CHIRAC
de cour. Étaii-ce donc on homme ordinaire que celui qui aux doux loisirs du professorat préférait l'héroïque champ de bataille de Rochefort? qui, dans une position où Ton n'a plus rien à désirer, et lorsque Tâge lui faisait une nécessité impérieuse du repos, Toulait encore, athlète en cheveux blancs, se jeter yalUamment au milieu de la contagion ? Était-ce un esprit vulgaire que celui qui , bravant llnimitié de Facultés puissantes , avait conçu la pensée d'une académie de médecine sur le plan de celle qu'on institua cent ans plus tard? qui, secouant d'orgueilleux préjugés de corporation, avaiticompris la nécessité de réunir la médecine et la chirurgie? qui, enfln, {)eu de temps avant sa mort, donnant sa dernière pensée à la science , consacrait une partie de sa grande fortune à la réception gratuite des médecins-chirurgiens et à la fondation de deux chaires, dont l'une destinée à l'enseignement de Tanatomie comparée, à l'importance de laquelle bien peu avaient songé jusque alors? Comment ces idées novatrices n'eussent-elles pas trouvé des antagonistes ardents dans cette partie du corps médical dont elles atteignaient les privilèges, dont elles heurtaient tous les préjugés? Convenons-en toutefois, Cliirac ne fit rien pour désarmer l'envie. Son orgueil , son dédain pour l'dntiquité, ses emportements et ses allures despotiques, le ton brusque et absolu qu'il portait dans la discussion et jusque chez ses malades, plaidaient mal sa cause, et n'étaient guère <le nature à rallier à ses idées des collègues jaloux de ses succès. Aussi, malgré le crédit de Chirac et l'opiniâtreté qu'il mettait dans la poursuite de ses projets, les innovations qu'il tenta aboutirent-elles à un avortement. L'académie de médecine ne fut pas fondée; on ne reçut plus après sa mort de médecin-chirurgien à Montpellier, et ses héritiers, sans respect pour ses dernières volontés, frustrèrent la science de ses legs. Néanmoins les idées de Chirac conservèrent, même après sa mort, une certame hifluenoe sur la pratique, comme on peut s*en convaincreen lisant Bordeu. Mais ceci nousamène à considérer Chirac sous un autre aspect. Nous avons essayé jusque id de faire connaître l'homme d'action et d'initiative ; il nous reste, pour apprécier le théoricien, à exposer les propositions fondamentales contenues dans son Traité des fièvres , le seul de ses ouvrages qui mérite de nous occuper.
Rebuté par l'obscurité des théories pathogéniques de ses prédécesseurs, et plaçant l'autorité des faits bien au-dessus de celle des noms, Chirac , quoique professant la doctrine des mécaniciens-humoristes , pensa que l'observation des malades, dégagée de toute théorie préconçue, et l'étude des lé&ions cadavériques surtout, pouvaient seules lui fournir d'utiles révélations sur une maladie qui faisait, par la rapidité .de sa propagation, celle de sa termfaiaison, et par l'étendue des désordres pathologiques, le désespoir de la médecine. Bien qu'il accorde au sang une influence
capitale sur Ui production du mal , Il n'en pnh dame pas mohis que toutes les maladies ontvn siège spécial dont on doit chercher la'trace dm les .principaux viscères. Toute maladie profanant en effet , dit-U , d'une mauvaise dispoiiiiM des organes ou des fluides qui altèrent les foiKtions de ces organes, les différences qu'on obsent entre les maladies ne peuvent provenir que de la différence de ces dispositions. Il tant doM écarter ces idées de malignité, de qualités o^ cultes, auxquelles on a vainement cherché k donner une forme sensible, mais qui en réaSâ servent plutôt à voiler l'ignorance de ceiti qi les emploient qu'elles nedonnentunc idée précte des lésions matérielles d'où résulte la malade. Or, ces lésions , on doit les chercher dans le cadavre, car il y a identité de nature entre lacMei de la maladie et celle qui produit les ïkàsm dont celles est accompagna et suivie. Il y « plus : ces lésions peuvent passer par une infiâli de degrés , sans pour cela changer de nature ,cft qui prouve combien il est inutile de multiplier le nombre des maladies, lorsque la ca>jse e4 spécifiquement la même. La médecine est unaïf qui ne peut avoir d'autre objet que les chotei qui sont à la portée des sens : tout ce ' qd n'est i>oint de leur ressort ne la regarde poiât. Le nHklecin ne peut s'engager à ramener à VM normal que celles des modifications des oiigaiM ou des fluides qui se traduisent d'une manière sensible : principe qui a entre autres avantagée celui de débarrasser la thérapeutique d'une fode de remèdes mal conçus, mal assortis et aveof^ ment adoptés. Appliquant ces idées généralei à la détermination du typhus qu'il avait sousiae yeux, Chirac crut devoir, dit-il, « clianger le nom de .cette maladie en celui de disposition inflam* matoire des viscères ou d'inflanunation du ee^ veau, comme la plus constante dans ces fièfro^. et comme celle qui se déclarait plus sensiblement, que l'inflammation des autres viscères. > Il en déduit la nécessité de recourir aux énil' sions sanguines.
