C. M4LLET
BenteignemenU parUenliên, — Qoérard, lÀttéra* tmrt française eoniemp&raine.
CBABPBNTIER-GOSSIGHT. Voy, COSSICNT.
CHABFT , dit Saikte-Croix (Nicolas), aTentorier et Tîsionnaire français, né à Sainte-Oroix (Bresse), mort tcts 1670. Voici ce qu'en dit Mézerai : « Il avoit été secrétaire de M. de Cinq- Blars, etétoit hors de son service quand il fut arrêté à Narbonne. Il s*étoit mêlé de bien des choses. Ka 1648 il avoit fiiit un faux sceau. Deux de ses entopagnoiM forent pris; un mourut en prison, Vantxe s*éTBda durant la guerre par un trou de U Concierge ri e avec quatre-vingts autres prisonniers. Us avoient accusé Charpy , qui fut pendu en e&ffe à la Grève. H se tint caché pôidant pnès d\m mois dans une cave, jusqu'à ce que la cocir se fat enfine la nuit de Paris. Dans ce dé. sorrire, fl gagna les frontières, et alla en Savoye, où il se fit nommer Sainte-Croix. Depuis il est revenu en France, est fort bien àla cour et un des soos-mini&tres. n est tombé en dévotion enthousiastique, et fait le prophète. » Dom Calmet dit que Charpfy était prêtre et théologien. On a de loi : Le Hérault delà fin des temps, ou his- Uikre de l'Église triomphante ; Paris (sansdate), cfaes Gmllanme Desprez, in-4^ de 8 pages; — Vancienne nouveauté de r Écriture Sainte , OH r Église triomphante en terre; Paris, 1657, in-8*. L*aateor établit dans cet ouvrage qu'il doit se faire prochainement une réformation générale de l*Égii8e, et que tous les peuples sont sur le point d*6tre convertis à la vraie foi. Ces merveilles devaient s'accomplir par un certain lieutcaant de J.-€., de la race de Juda, auquel s'appiiqaaient les phis claires prophéties du Messie. Cliarpy annonçait que l'Anti-Christ devait naître dans le dix-septième siècle, et qu'après avoir exdié une cruelle persécution contre l'Église, sa poissanoe serait détruite par le lieutenant du Christ; que sous le règne de ce lieutenant les Joifii se convertiraient à la foi chrétienne ; quHs rebâtiraient le temple de Jérusalem, et deviendraieat les maîtres de la terre; qu'enfin deux DuDe ans après PAscension de J.-C, tous les hommes seraient rétablis dans la justice origindie, et quils passeraient sans mourir de la terre an cid. Clûrpy tire toutes ces prédictions es rapport q^'il y a entre le corps naturel de J.-C. et son corps mystique, qui est l'Église; et eooMne il admet que J.-C. est ressuscité quarante hcnres après sa mort, et qu'il a apparu huit hetires ajoèa à ses disciples, il (^ conclut qu'il
enverra son lieutenant au bout de quarante heures et viendra en personne après la quarante-huitième, c'est-à-dire après deux mille ans, à prendre mille ans pour vingt-quatre heures. Voilà l'analyse de l'ouvrage de Charpy , qui fut réfuté par Amauld, ans des Remarqua sur les principales erreurs d'un livre intitulé VAncienne nouveauté, avec un avertissement de Nicole; Paris, 1666, in-8* (très- rare), et 1735, in-l2. On a encore sous le nom de Sainte-Croix Charpy : Catéchisme eucharistique en deux journées; Paris, 1668, in-S**. Dans le recueil des Harangues de Brice Bauderon de Senecé, imprimé en 1685, on voit trois lettres de Nicolas Charpy de Sainte-Croix. •
Moréri , Grand dUtionnaire hUtorique, IX. 71. - Daplo, Table des auteurs eecléskutiques ( dii-septtème siècle), no tl«6. — Dom Calmet, Dictionnaire de ta Bible, — PapUton, BibUoth. des auteurs de Bourgogne.
