oligarchie venait d'être réprimée, il arriva au moment même où venait d'être établi le gouvernement oligarchique des Quatre-cents. Menacé d'être arrêté, il parvint à s'échapper, se rendit à Samos, et, par la peinture exagérée de la tyrannie des quatre cents , décida ses compagnons d'armes à se prononcer pour la démocratie.

Thucydide, I. Vlll . 7«. M.

GHÂRÉAS , historien grec : on ignore à quelle époque il vivait; on sait seulement qu'il était antérieur à Polybe. Suivant ce dernier, les récits de Chéréas ne sont pas de l'histoire, mais des bavardages dignes d'une boutique de barbier (où yàp (oTopCoc, à>Xà xoupeotxfjç xal 9cavSiQ(jLou XotXiSç è|jLo( yt Soxoûcrt xo^tv Sx^tv xal duvaiuv). Polybe. 111, M.

CHÉRBAU ( François) , graveur français, né à Blois, en 1680, mort à Paris, le 16 avril 1729. Élève de Pierre Drevet, il fut un des plu< habiles graveurs français. Ses portraits surtout sont tout à fait remarquables, et parmi eux, celui de Louis Pécour, maître de ballets, d'après R. Toumières , est regardé comme un chefd'œuvre. Ses sujets historiques sont traités d'un burin hardi et savant, et ses planches ont une heureuse harmonie de ton. Il fut reçu de l'Académie le 26 mars 1718 , et était à sa mort graveur du cabinet du roi. De son œuvre, asses nombreux, nous ne citerons que Saint Jean dans le désert , d'après Raphaël; — Sainte Cécile f d'après P, Mignard, et le Portrait d' Elisabeth-Sophie Chéron, d'après elle-même. P.Ch.

Heloekeo, DieUotmaire des' artistes. — Fontcaay« Dict. des artistes. — Hubert et Rost, Manuel des amateurs, urviii.

CBiÊEBAV (Jacques) y dit le Jeune, frère et âève du précédent, né à Blois, en 1694 , mort à Paris, en 1769. H eut presque autant de talent que son aîné, quoiqu'en généi^ ses planches soient moins estimées. Après un voyage en An- ^eterre, qui lui réussit peu, il vint se fixer à Paris , et , à la mort de son frère , il se livra au commerce d'estampes, que continua son fils après lui. Nous citerons parmi les plus belles pièces de J. Cbéreau : la Belle Jardinière , d'après Raphaël, et les Portraits de Philippe d'Orléans, régent de France, et de Georges /«•, roi d'Angleterre. P. Cb.

Heinecken , Dictionnaire des artistes. — linber et Rosi, Manuel des amateurs, t. Vlll.

GHÂBBBBBT. Foy. CarIBERT.

GHÉRBPPBDDIN. Voy. ChÉRYP-ED-DYN-AU.

917 GHÉRËMON

'cnteteoN (X«tp^(ut>v), poète tragique , Tirait yers 380 avant J.>G. On ne sait lien de sa yie. Les poètes comiques Eubule et Ephippe attaquèrent souvent ses ouvrages , et VK raison, autant que nous pouvons en juger par les fragments qui nous restent de cet auteur. Po^ de décadence , imitateur des défauts d'£ulipide, il s'écarta de la grandaur simple d*£scfayleetde Sophocle, codfondit les genres, et uèla, comme Euripide dans Alceste, des scènes comiques à la tragédie. Aussi est-il mentionné i?ee le titre de poète comique, par Suidas, Eudoda et le scoliaste d'Aristote {Rhétorique, IH). llOB content d*altérer la tragédie par un pareil nâange, il surchargea ses pièces de descriptions qui, sans tenir essentiellement au sujet, pou* nient amuser le lecteur. Aristote appelle justenient ces hors-d*(Buvre plus ou moibs brillants et poétiques àiçrik ^éçn\ (portions oiseuses). Les tn{;édies de Chérémon , descriptives et lyriques phitAt que dramatiques, étaient, d'après Aristote, moins faites pour le théâtre que pour la lecture; mais on ne peut conclure de Tépithète de dvarvcdanxoc (propre à être lu), donnée par Fauteur de la Rhétorique h Chérémon , que les pièces de celui-ci ne furent jamais représentées. Voici les titres de celles dont il nous reste des fragments : XXçeoiSoia, 'Ax^^^> 6ep<nToxfovoc , ou BepdTTi^ (ce titre semble indiquer un drame satyrique), Ai6vu<T0c,8ué(rnic, 'lu, Mivuac, 'Oîwffeuç, TpauiAorCaç, *Oiveu;, Kévroupoç. On ^re si ce dernier ouvrage, qu'Aristote appelle ODcrAapsocfiecomposée de toutes sortes de vers, et Athénée un drame polymètre, était une tragédie , une comédie ou un drame satyrique. On trouve dans V Anthologie trois épigrammes attribuées à un certain Chérémon, qui est mentionné aussi dans la Couronne de Méléagre , et probablement le même que le poète tragique.

SaMaf, aa mot Xatp^ucov. — Endoda, 'luvCa, dans les jtntcdota grœca de ViUolson. — Welcker, Die Griech Trag. — Meincke. Hittor. crit. corn, grue, •« Rltter, Awnot. in jtrUt. Poet. — HeereOi de Chxremone, Trag, rtt. Cr«e.— Jacol)«. Additamentaaiiimadvtr,in Mhen, — Bartach, de Chieremone pœta tragico.

* CHÉRÉMON , littérateur alexandrin , vivait vers le milieu du premier siècle après J.-C. Grammairien, philosophe et historien, administrateur de la iNbliothèque d'Alexandrie ou du moins de la partie de la bibliothèque située dans le temple de Sérapis , il fut un des préc^teurs de Néron. Stm principal ouvrage était une histoire d'Egypte. Porphyre [de Abstinent,, lY, 6) et saint Jérôme ( C. Jovianum II) nous ont conservé un fragment intéressant de ce livre. Chérémon avidt lussi écrit des traités Sur les hiéroglyphes (1epoTXv9txà), Sur les comètes (icepi Koijliqtcôv), sur les Conjonctions (TceplIwSétrpuov).

Easèbe, Prmpar, evang,, V, 10. — Saidaa, anx mota XotipnrîtUAv , Atovuao; *AXé^avSpoc , 'Ûpt^évr);, AlYa7o<,'1epoY>.u9txd(. — Fabridas, Bibiiotheea çrm* c*. — SalUi, Dittionarf of gnek and roman Ho-

- CHÉRILE 918 «GHÉEÉPHON (Xoipcfûv), phfloaophe athénien du dème de Sphette, né vers 480 avant J.-C, disciple et ami de Socrate, souvent cité avec éloge dans les ouvrages de xiénophon et de Platon; il est plus connu encore par les sarcasmes d'Aristophane. Il demanda à l'oracle de Delphes quel était le phis sage des hommes, et reçut cette réponse célèbre : Sophocle est sage, Euripide plus sage , et de tous les hommes Socrate est le plus sage.

S09ÔC SoçoxXiic * ooqxdTcpoc 5* EOpcirCSn; > dcvdpfiv de icdvTCûv £«incpdrn)c aoçcdreetoc. Banni d'Athènes à Tavénement des trente tyrans, Chéréphon rentra dans sa patrie après le rétablissemeht de la démocratie, en 403 avant J.-C. Un passage de Platon {Apologie) semble indiquer que cet ami de Socrate était mort h l'époque du jugement de son maître.

Xénoplion, Memor., ~' Platon, yépol., Charm, Corç.

— Stalbaum, ad Plat. ÀpoL - Atb«oée, V. — Aristophane, retp,, 1413 ; Mu»., 108, iiS, 117, Ml, 1U8 ; Av., ISM, 1864.

CHÉRI {Rose). Voy. Coos.

CHÉRILB (XoipCXoç ou Xo{pi>Xo<). Quatre poètes grecs ont porté ce nom. Ôs ont été souvent confondus par les historiens de la littérature; nous les distinguerons d'après A. F. Nàke {Cherili Samii quœ super sunt; Leipzig, 1817, in-8").

CHÉRILB d'Athènes, poète tragique, né vers 548 avant J.-C, mort vers 464. Contemporain de Thespis , de Phrynichus , de Pratinas , d'Es cliyle, il semble avoir lutté dans sa vieillesse contre le jeune Sophocle. Il commença à concourir pour la couronne tragique en 523 , à une époque où Athènes , grâce à la présence de Simonide, d'Anacréon, dcLassus et d'autres poètes, était devenue le centre de la poésie grecque. Le début de Chérile eut lieu douze ans après celui de Thespis, douze ans avant la première victoire de Phrynicus. En 499 nous voyons Chérile compétiteur, et probablement vainqueur d'Eschyle. En 483, après une carrière dramatique de quarante ans, il obtenait encore des succès; il n'est même pas impossible qu'il ait, comme le prétend un historien anonyme de Sophocle, dis^ puté le prix à ce dernier poète, qui remporta sa première victoire en 468. M. Welcker croit que le concurrent de Sophocle était, non Chérile, mais un fils de ce poète.

Nous ne savons presque rien de Chérile, sinon qu'il conquit et garda la faveur populaire. Il donna cent cinquante pièces, et remporta treize victoires, c'est-à-dire autant qu'Eschyle. De éœ chiffre élevé de pièces on peut induire que l'usage des tétraiogies remonte pour le moins à Chérile. En effet, comme on ne rq>résentait de pièces nouvelles que deux fois par an, ce poète n'aurait pu en faire jouer un aussi grand nombre, s'il n'en avait donné plusieurs à la fois. On ne saurait dire que les pièces de Chérile furent écrites et non représentées; le contraire plutôt

CHÉRILE

serait Trai. Da momsil estprobaUa que ce poète le premier écrîTit ses tragédies; enoore ne les écriviUil pas toutes.

Selon Suidas, Cbérile inTenta les masqœs et les costumes de théAtre ( T6k icpom»iciîoi« xal tÇ oxeu^ Tâv oToXAv inixeCpriat). Cette invention a été attribuée à chacun des premiers poètes tragiques, et on n'a aucune raison de l'adjuger définitiTement à Chérile plutôt qu'à ses prédécesseurs. Celui-ci n'apporta aucune modification essentielle à la forme inventée par Thespis. Le premier grand changement vint d'Eschyle, qui introduisit dans ses pièces un second acteur, et par cette innovation décisive, que Chérile dut certainement adopter, constitua réellement la tragédie. Quant à la séparation opérée par Pratinas entre le drame satirique et la tragédie, elle a été quelquefois attribuée à Cbérile sur l'autorite de ce vers d'un ancien poète :

lorsque Chérile était rot dans les utyret, 'Hvixa iièv PttffiXsv; ^ Xotp(Xoc év ottroçoiç. Mais il faut, à ce qu'il semble, entendre par par ces mots dans les satyres, iv (ratupoïc, non les drames satyriques , mais les chœurs tragiques. Le nom de Chérile est mentionné dans un curieux fragment du lÀnus d* Alexis. Linus, précepteur d'Hercule, met entre les mains de son élève les livres dont celui-ci doit faire sa lecture habituelle.

Voici Orphée, Hésiode, unetiagédie, Cbérile, Homère, Epidiarmc, des écrite de toutes espèces....

'Op^oç ive^Tiv, 'HaCoSo;, x^yt^a, XoipiXo;, "OfiTipoç, 'Eicixotpixoc, cvxy^\muaxùL navTodaird.

Ces vers indiquent un poète pour diaqne genre de poésie : Orphée pour les hymroes reUgieur, Hésiode pour le poème didactique, Homère pour l'épopée, Épicharme pour la comédie; mais que signifient ces moto , «710 tragédie Chérile P Les critiques, qui n'esquivent pas la difficulté en prétextant onc erreur de copiste, et en corrigeant le texte, répondent que Chérile représente id le drame satyrique; ce n'est qu'une conjecture.

Peut-être s'agit-il dans ce passage d'Alexis de Chérile de Samos , et est-il fait allusion à la gourmandise de ce poète (&^fi^yia)y puisque Hercule finit par choisir un ouvrage sur Vart culinaire (ô4>xfTuata). Pausanlas dte l'AXéinr) de Chérile à propos d'une généalogie mythologique. Cette brève mention est tout ce que nous sa> vous sur les pièces de ce poète. Les grammairiens latins parlent d'un vers appelé chérilien (-^yv/-</w ^v/-^^^^)^ lequel est un hexamètre auquel a éte retranchée la syllabe finale. On ne peut supposer que ce mètre «oit de Tinvention de Chérile; car il ne porte jamais chec les grammairiens grecs le nom de ce poète. Peut-être ne doit-il le nom de chérilien qu'au vers cite plus liant*HvCxa (tiv...., et qui est lopins anefen vers existant de ce mètre. L. J.

Wctestr, iHê Crieek, TrMôA, - ««14m, rai noU XoiptXoc, AloYvXoc, HpaTivac. — ÇyrlU, yn/io».. i.

— Basèbe. ChroiOque, cl. 74, s. - Syocell.- PtoUns, de MHrU, p. t. est, éd. Putsch.— Melneke. Frac, eom, grmc.

— PanMOlat, I, t«* — Ottoford, dans mo édttloo d'^»phmtian, p. sis-ssi.

GHÉBILB de Samos, auteur d'un poème épique sur les guerres des Grecs contre Darius et Xerxès. Selon Suidas, il était contemporain de Panyasis, et jeune homme ( vtovCoxoc ) à l'époque desserres médiques, vers la 7ô* olympiade, 480 avant J.-C. Cette date est impossible. Chérile vivait encore en 404, c'est-À-dire 70 ans plus tard; loin d'avoir atteint à cette dernière époque l'extrême vieillesse que supposeraient les paroles de Suidas, il faisait encore des vers, et Lysandre le comblait d'honneurs et de prévenances pour obtenir de lai des éloges poétiques. Suidas d'ailleurs semble se contredire en donnant à entendre que Chérile éteit plus jeune qu'Hérodote, dont il Ait, dit-on, l'esdave favori (outivo; aùrèv xal irai- 2ixà ^t-x^itKfi çootv ). Nous avons peut-être dans cette ligne l'explication de l'erreur do. Suidas, qui de la liaison de Panyasis et de Chérile avec Hérodote aura conclu que les deux premiers étaient à peu près du même âge. On peut placer la naissance de Chérile vers 470. Il fut esclave à Samos. Après avoir résidé quelque temps près d'Hérodote, qui lui inspira le goût de la poésie, il se rendit à la cour d'Archélaiis, et mourut vers 399. Chérile, an rapport d'Athénée, recevait d'Archélaûs quatre nîines par jour, et dépensait cette somme en bonne chère (ô^l/o^oYaî). Quant aux autres détails donnés par Suidas, ils se rapportent à tm poète contemporain d'Alexandre. Quelques critiques font naître Chérile à Jasos oa à HaUcamasse, et cette assertion ne contredit pas celle qui fiiit du même personnage un esdave de Samos.

On a coiû^cturé que le pocmc de Chérile sur la guerre médique était intitulé Hepaixa. Cet ouvrage était remarquable du moins par le sujet. C'était la première tentetive faite pour célébrer dans un poème épique des événemente contemporains. Jusque là Tépopée avait tenu lieu de l'histoire, qui n'existait pas encore; pour la première fois, elle entrait en lutte contre l'histoire, qui venait de naître. Grâce â Hérodote, la victoire de cette dernière ne fut pas douteuse. Des fragmente des Hipoixa ont été conservés par Aristote (i?Ae/.9 m, 14), Strabon (VH), Joseph ( Contre Apim^ I, 22). L'ouvrage de Chérile eut d'abord beaucoup de succès, et l'auteur fut admis dans le ca^ non épique. Il en fut r^ete par les grammairiens d'Alexandrie, et remplacé par Antimaque^ sur l'autorite de Platon, qui, d'après Héradide'de Pont, préférait de beaucoup Antimaque à Cbérile. L. J.

Suidas, au mot XoipCXoc. — Etienne de Byianoe, «a mot *Ia<r(r6c. — PhoUoi , Lexique an mot £a{jLiaxàv Tpoicôv. — Proclot, Commentaire sur le Timée de Platon, - Atbénée, Vlll.

GHéaiLB, poète épique, né probablement à laaos, vivait vers 340 avant J.-C. Poète en titre

CHÊRILË — CHERLER

d'Alexandre y il resta trop au-deMons da héros qulToolait célébrer; ses tentatives impuissantes forent punies par le ridicole, et son nom, triste- ONotcâèbre, est resté synonyme de mauvais poète. Horace a dit de lui :

Gntas Aleundro regi magno fait lilc OMtrilas, locnlUt qol venUMis et maie natis RetttBt accepUM, regale noBtlima. PhlUppot;

Énist., 11. I. ISt-lM.

Sic Bihl, qui ranltara cessât, fit Chttriltts iUe Qaeiii Ma terqne bonam cnm liau mlror.

Jrt po0t.,W'm.

Deit évident, par le premier de ces deux passages, que nous pouvons rapporter à Ghérile dlaaos ce que Suidas a dit par erreur de Chélile de Samos , qu'il recevait un statère d'or pour duKine vers de son poème. Cependant, si iibénkmeat qu'Alexandre récompens&tles flatteries poétiques de Chérile, il ne pouvait, si nous en croyons le sooliaste Acron, cacher le mépris qi'enMhdinspiraiait. J'aimerais mieux, disait4l, «bre le Thersite d'Homère que l'AchillèHe Ghérile. D'après le même scoliaste, Alexandre était ooBvoMi avec son poète officiel de hii donner une pèoe d'or pour chaque bon vers, un soufflet pour chaque mauvais. L'infortuné poète reçut pour toos ses vers sept pièces d*or, et un si grand Mmbre de soufflets quil en mourut. Cette historiette, assez plaisante, est certainement fausse. Suidas, qui confond toujours les deux derniers Cbérile, attribue à celui de Samos un poème intitDlé Aa\uca(â. Mais si ce poème avait pour njet, eomme le titre semble l'indiquer, la guerre Iniaqoe, il ne peut appartenir qu'au contemporain d'Alexandre. Des ouvrages de ce dernier Chérile fl ne reste qn^me traduction grecque de la Inaeiuei^pitaphedeSardanapale. Léo Jocbbrt.

Staboo, XIV. — Athénée, VIII. - Branck, AnaUcia» 1|UI.~ Jacobs, Animadv, in jénthologiam, voL. I.

ciiftiLB, esclave du poète comique Ecphantide, l'assista quelquefois dans la composition de Ks anrrages.

^ Bajchius, aux mou 'Exx£XOipiX(û{ACVTi et XoipCXoç 'Cxssvt(8o;. — Meinekc, Uistor. crit, corn. grmc. — Gawbrd. dana aon édlUon û'BephœsUon, p. M.

ciéam ( Bernard), généalogiste français, né àAmbonviUe, en Champagne, le 20 janvier 1718, Bort à Paris, le 21 mai 1785. Généalogiste et Ustoriographe des ordres de Saint Lazare , de Saint-lficfael et du Saint-Esprit, Ghérin se fit Rmaïquer par l'étendue de ses connaissances et h sévérité consciencieuse de ses recherches.

Chndoa et Deiandlne, Nouveam dictionnaire hitu cmàkim ( LouiS'Nicokts-Henrif ) généalogiste et général français, né à Paris, en 17d2, mort le 14 JBin 1799. Après avoir publié plusieurs ouynge» généalogiques, il embrassa l'état militaire, et obtint un avancement rapide. Adjudant général à l'aimée du Nord en 1793 , il contribua à ^ échouer les projets de trahison de Dumouriez, et fht récompensé de sa fidélité par le grade de général de brigade. Ami et chef d'état-major de Hoche, fl servit sous ce général à l'armée des cMes de l'Ouest, et le suivit en 1797 à l'armée

de Sambre-e(-Meusc Nommé le 3 septembre 1797 commandant en chef de la garde du Directoire exécutif, il concourut au succès de la journée du 4 du même mois (18 fructidor an v). Sur la demande du général Masséna, commandant en chef de l'armée du Danube, il remplaça, en mai 1799, le général Emouf dans l'emploi de chef de l'état-major général de cette armée, avec laquelle il fit la campagne de Suisse. Les Autrichiens ayant attaqué le 2 juin le camp retranché des Français A Zurich, Ghérin se mit à la tète d'un escadron, et chargea vigoureusement les omemis ; mais au milieu de l'action il reçut un coup de feu, dont il mourut, le 14 du même mois.

On a de lui : Généalogie de la maiion de MontesquioU'Fezensac ; Paris 1784, in-4*; — la noblesse considérée sous ses différents rapports dans les assemblées générales et particulières delà naiion;?m%, 1788, in-B"; — Abrégé chronologique d^édits, déclarations, règlements, arrêts et lettres patentes des rois de France de la troisième race, concernant le fait de noblesse; Paris, 1788, in-12.

De ConreeUes, Dictionnaire historique et Uoçraphigue de$ çénérawe fronçai*. — Qoérard, la France lUtéraire.

GHÉRiSBT (Louis, comte db), général f^çais, né à Metz , en 1667, mort dans la mâmc ville, en 1750. Il appartenait à une famille trèsancienne, et combattit en Allemagne sous les maréchaux d'Asfeld et de Coigny. En 1738, Louis XV le créa lieutenant général malgré son âge avancé. Chérisey servit encore en 1742 et 1743, signala*son courage par divers faits d'armes, fut blessé deux fois A la journée d'Ettingen, et, à peine guéri, alla conmiander sur la Sarre, sous les ordres de Ck)igny, pois>^en Flandre, sous le maréchal de NoaUles. Ses fils et petits-fils^nt tous suivi la carrière militaire; l'un de ces derniers, maréchal de camp en retraite, a commandé un régiment de la garde royale; l'autre, capitaine d'état-major, a donné sa démission en

Le Bas, Dict. cneycL de la France, — JBégin, Blogra^ pMe de la Moselle.

