CHLOPICKI
a^iodiot^najor du 3* bAtaillon de la l'* légion. La campagne dltalie en 1799 lui Talot le grade dechef de bataillon. En 1807 Napoléon le nomma commandant du 1*' régiment de la Vistule, qui rannée suivante fut envoyé en Espagne. La goarre de la Péninsule servit à développer les takmts militaires de Chlopicki. Le 24 juin 1808, envoyé, avec 1,000 borouies et un canon seulement, du cdté d'Epila, il dispersa le corps de Palafox, lui prit quatre canons, et fit une foule de prisonniers. Au siège de Saragosse il s'empara» le 2 juillet, du couvent de Saint-Joseph , eC y fut grièvement blessé, le 4 août. Après la prise de Saragosse, Chlopicki prit une part active aux campagnes d'Aragon, de Valence et de Catalogne , sous les ordres du maréchal duc d'AIbuféra , et fut nommé général de brigade dans la division Laval. En 1810, il vengea, sur le général espagnol ViUacampa,la destruction d*un détachement français, et, après l'avoir complètement battu , il s'empara de Campilla et de Àf olina. Bientôt après, envoyé par Suchet pour comprimer l'insurrection que les généraux Garab^l et Villacampa organisaient sur les frontières de laCastille, Chlopicki, avec sept bataillons et 400 chevaux, remporta une victoire complétante 31 octobre, près d'Alventoio; et quelques jours après il chassa les Espagnols de leurs positions sur les hauteurs de Furte-Santa. Après cette expédition, il rejoignit sa brigade dans l'Aragon, fut de nouveau envoyé contre le célèbre Mina, l'atteignit près de Biola, le poursuivit jusqu'à Coseda , et le força d'évacuer la province d*Aragon. Obligé de marcher sur Saragosse, Suchet laissa le général Chlopicki, dont l'activité, la fermeté et la capacité lui inspiraient une fçranile confiance ( Mém. de Suchet), pour surveiller la rive droite de TÈbre et pour empêcher que Mina ne lui coupAt sa ligne de communication avec la France. Enfin , au siège de Sagonte, Chlopicki contribua beaucoup au gain de la bataille livrée sous les murs de cette ville au générai anglais Blacke.
La campagne de 1812 rappela vers le nord les régiments polonais : Chlopicki partit, et son départ, dit Suchet (Mém.), priva l'armée d'Espagpie d'un officier de mérite, fait pour s'élever au premier rang. Pendant la désastreuse guerre contre la Russie, Clilopicki commandait les quatre régiments de la Vistule, faisant partie de la division Claparèilc, et il fut blessé à la bataille de Smofensk. Après la chute de Napoléon, l'empereur Xlcxandre , nouveau roi de Pologne , le nomma, en 1814, général de division; mais, ne pouvant se faire aux fantaisies du grand-duc Constantin , Chlopicki donna sa démission en 1818, et quitta te service, malgré les instances réitérées du grand-^luc et de l'empereur luimême.
Depuis ce temps, Chlopicki vivait dans la retraite, lorsque la révolution de 1830 le plaça inopinéroeat à la tête des affaires polonai:ies.
Le désir de recouvrer l'ancienne indépendance, plus encore que la violation de la charte de 1815 et l'arbitraire du gouvernement russe, donna en Pologne naissance aux associations secrètes.
Chlopicki n*en faisait point partie; mais les associés, jetant les yeux sur lui, le désignèrent pour chef de la révolution future, sans qu'il s'en doutÂt. L'opinion publique fut travaillée dans ce sens; on faisait hautement l'éloge des talents du général, et pendant la nuit du 29 novembre le peuple le nomma unanimement son chef, quoiqu'il ne se montra que le surlendemain. Alors, s'emparant du pouvoir auquel les vœux unanimes de la nation l'appelaient, Chlopicki, le 5 décembre 1830, se proclama dictateur jusqu'à l'ouverture de la diète, qui ensuite le maintint dans cette dignité et lui conféra , le 20 décembre, à Kunauimité ( moins la seule voix de Théophile Morawski, nonce de Kaliscz ) le pouvoir discrétionnaire. Mais la dictature du général, en paralysant les effets et en arrêtant la marche de la révolution, fut plus que nuisible à la cause polonaise. Malgré tout son patriotisme, il méconnut le dévouoDQent et le courage dont sa nation était capable; vieilli sous les armes, n'ayant de confiance que dans les masses , il méprisa trop les jeunes conscrits que l'espoir d'une patrie renaissante faisait accourir sous les armes ; enfin , partageant l'opinion commune qui faisait de la Russie un colosse à peu près invincible, Chlopicki avant même d'agir désespéra du succès, s'elTraya de la responsabilité qui pesait sur lui , et , reculant devant le danger, plaça toute sa confiance dans les négociations et la clémence de l'empereur Nicolas. D'ailleurs, peu faitaux affaires gouvernementales, il se laissa diriger par le prince François Druckl Lubecki (voy.LvhEou), ministre des finances, dont l'opposition se bornait à des protestations contre la violation delà charte de 1815, tandis que la nation, repoussant cette charte même, sVtait soulevée pour reconquérir son ancienne indépendance. Chlopicki mit donc hors de question les provinces envahies, et se renferma dans les étroites limites du royaume créé par te congrès de Vienne. Se fiant aussi beaucoup trop aux négociations entamées avec la cour de Saint-Pétersbourg, il n'osa prendre aucune mesure qui, paraissant hostile, pourrait oiïcnser l'empereur. Enfin, celiii-d déclara que, sans entrer dans aucune sorte d'engagement avec le gouvernement révolutionnaire, il exigeait une soumission prompte et sans conditions de la part des Polonais. La diète rejeta avec indignation une pareille proposition; alors la guerre devint inévitable , et Chlopicki se démit du iwuvoir, le 23 janvier 1831, sans avoir rien fait pour pouvoir la soutenir, et au moment où les Russes, franchissant le Boug, envaliissaient le territoire du royaume. Il ne consentit même pas à conserver le commandement de l'armée. Le prince Radzi^iU fut nommé général en chef; mais le commandcdcment resta néanmoins dans les mains de Chlo-
CHLOPIGKI — GHMELIflTZRT
picki, qui se troaTait à Tannée en qualité de simple yolontaire. Ce fut lui qui conseilla d'éviter tout combat dédsif et qui fit adopter le pian d'une campagne strictement défensiye; ce fut lui aussi qui commanda dans les sanglantes journées des 19, 20 et 25 février, dans les plaines deGrochow. Là, oubliant son indécision, Chlopicki redevint lui-même et déploya une vigueur et un courage sans pareils. Mais malheureusement il ne prétait Tassistance de son géme que par un caprice passager : il était tantôt général en chef, tantôt simple volontaire sans mission. Le 25 février, après avoir eu trois chevaux tués sous lui dans cette seule journée, il fut blessé aux deux jambes par les éclats d'un obus. Cette blessure , jetant le découragement dans Tarmée, fut cause que les Polonais ne purent retirer tout l'avantage de cette bataille et poursuivre l'ennemi, qui se repliait en désordre sur Siedlct. Après le 25 février, Chlopicki, souffrant de ses blessures, se retira à Cracovie, et y vécut sans prendre aucune part aux événements postérieurs de la révolution polonaise, n est inscrit sous le nom, mal ortfaograpliié, de Klopishi sur l'arc de Triomphe de l'Étoile. [Enc. des g. du m,]
ConversatUnu-Lexieon.
CHLUMCZAifSKi ( Wcnzel-Léopold) ^ savant et vertueux prélat allemand, né le 15 novembre 1759, mort le 14 juin 1830. Il fut d'abord successivement chapelain à Klaesterte, pasteur àGartity, puis à Prague, chancelier du chapitre métropolitain et évéque sufn*agant de cette dernière ville. Appelé en 1802 au siège de Leitmeritz , il donna l'exemple de toutes les vertus d'un évéque de la primitive Église, fit d'abondantes aumônes, et introduisit de grandes améliorations dans l'enseignement ecclésiastique. L'empereur, voulant récompenser ce père des pauvres, comme il l'appelait hii-mème, lui donna le titre de conseiller intime, et lui olTrit l'archevêché de Lemberg; mais le modeste prélat refusa cette dernière faveur. « Je serais, dit- il, un pasteur étranger^ la langue de mon troupeau. » Promu, en 1814, à l'archevêché de Prague , il consacra presque tous ses revenus au soulagement des classes pauvres, protégea toutes les entreprises utiles, et fit ouvrir deux écoles^ l'une à Rakonitz , pour les arts et métiers, l'autre à Reichemberg, pour les opérations commerciales.
Augslmrger Mtç. Zeitung^ 18S0.
;cHMEL (Joseph), historien morave, né à Olmiîtz, le 16 mars 1798. Il annonça de bonne heure son penchant pour les études historiques; l'histoire de son pays fut surtout l'objet de ses recherches, et l'appui bienveillant que lui procura Michel Femcth lui permit de se rendre à Vienne pour puiser dans les archives de cette ville les documents nécessaires à son liistoire de l'empereur Frédéric IV {Geschichte Kaiser Friedrich's IV; Hambourg, 1840-43, 2 vol. ), et en généra] pour tout ce qui se rap- |iorte à l'histoire de l'Autriche an moyen âge. |
En 1834 le prince de Mettemich et le eomte de Kolowrat lui firent conférer le titre de deuxième archiviste de Vienne. Il devint premier archiviste en 1840; et en 1846, lors de la réoiiguiisation des ardiives de l'État, il fut nommé vieedirecteur de cet établissement. Ses prindpaox ouvrages sont : Die Handschriften der Hof- IHbliothek zu Wien (Extraits et catalogue des manuscrits de la Bibliothèque impéi^ de Vienne); Vienne, 1840-41, 2 vol.; — Maierialien zurŒstreiehischen 6e«cAicA/e (fifatériaux ponr servir àl'histoired'Autriche); Vienne» 1832- 1840, 2 vol.; — Regesta chronologico^pU^matica Ruperti, régis Romanorum; 1834 ; — Regesta chronologico'diplomatica Friderieé, Romanorum imperatoris; Vienne, 1838-1840, 2® partie; — Der Œsireichische GeschUMf&rscher ( l'Historien autrichien ) ; Vienne, 1 83^ 1840^ — Die Àcten-stûcke zur Geschichte JSroatiens und Sclavoniens in den Jahrem 1526 und 1527 (Pièces rdatives à l*histoire de la Croatie et de la Sclavonie &n 1526 cC 1527); Vienne, 1846; — Herberstein^s Gesandsch(iftsreise nach Spanien 1510 ( Ambassade d'Herberstein en Espagne en 1519); Vienne»
1846. Ces deux derniers ouvrages forment les tomes I et n des archives d'Hapsbourg {Haps^ burgischen Archives), Membre de la commission chargée par l'Académie des sciences de Vienne de préparer les archives historiques d'Autriche, et devenu en même temps éditeur de ce recueil, Chmel en fait paraître dqniis 1848 deux cahiers par an.
Omvêr$ationS' Lexicon.