CHARPY (Gaétan) y théatin et littérateur français, né à Mâcon, en 1683. 11 était de la congrégation des Théatins, dont il devint le supérieur à Paris. On a de lui : Vie du B. Gaétan de Thienne,fondateur des clercs réguliers; Paris, 1657, in-A"* ;—Blogfum cardinalis Mazarini apologeticum , seu historix Gallo-Mazarinai compendium, en prose quarrée; Paris, 1658, in-8*' ; — Histoire de V Ethiopie orientale, trad. du portugais de Jean de Santo, dominicain; Paris, 1684, in-12. — Relation de la mission faite en France par les théatins en 1644 (manuscrit).
Moréri, Grand dictionnaire hisioriq^e , IX. 7t. - PapUloD, BibOothèque des autews de Bourgogne.
GHARPT (Jean db) , abbé de Sainte-Croix , poète français, vivait vers le milieu du dix-septième siècle. L'abbé de Marolles, dans le dénombrement des auteurs qui est à la fin de son Discours sur les Œuvres d'Ovide, le cite comme son ami. On a de lui : Paraphrase, en vers, des Lamentations de Jérémie et plusieurs pièces sur des sujets de piété ou à la louange de Zotii* XIV.
Moréri, Grand dictionnaire historique.
GHARFT DE SÂIlfTR-€ROIX ( Louis ), littérateur français , vivait en 1689. Il était de la l^mille du précédent, et a été souvent confondu avec lui. On a de fA>uis Charpy : Le. Juste Prince, ou le miroir des princes en la vie de Louis XIII; Paris, 1638, in-4°. — Paraphrase du psaume lxxi, sur la naisscmce du dauphin, in-4»; — Épitre à Vhiver sur le voyage de la reine de Pologne, in-4*; — Abrégé des grands, ou de la vie de tous ceux qui ont porté le nom de grands, en vers latins et français; Paris, 1689, in-4»,
Moréri, Grand dictionnaire historique.
CHARREL ( Pierre-François ), homme politique français, mort à Constance, en 1817. Il accueillit avec enthousiasme les principes de la révolution. H accota à Grenoble des fonctions municipales, fut envoyé, en septemhro 1792, comme député de l'Isère à la Convention
nationale; il vota la mort de Louis XYI. Il passa au Conseil des Cinq-Cents, et en sortit en mai 1797. Réélu en 1799, il entra au Corps législatif formé par Bonaparte, et y siégea jusqu'en 1803. Rentré dans la yie privée, la loi contre les régicides le força en 1816 de se réfu- / gier en Suisse, où il mourut, dans l'indigence.
c Petite] biographie conventionnelle, — Bioifraphie wMdeme. — Galerie dei coniemporains,
GHÂERI (Jacques Prévost, seigneur de) gentilhomme languedoctoi , assassiné à Paris, le 30 décembre 1663. 11 s'était distingué par sa valeur dans les armées firançaises dès les premières guerres de François P'. Le maréchal Biaise de Montluc l'aimait beaucoup, et le regardait comme un des meilleurs officiers de son temps. 11 en était aussi un des plus sévères, à ce que rapporte fioivin de Villars. Dans un oonÀat où Charri délit avec quelques hommes trois cents Allemands de la garnison de Cresr centino, il abattit d'un revers d'épée le bras du capitaine de cette troupe , quoiqu'il fût couvert d'un brassard et d'une manche de mailles ; ce bras fut porté tout armé à l'amiral Bonnivet, qui admira la force de ce coup. En 1563, la reine Cath^-ine de Médicis forma pour la garde du roi Charles DL un régiment de dix enseignes de gens de pied français, et en donna le commandement à Charri, qui Ait