CHERLER ( Paul), poètc latin moderne, né à Bàle, vivait dans le seizième siècle. On a de lui : Encomium urbis Basilex, carminé Aeroico; Bftie, 1577, ^-4"; — Ecclesiae et académie Basilisex luctus, hoc est epitaphia, seu elegise funèbres 32 virorum illustrium etjuvenum qui in urbe et agro Basileo .^peste interierunt anno 1554; Bâle, 1565, in-4«.

JAcher, jéUçem. Gelehrten-Lexieon,

CHERLER (Jean- Henri) y médecin et botaniste de BAle, vivait dans laf>remière moitié du dix-septième siècle. Marié à la fille de Jean Bauhin, il se fortifia à l'école de ce célèbre botaniste, et son nom figure à c6té de celui de son beau-père en tête des ouvrages suivants :

Johannis Bauhiniet Johannis Henriei Cherleri Histori» pUaUarwn §eneràlis novm

CHERLER — CHERON

prodr&mus; YTerdun ( Ebrodoni ), 1619, iii-4<^; — ffistoria plantarum universalis nova et absolutissima, cum consensu et dissensu circa eas, auctorUms Joh. Bauhino et Joh, Cherlero, etc., publiée après la mort de Bauhin et de Cherier , par Chabrée et Graffenried; Yverdun, 10à0-16ôl, 3 vol. in-fol. Le genre Cherleria, consacré à la mémoire de Cherier par Haller, a été adopté par Linné et par la plupart des botanistes.

Éloy, Dlct. Mit, de la méd. — Bioç, médic.

€HÉROiv, famille française, dont plusieurs membres se sont distingués dans les arts et dans l&t lettres. Les principaux sont:

*CHÉROX (Henri), peintre en émail et en miniature, né à Meaux, mort à Lyon, en 1677.

Ses portraits peuvent être mis au nombre des bons qui ont été faits de son temps, et les amateurs recherchent encore ses émaux. D*une conduite assez irrégulière, Cbéron abandonnant sa femme et ses enfants , s'enfuit à Lyon, où il est mort.

GHémoN (M^^" Elisabeth-Sophie), me du précédent, née à Paris, le 3 octobre 1648, morte à Paris, le 3 septembre 1711. Son père, reconnaissant les heureuses dispositions d'Elisabeth pour les arts du dessin, les favorisa de tout son pouvoir. A quatorze ans elle était déjà célèbre , et ftit appelée à Tabbaye de Jouarre, pour y faire les portraits de la supérieure, des princesses d*Épinoy et des Ursins. Son père était protestant et sa mère catholique : entourée de soins et d'amitié par les religieuses , encouragée par sa mère, elle revint à Paris abjurer entre les mains de M. de Poussé, curé de Saint-Sulpice. Elle était à peine âgée de seize ans , quand son père abandonna sa famille, et lui en laissa toute la charge. Elle fut reçue à l'Académie, sur la présentation de Lebrun, le 11 juin 1072, et trois ans avant sa mort elle avait épousé M. Le Hay, ingénieur du roi. M"* Chéron peignait Cernent bien le portrait et l'histoire. La composition, le dessin, la couleur sont'également estimés dans ses œuvres. Elle dessinait beaucoup d'après l'antique, et d'après les camées et les pierres gravées, qu'elle reproduisait en grand. « Sa manière de dessiner, dit d'Argenville, était de laver au bistre, d'arrêter les contours au pinceau, et de les relever au blanc d'une manière aussi propre qu'intelligente. Souvent elle se servait de sanguine avec un petit lavis de bistre. Ses études étaient toutes au crayon desanguine bien manié, haché et croisé comme la gravure : le goût de l'antique, que cette habile main a su conserver, la fera distinguer facilement. » On cite parmi ses tableaux : la Fuite en Egypte;— la Vierge endormie; rAnnonciation ; — Saint Thomas d'Aquin ; — un nombre très-considérable de portraits, et surtout le sien, qu'elle a gravé elle-même, et qu^on peut voir à Versailles.

Ursule et Jeanne de La Croix , nièces de son mari et ses élèves, Ch. Simonneau, B. Picart,

J. Audran, etc., ont gravé d'après elle. M"* Chéron a gravé elle-même : Sainte Cécile^ d*après Raphaël; — Saint Romuald^ d'après Ann.

Carrache ; — une Descente de croix; — une Bacchanale , et un livre à dessiner en trente-six pièces.

M"" Chéron ftat aussi musicienne et poète; elle fut reçue en cette qualité à l'Académie des Hicovrati de Padone, sous le nom d'Erato, en 1699. On a d'elle : Essay de psaumes et cantiques mis en vers et enrichis défigures par j^im ***. Paris, 1694, in-S*», avec un portrait et vingt-cinq planches dessinées et gravées par son frère Louis Chéron : il existe de ces gravures deux états différents ; — les Cerises renversées, poème héroïque; Paris, 1717, in-4% imprimé à la suite de la Batrachomyomachie, traduite en vers par Boivin.

GHKROif ( Louis ) , fils et frère des précédents, né à Paris, en 1660, mort à Londres, en 1723. Ses dispositions pour la peinture furent favorisées par son père d'abord , puis par sa sœor, qui pendant dix-huit ans l'entretint en Italie, où il exécuta beaucoup de copies. A son retour à Paris, il obtint de grands succès, et décora de nombreuses habitations particulières, aujourd'hui détruites. Sa religion (il était protestant, qui lui ferma les portes de l'Académie, lui fit abandonner, en 1695, la France pour l'Angleterre, où -il n'eut pas moins de vogue.

Louis Chéron est cependant peu estimé comme peintre : le dessin est la seule chose à louer dans ses œuvres, et il n'excellait guère qu'à faire des pastiches. 11 est beaucoup plus digne d'éloges comme graveur, et il maniait également bien la pointe et le burin. Outre les sujets pour les Psaumes de sa sœur, on doit citer de lui : les Juifs captifs en Babylone; — et quatre st]ûeto du Nouveau Testament, publiés k Londres.

J. Mariette, N. Tardieu, N. Dupuis, A. Dnbosc, Van der Gucht, ont gravé d'après lui.

Paul Chébon.

Fermelliuls. Éloge de madame Le Hay ; Paris, 17 tS, in-4«. — De Plies, Jbrége de la vie des peintre», — D'ArgeoTllle, Abrégé de la vie des peintres, t IV. — FoDtenajr, Diet. des artistes^ — Relneckcn, Dict, des ar^ tistes. - Walelet, Dict. de peinture, t. IV. — Haber ft Rost, Manuel des amateurs, t. VIII. -~ Robert- Damesbil, le Peintre graveur français, t. III. — Daasleux, les Artistes françau à Fétranger. —Mariette, ^ôeoedorfo, pablié par MM. Chennevlères et de Montalglou.

*GHéRON {Charles- Jean-François), graveur en médailles, né à Nancy, en 1643, mort à Paris, le 18 mars 1698. Comme beaucoup de Lorrains, il alla se fixer à Rome, où il remplissait la charge de premier graveur du pape, quand Louis XIV le détermina à venir à Paris pour y graver ses médailles. Il lui donna le logement au Louvre et une pension. Chéron fut reçu de l'Acadéiûie le 3 août 1696. On a gravé d'après lui quelques portraits, parmi lesquels nous citerons ceux du Bemin et de Le BouthilUer de Ranoé, abbé de la Trappe. P. Ch.

HcineekeD, Dict, des Artistes.

m GEDËRON -

«OIÉROH (Jean), tliéologien français du iii-Mptième «ècle. 11 fut docteur en théologie (t proTÎDcial des Carmes de la province de GasetgKy et a publié : Privilegiati sceqmlariSf tL vitUmis S. Simonis Stockii vindicix; Burdigalx, 1648, in-S**; — Examen de la théoiogk mystique^ Paris, 1657, in-8^. P. Gh.

CitetoyiM dé la Bm, impériale.

CMÈMon (Louis-Claude) f littérateur iranf», né à Paris, le 28 octobre 1758, mort à Poitim, le 13 octobre 1807. Fils d'un administratonr des forêts; il fût nommé en 1790 membre de rtdministration départementale de Seine-et- OiM, et Tannée suivante député à l'Assemblée UpilatîYe. La modération de ses opinions le fit ÎKUtérer pendant la Terreur. Rendu à la liberté iprès le 9 thermidor, il fut appelé en 1798 au GoDMil des Cinq-Cents, refusa de s'y rendre, et <'oecapa exclusivement de Tétude des lettres jutqa'à Humée 1805. Nommé alors préfet de la Time, il mourut dans Texercice de ses fonclioBi. On a de lui : /e Poëte anonyme, comète en deux actes et en vers, non représentée; Puis, 1785, in-8<* ; — Coton d'Utique, tragé- &cn trois actes et en vers, imitée de Tanglais ^Addisson; Paris, 1789, in-80; — te Tartitfe ée mœursy comédie en cinq actes et en vers, iailée de la pièce de Sheridan intitulée : the Sdiool for scandai; Paris, 1805, in-^**. C'est kplos important et le plus soigné des ouvrages àt Cliéron, qui le remania à différentes reprises, et le fit paraître successivement sous les titres ^PHomme à sentiments, du ilfora/^seur, enfin àt Voisin et Florville^ avant de lui donner ce- Mét Tartufe de moeurs^ sous lequel il obtint « nooès mérité; — Conduite du maire de 'M (Pétfaion) à roccasUm de la Société des fffÊUlants; 1792, in-8'; ^* Réponse à À.-P.

Ihmesquiou sur les forêts nationales, suivie twa projet de loi sur V administration forestière; 1797, in-8* ; — une traduction des Leçons ^ Catfance par miss Maria Edgeworth ; Pam» 1803, 3 vol. in-16, avec le texte en regard; - Traduction des lettres sur les principes ^mentaires d^éducation, par Élis. Bamiltm; ibid., 1803, 2 vol, in-8° ; — Tom Jones, m Moire d^un enfant trouvé, traduite de H.Fidding; ibid., 1804, 6 vol. in-12.

Cékriê historique dé* conteuportMiu. - Qa«rard, la PruflttUrairt.

OiélOif (François), littérateur français, frère ^loois-Claude, né à Paris, en 1 764, mort à Paris, le 16 janvier 1828. 11 débuta par des articles in* ttanats inaérés, en 1792, dans le Journal de Paris, que rédigeaioit alora André Cbém'er €t Boucher. Arrêté pendant la Terreur, il fut RBdu à la liberté après le 9 thermidor, et prit une put aiaei active à la réaction royaliste qui suivit «Ite journée. Président de la section du Roule, k 13fCBdémlahrè, il filt proscrit par le parti vain- «peur, et éprouva des persécutions qui se proton- #rwt jusqu'au commencement du consulat. 11

ROOT. BIOCR. UmVEBS. — T. X.

CHERRIER 136

remplit jusqu'à la Restauration les fonctions de chef de division an trésor public, fut nommé en 1814 censeur de la Ga^fitte de France, directeur du Mercure en 1815, censeur du Constitutionnel en 1816, et enfin commissaire du roi près le ThéAtre-Français. On a de lui : du Haut Cours, ou le contrat d^union , comédie en cinq actes et en prose; Paris, 1801, in-8*, en collaboration avec Picard; — Napoléon, ou le Corse dévoilé, ode aux Français; Paris, 1814, in-8''; — Sur la liberté de la presse; Paris, 1814, in-8*; — TrilnU d*un Français, ou quelques chanfms faites awmt et depuis la chute de Bonaparte; PariÉ^, 1814, in-8*.

Galerie MstorUiue des eontea%i^orain$, - Qnénrd, la France liUëraire.

^GHéEOBf (Auguste-Athanase), chanteur français, né en 1760, à Guyancourt, mort en 1829. Il débuta en 1779, et les applaudissements qu'il reçut du public décidèrent sa réception. A une belle voix de basse-taille Chéron joignait une figure intéressante et une taille majestueuse. Parmi les râles dans lesquels il s'est distingué, on doit citer Agamemnon dans Jphigénie en Aulide, le pac^ dans la Caravane, le roi d'Ormus dans Tarare, et surtout CÉdtpe à Colone. A cette époque l'art du chant étdt i.iconnu en France, et l'on criait bien plus qu'on ne chantait : Chéron, très-bon musicien et pos^ sédant une voix facile, se mit le premier à ne point crier, et c'est à ce titre surtout qu'il à' drêit à occuper une place dans l'histoire de l'art II quitta le théAtre en 1808.

FéUs, Biographie universelle de* musiciens, GHÉEOif ( Anne). Voy, Bremomt (Gabrielle), *CHBRRIBK ( Claude), littérateur français, né dans la sec(mde moitié du dix-septième siècle, mort en juillet 1738. Censeur de la police, il publia les ouvrages suivants : V Homme inconnu, ou les équivoques de la langue, dédié à Bâcha Bibolquet; Dijon, 1713, in-12; — Polissonniana, ou recueil de turlupinades, quolibets, rébtu, jeux de mots, allusions, allégories, pointes, expressions extraordinaires, hyperboles, gasconades, bons mots et plaisanteries; Amsterdam, 1725, in-12. Ce recueil de facéties n'est pas aussi indécent que son titre semble l'indiqner.

Qaérard, la FraneSlUter.

GHBEEiBR ( Sébastien ), littéiateur fhuiçais» né à Metz, le 11 mai 1699, mort près de Paiis, vers 1780. Chanoine régulier, curé de Neuville et de Pierrefitte , il s'occupa beaucoup de l'instruction de la jeunesse. On a de lui : Méthode familière pour les petites écoles, contenant les devoirs des maîtres et des maîtresses d^école, avec la manière de bien instruire; Toul, 1749, in-12; — Méthodes pour apprendre à lire aisément et en peu de temps, même par manière de jeu et d'amusement, aussi instructives pour Us maîtres que commodes aux pères et mères , et faciles aux enfants,

CHERRIER — CHERSIPHRON

avec les moyens de remédier à plusieurs équivoques et bizarreries de Vorthographe françoise; Paris, 1753, in-12; cet ouvrage, le meilleur de Pauteur, présente uo examen critique des difTérentes méthodes mécaniques in- Tentées pour faciliter aux enfants Tart de lire et d'écrire. La même année Cherrier fit imprimer les Alphabets f sous le titre suivant : Alphabets latins et français, extraits des Méthodes nouvelles ; — Manuel des maîtres et maîtresses d'école, et Grammaire françoise, tirée des meilleurs auteurs, 1755; — Histoire et pratique de la clôture des religieuses selon l'esprit de VÉglise et la jurisprudence de France; Paris, 1764, in-12;— Equivoques et bizarreries de Vorthographe françoise; Paris, 1766, in-12.

Bëffln, Biogr. de la Moselle. — Qaérard, la France littéraire.

^CHEREiER (Charles- Joseph ue), ofQder et liistorien français, né le 6 mars 1785, à Neufchâteau (Vosges ). Il fut remarqué dès ses jeunes années par Georges Cuvier, qui lui donna des leçons et Tencouragea à suivre la carrière vers laquelle rillustrc savant se plut à le diriger. Mais, lors de la cam{>agne d*.\ustcrlitz, un brevet d^offlcier envoyé au nom de l'empereur renversa se* projets d'étude. Abandonnant les sciences naturelles, Cherrier rejoignit son régiment. Nommé plus tard, après avoir fait les campagnes de Calabre et d^Italie, chef d'escadron an 4^ corps de la grande armée et attaché comme aide de camp au général comte Bertrand, il fit sous les ordres de ce fidèle ami de l'empereur les campagnes de Sa&eet d'Allemagne. Lieutenant colonel en 1815, il se trouva avec le 1"^ régiment de chasseurs de la vieille garde, qui forma à Waterioo ce dernier carré qu'on laissa seul sur le champ de bataille. M. de Cherrier passa en 1817 dans Tadministration , où il resta jusqu'en 1830, sans cesser d'appartenir à l'armée. Dès le lendemain des journées de Juillet il envoya sa démission, et Ait dépouillé de son grade militaire pour reihs de serment à la nouvelle royauté. Renonçant alors aux emplois publics, il se livra à l'étude de l'histoire , fouilla les archives et les bibliotliè^ ques de France, d'Allemagne et d'Italie, et publia, en 1841, le premier volume de V Histoire de la lutte des papes et des empereurs de la maison deSouabe^ de ses causes et de ses effets, ou tableau de la domination des princes de Uohenstauffen dans le royaume des Deux- Siciles jusqu'à la mort de Conradin. Cet ouvrage, qui est aujourd'hui terminé, fonne 4 vol. in-S**. On y trouve un exposé exact des faits et une appréciation philosophique des événements généralement saine. Peut-être pourrait-on reprocher à l'auteur une tendance trop marquée pour la cause des empereurs. A. R.

Documents parziculiers.

*CHERSA (Tommaso), biographe italien, né à Ragnse, le 2 avril 1782, mort4e 11 juiOet 1826.

Versé dans les langues bien l'italien, le latin, l'anglais et le fnaçaii, Chersa voyagea en Italie dans les preniîèm années da dix-neuvième siède, et se lia ans plusieurs littérateurs célèbres de ce paye. Oa a de lui : délia Vita ê délie opère de mon^igman Giorgio Ferrich, discorso i Ragnse, 1824; — délia Vita e degli seritti di Didaco Pirn, oltramenti detlo Jaeopo FUwio ^Aarois», eommentario; Florence, 1826; — degli iUmh tri Toscani stati in diwrsi tempi a MagMtÊ^ eommentario; Padooe, 1828.

Tl(aldo, §ê09r. degli ItûUaml UUuM, i. lU.

caBRSiPHROif (XcpoifpMv) OU, suîvatf ■

passage de Pline, Ctésipbon, architade ée Cnosse en Crète, vivait vers 600 avant J.-C.

De oompagniei avec son fils Méta0èiie, il failil ou commença de bâtir le grand temple de Dwos à Éphèse. Le culte de Diane existait probablement à Éplièse avant rétablissement de la ctle- Bie ionienne, et déjà à cette époque reculée erfk déesse devait avoir un temple ; mais cet éàiên était sans doute devenu insuffisant , lorsque, ?an 600 avant J.-C., les Grec» ioniens entrepriraË d'ériger un nouveau temple qui fût le centre ds leur culte national, comme le temple de Jnasa à Samos était le centre religieux des coloatai dorienoes. Pour préserver l'édifioe des trambtements de terre, il fut construit au milieu d^ marais dont le fond fut consolidé avec des enelles de charbon convoies de laine. Ce moyei fut indiqué par Théodore de Samoa. L^édÛee avança lentement , et les colonnes ne furent élevées que quarante ans plus tard, vers 500; Ctisus, au rapport d'Hérodote, en ftmniit une pailk C'est peut-être à cette date qull fSuit placer h vie de Chersiphron, puisque c'està Ini et à eea fils Métagène que les écrivains anciens aUribuent l'érection des cokmnes et rarchitnivB; Lorsque Strabon prétend que le temple futâaïf par un autre architecte , il veut parler non de la colonnade, qui ne pouvait être étendue k v»lonté, mais des cours qui entouraient l'édifiée. Le temple (ht définitivement achevé par Démétrius et Pœonius d'Éplièse, 220 ans environ après les premières fondations; mais 1 fut bientôt après brûlé par Érostrate, la nal même de la naissance d'Alexandre le Grand, 356 avant J.-C. 11 Ait reb&li avec pins de nagnificence encore aux frais de tous les États 4c l'Asie Mineure. On prétend qu'Alexandre offrit de payer ce que coûterait la restauration dn toaple , k condition que son nom y serait InseriL La Éphéi^iens répondirent que ce n'était pas IXwagc qu'un dieu fit des offrandes aux anlRs dieu.

L'architecte du nouveau temple fut Dinocfale. Cet édifice a mamtenant entièrement dispani, excepté quelques restes des fondations. Quoiqee Pline, comme les autres écrivains de rantlqoHé^ ait évidemment confondu les deux eonstractfon^ cependant sa description a du prix , polsqae li nouveau temple (ht très^prohablement bttisv

no

CHERSIPHRON — CHERUBINI

kl mêmes fondements et sur 1c même plan général que INincieD. On trouve aussi dans Vi- Inive nne description qui s*appuie sur un ou- ^itge attribué, sans yraiscmblancey à Ctiersipkron et à Metagène. H existe des miédailles sur leiqaeiles on voit représentée la principale façade ds temple, qni était, selon les termes de Tarchitedare antique, octostyle, diptéral , diastyle , et hjpactbra]. Élevé sur un soubassement de dix BBches f il formait un parallélogramme de 425 pMsde long sur 220 de large. Ses colonnes, aa nombre de 127, avaient 60 pieds do haut, et étient dites de marbre Uanc, dont une carrière anft été découverte à quatre milles du temple piriD berger nommé Pixodare. Trente-six coknes étaient sculptées (peut-être les carialUn de la cella ). D'après un passage de Pline , «e de ces sculptures était du grand statuaire Seopas. Les colonnes étaient d'ordre ionique. hnà les Uocs de marbre qui composaient Tardtitrave, quelques-uns avaient 30 pieds de long. hm placer ces blocs énormes, Chersiphron et Migltee durent inventer plusieurs machines in fUenses , qui mettaient ces deux architectes au panier rang des mécaniciens de Tantiquité. Le tanfile d'Éphèse passait pour une des sept mervilles du rounde, et il est célébré dans beaucoup de petites pièces de V Anthologie grecque , entre ■Ins dans deux épigramroes d'Antipater de Si* *i. L.J.

nae. miC lia».. VII, »; XVl, 87; XXXVI, tk. • VIkm, III, S( VII, pr»/. — StraboD, XI V. — TiteUvr, 1. M. — Dlogéne Laerce , 11,9. — Pbtion de Byxaace, * Fil orbis mirtKuUs. — lllrt, Tempcl der Diana m HheniMi Bertin, iwr-, CnehU:Me der Baykwut, nitmt rouoratlon aa temple, plandie VIII. — Rat- Ac,£cr. Hiiio. rei hmm., m. v. Ephcila, Epocsas,— kkM. Doet. num. veth.. II.

cmrmi^iLe Père), physicien (hmçais, na- GT^tMéans, vivait an dix-fteptièmo siècle. 11 entndaBsVordre des Capucins, se livra à laculture fo idences exactes , et perfectionna divers instnnnents d*optique et d*acoustique. On voit par «e de ses lettres, datée du 27 fiWrier 1675 , que tes mie expérience faite en présence de l'un des gpnéranx de son ordre, il lit « entendre très-dis- Gnctcmcnt à quatre-vingt<i pas de distance, et CMoner les voix des particuliers dans une mulfitade qui pariaient ensemble , quoique dans le ■Oen on ne les pût aucunement entendre, car ils lepariaient qu'à toîx basse, et néanmoins on n'en pondait pas une syllabe ». Le supérieur de l'ordre défendit à Chérubin de divulguer cette in- Tcafion^presquemcToyable, sous prétexte qu'elle panrait devenir dangereuse. On a de lui : la Hhûptrique oculaire , ou la théorique ^ la polî/ire et la mécanique de l'oculaire dioptrifw ex toutes ses espèces ; Paris, 1 67 1 , in-fol. ; —la Vlswn parfaite^ ou le concours des deux oiet de la vision en un seul point de Vohjct; Pam, 1677, in-fol. ; — la.Vision parfaite, ou la vu distincte; Paris, 1681, in-fol.;— Effets ^ la force de la contiguïté des corps, par ^tsqtitls on répond aux expériences de la

crainte du vide et à celles de la pe$ianteur de l'air; Paris, 1679, in- 12; — V expérience justifiée pour Vélévation des eaux , par un mmveau moyen , à telle hauteur et en telle quantité que ce soit ; Paris, 1681, in-12.

