‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 39 sur 118 · CHÈVRE · texte numérisé non relu

CHÈVRE

historien finançais, né à La Charmotte , près de Sësanne, le 29 novemlfre 1697 , mort le 23 juin 1783. n entra dans les ordres, et, tout en remplissant les devoirs de son ministère, il s'occupa de recherches historiques. On a do lui : Recherches critiques et littéraires, sur Vancienne chdtellenie, bùfmnie, duché et doyenné de Villemaur, pour servir à V histoire générale de Champagne, 2yol. in-fol., conserYés en manuscrit aux archives de la ville de Troyes.

Feller, Biographie univ^iêUê, «dit de M. Weiss.

CBEYtLEkïi {Urbain), littérateur français, né à Loudun, le 20 avril 1613, mort dans la même ville, le 15 février 1701. Très-studieux et d'humeur indépendante, il repoussa tout ce qui pouvait gêner sa liberté, refusa d'entrer dans les ordres, et resta célibataire. La première partie de sa vie se passa en voyages, dont on ne connaît guère ni les motifs ni les circonstances. On le trouve à Stockholm au commencement de Tannée 1652 , secrétaire des commandements et ordonnateur des fêtes de la reine de Suède Christine. De retour à Loudun, au mois de juillet 1656, il y resta jusqu'à U fin de Tannée 1662. II était au commencement de 1663 à Cassel, et au mots de février 1664 à Ck>penhague, où le roi de Danemark l'avait engagé à venir. Après un mois ou six semauies de séjour dans cette ville, il retourna à Cassel, se rendit bientôt après à Zell et à Hanovre, puis à Brunswick, et enfin à Heidelberg, près de l'électeur palatin Charles«Louis, qui le prit pour conseiller. Il décida la princesse palatine Elisabeth-Charlotte à se faire catholique, et prépara ainsi le mariage de cette princesse avec Monsieur, frère de Louis XIV. Rentré à Paris en 1678, il fut fait d'abord précepteur, puis secrétaire des commandements du duc du Maine.

Chevreau , plusieurs années avant sa mort , se retira à Loudun, et passa le reste de sa vie entre les travaux littéraires, les exercices de piété et la culturelles fleurs. « Je fais plus d'état, disaitil , de six anémones et do six tulipes bien panachées que de toutes les fleurs de rhétorique. » On a de lui : l'Amant, ou Vavocat dupé, comédie en cinq actes et en vers; Paris, 1637, in-4° ; — la Lucrèce romaine , tragédie ; ibid., 1637 ; — /a Suite et le mariage du Cid , tragicomédie; ibid., 1638, hi-12; — Gésippe et Tité, ou les deux am^is, tragi-comédie ; ibid., 1638, in-4' ; — CorioZan, tragédie ; ibid., 1638; — r Innocent exilé, tragi-comédie ; Paris, 1 640 , hi-4^, sous le pseudonyme de Provais; ^ les Véritables frères rivaux, tragi-comédie; Paris, 1641 ;— Lettres ; Paris, 1642, ia-S*; —Scanderberg, roman; 1644, 2 vol. in-8*; — l'École du sage, ou le caractère des vertus et des vices; Paris, 1644 , et 1664, in- 12. Une partie de cet ouvrage est tirée de Joseph Hall, que Chevreau traduit en certains endroits et paraphrase dans d'autres ; le chapitre de la gloire est une imitation du latin de Meursius; — Nouvelles lettres ; Paris, 1646, in-8°; — Considérations

•CHEVRET ne

fortuites, ouvrage traduit de l'anglais de JoMph Hall; Paris, 1648, in-12; — Hermiogène^ r»* man; Paris, 1648 , 2 vol. ^1-8**; — U Tableant de la fortune; Paris, 1651 , in-4"; — TVcufttetion du traité de la Providence de Théod»' ret; Paris, 1652, in-12 ; — Instructions chrétiennes, traduites de saint Jean Chrysostome; Paris, 1652, in-12;— Poésies; Paris, 1656, in-12, et La Haye, 1716. Les vers de Chevrean sont très-médiocres au point de vue poétique, mais Us contiennent des détails intéreaaants sur la cour de Christine; — Histoire du monde; Paris, 1686, 2 vol.in-4'; La Haye, 1687,4 voL in-12; Paris, 1689, 5 vol. ûi-12;LaHaye, 169S, 5 vol. in-12 ; Paris, 1717, 8 vol. in-12, avecb fausse indication d'Amsterdam : cette histoire est une oomfMlation faite à la hâte, et Chevreau M accusé d'avoir pillé le Theatrum historteum theoretieo-practicum àt^ Chrétien Mathias; — Œuvres mêlées; LaHaye, 1697, fai-12; — CA^ vrœana; Paris, 1697-1700; Amsterdam, 1700« ^ vol. in-li.

AMillon, JUéPuHrêt c<meemamÈ Jm vtef et les ohch» Oêt de plusieurs modernes. — Mémoires de Drévous, man 1701. — NIcéron, Mémoires pour servir 4 fUS' totre des hommes illustres, XI . XX. ~ RAlUet , Jug^ ments des saomnts.

CHÈTEEMONT (Jean- Baptiste de), littérateur français, né en Lorraine, vers 1640, mort i Paris, en 1702. Il entra dans les ordres, et pan* courut l'Europe, l'Asie et l'Afrique. A son retour il publia un assez grand nombre d'onvrages, dont les plus importants sont : la Connaissance du monde ; voyages orientaux ; nouvelle purement historique, contenant V histoire de Rhetina, sultane disgraciée; Paris, 1695, in-12;

— la France ruinée; par qui et comment; 1695, in-i2 ; — /e Christianisme éclairei ptr les différends du temps, en matière de quié' tisme; Amsterdam, 1700, in-8*; — VÉtat actuel de la Pologne; Cologne, 1702, in-12.