le premier maître de camp des gardes françaises, dont l'institution rononte à cette époque. Charri , enflé d'orgueU, commença dès lors à braver Dandelot, colonel général de l'infanterie française, et à ne plos vouloir le reconnaître pour son supérieur, prétendant ne recevoir d'ordres que du roi directement. Ils eurent une querelle assez vive à ce 8i4et sur l'escalier du Louvre. Brantôme avertit dès lors , à ce qu'il affirme, Charri qu'il se pei^ dait, « les grands étant en effet toujours entoui^s de gens empressés à embrasser leurs qnerdles et exercer leurs vengeances ». Un gentilhomme protestant du Poitou, attaché à Dandelot , Chastelier-Pourtaut , se souvint tout à coup qu'il devait venger son frère, tué en duel par Charri quatorze ans auparavant, à La Mirandole. 11 se cacha dans la boutique d^m armurier, sur le pont Saint-Michel, avec le brave de Mourans, un soldat aux gages de Dandelot , nommé Constantin et onze autres. Au moment où Charri entra sur le pont, accompagné par deux de ses ofSders, Chastelier s'élança sut hii avec SCS satellites, en lui criant : a Souviens-toi, Charri, du tort que tu m'as fait ; » et lui plongeant son épée dans le corps, il la tourna par deux fois pour rendre la plaie morteUe. Un des compagnons de Cliarri fot aussi tué; après quoi , les meurtriers se retirèrent lentement par le quai des Augnstins au faubourg Saint-Gennain, où des chevaux les attendaient pour les mettre en sûreté. » — « Le roi et la reine et la plupart delà oonr, ajoute Brantôme , ne dontoient nullement que M. Dandelot n'eustsnscilé et pennadé
CHARREL -r- GHARKIER il
le coup, dont plusieurs l'excosoient pour ne pouvoir être patient des bravades et insolences du dit Charri. Toutefois, cette cause demeura Indécise, et aussi que rien ne put vérifier ni prouver, et ne fut autre chose de ce meurtre. » MonUuc, Commentaire*. — Botvln du VIlUn. m»ioire des guerres du Piémont. — Brantôme, de* Colonels de etn/eaUerie /rançoise, IV. S79. - D'Aablgné, HiMtoire universelle, IV, ch. s, p. tn. - La PopUiOère. Hutoire de France, Ut. X, fol. 87S. — De Thoa, Oistoére, Ut. XXXV, p. M9. «
GHARRiBR (jlforc-ilnfoine), homme politique français, né à Nabinals (Gévaudan), en 1753, exécuté à Rhodez, le 17 août 1793. Il était fils d'un notaire de M ende, fut reçu avocat à Toulouse, s'engagea dans le régiment de Bourbonnais, et fit trois ans la guerre en Corse, n reprit ensuite la charge de son père. En 1789 il fut élu député aux états généraux par le tiers état du Gévaudan , et signa les protestations des
12 et 15 septembre 1791. Entraîné par. les agents des princes émigrés, U souleva quelques bandes de royalistes dans la Lozère. Décrété d'accusation le 12 avril 1792 , il se réfiigia dans les montagnes jusqu'en mars 1793, époque à laquelle il prit l'offensive, défit les troupes républicaines en trois rencontres , s'empara de Mai*vejols , puis de Mende, et fit insurger toute la Lozère. Ces troubles furent rapidement arrêtés : cerné de toutes parts, y&aàu par un de ses parents. Charrier tomba aux mains des républicains. On le conduisit devant le tribunal criminel de l'Aveyron, qui le condamna à mort, le 16 août 1793. L'exécution eut lieu le lendemain.
Biographie moderne.
