‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 38 sur 118 · CHEVERUS — CHEVILLARD · texte numérisé non relu

CHEVERUS — CHEVILLARD

dans leurs temples. Ses conférences publiques avec les docteurs des autres communions avaient répandu parmi les protestants cette opinion générale qu'il avait plus de science que leurs ministres. Un grand nombre de conversions furent le fruit de ces entretiens, où M. de Cheverus ne faisait pas moins admirer sa charité que son esprit. Devenu comme une seconde providence pour les celons français réfugiés à Boston, il refusa la coadjutorerie de Baltimore. A cette époque il fonda un couvent d'nrsulines et accueillit des trappistes exilés. Ses innombrables travaux ayant altéré sa santé, le grand-aumônier de France lui envoya les lettres royales qui le nommaient à Tévèché de Montauban. Comme il avait laissé en Amérique tout ce qu'il possédait, les principaux habitants de Boston , catholiques et protestants, formèrent par souscription un fonds assez considérable, qu'ils lui ofTrirent à son départ pour lui permettre de supporter les frais du voyage. Sa réception à Montauban (1823) fut des plus brillantes. La grande inondation qui désola cette yille en 1826 lui offrit Toccasion de donner une nouvelle preuve de son dévouement. Après avoir contribué personnellement de tout son pouYoir à sauver les malheureux , il leur dit : « Mes amis, le palais épiscopal est à vous , Tenex-y tous; je partagerai jusqu'à mon dernier morceau de pain. » Il reçut de Charles X une indemnité de 6,000 fr.^ qu'A fit distribuer aux pauvres. En 1826 il abandonna le siège de Montauban pour aller occuper celui de rarchevèché de Bordeaux, n reçut presqu'en même temps sa nomination de pair de France. A Paris il jouissait de la plus haute estime à la cour et à la ville. On accourait de tous côtés pour le voir et l'entendre. Charles X aimait à s'entretenir avec lui, et songeait dès lors à le nommer cardmal. Les ordonnances de 1828, contre lesquelles il refusa de protester, furent pour lui la source d'amèrcs contrariétés. Rentré à Bordeaux, il allait lui-môme évangéliscr les pauvres de la campagne dans la saison de l'hiver. Peu de temps avant la révolutîon'de Juillet, M^ de Cheverus fut nommé conseiller d'État et commandeur de l'ordre du Saint- Esprit. Pendant la crise révolutionnaire il sut conserver la paix dans son diocèse. Il eut assez d'autorité pour détourner le gouvernement nouveau de l'intention que celui-ci avait manifestée de soumettre le clergé à l'obligation du serment de fidélité. A l'époque du choléra, M. de Cheverus transforma en hospice son palais arcliiépiscopal, sur lequel on lisait ces mots : Maison de secours. Sa parole suCGt pour dissiper parmi le peuplé les soupçons d'empoisonnement et apaiser une sédition qui s'était déclarée au dépôt de mendicité. L'oeuvre des petits Savoyards, les salles d'asile, l'institut des Sceurs de la Présentation naquirent ou se développèrent sous l'influoice de son zèle et de sa charité. En le nommant cardinal, le \*^ février 1836,1e souverain > pontife lui adressa les lettres les phis honorables. '

Vers cette époque, à la suite d'un nauuags, cent soixante et un orphelins furent adopléft i sa voix. Les statuts qu'il donna à son de^ fl^ rent le dernier acte de son administntîoiL H mourut à Tâge de soixante-huit ans, à la nrili d'une attaque d'apoplexie. Outre les qualités énoénentes que possédait M. de Cheverus, et que k ^ récit qui précède a faiblement indiquée , il n'etf i pas inutile d'ajouter qu'U avait on eqirit d'uni : rare distinction et un goût très-yif pour les beikt '■ œuvres de la littérature, tant ancienne que mo- , deme. On a de lui : Statuts du diocèse de Bordeaux, suivis d'une instruction sur f administration temporelle des paroisses ; 1836» m-8*. A. R.

La Biogruphie du eUrgé eomtewqtorain, — P^tt dâ carditMl dé CMeverus, par M. Hucn Onbourg. — m^ des hovmes du Jour.