Lelong, Biblioth. histor. de la France, CHBVEET {Jean ), moraliste firançais, né à Meulan, le 15 mars 1747, mort dans la même ville, le 15 août 1820. n (ht employé à la Bibliothèque du roi pendant cinquante-cinq ans. On a de lui : Épttre à l'humanité et à la patrie en particulier, sur le bon ordre et Vidée de la véritable liberté ; Paris, 1789, In-S' : — Manuel des citoyens français ( ouvrage Mstorique et politique ), suivi de plusieurs lettres relatives à Véducation ; ibid., 1790, in-«*;

— de V Amour et de sa puissance suprême, ou développement de ses oeuvres dans la nature et dans nos cœurs; ibid., 1791 , în-8»; — de VÉducation dans la république, et de ses fnoyens de prospérité et de gloire; Ma., 1792, jn.go ; Étrennes à la jeunesse française; ibid., 1792, in-8°; — Principe universel d'éducation, ou motif obligatoire d'union,de con* corde, de paix, etc.; ibid., 1792, in-8®; — ŒU' vres philosophiques, politiques, morales et d'éducation ; ibid., 1789-93, m-8<* ; — VMomimè

GHEVRET -«GHEVREUL

nfpeié à M^mimê et amprineipe universel im Ures^ de la icienee et du vrai bonheur mespUeaiiondu toA/eoMceN/roi. La première éifioB oa plotdt la première ébaache de cet ouni|B parut en 1791, sous le titre de Tableau I tBUraldesf^ionsetderéducaiiQnpublique*

QBénrtf, la Frtutcê lUtérairt,

I ; casTasuL ( Michel-Eugène ), célèbre chi- ■ifte, memlMV de Tlnstitut, est né à Angers, le

I SlioAt 1786. Son père, médecin deproTÎnce met distingué pour que le docteur Pariset, Moétaire de rAcadémie de médecine, lui ait conttcréon de ses Éloges de fin d'année, prit un soin très-attentif de son éducation. M. Eugène Cbcvreel fit ses études à Técole centrale d'Angers , fn il rtfiGODtra pour rival son compatriote Bédud, le savant professeur d'anatomie. Il s'établit mire ces deux adolescents d'un grand avenir

: Me lotte ([ui servit à les fortifier l'un et l'autre, fll qui leur inspira prématurément le goût de la lloire. M. Chevreul a souvent reconnu avec quel* que fierté les progrès qu'il avait dus à cette bogue concurrence, qui le laissa plus d'une fois vaincu, mais d'oà il était sorti vigoureux et liUigsble; tandis que Béclard, promptement pffvotu à la célébrité, grftce à une élocutioo fiidfe et à sa puissante mémoire, n'a joui de sa hante sttoation que pendant peu d'années, des cAirts excessifs ayant lassé son intelligence et abrégé ses jours.

M. Chevreul vint à Paris en 1803. Il avait dixsept sns, et, dès lors (r6s»réflécbi, il savait d<fjà « qu'il voulait et par quelle voie l'obtenir. H apprit la chimie soosVauquelin. C'était le meilleur naître, le conseiller le plus sincère et le plus désintéressé protecteur. En 1810, et n'ayant que ^•quatre ans , il devint aide naturaliste au Niuéom, place qui en chimie avait une telle ioportance, qu'elle a cessé de subsister, des proftsceurs en ayant pris de l'ombrage. Quelques aooées après on le nomma professeur des ideiices au collège Charieroagnc, puis officier <le MTenûté, examinateur à l'École, polytech- Diiiae, et enfin directeur des teintures et protoaeitr de chimie spéciale aux Gobelins, où des ittOTStions en fait de couleurs associées signa- Krot sa science pratique, son influence cornnesçante, son goût judicieux. En 1826 M. ChevrqI succédait à Proust dans la section de (Mule de rAcadémie des sciences ; et trois aus fhs tard, Vauquelin étant mort, il obtenait au Janiin des plantes la chaire de chimie appliquée, que son maître avait illustrée par un enseignement incomparable. Plus récemment M. Cheireul était nommé membre de la Société royale de Londres, promu dans Tordre de la Légion d'honneur, et associé à un grand nombre de corps savants, où sa juste renommée avait devancé son affiliation. Telles sont les principales récompenses de publications et de découvertes Doas n'avons encore rien dit.