GHARRIBRDE LA EOGBE (LoUts), prélat
français, de la famiUe du précédent, né à Lyon, le 17 mai 1738, mort le 17 mars 1827. Reçu docteur le 15 mars 1764, il ne tarda pas à être nommé grand-vicaire de Lyon et vice-gérant de l'officialité. Charrier passait pour être attaché au parti janséniste, ainsi que M^ de Muntozet, archevêque de Lyon, dont il était le grand-vicaire. MS' de Marbeuf, ayant pris possession du siège de Lyon, ne continua point Charrier dans les fonctions que celui-ci remplissait auprès de Mf^ de Montozet. Élu député aux états généraux par le clergé de Lyon, Charrier commença à se montrer lors des protestations et réclamations contre le décret du
13 avril 1790, concernant la religion d'État. Dans cette drconstance, il se sépara de la majorité de ses collègues, et publia une petite lettre, qui fut attaquée par Mauthot, dans sou Examen de ruitimatum de BerthoUo. Cette polémique produisit une nouvelle brochure de Charrier, sur le Culte public de la religion nationale catholique en France; l'auteur, partisan de réformes modérées, exhorte le clergé à ne point les repousser. En 1791 fl prêta le serment à la constitution dvite du clergé, el fut nommé évêque constitutionnel dans le département de la Seine-Inférieure. 11
CHARRIER — CHARRIÉRE
ptiMia en cette qualité plusieurs pastorales sur le nouvel ordre do dioses , sur la nécessité de la concOiatHm entre les partis, etc., aiiisi qu'une circulaire,^ approuvée par Gobel et autres evéques constitutionDeb, ^yant pour but de pfémunir les curés de son diocèse contre les brefs du pape. Le 26 octobre 1791 Charrier adressa sa démission aux âecteurs du département; et il écrivit en mième temps une lettre à plusieurs de ses confrères pour les inviter à suivre son eieinple. Renti^ dans son pays, Charrier publia un Examen du décret du 27 atéi 1791, qui coQsôdérait le n]aria|;e comme un contrat dvil, où Ton trouve de bonnes réflexions sur le câibat ecclésiastique et contre le drvoree. Après la Terreur, fl se réconcilia avec le saint-slége, et depuis ce moment ses rapports avec les oonstitntioiiiids cessèrent entièrement. Nommé évéque de Versailles en 1802 , puis premier aumônier de Bonaparte en 1804, M^ Charrier assista au oondie de Paris qui eut lieu en 1811. Outre les prificatkiBi» signalées dans le cours de cette notice, « a de lui : Réfutation de nnstructkm pastorale de Vévéque de Boulogne sur rautotité spirituelle, 1791, in-8«; — Quetiions sur les affaires présentes de tÉgUsê de France, 1792, in-8*. A. R.
AwUdela religion
IcmJLmmiVM (W^^ Edouard), née Boblet, oée à Paris, en mars 1797, institutrice française, âève de BfM. Lemare et Biijoli, die a fondé, en 1S2G , les cours d*émulation pour les jeunes perttones. Ses luindpaux ouvrages sont : — ÀnO' Ifset grammaticales, avec de nombreux txerciees ; Paris, 1833, în-1 2 ; — Cours complet ^orthographe; Paris, 1846 et suiv. T.
Qaérard, Biographie des contemporaiM.
;cHAEmièEB (Ernest), littérateur français, aé à Grenoble, en 1805. Il a complété ses études par des voyages, et a publié : Sainte- Hélène, on souvenir dhm voyage aux Grondet- /miei, poème lyrique; Paris, 1826, in-4«; — la Chute de V empire, drame-épopée, précédée de Considérations sur l'avenir de VBunpe; Paris; 1836; — Chronique de Bertrand du Guesclin par Cuvelier, complétée par £. Charrière, au moyen d'une chronique bretonne de Guillaume de Saint- André; Paris, F. Didot, 1839, 2 vol. fai-4^; — Description des hordes et des steppes des Kirghia-Kataks ou Kirghii-Kcassaks, trad. du russe d'Alexis deLevcbine; Paris, bnprimerie royale , 1840, grand in-8^, avec planches et cartes : c'est une monographie complète et très-curieuse des Kirgmses; — la PoUtique de l'histoire; Paris, mi-42 , 2 voL in-8* : ce livre contient d'intéressants détafls sur les peuples slaves; — Négociations diplomatiques entre la France et le levant: cet ouvrage, en cours de publication, a oUem le prix Gobert, décerné par l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1853. H foit partie, ainsi que la chronique de du Quesclin, de
la Collection des documents inédits relatifs à Vhistoire de France publiés, à partir de 1834, sous les auspices du gouvernement
Dubeux, Tartariêf dam V Univers piUoretqme, p. 119. >^ Qaérard, ta Frane« littéraire, -^ Louandre et Bo«irqaelot, la Littérature françaite contemporaine,
enAEBiBEB (/osepA DE la), médecÎQ français. Voyez Là Châreière.