*GHÉTiG3iÉ (Augustin'Jtené'Christq^, comte UE), général français, né à Saint-sâpui (Vendée), le 1 1 juillet 1737, mort le 10 novenilin 1805. Page de la petite écurie du roi Loois Xïl (1^ juillet 1753 ), il passa lieutenant au régimoi de BaulTremontle 25 juin 1756, fit comme cipfr taine la campagne d'Allemagne, de 1700 k 1761. Successivement colonel aux grenadiers de Vim» ( 3 janvier 1770 ) et au ré^roent provincial de Seniis (4 août 1771 ), il Ait nommé mestre ft camp au régiment des cuirassiers ( 18 avril 1776) et colonel du réghnent provincial d'artillerie de Strasbourg le 1"' mars 1778. Maréchal de camp (9 mars 1788 ), il commanda en qualité de fieatenant du roi au Port-Louis et à Loiient le 21 avril 1789. Promu au grade de lieotenant général le 19 mars 1792, il fut réformé lors de rorganisation des états-nuyors faite |iar le Gûmité de salut public, le 15 mai 1793. Clievlgné, qi avait fait les guerres de 1792 à 1793 dans b 13" division militaire , fut admis à la retraite le 24 septembre 1797. A. Saisit.

Archives de la guerre.

GHBTiLLABD ( il m^ré), religieux français, de l'ordre des Dominicains , né à Rennes, Hai^ la première partie du dix-septième siècle, mort en Amérique, le 26 mai 1682. Envoyé phiaienn fois en qualité de missionnaire dans les possessrâns françaises d'Amérique , il publia <l*iMf T^ tervalle de ses missions l'ouvrage suivant :

Us desseins de son éminence de mcMieu pour ^Amérique. Ce qui s'y est passé depim remarquable depuis rétablissement des colonies, et un ample traité du naturel, de la religion et des mœurs des Indiens insuUâres et de la terre ferme; Rennes, 1659, in4*.

Dans ce livre, curieux du m<Mns en ce qui tooefae l'histoire ecclésiastique , on trouve le récit de la conversion d'un grand nombre d'Indiens , et de 3,069 hérétiques arrivés de France ei ramenés à la foi catholique par les soins des DominicHU.

Écbard, ScripKires ordinis Prssdicatorum.

GHBTILLABD (Fronçois) , ^\e français, natif d'Orléans, mort à Bourg-la-R^ne, m 1678. Il fut chanoine de Sainte-Cruix d'Or-

CHEVILLARD — CHfiVRE

Vm, etderint curé de Saint-Gennain. Il publia» iiMitrapparHion de Malherbe, un Tolumede foéâa, où l'oo remarque quelques étincelles de |Ue; on peut en juger par cette strophe, tirée 4te ode en l'honneur du dain^8acrement de Iteel:

Tombeia de la ptdlosoplile, ^ iKoell des Miperbes etprtU ,

^' àhjtne oà te trooTent nirprto

Cens ^oe te raiMn forUfle;

FteabcMKiDl n^k delà clarté

Qoe pour lofre à ItiiunUlté ;

Miroir où la dlflne esseoee.

Se Bontravt à tes coDlldeoU.'

Lev faU trouver par u préaence Ua refoge an mlllea det dlven acddenta.

Être né poète et s'appeler CheïiUard, c'était Jouer de malheur; aussi ses amis essayèrent-ils ^modifier son nom par d'ingénieux anagrammes. A force de r^umer le nom malencontreux de taiçois Chenllard, ils finirent par y trouver (àpea près ) : Celui-là /ait Ronsard.

Cbeffliard excéUaît surtout dans le genre élé- 9ii|iie, k une époque où ce genre de poésie m'était pas encore beaucoup en Yogue. Sa muse, A-fl, était bilieuse et songearde. On peut en juger par la pièce Intitulée Plaintes d^un mé- UmcoUque^waaBfprre dernière, et où nous ayons TCMnpié cette stance, que l'on dirait échappée de It poitrine de Gflbert -.

Je me plaia aux lleoi mortuaires ; Lea gfbeta et les cimetières Me sont d'agréables s^oars»

Car ces tteax Jonchés de cadsTres Seot aatant de ports et de havres Oè l'on prend terre pour toqjonrs.

lUis l'œiiTre principale de CheTillard , du MMBi la plus longue, est la Mort de Théandre, M tanglante tragédie, dédiée aux dmes fiàèles. Ce n'est pas encore une tragédie, mais ce D'est d^à plus un mystère, et l'action, bien que très-décousue , se renferme , tant bien que Bal, dans les quelques jours de la passion ddela mort de Jésus-Christ. On a fiiit impri- BKr sous son nom : V Entrée pompeuse et «ogni/ffife d'Alphonse d'Elbène en son église^ écrite en quatre langues, française, italienne, t^agnolê, et latine; Orléans, 1638, in-4«; — itf Portraits parlants , ou les tableaux ani- «6; 1646, in-S**; — Épitaphe du révérend fèrt en Dieu M, Michel Lièvre , docteur de ^ Société de Sorbonne; Orléans, 1659; in-4°.