M. Chevreul fonda tout à coup sa réputation

par un ouvrage analytique sur les corps gras d'origine animale. Cet ouvrage , commencé huit ou n^ ans avant d'être intégralement publié, a fait époque dans la science par sa méthode rigoureuse et philosophique; et dans les arts, par la multitude de ses applications et la grandeur de ses résultats. A combien d'industries ses recherches, si exactes, n'ont-elles pas donné naissance , et combien d'autres ont été par elles utilement métamorphosées ! Sans elles on ne connaîtrait pas la bougie stéarique, qui s'est si rapidement substituée à la bougie de cire , et qui lutte déjà de prix et d'usage avec d'autres éléments d'éclairage plus grossiers. On ignorerait sans cet ouvrage et l'emploi de Tacidc oléique pour la préparation des laines à tisser, et ces imitations des essences des plantes, origine d'un nouveau commerce qui s'universalisera de. plus en plus. Aussi ne doit-on ni regretter ni s'étonner si M. Chevreul, alors âgé de soixante-six ans, a reçu delà Société d'encouragement, en 1852 , un prix de 12,000 francs, fondation du marquis d'Argenteuil, pour son ouvrage sur les corps gras publié depuis trente ans et en partie connu depuis quarante. « Ce prix, lui dit publiquement M. Dumas, la Société d'encouragement se sent honorée de pouvoir vous le décerner. Il consacra l'opinion de l'Europe sur des travaux servant de modèle à tous les chimistes. C'est par centaines de millions qu'il faudrait nombrer les produits qu'on doit,à vos découvertes. Le monde entier se livrera leur fabrication , et trouve dans leur emploi de nouvelles sources de salubrité et de bira-ètre.... u Aces éloges magnifiques, M. Chevreul répondit avec émotion que sans doute ce n'était pas lui que l'on couronnait, mais que c'était sa méthode, ayant pour guide l'amour de la vérité. « Vous récompensez en moi, joutait M. Chevreul, la méthode que j'ai choisie de bonne heure pour la compagne inséparable de mes tra* vaux, et à laquelle je dois mes succès; cette méthode , je suis heureux et fier de la voir ci)uronner en ce jour, un des plus be^ux de ma vie. » M. Chevreul n'a pas borné là ses travaux. On lui doit un Cours de chimie appliquée à la teinture, et un ouvrage remarquable sur la loi du contraste simultané des couleurs et des assortiments entre objets colorés. Cette dernière production atteste en M. Chevreul un puissant degré de réflexion, philosophique, et une grande aptitude à généraliser, à rendre scientifiques les observations les plus familières. Depuis 1828 l'auteur Aisait aux Gobelins, sur l'association des couleurs , un cours fort abstrait, qui n'était bien compris que par un petit nombre d'adeptes. On prétendait avant lui qu'il ne fallait disputer ni sur le goût ni sur les couleurs. Cette opinion était devenue proverbiale. M. Chevreul nia la justesse du proverbe et de l'assertion, et il composa une espèce d'esthétique à l'usage des teinturiers, des fabricants et des artistes. La ville de Lyon, qui avait eu pour préfet le comtr

CHEVEEUL

de Gasparin , ami de M. Chevreul , apprit de cet administrateur le parti que la fabrique lyonnaise pourrait tirer de ces idées nouvelles; et dès 1S42 le ministre du commerce invitait M. Chevreul à se rendre à Lyon pour y professer ses opinions sur la gradation des nuances colorées, leur alliance, leur opposition, théorie dont les applications pratiques sont incalculables. Le cours quil ouvrit à Lyon dans cette conjoncture avait spécialement pour sujet les effets optiques des étoffes de soie. Dans Texposition de sa doctrine, rauteur prend pour point de départ des cylindres métalliques continfus, envisagés sous quatre aspects différents : selon quils sont parallèles ou perpendiculaires au plan des rayons lumineux qui les frappent et selon que l'observateur tourne la face ou le dos au jour. Il examine ensuite si c'est la chaîne ou la trame du tissu qui reflète plusparticnlièrement la lumière. Cette longue étude de M. Chevreul rappelle involontairement la féconde simplicité des expériences de Newton , mêlant ensemble des sables de sept couleurs, les exposant au soleil dans un certain éloignement , et démontrant ainsi que les sept couleurs prùnitives, disséquées par le prisme, régénèrent une lumière blanche par leur exacte réunion. La théorie sur les soies a été imprimée en 1846, aux frais de la chambre de commerce de Lyon , et l'exposition univeraeUe de Londres, en 1851, l'a glorifiée par des éloges et des récompenses.

Parmi cette multitude de mémoires et d'articles que M. Chevreul ne cesse de publier depuis quarante ans, soit dans les Annales de* fikkmie et da^s les Recueils de llnstitut ou du Muséum, soitdansleJMc^ioTifiairedef sciences naturelles, le Journal des savants, et ailleurs, on a Heu de distinguer nn écrit de médiocre étendue, où l'auteur étudie les réactions chimiques qui intéressent l'hygiène des cités populeuses. Ici , M. Chevreul qiplique à la production des épidémies d'anciennes observations faites par lui sur les eaux minérales. Il a soin de rappeler que la présence des matières organiques dans des eaux sulfatées transforme les sulfates en sulfures fétides, surtout dans des eaux souterraines, que leur profondeur soustrait au contact de l'atmosphère. La même immixtion des matières organiques dans le sol des villes a pour résultat une exhalation de gaz suUhydrique, ces corps ou ces émanations organiques ayant le pouvoir de transfoi^ mer les sulfates en hydrosulfates. A cette occasion, M. Chevreul étudie au point de vue des causes d'insalubrité, dans une cité considérable, la nudité du sol, le pavage, les puits, les cimetières, les égouts, les fondations et les murs des édifices. U examine avec le même soin l'influence qu'exercent sur l'assainissement des grandes populations le renouvellement de l'air, les cours d'eau et la végétation. Plus l'oxygène abonde dans une atmosphère accessible, et nM^nsest redoutablela sulfuntioii de la sélénite.

qui,àPari3 surtout, nous envahit de toutesptrli. II suit de ces derniers travaux, qui remooteotl 1819, que M. Chevreid a beauconpà revcpdigtg dans la théorie récente des eaux suUiireoaes ditoi accidentelles, comme aussi dans l'ulilîté démoi» trée de charbonner les tonneaux qui renfemcrt l'eau potable dans un voyage de long cours.