HaatefealUe, Ltttre à M. Bourdtlot, sttr le moym de

perfectionner le iens de l'ouie, — Feller, Dict, hUU

CHéRUBl?! DE MOEiBXHB (Le Père), religieux italien , né vers le milieu du seizième siècle, mort k Turin, en 1606. Il entra dans l'ordre des Capucins, et travailla à la conversion des calvinistes du Chablais. On a de lui : Acta disputationis habit» cum quodam ministro hxretico, circa div. eucharistix sacramentum;

Biblioth. Capucin.

GHERUBiiii SANDOLim (Le Père)^ capucin d'Udine, vivait au seizième siècle. On a de lui un ouvrage sur la gnomonique, intitulé : Taulemma Cherubicum catholicum , universalia ac particularia continens principia, sive instrumenta ad horas omnes italicas, bohemicaSf gallicas atque babylonicas diurmu atgue nocturnas dignoscendas , et ad conqtonendum per universum orbem earum mvUtiformta horologia, exquisitissimum ; Venise, 1 598, 4 vol. in-fol.

BibliotA. Capucin.

CHERUBINI (Laerzio)f historien italien, né à Nofcia, dans le duché de Spolette, en Omhrie, au seizième siècle, mort vers 1626. Il fut en faveur à la cour de Rome sous le |)ontiiicat de Sixte-Quint et des papes suivants jusqu'au commencement de celui dUrbain YllI. 11 recueillit les constitutions et les bidles des papes depuis Léon r*^, et en forma le recueil que nous avons sous le non de Bullaire (Bttllarium).— Ange^ lO'Mnria Cuerubini, son fils, moine du Mont-Cassin , fit beaucoup d'additions à cet ouvrage , et le publia tel que nous l'avons amourd'hui. D'autre y ont fait de nouvelles additions. Laerziu laissa un autre fils, nommé Alexandre CnEau- BiM. Ce dernier savait les langues ancioines, cultiva particulièrement la philosophie de Platon, et traduisit quelques ouvrages du grec en latin. Le liullarïum magnum s'étend jusiiu'à Benoit XiV, et forme 19 vol.|iii-fol Les premiers volumes parurent à Rome, on 1617 ; l'ouvrage fut reiinprituc^à Lyon, 1663, 1673, et A LuxcOibourg, 1742. — CuBiiuBixi {Flavio), de la uiéme famille, a donné un Abrégé du Bullaire ( Compendium Bullarii); Lyon, 1824, in-4".

RIcbard et Gtraud, Bmiùthéqmetacrrc.^xWonA, Pinacothèque. — JacobUlu», Dibl, Vmbrix.

CBKnvmsi (Luigi-Carlo-Zanobi-Salvatore' Maria) , célèbre compositeur, né le 8 septembre 1760, à Florence, mort à Paris, le 15 mars 1842. Il avait à peine attciut sa sixième année lorsque son père, qui tenait le piano au théâtre de la Pergola f commença à hil enseigner la musique. A l'âge de neuf an8,jl fut confié aux soins de Barthélémy FeUci et de son fils Alexandre Felici, et travailla ensuite avec Pierre Bizzari

CHERUBIKI

et Joseph Castnioci; ses progrès fbrent si rapides qu'à treize ans il arait d^ fait exécuter une messe solenoelle de sa ooidpositioit D'autres uu- Trages, écrits, pour l'égUseet pour le théâtre, pendant le cours des années suivantes fixèrent hientAt l'attention de LéopoM, ^rand-duc de Toscane, qui lui accorda en 1778 une pension pour aller à Bologne acheyer de former aux leçons de Sarti un talent qui s'annonçait sous de si heureux auspices. Cherubmi passa quatre ans avec Sarti, et dut aux conseils de ce maître non-seulement les profondes connaissances qu'il acquit dans tous les genres de compositions scientifiques, mais aussi ce sentiment délicat des beautés de style que Ton puisait alors dans les écoles dltalie. Sarti lui confiait la composition des seconds rdies de ses opéras, exerçant ainsi son élève à mesurer ses forces en public. Clierubini était encore sous la direction de Sarti lorsqu'en 1780 il donna à Alexandrie Quinto Fabio, son premier opéra; à l'âge de vingt-quatre ans, sept autres ouvrages, représentés à Florence, à Livoume, à Rome et à Mantoue, l'avaient déjà placé parmi les mattres de l'art dans l'opinion de son pays. Appelé à Londres en 1785 pour y remplir les fonctions de compositeur du Théâtre royal , il y écrivit /a^ln^a PHnctpe5«a,opéra-honfrcendenx actes, et fit représenter Giu/to Sabino, qu*U avait refait en partie , ainsi que divers ouvrages de Cimarosa et de Paisiello dans lesquels il intercalait de délicieux morceaux de sa composition , notamment dans el Marehese d% tulipano, de Paisiello. Dans une excursion qu'il fit en France pendant les vacances théâtrales, Viotti, qu'il avait connu en Angleterre, le décida à venir se fixer à Paris, et le conduisit chez Marmontel, qui lui remit le manuficrit de Démophon , tragédie lyrique en trois actes. En retournant à Londres, Cheruhini se trouvait donc déjà engagé envers la France, qu'il devait bientôt adopter pour seconde patrie. Enfin, après avoir fait représenter à Turin , dans l'hiver de 1788, ifigenia in Àulide^ qui fut accueillie avec enthousiasme, il revint à Paris, et donna au mois de décembre de la même année Démophon , sur le théâtre de ropéra. Cette dernière partition, dans laquelle le compositeur semblait abandonner la manière italienne, qu'il avait suivie jusque alors, n'eut point de succès, bien qu'elle se distinguât par une pureté de style, un éclat d'instrumentation inconnus en France : elle ne brillait peut-être pas assez par l'inspiration pour triompher de la froideur d'un poème complètement dépourvu d'intérêt; cependant elle annonçait une nouveUlB école. Tout en produisant pour la scène française, à laquelle il voulait désormais se consacrer tout; entier, Cheruhini se trouva rappelé à la scène italienne. «Léonard, coiffeur delà reine Marie- Antoinette, ayant obtenu le privilège d'un théâtre italien, s'associa Viotti, qui organisa la troupe la plus parfaite qu'on eût encore entendue; Cberubini fut chargé de la direction de tout ce qui

conoematt la mosique. Les SouJfe$, eoaneei les appelait alors, occupèrent soccesBivemaft de 1789 à 1792 diverses salles de spectade, «I Cheruhini fit entendre les meiUeiirs opém d'Anfossi , de Paisiello, de Gnglielmi , da CkMrosa, ajoutant dans la plupart de ces onvra^ des morceaux de sa composition, qui exâtaiol l'admiration générale; on remarque particnli^ rement parmi ces morceaux le délicieux quatoor : Cara, da voi dépende, inséré dans les Kia^ giatori felici, et le charmant trio : Son ire^ sei, nove , placé dans Vltaliana in Londra, Si Vm compare ces productions avec Démophon, m voit que l'auteur possédait alors deux maaièiei très-distinctes, l'une simple et gracteuae, ^ipvtenant à l'école de Cimarosa et de PaisicOo, l'antre sévère , plus harmonique que mâodiqM^ riche de détails d'iostrumentation et portant ai elle-même le germe de tonte unerévolutioo nwsicale. Cette seconde manière se dessine \àm plus encore dans l'opéra de LodoUka^ rqiiisenté le 18 juillet 1791, sur le théâtre Feyden. Jusque là on avait ignoré tout l'effet que peavent produire ces grandes combinaisons banaoniques et instrumentales dont BlozartavaîtdQaiê l'exemple dans son Don Juan, en lès uniiml aux mélodies les plus neuves , les plus heumscs, les plus originales. Ces révélatioiis da génie^ stériles encore pour l'Allemagne eUenooénir, étaient restées étrangères à la France, et il n'eit pas douteux que Cheruhini n'ait dû qu'à ses propres inspirations le style qu'il venait d'inangionr. Lodoiska était pour les artistes l'éclatant naâfeste d'un art nouveau ; aussi vit-on bientôt loai les hommes de talent que la France possédai alors, Méhul, Steibelt, Lesueur, Bertoo etnéaM Grétry, prendre part , chacun avec son cachet d'individualité, à cette transformation, qul^enh brassant à la fois et le chant et l'orchestre^ doMi naissance à la musique à^ effet. D'autres ouvrigei de Cherubini, Èlisa, ou le mont Saint-Bemt^t où Ton trouve ce chœur de moines cherchant ki voyageurs ensevelis sous la neige, et qui est en* preint d'un tel caractère de vérité, qa*on dktà en l'entendant : « Cette musique fait grelottera; Médée, V Hôtellerie portugaise, et enfin la Deux Journées, opéra représenté au mois de janvier 1800, et dont le succès devint rapideocil populaûre, achevèrent la -révolution mmksk commencée par Lodoiska.

Cependant , malgré la haute réputation dont 3 jouissait en France, en Italie, en Angleterre d surtout en Allemagne, Cherubini était loin dV voir un sort digne de son mérite. Lors de b création du Conservatoire de musique, en 1795| il avait été nommé l'un des trois inspecteurs dei études ; et les émoluments de cette place, à peisi suffisants pour les besoins d'une nombreuse ft> mille, composaient à peu près tout son revcoa. A cette cause permanente de tristesse venait sfoi joindre une antre, qni>e cessait d'agir sur m organiaatioa nerveuse : Napoléon avait pour h

GHERUBII9I

penomie dn oomposîteor et pour sa mosiqae, qall troavaît trop broyante, un âoigaement «pill ne négligeait aucune occasion de] manifeafer. Laissé à Técart comme un homme médiocre , Gherufaini prit pendant quelque temps son art en dégoût; nÀnrooins, il donna en 1803 au grand ofén Anaeréofiy ou l'amour fugitif, ^ Tannée «rivante le ballet d'Achille à Scyros, Au milieu de ses trayanx, qui ajoutaient à sa renommée sanaiyouter à sa fortune, Cherubini, contraint de fonger à son existence, accepta un engagenent qui loi était offert pour aller à Vienne écrire on opéra destiné au Théâtre impérial. Il arriva dans cette ville au commencement de 1805, et se mit aussitôt au travail; mais tout à coup, la gnerre édatant entre la France et rAutrichc, les années françaises envahissent Vienne, et forcent h coar de François n à s'éloigner. Napoléon apprend que Cherubini est dans un coin de la capitale, occupé à terminer sa partition de Faniska ; il le ftit appder, et lui dit : « Puisque vous voilÀ , nonsiear Cherobini, nous ferons de la musique ensenlile; vous dirifçerez mes concerts. » Il y eut en effet one douzaine de soirées musicales à Vienne et à Schoenbron, et chaque fois ces concerts donnaient lieu entre Tempereur et Tartiste à des discussions musicales, à la suite desquelles kt deux interlocuteurs se séparaient sans s*ëtre Mt ancone concession sur leurs opinions. Enfin, aprte avoir fait représenter, au commencement de 1800, son opéra de JFVmisAa, qui fut accueilli avec entlioosiasme par les connaisseurs, GheruNoi, que Haydn et Beethoven avaient proclamé le preinier compositeur dramatique de son temps, se vit obligé de revenir à Paris, où Tétat de sa santé le'oondamna au repos. Cependant, en 1809, eédant aux instances de quelques amis , il donna mr le théâtre des Tuileries son cliarmant opéra HaBea de Rimmalione. A la représentation de cet ouvrage, Temperenr, que Témotion avait g^gné en entendant la grande scène chantée par Creaoentini, demanda avec vivacité le nom de Tantenr, et parut sorpris quand on le lui dit; malt II n'en résulta ancune amélioration dans le sort du|eoropo6iteur. Cherubim sentit le découragement renaître dans son ftme; Taffectlon nerveuse dont il avait déjà éprouvé une première atteinte reparut avec un caractère plus sérieux ; nue sombre tristesse s'était emparée de lui sous rempire de l'idée quil ne pouvait plus composer de musique, lorsqu'une circonstance imprévue vint tout àcoup le rendre li son art et révéler en lui un nouveau genre de talent. Il avait été conduit au ohâteao dn prince de Chimay par M. Auber, son élève et son ami. Là, tout le monde était musicien; Cherubini était le seul qui ne •*oocupàt pas de musique : il s'était pris de pasaion pour l'étude de la botanique, et ne songeait qo*à herboriser. Ses hôtes le prièrent instamment d'écrire une messe qu'ils désiraient exécuter dans l'église de Chimay. Cherubini, après avoir longtemps résisté , fmit par céder. Ce fut à

cette occasion qu'il produisit son admirable messe à trois voix, en fa, chef-d'œuvre du genre, qui le plaça bientôt au premier rang des compositeurs de musique sacrée, en signalant un nouvel art, dont les développements accomplis plus tard caractérisent la troisième époque de la vie artistique du compositeur. Jusque alors la musique d'église, telle que l'avait conçue l'ancienne écolo romaine, avait été traitée comme l'émanation d'un sentiment pur , dépouillé de toute passion humaine; Cherubini voulut, au contraire, que sa musique exprimât le sens dramatique des paroles, et, dans la réalisation de .sa pensée, il sut allier les beautés sévères du contre-point et de la fîigue à l'expression dramatique soutenue de toutes les richesses de l'instrumentation.

L'heure d'une tardive justice avait enfin sonné pour Cherubini. A son vetour de l'Ile d'mbe, l'empereur le nomma chevaliet de la Légion d'honneur; en outre, à la même époque, le nombre des membres de l'Académie des beaux arts ayant été augmenté, il entra à l'Institut. En 1816, Louis XVIII le nomma surintendant de sa musique conjointement avec Lesueur. Depuis lors, Cherubini, qui avait priscongéde la muselyrique par son bel opéra des Abencerrages, représenté en 1813, se livra presque exclusivement à la musique religieuse, et écrivit pour la chapelle du roi un nombre considérable de compositions sacrées, parmi lesquelles on remarque notamment sa messe solennelle du sacre de Charles Xei sa messe de JReguiem. Il avait soixante -dix ans lorsque la chapelle royale fut supprimée, par suite de la révolution de 1830. Pour tout autre c'eût été le signal de la retraite; mai8 il aimait trop son art pour l'abandonner, et s'y ratticha doublement par le théâtre et par l'égNso , en faisant représenter en 1833 son grand opéra d'ii/t- Babttf ouvrage rempli de beautés du premier ordre, qui sentent encore la fraîcheur de la jeunesse, et en composant en 1836, pour ses propres fhnérailles, une seconde messe de Ue^iem, ipii, quoique tres-rcmarquable , est toutefois de beaucoup inférieure à la première. Ce n'était pourtant là qu'une faible partie des travaux qui remplirent la dernière période d'une existence aussi laborieuse. Attaché dès le principe, comme on l'a vu plus haut, au Conservatoire de musique en qualité d'inspecteur des études, nonmié plus tard professeur de composition, et en 1822 directeur de cet établissement, fonctions qu'il remplit avec un zèle infatigable jusqu'à la fin de sa carrière , Cherubini avait résumé dans up corps de doctrine les leçons qu'il avait données à ses élèves, et publia en 1835, sous le titre de Méthode de contre-point et de fugue, ce travail dont les exemples sont des modèles de style qu'on ne trouve que dans les productions de Pancipnne école dltalie. T^ faculté de produire ne s'éteignit en lui qu'avec la vie , et peu de temps avant sa mort il composait, à l'âge de quatre-vjngt-deux ans , un canon à trois voIk pour son ami M. In-

GHERUBUfl

grès, dontle pincetn Twait de reproduire aTec tuit de bonheur les traits du célèbre musicien.

CheniUni avait rémo noble et fière ; jamais il ne fit de concession au goût changeant da pa- Mic. Pour lui Tart était Tart lui-môme, et pendant soixante ans il resta inéliranlaUe dans ses oonTictions. Quelques critiques ont reproché à sa musique de ne pas assez briller par la mélodie; mais n'y eût-il, parmi tant d'autres chefs-d'œuvre que nous pourrions citer, que le duo de l'opéra à'Épicurty la grande scène de Pimmalione^ le délicieux air des Abencerrages , celui à'Anatréon : Jeunes filles aux regards doux, et le chœur si suave : Dors noble^ enfant, qui termine l'opéra de Blanche de Frovence, ces morceaux suffiraient à eux seuls pour justifier le compositeur d'un semblable reproche. Comment se faiMl qu'avec une aussi grande renommée, il soit resté à la scène si peu d'ouvrages de Cherubini? Il faut en rechercher la cause dans les poèmes dénués d'intérêt, canevas mal b&tis et misérablement écrits, sur lesquels il a presque toujours travaillé. Ce qui prouve qu'il ne lui a manqué que de meilleurs poëmes pour obtenir des succès plus populaires , c'est l'enthousiasme qu'excita à son apparition son opéra des Deux Journées, ei qui se soutint pendant plus de deux cents représentations successives. Chenibini est peut-être le seul compositeur auquel il ait été donné d'innover dans toutes les parties de son art sans jamais dévier des règles qui le constituent et sans que la sévérité du style nuisit aux sublimes inspirations de son génie. C'est surtout dans ses compositions religieuses que se trouvent ses plus beaux titres de gloire.

Ce compositeur a écrit dans tous les genres une quantité prodigieuse de musique, dont une grande partie est restée inédite. Il avait pris soin de réum'r jusqu'aux moindres productions sorties de sa plume , et dans cette longue suite de manuscrits autographes on trouve jusqu'à des couplets pour des (êtes de famille et même des contredanses. Voisi la liste de ses prindiMux ouvrages : Opéras : Quinto Fabio, à Alexandrie (1780) ; Armida, à Florence (1784); — Messen- %io , à Florence (1782) ; — Adriam in Siria, à Livoume (1 782) ; — Quinto Fabio, refait à Rome (1783); — lo Spoizo di tre femine, à Rome (1783) ; — Vrdalide, à Florence (1784) ; — Ailessandro nelle Jndie, à Mantoue (1784); — la ftnta Principessa, à Londres(178&;— U Giulie Sabino, à Londres (1786). — Divers morceaux, dans il Marchese di tulipano, à Londres (1780); — Iflgenia in ilu/tde, àTurin (1788); — Démophon, à Paris (1788); -> Plusieurs morceaux dans Yltaliana in Londra, dans i Fio^^io/ori/e^éci et dans d'autres opéras italiens (1789-1790) ; — Lodùiska, trois actes, au théâtre Feydeao (1791| ; — Koukourgi, trois actes, inédit (1793) \—Élisa^ ou le mont Saint- Bernard, trois actes, au théâtre Feydean (1795); — Médée, trois actes , au même théâtre (1797) ; — la

Mon du général Hoche ^ nn acte (1797); — l'Hôtellerie portugaise, au théâtre Favart (1798) ; — la Punition, un acte, au théâtre Montansier (1799); — la Prisonnière, au mène théâtre, en société avec Boïeldien (1799); — Épicure, avec Méhul (1800); — les DeuxJow^ nées, trois actes, au théâtre Feydean (1800); ~ Anacréon, ou Vamour fugitif , deuxMbn, à l'Opéra (1803); — Achille à Scyros, ballet en trois actes, à l'Opéra (1804); — F€miska^ trois actes, à Vienne (1806); ^ Pimmalkme, un acte, au théâtre des Tuileries (1809) ; — le Crescendo, un acte â l'Opéra-Gomique (1810); — les Abencerrages, trois actes, à l'Opéra ( 1 81 3) ;

— Bayard à Méiières, pièce dedroonstaiM», en collaboration avec Catel , Boïeldieu et Nioolo (1814) ; — Blanche de Provence, opéra en trois actes, composé à l'occasion du baptême du duc de Bordeaux, en collaboration avec Paér, Boïeldieu, Berton et Kreutzer (1821); — Ali Baba, trois actes, à l'Opéra (1833), ouvrage dans lequel Chenibini a employé une partie de la musique de la partition de Koukourgi. — Musique KSUGIEUSB : Motet à 8 voix, en deux chœurs ; — Credo à 8 voix réelles , en deux chœurs ; — Plusieurs motets à 4 et 5 v»ix avec orgue, oomposés en Italie; — Messe à 3 voix, cbœor et orchestre, en fa, publiée â Paris, chec Freyi

— Seconde messe solennelle, â 4 voix , chiBur et orchestre; id. ; — Troisième messe solennelle, â 4 voix, chœur et orchestre; id.; — Messe de Requiem h 4 parties, en chœur, avec orchestre; id. ; — Quatrième messe solennelle, en u/ » à 4 voix, chœur et orchestre ; id . ; ^ Plusieurs messes inédites écrites pour la chapelle royale; —Ase, verum corpus, à 3 voix, cor solo et orchestre; Paris, cher Petit; — Iste dies, à 4 voix et orchestre ; id. ; — O sacrum convivium, à 4 voix et orchestre; id.; — O salutaris hostia, à 2 voix de soprano, avec quatuor et orgue; id.; — AvCiMaria, pour voix de soprano et orgue; id.{ —Lauda, Sion, à 2 voix etorgiie ; id. ;— TVinte» ergo, pour 5 voix et orgue; id.; — Sancttu salutaris, pour voix seule et orgue ; id. ; — Paier noster, à 4 voix, orchestre et orgue ; id.; — BccB panis, à voix seule et orgue; id .;— OfTertoine, ZoKdate Dominum, à 4 voix et orcliestre; Vienne, Hasslinger ; — Confirma hoc, Deus, k 3 voix et oreliestre ; — fons amoris, spiri tus, à 4 fiarties et orchestre; — Inclina, Domine, à 4 parties et orchestre;.— Adjutoret susceptor meus, à 4 voix et orchestre; — Offertoire, en mi bémol ; — O Dem, ego amo te, solo pour voix d'alto, quatuor et contre-basse ; ^ Lauda, anhna mea, Dominum, pour soprano et orchestre; Viemie, Diabelli ; — Pater noster, en sol, k 4 voix et oreliestre ; id.; — Cantates : la Prima^ verark 4 voix et orchestre; Paris, A. Petit; — Chant sur la mort de Haydn, à 3 voix et orchestre; Paris, Frey; — Six nocturnes k 9 voix et piano ; id. ; — Douze canons, à 2, 3 et 4 ▼oix, id. ; — Mdsiqub distruiiertâlb : Une 8yiA>

GHEEUBINI <-* GHKRT

phoiife à grttid oroliettroi en r^, et ose outertiire en jof » moroeam éoritt pour la Société philhftftnoniqiie de Londres ; — Sonate pour 2 orgues. Inédite; ^ Fantaisie pour le piano, id. ; — Trois quatuors pour 9 Tiolons, alto et violoncelle; Paris, Pacchii. Cberubini a écrit un grand nombre de leçons pour les solfèges du Conserratoire; sa Méthode de contre-point et de fiiffue a été publiée en 1835, à Paris, cbet Maurice Schle- 8in^. DiEunoNNÉ Denhe-Baron.