CHASRiàRBS (Mme Sinrr-HYACIKTHE DE ) ,
romancière, née en Hollande, vers 1740, morte le 27 décembre 1805, près de Neuchâtel, en Suisse. Elle sortait d'une famille noUe, mais sans fortune. Jeune encore, elle écrivait déjà en français avec une netteté et un naturel remarquables; elle lisait avec avidité les meilleurs auteurs et les appréciait avec finesse. Au retour d'un voyage qu'elle fit en Angleterre, en 1766, elle épousa M. de Charrières , gentilhomme vaudois, et elle le suivit dans la Suisse française. Établie à Oolombin, à une lieue de Neuchàtel, elle observa les mœurs du pays ; et elle les peignit avec bonheur et avec une douce sensibilité dans des écrits auxquels elle ne songea d'abord que pour occuper ses loisirs. Son premier roman, les Lettres Neuchdteloises, parurent en 1784. Nous renvoyons pour cet ouvrage à la longue analyse qu'en a donnée M. Sainte- Beuve. Cet ingénieux critique regarde ces lettres (qui (ue forment qu'une centaine de pages ) comme une petite perle dans le genre naturel : « A défaut, dit-il, de passion proprement dite, un pathétique discret et doucement profond s'y mêle à la vérité railleuse, à la vie familière prise sur le fait Quelque chose du détail hollandais, mais sans l'application ni la minutie, et avec une rapidité bien française. » Deux ans après, en 1786, parut Caliste, ou lettres écrites de Lausanne, « Pas de drame, des citations très-simples et un intérêt attachant. » Divers ouvrages suivirent; de petites comédies, des contes , des diminutifs de roman. Mme de Charrières composait pour elle et ses amis, au jour le jour et sans prétention. On distingue dans tout ced son roman des Trois Femmes, « bien remarquable philosophiquement, bien agréable; c'est un roman du Directoire, mais qui se peut avouer et relire, ^ môme après toutes les restaurations ». — Cette femme spirituelle eut une vieillesse assez triste; mais elle renferma stoïquement sa plainte. Elle était liée avec Beiyamin Constant , alors fort jeune, et de 1787 à 1795 une correspondance pleine d'intérêt, de révélations piquantes, de vues parfois amères et toiqours: justes sur la société, s'échangea entre eux. Madame de Charrières connut aussi madame de Staël : les lettres qu'elles s'écrivir^t sont restées dans l'ombre. 11 faut reconnaître chez cette personne, qui a longtemps et injustement été oubliée , une des femmes les plus distinguées du'dix-buitième siècle, parfaitement originale de grftce , de pensée etVle destinée; née en Hollande et vivant en Suisse , elle
15 CHARRIÊRE ^ CHARRON
fut , par Tcsprit et par le ton , de la plus pure littérature française. G. Brunet.
Salnle-Beuvc, Bévue dei Deux Mondes, il mars S8S9, et PùrtraiUde femmes, iikk, p. 881-4U; NoUce sur U correspondance entre M*« de Cbarrièret et BeAjanitn Cons- Unt, niétne Eetme, 18 arrU 184», et dans TédlUon de (Mute : Paris, 1848.