M. Chevreul, que quelques personnes mk\ trouvé piquant de surnommer tardiloqwUf parce qu'en effet il a le débit tardif d'an pensev, s'est constamment signalé par irae activité d» venue rare depuis 6. Cuvier. On le volt sm ; cesse faire des lectures àl'Institat, dont il aiW» j m'stre habOementles sérieuses affaires, n piéiidi ■ la Société centrale d'agriculture, dirige iMh vent l'administration du Jardin des planlci, prend grand sonci des exhibitions de llndnilriib ordonne et dhige la teinturerie des GobeliM» ë taîi scrupuleusement diaque année deux ontrik" cours de chimie, dont il s'appliqueà renonvekrk matière. Bien plus, homme du mondé, et aimât à se conformer au conseil de BoUeau :

C'est pea qa'Atre agréable etcbannaDt dans un UfiCi Il fant MToIr encore et confener et Tivre,

M. Chevreul se montredans quelques salons» et personne ne cause j^us volontiers et avec ut abandon phis aimable. U a même avec les poète ce trait de ressemblance, qu'il prend plaisir à communiquer dans le tète-à-tète des ouna|»

qui ne sont encore qu'ânuchés.

Depuis longtemps M. Chevreul a le projet, «t Il n'en fait pas mystère, de publier une histoim de la chimie, sa science de prédilection , sono» à laquelle se rattachent les découvertes ds son génie et sa renommée européenne. Defane^ dans ce projet par M. Hoefer, dont l'ouviag»

avait pour titre Histoire de la Chimie dtfmàB les temps les plus reculés jusqv^à nosjours^ ci pour date 1842, et pour conséquence le succès» M. Chevreul accueillit ces deux volumes avee un empressement qui tenait de la sympathie, eC leur consacra* dans l'espace de sept années^ quatorze articles successifs dans le Journal dm savants. C'est qu'en effet M. Hoefer a réuni dans son livre une foule de documents inédits ou rares, des textes et des traductions d'au— teurs anciens qu'un professeur très occupé au^ rait difficilement puisés aux sourœs premières^ tant rémditiou a de peine à s'allier avec 11119 science tout expérimentale. Loin donc de on^ trarier M. Chevreul, cette laborieuse productioB a dû naturellement intéresser son esprit el w^ conder ses desseins.

L'histoire de la chimie , telle que M. Hoefor I» présenta , pénètre jusqu'aux obscurités de l'alchhnie, superstitieuse origine de la chimie véritable. Or, l'alchimie dle-méme se trouve ordinairement associée, dans les ouvrages qui m traitent, aux autres sciences ditesoccultet. M. Chevreul a compris cette connexité, et il a périUen* sèment aboitlé l'histoire de ces rêveries d'autrefois. 1| a oommenoé par rendre compte dloM

CHEVREUL — GHEVRIER

» de la magie et desprodigeB, publiée d^ pirii denomlireuses années, par feu Eosèbe SaliPBrte, et il a critiqué cet ancien onvrage ayeo aataiit de Thradté que sll était foit d'hier. IL Cliemeol conteste à E. Salverte sa compétence. Selon Iniy il n'a pas qualité pour expliquer iea prodiges ou des mirades par les secrets natnrdsde la science, elle dont la puissance ne saurait être appréciée que par des hommes qui la euniiaiasent expressément et l'ont scrutée sans «aae et par état. M. Cherreul exigerait même qae lliistorien d'une science s'y fût- signalé par qoelqne découverte, afin de mettre à l'abri des contestations son aptitude à juger des décou- ▼ertes d'aotroi. Après quelques autres écrits pré- HmiBaires, M. ChcTreul a yaiUammeot pénétré daoa lessuoierniins des sdukccs occultes. Il afait iltfstoire des tables tournantes, frappantes ou pariHtes, l'histoire de l'astrolo^, de la baguette «Urfaiatoire , etc. ; nous croyons sincèrement que c'est on malheur. Et en effet , ce n'est jamais sans danger pour la foule et pour la vérité qu'un esfxU profond et judicieux , qu'un homme honorable et accrédité comme M. Chevreul, paraisse abonder dans des superstitions dès longtemps condamnées par les philosophes. Lui qui a tant agrandi le champ des vérités utiles, comment se fUt-il qull semble donner des arrhes à des pratiques de déception , et que ce soit de sa main lllostrée que de crédules ignorants reçoivent le pea de lumière qui les guide.

Les ouvrages publiés par M. Cbeyreul ont pour titre : Recherches sur la teinture; dans ki T. XI, XV et XVI des Mém. de l'Institut;— Cwtildéraiions générales sur Vanalyse organique et sur ses applications ; dans les i4nmi/e< de chHnie; — L^ns de Chimie appliquée à ia teinture, faites à la manujacture royale des Gobelins; Paris, 1831, 2 vol. in-S^*; — de iaLoidu Contraste simultané des couleurs , et de rassortiment des objets coloriés, considéré diaprés cette loi dans ses rapports avec ia peinture, les ttqtisseries des Gobelins ; Strasbourg et Paris, 1839, in-8^. Isinoas Bourdon.