«GHMELNiTZKT (NicoUà Ivonovitsch) ^ poëte comique russe, né à Saint-Pétersbourg»
le 1 1 août 1 789, mort dans la même ville, en 1 846. 11 entra d'abord au ministère des affaires étrangères en qualité d'interprète, et ibt envoyé pinsieurs fois en courrier dans diverses cours étrangères. Il prit part à la guerre de 1812, comme aide de camp de Koutousof , et eut en même temps à remplir quelques missions diplomatiques. En 1814 il fut nommé chef de la chancellerie du gouverneur général Miloradovitsch. Appelé, en 1839, aux fonctions de gouverneur de Smolensk , il obtint de l'empereur un milUon de roubles, et répara en partie les désastres que cette ville avait éprouvés dans la guerre de 1819. Nommé gouverneur d'Archangel, en 1837, fl quitta ce poste un an après pour cause de santé» et se retira à Saint-Pétersbourg. Chmehûtsky se livra an genre comique, prit pour modèles Molière et Regnard , et traduisit d'abord en russe et en vers ïambiques de six fMeds le Tarhtfè et V École des femmes, La r^Mrésentation de ces deux pièces donna au théÀtre (russe une direction nouvelle, que suivirent plusieurs poètes comiques. Climelnitzky n'était pas un génie»
mais il avait assez de talent pour s'essayer» comme poète original, dans la comédie. Son style est pur, et son vers est partfeulièrement beau
CHMELNITZKT — CHODOWIECKl
MA
pour répoqae où il écrivait. Du naturel dans les pians» et de la facilité dans leur exécution, un dialofpie toujours noble, mais parfois des situatioBS forcées, telles sont les qualités de ses pièces dramatiques, dont les principales sont : Goworum (le Babillard); — Vosdouschnyté Zàmki (les CbAteaux en Espagne); JS'ieraschitelny (Sept jours de fête dans la semaine , ou Tirré- 9iAa)i ~* Karant'me (la Quarantaine); — Ak* tixri mésehdou soboiou (les Acteurs entre eux) ; — Russki Faust (le Faust russe) ; — Tzarskoïé slowo (la Parole du Tsar); — Sinowi Bogdan Ckmelnitzki , ili prisojedinjénie malorossii (Fils de Bogdan Chmelnitzky, ou Tincorporation (le la petite Russie ). Les œuvres complètes de Chmelnitzky ont paru à Saint-Pétersbourg, 1849, 3 vol. in-8*.
CcmtfenatUms-fjexieon,
CBHIIBLBGIUS OU CHMIBLNIIL (Martin),
médecin polonais, né à LuUin, le 5 novembre 1569, mort le 3 juillet 1632. Reçu docteur, en 1587, à Tuniversité de BÂle, il y obtint, en 1589, une chaire de logique, qu'U occupa vingt-et-un ans, et ensuite une cbaire de physique, qu'il conserva jusqu'à sa mort. On a «lu lui : DUser^ taiio de humorilms; Bàle, 1619, in-4*; — cfe EUmentis; iWd., 1623, itt^**; — Epistolx médicinales, insérées dans la Cista medica de Jean Homung; Nurembei g, 1625, in-i**.
▼an der Uaden.de SeriptorUnu mêdicit,
GHMiBL!ii€Ki ( Théophile ou Bogdan ), (à* meux Cosaque, né en 1593, mort le 27 août 1657. n était fils d'un gentilhomme polonais, Midiel Chmeinicki, qui, banni de sa patrie pour cfoelques méfaits, se réfugia en Ukraine, où il se maria et acquit une grande considération. Le jeune Chroefaiicki, dont les Ck)8aques avaient plus d'une fois admiré la bravoure, fut député par eux y après leur défaite à Kumeyki, en 1638, au roi l^lladislas IV, pour lui annoncer qu'ils se soumettaient de nouveau à la Pologne. Il plut à la cour de Wladislas , et obtint la charge de secrétaire des cosaques zaporogues. Il reçut en outre, du grand-général Koniecpolski , une vaste étendoe de terres, dont l'exploitation lui procura des revenus considérables. En butte, à cause de sa fortune, à la jalousie d'un des courtisans de Koniecpolski, il devint suspect, fut bientôt traité comme révolté, et perdit ses domafaies. Son fils essuya même publiquement de mauvais traitemeots. Ghmielnicki, n'ayant pas obtenu justice do roi, se retira chez les Ck>saques, les excita à se venger de l'oppression que les rois de Pologne Cûsaient peser sur eux, réunit une armée conndérable, et fit alliance avec le khan des Tatars, jblan^heraî. Après avoir battu les Polonais dans deux grandes batailles, il ravagea la Lithuanie, U yolhynie, la Podolie et la Russie rouge, pénétra jusqu'à Leopol et à Zamosc, et revint en Ukraine avec un immense iNitin. Après la mort de Wladislas, Jean Kasimir ofirit à Chmiehiicki la agioté de hetman des Cosaques sous la suze-
raineté de la Pologne : pour toute réponse, Ghmielnicki fit arrêter les envoyés du roi ; mais le khan des Tatars ayant abandonné son alliance , il se soumit pour quelque temps. Il ne tarda pas à lever de nouveau l'étendard de la révolte. Les Polonais batûrent enfin le^ Ck>saques à Beresteczko , etdesnégociatTons s'ouvrirent entre les deux nations. Alors Chmiehiicki se plaça, en 1654 , sous la suzeraineté de la Russie ave€ les Cosaques fidèles à sa fortune. De là la guerre qui s'éleva entre la Russie et la Pologne. La paix fut conclue à Androssôwo, en 1667, et la Pologne céda à la Russie Kiow, Smolensk, et toute l'Ukraine en deçà du Dnieper.
ConversaUons-Lexieon.
CHODiLiBWicz (Jean-Charles). Ce fut sous le règne de Wladislas- Jagellon qu'un des fils de Michel Bercyko-Chodzko prit \v. nom de Chodzkowicz ou Chodkiewicz, qui doune origine à cette famille, à laquelle appartient aussi celle des Cbod7ko. Jean-Charles, l'un des plus célèbres généraux de la Pologne, né en 1 ^60, en Lithuanie, mort le 27 septembre 1 62 1 , parcourut dans sa jeunesse plusieurs pays de l'Europe, et de retour dans sa patrie, contiibua à réprimer les révolte? fréquentes des Kosaks. En 1600 il fut nommé grand-général de Lithuanie. A cette époque le fonatisme religieux du roi Sigismond m , après lui avoir fait perdre la couronne de Suède, entraîna la Pologne dans une malheureuse guerre avec cette puissance. Chodkiewicz, chargé, de la conservation de la Livonie , remporta en 1605 une victoire près de Kirckhohn sur la Dzwina, où 3,700 Polonais mirent en déroute H, 000 Suédois , commandés par le roi Charles IX en personne. Lorsque, avant cette bataille, on cherchait à l'intimider en lui parlant du grand nombre des ennemis : iVo^re sabre les comptera! répondit-il; et il onlonna de sonner la charge. Dans les guerres de Moskou occasionnées par les faux Démétrius, Chodkiewicz soutint dignement sa réputation de grand capitaine. Enfin, après le désastre de Ceçora, où périt le grand Zolkiewski, Chodkiewicz, qui était alors grand-général de la couronne et de Lithuanie ( unique exemple de la réunion de ces deux digniifts dans une seule personne) , remporta une victohre signalée sur les Turcs, près de Chocim, le 7 seplemlne 1621 , força le sultan Osman à demander la paix, et mourut n'ayant jamais été blessé ni vaincu dans sa longue et glorieuse carrière. [Enc, des g. du m. ]
Adim Nanuzewicz, rtê de CIL ChodkUwiet.
GHODOWiRCKi (Daniel'NicoUu) , peintre et graveur polonais, né à Dantzig, le 16 octobre 1726, mort à Berlin, le 7 février 1801. Jeune encore, et pour subvenir aux besoins de sa mère, restée veuve et sans fortune, il s'adonna avec ardeur à la peinture en miniature, dont son père lui avait appris les premiers éléments. S'étant rendu à Beiiin, en 1743', pour y apprendre le commerce auprès d'un de ses oncles, Il oon-
GHODOWIECKI — CHODZKjO
Aacra encore ses loisirs à la peinture, et peignît surtout des miniatures sur des tabatières. L'Académie de Berlin, dont il attira Tattention par une petite gravure, le Jeu de dés , le chargea de graver les figures de l'almanach qu'elle publiait alors chaque année. Chodowieckl grava différents sujets qui avaient rapport à la guerre de sept ans, par exemple, les Prisonniers russes à Berlin, V Histoire de la vie de Jésus- Christ, peinte en miniature avec une rare perfection, popularisa tellem^t son nom, qu'il consacra dès lors tous ses instants à dessiner et à graver. Les gravures de l'ouvrage de Lavater sur la Physiognomonie , des oeuvres de Basedow et de l'Âlmanacb de Gotha, furent exécutées d'après ses dessins. Il en exécuta lui-même quelques unes. A cette époque il ne paraissait pas en Prusse un livre poni lequel ChodowiecM ne fit au moins une vignette. Aussi son œuvre se Gompose-t-il de plus de 3,000 planches. On en trouve la liste complète dans le catalogue de Jacoby , Berlin, 1814, et dans celui de la collection de Veith, Leipzig, 1835. Comme peintre, Chodowieckl a laissé peu de vastes compositions. On ne cite guère de lui qu'un tableau représentant les Adieux de Calas à sa Jamille, Les deux tableaux de genre le Coup du coq et Collin- Maillard, que l'on voit au musée de Berlin, sont aussi de lui. Chodowiecki est en Allemagne le créateur d'une nouvelle application de l'art, c'est-à*dire de la représentation des figures modernes , avec une vérité de physionomie, une vivacité d'expression et une gaieté douce tout ^ fait uniques dans leur genre.
Convenationi-Lexicon. — Magler, y eue* AHgem, Kûnstler-I^xicrm.
*GHODZiio (^Ignace Boreyko) , Uttémteur et prédicateur polonais , né dans le palatinat de Wilna, à Mysa, en 1720, mort en 1792. Il entra dans l'ordre des Jésuites, et en 1773, après hi suppression de cet ordre, il devint recteur du collège de Zodziszki , chanoine de Smolensk, et collaborateur du célèbre historien Naruszevvicz. En 1774 il publia à Wilna, ln-4<», les Fables de Phèdre en langues polonaise et française, avec le texte latin.
Documenti partieullers.
*CHODZKO {Ignace Boreyko), littérateur polonais, né à Dzievietnié, le 15 janvier 1795. U étudia à l'université de Wilna , et devint président du tribunal civil du district de Zawiley, enfin curateur des écoles du même district dans le gouvernement de Wilna. Il a publié, par séries de cahiers, un ouvrage remarquable, intitulé Tableaux de la Lithuanie. La première série parut en 1840, et la dernière en 1854 ; l'ensemble de ces Tableaux de la Lithuanie forme quatorze volumes in- 12, publiés chez Adam Zawadzki, à Wilna.*
Documents particuliers.
^CHODZKO (Léonard BofLEmo) ^ historien et littérateur polonais, né à Oborek, sur la B<V
rézina, dans l'ancien palatinat de Wfliia,le 6 novembre 1800. U étudia à l'université de Wilna , où il obtint le grade de licencié es lettres. Attaché dès 1819 au prince Oghiski, en qualité de secrétaire, il parcourut presque toute l'Europe, et vint se fixer à Paris en 1826. A l'époque de la révohition de 1830, il fut capitaine aide de camp de Laf^yette, et devint membre des principaux comités polonais. H a successivement rem- |>U les fonctions d'employé à la Bibliothèque de l'université à la Sorbonne, de sons-bibliofliécaire à Sainte-Geneviève, et de bibliothécaire au ministère de l'histruction publique à Paris. On a de lui : Histoire des légions polonaises en Italie sous le commandement du général Dombrowski ; Paris, 1 829, 2 vol. in-8» ; — les Polonais en Italie , tableau historique , chronologique et géO' graphiquCyfXc, ; Paris, 1829, in-fol. \Ssq'^Asse chronologique de Vhistoire de la littérature polonaise; Paris ,1829, in-fol. ; — Tableau de la Pologne ancienne et moderne, sous les rapports géographique, statistique, géologiaue^ etc.; Paris, 1830, 2 vol. in-8'*; Ténnprimé à Bruxelles, trad. à Leipzig en allemwd, à Livoume en italien ; — Coup d*œil historique et militaire sur la guerre actuelle entre la Russie et la Pologne; Paris, 1831, in-8«; — Histoire politique de la lAthuanie depuis la réunion à la Pologne, en iSSe^, jusqu*à son insurrection en 1831 ; Paris, 1831, ln-8*' ; — Tableau historique et chronologique des révolutions nationales de la Pologne; avec A. Jarry de Mancy; Paris, 1831-1832, In-fol., traduit en anglais; — Carte géographique, statistique et routière de la Pologne, et atlas des sept partages de la Pologne; Paris, 1831-1846, in-fol.;^ Grande carte historique et géographique des agran^^ dissements de la Riissie de 1682 à 1834; Paris, in-fol.; — Notice biographique sur Koscitf^sAo; Fontainebleau, 1837, in- 18. — Notice biographique sur Joachim Lelewel; Paris, 1834, in-8«» ; — la Pologne historique, littéraire^ monumentale, pittoresque et illustrée, ou scènes historiques, monnaies, médailles, costumes, armes, châteaux, églises, cultes, chants, légendes, traditions populaires, finances, t»dustrie, commerce, poésie, beaux-arts; I*aris, 1834-1847, 3 vol. gr. în-8% à deux colonnes, avec gravures, plans et cartes. M. Chodzko a en outre collaboré à un grand nombre de publications qui concernent particulièrement la Pologne. Ferd. Denis.