;cBARRiN ( Pierre- Joseph ) f publiciste et auteur dramatique français, né à Lyon, le 2 février 1784. Depuis 1819 il a été successivement ittacbé à la rédaction des journaux le Mémorial dramatique ; la Renommée ; le Mentor ; la France commerciale; le Constitutionnel; le Galignanis Messenger, etc. Ses principaux ouvrages sont : la Forteresse de Riotercero, ou les Espagnols au Paraguay, mélodrame en trois actes ;'Paris, 1805 ; — le Roi de trèfle et le roi de pique, foUe, un acte ; ibid., avec Alexandre Bemos; — Abenhamet et Zoraide, ou les amants de Grenade; mélodrame en trois actes, 1806, in-8°; — Vivaldi, ôt* le neveu criminel, mélodrame en.trois actes, 1806, in-8° ;! — Elle est à moi, comédie en un acte, 1807, in-8<* ; — la Jardinière de Fincenite^,' vaudeville, id.; — mes Loisirs, recueil de poésies; 1807, in-18; — le Cimetière de villaye, élégie imitée de l'anglais de Gray, suivie de poésies diverses; 1808, in-S*"; — Chansons et Poésies ; 1808 et 1828, in-8'', 5 gravures; — Tobie, ou les Captifs de Ninive, poëme couronné à l'Académie de Niort; 1810, in-12; — le Mémorial dramatique; 1810-1819, 13 vol. in-24; — le Savant de société, ou petite encyclopédie des, jeux familiers; 1816 et 1823, 2 vol. in-12, 6 fig.; — to Passe-Temps <Fun Momusien, chansons et poésies ; 1817, in-18 ; — /es Soirées de famille^ recueil philosophique; 1817, 3 vol. in-12; — Mahomet II, ou les captifs vénitiens; mélodrame, en trois actes , avec Joseph du Saulchoy ; — le Conteur des Dames, ou les soirées parisiennes; 1822 et 1824, 2 vol. in-12, fig. et musique; — VHermite rôdeur, ou observa' tions sur les moeurs et usages des Anglais et des Français au commencement du dixneuvième siècle, imité de l'anglais de Thomas Skinncr Surr; 1823, 2 vol. in-12; — Allmm poétique, ou recueil de romances et de chansons, etc.; 1824, in-18; — Confessions d^un homme de cour, contemporain de Louis XV, révélations historiques sur le dix-huitième siècle ; 1830, 5 vol. hi-12; — le Savetier et V Apothicaire, foUe-vaudevilie à spectacle, avec Tournemine et E. Decour; 1833, in-8''.
Biographie portative des contemporains. — Qnérard, ta France littéraire, — Ch. Looandre et Bonr^elot. la Littérature françaiu contemporaine,
CHARRON ( Pierre), philosophe français, né à Paris, en 1541, mort dans la même ville, le 16 novembre 1603. Il était fils d'un libraire, père de vingt-cinq oifants. H étudia le droit à Orléans, et fut reçu docteur à Bourges, où il se fixa, dans le but d'exercer la profession d'avocat. Mais il s'en trouva dégoûté au bout de six
ans, et embrassa l'état ecclésiastique. 11 fit, à la suite de l'évèque de Baras, Arnaud de Pontac, plusieurs missions dans la Gascogne et le Languedoc, avec un succès qui le fit nommer théologal à Agen, à Bordeaux, à Cahors et à Condom, et lui valut la place de prédicateur ordinaire de la reine Marguerite. La célébrité qui commençait à s'attacher à son nom ne put le distraire de l'accomplissement d'un ancien vœu, celui d'«ntrer dans un ordre religieux. La vie monastique eût offert un asile convenable à ses spéculations philosophiques : ses quarante-cinq ans lui en fermèrent l'entrée. Refusé pour ce motif par les Chartreux, puis par les Célestins, U reprit ses prédications à Angers d'abord, puis à Bordeaux. Ce fut dans cette dernière ville qu'il se lia avec Montaigne, qui y remplissait alors les fonctions de maire. Leur amitié.devint étroite, et ne sedémentit jamais. Xe Uvre de la Sagesse est bien de l'école de Montaigne, quoiqu'il n^ait pas le même charme de style que les Essais. La mort seule put séparer les deux amis. Montaigne, «n expirant dans les bras de Charron, le pria de porter désormais les armes de sa famille; et Charron, dans son testament, légua tous ses biens au beau-frère de Montaigne. 