R«cNil Rocbette» Notice sur la vie §t les ouvraçei ée CAM-icMni. — FtUé, Biographie universelle des musiciens. — M. Miel, dans le 3toniteur universel, ai, •s, » aoUt I84t.

«GHBRYis (mcolas), médedn ft-ançais» né en 1783, à Saint- Laurent-d*Oingt, près de Lyon, mort en 1843, à Bourbonne-les^Bains. 11 s'est prindpalement occupé de la non-oontagion de la fèTre iaime. A cet effet, il visita en 1813 les hôpitaux militaires de Mayence, et de 1819 à 1828 rAroériqoe et l'Espagne, n'épargnant ni soins ni démarches pour résoudre le problème «IdII s'était posé, et à l'occasion duquel 11 a écrit une infinité de rapporte , de lettres , de pétitions et de brochures , sans laisser toutefois mr cette matière aucun ouvrage complet. Il était depuis 1832 membre de rAcadémie royale de médecine. On lui doit entres autres : E&therehes médico-philosophiques sur (es causes de lu polygamie dans les pays chauds ; Paris» 1812, ln-4*; — Examen du principe de Vadmimistration en matière sanitaire; Paris, 1S37, kk^V ; -* Rapport lu à V Académie de médecine, au nom de la commission chargée d^examiner tes documents du docteur Chervin concernant la fièvre jaune; Paiis, 1828, in-r* ; — Bxamen crtiique des prétendues prewoes de la contagion de la fièvre jaune » en réponse à M, Pwrieet; Paris, 1828, in-8°; — de VOrifine locale ei de la noncontagion de la fièvre jaune qui a régné à Gibraltar; Paris, 1830, in-8*; -— de Pidentité de nature des fièvres d'origine paludéenne, à Foccasion de la fièvre jaune de la Martinique ; Paris, 1849, in-8*. jAimn-LAFOsse.

meemaU dm 9àêm é$ rÉêoU de médaeinÊ, annéa tSlt. — Did. de la CaavertaUen^ tove I* du sappléaient: page «74. ^ France lltt. dé Qaérard, supplément, — Moni tenr dm tl août iMS, page SMS.

^GilteT ( Philippe ) , peintre français, né à Paris, le 15 lévrier 17ft9| mort le 28 février 1838. Ses parents virent avec regret son gont déddé pour les arts ; toutefois, ils oonsentbwnt à le placer chez Yien. Bien qu'il n'eût alors que quatone ans, fl comprit que l'instruction était le pins ntile auxiliaire de l'art, et il entreprit de refaire ses études. Il passait les jours à peindre, et consacrait une partie des nuits à étudier le grec et le latin , et bientôt fl put lire dans knr langue les écrivains d'Athènes et de Rome. Bon preniler ouvrage fut une Annonciation , qui attira sur loi l'attention de l'Académie; qnelqQes autres sujets religieux traités par lui, entre antres nne Décollation de eaint Jean^

ponr l'élise de Carentan, flxèreni sa réputation, sa fortune lui permettait de travailler ponr la gloire seule. Le marquis de ViUette lui commanda un Martyre de saint Etienne, qu'il devait lui payer trois mille francs : l'artiste n'épargna rien, ni temps ni travail. « Vousdé|)en> « ses plus que je ne vous donne, lui dit un « jour le marquis. — Qu'importe P répondit le M peintre, je ne me sois pas engagé à vous « rendre juste la mounaie de vos mille écus ? »

yien , de retour de Rome , vint voir son ancien élève, et le trouva terminant ce tableau, dont il fut tellement satisfait , qu'il engagea le Jeune artiste à se présenter à l'Académie pour s*y faire admettre comme agréé. Mais Chéry, voulant mériter cette distinction par des travaux plus importants, composa sa Mort d'Alcibiade, dont l'esquisse Ait mise par Vien sous les yeux de l'Académie. Cette compagnie, confirmant toutes iesespérancesdu jeune homme, arrêta que ce sujet serait traité par lui sur une toile de grande dimension. Ce tableau , rapidement terminé, fot exposé au salon de 1791, et placé sous le n** l«'. 11 n'est pas inutile de rappeler ici que ce n° 1*' était une distinction ordinairement attribuée au premier peintre du roi. Yien étant alors revêtu de ce titre, Chéry se défendit d'un honneur qui lui semblait un empiétement sur les droits de son maître, et l'Académie, charmée de cette modestie, le nonuna agréé. Cependant la révolution arait éclaté ; Chéry, plein d'enthousiasme pour la liberté et nourri de 4*histoire des républiques anciennes, accopta les idées nouvelles avec anicur, et consacra son talent et sa vie au triomphe de cette cause. Au 14 juillet, fl marcha contre la Bastille à la tète d'une compagnie do gardes françaises qui l'avait choisi pour son chef. Il monta à l'assaut l'un des premiers. Blessé è la tète , il fut obligé de subh* l'upération du trépan. A peine guéri , il partit comme volontaire et gagna les ^ulcttR;: de capitaine sur le champ de bataUle. De retour à Paris, et compromis dans l'afflûre du duc d'Orléans, il fut arrêté, et ne recouvra la liberté qu'après le 9 thermidor.

Le gouvernement ouvrit, en 1794, un concoure entre les artistes; chacun avait le choix du sujet Chéry peignit un soldat s'élançant au-devant d'un coup de sabre destiné à son général f épisode des guerres de la Vendée.

Il obtint le second prix; le premier avait été décerné à Gérard. Chéry avait toujours compris noblement et la révolution et l'influence sociale des beaux-arts. Aussi le Directoire, qui, comme gouvernement révolutionnaire, comprit trèsbien l'action qu'on aussi puissant moyen pouvait exercer sur les masses, le chargea de taire on tableau dont le but était de ramener le peuple au calme et au respect des lois. L^rtiste peignit Charondas mourant pour donner l'exemple de ce respect Le tableau fut exposé en plein air sur la place Vendôme, devant l'hO-

CH£RY - GHESELDEN

td da ministre de la justice. L'artiste fut ensuite nommé maire de Charonne et de BelleTille, pois chef de la police civile et militaire dans le département de la Seine. Au 18 brumaire, il somma, d'après les ordres du Directoire, le général Bonaparte de venir rendre compte de sa conduite. Celui-ci le fit exiler. Quant au tableau de Cbarondas, il fut mis en pièces.

L'orage passé, Cbéry rentra dans Paris, et exposa, en 1802, Mercure devenant amoureux d* Hersé (tableau qui est passé en Angleterre), et un David jouant de la harpe devant Saûl.

£n 1803 un concours eut lieu pour la représentation do la paix d'Amiens. « Ghéry, dit « M. Huard, qui avait célébré en vers cet évé- « nement, transporta son poème sur la toile, i( et sa composition obtint le prix. » £n 1804 il fit plusieurs tableaux religieux, et en 1806 plusieurs portraits de personnages célèbres. En 1812 il exposa la Naissance et la Toilette de Vénus, La même année, le gouvernement le chargea de représenter la distribution des récompenses militaires faite par Napoléon sur le champ de bataille d'Iéna. L'empeseur, satisfait du tableau , en demanda une copie réduite pour son cabinet. La chute de l'empereur suspendit ce travail, et le tableau fut détruit; aussi Ghéry disait-il : « Je compte les événements poli- « tiques par mes tableaux crevés. » £n 1815 il fut arrêté comme patriote exalté, et eut beaucoup de peine à recouvrer la liberté. Lorsque la révolution de 1830 arriva, fidèle à ses souvenirs, le vieux peintre fit son tableau (aujourd'hui en Angleterre) de Thrasybule rendant au peuple d^ Athènes ses lois démocratiques. Mais la fortune continua à lui être contraire : oublié et pauvre, Chéry vivait du produit de quelques leçons : dans l'hiver de 1838, il était malade et sans bois. Un faible secours qu'il reçut, après l'avoir deinandé au roi Louis-Philippe, dont il avait essayé jadis de sauver le père au péril de sa vie , vint adoucir ses derniers moments. H mourut pauvre et fier de la carrière qu'il avait parcourue.

Le Bai, Diet, enc^c. dt la Ffwnce.

GHBETF.KD.DTif -ALI , le mollah OH docleur, historien persan natif d'Yexd, vivait an quimûème siècle, sous le règne d'Ibraliim-Sultan. On a de lui : Une histoire de Taroerlan ( Timour-Lenk ), intitulée : Z^er Naméh /y ouacayi emyr Timour. Cet ouvrage a été traduit par Pétis de La Croix , sous le titre de : Histoire de Timur-Bey , oonnu sous le nom de grand Tamerian , empereur ^ Mogols et Tarières, avec des notes historiques et cartes géographiques; Paris, 1722, 4 vol. in-12.

Pétls de La Croix, Histoire de Timur-Bey. - William Jones, histoire de. Nader-Chah.

GHÉSEAUX (Jean-Philippe-Loys de), physicien suisse, né à Lausanne, en 1718, mort à Paris, le 3 novembre 1751. Petit-fils du célèbre Croozas, U marcha sur ses traces. Savant pres-

que universel, également versé dans rastron»mie, la géométrie, la théologie, le droit, la médedne , l'histoire, la géographie, les antiqirîtéi sacrées et profieunes, il fut associé aux Académies des sciences de Paris, de Gœttingue et de Loidres.iOn a de lui : Essai sur la physique; Paris, 1743, in-12 : l'auteur n'avait que dix-sept ans lorsqu'il écrivit cet ouvrage ; — Traité/ie la comète qui a paru en décembre i7k3 jusqu*en mars 1744, contenant^] outre les observations de l'auteur, celles de Cassini et de Calen* drini, avec diverses observations et dissertations astronomiques sur les instruments, etc.; Lausanne et Genève, 1744, in-8'' ; — Dissertations critiques sur la partie prophétique de C Écriture Sainte; Paris, 1751, in-12; — DtJcours philosophiques sur la physique et P histoire naturelle; Paris, 1762, in-8»; — Mémoires posthumes sur divers sujets d^a^ tronomie et de mathématiques', avec des tables du moyen mouvement du soleil et de la /une; Lausanne, 1764, in-4^ On a encore de Chéseaux un Essai sur la population du canrton de Berne, inséré dans les Mémoires de ta Société économique de Berne; 1766. Il a aussi composé presqu'à lui seul la Carte de rHel»

vétie ancienne, en quatre feuilles, insérée dans les Mémoires sur V histoire ancienne de la Suisse, par C.-G. Loys de Bochart; 1749.

Seii^eax de Correvon , yie de Chéêeaux. — Qoérard, la France liUéraire. — Bnch et Gniber, Mloem, En» eycl.

GHB8EL (Jean Y au), peintre flamand, né en 1644, mort à Paris, en 1708. A la fois peintre de paysage et d'histoire, il alla chcrdier fortune en Espagne , travailla pour Louise, épouse de Charles II, et pour Marie- Anne de Neuboniig, seconde femme de ce prince, U devint même le peintre en titre de cette dernière. U fut chai^, après la mort de Charles H, d'aller faire à Versailles le portrait de Philippe V.

Descamps, f tel des peintres flamands.

CHBSBLDEX (^Guillaume), clûrurgien anglais, né en 1688, à Burrow on-the-Hille, dans le comté de Leicester, mort à Bath, le 10 avril 1752. Après avoir rapidement^achevé son éducation dassique, il commença à quinze ans ses études médicales, sous le célÀre Guillaume Cowper. A vmgt-trois ans il entreprit un cours d*anatomie, qu'il continua avec beaucoup de succès pendant vingt ans , et fut nommé en 1712 membre de la Société royale. Il succéda à son tutemv Feme, en qualité de chirurgien de l'hôpital de Saint-Thomas, devint premier chirurgien de la reine Caroline et associé étranger de l'Académie de chû*urgie de Paris. Cheselden n'a peut-ètie jamais été surpassé pour la dextérité et le bonheur des opérations. U ne perdit que deux malades sur quarante-deux qu'il tailla dans Fespaoe de quatre années. Sauveur Morand, chirurgien français, qui s'était rendu de Paris à Londres pour visiter son confrère , assure lui avoir vu faire l'opératioade la pierre en cinquanteniuatre

GHËSELDEN — CH£SNAT£

maaàÊ^ Les ommges de Chesèlden soDt :

tke Ànatomp of*hunUm body; Londres, 1713, i&4*: cet ouvrage, souveiit réimprimé da TÎyant eliprèe la mort de l'auteur, a été longtemps refudé en Angleterre comme le meillenr Bianuel «l'anatomie ; la onzième édition est de 1778 ; — fnatise on the high opération of tke stone; Londres, 1723, in-S** : ce traité, qui recommande ktaHeao haut appareil, fut attaqué par Douglas, imraitear de cette méttiode; celuîK» accusa Cheiddende plagiat, dans un écrit intitulé : Lithotmus castratuSf or M. Chesèlden* s Treatise <m the Mgh opération examined; Londres, 1723, in-S**. Ces deux ourragee ont été traduits aifruiçais par Noguez : Nouvelle manière de fiiire ^opération de la taille pratiquée par Douglas, avec ce qu'a écrit Rousset, lé traité ie Chesèlden^ etc. ; Paris 1724 , in-12. Chesetéea ne tarda pas à abandonner cette méthode, et SBTit celle de Nau (méthode latérale), qu'il perfedioDna; — Osteography, or anatomy ofHhe tms; Londres, 1733, in-8». Ce traité d'ostéokgie, imprimé avec magnificence, fut encore attaqué par Douglas, dans ses Remarks on a late fmpous work; Londres, 173ô, in-S". On trouve tes les Transactions philosophiques plûtes mémoires de Chesèlden. Le plus remarqoable, poblié en 1728, a pour objet les sensatioDsd'on jeune homme de quatorze ans, aveulie dès Tenfance et recouvrant la vue à la suite dte opération. Ce mémoire, souvent cité par les praûcieDS , prouve que Chesèlden était aussi laliile observateur que chirurgien.

BateldiiMMi, Bioçraphif medieal. — àlklo, General biofrtfkt. - Éloy, IHct. hUU delà médecine,

cnsHAT {Alexandre-Claude Bbllier du), Mt fkviçais, né en 1739, mort en 1810. Après «voir été lieutenant des maréchaux de Franceci eaieor royal, il fut élu député à l'Assemblée lé|Mitive et maire de Chartres. Il fut un deséditàÉrs de ]&Bibliothèque universelle des dames, etpobiialeB 66 prenâers volumes de la Collection miverselle des Mémoires particuliers nlatijs à Fhùtoire de France; Paris, 178Sl79D,ia-8*.

(Krfrard, te Fnmee HUéraire.

CUMATB ( Nicolas DE Là } , écrivahi fran- Çiii, vivait an commencement du seizième siède. On le suppose auteur d'un ouvrage intitulé : b Iftfde santé, avec le gouvernail du corps ^mkn, la condamnation des banquets, et tmté des passions de Vdme; Paris (Yérard), iM*,sin8date;Paris(MichelLenoir), 151 l,m-4^

Domtfler , BM, française^ ao mot 'Nef. — FeUer, AcNMHMlr» historique, éflUon Welss.

camiATB on gheu atk dbsbois QFranfois-Alexandre Aubert de la), polygraphe ftaiçais, né à Emée, dans le Bas-Maine, le 17 jrflet 1699, mort à Paris, à l'hôpital, le 29 février 1784. Nous le voyons d'abord embrasser liTie religieuse, prendre le cordon de Saint- Fmçois, et le déposer quelque temps après pair eourir ea HoUande et se mêler à toutes les

controverses dont la viUe de La Haye était le théâtre. D revint dans la suite à Paris, où il vécut misérablement, travaillant à la journée pour des libraires, qui le payaient mal , ou pour les feuilles des abbés Granet et Desfontaines. La Chesnaye-Desbois avait de la facilité, de la verve, et n'était pas même dépourvu de quelque aptitude pour les travaux qui demandent de l'étude, des recherches, de la réflexion; mais il n'en tira pas tout le parti convcnaUe. La liste de ses ouvrages est fort longue. Les voici dans l'ordre où ils furent publiés : Correspondance historique, philosophique et critique entre Ariste, lÀsandre et quelques autres amis, pour servir de réponse aux Lettres juives (du marquis d'Argens) ; La Haye, 1737-1738, 3 vol. in-12 ; — Lettre à if«»« la comtesse D..., pour servir de supplément à Amusement philosophique du P. Bougeant; 1739, in-12; — r Astrologue dans le puits, à l'auteur de la Nouvelle astronomie du Parnassefrançais (de Neuville Montador); 1740, in-12; — Pamela (tradoct. de Richardson); Londres , 1742 , 2 vol. in-12 ; — Lettres amusantes et critiques sur les romans en général, anglois et français, tant anciens que modernes; Paris, 1743, in-12 ; — Lettre à M, le marq. de... sur la Mérope de M. de Voltaire (ou bien encore sous ce titre : Lettre sur la Mérope de Voltaire et celle de Maffei); Paris, 1743, 01-8"; — le Parfait cocher (ouvrage du duc de Nevers, mis en ordre et pid)lié par La Chesnaye-Desbois) ; Paris, 1744, in-8*' ; — Lettres critiques , avec des songes moraux sur les songes philosophiques de l'auteur des Lettres juives ; Amsterdam, 1745 , iD-12; — Dictionnaire militaire, ou recueil alphabétique de tous les termes propres à la guerre; Paris, 1745-1746, 2 vol. in-12, avec un supplément d'un volume; — Lettres hollandaises, ou les mœurs des Bollandais; Amsterdam, 1747, 2 vol. in-12; — JHctionnairê universel d^agriculture et de jardinage; Paris, 1761, 2 vol. in-4*; — Éléments de Vart militaire par d'fféricourt ( édition nouvelle donnée par La Chesnaye-Desbois ) ; Paris, 1752-1758, 6 vol. in-12; — Almanach des corps de marchands; 1753 et années suivantes; — Ordre naturel des oursins de mer et fossiles , traduction du latin de Théod. Klein; Paris , 1754, in-8» ; — Doutes et observations de M. Klein sur la revue des animaux faite par le premier homme, autre traduction d'après le même; Paris, 1754, in-8*'; — Système naturel du genre animal, par classes, familles et ordres , d'après la méthode de Klein, Artediet Linné; Paris, 1754, 2 vol. in-8<*; — Étrennes militaires; 1744-1759, in-24; — Dictionnaire généalogique, héraldique, chronologique et historique des maisons de France; première édition, Paris, 1757-1765»

5 vol. in-4*'; seconde édition, avec trois volu- , mes de Bodier; Paris, 1770-1786, 15vol.in-4%

GHESNATE — GHESNEGOPHORUS

touM le titre de Dictionnaire de la noblesse; — Œuvres militaires, dédiées au prince de Bouillon f par M. de Sionville; Charleville et et Paris, 1767, 4 vol. iii-12; — Dictionnaire raisonné et universel des animaux; Parifl, 1759, 4 vol. 10-4° ; — Calendrier des princes, ou état actuel de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe; Paris, 1762-1781, série de volumes in- 16 etin-12, dont IcH derniers sont intitulés : É trémies de la noblesse; — Dictionnaire domestique portatif; Paris, 1762-1763, 3 vol. in-8"; — Dictionnaire historique des mœurs , usages et coutumes des François; Paris, 1767, 3 vol. in-8»; — Dictionnaire historique des antiquités, cU'»

riosiles et singularités des villes, bourgs et bourgades de France ; Paris, 1769, 3 vol. in-12. B. HAunÉAU.

Barbier, Dict des anontmet. — B. Ilaaréan, Hiitoire littéraire du Maine. U IV.

CHESXB (Du). Voy. DUCHESNE.