; CHODZKO (Alexandre Boretko), orientaliste polonais, né à Krzywicze, le 11 juillet 1304. Après avoir étudié à Wilna les langues orientales, il fut envoyé en Perse, où il résida depuis 1829 jb$qu*en 1841 , remplissant les fonctions de drogman ctde consul. Il revint en Europe dans le cours de 1841, et il vit aujourd'hui retiré en France. On a de lui : Spécimens ofthe popular poetr^ ef Persia, as/ound in the adventures and improvisations of Kurroglou ; — the Bandit
CHODZRO — CHOIN
reiqfNortkem /^ito;Loiidon, 1842,
— de V Élève de» ver» à »ùie en Fer»e;
1843, broch. m-8«; — le Tkédire en
Paris, 1845, gr. iii-8''; —le Guilan^ ou
rai» Kaspien»; Paris, 1861 ; — Bxcur»
Mxpyle» K(upienne»; Paris, 18.S1 ; —
raçan et son héro» populaire Buniad-
-9; Paris, 1863 ; — le Décati , om code
\tx de» MahalKuiiên» ; Paris, 1862 ; —
taire persane, au principes de Vira-
nodeme, accompagnés de fàesimilé»
ervir de modèles d^éeriture et de »tyle
a correspondance diplomatique et fa-
i; P^ris, 1862, Imp. nat, iii-8*.
Perd. Ddcb.
%mits particuliers.
UBRBi (^n/Qlne), théologien ascétique
de rmdro des FraAoiscaias , natif de Mi-
vile 17 juin 1684. On a de lui : Merois
arentis virttUes; Crenia, 1670, in-4^; —
■fijio del mottdo; Milan, 1674, in^<*;
di S.Fausto,marUre:i\àd,, 1674, in*8*;
Domella s/ortunata; iliid., 1677; —
del rosario; ibid., 1677 ; «^ Regina B»-
id., 1678, in-8*; -- Vita di S. Rosa di
>; ibid., 1681, in-8*; — Plu»ieur» ou-
député (inédits).
lU. Bibi. wtedioL
AI LUS. Voy, Cbérile.
¥rA»LD ( Pierre-Philij^), dessinateor eur français, né à Paris, en 1730, mort même ville, le 7 mars 1809. Resté orphe- 1 ans et sans fortune, il entra chez un * de géographie, nommé Dheulland, qui igna les éléments de son art ; mais , trooop borné le genre de son maître, il se NDposer et à graver des cartouches pour s cartes et les plans. Il se livra avec une ipUcation à Tétude du dessin , qu'il fut en état de composer de charmantes vi- , qui firent romeroent des belles éditions de «. Parmi ses estampes on remarque : les m d'Herculanum pour le Voyage pittode Tabbé de Saint-Non ( — la Vue du ^Orléans;— une des planches des Bade la Chine, d*après le dessin de Jean ;enns, missionnaire ; -> les vignettes et •lampe pour les Œuvres de J.-J. Rouses Contes de La Fontaine, les Métamord*Ovide, le Voyage de la Grèce. On a de Choflard : Notice historique sur t la gramtre; Paris, 1806, iii-8*; réimen 1809, en tète de la nouvelle édition tionnaire des graveurs de Basan.
JMiee tmr Ckojfard, daot r^iuiiioiw de la îet artt çraphiquet, — Dtofé. NtMee néeroiO' r P.-P. Ckqffard.
mn ( David-Etienne), Uttératenr franï à Héricourt en Franche-Comté, le 3 oc* 703, mort en janvier 1773. Il se rendit à dix-neuf ans à Stuttgard, pour y terminer ies, et devint en 1724 goovemeur des ens l*un des ofSciers des chasses du duc de
Wurtemberg, n fbt ensuite professeur de langues vivantes à Véoole des orphelins et à l'université de Halle, et occupait encore à sa mort ces deux emplois. Sous linfluence du mhiistre Jean-Fr^ déric Naidhi, qui avait pris soin de sa première éducation,* il avait adopté les principes religieux des Hermhutes, ou frères Moraves. Ses principaux écrits ont pour titres : Abrégé de la vie de divers homm^ illu»tres et des grands capitaines; Halle, 1748, 2 vol. in-8'*; 5* édit., ibid., 1769, 2 parties, in-12; — Amusements philologiques: ibid., 1749-1760, 2 vol. hi-8»; — GramnMire élémentaire; ibid., 1763, in*8* ;— Recueil dejables; ibid., 1764, in-8^ ; — Grammaire française (et allemande) à l'usage de»
dame»; Berlin, 1766, in-8'*; — Dictionnaire franco -allemand et allemand- fronçai» ; Halle, 1769, 2 vol. in-8*; réimprimé sous le titre de Nouveau Dictionnaire du voyageur; Francfort, 1780, 2 vol. in-8'*; — Monument à Vhonneur de Gellert ; 1770, in-4"; — Amusements littéraires, tant en prose qu*en vers; 1772, m-8°. Ghofihi a donné, en outre, une édition de la vie de Baratier, par Formey , Leipzig, 1766, et une de la vie de Jean-Frédéric Nardin, par J.-J. Duvemoy , avec des notes ; Halle, 1769, in-8*. £. Rcgnaru.
Davemoy, l^A^ai^rMM du comté de UontMiard, P.S79. - Qaérard, la France litUralre. - Fellrr, BiOQ, univertelle. Mit de M. WelM.
CHOiic (Louis- Albert- Joly os), théologien et prélat français;, né à Bourg, en Bresse, le 22 janvier 1702, mort le 16 avril 1769. H Ait d*abord grand-vicaire du diocèse de Nantes.
Nommé évèque de Toulon, en 1738, il rappela, par son zèle vif et pur, les premiers temps de TÉglise, et Introduisit de sages réformes dans son diocèse, qu*il édifia par la sfanpNcité de ses mceurs et par la constante pratique d*une charité ardente. Ce prélat Ait plusieure fois député aux assemblées du clergé. Outre un grand nombre de mandements, on a de lui : Instruction sur le rituel; Lyon, 1778, 3 vol. ta-4'. Cet ouvrage peut en quelque sorte tenir lieu de bibliothèque théologique à un ecclésiastique. Le cardinal Gousset en a donné une nouvelle édition , avec notes et dissertations ; Besançon, 1828, 6 vol. in-8*.
Felleiv Bingr, utUvert,
CHOiH (Marie-ÉmiHe-Joly de), flivorite du dauphin, fils de Louis XTV, née d*nne famille noble, à Bourg, en Bresse, morte en 1744. Elle vint à la cour sous le patronage de la princesse de ContL Sa figure n'était pas régulière, mais elle avait de beaux yeux, de Tesprit, de la douceur, et des manières plehies de dignité : le danphfai, fils de Louis XIV, en devint éperdument amoureux, et ne pouvant, à ce qu'on croit, en ftJre sa maltresse, il Tépoosa secrètement, comme Louis XIV avait épousé madame de Maintenoo.
Mademoiselle de Choin était à moitié danphine h Meudon , comme madame de Blafaitenon à moHie reine à Versaflles; elle y recevait le doc
GHOm — CHOISEUL
et la dndiene de Bomnçogne, qui la traitaient oomine une beUe-mèrey et devant lesquels elle sut toujours oonsenrer sa dignité, quoique sou union ne fût pas ayouée. Louis XIY, qui dans les dernières années de sa yie, et dominé par madame de Maintenon, se montrait fort sévère sur le chapitre des mœurs , manifesta d'abord du mécontentement ; mais il finit par offrir à son fils de recevoir mademoiselle de Choiny et même de lui donner un appartement à Versailles, ce qu'elle refusa. La simplicité de ses goûts la porta sans doute à ce refus ; car après la mort du dauphin elle vécut dans la retraite, contente d'une modique fortune, et sans paraître regretter jamais sa grandeur passée. Elle eut une heureuse influence sur le dauphm, homme faible et médiocre, qu'elle domina constamment.
Saint-Simon fait de ce prince un portrait qui ne paraît que trop ressemblant.
Salat-Slnion, Mem.t V, et pauim. — SUmondl, Hist, de Pr., XXVi, XXVIl. - Le Bas. /Met. emnfcl. de la France.
GHOiNB IPierre-François) , poète français, né à Alençon, le 19 février 1681, mort vers 1742. Il exerça la profession d'avocat dans sa ville natale. Ennemi déclaré des jésuites, il les attaqua dans des écrits en prose et en vers : On a de lui : Chanson d*un inconnu; etc. ; Turin, 1737 ; -réimprimée sous ce titre : Mœurs des jésuites, avec des remarques critiques et historiques ; ibid., 1 vol. in-12.
¥t\\tc,Bioç. universelle.
*caoisBL ( Claude), apotliicaire français, vivait vers le milieu du dix-huitième siècle. Il appartenait à l'ordre des Jésuites. Envoyé dans les Indes orientales, il y séjourna cinquante ans, et tint une officine à Pondichéry. On a de lui : Nouvelle méthode sûre pour le traitement des personnes attaquées de la rage; Paris, 1756, hi-8®y traduit en anglais; Londres, I7ô7» in-8^.
Carrère, BUMothique de la médecine.
GROiSBUL, ancienne famille française, qui tire son nom delà terre de Choiseul, en Champagne. Au rapport de Jacques Viguier, elle descendait d'un Hugues comte |de Bassigny et de Boulognesur-mer, qui vivait vers 937, et selon Le Laboureur, dont l'opinion est plus vraisemblable, elle était issue des anciens comtes de Langres. Di-. visée en plusieurs branches, dont les plus célèbres furent les Choiseul-Beaupré, les Choiseul- Gouffier, les Choiseul-Praslin, et surtout les Choiseul-Stainville, les principaux personnages fournis par ces diverses branches sont :
CHOISEUL ( Charles de ), comte du Plessis- Praslin , maréchal de France (connu sous le nom ' de maréchal de Praslin), né vers 1563, moHÎ à Troycs, le 1*^ février 1626. Après s'être signalé sous les drapeaux de Mayenne, il fut assez heureux pour écarter les fureurs de la Ligue des provinces de Bassigny, de Champagne et d'une partie de la Bourgogne. Il fut un des premiers à faire sa 5K>nmission à Henri lY, qui
le nomma capitaine de la pranièce française des gardes, gouveniear de Tioyësy^ dans les troubles suscités en 1611 ausiyet jésuites, il prit parti contre ces derniers , et r^s tablit le calme en expulsant de la ville le fkmt Coton et les autres religieux de la société. Apr^ la mort du roi^ il continua de servir la réfpaie, puis Louis Xin , qui le fit maréchal de Fraim en 1619, et qui au siège de Royan lui adreiM ces paroles : « C'est à vous de m'inslmire deee que je dois faire; c'est pour la première tau qae je me trouve à pareille f%te. » n mourut ayaitle titre de gouverneur de la Saintonge,de l'Angonmois et de l'Aunis. [Encycl. des g. du m.]
Bazin, Hitt. du règne de JjOuU XIII, — Liitraeci, Oraison funèbre prononcée aux obtêçues de CLée Ckoiseul, - Hénaolt, jibréifé ckrùnologique dé rJUit de France. — Turplo, f^ie de Charles CkoitnUf ûêm la Hommes illustres de France,, do D'AafIgoy.