CBBTRB€8B (Marie de Jtohan, duchesse db), née en 1600, morte en 1679. Elle était fille d'^rcnle de Rohan, duc de Montbazon, et de Madeleine de Lenoncourt A l'Age de dix-sept ans die épousa le connétable Chartes d'Albert, duc de Loynes; libre au bout de quatre ans, elle se remaria à Claude de Lorraine, duc de Chevreuse, et ce n'est k proprement parier que de cette seconde époque qu'on peut dater sa vie politique. Les intrigues de parti étaient alors pour les feranes une affaire de mode ; elles mettaient leur esprit et leur beauté au service de leurs entreprises. M"* de Chevreuse, favorisée à un degré ëroinent sous ce double point de vue, mit en action tous ses moyens d*ûifluence, et se pastiofina si bien pour co jeu de conspirations que l'amoar n'était pour elle qu'un moyen, et la pôle bot; elle y rapportait son existence

entière , vivant dans la confiance et l'intimité da cardinal de Retz et autres nobles perturbateurs du temps. Son activité, sa pénétration, son énergie lui acquirent panni les mécontents l'importance qn'die ambitionnait, et lui vahirent d'être associée à la haine implacid)le que portait la reine Anne d'Autriche à l'altier Richelieu. Dès [lors l'attention de oelui-d se porta sur die, et pendant un moment elle eut.l'honneur de lui donner de llnquiétude. Dans les rencontres qui résultèrent de cette lutte, il y eut des rapprocha ment&, qne sa roîdeur et ses préoccupations immenses ne purent, ùiUm, mettre à l'abri des se- , ductions irrésistibles de la duchesse. Mais celle-d, sachant bien que le rôle de maltresse de Richelieu ne menait pas à la direction des aflinires, qu'il se réservait exclusivement , préféra le rôle d'ennemie , avec la somme de direction que lui confiaient les mécontents. Elle recommença donc la guerre, si bien que, poussé à bout et revenu de sa faiblesse passagère, le cardinal lança contre elle un ordre d'arrestation, auquel eDe n'échappa qu'en traversant la Somme h la nage, et en se réfugiant en An^eterre. 11 suffira d'un fait pour constater l'importance réelle de cette femme intrigante : c'est que Louis xm, ce prince si pacifique, si clément, si peu accessible au ressentiment , eut soin, à son lit de mort , dans sa déclaration de la régence, de désigner la duchesse individuellement comme une personne dangereuse , qu'il croyait devoir excepter de la grâce générale par lui accordée k ceux qui avaient tniublé son règoe. La mort de Richelieu l'ayant rassurée. M"* de Clievreuse revint d'exil, et rc« prit contre Mazarin son système d'attaques opiniâtres. La mort seule put lui faire abandonner ces trames et ces conjurations auxquelles elle s'était vouée , employant à de si tristes fins les dons précieux de grâce et de beauté qu'elle avait reçus de la nature, pour plaire sans doute et non pour intriguer. Comme elle ne laissa pas d'enfants de son second mariage, les fils du premier lit obtinrent l'investiture du duché de Chevreuse. [ La VERONE , dans l'^nc. des g. du m.]

Reu, UéwMiret. — Batlo, HitMrê de la France mm LomU XI li.

CHETEBCSB ( La duchessc ns), née en 1785 , morte en 1813. Nommée dame du palais de l'impératrice Joséphine, la duchesse ne sut pas plier son esprit, naturellement (huideur, aux habitudes de la nouvdle cour, et blessa l'empereur par des propos inconsidéré. Elle fut exilée à quarante lieues de Paris, et se retira à Lyon, oè elle mourut. Les amisMe la spirituelle duchesse demandèrent vainement sa grèce à l'empereur, qui répandit à leurs sollicitations : « Je ne veux pas d'impertinente chez moi. » On a de M"*« da Chevreuse une nouvelle historique, intitulée : François de Mentel; Paris, 1807, in-12.

MéwuHrês de la dachewe d'Abranlès.

CBETEIBE (/yaniroiJ-iliifoiiie), littérateur et pamph1étah«, né à Nancy, vers 1720, mort h

98S GUEVftlER —

Rotterdam , le 2 juillet 1752. Issu d'une honorable faroille de Lorraine (son père était secrétaire du roi),Chevrier reçut une brillante éducation et fit d'excellentes études, dont il ne devait pas tirer le meilleur parti pour les lettres et pour lui. Ou le vit servir un instant, en qualité de volontaire, dans le régiment de Toumaisis ; mais il s'aperçut vite qu'il était plus foit pour tenir une plume qu'une épée. Toutefois, dans ses mains la plume allait ressembler fort à un stylet. Son Histoire des hommes iltustres de Lorraine le fit bannir à perpétuité de son pays. L'on dit même qu'il fut condamné aux galères pour ses calomnies. Il se sauva à Paris , publia des brochures où l'obscénité se mêlait à la personnalité la plus amère, fit représenter chiq ou six opéras-comiques à la Comédie-Italienne, et s'attira pour ses œuvres sans aveu les foudres de Fréron, auquel il n'osa répondre que plus tard, il fut enfin forcé de quitter la France, et se retira en Allemagne, puis à La Haye. C'est dans cette ville qu'il composa son Colporteur ^ le seul ou\TAgc de lui qu'on lise encore. Ce libelle, où il ne ^utle aucune mesure, est écrit avec plus d'esprit et de verve qu'il ne s'en rencontre habituellement dans ces productions honteuses; il s'y trouve parfois, bien que chargés , des portraits vrais de cette époque déréglée qui devait payer si cher ses désordres et ses scan* dalcs. Ne se sentant pas suflisainment en sûreté à La Haye contre les démarches du gouvemenieut français, Chevrier se réfugia n Rotterdam. Peut-être eût-il dû s'éloigner davantage , et se trouvait-il encore trop près d'ennemis dont il avait tout à redouter. Il périt tout h coup, emporté i»ar une indigestion , qui venait si merveilleusement à point que les naïfs seuls crurent à la réalité de la maladie. « On dit (pic les hautes puissances, écrit Favart, dans sa correspondance au comte Durazzo ( 15 août 1762 }, ne pouvant se dispenser d'acquiescer à la demande qui leur avait été faite, mais ne voulant point en même temps déroger aux privilèges de la liberté de la Hollande, ont trouvé le moyen de concilier les choses , eu expédiant à M. Chevrier un passe- |M>rt pour l'autre monde. On assure qu'il a été empoisonné dans un plat d'épinards, et qu'il est tombé roide mort, au moment qu'on est venu l'arrêter pour le livrer à l'ambassadeur de France. » Chevrier avait quarante-deux ans.