<:hbsxkau {Jean ) , secrétaire du chevalier d'Aramont, ambassadeur de François P*^ à Constaiitinople, écrivit le récit de son voyage sous le titre suivant : Voyage de M. d*Aramont à Constant inople, en Vannée 1546, écrit par Jean Chifsneau, son secrétaire. Cet ouvrage, qui se trouvait dans la bibliot^ièque de Ilaluze, n" 94, est aujounrhui à la Bibliothèque impériale.

Lelong, BibUoth, htttor. de la France^ édit Fonlette.

CHBSXEAC (IS'icolas), cn latin Querculus, littérateur français, né à Tourteron, près de Youziers en Champagne, mort à Reims, le 19 août 1581. Chanoine de Saint-Symphorien , il publia plusieurs ouvrages d'iiistoireet de poésie. Les principaux sont : Hexastichorummoralium libri duo; Paris, 1552 , in-fol. ; — Epigrammatum libri duo y hendecasgllaborum liber , et sibyllinorum oraculorum pcriocha; Paris, 1552,in-4*'; —Nie. Querculi infortunan^jocantem Carmen heroicum , universam belli apud Belgas gesti historiam complectens ; Paris , 1658, in-8''; — Avis et remontrances touchant la censure contre les anti-trinitaires , traduit du latin du cardinal Hosius ; Reims, 1573, in-8**; -— Psalterium decachordum Apollinis et novem Musarum; Reims ,1575, in-8*; — Traduction de ^histoire de VÉglise de Reims, de Flodoard ; Reims, 1581, ln-4''.

Lelonff , Bibl. hist. de la Ptanee; éd. FoDtette. — RIchard et GIraaa, BWiothique $aerée.

GHBSiniAV (Nicolas), en latin QuercetanuSy médecin français, né à MarseUle, en 1601, mort vers la lin du di\-soptième siècle. Docteur de la Faculté de médecine de Toidouse , il publia les ouvrages suivants : Discours et abrégé des vertus et propriétés des eaux de Barbotan, en la comté d'Armagnac; Bordeaux, 1628, in-8''; — Pharmacie théorique; Paris, 1660 , in-8*; — 1682 , in-4* ; — Observationum medicinalinm libri quinquCf quibus accedit ordo remedioruM alphabeticw ad omnes fere morbos con-

scripius, ticut et epitome de naiura 9i «iri> bus luti et aquarum Barbotanenaium; Paris, 1672, 1683, In-S*»; Leyde, 1719, 1743, iii-4".

Éloy, Dictionnaire hitt^riqme de la médecine.

*CHESiiBCOPHOEUB ( /eon), médedn Suédois, né dans la seconde moitié du seiziène siècle, mort cn 1635. Il fht le premier professeur de médecine établi par le gouvemenicat à l'université d*Upsal. On a de lui : Une Jnttrwcf Ion, en langue suédoise, «ur la conduite quê Us voyageurs doivent tenir lorsqu'^ils irm;enmt un pays ravagé par Pépidémie; Stockholm, 1613, in-8^ ; — Dissertatio physica de cœh; Upsal, 1614, in-8'' ( — Dissertatio denatun; Upsal, 1615, in-8<*; — Dissertatio de Mima rationali ejusque facultatibus ; Upsal , 1618, in-8° ; — Dissertatio de plantis ; Upsal, 1621, in-8**; — îsagoge meteorologiea ; Upsal, 1614, in-8° ; — Dissertationes de physiologix cemtitutione; de prindpiis corpontm naturakm internis etexternis; de affectionibus corph rum naturalium intemis ; de tetnpore; it mundo; de stellis in specie; de eclipsi ioiis etlunx; de elementorum qualitatilnu ; é9 temperamentis; de metallis;de chrysopoeias de lapidibus ; de succis concretis et terris prt^ ciosis;de plantis; departibus hwnani côrjo^ ris similaribus ; departibus humani cofTWris inservientibus facultati naturali; et humoribus et spiritibus ; Upsal, 1624, faMP; de philosophie et logicx definitione et Artsione ex sententia Eamœorum; de oceuUii qualitatibus ; Upsal, 1625, in-S"; — cfeaHiiiis in génère; de vegetativa in specie; de ankmt sentiente; de sensibus extemis ; de sensibm intemis; de somno, somniis et vigiiia; di animx sentientis Jacultate motiva ; de anima rationali; de intellectu et udumtati; Upsal, 1626, in-8"; — XTxuxXoicaidsCa pkàlotû' phisB.Socratico-RameXy succinctis monitum»bus aphoristice comprehensa; Upsal, 1628t in-8** ; — Dissertatio de philosophia in centre, de distributione dialectica, deque arguMtnXi generibus;\i\i^\, 1629, in-8**; — DissefrUttio de nalura; Upsal, 1632, ia-4**.

Biographie médicale.

GHBSNRGOPHOEUs (/«on) , médedn safdois , né dans la province de Néricie, mort à Upsal, en 1655. 11 était tils du précédent, avec lequel on l'a quelquefois confondu. 11 fut insfi professeur de médecine à Tuniversîté d*UpsaL On a de lui un grand nombre de dissertatioai; publiées en partie avec son père, et dont les principales ont |)our titres : Diss. physica de physiologix constitutione;\]pédl, 1624, hi-8*; — Diss, physica de affectionibus corponm naturalium intemis ;\ïÀd., 1624,in-8**; — Disi. de temperamentis ; ibid., 1624, in-S*»; — Diss. de partibus humani corporis inservientïintt facultati naturali; ibid., 1624, in-8*; — - Disf. de somno, somniis et vigiiia ; ibid., 1626, iD-8*; — Diss. medica de causticis ; ibid., 1632, iii-f.

GHESTŒœPHORUS — CHESTERFIELD

KmtÊar, MÊtâieinitektt GêUkrtm-Uxicon. - Aio^ropkUméiécaU.

CHESKECOPHOEVS (Nicolos OU Ntels)^ ^uMiciste snédoiSy natif de la proTince de NéikiD, fhrait dans la seconde moitié du setzième nède. 11 étudia à Marhourg, où il deyint professeur et docteur en droit. En 1602 il Ait élevé par te rai de Suède Charles tX à la dignité de chancelier. Il remplit en 1610 et 1611 diverses misnoos diplomatiques en Danemarlc et en Allema- 9K. n proposa, dit-on , an roi de prononcer la dââiéaBce de ses droits et titres contre tout gentflboBime qui n'aurait pas (ait assez de progrès dans les sciences. On a de lui : Epistola admsus antiquarium Wiitenbergensem ; 1598; - Skâi och orsakeTf hvarfère sveriges Rikes Hânder ofsagt K. Sigismond sveriges krona (Eiposé des motifs qui ont engagé les états de Soède à 6ter la couronne au roi Sigismond ). Cet oorrage est Tapologie de-Charles tX, oncle de SlfpsDond.

GewUiu, Biograph. Ijexicon, — Adclooff, sdppl. ft JSdier, Àtlffem Get.-f^exUon.

ciESS* ( Robert) f prédicateur français, da temps de la ligue , se déclara ennemi forcené de Henri IV, après la mort de Henri III. Son ordre rkyaat envoyé en qualité de gardien des corde- Hmà Vendôme, il contribua, lorsque cette ville eut été livrée au duc de Mayenne , à soutenir feultation des habitants. Le roi vint en ftdre le siépau mois de novembre 1580 , et remporta iTasuat. Chessé fut saisi dans la chaire m^e de SiiBt-Martin, etpenduhrinstantpar les soldatsdu doc de niron. Voyant qu*on manquait de cordes, il délacha lui-même celle qui loi servait de œin* ton, pour aider à son supplice. Les cordeliers tentèrent comme un saint et un martyr. En 1789 sa tète était encore attachée h la tribune de roi^e do Téglise de Saint-Martin.

U Im , Dtetîonnûirê enefclùpëdigm dt ta France.

cansBL. Voff. Cassbuus.

cumuiPiBLD {Phili^M-Dormer-Stan-

Aope, comte de), né à Londres, en 1694, mort en

1773, câèlMre homme d*État et écrivain anglais.

fldébata sous les auspices de son grand-oncle,

lovd Stanbope, l'un des moteurs de la révolu-

ttoB de 1688, et qui devint ministre souâ Geor-

flHI*. Preequ'au sortir de réoole de Cambridge,

i entra aux communes, tandis que son père

iiégettt à la chambre des lords. Le crédit do

Un grand-oncle le poussa dans U faveur du

ptiOM de Galles, qui plus tard devint Geor-

ia n. Après plusieurs voyages à Paris , où il

tVBplit fort jeune une mission politique, Ches-

terfûd se trouva l'un des modèles reconnus de

h lodété anglaise pour l'esprit et les manières.

au communes y où il débuta, et plus tard à la

chimbre des lords, où l'appela la mort de son

père, il se fit écouter avec faveur; il y porta

kl qualités d'esprit qui donnaient tant de char.

ne à son commerce d'homme du monde , un

tact et une facilité singulière, toutes les gnftoes

di 9Mte et de rék)cution. A eo juger par ce

qui est resté de ses discours, il ne parait pas qu'il ait visé aux grands succès de tribune. D ne fut pas de la taille des Chatham et des Pulteney; la véhémence, les éclats de la passion, tout l'appareil de la guerre oratoire, lui répugnaient naturellement; mais s'il n'avait pas de quoi entraîner une assemblée, il avait mille secrets pour l'intéresser, pour y faire aimer sa parole, qui n'y franchissait guère le niveau d'une conversation , mais d'une conversation exquise, soutenue par la connaissance des affaires , et où le jugement gardait toujours l'équilibre sous les grâces de l'esprit II ne raisonne jamais mieux, disait un contemporain, que lorsqu'il est le plus spirituel.

Chesterfidd devint bientôt l'un des orateurs en renom du parti whig. Le chef de ce iiarti , le célèbre Walpole, était aux affaires; Chesterfield y entra bientôt, fût ambassadeur en Hollande et réussit dans sa négociation; aussi fut-il rémunéré de SCS services : il reçut l'ordre de la Jarretière, et fut nommé grand-maître de la maison du roi. Mais ses rapports avec Walpole furent troublés plus d'une fois par de^ dissentiments et des résistances, qui aboutirent h une rupture. Lord Chesterfield , à côté do sa morale sceptique, de ses habitudes de cour, de la souplesse et de la fkcilité de ses mœurs, garda toi^ours, si non une foi bien vive en politique, du moins un liou neur et une dignité de conduite supérieurs à tout intérêt d'ambition. Tombé en disgrâce à la cour, où il cessa de paraître, il soutint résolument son rôle à la chambre des lords. 11 y devint l'Âiue de cette fraction des whigs qui, scandalisés des •ttooès de leur chef, se détachèreut du ministère pour passer A l'opposition. Chesterfield soutint cette guerre pendant dix ans. Après la chute de Walpole, il accepta l'ambassade de Hollande (1744). Il s'agissait de décider cette république à nimpre sa neutralité et à prendre parti pour l'An^ctenT! contre la France. Son habileté consommée, son influence et ses anciennes lelalions dans le pais, le rendaient plus propre que personne à mener cette affaire. Il y réussit en effet; ce coup de maître lui rendît les bonnes grâces du roi. Lord Chesterfield reçut à son retour la vice royauté dlrlande, où II marqua son passage par des réformes, et fit aimer sa trop courte administration. La guerre, qui durait depuis huit ans entre les puissances, touchait à sa fin (1748); le traité d'AIx-U-Chapelle était près de se conclure , et ce fut A la veille de ce repos de l'Europe que le comte Chesterfield , devenu secrétaire d'État en quittant Dublin, se retirade son plein gré. 11 renonça aux affaires, n'ambitionnant plus rien, dit-il, que l'o^tim cumdignitate. Une se fit plus entendre au parlement qu'à de rares intervalles.

On a extrait des recueils et des publications périodiques de nombreux échantillons de sa critique morale et littéraire, des poésies légères, etc., etc., qui ont formé, aoua le titre

ŒESTERFIELD

de Mélange, deux Tolomes în^**. Il a été composé, en outre, d'antres recueils de ses discours et de ses écrits politiques ; puis une Taste collection de lettres, divisée en trois lirres ; écrits de toutes sortes, d*nn tour agréable et pleins de traits échappés à sa veine, ou butinés dans une érudition qui ne manquait ni de choix ni d'étendue, quoique très-circonsciite par les préjugés littéraires de son temps, filais cette facilité continue est souvent prolixe, et se ressmt des habitudes d'imiirovisation de l'auteur : c'est le sansfaçon du grand seigneur. Le temps a dérobé à ces pages presque tout leiu* intérêt et leur valeur. Un seul ouvrage, les Lettres de lord Chesterfield à son fils, ont conservé la célébrité de son nom ; le spirituel lord n'avait pas compté sur cette planche de salut pour sa mémoire. Ces lettres n'ont vu le jour qu'après sa mort, et, ce qui parait hors de doute, c'est qu'il n'eut jamais l'idée de mettre la postérité en tiers dans ses conûdences paternelles, de l'introduire dans cette espèce de cabinet de toilette où il costumait à si grands frais le fils qu'il voulait faire l'héritier de son rOlc et de ses succès. Ce fut une surprise faite à la vie domestique, et la réussite vint en partie de là ; mais le scandale alla de pair avec le succès. Le rigorisme auglicau s'eflaroucha d'une pédagogie si mondaine , de tant d'importance donnée à certains accessoires de l'éducation, d'une morale si accommodante, et de concessions si larges faites au plaisir et à l'ambition. La liberté grande avec laquelle il parle des manières anglaises scandalisa Non plus encore ces libres penseurs,' qui se vengèrent de Chesterfield en répétant le mot de Johnson : « Sa seigneurie prêche à son fils les mœurs d'une courtisane et les manières d'un maître à danser. » Pour qui Terrait en effet dans ces lettres un système d'éducation générale, il y aurait fort à se récrier sans doute; mais faut-il détourner l'œuvre du but et des intentions de l'auteur .'Lord Chesterfield pensat-il jamais à faire la théorie d'une éducation universelle? son élève est-il, comme l'élève de Rousseau , le futur citoyen d'une société imaginaire ? Non, assurément : lord Chesterfield élève son ûls pour son temps , pour sa condition, en vue d'une carrière toute d'exception. Il entreprit ' de le former pour le grand monde, pour la tribune et pour les ambassades. £n présence de tons les obstacles que devait lui susciter sa naissance, dans un pays comme l'Angleterre surtout (car ce fils était illégitime), le père n'a qu'une pensée, c'est de le rendre capable d'en triompher, à force de talents et de ressources. C'est là son tourment, et ce qui explique pent- Atrc le soin vraiment héroïque qu'il apporta à l'entreprise. C'était réparer ses torts de père autant qn'Q était en son pouvoir. Et on ne saurait pousser plus loin l'expiation! De son cabinet de secrétaire d'État ou de vice-roi d'Irlande, lord Chesterfield trouve le temps et la liberté d'esprit pour se faire le répétiteur des

études de son fils. Bientôt le père fàt 1 de ce côté : le jeune homme, envoyé sur le c tinent pour s'y perfectionner par les voy^ei^ montra de l'application et des connaissances précoces. Ce n'était là toutefois qu'une moitié de l'oeuvre ; la partie solide en était assurée, mtii le côté brillant, l'éducation mondaine réossissii beaucoup moins. Pour ceUe-d, Chesterfiddn s'en fiait guère au digne précepteur placé près de son fils ; il se chargea donc de ce noaveii cours. Mais il semait dans une terre ingrate. Soi rêve était de faire de son fils un ministre, un orateur, un homme accompli , enfin de cootinner o dynastie d'élégance et de courtoisie. C'était li un rêve! En vain le pauvre père lui criait-îl avn angoisse : « Les grâces, les grflces ! n'oubliei pas les grâces! Si vous y mettez quelque sois, elles seront, disait-il, plus vite à vous qoe femme qui a quelque vertu et quelque répel»' tion. » Stanhope, hélas! ne put jamais juger de la vérité de la comparaison paternelle. Il bImpirait à aucune conquête, si ce n'est à celle de quelque Elzévir ou de quelques curiorités pov son cabinet d'antiquaire.

Mais il restait encore au pauvre père une espérance , c'était Paris : c'était U qu'on pooviit croire encore au miracle d'une métaroorphoee. Chesterfield se rappelait à quelles mains il était redevable de l'avoir formé lui-même. Qnelqiie fée parisienne ne pouvait-elle opérer le mèiM charme sur son fils ! n arriva donc à PaiiSy mien recommandé que jamais , remis aux mains dei plus habiles maîtres, n'ayant que le plaisir pour toute prescription, pour toute étude. « Les pdilK soupers, les bals, lui écrivait son père, aoit maintenant vos écoles et vos universités... Ae sacrifiez plus qu'aux grâces, immolex-kur dei hécatombes de livres. » Et ailleurs : a Lisez plutôt, disait-il, avec un bon sens qui eût channé Montaigne, lisez phitôt dix hommes qoe vii^ vieux livres. » Mais ce qu'il appelait de tons ta vopux, c'était une MU passktny et pour arriver à ce résultat tant désiré, que ne fait-il pas, le pauvre père? U suit son fils de Tœfl dans toolei ses démarches, l'anime, le pousse, le talooae; il deviendrait au besoin amoureux pour loi...

Telles furent pour lord Chesterfield leschaigei de sa difficile paternité ; il alla jusqu'à aimer luimême ce gauche et indolent chevalier, ci peu tenté de combattre; sa vieille souiilesse lui servit beaucoup , pour prendre , malgré sa poeitîoa et son âge, les fonctions du plus obligeant, do plus empressé des écuyers. Dira-tpon que ce dévouement alla trop loin? Bfais il laut faire U part des circonstances, cette part que Chesterfield fit toujours. Après plusieurs années de séparation, Chesterfield ne râistaplusaudésirdejuger enfin des choses par ses propres yenx. Il n'y a que sa plume pour peindre l'état d'anxiété oiï le jetait l'approche de cette entrevue, r J'attends ce moment, dit-il , aussi tremblant qu'une jeune fiOl attend la première nuit de ses noces.

CHESTERFIELD — GHËTARDIE

liope enfin arrive en Angleterre, et le pauvre père épTonve la plus cruelle des déceptions.

Maia œ ne Tnt pas tout : un autre mécompte devait encore frapper Chesterfiekl dans son amoar-propre patôîiel. Ce fils ne réussit pas uieiix avec les tiommes qn'il n'avait fait avec les femmes. En vain s^était-ii appliqué au droit poMic dans^les ooors d'Allemagne;, il s'en revint de tons ses voyages échouer complètement à la chambre des communes , que lui ouvrirent la bourse et le crédit de son père. Il n'y eut plus pour ebesterfleld alors que le r61e d'homme résigné , et il fit} envoyer son. fils comme résident dms quelques petites cours d'Allemagne.

La correspondance paternelle ne se relâclia pas durant cette dernière période, et c'est la po- Uique qui en fait à peu près tous les frais.On y remarque un contraste frappant avec les autres lettres. L'intérêt s'y élève souvoit à la hauteur de lldstoire. La scène y est animée par des luttes iMnes d'ardeur. Pitt, depuis le comte de Cha- Iham, livre ses batailles au parlement; le roi Fréd^ livre les siennes ; c'est le drame de la guerre de sept ans avec toute l'émotion du moment Mais les luttes de parti dans l'arène parlementaire sont le spectacle favori de ce vieil HUète. Cette partiedes lettres de Chesterfield suffi à fiûre connaître sa portée comme homme d'État Le coup d'œil qu'U jette sur les événements , ior la situation des États de l'Europe, est d'un politique éminent; il prédit de très-loin la ruine de la Pologne et la révolution française. Certes, lord Chesterfield ne fut pas seul à en avoir le pressentiment ;] mais la date à laquelle il parle doit être remarquée (1753), non moins que la solennité prophétique du langage, qui n'était pas ordichez lui. « Tout ce que j'ai jamais renï dans l'histoire, dit-il, de symptômes avant- \ des grands changements et des révo- IntloBS existe et s'augmente de jour en jour en nnanœ. » —Lord Chesterfield essuya dans un Age peu avancé toutes les infirmités de la vieillesse. Un de ses maux dut lui être particulièrement cruel : fl Ait frappé de surdité; lui dont l'oreille athénienne avait tant goûté les jouissances de la conversation, il fut obligé de se retirer dans le silence et la soUtode ; mais jusqu'à la fin possédé du besoin de plaire et d'être compté, il continua de tous côtés ses correspondances, toujours leste, toujours spirituel. Une nouvelle collection de ses lettres diverses a été publiée il y a quelque temps. On y retrouve sa grftce, ses C léme n ts, sa verve ; mais son caractère achève de s'y laisser voir : caractère faussé par la vie sodale et les besoins de la vanité, âme sèche, esprit sceptique, le plus délicat enfin de tous les é^oisles. « Chesterfield, a dit un de nos critiques, Alt rélève de Vontenelle pour le style, de Hobbes pour la pbiloeophie, de La Rochefoucauld pour robsenration. Les ouvrages de lord Chesterfield entponrtHreiidvieetoAisson, Paris, 1815,in-8''; ~ 1 en françab, sons le titre de IMWcfe vitre

heureuxdans la société /JLansanne, 1781, in*12; Dresde, 1799, in-S*" ; — Ail Letters written to Ms son; Paris, 1789, 4 v. in-8% et 1815, 4 v. in-12; traduites en fhmçais, sous le titre de Lettres de lord Chesterfield à son fils; Amsterdam et Paris, 1776, et Coulommiers, 1812, 4 v. ia-12; — a Choice seleeted from the letters of the ' late earl oj Chesterfield to his son; Paris , 1822, in-12. Ahédée Renée.

p0iNiy-Cy«tofMrdia. — IMaity. Wtoflord CkeHer- JUU, - Lord Oxford . fTovki , toL I, p. m.