CHOISEUL {César, duc de), sieur du Plessift- Praslin, maréchal de France ( connu sous le nom de maréchal du Plessis), neveu du précédent, né à Paris, le 12 février 1598, mort le 23 décembre 1675. Il commença à se distinguer ai siège de La Rochelle, ou il commandait on régiment. Il défendit ensuite les lies d'Oléroo et de Ré contre les Anglais. Plus tard, il contribua à la prise de Pignerol, et gagna la confiance du cardinal de Richelieu, qui l'employa à divers» négociations, où il eut l'habileté de détacher de l'alliance des Espagnols les ducs de Savoie, de Parme et de Mantoue. Depuis 1636ju8qa*eR 1645, il servit dans le Piémont, et commanda plus d'une fois en chef l'armée française. conquit toutes les places de ce pays, et vainquit constamment les Espagnols ; en 1645, il alla assiéger, en Catalogne, la forteresse de Roses, dont la prise lui valut le bâton de maréchal. Il retourna ensuite en Italie, où, tour à tour général et négociateur, il vainquit le pape Innocent X, et le força à traiter. En 1648 il remporta sur les Espagnols la victoire deTrancheron, qui lui assura la conquête du Blilanais ; mais manquait de tout, et ayantidépensé 450,000 flrancs de si fortune , il ne put pousser plus avant ses succès. Les troubles de la Fronde avaient éclaté ; là cour le rappela , lui donna des éloges, et le chargea de défendre, avec 4,000 hommes, Saiirt" Denis et le pays qui s'étend depuis cette vila jusqu'à Charenton. Le maréchal s'acquitta de cette mission avec succès, battit les PanaleMy et força les Espagnols qui venaient à leur secours à battre en retraite; puis il soumit Bordeaux ; et lorsque Turenne leva^ à Stenay, l'éCe»dard de la révolte, Mazarin le chargea d'aUer réduire*le grand capitaine. Du Plessis arrfiCa Turenne, l'empêcha de venir délivrer .les priaeea détenus à Vincennes , et le vainquit à BelfaeL Il suivit ensuite Louis XIY à plusieurs sièges, où ses conseils et ses leçons formèrent ce prisée à l'art de la guerre ; plus tard, il dirigea la construction des fortifications de Perpignan, el donna ainsi à la France un de ses plus redoutables
su
CHOISEUL
booiefardB. £n lOM il fot créé duc et pair, empkiyé à dÎTerses négod&tîoiifl , et il ménagea le tntté d'alliaiice qui fut oondu entre Charles n tt LMds XIV contre la Hollande.
kHi, JSrifi: dm régne de UmU Xlli. - Le Bai, Diet. «Cfcl. de la France.
GloiSBUi« {^GUbert de), prélat français , 1ère da précédent, né vers 1613, mort à Paris, Ii31 décembre 1689. Nommé, en 1664,àl'éyèché de Comminges , il fit changer do face à ce Aooèse, établit des séminaires, réforma le clergé |ir ses leçons et ses exemples, nourrit les paufm dans les années de misère, et assista lui- Bêne les pestiférés dans un temps de conta- 9QB. Député de son ordre à l'assemblée du dogé en 16ôO, il y prononça une harangue.
Depuis, il prit part aux négociations entamées fm ramener la paix dans TEglise, troublée par klrre de Jansénius sur la grâce, fut transféré, • 1670, au siège de Tournai , et concourut à h Déclaration du clergé de 1682. Ses prindpu ouvrages sont : Oraison funèbre SAr^ ■oad dt Bourbon , prince de Conti ; Paris, tM6, iB-4"; — Oraison funèbre de CharUs- Hris drorléans, fils de Henri II, duc de ItÊgueviUe; ibid., 1072, in-4*; — idaircismmt touchant le sacrement de pénitence; Uk, 1679, in-12; — Mémoires touchant kreUgion; Paris, 168M685, 3 vol. in-12; — kt Psaumes^ cantiques et hymnes de V Église, MuU en français; — Lettre pastorale sur k culte de la Vierge, imprimée en tète ,des iiii salutaires de la Vierge à ses dévots inikonts, par Baillet; Toumay, 1711,in-12; — ^Iport sur la déclaraHon du clergé de fnmee, en 1682; dans l'édition donnée par fUèé Dinonart du Traité de la puissance ecdéiiasUque et temporelle, par Dupin, Paris, 1768, 3to1. m-12, et dans le Becueil sur les ^krtés de VÉglise gallicane, ibid., 1811, ^ h-p;^ la Rédaction des Mémoires de son Mn, César de Choiseul.
tafta, BibUotàéqm du aaleurs eeeUtUutiqués dm âM§$ftiimt Mkick, - Unglet, Méthode pour étudier niÊtttre. — ABselros, Hiti. ginéaloçitue. - Lelong, imatà,klMt' de la ffwiee, édlt. Fontette. - Journal
CBOlSBVL-BBâCPai (Gabriel-Florent de), pirétat finaç^f »^ ^ Dinant, en juin 1685, mort m 1767. Sacré évèque de Saint-Papoul, le 17 JriM 1718, il fdt appelé à Tévéché de Mende m 1723. On a de hii : Statuts synodaux; UnOn, 1739» in-8*.
^Êtmé, ia Framee HUéraire.
OÊOUMm* ( Claude, marquis de FEA^iciÈaEs, cmteBB )y HMiT^i*»! de France (connu sous le mmâ»maréehaideChoiseul),nékLaDffes, le l^jMHcvier 1632, mort le 15 mars 1711. 11 piHB pour l'on des plus grands capitaines du diti iqpttfimft siècle, n fit ses premières armes, ai 1649, an combat de Vitry-soi^Seine, et fut llHideeeœL qoi se distinguèrent le plus dans la (de Hongrie, en 1664; on lui attribua
MOOT. Bioca. imiVEIIS. — T. X.
le gain de la victoire de Sainft-Gothard. Nommé maréchal de camp en 1669, il alla la même année défendre Candie , assiégée par les Turcs. De retour de cette campagne, il suivit Louis XIV en Hollande, en 1672, se distingua au combat de Sencf (1674), prit Deux-Ponts (1676), et força, en 1689, l'électeur de Bavière à la retraite sur le haut Rhin. Ses services furent récompensés;, en 1693, par le bâton de maréchal. U mourut sans laisser de postérité.
Le p. Desterne. Oraiton/unéère de Cl. Cholseul. — Stomondl, Hitt, des Fr., (XXVI. - jtf^m. de rUlars. ~ Mém, dé Berwiek.
GHOISBUL - BB4i7PnA ( François - Joseph , comte de ), mort en 1711. D assiste au bombardement d'Alger. Fait prisonnier.dans cette occurrence, en 1682, et par suite exposé à la décharge des canons français , il Ait tiré de ce danger par un corsaire algérien appelé Hall, qu'il avait luimême sauvé dans une autre occasion. Le comte de Cboiseul-Beaupré fut gouverneur de Saint- Domingue. A son retour en France, en 1711, il périt dans une rencontre du vaisseau qui le portait avec un vaisseau ennemi. Cest de son mariage avec Nicole de Stainvflle, sa cousine germaine, qu'est issue la branche de Choiseul- Stainville, qui a fourni à l'histoire plusieurs guerriers , prélats et ministres célèbres.
Morérl, Diet. Mtt.
CHOISEUL ( Etienne- François, duc de ), célèbre homme d'État français , né le 28 juin 1719, mort en mai 1785. n entra dans la carrière des armes, obtint un avancement rapide et mérité, et parcourut successivement , sous le nom de comte de Stainville, les grades de colonel (1743), de maréchal de camp (1748), et de lieutenant général (1759). Le rang qu'il occupait dans le monde Joint à son mérite personnel et à son originalité mirent le comte de Stainville en réputetion, et lui valurent d^abord an fort riche mariage, avec une fille du financier Croiaft, puis la protection de M™* de Pompadour, qui voulut bien recevoir de lui d'autres soins que ceux de la reconnaissauce. Il se forma entre la fiivorite et son protégé une espèce d'alliance offensive et défensive. Sous une tdle égide le crédit de l'un et de l'autre était àil'abri de toute atteinte; car tous deux ifs s'élevaient au-dessus de la tourbe des courtisans, tent par la pénétration de leur esprit que par l'énergie de leur caractère ou leur puissance de volonté.
C'est comme ambassadeur à Rome que M. de Choiseul débute dans^a carrière politique, et, s'il faut en croire les détails rapportés par le baron de Besenval dans ses Mémoires , le nouvel ambassadeur, par l'inflexibilité d'humeur qu'il affecte de prime abord , sur des questions fort minces d'étiquette, dut étonner \ê& princes de l'Église autant qu'effrayer le bon goût des dames romaines. Mais fl remplit le but principal de sa mission, en obtenant de Benoit XIV la lettre encyclique sur les billets de confession et le
CHOISEUL
refus des sacrements au sujet de la bulle Unigenitus, ainsi que la promesse du chapeau pour l'abbé comte de Bemis. Il rentrait d'une autre ambassade à Vienne, lorsque , sur la démission donnée par ce dernier, il le remplaça au ministère des afiaires étrangères ( noT. 1758). Apea d'intervalle de U il fiit créé duc et pair; il eut le portefeuille de la guerre, à la mort du maréchal de BeUe-fle (1761), en remettant celui des adaires étrangères à son cousin , depuis duc, de Praslin, et y réunit la même année le ministère de la marine. En 1766 il reprit le département des affaires étrangères, en permutant avec M. de Praslin.
Voici le tableau flatteur, mais vrai , qu'on a tracé de son administration : » Ministre de la guerre après sept ans de revers, il changea l'organisation de l'armée. La révolution opérée dans la tactique par le grand Frédéric en imposait la nécessité; mais les hommes ne renoncent pas sans peine à de longues liabitodes , à de vieux préjugés. La nouvelle ordonnance du 10 décembre 1762 excita le mécontentement et amena la retraite d*un grand nombre d'anciens officiers : ils furent remplacés par une jeunesse active et belliqueuse , qui adopta avec zèle le nouveau système et reconnut son utilité. Le trésor royal fut, il est vrai, chargé de nombreuses pensions généreusement accordées aux anciens services ; mais ce surcroît momentané de dépenses fiit compensé par des économies bien entendues, et bientôt il n'y eut aucun militaire qui n'applaudit à cette réforme. Le corps de l'artillerie prit aussi en même temps une forme nouvelle ; d'excellentes écoles forent établies... Le corps du génie reçut les mêmes encouragements, et ne se distingua pas moins. Les Antilles , seules possessions qà restassent am Français en Amérique depuis la perle dn Canada et la cession de la Louisiane, forent Pobiet d'un intérêt particulier; la Martinique fot de nouveau fortifiée. Enfin, lorsque les ducs de Cboiseul et de Praslin sortirent du ministère, en 1770, les pertes de la marine, en moins de sept ans, avaient été réparées : elle comptait 74 vaisseaux de ligne , d'une oonstruction supérieure à celle des Taisseaox anglais-, et 50 frégates on corvettes. Les magasins étaient abondamment pourvus, et l'on pooyait commencer la guerre avec avantage... Ministre des affaires étrangères, il est auteur du pacte de famille,,. Il fait la conquête de la Ck>r9e sans que l'Angleterre ose s'y opposer; il force sa fierté à plier et à ne donner que des secours clandestins et inutiles. Le gouvernement britannique forme des prétentions sur quelques possessions espagnoles : les troupes sont aussitôt dirigées Ters la côte et les Taisseaux en armement. » — Pour compléter cet aperçu, bornonsnous à rappeler les efforts quil fit pour maintenir l'indépendance de la Pologne. N'ayant pu Ku^érer quelque unité de vues aux membres influents de la confédération de Bar, du moins
pour traverser les projets ambUlem de la âat sie, il lui fit déclarer la guerre par la Pnrte-Ofln mane , que son intention était d'appoyer éatt^ quement. Enfin, il nous reste à parler de Péfi fameux du mois de novembre 1764, qui sn|!
prima les jésuites en France , ne Imr permetlai d'y s^umer qu'en se fondant aivec le dog séculier, et en tons cas avec défense à ses menbres de se fixer à une moindre distance de Paris que dix lieues. H est yrai que , dans les Ifé* moires qui portent son nom, le duc de GboM se défend d'avoir en aucune iliçon provoqué eel édit , et il parait constant qu'A était pur (tes a^ nées qu'on avait supposées dans le Mémein présenté au roi par le daiiphfai; mais raboUflni de cet ordre fameux n'en a pas moins été géaéralement attribuée à l'ascendant de ce miàiln sur Louis XV et à la complaisanoe dn roi pour M"»* de Pompadour.