11 mourut d'une attaque d'apoplexie. Charron varia souvent dans ses goûts et dans ses idées : avocat d'abord, puis théologien, nous l'avons vu aspirer ensuite à l'état monastique, et enfin devenir exclusivement philosophe. Les ouvrages que nous avons de lui nous donnent, par leurs dates , l'histoire chronologique de ces variations. En 1594 il publie son livre de trois Vérités, ouvrage où il prouve contre les athées qn'ii y a une religion; contre les païens, les juifs, etc., que de toutes les religions, la chrétienne est la seule véritable; contre les hérétiques, qu'il n'y a de salut que dans l'Eglise catholique; et dès l'année, suivante il foit paraître un ouvrage purement philosophique, le Traité de la Sagesse. Cette fois c'était si bien le libre penseur qui avait parlé plutôt que le théologien, et il y avait dans ce livre tant de passages où se trouvaient exprimées des |>ensées peu orthodoxes, que Charron fut en butte à de violentes attaques. En vain corrigea-t-il quelques chapitres; en vain publia-t-il, en 1600, sa Réfutation des hérétiques, avec un recueil de ses anciens discours chrétiens sur la divinité, la création, la rédemption et l'eucharistie; en vain la mort, qui vint le frapper tout à coup en 1603, sembla-t-elle devoir désarmer ses ennemis, l'auteur et son ouvrage furent poursuivis par l'université , par le parlement et les jésuites. Le P. Garasse, jésuite, appela Charron le patriarche des esprits forts, et voulut le faire passer pour athée. L'abbé de Saint-Cyran releva ce que ces attaques pouvaient avoir d'injuste et d'outré. Lors de la mort de Charron , le pariement, de concert avec la faculté de théologie, se disposait à supprimer le Traité de la Sagesse, quand le pré-
CHARRON — CUARTIKR
sident Jeaimiii, chaiigé par le chancelier de le rerifier, y fit des correctioiis, au moyen desquelles il fut réimprimé eo 1604, aTec la vie de Tauteur. Cet ouvrage est le plus célèbre de ceux qu'a publiés Gharroo. C'est un traité assez complet de morale, écrit ayec une grande liberté et un Tif amour de la vérité. On reconnaît chez l'auteur de rélévation dans l'esprit, de la hardiesse dans la pensée, de la passion pour le bien et le vrai; mais on doit blâmer dans son ouvrage une sobriété eiagérée de toute espèce d'ornement ; sa sagesse est trop nue : quelques ornements simples ne feraient qu'en relever la grâce naturelle. 11 y a loin de la recherche à l'élégance : ccUe-ci convient partout. On regrette plus d'une fois en lisant Charron qu'il n'ait pas emprunté aux épitrès de Sénèqœ, qu'il déclare avoir été son guide, quelque chose de leur vivacité, de leur originalité, de leur parure même ; on regrette quMl n'ait pas suivi de plus près un autre modèle, qu'il ne nomme pas, mais qu'il a sans cesse devant les )cux : nous voulons {larler de Montaigne. Autant le st^iede celni-d est rapide, brillant, original, aotant odni de son ami est uniforme et triste. ' Jia%ré la fermeté, la clarté, le nombre et la précision, qui sont les qnalités] distinctives des écrits de Charron, nulle part la phflosophie de cet auteur n'a cette forme çaie, libre, joyeuse^ relevée, enjouée même, dont il nous parle imprudemment quelque part. Il croit avoir secoué le joug de la soolastiquc : oui, pour la liberté d'examen; mais, du reste, il rappelle sans ceâse cette école, dont il avait reçu les leçons dans sa jeunesse. Que de divisions dans son outrage! que de subdivisions! Ses arguments, ses di^itions , ses distinctions sont innombrables. L'esprit s'embarrasse dans ce dédale de compartiments inutiles; il se fatigue à suivre ces mille petites avenues par où le promène l'auteur, au lien de lui marquer une voie large et directe pour le conduire au but. Quoi qu'il en soit, à en juger par le Traité de la Sagesse, Charron semble au fond n'avoir eu d'autre religion que celle de la conscience et de la nature; et on trouve chez lui des propositions qui font voir que si cet ecclésiastique se conformait, dans la condaite de sa vie, aux croyances humaines, il portait dans la vie spéculative une grande indépendance d^esprit 11 dit quelque part : « La religion n'est tenue que par moyens humains, et est toute bâtie de pièces maladives, v U dit encore : « Bien que l'immortalité de l'âme soit la chose la plus universellement reçue, elle est la plu6 laiblanent prouvée, ce qui porte les esprits à douter de beaucoup de choses. » Avant que Rousseau n'eût présenté la vie sauvage comme la condition légitime et regrettable de l'humanité, Charron s'étaK plaint de ce que les hommes n'allaient pas nus et qu'ils s'embarrassaient de la pudeur. On voit que ce naturalisme, préconisé plus tard par d'Holbach et Rousseau, se trouve eo germe ainsi que bien d'autres idées
liardies dans les écrits de nos bons aïeux.