GHËTARDIE ( JoacMm-Trotti de Là ), théologien français, né en 1 636, au château deLa Chétardie, diocèse de Limoges, mort à Paris, le l*' juillet 1714. Après avoir demeuré plusieurs années au séminaire de Saint-Snlpice, à Paris , et étudié en Sorbonne, où il se distingua par ses talents, il fut nommé à la cure de Saint-Sulpice. En 1702 on lui offrit l'évéché de Poitiers, mais il ne voulut point l'accepter. Il avait fait une étude suivie de l'Écriture et des saints Pères; les instructions qu'il faisait régulièrement à ses paroissiens sont pleines d'onction et de solidité. Clément XI, qui avait pour sa personne et pour ses ouvrages une estime singulière, chargea le cardinal Palucci, nonce en France, de l'assurer du cas qu'il faisait de ses talents et de ses vertus. Le pape ^adressa à La Chétardie un bref daté du l'' juillet 1713, dans lequel il dit : « Nous lisons volontiers vos « ouvrages,convaincu qu'ils necontiennent qu'une « doctrine saine et solide, et qu'ils ne respirent a que la piété et l'attachement à l'Église et au « saint-si^e. Nous désirons vivement que vous « soyez bien persuadé que rien ne peut nous être « plus agréable que de trouver les occasions de « vous marquer nos sentiments d'estime et le « grand cas que nous faisons de votre vertu et de « votre probité. » Les sollicitudes pastorales n'avaient pas empêché La Chétardie de publier plusieurs ouvrages, dont voici les titres : Tiipocalypse expliquée par Vhistoire ecclësias^ tique; Paris, Giflart, 1702 et 1707, in-4° : « on « y admire, disent les journalistes de Trévoux, a autant l'érudition de l'illustre auteur que sa « pénétration. Ce judicieux et savant commen- R taire sur la partie la plus obscure de l'Écriture « Sainte sert encore plus à éclaircir le livre qu'A « l'orner » ; — Catéchisme , ou abrégé de la doctrine chrétienne, ci-devant intitulé : Catéchisme de Bourges; — Homilix in Evangelia, in quatuor partes divisx; Paris, Mazières, 1707, 4 vol, in-12. Selon les journalistes de Trévoux, a personne n'a mieux compris « que l'auteur en quoi consiste la perfection dt la « véritable beauté de l'homélie » ; — Retraite pour les ordinants, ou traité des dispositions qu'on doit apporter aux ordres; Paris, Mazières, 1707, 2 vol. ïn-y^',—- Entretiens ecclésiastiques, tirés de V Écriture Sainte^ du Pontifical et des saints Pères, ou suite de la Re* traitepourlesordin(mts;V»xiB, Madères, 1712, 2 volumes in-12. Ces deux ouvrages sont très*

estimables, par la netteté et l'érudition qui y régnent. A. D.

Biographie dêt howmêt iUmstret d«i LlMMitin» int.

GHÉTAEDIB ( Le cheralier diLâ ), littérateur français, nevea da précédent, mort au commencement du dix-huitièma siède. On a de lui :

Instructions pour un jeune $ei§neur, ou Vidée d'un galant homme; Paris, 1700, in-13; — Instructions pour une jeune princesse, ou idée d^une honnête femme ; Paris, 1701, in- 12 ; Amsterdam, 1708, ayec V Éducation des filles de Fénelon.

Vltrao, FetêiUê kêbd^ ITSI.

GHéTAEDiB ( JoacMm-Joequêt Trotti, marquis DB La ), diplomate français, né le 3 octobre 1 705, mort le 1*' janvier 1759. Après ayoir débuté, dès rage de seise ans , dans la carrière militaira, il fut nommé vers 1727 à l'ambassade d'Angleterre. Le bonbeur avec lequel, malgré sa jeunesse, il occupa cette haute position lui valut d'autres missionsdiplomatiques, en Hollande eteo Prusse. Enfin, en 1740, il fut envoyé à Saint-Pétersbourg. Anne IvanoYoa régnait encore, ou plutAt Biren régnait sous le nom de cette Ikible princesse. La Cbétardie, qui trouva le favori trèahostile à la France, résolut de le renverser ; mais quelques mois plus tard le maréchal de Munich lui en épargna la peine, et fit arrêter Biren, qui après la mort d'Anne avait pris le titre de régent La Cbétardie ne trouva pas Munich et la nouvelle régente mieux disposés pour la France que le duc de Gourlande. Cependant la guerre venait d'éclater en Allemagne, à la suite de la mort de Charles YI. Il était très-important de priver de l'appui de la Russie l'héritière de Charles VI, déjà soutenue par l'Angleterre. Pour arriver à ce but il fallait renverser la régente et Muuich. La Cbétardie favorisa donc le parti d'Elisabeth , prodigua l'argent, et, au moyen de Lestocq, chirurgien français attaché à la maison de la fille de Pierre le Grand, il dirigea toute l'intrigue qui porta cette princesse au trône. Après le succès du complot, il fût le premier à présenter au peuple la nouvelle impératrice, et fut nommé chevalier de Saint-André et de Sainte- Anne. Sa fkvciir ne (ùt pas simplement politique. Elisabeth, voluptueuse à l'excès, et qui selon le maréchal de Munich n'était contente qu'autant qu'elle était amoureuse, admit dans son intimité le jeune ambassadeur. La Cbétardie se déroba bientôt à cette fantaisie impériale, et partit pour la France en 1742. Son départ laissa le champ tibrc aux agents de Vienne et de Londres , dont le diplomate français avait «jusque là déjoué les plans. Le chancelier Bestoujef frrt acheté par l'Angleterre, et travailla à rapprocher la Russie et l'Autriche. D'Allion, qui remplaça La Cbétardie dans les foncions délicates de ministre de France en Russie, Ait loin d'exercer sur l'impératrice la même influence que son prédécesseur, et les négociations languirent entre ses mains Uiexpétfanentées. Le odiiiiet de Versailles renvoya, sur

CBÉTARDIE — GHEVALIER

la demande d'Elisabeth elle-même, La Cbétardie à Saint-Pétersbourg. Tout le monde crut à II disgrâce de Bestoiûef , qui néanmoins 4»anrint i se maintenir. La mission de l'ambassadeur avait pour objet principal de faire servir l'influenos de la Russie à la pacification de l'Europe, partagée alors fiatre les intérêts de Chartes VUel ceux de Marie-Thérèse. Déjà le diplomate français avait persuadé à l'impératrice d'accéder an tmité de Varsovie en qualité de roédiatrioe»

lorsque Bestoiûef résolut de traverser œs nég»ctatioas. U fit assassiner un courrier de Tambassadeur, et interpréta ses dépêches dans on sen si défavorable qu'Elisabeth renvoya sur4e-chain|i La Cbétardie. Celui-ci fut exilé à son retour en France, en punition de son échec diplomatique. Cette disgrâce ne fut pas de longue durée. Apfèi avoir servi quelque temps à l'armée d'Italie m qualité de lieutenant général, il fut envoyé comme ambassadeur auprès du roi de Sardaigne en 1740. Pendant la guerre de sept ans, La cSaétardie obtint un commandement important» al mourut à Hanau.

LéTMqao. Mitt, 4e Buuie. - Chopin, HuHie, lUns VVnivert pUi.

CBETWOOD ( Guillaume- Rttfus ), auteur dramatique anglais, né au commencement du dix-huitième siècle , mort en 1766. Après avoir été quelque temps libraire à Covent-Garden, 9 fût pendant vingt ans souffleur au théâtre de Drury-Lane. A foi'ce de voir jouer des pièces, U devint, sinon acteur lui-même, du nioius un assez bon professeur de déclamation. Il composa aussi quelques pièces de théâtre, savoir : the Stock'Jobbers f or the humours of Exchange alley; 1720, in-8« ; — South-Sea; 1720, m-S»; —Lover*sopera^j 1729, fai-8";— Cc?tcrottf>Veemason; 1731, in-S". On a encore de Chetwood une médiocre histoire du théâtie, sous le fStre de A gênerai ffistory o/the stage,

BUt{fraphia dramatiea,

CHETWOOD ( Knightly), théologien aagliiSy né à Coventry, en 1652, mort en 1720. Nommé préboidier de Wells, rect^mrde Broed RlsshigtoB, dans le comté de Glocester, archidiacre d'York, il fîit appelé par Jacques II au siège épisoopal de Bristol en 1688. La révolution, qui siintal presque aussitôt , lui enleva cette dignité aTant qu'il eût été consacré évèque. Sous la reine Anne, il tai fait doyen de Glocester, et il ooeopait encore cette place lucrative lorsqu'il mourut. On a de lui : la Vie de Wentivorth, conUe de Roscommon ; — la Vie de Virgile et la pré' face placée en tète des Bucoliques dans la tm* duction de Virgile par Dryden; —)a Vie de Lycurgue, traduite de Plutarqne, dans la traduction générale de cet auteur publiée à Cambridge en 1683 ; — un discours à la chambre des communes et un grand nombre de petits poèmes.

Oorton. General btoffraphieal diciienarf,

CHBTALET (Antoine), Voy, Chivàlet.

«GHBTALiBA (Etienne), ambasaadeur M trésorier de France, né vers 1410, mort le

CHEVALIER

3 lepfembro 1474. n était filt da Jean Cbevalier, téaétMîn du roi en 1423. Etienne commença inr lerfir en qualité de secrétaire et maître de b diimbre aux déniera, parmi les officiers du CQBétaUe Artus de Richeraont Noua le troufOM rerèUi de ce douUe titre, dans un compte (1) utatique de 1434. Attaclié jenne encore au terrifie du roi lui-même, il fut ensuite et succcMifameot maître des comptes clerc (2), le 15 aott 1449 ; contrôleur de la recette générale des finiBoes du roi et trésorier do France, le 20 mars 1452. Etienne sut se concilier la confiance de ce prince, qui l'admit dans son intimité et lui con- Mm jusqu'à son dernier jour une fayeur parti csBin. En 1445, Etienne Chevalier fit partie de fonbassade qui se rendit en Angleterre pour ■ifocter la paix , sous l'autorité du comte de YcDddme, prince du sang (3) et d'autres grands fcnoonages du royaume. En 1450, Agnès Sorel m mourant désigna Etienne ChcTalier, aTec Jaeqnes Cœur et Robert Poitevin, sous la surôtendance du roi, conune exécuteurs de ses dernières yolontés. Les ordonnances des rois de France et lieaucoup d*actes inédits du trésor des chartes, de 1442 à 1461, principalement Rhtiis aux finances, portent le visa, la signatore ou la mention d'Etienne Chevalier, soit cttnme notaire du roi, soit comme trésorier de Fnnce, soit enfin comme membre du grand conseil. Charles vn en mourant lui donna un iMgnage suprême de sa distinction, en le uoimant à son tour parmi ses exécuteurs teslUMUtaires. Après lamort de Charles YII, il vint ^ Paris; et le 4|août 1404 il se dirigea vers le châtettdcMehun-sur-Yèvrc, où se trouvait encore la d^nuQle mortelle du roi, afin de loi donner la se- P<iHDre.!^lais le gouvcmcordeMontargisrarrôta^ Pv ordre de Louis XI. Cependant, Etienne Chevalin fut du petit nombre des hommes de bien fût après avoir loyalement servi le père, trou- Tèient grâce auprès du fils. Le roi le fit bientôt fdieher, lui rendit ses places, ses pensions, et

(UCti^pte parUttuiier dé RoMn Jiêniiot, rweevêër

"** «mtcf de« bois de$ forêts de rouvent et de Mta-

****(; ptmr très-haut et tris-puissant prince monset-

^f^le eomte de Bichemontt etc, commençant à ia

f^^t^ekoM BaptUU Van mil ////« XXX,.. et fints-

*■( é MMMoMi /este.,, mU lill^ XXXr,

* A EMeone cbefaUer, «ecrétaire et maIsUv de la

**— > W| nx deniers de mondlt aelgneur, par awtjnia-

^*lal fileté par lettres de mondlt lelgncur.... pour

I e*iiertlr aa palenent des galgeti des offleten de mon*

I *id|ocv,... la somme de einq eens vingt Hvrca

f '■•noti». pour an an aeolement , commençant à Pas-

l 2>fs ria mu III|o XXX tlij... et finissant à semblable

\ fie- «(Us. de ia Blbllotbeqae Impériale, supplément

>«Kaii.B*iiu,toJ. 89.)

n La distlnetioD dea conseillers clercs et conseillen

"Ves était dès lara purement d*ordre et nominale.

^ kUres de proTtslons portent : a Nonobstant qnMl

^ lay. » (Voy. Godefroy, HUt, de Charlet yil,

Ptilll. )

(VU relaUon Inédite et très-curieuse de cette am- "•"•fcttoas a été conservée dans le manuscrit de ^■UloUièqw Unpértale de Paria, n* 90STJ ( Baluie ). ■>01tU u à vr. Cette reUUon parait Stre écrite ou aa- '"^ éc la nain de Gvillaume Gousnror ( oop. ce *^)etdtUeBne Cbevaller.

ne tarda pas à l'employer dans ses propres affaires. Ce fut lui qui, en 1463, réunit et porta, comme trésorier de France , au duc de Bourgogne, au nom du roi et par les mains du comte d'Eu, les quatre cent mille écus, montant du racliat des villes de la Somme. Louis Xf , en l4Grj, se servit encore d'Etienne Chevalier, lors (le la ligue (iu6ten public^ et lui témoigna sa satisfaction, en soupant chex son trésorier, dans un hôtel élégant que celui-ci avait fait construire k Paris, rue delà Verrerie, entre les rues du Renard et Barre-du-Bec. Etienne Chevalier fut également chargé par Louis XI d'une ambassade auprès du pape Paul U, en 1470. Il mourut, enfin , dans toute sa prospérité , après avoir obtenu la survivance de ses riches emplois en fiivcur de Jacques Chevalier, son fils, qui perpétua son opulence eu mémo temps que sa postérité.

Etienne Chevalier était originaire de Meluu ; il posséda et porta le titre des seigneuries d^Êprunes, du Vignau et du Plessis-le-Comte, situées dans leiMelunois. 11 avait épousé Catherine, fille du Dreux-Budé, garde du trésor des chartes et secrétaire audiencier de la chancellerie royale. Catlierine mourut jeune, et le précéda ûans le tombeau, le 24 août 1452. Etienne Chevalier s'ac(|uit de son vivant une renommée durable et dont les traces sont encore sensibles , par la manière libérale dont il employa sa fortune et par les monuments des arts dont il avait le goAt (1). Il fut honoré comme le bienfaiteur de Notre-Dame de Melun, qu'il enrichit d'une statue d'argent doré représentant la Vierge-mère et de beaucoup d'autres joyaux ou meubles sacrés. C'est à lui , selon toute vraisemblance, qu'il faut rapporter l'érection des monuments de Loches et de Jumièges consacrés à la sépulture d'Agnès Sorel et le monument funéraire de Charles VII à Saint-Denis.

L'église de Notre-Dame de Melun a possèlé jusqu'à la révolution française un riche dyptique, peint sur bois , qui représentait d'un côté une Notre-Dame (2), et de l'autre Etienne Chevalier, agenouillé devant safait Etienne, son patron.

Suivant une tradition, fort inexacte sans doute, cette image de la Vierge aurait été peinte sous les traits et à la ressemblance d'Agnes Sorel (3). Lui-même Ait inhumé dans cette église, et fut représenté, ainsi que sa femme, sur une

(1) Ce goût des arts parait s'être transrois héréditairement, arec les olurges financières . parmi les descendants de cette famille. J'ai vu an Mans, en 184S, dann le cabinet de M. d'Eiipauinrd , un très-beau plat émalllé du sriziéme siècle et signé Courtois, auK armes des Clievalier, dont le principal emblème éUlt une licorne assise.

(1) CbromoUtbographlée dans le Moffem àçe et la renaUsanee de Séré ; tome v, d'après une copie dn nnséc VanErtborn a Anvers; n" 106 du livret de ce musée.

(8) V07. l'onvrige inUtulé Portraits des persmmaget français les plus illustres du seiiième tiécley par J. Nlel; Paris. Lenoir. 184S et années suivantes, lo-fol.; tome II, article GounuR (Artiu), IHgrêitUm mr gueiquet efUgie» d^Jgnit Sor§L

CHEVALIER

Si6

Urne de cniTre ]aime. Son portrait ayait été également peint dans un livre d'Heures fort prédeox, qui contenait en outre TefOgie du roi Charies YII (1). Quarante feuillets détachés et ornés y de ce manuscrit liistorique, sont aujourd'hui en la possession de BL G. Brentano La Roche, à Francfort-sur-le-Mein (2).

YaLLET de YnUYILLE.

Godefroy ( Denyt), HUMre dé CharU$ VU, rog dé France, etc. ; TParts, Imprimerie royale, IMI, In^fol. : figures. — Grésj ( BoRèDe \, Recherches sur Us sépultures récemment découvertes en l'égliu Notre-Dame de Melun, suivies d'une dissertation sur les prétendues amours d'jiçnis Sorel et d'Etienne Chevalier, Melunois; MeloD. Michelin. i84S, In-B», fleures. - M. de Barante. Histoire des ducs de Bourgogne, 18», tome VIII, pages 163 et SSI.

«GHBVALiu (^.), musicien fhmçais, vivait à la fin du seizième et au commencement du dix-septième siècle. Musicien de la chambre do Henri lY, et Tun des vingt-quatre violons de la bande de Louis XUI, il fut un des plus habiles compositeurs de son époque, pour la musique instrumentale , et surtout pour la musique de ballet. De 1587 h 1617 il composa trente-trois ballets pour les fêtes qui furent données an'Louvre, à Fontaineblean et h Tours, par Henri lY, Louis Xni , la reine Marguerite et Blarie de Médids.

Le Bas , DictionnairiB encgelopédiquedé la France. — ¥ùt\s. Biographie universelle des musiciens.

CHETALiEE {\Antoine' Rodolphe) ^ phUokjgue français, né à Montchamps, près de Yire, en 1.S07., mort en 1572. Il apprit l'hébreu sous Yatable, se fit protestant , et fut appelé en 1559 à r Académie de Genève pour y enseigner cette langue. Nommé bourgeois de Genève , il fut rappelé à Caen par ses compatriotes en 1564; revtet à Genève en 1565, et obtint en 1567 on congé définitif pour retourner à Caen. Des persécutions religieuses Tempéchèrent de séjourner longtemps dans cette ville. Il passa en Angleterre, où il enseigna, dit-on, le français à la reine Éllsabetli. 11 professa quelque temps Thébreu à Cambridge, retourna encore à Caen, qu'il quitta de nouveau à la suite de la Saint-Barthélémy, et alla mourir à Guemesey.

On a de lui : Rudimenia linguas hebrcUcœ; Genève, 1567, 1590, i592,in-8<*; — Notx in Thesaurum lingux «anc^a;, de Pagnin. Ces notes estimées se trouvent avec celles de Jean Mercier et Corneille Bertram dans les éditions du Trésor de Pagm'n faîtes à Lyon en 1575, in-fol.; Genève, 1614, in-fol.; — Epistola dM PauH ad Galatas, syriace litteris hebraicis cum versione latina AntonH Cevallerii, à la suite de

(1) Vo7.GodefrO7,:ii0eiteil de Charles m, page 880-1; B. de MontfaucoD , Monuments de la Monarchie /rançoise, tome III, plancbes XLVII, figure 8, et UV, figure 10 : Gréay . Recherches sur les séfuttum, etc., planches llthographlées l, s, 4 et B.

(1) Voy. La Renaissance des arU é la cour de France, etc., par le comte Léon de Laborde, Paris i8iO, IB-S*, page 188 : et Hefflner, Traekten des ChriesUichen

mittel attert ; Manabelm. i8«8 et années snlTantet, tn-4«, lOflBe U, plancbe 8 et page 8.

la grammaire hébraïque; — Targum hierauh lymUanum in Pentateuchum, latine , es versione Ant. Cevallerii , dans la Bible polyglotte d'Angleterre, dans Tan 1657 ; — Targum pieudo-Jonathanis in Pentateuchum laHmf nunc primum editum, ex versione AnimM Cev€Ulerii, dans la m^ne Bible poly^kitte; — Targum Jonathanis in Josue^ JudiceSf iArm Regumy Isaix , Bieremix^ EzeMeUs et XI!

minorum Prophetarum, latine, ex veniom Alphonsi de Zamora, a Benedicto Aria Mmtano recognita, et ab Antonio Cevallert»

emendata; ibid. Chevalier a fait enoore en v«n hébraïques Tépitaphe de Calvin, qui se trooie avec les Poésies de Bèze, imprimées à Genèf^ en 1597.

NIcéron, Jlfèmoires pour servir à rkittotre des hmmes illustres. - Senebler, Hist. littéraire de GenéÊS,

CHEVALIER (François-Félix) ^ littéralar français, né à Poligny , en 1705, mort en 1800. Maître des comptes à Dôle et membre de rAademie de Besançon, il consacra une grande partie de sa vie à l'étude des antiquités de sa viUe natale, et publia le résultat de ses recherches soei le titre suivant : Mémoires historiques sur la ville de Poligny; Lons-le-Saulnier, 1767-170, 2vol.in-4°.

Qaérard, la France littéraire.

GHBTALiEE (Guillaume D^), poète fimçaîs, né dans la seconde moitié du seizième siède, mort vers 1620. Attaché à la cour d'Henri IV, fl publia quelques ouvrages médiocres et qfà n*ont aiyonrd'hui d'autre prix que leur rareté, savoir : le Décès, ou la fin du monde ^ ditisé en trois visions; Paris, 1584, in-S*" ; — la Se' nommée sur la naissance de monseiffneitr k dauphin; Paris, 1601, in-4'*; — la France swr Vacddent arrivé à Leurs Majestés le 9 juiâ 1606; — Philis, tragédie en trois actes; 1609; — /a Vertu sur la tombeau d*Urawie; 1610; — les Ombres de d4funts sieurs VUleaux et de Fontaine, où il est amptement traité des duels , et des moyens de les arrê' cher entièrement ; et delà vaillaneet aàilat exactement montré en quoi elle consiste;

la Croix dn Maine et Duverdler, «JWoM.. U.1I.- Goq}et. BibL française. - Colletet, ^iat (manueriMi) des poètes français, àli bibliothèque da Lonvre.