Les détails abondent partout sur l'bitri|p6 ourdie par le duc d'Aiguîlkm, l'abbé Terray et le chancelier Maupeou , pour renverser le die de Clioiseul, à qui la mort de M^ de Poroptdour avait enlevé son plus ferme appui ; mais m qui est moins connu , c'est quil ne tfait qa%i duc de Choiseul de faire tourner cette macMn* lion contre ses auteurs eux-mêmes : H n'anrrit eu pour cela qu'à entrer dans une intrigue iftt la nouvelle fovorite , qui lui fit toutes les avaaai d'une alliance pareille à celle qnll avait eue aiee M"* de Pompadour. U rejeta ses offlres tm tant de mépris, qu'A est impossible de ne pai voir dans cette détermmation de sa part vm trace de l'influence qu'exerça toiqoars sor hi sa sœur, la duchesse de Grammont. La colvk à la tête de laquelle était cette femme amMtieuse publiait hautement que, par Pelfet de M précédente condition, tout commerce avec h comtesse du Barry pouvait être dangereux, èê premier rang des grâces que le duc de (M* seul devait à la bonté du roi ( nous nous servons des expressions de l'époque), se traa* vait la charge de colonel général des Soioei, dont il avait été revêta le 4 mars 1763. H aeM pas plus tôt exilée sa terre de Ountelanp (â» grâce qui fut pour lui Poccasion d'ovationi fia éclatantes que n'en ait jamais reçu anea Ministre à l'apogée de sa puissance > qoll y iÉl pour lui ravir cette charge des biignaa dans h» quelles on engagea les prkwea dn mêmes.
Le duc de Choiseul mourut sana Sa veuve, qui l'avait oonstamment oomUé 4n marques de la tendresse la plus toocfaaartfe^ m crifia le reste de sa fortme pevir honorer m mémoire; car cet homme, qui avait continué de vivre en représentation, i petit monarque au mSien de sa conr, ne I après lui, ayec d'immenses deites, aucn» i de remplir les clauses d'un t es t am ent par leqna il avait légué d'excessift bienfliits à tons 4 vers lesquels fl se croyait obU^à I
ghoisëul
Cette pieuse épouse, retirée, ayec une seule (kme de service, dans l*un des plus pauvres flODfents de Paris, y vécut assez longtemps ponr être témoin des malheurs de la révolution, fK son mari avait entrevue, et que peut-être M derniers conseils auraient pu détourner en l^nde partie. [Bnc. des g. du m.]
•nenfal, Mémoires. — Daclos, Mémoires. — Mém,
* Jr. h due B.-F. ée Choistul, éerUs par itii-mi»ie, etc. -SnoDdt, Hist.des Fr., XXVIII.XXX. - 8ool«Tie, Ml. tftf^r. I« due E.'P.dê ChoiseuL- VolUtre. SiicU
* tmis Xr. " A. de Toeqnevllle, Hitt. pMi, du régné êtUuUXr,
OMiiSKUL- staiHtillb ( Léopold- Charlu u), prélat français, frère du précédent, né lidiâteau de LunéviUe, le 6 décembre 1724*, Mit en 1781. Il fut successivement évéque d'Éncux , archevêque d'Alby et de Camk)ray . On a k lui : Statuts synodaux du diocèse d^Atby ; 1763, in^.
lUmoire pour Mgr, VareMeviquê do Cambrag t-C de Choiseul, contre le prévôt et les éehevins de mitlUe.
' fMowmh (Ctaude-Antoine-Gabriel ue), éK et pair de France, aide de camp du roi et IBOvenieur du Louvre, né lé 26 août 1760, mort k Pttris, le 2 décembre 1838. U appartenait à w branche cadette de la maison de Choiseol, et pm presque toute son enfonce à Chanteloup , é le célèbre ministre du même nom, qui avait |i» loi une tendresse toute paternelle , s'occupa kMeoop de son éducation, commencée par les 9ki et sous la direction de Tabbé Barthélémy. h 1726, le titre et la pairie de ce ministre, dont lirait épousé la nièce, fille du maréchal de hfaifOle, lurent rétablis en sa faveur.
8en début dans la carrière politique remonte iNpoqnedes orageuses séances du parlement,
* 1787, h la suite desquelles furent arrêtés m. d'Espréménil et de Montsabert. La noble hMhise des opinions que le jeune pair de Fnooe exprima dans cette occasion mémorable ■■Mestait d^à les principes qui devaient faire b ri^ de sa vie politique.
GoIomI du réghnent royal-dragons en 1789, IMchoisi en 1791, avec MM. de Fersen et de MDé, pour préparer la faite de Lonls XYI et iMrer son voyage josqo^à Montmédy. Le roi eu tanUle furent arrêtés à Yarennes; les Mé- «rfrai dn temps ont suffisamment prouvé que ILàè Ghoîseol, à qui le poste de Yarennes iltM pas été confié, ne pouvait être respon- ■hie d'an événement dont seul il affronta les MmbIs périls : MM. de Fersen et de Bouille ékM parvenus à sortir de France.
EnpriiaHé à Yerdon et de là transféré à Or- Mbs pour y être jugé par la haute cour natio- ■k, M. de Choiseul recouvra sa liberté par màt de fUBolstio prodamée lors de Tacceptation dlli uiMlitutlon par le roi. Plus il était oonnhoi des nouveaux dangers qui le menaçaient a^rtf d'aniline dont il éUU d^ si facUe de p i ii h la chote, ph» Il mit d'empressement à taiappracher. Le dne de Choiseul, qui avait
été nommé clicvalier d*honnenT de la reine en 1792, n'abandonna pas un seul moment la fiimiHe royale jusqu'à sa translation au Temple, et ne se décida à quitter la France qu'après avoir entendu proclamer le décret qui mettîdt sa tête à prix. Dans le dénôment total où il se voyait réduit, sans autre ressource au monde que son épée, il leva un régiment de hussards, dans lequel il ouvrit un asile à des Français proscrits, sous des étendards qui n'étaient maUieureusement pas ceux de la France. Fait prisonnier en mars 1795, il s'échappe des prisons de Dunkerque, où il avait été conduit, va rejoindre son régiment dans le Hanovre, et signe avec le gouvernement anglais une capitulation en vertu de laquelle il doit conduire aux Indes orientales la lé^on qu'A avait formée, avec stipulation de ne pas servir contre la France. s'embarque à Stade cinq jours après; trois de ses vaisseaux de transport, sur l'un desquels 11 se trouvait, se brisent sur la oête de Calais. Beaucoup d'hommes périssent; 11 est du petit nombre de ceux qui se sauvent à la nage; et cet événement ouvre devant lui une nouvelle carrière dlnfortunes, où son rare courage lutte contre des périls qui se renouvellent sans cesse, et dont la mort semble toujours l'inévitable terme. M. de Choiseul, arrêté an moment où il toucha la terre natale, sur laquelle l'avait jeté la tempête , est traduit comme émigré devant une commission militaire, qui jugeait sans appel. L*arrêt qui l'acquitte n'en est pas moins attaqué au tribunal de cassation et devant le corps législatif,' par le Directoire, dont les ordres réitérés pressaient le supplice des navfragés de Calais^ en attendant la décision légale qu'il avait sollicitée. Cet ordre injuste aurait faifailliblement reçu son exécution si le. général Landremont, qui commandait alors l'armée du Nord, n'eût pris sur lui de suspendre l'arrêt de mort que le Directonv avait arbitrairement prononcé. Le 18 brumaire mit enfin un terme à cette procédure inique, interrompue et reprise à différents intervalles. A la suite d'une enquête ordonnée par le premier consul Bonaparte, M. de Choiseul fut déporté en pays neutre, le 1" janvier 1800. 11 obtint la permission de rentrer en France l'année suivante : de nouvelles persécutions l'y attendaient. On ignore sur quelle dénonciation, quelques mois après son retour, il fht mis au Temple et ensuite envoyé en exil ; mais on sait qu'il en ftit rappelé dix-huit mois après par l'emperenr, et qu'il rentra à Paris le jour même de l'arrestation du général Moreau. Cette circonstance permet de croire que son exil n'avait pas eu pour motif ( comme l'ont publié la plupart des biographes ) le soupçon d'avoir entretenu des relations avec Pichegru et Moreau. Le décret généreux du premier consul qui rendit une patrie à M. de Choiseul, en le rayant de la liste des émigrés, donna dès lors une autre direction à sa vie. A l'époque de la Restauration, M. de Choiseul
CHOISEUL
rentra à la chambre des pairs avec les anciens ducs et pairs du royaume, an nombre de Tîncthnit. n y fonda cette rénnion comme altemfii- ▼ement sous son nom et sous celui de M. de BfarboiSy laquelle joua un si grand rôle dans les discussions de cette chambre, par la fermeté des principes constitutionnels qu*dle ne cessa d'y manifester. Cette opposition nationale ne poo- Yait se concilier a^ec l'esprit du gouvernement d'alors : aussi M. de Chcnsenl ne tarda-t-U pas à se Yoir exclu de ce qu'on appelait alors les grâces de la cour. Son reftis des propositions que lui fit le duc de Fdtre, de quitter le parti constitntionndpoarâtre employé dans son grade de lieutenant général, éveilla contre lui Tanimosite du pouvoir, et sa conduite courageuse dans l'afTaire du marédial Ney vint y mettre le comble. Le même sentiment qui didta son vote à la chambre des pairs, dans le procès de l'illustre maréchal , lui fit prendre la parole dans le procès de la conspiration du 9 août, en faveur d'un accusé dont le père n'était pas resté étranger aux longues persécutions que les noMfragég de Calais avaient eu à souffrir. Major général de la garde nationale à l'époque du ministère du marquis Dessoles, sous celui de M. de Villèle, il donna sa démission de cette place dans une lettre au roi Louis XYin, que l'histoire a recueillie comme un monument de firanchise et de patriotisme.
Jusqu'à la révolution de Juillet, M. de Choiseul se livra exclusivement à ses travaux législatifs dans la chambre des pairs, et les nombreux discours qu'il y prononça attestent la part honorable qu'il prit à tous les événements de cette mémorable époque. Telle était la confiance publique dont ses opinions et ses smtiments bien connus l'avaient entouré, que son nom se trouva inscrit avec celui du maréchal Gérard et du général Lafayette au bas de la proclamation municipale qui l'avait désigné comme membre d'un gouvernement provisoire. M. de Choiseul n'avait point été consulté sur l'honneur périlleux qu'on lui rendait; tant que la victoire fut douteuse, il abandonna sa tète aux chances du combat engagé; le jour où la victoire fût roonportée, quand il ne s'agissait plus que d'en recueillir le prix , M. de Choiseul fit connaître la vérité par une lettre qu'il adressa aux habitants de Paris, le 1*' août 1830.
M. de Choiseul, devenu aide de camp du roi Louis-Philippe, remplit aussi les fonctions de gouverneur du Louvre, et reprit sa place dans la nouvelle chambre des pairs. A sa mort, sa fortune et son titre passèrent au marquis de Marmier, son gendre. [ M. db Jour, dans VBnc, des g. du m. ]
VauUbelle. hist. de la Rest.- LaoïarUM, HitL de la Bat. :- Louis Blanc, Hist. de dix ans,
CHOISEUL-MBUSB ( Le marquis ffenri^Louit
BB ), général français, né le 22 juillet 1689, mort à Paris, le 11 avril 1754. Il fit, en 1704, la cam-
pagne de Flandre, assista anxlittafllea delamillies, d'Oodenaide et de DomIb, oà i IM grièvement blessé, devint Uentenaiit gteérai il gouverneur du Fort-Louis, puis de Séiat-Mafe, et accompagna, en qualité d'aide de cmp, Louis XV aux riéges de Meoin, de FribotHg, de Toumay , aux bataiOea da Fontenoy ci de Lawfeld.