Ses effets, dont on fit l'inventaire, se résumaient en trois ducats, une montre et quelques nippes. 11 a laissé : Hecueildeces Dames; 1745, hi-i2; — Bibi, conte traduit du chinois , par un Français, Afasu/i; vers 1746, in-12;— Histoire de Vile de Corse; Nancy, 1749, in-12 ; — Cargula, parodie de Catilina; 1749, in-12; — Voyage de Rogliano ; 1761, in-8*'; —MagorKou, histoire japonaise; 1752, in-il ; ^ Cela est singulier; histoire égyptienne, traduite par unràbHn; 1752, petit in-12 ; — jET^soi historipie ircr la tnanière de Juger les hommes ;

CHEVRIEREd

Paris , 1752, iiHl2; Mémùlrei poitr terirtr à rhistoire des hommes illustrée de Lorraêne, m^ une réifutation de la bibliothèque iet^ raine de don Calmet; 1754, 3 rtA. tn^lt; — Histoire de la campagne de 1757 stsr le Au- Ehin, dans Vélectorat de Jffanaere et atUrm pays conquis ;¥mûd6Ttf 1757-1758, lii-«*; — Histoire civile, militaire, ecclésiastique, p^ lUique et littéraire de Lorraine et de Bar; Bruxelles, 1758, 7 vol. tn-13; — Réponu é»

roi de Prusse à son frère; 1758, fai-4*; — Dialogue du prince royal de Prusse avec to maréchal de Schwerin; in-4*; a. Dkdoqm entre le prince d'Isembourg H le toron es Hom ; in-4''; — Réponse aux lettres de prince d'Isembourg; — le Point d^appui es toutes les cours de V Europe, avec VhUMn des campagnes de 1756 et 1757 ; Liège, 1759, 5 vol. in-12 ; — la Nouvelle duJour,coimUkf en un acte et en vers; Dresde, 1759, in-lS; — histoire de la vie de H, Maubert, soi-disant chevalier de Gouvest, gazetier à Bruxelles; Londres, 1761, in-8^; — Testament politiqfse du maréchal de Be//e-/5/e; Amsterdam, 1761, in-i2 ; — Vie politique et militaire du mare' chai de Belle- Isle; La Haye, 1762, in-lS; — le Codicille et Fesprit, ou commentaire sur les maximes politiques du maréchal de Belle^ Isle; 1762, in-12;— Anecdotes critiques; Londres ( Bruxelles), sans date, in-12 ; — IHais, histoire véridique, avec la clef; La Haye, 17C7, hi-12; — Œuvres complètes de C***; Londres ( Bruxelles) , 1774, 3 vol. ln-12 , renfermant : le Colporteur, histoire morale et cri' tiqite, sans date ; — Almanach des gens d'es» prit, par un nomme qui n'est pas sot lu^ même; 1762 ; — Amusements des dames de B, (Bruxelles); 1763; — /« Ridicules du siècle; 1752; — Vie du /ameux père Norbert, ex* capucin , connu aujourd'hui sous le nom de Vabbé Plateî; 1762. (Dans le troisième volume, l'on a glissé les Nouvelles libertés dépenser et Essai sur les mémoires de N Guillaume, deux opuscules qui ne sont pas de Chevrier. ) Chevrier a foit représenter au Théâtre-Italien : la Bévue des thedtres , le Retour du goût , la Campagne, l'Épouse suivante, les Fêtes parisiennes^ la Petite Maison et le Réveil de Thalie, qu'on trouve dans les œuvres de Voisenon.

GUSTATE DESNOmESTERRES.

Grlnm, Corrêspondanee, t I . m. — Favirt. Correipondance, t. II. — Birbler, DietUmnnairê des anonf met, — Quérard, la Pixateê littéraire.

CHBTRI&IIB9 ( /.-(?. nE), écrivain firançais , vivait dans la première partie dn dlx-hoitième siècle. On a de hii : Abrégé chronologique de rhistoire d'Angleterre; Amsterdam, 1730, 7 vol. in-12 ;— Images des héros et des grands hommes de Vantiquité, traduit de lltalien de Canini ; ibid., 1731 , in-4'' ^—Vie de Philippe ii^ roi d^ Espagne, traduite de l'italien de Gregorlo Leti ; ibid., 1734, ^-4»; --Viede Stanislai,

CH£VRI£R£S — CHÉZY

^loçHê; Londres, 1741, denx vol. iihlî.

» personnes attribuent cet ouvrage à de n, le même protnblement dont on a qd tir la nature eu commerce.

, DietUmnaire det okvtmgei «MmfSMf. - Im France ttUérmirê.