GHETALiER ( Guillaume) , poète firançâit né au commencement dn dix-septième siècle, i Saint-Pierre-le-MoAtier, en Nivernais, mortven 1670. Docteur ai médedne, fl cultiva la poésie avec peu de succès. On a de hii : Œuvres on mélanges poétiques, où les plus curieuses rfretés et diversités de la nature divine H Anmoine sont traitées en stances ^ rondeaux^ sonnets et épigrammes; 1647 , | iii-6* : le livre ne tient pas tout ce que promet le titre. « Une anagramme, dit Goujet, un acrostiche, grand nombre de petits vers, enfermés dans des fleurs de Us, à qui le poète donne le nam bizarre de stance pyramidale , le tool à te

CBœVALIER

du roiy forment une bonne partie de ce »; — /a Poésie sacrée, ou mélanges foitijws, en vers latins et français , étéfkSfete., traitant des mystères de IVotre-Seir Snaer Jésus-Christ, des panégyriques et vies assainis, des grands-jours tenuSà Clermont aAwiergne; Paris, 1669, iD-12.

GomcC. BiMMkèq^ê française, t. XVI. p. 88.

«GIBTALIBE {Ignace )', historien français, BOrt Ters la fin du dix-septième siècle, après ramée 1668. H était sous-prieur de la commuoatéd'ÉTron, dans le bas Maine, quand H fut dngé de former un cartulaire avec les titres coBttnrés dans le cbartier de Tabbaye. Ce cartulaire est aujourd'hui à la bibliothèque du presbytère d'Évron. Ignace Chevalier rédigea hd^ntaie, d'après les pièces quil avait recueillies, ime Histoire de Vabbaye de N.-D, d'Ému, qui est demeurée manuscrite. On peut la eoontter à la Bibliothèque impériale; Résidu k Saint-Germain, paquet ni, n"" 8. B. H.

Gteolt, NoUcé historique sur Êvron, — B. Haoréan, m. m, du Maine, t, 111.

ORTALiBR {Jean), littérateur français, né à FdBkdj, en 1 587, mort k La Flèche, le 4 décembre 1644. Préfet du collège des jésuites de La Flèche, il composa les ouvrages suivants, qui lui assu- Rit une place distinguée parmi les poètes latins (h dix-septième siècle : Lyrica in Patres Sodétant Jesu in oram Canadensem transmittoidos;La Flèche, 1635,in-4<' ; ^ Prolusiopoe- I tica, seu lihri carminum keroicorum, lyriconm, varionmquepoemaiumfljà Flèche, 1658, IN*; réhnprimé sous le titre de Polyhymnia, «a variorum carminwn libri septem; La Wk, 1647, ln-8^.

Ictar. BibUùth. hist. de la France, édit. Fontelte.

CUTALIER (Jean), écrivain français, né en HlO, dans le Perche, mort à nie Saint-Christoplie, en 1649. Il était de Tordre des Jésuites, et piUia : Réponse d'un ecclésiastique à la lettre ^me dame religieuse de Fontevrault, sur un A6eUe imprimé sous ce titre : Factumpour les ftiigbtux de Fontevrault, touchant les diffénads dudit ordre; Paris, 1641, in-4»; — Vie k Robert d'Arbrissel, fondateur de V ordre de hntevrauld; La Flèche, 1647, in-8* : c'est une traduction de l'ouvrage latin écrit par Bauldru, ^véque de Dol, sous le titre de : Fontis-Ebraldi Uirdkum,complectens opuscula duo, cum notsMonibus de vita Roberti de Arbrisello.

Ukmg, BibL kUL de ta Fr., édlt. Fontette.

*€IETAL1BE ( /. ), auteuT comique et acteur fiii(8is,mort en 1674. On manque de détails sur SI biographie ; il fit partie de la troupe qui jouait aothé&tre du Marais, et ses écrits ne donnent pas tue excellente opinion de la r^larité de ses Btnin. n a composé diverses pièces de théâtre «loi ont été imprimées de 1661 à 1668 ; plusieurs d'entre dles, la Disgrâce des domestiques, le Cartel de Quillot, les Galants ridicules, le Mdat poltron, sont en vers de quatre pieds; Tlntrigue des carrosses à cinq sous est co-

ROUV. BIOGB. mnVBRS. — * T. X.

rieuse , parce qu'elle rappelle l'entreprise du marquis de Roanez , qui en 1662 obtint un privilège pour l'exploitation de voitures à cinq sous, partant à heures fixes et allant d'un quartier de Paris k l'autre. C'étaient les Omnibus, qui depuis ont réussi avec édat; mais au dix-septième siècle ils disparurent bientôt, ne laissant d'autre trace que la pièce de Chevalier, jouée avec un succès passager ; —/04i4motir5cfe Calotin, lGr>4, renfennent« quelques détails sur Molière. Le thé&tre de ChevaUer est d'ailleurs rempli de quolibets indécents, d'équivoques inconvenantes , de tririalités qu'on tolérerait à peine sur des tréteaux du dernier ordre; il montre combien le goût du public parisien était peu délicat au cummencement du règne de Louis XIV.

Bibliothèque drawuUique de M, de Soleinne, 1 1, p. 817 .

GHBTALiKR {Jean-Damicn), médecin français, né à Angers, vers 1700, mort en 1770. Reçu docteur àla Faculté de médecine de Paris en 1 7 1 8, il se fit connaître par ses démêlés avec Silva, au sujet de la saignée, et fut envoyé à Saint-Domingue avec le titre de médecin du roi. On a de lui : Réflexions critiques sur le Traité de Vusage des différentes saignées, principalement celle du pied, par Silva; Paris, 1730, m-12;— Ergo a diversa causa moventur cerebrum et dura meninx; Paris, 1736, in-4**; — An vini potus salubris? dissertatio; 1745, in-8» ou in-4»; — Lettre à M. Desjean, sur les maladies de Saint-Domingue ; Paris, 1752, iu-12 ; --Lettres sur les plantes de Saint-Domingue; Paris, 1752, in-8'*; — Chirurgie complète; Paris, 1752, 2 vol. in-12.

iloj. Dictionnaire historique de la médecine. — Qaérard, la France iméraire.

*GHBVALIBH (Jacques-Louis-Vinccnt), ingénieur-opticien français, né ai. Paris, en 1770, mort vers 1840. Il améliora considérablement les instruments :de mathématiques , et surtout les instruments d'optique, n est le premier qui ait exécuté le microscope achromatique dont Enler avaitdonné la théorie, et uui soit parvenu à achromatiser le .microscope solaire à focus variable.

Le Bas, DiéL encpc. de.la France,

«GHBTALiBB { Jean-Gabriel- Augustc), ingénieur-opticien français, né à Mantes-sur-Seine, en 1778, mort en février 1848. Il succéda à son père et à son onde, opticiens, établis depuis soixante ans à la tour de l'Horloge, à Paris. On lui doit, dans la fabrication des lunettes, du baromètre et du chronomètre, quelques inventions et perfectionn^nents, pour lesquels ii reçut des mentions honorables aux expositions de l'mdustrie. Il a publié : Instruction sur Vusage des cadrans solaires horisontaux et universels; Paris, 1805, in-S*»; — Instruction sur la mar

nière de se servir de la chambre obscure ;

le Conservateur de la vue; Paris, 1810; —

Essai sur Vart de Vingénieur en instruments de physique en verre; 1819, ibid., in-8^

GUTOT DE FÈEE.

Qoyot de Vért,Statisi, des lettres et des sciences.

CHEVALIER

CHETALIBE (A'ico/os), antiquaire Trançais, né à Sedan, dans la seconde moitié du dii-septiènie siècle, mort vers 1720. Ministre protestant, il fut forcé, par la révocation de l'étlit de Nantes, d'aller vivre en Hollande. On a do lui : Histoire de Guillaume ÏIÏ, roi d'Angleterre, par médailles, itucriptions et autres monuments; Amsterdam, 1C92, in-fol.; —Description d'une antique pièce de bronze, avec une description de la chambre des raretés de F auteur; Ma. y 1G94, in-12; — Dissertation sur les médailles frappées sur la paix de Rys* tvick; ibid., 1700, in-S"; — Lettre écrite à un ami d'Amsterdam, sur la question si Van 1700 est le commencement du dix-huitième siècle, avec un almanach perpétuel, frappé en médailles; ibid., 1700, in-12; — Description de la pièce d^ ambre gris que la chambre d^ Amsterdam a reçue des Indes orientales, pesant 182 livres, avec un petit traité de son origine et de sa vertu; itnd., 1700, in-4*; — Explication de deux calendriers perpétuels, composés suivant le Vieux et le IS'ouveau Testament; ibid., 1700, in-S" ; — le Jubilé universel de l'an 1700, publié par la bulle d'Innocent XII, du2S mars 1699, ou considérations sur cette bulle pour montrer l'abus des jubilés qui se célèbrent depuis quatre cents ans dans l'Église romaine; ibid., 1701, in-4*; — Description delà chambre des raretés de la ville a'L'trccht; 1707, in-fol., réimprimé sous le titre de Recherches curieuses d'antiquités reçues d'Italie, de Grèce et d'Egypte, et trouvées à jMmègue, à Santen, à Wittenbourg, à Britton et à Tongres, contenant aussi un grand nombre d'animaux, de minéraux, de plantes des Indes, qu'on voit dans la chambre des raretés d'Vtrecht ; Utrecht, 1709, in-fol.;

— Relation des campagnes de l'an 1708 et 1709; Utreclit, 1709, in-fol.; 1711, in-4'; — Relation des fêtes données par le duc d'Ossone en 1713, pour la naissance du prince Ferdinand de Castille; Utrecht, 1714, ln-8**.

Quérard, ta France lUtiraire.

CHEVALIER {Paul\), théologicu hollandais, mort le 7 mars 1796. Professeur de théologie et d'histoire ecclésiastique à l'université de Gronin^e, il a publié Six discours ecclésiastiques sur quelques vérités Jondamentales de la morale, 1770.

hfMer,' Biographie univenelUf édit de M. Welss.

CHEVALIBE ( Thomas) , chirurgien anglais , né dans la seconde moitié du dix-huitième siècle, mort en 1824. Professeur d'anatomie et de chirurgie au collège royal de mé<lecine à Londres, il publia les ouvrages suivants : — Introduction to a Course of lectures on the opérations of surgery; Londres, 1801, in-8*;

— a Treatise on gunshot-wcunds ; Ibid., 1801, iii-12.

Bote, Biographlcal dietUmarif.

*cu(TÂLUUi (M.)j iogâneuMiiécaiiiden à

Paris, mort le 24 décembre 1800, fut emploi, en 1794, par le comité de salut public, à la liibrication des poudres. 11 oflHt alors à la Corn- ▼ention un fusil portant boit chargea, cl m trouva compromis, après le 9 themiidor, âmê llnsurredion du 12 germinal. Ayant temlé une fusée inextinguible, il en fit pufaUquenMil l'essai le 30 novembre 1797. Ses opinioni ré|in blicaines le firent, sous le consulat, jeter en pri aon , où il était encore lorsque éclata le conpkl de la machine infernale. Quoique le minstre de la police, Fouché, ne pût guère se trompir sur les véritables auteurs de l'attentat , Il lU^il de croire que le coup partait des jnoobîns , d Chevalier fut traduit devant une militaire, condamné et mis à mort comme plice d'un crime qui n*était ni le sien ni de son parti.

Le Bas, DM. encyclop. de ta firmneê.

;cBBVALiBB (Michel), célèbre français , est né à Limoges, le 13 janvier 1806. A dix-huit ans il fut admis à l'École polytechnique, et en sortit deux ans après, pour entnr à l'École des mines. 11 était atùudié, oomme iigénieur, au département du Nord, loniqneéctali la révolution de 1830. Doué d'une î»naghyitiiM vivo et d'un cœur généreux , il se laissa, comme tant d'autres, séduire par la célèbre formoie da saint-simonisme : A chacun selon sa cofùcité ; à chaque capacité suivant ses cnwfw.

Il lit adhésion à la doctrine en adressant la 11 et le 25 septembre 1830, au journal U Gtakt, son organe ofliciel, deux articles, dont le pnmier était intitulé : la MarseUlaue; le seooad, Dieu est l'architecte des natione, Qudqae temps après il accepta la direction de œ jQS^ nal|, renonçant ainsi à une carrière admlnUntive aussi sûro qu'honorable. Nul à cette épih que, parmi les adeptes, n'avait en effet au même degré les aptitudes diverses que rédamait ubp semblable position : chaleur du style, verve infatigable, puissance de travail peu oomumae, connaissances positives et vari<^, M. Chevalier avait toutes les qualités nécessaires poor donner im grand éclat à la prédication écrite qu'il allait entreprendre. On sait quelle fut h destinée du saint-simonisme : l'autorité , après avoir longtemps assisté iiiacUve à ces attaqnai continuelles contre la religion, l*État, la sodëCé et la famille, après avoir toléré au delà de ce que pennettait la liberté, même au lendemain d'une révolution faite en son nom, les étiai^H représentations de la rue Monsigny,qul devaieel donner un avant-goût des destii^ de la femme libre, l'autorité s'émut enfin devant une tentative d'emprunt qui s'adressait surtout aux petites bourses, à l'épargne de l'ouvrier. Les scellés (tarent apposés sur la maison de tome BHonsigny, cl des poursuites dirigées contre les membres da sacré collège. Ainsi renvoyés de rétabUssemeid qu'ils avaient fondé au centre de Paris, etprifiéi de leur moyen de propagande le pins efficace^ kf

Ml

CHEVALIER

nta^ltlD0IlieIl8 se retirèrent dans une maison iiolée ao sommet de la me Méniimontant. Ils y cootinoaient leurs prédications et travaillaient en même tonps à la rédaction d*une sorte de testatatde la doctrine sousle titre du Livre nouveau, krsqoe, à la suite de dénonciations plus ou noins fondées sur des scènes d'une moralité douteoae dont leur nouyel asile aurait été le théâtre, h jnstice, provoquée en outre par les théories de ph» en plus étranges du Globe sur la famille, se dédda à une mesure de rigueur qui devait être le ONip de grâce de la secte. La maison de Ménil- MStant ftit fermée à son tour, et le père suprême èit comparaître, avec ses cardinaux, devant la eoord'assiseSySous la double accusation l*' d*avoir commis, dans un ccrtam nombre de numéros du Globe, le délit d'attaque à la morale publique; f d'avoir sans autorisation préalable, et en vioblioo de l'art 291 du Code pénal, formé une réu- Bba permanente de plus de vingt personnes.. Déclarés coupables par le jury, ils furent condamnés I oDe détention plus on moins longue, et M. Midid Chevalier notamment à un an de prison, eomuie auteur ou éditeur responsable des articles 'ncriminés. Cette condamnation acheva ce que la vite réaction du bon sens public, un instant surpris par la nouveauté de la doctrine et le rôle te apôtres, avait vigoureusement commencé.

Ui membres de la flunille se séparèrent pour rentrer dans le monde, où ils ont eu des fortunes averses, et le saint-simonisme passa du donafae des f^ts dans le domaine de l'histoire. Après l'expiation de sa peine, dont le gouveme- BMBt avait abrégé la durée de]moitié, M. Cheva- Bar, convaincu de la nécessité de se rattacher à otte société dont 11 avait été le plus véhément ^^▼enaire, eut la bonne idée de se ressouvenir à^ son anden état et d'aller firappcr à la porte <h ministère des travaux publics, où le rédacl^orenchefdu Globe n'avait pu faire oublier le JCQOc et brillant ingénieur du département du Kwd. Toutefois, comme l'administration ne pou- ^ sans violer certaines convenances, le remuer inmiédiatement dans le service actif, k. nders , sur la proposition de M. Legrand , lOQs-secrétaire d'État, le chargea d'aller étudier vu États-Unis les voies de conummicatioa et artout la question des chemins de fer, qui se kvait alors, avec un certam éclat, à l'horizon du Qimde jndustriel. M. Chevalier partit vers la in de 1832. Des diverses villes qu'il parcourut te son voyage, U adressa au Journal des l>ébaU une série de Lettres sur V Amérique du ^onf, qui attirèrent vivement l'attention. C'était itprânière fois que la constitution, les mœurs, fa vie politique, la vie industrielle de ce peuple te grandes et mystérieuses destinées étaient ^bidUs avec cette sûreté de coup d'œil, avec cette i>CKité pénétrante. A son retour, après une ilwaioe de deux ans , pendant lesquels il avait ^iâé r Amérique septentrionale » le Mexique et ^ Haune, il réonitces lettres^ et en composa

deux volumes, avec une introduction, qui fhrent publiés en 1836. Cette publication valut à son auteur les suffrages spontanés des hommes les plus éminents. M. Gallatin lui fit dire que c'était le tableau le plus graphique et le plus vrai de Vétal social de, VAmérique, M. de Humboldt lui écrivit que son livre pouvait être considéré « comme un traité de la civilisation des peuples de l'Occident ».

Les Lettres sur VAmérique du Nord devaient être suivies de Lettres sur VAmérique espagnole, dont le Journal des Débats avait publié des fragments; mais elles sont restées jusqu'à ce jour dans le portefeuille de l'écrivain, peutôtre pour n'en jamais sortir. Cette même année ( 1836 ), il reçut du gouvernement la mission d'aller étudier en Angleterre les effets de la crise commerciale qui s'était déclarée aux États- Unis. Trois jours après son arrivée à Londres, il fit, en revenant la nuit d'une séance du parlement avec M. de Bourqucney, alors chargé d'affaires de France, une chute de voiture très-grave, qui mit pendant quelque temps sa vie en danger. Ce ne fut qu'après quelques mois de séjour dans le midi, et aux eaux des Pyrénées, qu'il put se rétablir complètement. En 1838 M. Chevalier publia, sous le titre des Intérêts matériels en France, un second ouvrage, dont le succès égala, s'il ne le dépassa, le succès des Lettres sur VAmérique du Nord. Ce livre, que l'on peut considérer comme le programme des grandes améliorations dans l'ordre des intérêts matériels dont le ministère de M. Mole voulait doter le pays, est une étude à grands traits, vivement empreinte de la riche imagination de l'auteur, des avantages que devaient assurer à la France l'achèvement de SCS voies de communication fluviales, terrestres ainsi que l'ouverture d'un vaste réseau de cliemins de fer. Ces deux publications avaient fait à M. Chevalier une réputation qu'il n'a peu^êtrc pas accrue depuis; aussi personne ne fot-il surpris lorsqu'en 1840 le gouvernement l'appela à la fois au conseil d'État , au conseil supérieur de l'agriculture et du commerce et à la chaire d'économie politique, laissée vacante au Collège de France par M. Rossi, nommé membre du conseil royal de l'université. Quelques mois après, il fut, en outre, promu au gradedlngénieur en chef des mines.

M. Chevalier sembla vouloir reconnaître en quelque sorte ces diverses faveurs et confirmer les titres qu'il s'y était faits, en publiant, peu de temps après, son grand ouvrage sur V Histoire et la description des voies de communication aux États-Unis. Ce vaste travafl, qui s'adresse à la fois à l'ingénieur et à l'homme d'État, est l'exposé méthodique des recherches les plus détaillées, les plus mhiutieuses sur les routes, les canaux, les. chemins de fer de l'Union- Américaine, sur leur histoire, les conditions techniques de leur établissement, leur prix de revient, leur produit net et brut, les droits, taxes.

CHEVALIER

péages attachés k leur exploltatîoii, lenr Influence sur l'industrie et le commerce , sur le déyelopliiement des relations sociales, enfin sur les progrès de la dvilisation morale et matérielle dans ce pays priTilégié. Conciliant les soins qu*aTait exigés une publication aussi considérable avec les exigences de son ensagnement au Collège de France et de son concours aux délibérations du conseil d'État, M. Cheyalier trouvait encore le temps de préparer pour le Journal des Débais, à la rédaction duquel ii était attaché depuis la fin de 1835, pour les matières industrielles et d'économie sodale, de nombreux articles, qui le firent classer de bonne heure parmi nos publicistes les plus féconds et les plus substantiels. Le domaine de la politique pure ne lui restait pas pour cela étranger ; il en donna la preuve par la publication; de sa Lettre à M. Mole sur ou plutôt contre les fortifications de Paris, A notre sens, M. Chevalier n'aurait peut-être pas dû intervenir dans une question étrangère à ses études, et qui ne pouvait être débattue utilement que par les hommes spécialement chargés des intérêts de la défense nationale. Ajoutons que l'opinion a décidément prononcé contre lui, et qu'aujourd'hui J*aris place de guerre est plus que jamais l'an des titres les plus considérables de M. Thiers à l'estime du pays.

Le cours de M. Chevalier au Collège de France réunissait une jeunessenombreuse , avide d'entendre le successeur de lliomme éminent qui, en acceptant la chaire de J.-B. Say, n'était pas resté inférieur aux glorieuses traditions de ce maître de la science en France. Le premier volume de son Cours d'économie politique parut en 1842, sons le nom de M. Broët, son collaborateur au Journal des Débats, Le professeur y développe les thèses suivantes : « La liberté est liée à l'industrie ; — L'élévation de toutes les classes de la société est liée au développement de la puissance productive;— Réfutation des objections élevées contre l'accroissement de la production; — Les machines; leur rôle dans les travaux industriels ; — Idem, réponse aux objections ; — Idem, leurs inconvénients;— H faut accroître la production; — de la balance du commerce; — Situation monétaire de la France; — Des voies decommunication : routes, canaux, chemins de fer. » Le deuxième volume, publié en 1844, estconsacré à l'examen des questions d-après : « Comparaison des voies de communication entredles; — Del'intervaitiondn gouvernement dans les travaux publics; — De l'application de l'armée aux travaux publiés; de la production ou de la concurrence et dell'assodation. » Le troisième, imprimé en 1850, sous le sous-titre la Monnaie, est le traité le plus complet qui existe sur la matière. Les rensdgnemcnts historiques surtout y abondent, et sont habilement choisis. Peut-être seulement legrettera-t-on dans qudques chapitres de ce livre, si pldn de faits et didées» l'absenoe de

oes séduisantes qualités de style qui les autres pulilications de Tanteor.