Ces idées, très-remarquables pour le temps, d qu'on retrouve en partie dans le système A Broussais ( vop. ce nom), prouvent, bien qu*elei ne puissent être acceptées av^ourd'hui que esee bénéfice d'mventaire, que s'il n'y a pas dae Chirac l'étoffe d'un réformateur, on y troutedi moins de ces pressentiments de géiàe qui mr noncent et préparent les voies nouvelles dae lesquelles la science va entrer. Ce que cet bomne célèbre était le moins, c'était un écrivain. Biei de moins méthodique que son plan , nen de plus obscur et de plus incorrect que son stjk; ce qui a fait supposer à des écrivains, dispoeéi d'ailleurs à le méjuger, que le Tr<Uté des /idvret maUgneSy qui ne parut qu'après Sa mort de eea auteur, devait à ses éditeurs le mérite d'une expt* sition plus dabne et d'une forme plus dillÛa» Voici le titre complet de cet ouvrage: Traitéim fièvres malignes et pestilentielles qui ont répi
CHIRAC — CmSHULL
àËKhtforteH 1694, avec dei eonsuUatkms tur fkheun maladies; 1 yoI. iii-12, Paris, 1742.
kl lotres pahlicatioiis de ce médecin méritent
' à piM une mention , quoique dans toutes on Imedes idées originales. Les principales sont: kkObitrwUUms sur la nature etle traitement àtptaies, traduites en français par Fixes ; 1 toI. h-lS, 1742. L'auteur s'y montre partisan d'un tiiiiiMnt simple et de la réunicm par première Uatkm; — une lettre Sur la structure des
^ étseux; Mon^ienier, 16A8, in- 12. Chirac y dé- HBlre ranalogle de la stnictaredes poils avec
: aie des plumes. D'. C. Saucerotte.
1 têtkê mr ClUrae, par Fontenelle; dam les Mimoiru * TAtÊL en seieneei, iTtl. - AiUrac, dant Im Mëmàm pomt amntir à FhUtoin de ta Faculté de MontpÊler. — Gaotlieroa , dana les Éloges dês aead, de MmtpMer, recneUlli par Detgenettea.
«onBASDEOCi (Chérubin), historien itatai, aatif de Bologne , Tivait an commencement k dix-septième siècle. On a de loi : Storia d% Moyna; Bologne, l«re partie, 1596 et 1605, Ml.; ibid., V^» partie, 1669, in-fol.
IMaoe, SDppL à JOcbar. jiUçem. Geiekrten-UTieotu
CUMHOS (Ferdinand de Salazar ) , théolo- IPM cqiagnol,né à Cuença, vers la fin du seizième Me, mort en 1640. Il entra dans Tordre des IWtes, devint directeur du duc d'Olivarès et Irtfiateur de Philippe TV ; mais il refusa tou- JMK les dignités ecclésiastiques. On a de lui : i^flftféoiieffi in Proverbia Salommis; Paris, 1U9, in-fbl. ; — Defensianem pro immaeulata hâform Virginis conceptione; Alcala, 1618; Mo|^ 1621 et 1622;Paris, 1625; ^Practica klafnquente comunion; Madrid, l622,in-8".
EAMoDk», BWUÂkêea kispama nova.
aunos (Jean ) , religieux trinitaire espa- 9Hl,né à Grenade, vivait au seizième siècle. On ideU : Strfluirto de las persecuciones que ha feiido la iglesia desde su principio ; Grenade, 1593, a-4^
t.àJÊUmào, BMiotkâea hUptina nova.
CIIU1I08 ( Pierre) f jésuite espagnol, né k Omnaycn 1556, mort à Manille, en 1634. Il pma une grande païUe de sa vie aux fies Phi- Dans un voyage qu'il fit à Rome en de procurateur de sa province, il publia rdatîon des travaux des jésuites dans les tes, sous le titre suivant : ReUtcionde Fi' itai»af,y to que en ellas ha hecho lacompania àJ. B. S. ; Rome , 1604, in-4<».