NE ( George ), médecin écossais, né en KNi àBath, en 1742. Élève du docteur kl Pitcaim, il se fit connaître k la foia médedn et comme mathématicien, et membre de la Société myaie de Lon* B a de lui : Flu3sUmum metkodus in* ivt qnantUatum Jtuentium leget ge- -et; Londres, 1704; — PhiloiopMcal '« 0/ religion; Londres, 1706, in-8«; ew theorg or account of acule and ntinned /evers, an essag concemin^ ynfements qf tke theorg qf médecine i t 1722, in-S* : dans cet ouvrage Cheyne waucoup sur Tutilifeé de la diète; — n thê true nature and true method \ng the goût, writlen for thê wte oj I goMh an accotent qf the nature and t qf Bath waters; Londres, 1722, gime^égétal, lait, exercice et purgatifs, les nroyens qu'il recommande contre la m Bssag on healthand long l\fef Lon- S, in-S** ; traduit en français , Bruxelles, 12; 1755,in-12; en latin, Londres, 1726, uis, 1742, in-12. Haller regardait ce nme le meilleur qui eût été foit sur la \ gens de lettres et des personnes laifa Fibrx natura , ejusque lax» seu morMi; Londres, 1725, in-S"*; Paris, ^; — the Bnglish maladg , or a }/ nervous diseasei qf ail kinds, as ipours, hwness qfspirits^ hgpochonind hgsterical distempers; Londres, I* : Cheyne recommande pour ces maliète et les toniques, tels que le quittes ferrugineux ; — Buag on regùnen vith four discourses médical, moral leophical; Londres, 1740, in-8*; — method of curing the diseases qf and the disorders qf the mind , deof the body; Londres, 1742, in-8''; français; Paris, 1749, 2 vol. in-12; — nt ofhimselfand ol his cures; Lon- I, ln-8«.

iabritannica. - llaller, BibiM. maI. - Die M tciencê» médicales.

BLL (François )f théologien proies- Oxford, en 1608, mort à Près ton, dans de Sussex, en 1665. Après être entré ordres et a^oir officié quelque temps il Kc déclara, en 1640, pour le parledevint un des ennemis les plus vifs de u 11 fut un des théologiens choisis en aller convertir l'université d'Oxford, ompensé du xèle quil déploya à cette ar la présidence dn coQége Safait-John.

itot d'abandonner cette place, U reçut ) le rectorat de Petworth, dans le comté

Me

de Sossex. Auteor de phisienra onvrages qui attestent une vaste lecture, CbeyneU n'est guère connu aujourd'hui que par sa conduite à l'égard de ChflUngworth. En 1643, tandis que Laud était prisonnier àla tonr, Cheynell publia un livre intihilé : the Bise, growth and danger t^so^ dnianism (l'Orighie, les progrès et le danger du sodnianismey, dans lequel il accusait de so* dnianisme phisieors théologiens éminents de ti*D temps, entre antres Laod, Haies d*ÉtOQ, Chlllingworth, et attaquait surtout le livre que ce dernier avait donné six ans auparavant, sous le titre de : the BeligUm qf protestants, a safe wsg tosalvation. En 1644, il raconta les derniers moments de Chillingworth dans un ouvrage in-* Utulé : ChUlingworthi novissima, or thesick" nesSf heresg, death and burial of William Chillinguforth. Chargé par le parti presbytérien de convertir ce célèbre théologien anglican, Cheynell s'acquitta de cette commission avec une brutale et ridicule intolérance. Non content d'atoir hâté par d'lntem|jestlves exhortations la fin de Chillingworth, il refusa de l'enterrer, et résolut, en revanche, d'enterrer the Heligion of protestants, H se rendit aux AinéraiUes ce livre à la main, et le jeta dans la fosse en pro^ nonçant quelques paroles d'anathème. Chassé de son rectorat à l'époqne de la Restauration, Cheynell alla mourir, presque fou, dans un obscur village du comte de Sussex.

Rose, New biog. dict.

GHÀZB (René m Là). Vogez. Là Cbèze.

GBÉZT (iin^oin^), bigénieur français, né à Chalons-sur-Mame, en 1718, mort en 1798. Admis à l'école des ponts et chaussées en 1757, il l\it nommé sous-higénieur en 1761 et ingénieur en chef en 1763. Il dirigea les travaux de nivelle* ment pour le canal de Boui*gogne, d'après ses plana, et contribua, avec Pêronnet, à la ounstruction, si remarf[uable, des pontsde Neuilly, de Mantes et de Tréport. Chézy écrivit plusieurs mémoires, dont, par un excès de modestie, U refusa l'impression; un seul, sur les minéraux , a paru dans le t V du Recueil des savants étrangers de l'Académie des sciences. Prony a publié de lui la Méthode pour la construction des équations indéterminées relatives aux sections coniques; 1798, hh4*'.

GmroT DE FÈRB.

Ctundoo et DeUodlne, Nouveau dtet. hitt.

ceézT (Antoine-Léonard de), célèbre orientaliste français, fils du précédent, né k If euiHy, en 1773, mort à Paris, en 1 832. Son père le destinait à suivre la carrière d'ingénieur, et déjà même le jeune Chézy y avait Csit quelques pro^^, quand MM goût l'entndna vers l'étude des belles-lettres fit particulièrement vers les kngues orientales. En peu de temps il acquit, sous les auspices de MM. de Sacy et Langjès, une connaissance par^ laite de l'arabe et dn persan, k laquelle il Joignit des notions étendnei sur la littérature grecque, latine, alltaïaiide, angklie, ttalienne, el

CHEZY

un sentînient exquis des dâicatesses de la langue française, qull écrivait avec élégance. A cette heurease réunion de connaissances il ajouta encore la botanique et la pbyiique» réminiscences utiles de ses premières études, qui lui fournirent mille ^plications ingénieuses, dont la trace se retrouve dans tous ses ouvrages. En 1798 M. de Chézy, déjà attaché an ministère des relations étrangères, fut reçu dans la savante cohorte qui devait accompagner Napoléon en Egypte; mais, atteint à Toulon d^une fièvre maUJpie, il Ait obligé de revenir à Paris, où sa santé se rétablit lentement, tandis qu'il apprenait sans jalousie , mais non sans regret, les brillants succès que ses jeunes amis obtenaient chaque jour en Egypte. Attaché en 1799 au cabinet des manuscrits orientaux de la Bibliothèque nationale , il déploya un zèle éclairé dans le classement des manuscrits arabes et persans dont les victoires de nos armées venaient d'enrichir la France ; et l'arrivée de M. A. Hamilton, membre de l'Académie de Calcutta , qui obtint en 1803 la permission d'examiner les manuscrits indiens, éveilla dans l'Ame de Chézy la première idée d'étudier le sanscrit. Cette idée, une fois conçue, fut suivie avec une ardeur infatigable, et ni l'exiguïté des moyens ( il n'avait en mains ni dictionnaire ni grammaire ), ni les obstacles suscités par la guerre, qui fermait llnde à tout vaisseau français, ni l'aCTaiblissement graduel de sa santé, altérée par une vie trop sédentaire, ne pnrent l'arrêter dans sa nouvelle étude.