En 1845 M. Chevalier fut du dépoté, «fie l'appui du gouvemement,'dan8 on des ooU^BS di l'Aveyron. Sa conduite à la chambre fiit réservée et modeste. On: ne le vit point r erlwf f W l'occasion de prendre la parole , et kmqol liil amenéà parler, ce fut toqjoors dans des discussions où ses études spéciales hd permettaiol d'intervenir utilement. Biais les éledenn de l'Aveyron ( où sont établies, comme on sait, lei grandes forges de Decazeville), inquiets des doctrines de libre échange que leur repiéecafid commençait à soutenir à cette époqœ dioi le Journal des Débats, et lui attriboant» i tort diton, un artide fort remarqué , par lequd cette feuille demandait une forte rédodîoi des droits sur les fers, ne renouvelèrent pu son mandat en 1846. A partir de ce moment M. Chevalier n'hésita plus à arborer le drapeau du libre échange, et il entra dans celle nouvdie voie avec l'ardeur impétueuse qui caractérise toutes ses convictions. Activement mMé à Vagitation dont les doctrines de liberté oonmerdale furent l'oliiet en France en 1847, il partagea avec M. Bastiat et M. Ch. Goqueiin la direction du mouvement.

La révolution de Février vint tout à coup fanposcr silence aux économistes, pour susdtâ'dff orateurs et des discussions d'une autre natore. Pendant que la sodété politique, ébranlée dans sa base, se voyait imposer une forme de soiivemement pour laquelle, de l'aveu même dss vainqueurs, die n'était point encore mûre , la sodété industridle entendait avec effroi un membre influent du gouvernement renouvder contre die, du haut d'une tribune olBdeUe, eo laee d'un auditoire d'ouvriers sans ouvrage et sa» pain, les mêmes anathèmes que, dix-huit ans au|)aravant, le saint-simonisme lui avait laooées. M. Chevalier ( et c'est l'ade le plus honorable de sa vie publique) ne craignit pas d'entrer en lice avec un adversaire qui disposait des sympathies d'une foule aigrie et de toute h puissance d'un gouvernement dictatorial. Dans une série d'articles de la Retme des Deux Mondes^ intitulés Question des travaiUeurs, û attaqua les doctrines du Luxembourg (sur l'ofigairisationdu travail avec.l'autorité irrésistible de la sdence , de la raiion et des faits , ne laissait aucun doute dans les esprits sur leur impossibOité pratique.et sur les immenses dangers qo*eiles (Usaient courir à l'organisation sodale. n oontinna cette savante et courageuse déduise des droits du capital et du travail dans ses belles Lettres sur Vorganisation du travail, adressées m Journal des Débats et publiées plus tard sont la forme d'un volume qui eut rapidement plusieurs éditions. M. Chevalier paya, comme il devait s'y attendre, de sa chaire au Collège de France cette libre manifestation de sa pensée sor la qnestioo , la plus menaçante pour l'ordre,

CHEVALIER -* CHEVANES

pour les intérêts delà prodactioDy poar la cÎTi- %Mtioii tout entière, qui ait sargi après FéTrier. Llistitot (Académie des sciences morales et po-> ttiqnes) en rappelant, en 1851 , dans son sein oommeDçarcEUTrede réparation d^ane rigueur isBOiéritée et impolitiqae. Elle fiit achevée par k prinee-président, qui réintégra le savant éconôiitedans sa diaire dn Ck>llége de France et rajfdiao conseil d'État en 1852. Aussi M. Ghevaikr se fit-il un devoir, lorsque le prince visita, a 1852, le midi de la France, d'aUer le féUdter à k tête dnoottseU général de l'Hérault, dont il éliil président, et nous devons dire que la franchise et râévatîon du langage qu'il tint dans cette drooostBDoe lui auraient vahi, s*il ne l'avait possédée déjà, Testime du chef de FEtat. Aujonrdliui M. Chevalier se partage lentre les tra- ▼aax du consei] d'État et de Hnstitiit, son «nse^piement au Collège de France et sa coUabonUkm au Journal des Débats, à la Revue des Deux Mondes et au 'Journal des écono-^ mutes. Parmi ses titres scientifiques les plus récents, nous citerons son Bxamen du système tmmercial connu sous le nom de système protecteur j où û défend le principe du libre échange, principalement* par des considérations tirées de la morale et de la liberté. Nous devons égdement mentionner sa savante polémique, dans les revnes et à l'Institut, avec M. Léon Faucher, sur les conséquences probables de la baisse dn prix de Tor par suite de l'aflluence extraordinaire de ce métal prédenx en Europe depuis la découverte des mmes californiennes et aus- Irdiemies. On sait que M. Chevalier soutenait que cette baisse appelle un prompt remède dans lea États où Tor sert de monnaie; et que M. Faucher, «i contraire, considérait cette baisse comme «n snnpieincident, dont Teffet doit diminuer progressivement, sans apporter dans la circulation on trouble sérieux.

Void la liste exacte des' publications de M. Chevalier : Lettres sur VAmérique du Nord, avec une carte des États-Unis d^Amérigue; Paris, Ch. Gosselin 2 vol. in-8*, 1836; 2« édition, 1837 ; 3- édit, 1838 ; — des Intérêts matériels en France : travaux publies, routes^ canaux, chemins de fer; Paris, Ch. Gosselin, 4* édition, 1839, in-18; — Histoire et description des voies de communication des États- Unis et des travaux qui en dépendent ; Paris, Ch. Gosselin, 1840 , 2 vol. hi-4*, avec un atlas in-folio et une table analytique et alphabé' tique des matières; publiée en 1851^ chez Capdle; — Cours d^économie politique fait au Collège de France; Paris, Capelle, 1842-1850, 3 Yol. in-S*" ; — Lettre à M, Mole sur les fortifications de Paris; 1840, in-8*; — Essais de politique industrielle, souvenir de voyage : France, république d^ Andorre, Belgique , Aliemagne; Paris, Ch. Gosselin, 1848, in-8'*; — F isthme de Panama, suivi d^un aperçu sur Fisthme.de Sues; ibid., 1844, in-8<*, avec une

carte; — de r Industrie manttfacturitre en France; Paris, Capelle, br. in-18; — Lettres sur l'organisation du travail , ou études sur les principales causes de la misère et sur les moyens proposés pour y remédier; Paris, Capelle, 1848, un fort vol. grand in~18; — Question des travailleurs : tamélioration du sort des ouvriers, les salaires, Vorganiso' tion du travail; Paris, Guillaumin et comp., 1848, br. in-16; — la Liberté aux Étais-Unis; Paris, Capelle, 1849, in-8*; — Examen du système commercial connu sous le nom de système protecteur; Paris, Guillaumin et comp.»

1851, 1 vol. in-8°. A. Legott.

Documents pmrUeuUtrt,

GHBTJXiu (Pierre). Voy. Thévehot ( Mdchisédech).

GHBTALLIBE. Voy. LsuiSVRE.

GHBTANBB (Ntcolos), écrivain français, né h Anton, dans la seconde moitié du seizième siède, mort à D^on, vers 1654. On a de lui : Mausolée dressé à la mémoire de M. César -Auguste de Bellegarde, baron de Termes; Lyon, 1621, in-4»; — Auédpaaviat, sive de duplici unius episcopi in eadem diœcesi sede, disquisitiojwriâtco'historicay dté par delà Mare, dans son Conspectus histor. Burg, Le même de la Mare dte encore trois écrits composés par Chevanes pour la défense des religieux de Ctteaux contre ceux qui voulaient introduire la réforme dans cette abbaye.

Papillon, BibL des auteurs de Bourgogne.

GHBVAHBS (iJocques-Auguste) , jurisconsulte français, fils du précédent, né à Dqon, le 18 janvier 1624, mort le 29 novembre 1690. Reçu avocat en 1645, pourvu en 1648 d'une charge de secrétaire du roi en I» chancellerie près le pariement de Dijon, il se distingjda au barreau, et s'occupa spécialement des affaires eodésiastiques. H voyagea en Italie, et se trouvait k Venise dans le temps du célèbre tremblement de terre arrivé à Rajguse lo jeudi saint de l'année 1667. On a de lui : Coutumes générales du pays et duché de Bourgogne], avec les annotalions de M. Bégat , président, et du sieur de Pringles, avocat audit parlement, revues, corrigées et augmentées de plusieurs arrêts, auxquels on a clouté les notes de M. Charles du Moulin; 1665, 10-4*^; — des vers grecs et latins en tète des Dialogues de Charles Fevret de Claris Fori^Burgundici oratoribus} — une lettre latine, ibid.; djautres vers latins en tète du Traité de Vabus du même Fevret, 1654 ; — Relation (inédite) du tremblement de terre arrivé à Raguse en 1667. Le conseiller de la Mare, dans son Conspectus histor. Burg,, attribue à Chevanes les ouvrages suivants. : Pietas, seu de vita et scriptis Nicolai Chevanei , /. C.

divianensis, parentis sui, liber; — de Vita et scriptis CaroHFevreti, J C, divionensis, con^ mentariiu; — de Joannis Menesterii, insignit nottra istate apudnotaHtiquarii,9ita,

267 CHEVANES

moribus et seriptis, epUtola ; — Joannis Lacumœ, rerum capitalium in Ameto Ducensi pra/ectura qusrêitoris, vUx breviarium ; — Histoire de ta Sainte •Chapelle du roi à Dijon ^ de sa liberté y de ses prérogatives , justifiée par les titres tirés des archives de Véglise^ du trésor des Chartres de France ^ et de la chambre des comptes de Dijon,

Boohicr, Histoire des commentateurs de la' Coutume du duché de Bourffoçne. — Papillon , Bibliothique des auteurs de Bourgogne. "*

GHBTAifBS (Jacques) j religienx français, frère du précédent, né à Autun, vers 1608, mort m 1678. Il entra dans l'ordre des Gapucin3,et s'adonna aux travaux de la chaire. On a de lui : Les entretiens curieux d*ffermodore et d'un voyageur inconnu, divisés en deux parties, par le sieur de Saint-Agran; Lyon, 1634 , in-4" : Tauteur n'était encore que novice lorsqu'il composa cet ouvrage, pour la défense de Tétat religieux contre Camus, évèque de Belley, qui y répondit, en 1635, par les Éclaircissements de Mélitonsur les Entretiens; — Conduite des illustres , ou les maximes pour aspirer à la gloire d'une vie héroïque et chrétienne; Paris, 1657, 2 vol. in-é* ; — les Justes espérances du salut^opposées au désespoir du siècle; Lyon, 1657, 2 vol. in-4*; — Harangue funèbre de Louis- Gaston- Charles deFoix de la Valette, duc de Candale ; Dijon, 1658, in-4»;

— Oraison funèbre de Jean-Baptiste-Gaston de France, fils d'Henri le Grand; Lyon, 1660, in-4°;— Vammtr eucharistique victorieux des impossibilités de la nature et de la ma* raie , contenant plusieurs discours pour Foctave du Saint-Sacrement; Lyon, 1666, in-4*;

— l'Incrédulité savante et la crédulité ignorante , au sujet des magiciens et des sorciers, avec la réponse à un livre intitulé:

Apologie pour les grands personnages qui ont été faussement soupçonnés de magie'; Lyon, 1671 ; ia-4*.

rie de saint François d? Assise; Dijon , 1878, In^* ; — Wadtng. Scriptor. ord. Min. ^ PaplUon , Bibtiotkéqm des auteurs de Bourgogne.

GHETAMO (....|)»aTdiéologiie français, né à Chartres, vers 1748, mort dans la même ville , le 9 mai 1826. Après avoir été longtemps notaire, il quitta cette profession pour s'appliquera l'étude des antiquités de sa ville natale. On a de lui i Histoire de Chartres et du pays chartrain; 1802,2 vol. in-8*'.

FieUer. Biogr, univ., édlt.'de M4WeUi.

GHETA88IEU b'AUDBBBET, médecin français , vivait à Versailles au commencement de notre siède. H concourut à la rédaction des Éphémérides médicales, et publia les ouvrages suivants : Exposé des températures ^ ou les influences de Vair sur la constitution et les maladies de l'homme et des animaux et ses effets dans la végétation; Paris, 1803, en trois tableaux in-fol. ; — * Exposé des températures, dOÊS kquel en iraUe par aphorismêi des di-

- GHEYERT Ml

vers états de Vatmosphkre et de Vii^uenee.

des airs et des pays sur r homme , les animaux et les plantes ; Paris, 1803, in-fol. ; — des Exanthèmes épizootiques, et particulièrement de la clavelée et de la vaccine rapprochée de la petite véroU humaine; Paris, 1804, in-8"; — des Inondations d'hiver et d'été f ou traité de V humidité par rapport à r homme et aux animaux; Paris, 1806, iii-8*. . Qainrû , la France littéraire.

GHBTASSU (Joseph), théologien français, né à SaintrClaude, eo Franche-Comté, le 6 novembre 1674, mort dans la môme ville, le 25 octobre 1 752. Nommé curé de la paroisse des Rousses, dans le diocèse de Saint- Claude, il publia, en gardant l'anonyme, les ouvrages suivants : Catéchisme paroissial; Lyon, 1726, in-12; — Méditations ecclésiastiques tirées des épUres et évangiles qui se lisent à la sainte messe tous les jours et les principales fêtes de Vannée; Lyon, 1737,

4 vol.'in-12; 1743, 5 vol. in-12; Besançon, 1820,

5 vol. in-12 ; — Méditations chrétiennes, avec une pratique de piété; Lyon , 1746, in-12 ; — Méditations sur la Passion ; Lyon, 1 746, in-1 2 ;

— Abrégé du Rituel Romain, avec des instructions sur les sacrements; Lyon, 1746, in-12; — Prônes pour tous les dimanches de Vannée; Lyon, 1753, 4 vol. *, — Méditatiom sur les vérités chrétiennes et ecclésiastiques , par M***, curé du diocèse de Saint-Claude ; Lyon, 1751, 5 vol.; 1763, 1781, 6 vol. in-12.

Éloge de Ckgvassu, du P. Joly ; dint VHittùir% de te prédication, — Qoérard , la France littéraire,

CBBTERT ( François de ), général fVançais , né à Yerdun-sur-Meuse , en 1695, mort à Paris, en 1769. n appartenait à une famille fort pauvre, et devint orphelin presqu'en naissant. A Tâge de onze ans, il suivit un régiment qui passait à Verdun, et parvint, malgré sa jeunesse, à se faire engager. En 1710 (il n'avait alors que quinzn ans ) il fut nommé sous-lieutenant dans le régiment de Beauce. En 1741 il était parvenu au grade de lieutenant-colonel, après avoir pànaé successivement par tous les grades intermédiaires. C'est en cette qualité qu'il fit la campagne de Bohème. Au siège de Prague, il commandait les grenadiers choisis pour l'escalade. Au moment où l'on posait la première échelle , il assembla les sergents de son détachement, et leur dit : « Mes amis , vous êtes tous braves , a mais il me faut ici un brave à trois poils, » a Le voilà, » ajouta-til en s'adressant à Pascal, sergent au régiment d'Alsace, n Camarade, » contioua-t-il en nK)ntrant à Pascal l'angle rentrant d'un bastion, « tu monteras le premier, je te A suivrai. Le factionnaire te criera wer da (qui A va là) ? ne réponds rien. Il lâchera son coup de (t fusfl, et te manquera; tu tireras, et le tueras. » La chose arriva comme il l'avait dit. Chevcrt entra le premier dans la ville. Le roi le nomma brigadier. Lorsque le maréchal de Belle-Isie quitta Pragoe avec son armée, dans la nuit du 16

CHEVERT '- GHEVERUS

âu 17 décembre 1742, Cbevert y fot laissé avec dU-hiiit ceats honmet sealement, les malades et les oonyalescents. Avec une aussi faible garniaon, il soutint le siégo quelque tenips..Mais eiifio , œ poaTant plus résister, il voulut au moins sortir avec les honneurs de la guerre. Il écrivit au prinoe liObkowitz, général en dief de Tarmée autrichienne, qu'il allait faire sauter la ville, et périr sous ses décomlnes avec la garnison et les ba- UtantSy si on ne lui acoordait pas une capitulation honorable. Il obtînt tout ce qu'il demanda. n servit ensuite avec distinction en Daupbiné et à rarroée dltalîe. Il f\it créé maréchal do camp en 1744, et lieutenant général en 1748. £n 1757, KTftce à une babilc manœuvre qu'il commanda, il décida le succès de la bataille d'Hastmbeck. A la tête de seize bataillons et des volontaires, fl reçoit Tordre d'attaquer le bois qui couvre la gandie des ennemis : il aperçoit le marquis de Brehsnt, colonel de Picardie ; il le prend par la msin, et Id dit : « Jurez-moi, foi de cbevab'cr, que voDS et votre régiment vous vous ferez tons tuer jusqu*au dernier plutôt que de reculer. » L'enneini , protégé par l'épaisseur de la forêt , tire impunément sur les Français. Laval- Montmorency, Bnssy tombent (morts , avec un grand nombre d'officiers. Cbevert parcourt les rangs; quelqu'un lui fait observer qu'il a oublié de prendre sa cuirasse : « Et ces braves n'en ont pas I » dit-n en montrant ses grenadiers. Il se met à leur tête , enfonce les ennemis , les contraint à quitter les sommités du bois pour descendre dans la plaine et d'abandonner le champ de bataille. Cbevort cessa d'être employé en 17C1, à cause de sa vieillesse. Il avait été nommé commandeur en 17&4, et grand'croix de SaiuMiOuis en 17j8. Il fût enterré à Sain^£ustache, où on lit encore aiqonn]*hni cette épitapbe, attribuée à Diderot.

8am aleui, tans fortune, uoi appui, Orphelin dès l'entaoce.

Il entra aa Mrrtce à rage de onze ans ; Il iPéteTa, WïMlfré l'envie, A force de mérite , Bt chaîna grade fat le pria d'une action dVdat. Le aenl tltn de maréchal de France A manqué, non pat à sa nlnlre, Mab S reiemple de eeu& qol le prendront pour modèle. £lofe Aùt. de Ckevert; dans le Mercure de France; ITÊ^ — CouNelto^ Dict. kàit. tt bio^rmpkiqim des neueramx/rmnçaii.—Sê!b9t\n,Calgrle française, t. III.— U Baa, Oietimmairê enqfclopediqve de la France,

caBTBMls ( Jean-Louis-Anne-Madeleine LsvEivRE bfi ), cardinal français, né à Mayenne, le M janvier 17e8, mort le lO juillet 1830. Issu d'une des meilleures familles de Mayenne, M. de Chevems se distingua, dès sa première jeunesse, par son esprit, sa piété et ses heureuses dis|)ositions. Sa mémoire était prodigieuse, et {tendant tout le eonrs de ses classes il obtint les plus brillants succès. Tonsuré à douze ans, et Tannée suivante nommé prieur de Torbeclu't»

avec le titre d'aïundnier extraordinaire de Monsieur, frère du roi, il entra au collège Louis le Grand en 1780, pour y continuer ses études. Il devint ensuite, par la voie des concours, élève

du séminaire de Saint-Magloire, dirigé par les Pères de l'Oratoire. En 1790, à l'Age de vingttrois ans, il fut ordonné prêtre, alors que les biens du clergé étaient envahis, le serment prescrit et qu'il n'y avait plus à attendre que la paut vreté, la persécution et la mort. Nommé chanoine du Mans, puis vicaire et peu après curé de Mayenne, avec les pouvoirs de vicaire général, il refusa de prêter le serment exigé, et se réfugia successivement à Laval et à Paris, d'oii il passa en Angleterre. Traqué par la police , il se trouvait sous un déguisement près du couvent des Cannes lors des massacres des 2 et 3 septembre. Ayant refusé les secours du gouvernement anglais , il se vit oblige de donner des leçons de mathématiques j puis, devenu plus habile dans la langue, il exerça à Londres le saint ministère. Au moment de la malheureuse expédition de Quiberon, M. de Cheverus voulut accompagner Tévéque de Dol, qui l'avait nommé son grand-vicaire. Renonçant généreusement à son patrimoine , il partit ensuite pour le Nouveau-Monde, où l'attendaient dans la ville, toute protestante, de Boston d'immenses travaux à accomplir. Cette tAche n'était point au-dessus de son zèle, et il put répondre au saint-siége, qui lavait interrogé sur le succès de sa mission: a Dans ce pays, où il y a peu d'années l'Église catholique était un objet d'anathème, le nom de prêtre un objet d'horreur, on nous considère, on nous aime, on pense honorablement de nous , on se conduit de niéroc. » Jouissant de la confiance universelle, recherché comme littérateur, il refusa la plus brillante cure de Pliiladelpliie , et après avoir fondé une église à Newcastle, il passa chez les sauvages de Pénobscot et do Passamaquody, dont il avait appris la langue.

Après trois mois de séjour parmi ces pcuplados, pendant lesquclsM. de Cheverus supi)or(aavec la plus évangélique patience des privations de toutes sortes, il retourna à Boston, où sévissait la fièvre jaune. Tandis que les ministres protestants se cachaient.au loin pour échapper au fléau, il se dévoua généreusement pour tous. Cette conduite augmenta encore ht considération dont il jouissait d^. Ayant ouvert une souscription pour Véroo tion d'une église à Boston , le président de la république se fit porter le premier sur la liste. Peu de temps après, il se lit également admirer et chérir par les protestants do Northampton (1801). Kn 1808, promu par Pie VU à l'évéché de Boston et saci^é malgré lui premier évéque de cette ville , il disait, en montrant aux étrangers sa petite diambre, mal meublée : » Vous voyez mon palais épiscoiial; il est ouvert à tout le monde. » Vivant d'aumOncs, il accueillait à sa table frugale tous ceux qui s y présentaient. Ses fonctions épiscopalos ne l'empêchaient pas de confesser, de catécliiscr et d'aller chaque année passer trois mois dicz les sauvages de Pénobflcot Les protestants l'invitaient à prêcher

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