▼oiutre , SiieU êê LimU XI y ; iMcfa dd LmH ir.
CHOI8B17L-MBV8B (Jeon-Bi^^iisie'Armœid de), général firançais, pistit-fils du préeédeat, wà en 1735, mort à Paris, le 10 décembre 181 &. fl fit la guerre de sept ans etf* Allemagne, deriit colonel aux grenadiers de France, aide-nuijor g^ néral en 1759, pois gouverneur de lalfaiÀiqBe. En 1789 il passa en Allemagne avec le priMe de Condé, dont U fbt le capitame des gardes, et ne rentra en France qu'en 1814. Cbokeàr Meuse cultiva les lettres, et fit imprimer deix vohimes de poésies, parmi lesquelles une tndnotîon de VAminte du Tasse.
DescMarU, Us SUeies lUt. - Qoénrd, ia Fraacs UÊL
CHOiSBVL-MBUSB ( Félicité comtesse, sa ), romancière firançaise , vivait au c omm eac cm at de ce siècle; die était de la famille du pvée^ dent Ellea publié un grand nombre de romans, panni lesquels nous citerons : Alime et Jrmanee; Paris, 1810, 3 vol. in-12; — lesAwumis de Charenlon; Paris, 1818, 4 vol. in-12; — Iê Familleallemande;—Cécile,ou rélève dePhaS' picede la Pitié: 1816, 2 vol.;^ Poola; 1812, 4 vol. in-1 2 ; — V Héritier de mon onde Vakbéi Paris, 1822, 2 vol. in-12 ; — Camille , ou la tête de mort; Paris, 1822, 4 vol. in-i2. On lui attribua aussi deux romans licencieux, intitulés ; Julie, ou j'ai sauvé ma rose, et Amélie é$ Saint' Far, On sait aiiyourd'hui qu'ils sont l'œnvn de M«« Guyot. Gcyot de FÈas.
Qaenrd, la France lut. — Plgoreao, PetUê Map. nwurnciéTÉ, isti. — Arnanld, etc., Biog. nouv, des confia* poratns.
GHOi8BUL.i«A.BAUMB (Cloude-AnUàm ^ comte bB ) , général français , né le 5 odobn 1733 , mort le 4 mai 1794. Après avoir serti dans l'armée dltalie, il s'attacha au roi de Pobgne Stanislas, et devint successivement f ipihiM des gardes et chambellan de ce prince. Plus laii, fl fit la campagne de 1757 en Aliemagne, •• trouva à la prise de Cassel et de la Hesae, au combats de Lutzelberg, de Blinden, de Oerback,de Warbourg, de Clostercamps , dePIlinghansen et de Johannisberg , et ofaCîBt la grade de Keuteoant général an mois de déoankn 1781. Arrêté comme suspect, en 1794, il lil traduit devant le tribunal révolntâoBBiira d envoyé à l'échabud.
BiogrmfMê mùd/tme.
GH018BVL • fiOUFPIBR ( JMOTie - GoMif-
Florent'Auguste, oMute oc), né à Paris, le 27 septembre 1752, mort le 20 juin 1817. La rang et la fortune de M. de Choiseul , an fiea d'être pour lui des moyens de ditiipatton, favorisèrent son goOt poar l'étude; il acqnit m
GHOISEUL
d*Hanoart uno instrucUon solide. L»
de randenne Grèce le préoccopaient,
dèi rage le phis tendre fl conçot le projet de
ce soi classique de la f^oire. Son ma-
«▼ec l'héritière de la maison de GoofBer,
titre de colonel, ne ftirent à l'aocomplis-
son pmjet que des obstacles momen-
Préparé à son Yoyage par les leçons de
|*abbé Barthélémy» il partit aa mois de mars
A776y mtrPAtaiante, commandée par le marquis
^to Chabert, qui hd-méme faisait une expédition
seiantifique dans la vue de dresser une carte ré-
^vtbt de la Méditerranée. Pendant son séjour en
Gfèœ, le comte de Choiseul fouilla tous les dé-
fadsde l'antiquité, recueillit tontes les traditions,
s*CBqait de tous les usag^, de tous les mots
qui pouraient afoir sunrécu à la destruction;
^ de retour en France, il publia, en 1782, le
ytmkr Toinme de son Voffoge pittoresque en
Grke. Tous ses rédts sont clairs , sans séche-
nmt comme sans emphase. Peu de temps au-
panunt l'Académie des inscriptions, qui avait
frit connaissance des manuscrits et des maté-
ihn réunis par M. de Choiseul , le nomma
r^ de ses membres , à la place de Foncemagne,
eirAcadémie française fanita cet exemple en le
teaint pour successeur à D'Alembert , qu'elle
poditcn 1783. Le discours du récipiendaire fut
iBMrquaUe par le meilleur goût et la correc-
ladn style. Bientôt il repartit pour la Grèce,
m plus en simple yoyageur, mais comme am-
hmîdeur, et rendit de grands senrices aux
IhUèaes par la confiance qu'avaient en lui le
9Ml-Tisir Halil-Pacha et le prince lHauro-Cor-
Ato, premier drogman de la Porte. Par les
du comte de Choiseul, des faigénieurs
forent appelés à Constantinople pour y
la théorie et la pratique de l'art de la
pare. Lorsque les hostilités eurent commencé
dire la Russie et la Porte, il joua le rôle de cou-
citar (voir les Mémoires de Ségur, t n), et
fVTint à ftire rendre la liberté à l'ambassadeur
fcHissie, détenu aux Sept-Tours; il empocha
ma que lintemonce d'Autriche ne flkt arrêté,
PMl eette puissance se déclara pour la Russie;
ataf il adoodt constamment la position des pii-
cC en racheta phisieursde ses propres
'■hn. A ses frais anssi des artistes habiles f umuiiait la Syrie et l*Égypte, pour en des- ^tt les monuments.
A répoque de la révolution , le comte de QHiMd éprouva de grandes difficultés diploma* Ifies en Turquie, et fût nommé ambassadeur « Angleterre (179i), mission qu'il n'accepta Vshl n resta donc à Constantinople, où il se W MM éiait toqjours comme l'ambassadeur du iti, M voulant correspondre qu'avec les princes ^OqUodIk. Des pièces saisies en Champagne le iM décréter d'arrestation, le 22 novembre 17IL Hé pouvant rentrer en France ni rester A talHfinople, il se retira en Russie, et fut adiriitail'iiiInnHédeCittMriBen. Paul rie
nomma conseiller privé, et le fit directeur de l'Académie des beaux-arts et de toutes les biblio* thèques impériales. M. de Choiseul avait éprouvé un instant de disgrâce par suite de ses liaisons avec le comte de Cobentzel : il s'était même éloigné de la cour ; mais l'empereur le rappela, et le traita avec plus d'égards que jamais. Ces vicissitudes néanmoins hispirèrent à M. de Choiseul le phis vif désir de roitrer dans sa patrie, et il y revint en 1802, n'ayant plus d'autre fortune que son nom et ne voulant pas se ranger parmi les courtisans du premier consul. L'Académie s'ouvrit de nouveau pour lui; il ne voulait appartenir qu'à elle. Son premier volume, publié depuis si longtemps , attendait une suite, et cette suite était devenue difficile à faire , à raison de cette foule de voyageurs qui avaient depuis vingt ans publié leurs relations. H lui fallut doiic, selon l'heureuse expression de M. Dadcr, njeunir ses anciens travaux; il fit entreprendre de nouvelles recherches, leva des plans, etc., et ces soins remplirent sa vie entière. En 1809 parut la première partie du second volume. U y a moins d'enthousiasme et plus de science, surtout plus d'observation. Homère devient pour lui l'historien , le géographe , plus encore que le poète. La Troade, objet de la seconde partie de ce second volume, avait été mise sous presse par l'auteur, mais die ne parut point de son^ vivant
M. de Choiseul écrivit plusieurs savantes dissertations pour les BféDQoires de l'Académie, tels que ceaji Sur l'hippodrome d'Olympien Sur le Bosphore de Thrace, Sur l'existence d'Homère, quil maintint contre les sceptiques. Au retour des Bourbons, il fut nommé ministre d'État et pair de France. Frappé tout à coup d'apoplexie, il se rendit aux eaux d'Aix-la-Cliapelle en 1817, avec la princesse Hélène de Beaufk«mont (auteur d'un poème de Jeanne d'Arc), quiltavait épousée en secondes noces; mais sa santé ne put se rétablir. Sa précieuse collection d'antiquités a été déposée dans le Musée du Louvre; elle est exposée aux regards du public.
[ M. DB GoLBÉRT, dans l'^nc. des g. du m. ]
Dader, NoUeê kitt. surlavi§€t tet ouvrages de M, C'F.'Â. de ChoitêuHSoHfMrf dans InMém. de FAc, de$ inseript. et beiiee-lettres, téance du » JollJet 1819.
* CHOiSBVL-D'AiLLEGOirRT ( Anno-Maxime-Urbain, comte de), neveu du précédent, né 1782 ou 1783, mort en 1854.iAuditeur aucoiiBflil d'État, il flirt nommé sous-préfet en 1810, adhéra à la déchéance de Napoléon, et fût appelé en 1814 à la préfecture de l'Eure par ifoiMietir, lieutenant général du royaume. Destitué au retour de l'empereur, il fut eous la seconde restauration préfet de la C6te-d'0r, de l'Oise et du Loiret , et cessa en 1823 d'appartenir h l'administration. En 1817 il fut élu membre de l'Aeadémie des inscriptions et belles-lettres, en remplacement de M. Choiseul-Gouffier. On a de lui t De VInfimnct des eroisades $w r
ses
CHOISEUL — CHOIST
des peuples de VEurope; Parii, 1809. M. de GlKMseiil a fourni quelques Mémoires au corps bavant dont il faisait partie, et publié des articles biographiques dans le recueil de Micbaud.
Mém. de rjtead. U$ imeript. et belUt-lettrts. - QQérard, ta Frtmeê ttttérair*.
GHOisaiH (/MJi), diplomate français, né à CbAtelleranK, en 1550» mort vers la fin do seizième siècle. Issu d*uoe famille obscure , il reçut une éducation fort soignée, et, grâce à la recommandation de son frère, qui était au service de Jeanne d*Albret, il fut admis comme secrétaire auprès de Jean de Montluc, évèque de Vakooe, qu'il accompagna dans une mission importante. 11 s'agissait de déterminer les Pdonais à choisir pour leur roi le duc d'Anjou (depuis Henri Ul), que Catherine de Médicis et Charles IX désiraient écarter de France. A force d'habileté et malgré des obstacles de tous genres, l'ambassadeur réussit dans sa mission, et son secrétaire fut pour une bonne part dans ce suc^ oès; mais le nouveau roi, peu soucieux d'une pareille couronne, se rendit lentement à Yarso* vie, et en repartit presque aussitôt claodestinement, la nouvelle de la mort de son frère lui étant parvenue. Choisnio, qui n'avait iilusrien à foire en ces pays lointains , revint en France, et fut, en récompense de son xèle, nommé conseiller du roi. Il n'est ensuite plus question de lui dans les auteurs contemporains. H avait rédigé des Jtfteoires, qui ont été imprimés dans la Collection des Mémoires relatifs à r histoire de France ( éditée par MM. PetitotetMonmerqoé ), première série, t XXXYIU» qui ont reparu dans la ooUection des chroniques et ouvrages historiques pubUéspar M. Bochon pour le Panthéon Mtéraire. G. B.
U croU d» MalM, MUiotk, /rançtUu. — Uàoag»
Bmiothiqu* kittûriqu» 4» ta France.