Les principales éditions du TrcUté de la Sagesse sont : celle de Genève, 1777, 3 vol. in-18; celle de Paris, Bastien, 1783, 7 voLin-S*" ; celle de Paris ( François- Ambroise Didot afné), 1789,
3 vol. m- 12; celle de A.-A. Renouard, 1802,
4 vol. in-8*', avec portrait.
Bnieker, Historia pkilotophia^ L IV, p. lii.-ReiiDaoo HUtoria atkeitmi, p. Ml. - Mleéron. Mémoiru, t. XVI, p. si7-it7. - Bable. UUi, âê la pkUotophU, tnd. franc.. L 11. p. 781-789. - MoDglo, article dam VEnewciopèdiê nouvelle. — Dictionnaire det icienees philoiopMqttet, 1. 1. p. 487-4M. - Bayle, Diet. hist. et eritt^ue. - Luchet. yinai^te rationnée de la Saçeue d€ Charron ; AouterdaiD (Parlf), 1768, In-ii. - Le Bas, Dietionnaif eneifclopëdtque de la France,
GHARTARI ( Vincent), Voy, Cartari.
«CBARTIER ou CHARRKTIER, en ktîn Au-
riga et Quadrigarius, nom d'une ancienne famille française. Suivant une généalogie dressée vers la fin du dix-septième siècle (1), Alain Charlier, fiscalin ou receveur du fisc pour le roi de France Philippe I*", épousa Tlphaine ( ou Epiphanie) Lemaire, l'une des cinq lilles d'Eudes Lemaire , connu dans l'histoire pour avoir obtenu du même roi, en 1085, des privilèges insignes et héréditaires. Cet Alain aurait eu pour descendant Geoffroy Charticr, du village de Boissy-le-Sec, près d'Étampes , onde à*Étienne Chartier, seigneur dudit Boissy, lequel, exécutant les volontés de son oncle Geoffroy, et en y joignant ses propres libéralités, aurait fondé le collège de Boissy à Paris, qui subsista jusqu'à la Révolution française. Etienne, si l'on en croit cette généalogie, aurait été père d'Alain Charlier ( deuxième du nom d*Alain), poète célèbre» et contemporain de Charles VIL Bien que l'identité de famille entre les fondateurs du collège de Boissy et les descendants du poète ait eu force légale jusqu'en 1789, nous sonmies loin de nous porter garant de cette filiation et encore moms de ces origines. Un fait plus certain, c'est que vers la fin du quatorzième siècle une famille normande du nom de Chartier s'illustra dans la personne des trois frères Alain, Jean et Guillaume, qui tirèrent cette famille de l'obscurité et fondèrent même en sa faveur une sorte
(1) il eilfte plusleurf édlUooa, eieniplalres oo Tenions, peu conformes entre eux, de cette généalogie. En ?olcl l'Indication bibUograpblque : i» Généalogie de la/amiUê des fondateur* de la tnatton et collège de Boiuy, etc. ; Paris, ?eQ?e Denis-Langiols, 1880. 88 pages, ln-4», typograplUées. 10 Abrégé chronologique de la fondation et Mstoire du collège de Boiisif, avec la généalogie de la famille de tet fondateurt f i7U; réimprimés en i79t par les soins de M. ClievUlard, principal de collège . In^foL, texte gravé sor cnUre, suivi de planches généaloiclques . gravées sur cuivre . et une table typographlée. 8o Généalogie des alliances de la famille Chartier, fondatrice du eo lige de Boissjf, etc. ; rouleau de toile de deux mètres environ de longueur, sur lequel a été collée bout à bout une épreuve coloriée des diverses planehes généalogiques de Chevlilard. Les trois documents qui précèdent se conservent aux Archives de l'empire, dans le carton M. 92 (collège de Boistif }. — 4» Généalogie de la famille Chartier, diaprés les mémoires, entre autres, de M, Hubert, chanoine éPOrleans ; écriture du dixhuitième siècle. Cabinet des titres de la BlbUothèquc Impériale ( manuscrits ), ;(V)^