D. G^ron, BibUotkéçue du dioeésê d^OrUmu (m«.) 1 1.

CUTILLÂBD (/can), généalogiste français, ^M dans la première partie du dix-huitième liède. On a de hû : le Grand armoriai, ou cordes deblason,de chronologie et d*histoire; ^^,8ans date, in*fol. Il a laissé manuscrit un <nnage intitulé : Becueil de blasons et armoif^des prévôts des marchands, échevins,prO' ^^mursdu roi, grtf fiers, receveurs, conseil» ^ et quarleniers de la ville de Paris, mis ^9r4r9 chronologique, depuis i^tS jusqu'en

1720, avec «ne tahle alphabétique et blasons coloriés.

Ulong, niMotMètuê kUtoriqmê de ta France, édit Footette.

GHBTILLAAD (/ocgiies), généalogiste français , fils du précédent, vivait au dix-huitième siècle. On a de lui : la France chrétienne, ou Pétat des archevêchés et évéchés de France ; Paris, 1693, in-i**; — Cartes géographiques, tables chronologiques , et tables généalogi»

ques, avec des avertissements pour apprendre la géographie et r histoire de France; Paris, 1693, in-fol.; — Idée générale de Vhistoire de France, contenue en quatre instructions; Paris, 1699, in-12; — Dictionnaire héraldique gravé; Paris , 1723, in-12 ; — Armoriai de Bourgogne et de la Bresse; Paris, 1726, in fol.; — Blasons des gentilshommes de Bourgogne ; Paris, 1726, in-4*; — Noms, qualités et armes des gouverneurs, capitaines et lieutejumts généraux de la ville, prévôté et vicomte de Paris ; Paris, 1731 , tn-fol.

Letong, MbUoikéqmê kUtoriqme de ta France, édlL Fontette. — Qoérard, la France lUtéraire.

GHBTUJJLRD {Louis), généalogiste français, probablement de la même famille que les précédents, né en 1680, mort en 1751. On a de lui : Nobiliaire de Normandie, contenant le cata^ logue des noms, qualités , armes et blasons des familles nobles de cette province; grand in-fol., sans texte. Ce recueil est recherché. Selon j^usieurs biographes, Louis Chevillard est le même que Jacques Chevillard.

Le Bas, Met, eneifcl. de la Frottée. — Lelong, BibL hUU de la France, éàii. Fontette.

GHBTILLIBB (André), érudlt français, né à Pontoise,en 1636, mort à Paris, en 1700. Docteur et bibliothécaire de Sorbonne, il Joignit à l'amour des lettres beaucoup de piété et de charité. On lui doit la conservation du précieux volume intitulé : Spéculum humanx salvaiionis (aujourd'hui à la Bibliothèque impériale), qu'il acheta pour quelques pièces de monnaie au milieu de plusieurs livres de rebut. Il a publié : In synodum Chalcedonensem, dissertatio de formulis fidei subscribendis ; Paris, 1664, in-4o;

— l'Origine de Vimprimerie de Paris, dissertation historique et critique, divisée en quatre parties; Paris, 1694, in-4' : « cet ouvrage, ditNicéron, est curieux et plein de grandes recherches ; » — le grand Canon de VÉglise grecque, traduit du grec, avec des notes et Vabrégé de la vie de sainte Marie d^Égypte, pour Vintelligence de ce canon; Paris, 1699, hi-12. Cette traduction ou plutdt cette paraphrase d'un ouvrage attribué à André de Jérusalem, évèque de Candie, est dédiée à Mne de Miramion.

Dopin, Table des autturt eeelétiattiquet, — Malt- Ulre, jtnnaUi (yjNvropAtei. - Morérl, Dictionnaire historique. — Nlcécon. Mémoires pour servir A l'Mstoire des hommes illustres. — Bmnet, Manuel du /»braire, an mot Spéculum,

- >anETItB DB LA GHABMOTTB (Fronçois),

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