CHOIST {FrançoiS'Timoléon, abbé de), littérateur fran^, né à Paris, le 16 août 1644, mort le 2 octobre t724. Son père, chancelier de Gaston , frère de Louis Xill, rendit des services éminents dans diverses négociations, et notamment près de la landgravine de Hesse. Madame de Cfaoisy étaitde la maison de Hurault de L'Hospital et arrière-petite-fille du fameux chancelier de ce nom. C'était une femme distinguée, habile, une maltresse femme, comme le dit son fils , qui, toute bourgeoise qu'elle fût, avait un commerce de lettres avec la reine de Pologne Marie de Gonxague, avec Madame Royale de Savoie, Christine de France, avec la célèbre Christine de Suède, et avec plusieurs princesses d'Allemagne. Anne d'Autriche l'admettait dans sa familiarité ; Louis Xrv lui-même la traitait avec une considération et une bonté peu communes. « Sire , lui arrivait-il de loi dire une fois, voulez-vous devenir honnête homme, ayes souvent des conversations avec moi. » Ce quil y a de partieoUer, c'est que Louis XIY le crut, et lui doon^ des audiences réglées , deux fois la Mmaine»
quil payait par une pension de huit mille Unei. Au reste, pour mailame île Cluûsy , il iry avait qu'un protecteur, qu'un maître, c'était le rai. « Mes enfants, disait-ollc à ses fils, il n'y a rien de tel que le gros de Tarbre » ; et dans* son testament , avant toutes choses, elle leur recommandait de ne s'attacher à nul autre £lle avait ses raisons pour parler ainsi. Son mari , à b mort de Monsieur , avait perdu sa charge de chancelier, qui ne lui avait pas coûté moins de cent mille écus. Cela , toutefois, ne rempèchait pas derecliercher tous les moyens qui acrréditciil auprès des grands et des puissants. « Ma nèR me demanda , raconte l'abbé de Choisy , si f »vais été voir le duc d'Albret. Je lui dis que nos, et que raU)é d'Harcourt était de mes amis (c'était à la suite d'une querelle an coUég^ entre la deux abbés), elle pensa me man^. Comment^ me dit-cHc, le neveu de monsieur de Turenne!
Courez vite chez lui, ou sortez de chez mtA, ■ Lorsque son fils vint au inonde , elle avait qoarante ans itassés; elle avait pour lui une afiection plus tendre que pour ses autres enfants, parce qu'il la faisait paraître jeune et qu'elle voulait encore paraître belle. Elle avait la singulière manie de rhabiller en fille; elle lui avait fait percer les oreilles, et lui mettait des mouches. Elle s'y prit si bien que l'enfant, ayant grandi dans ces accoutrements, n'en voulut plus changer. La figure charmante de Choisy, son absence de barbe, sa taille délicate et fine se prêtaient à cette mascarade, qu'il devait pousser aussi kM que possible. Jusqu'à l'âge de dix-huit ans i n'eut pas d'autre costume, et s'il le quitta qaeiques années, il le reprit à la mort de aamère, en 1666, sur le conseil de madame de La Fayette. Il avait alors vingt-deux ans, et avait soataw en Sorbonne assez brillamment son acte de toh tative. Ses frères le trouvèrent accoramodaat sur les partages de la succession de sa mère; M ne demandait que les pierreries, les byoux et autres frivolités hixueuscs de la toilette de fbnne; il allait au sermon , à l'Opéra , à la comédie aoos des habits féminins , et se faisait nommer par sai laquais madame de Ganzi, 11 était très-btea v« du duc d'Orléans, qui avait ses goûts , et le aoir mettait aussi des cornettes, des pendants d'oreilles et des mouches. Ces étrangetés incroyabltt faisaient fortune, et Choisy s'enivrait des aocoàs qu'obtenaient sa figure et ses atours, quand une allocation sévère du duc de Montausier à TOpéra, en présence du jeune dauphin, qui l'avait attiré dans sa loge» le fit retomber du ciel sor la terre. •< J'avoue, lui dit l'austère gouvemenr, nïonsieur ou mademoiselle , car je ne sais pas comment il faut vous appeler , j'avoue que vont êtes belle. Riais en vérité n'a vez-voos point de honte de porter un pareil habillement , et de Cure la femme, puisque vous êtes assez henreux pour ne pas l'être. Allez, allez vous cacher; monsieur le danphm vous trouve fort mal oomme cela.» Le ieuno prince eut beau repos-
GHOISY
dre : « Vous me paidonaera» monsieur, je la tRNnre belle comme mi ange » ; le malheureux ■'eateDdit que le blAme glacial de De Montaoaîer, et cette mortification produisit sur lui «M impression telle qu'il forma tout aussitôt la projet de quitter Paris et d'aller cacher sa confosioa au fond de quelque province, n «diela le château de Crépon, près de Bourges, et s'y installa sons le nom de la comtesse te Barres; car la leçon quil yenait de recevoir avait bien pu le chasser de Paris , mais non le corriger de son étrange manie. Comme elle ■eniit un grand train , qu'elle avait table ouvwte, qu'elle était prodigue et pleine de politesse, la comtesse des Barres fot reçue de la meilleare société, et devint fort à la mode. L'abbé de Cboisy, dans un petit livre fait à la soUidtalioodela marquise de Lambert, a raconté, avec des détails où la naïveté se mêle à l'effironterie , b vie pen édifiante qu'il menait à Crépon* Nous raverrons les curieux kV Histoire de madame ia comiesse des Barres, dont Louvet s'est inspiré dans son scandaleux roman de Faublas.
Vétàt d'une jeune comédienne qu'il avait séduite le força à revenir brusquement à Paris. « L'eiib- Tie d'être belle, dit-il , me reprit avec foreur. » n te montra à tous les spectacles, à toutes les iwomenades publiques, se compromit au point que ses parents durent intervenir et obtenir de loi qu'il renonçât aux habits de fomme et au nom de la comtesse des Barres. H se décida alors à voyager» et partit pour l'Italie. 11 fit un long sé- Jov à Venise. Il prit du goût pour le jeu; et comme fl apportait une grai^ passion dans tout ce qoiM foisait, il se livra à ce penchant dangerenx avec frénésie. « La rage du jeu m'a pos- •édé et a troublé toutes les douceurs de ma vie. Heoraux! si j'avais toujours foit la belle, quand nlne j'eusse été laide. Le ridicule est préférable à b pauvreté. » Son séjour en Italie dura pludeors années. Nous le voyons revenir en France, alttbiUer en femme comme auparavant, se bortant à ne pas se montrer en public. Les pertes qaH avait faites an jeu le forcèrent à s'éloigner qyelques mois, et il alla passer ce temps à Tabbiye de Sainte^Sdne, en Bourgogne, que le crédit de sa mère lui avait fait avoir en 1663. C'est duant ce voyage qu'il fit connaissance avec le tenenx Roger de Rabutin, alors exilé dans sa tenro de Bussy. De retour à Paria, sa vie dissipée le jette dans des embarras qui ne faisaient qne croître chaque jour, et dont une circonstance fmprévne le tira fort heureusement. Le pape tiénaXX venait de mourir ( 1676); le cardinal de Booillon partait pour Rome , il lui ofTrit d'être um oonciaviste; Cboisy accepta avec empressement Bientôt après il devint, grâce au cardinal de Retz, conclaviste général des cardinaux français, et se trouva de la sorte initié aux intrigues qui précédèrent et sigoalèreat l'élection dlnnooent XI.
n ne fallait rien de moins qu'une maladie des
plus sérieuses pour le faire sortir cette nature frivole de sa vie désordonnée. La fin précipitée de Marie-Thérèseavaitdéjàsingolièrementfrappéson imagination impressionnable; une fièvre violente dont il fot pris, et qui le mit dans le plus grand danger, opéra ce miracle. Il avait attendu les médecins dire : « il ne sera pas en vie dans deux heures. » Il forma donc la r^lution, s'il revenait à la santé, de laisser là cette existence déréglée et de se convertir. Le péril disparu, il n'oublia pas ce solennel engagement. Il rompit avec le passé, et ne songea plus qu'à expier ses fautes par la pénitence. Il fot aidé dans son louable projet par l'abbé de Dangean, avec lequel il composa des.dialogues sur l'immortalité de l'âme, sur l'existence de Dieu, sur la Providence et sur la religion. Un jour il apprend , au séminaire des Missions étrangères, où il s'était retiré, qu'il était arrivé des mandarins indiens, et qu'il était question d'envoyer une ambassade au roi de Siam. L'idée lui vint de demander ce poste apostolique. U était appuyé par le cardinal de Bouillon , et sans doute qu'il eût réussi dans ses prétentions si le choix de Tambessadeor n'eût déjà été fait Faute de mieux , l'abbé de Cboisy , en cela fort prévoyant, fit observer que le chevalier de Chaumont pouvait mourir en chemin, et rédama la coadjutorerie du chevalier et de plus l'ambassade ordinaire dans l'hypothèse où sa nu^jesté siamoise consentirait à se convertir au christianisme. « Jes'avais pas encore oui parier, dit Louis XIV, d'un coa^jutair d'ambassade. Mais il a raison, à cause de la longueur et du péril d'un pareil voyage. » L'on s'embarqua à Brest, le 3 mars 1685. L'abbé de Cboisy fait on long récit de cette ambassade, rédt enthousiaste et «Uns lequel toute chose est tant soit peu exagérée. Au reste, comme le chevalier de Chaumont et le pèreTachard, qui étaient do voyage y opt écrit chacun leur relation, ces trois ouvrages se oomplètent et se corrigent l'un par l'autre. C'est durant la traversée que Cboisy reçut les ordres et la prêtrise , et c'est en pleine mer qu'il dit sa première messe. Cette ambassade, entreprise fort à la légère , ne devait aboutir à rien. Le roi de Siam ne répondit pas aux ouvertures qui lui forent faites, et renvoya tout le monde avec de belles paroles et de beaux présents. L'on était de retour à Brest le 18 juin 1686. Le chevalier de Chaumont et Cboisy furent à VersalUes l'objet d'une inconcevable curiosité. « On nous entourait comme des ours », dit ce dernier plaisamment. Le roi fot plein de caresses poiur Vabbé, qui se crut au faite des grandeurs ; mais cet éblooisseroent passa vite. Parmi les présents que le roi de Siam envoyait en France, il y en avait de considérables avec une lettre d'envoi pour le cardinal de Bouillon. Cboisy avait, sans consulter l'ambassadeur, sollicité cas distinctions pour son ami le grand-aunkVnier, qu'il avait quitté en possession apparente d'une pleine faveur, et qu'il retrouvait disgracié et exilé. Louis XIV parut irrité de ce coup de tète du pauvre abbép
CHOISY — CHOLEX
et il n*eo fUlat pas daviuitage pour g^r ses afftjres. ftlais Cbôisy priteda en esprit de péniteiioe; il Tetourna à soa sëtninaire des Missions étrangères, où une denû-henre d*oraison devant le saint^sacrement, nons dit-U, lui lit oublier cette p^ite disgrAce.l Cependant, Tarrivée des ambassadeurs siamois, on mois après, en le rendant utile, lui rouvrit la cour, où il reparut comme introducteur et interprète naturel des envoyés de Siam. Six mois encore après, il faisait sa paix avec le roi, auquel il présenta la Vie de David fi la traduction des Psaumes, 11 obtint même d'aller voir le cardinal de Bouillon , qui était malade à Tarascon. L'abbé de Choisj fot élu en 1687 membre de l'Académie française, en remplacement du duc de Saint^Aignan. Cette auée même il écrivit une Vie de Salonum , qui est une perpétuelle allusion h Louis XIV. L'année suivante, en 1688, fl composa une bistoire de PbiUppe de Valois, une autre du roi Jean, cdies enfin de Charles V et de Charles VI. Le doc de Bourgogne lui demanda comment il s'y prendrait pour dire que Charles VI était fou. « Monseignenr, répondit l'abbé de Cboisy, je dirai qu'il était fou. » L'histoire de saint Louisest de 1689. Qudques années après, il donnait une traduction de limitation de Jésus-Christ « H dédia « raconte l'abbé de Voisenon, son ImUatUm de Jésus-Christ à madame de Maintenon. La première édition en est remarquable, par deux versets du psaume 44, qui sont au bas d'une taille douce, où cette dame est représentée à genoux aux pieds ducrucifix, avec ces paroles: Écoutez^ mes fiUeSy *^^ attentives; oubliez ta maison de votre pèrt^ et le roi désirera vo^re freoul^. On a^retranchécetteinstructkmsafaitanie(l).» Son JÏUtoirederi^^ttie, entreprise par le consefl deflBoesoet, qui trouvait avec raison que celle de l'abbé Fleury n'était pas abordable pour tous, fit dire à quelqu'un « que la plus ancienne de ces deux histolr6sétaitunouvrageFleunr,etrantre un ouvrage Cboisy y. L'abbé de Cboisy poussa sa carrière jusqu'à un âge fort avancé, et mourut, un an après son ami^l'abbé de Dangeau, dans sa qnatre-vingtret-unlème année.