Redoublant de courage à chaque difficulté, et s'élevant constamment d'un résultat à l'autre, il devina l'indien avec moins de ressources encore que M. A. Rémnsat, son illustre émule, n'en avait eu pour deviner le cliinois. Enfin, leurs nobles efforts reçurent leur récompense, et une ordonnance du roi Louis XVIII créa, en janvier 1815, deux chaires au collège de France destinées à l'enseignement du sanscrit et du chinois. Nommés chevaliers de la Légion d'honneur, élus membres de llnstitut, MM. de Chézy et Rémusat paraissaient devoir vivre heureux et unis, entourés de l'amitié de leurs collègues et des respects de leurs élèves , quand la mort de M. Langlès, conservateur des manuscrits de la Bibliothèque royale, nécessita entre eux un choix dont les suites furent funestes à M. de Chézy. Ses droits , qui étaient les plus anciens , ayant été méconnus , il en conçut un chagrin profond, qu'augmentaient encore les regrets d'une union dont les commencements seuls avaient été heureux. Déjà à cette époque M"* Helmina de Chézy (voy. l'art, suivant), connue en Allemagne par ses ouvrages littéraires, ne se trouvait plus avec son mari, qui, resté seul, attristé, languissant, ne sentit cependant pas s'éteindre dans son cœur le feu sacré dont il brûlait pour la science. S'éloignant dejla Bibliothèque royale , mais continuant avec zèle ses cours de sanscrit et de persan , O composa de-

puis 1824 jusqu'en 1832, époque de sa nort, la plupart des ouvrages qui , en charmant set loisirs , ont contribué à illustrer son nom et à le placer au premier rang parmi les orientalislM de notre siècle. On a de lui ; Extrait du livrt des Merveilles de la nature^ par Moh amme d; Paris, 1805, in-8» ; — Metfjouin et LéUa, traduit du persan de Djani; Paris, 1807, 2 voL in-8''; — Yad^adatta Badfii$f au la mort d'YadjanadiUta, épisode traduit da Jto* mayana, poème eanscrit de Vatmlki; Paris, 1814, ih'V; nouveUe édition, avec le texte grafé^ une analyse grammaticale, très-détaiUée, suris d'une traduction latine littérale par J.-L. Bûh nouf; Paris, Didot, 1827, in-4*; — JMseonÊn prononcé au Collège royal deiFranee, à Fath verture du cours de langue et de littéraiwn sanscrites; Paris, 1815, in-S**; — Théorie d» sloka,oumètre héroïque sanscrit ; Paris, 1827» in-8*; — la Reconnaissance de Sacountalùf drame sanscrit et pracrit de Calidasa, publié pour la première fois, en original, sur un maaiiicrit unique de la Bibliothèque du roi, aoeom> pagné d'une traduction française; Paris, 1830, in-4*'. M. de Chézy a laissé en manuscrit voe ChrestonuUhie persane, une Chrestomatkie sanscrite^ une Grammaire sanscrite, un Foeflh bulaire sanscrit, pracrit et français; une traduction de l'épisode persan de Bnsthem d Sôhras, et celle de l'Ermitage de Candou^ une analyse du Ramayana, et des Mémoires* En 1831 il avait publié, sous le pseudonyme d'Apudy, une traduction de V Anthologie éro^ tique d'Amrou, Son chef d'œuvre est sa tri* duction de Sakountala, imprimée aax Ms de la Société asiatique de Paris. Les qualités disUnctives de M. de Chézy sont, dans cet ouvrage comme dans tous les autres , une eonnaissance profonde de la langue indienne, qnH possédait au point d*y composer lui-môme des vers pleins d'âégance et d'harmonie, une exactitude scrupuleuse dans la comparaison des textes , un tact exquis dans le choix des leçons, et surtout un instinct poétique qui lui fUsait comprendre et souvent deviner, dans les auteurs qu'il entreprenait de traduire, les intentions les plus délicates, les images les ptas suaves et les plus légèrement dessinées, et qui communiquait à son style un coloris toujonn gracieux et pur.

M. de Chézy, homme de bien , savant consciencieux, ami bîenvdllant et fidèle, succomba en 1832 à une attaque de choléra ; il a partagé latembe des Champollion, des Rémusat, des Cuvier, et comme eux il sera toujours nommé comme une des gloires scientifiques de la France. [EiCHOFF, dans VEnc. des g, du m.]

Sylvestre de Saey. Notirt Idoçraphique sur AT. 4e Chém^ dans les Mimoirtt d» r>tcadémU dt$ imgrl^ Nofu tt belln-tettrêt, nouvelle a^rle, t. XII. - Jornatat des savanU, l8St. — Quérard. la France littéraire, — Cb. Lonandre et F. Boorqaetot, Ut Litterateurt frm^ ça4$ eontêmiporaitu.

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