n a laissé : Dialogues (quatre) sur Témmortalité de Pâme, la Providence, V existence de Dieu et la religion; Paris, 1764-1768, ( le quatrième est de l'abbé de Dangeau ) ; —Histoire de France sous les règnes de saint Louis, de Philippe de Valois, du roi Jean, de Chartes V, de Charles VI; Paris, 1750, 4 vol. in-12 ( ces différents règnes avaient été d'abord publiés Réparément); — Histoire de la vie de David, in-4*'; — Histoire de V Église; Paris, 1727, 11 vol. in-4<' ; — Histoire de madame la comtesse des Barres; Anvers, 1735; —Histoires de piété et de morale, tirées de V Écriture Sainte et des auteurs profanes ; Paris, 171 1 ;— Journal du voyage de Siam fait en 1685 et 1686, par
(1) Ce bit a été coatetté. Voyez le Dietionnairt d«f atumjfmM, 1 1. p. \%\. —
M. L. 2>. C. ; Paris, 1741, ln-11; — i pour servir à Vhistoire de Louis XiV; UtiwM, 1727, 3 vol. in-12; —{la) Nouvelle Astres, dédiéeàS. À. R, Madame ;P9tt8, 1713,11-13;
- le prince Kouehimen , histoire tartem, et don Alvar del Sol, histoire napolitaine; Mi^ 1710, ùk-\2; "-Viede madame de Miramêm^ 1706, in-4<'; — Vie de Salomon ; iB-12, 1887.
GoSTàVE DESlNMteSTnUIES.
L'abbé de CboUy, ses Mémoires,- mstaên 4m H cmn iessêdêt Bams: iesihaloffmêSiJommmiëmwêfmté»
Siamu - L'abbé «TOU? et, la^UdeM. r«M« d» CM*.
- D'Aleobert. Êtoçê de FaMe de CkoUr. — LlAkc* VoUeooov^Modotes liCteraUret, OËmurett rwpMfw^t W.
- Sainte-fieaTC, Causeries du luméi, t. UL — AIh CbampolUoD, ffotiee sur rabàé de Ckoiêg {Mklkmâ* Foojoalal).
GHOKIBB. Voy. SURLET.
GHOLBT, OU GOLBTI, OU GIOLKTI, OQ OMOn
GAELiT ( Jean ), dit de Nointel, cardinal fraçais, natif de HoIntel , en Beanvoisis, mort le 2 aofit 1291. Après avoir été chanoine de la cathédrale de Beauvais, et peut-être même évêqv de cette ville, il lut créé cardinal en 1281, et chaiigé de diverses missions par les papet lÊattin IV et Nicolas IV. Le premier de te% den pontifes lui donna l'ordre de se rendre es Siôli^ pour empêcher, sous pefaie d'excommonicitini, Charles F' d'Anjou et don Pèdre d'Aragon d'à venhr à un combat singulier. Ifartin IV cnfuya aussi Cbolet auprès de Philippe m, le Hardi, rai de France, pour offrir à ce prino^ qu'il àeoÊL décider à se croiser contre don Pèdreylcs roynmes de Valence et d'Aragon avec le comté de Barcelone. Le 17 août 1284, le cardinaMég^ tinta Paris un concfle où Philippem et ses dâx fils aînés prirent en effet la croix. Atteint d'iM maladie épidémique qui régnait dans son année, Philippe le Hardi mourut à Perpignaii, le 5 mtobre 1286, ^ le cardinal Cholet, revenu à Paris avec Philippe le Bel, célébra les obsèques dn fei roi À Saint-Denis ; puis il fit consentir PlnSpoe le Bel à la continuation de la croisade. A la vue de cespréparatiliB dn roi de France, Alphonse m, successeur de don Pèdre au trtoe d'Aragon, m hâta de traiter avec Charles n, fils et suooessev de Charles V^ d'Anjou , roi des Deux-Sidles.
Cholet fit conclure ensuite entre le roi de France et Sanche IV, roi de Castille, letraité du 13 juiM 1289. La même année le cardinal fit son testament ; les legs considérables qu'il institua supposent une fortune immense. H fonda le ooHégi des Cholets sur la montagne de Sainte-Geneviève.
Hitî. lUtêraire de la France, t. XX. p. lit.
CBOLRX (Roger-Gaspaard-Jérâme, comn\ homme d'État sarde, né en 1771, à BonneviBe, dans le Faucigoy, mort le 24 juillet 1828. Lors de l'invasion de la Savoie et du Piémont par les Français, il se prononça contre les projets des révolutionnaires. Obligé de s'expatrier, il se réfugia à Genève, où il exerça avec distinction la profession d'avocat A la rentrée du roi de Sardaigne, après avoir été peu de temps intendant de la Maurienne, il se rendit à Paris pour y suivre
te iotérèU de ee iMys auprèft de la oommisiioa de liquidation. De retour à Torin , il fut MMnmé intendant général de la Sardaigne, poste |ue rintempérie du climat le contraignit d*abandûoner. En 1821 il devint ministre de Tinlérienry et déploya tontes les qualités d'un ad- ■Ustrateur actif et habile.
•«►ToaauMO. Blogio dêi cùntê Mog. Catp. i« Jer, ^koiix, — Leur, jiniuuUn hist. mUv.
«GHOuai. Foy. GoLcros.
GBOuàBBS (Pikoku\ Uttérateor français »
rivait dans la seconde moitié du seizième siècle. I fat avocat au parlement de Grenoble. On a de ■i : les Neuf matinées du Seigneur de Cho- 'aères f dédiées à monseigneur de Vendôme; Paris» 158&» in-8*; — les Après-dtnées du migneur de Cholières; ibîd., 1687, in-13. Ces iauK ouvrages ont été réunis sous ce titre :
TmUeset discours bigarrez, déduits en nettf maiinées et après-dinées du carnaval; ibid., 1611 et 1613, 2 vol. in-12; — la Guerre des masles contre les femelles, en trois dialogues, IMC les mélanges politiques du sieur de Cho- \lère»; ibid., 1588» ln-12 : « la rareté de ce lirre» dit Desosaits, en fi^t le seul mérite »; — to WerUnupiiaie; 1600» in-12.
Piifiiin, tu Siéem tut, - BiUMk, du romans.
€BOLLBT OU c»OLBT { François- Auguste, Qoan)»bonime politique français» née Bordeaux» m 1747» mort le 6 novembre 182G. Procureur du poi à Tamiranté de Guienne avant la révolution» 1 était administrateur du département de la Gipgttdelorsqull Ait appelé» en septembre 1795» à rirf^er an Conseil des Cinq-Ccats» où il dâMita» le If Bovembre 1796» en s'opposant au rétablisse- BMift de la loterie. U embrassa ensuite avec ardenrla défense des naufragés de Calais. Le 20 Mi 1797 il fit rappeler les 198 conventionnels bflBia de Paris en vertu de la loi du 21 floréal M IT ( 10 mai 1796)» et fit rapporter cette loi. En même temps il soutint la proposition tendant ï eilger.des prêtres une déclaration nouvelle. n vota le maintien des ventes de presbytères déjà opéiéeii etdemanda la suspension des ventes non enoora consommées. Le 27 aoOt fl proposa Falownement du projet relatif à la violation du iecrat des lettres. Le2 septembre» avant^vdlle du eoop d'État du 18 fructidor an v» il voulut qn'on écartât les propositions de Tbibaudeau idilives à la marche des troupes. Le 9 du même nob il 8*opposa à l'exclusion des nobles des emplois publics. Le 4 décembre il proposa la déportation des ecclésiastiques qui ne ae aoiimettraient pas aux lois» et le 19 mars 179S fl demanda, avec le Diredôire» la révision deajnsemmts rendus de mai à septcsnbre contre les jreprésentants et les acquéreurs des biens oationanx. Le 27 novembre 1794 il combattit»
comme entaché de rétroactivité, le projet de Dypiantier de la Gironde, relatif aux biens des pères et mères des émigrés. Réélu membre du ikMiMil des Cinq-Cents» en mai 1799» U s'opposa
CHOLEX — CHOUEL 170
à la suppression de la formule de Aoliie à Vanarchie dans le serment que devaient prêter les officiers de la garde nationale. Après le 18 brumaire, il fit partie de la commission chargée de reviser la constitution, n fut ensuite nommé sénateur» comte de l'empire et membre de la commission de la liberté de la presse. Appelé à lachambredes pairs le 4 juin 1814, il siégea encore dans, cette assônblée à la seconde restauration. MonU. mUv, iTM-ltM. - Arnaalt, Josy, «te, Biog, nouv, du eonUmp.
* CHOMATi AJf US ( Dcmetrius ), jurisconsulte grec» vivait probablement vers la première moitié du treizième siècle de J.-C. H fut cbartophylax» puis archevéquede Bulgarie» et écrivit des Quxs^ tiones sur le droit ecclésiastique. Cet ouvrage» reste inédit» se trouve parmi les manuscrits de>la bibliothèque de Munich. 11 est mentionné par Cujas ; et au tomepremier de la chronologia du Jus greco-romanum de Leunclavius »^ Fielier place Chomatianus au nombre des commentateurs des Basiliques ; mais le iUt est révoqué en doute par Boecking. Outre les passages de Chomatianus cités par Frelier» on trouve des fragments de ses ouvrages dans te recueil de Bonnefoy. Y. R.
Cniu, ObêUT., v, c 4. - MoDtrenll, HUt. du droU bfumUn, III. - Boecklag» IntiUmtlo, 1, M6, d» 48.
* GHOMKL ( François ) » médecin français »
natif d'Annonay» vivait dans te milieu du dixseptième siècte. On a de lui : Observationes medicx; Londres, 1646» in-8** ; — Tractalus de tussi; Lyon» 1656» in-8<>.
Carrére. BiblMh, de la méduiiu.
CBOUEL (Jacques-François), médecin français, natif de Paris, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècte. On a de lui: An naturcUes omnes corporis humani humores alibiles et excrementitii digeri possent; Montpellier» 1708» in-4'*; — Universx medicinx theoricx pars prima, seu physiologia ad usum scholxaccommodata;iiM,, 1709, in-12; — Traité des eaux minérales, bains et douches de Vichy ; Clermont-Ferrand» 1734 et 1738» ni-12 ; Paris, 1738» in-12.
carrère. Bibtioth, deiawUdeeitu. - Éloy, Met, de ta wUdeeiHS,
GHOMKL (Noël), agronome français, né à Paris» vers 1632» mort à Lyon, le 30 octobre 1712. L'abbé Tronson» supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, l'ayant chargé do régir les biens que la oommunaute possédât à Yfaicennes, il s'empressa d'acquérir toutes les connaissances nécessaires à une exploitation rurate; il devint depuis curé de Saint-Vincent, à Lyon. On a de lui : Dictionnaire économique; Lyon» 1709»
2 vol. in-fol. Cet ouvrage a eu un grand nombre d'éditions» successivement améliorées» dont la plus récente est celte de Paris; 1767, 3 vol. in-fol.
Histoirt du Lfûtmaiif part f, p. 177. — Leloof, BibUoth. kiit. de ta rroMê, Mit FoDtette.
GHOMBL iPierre-Jean-Baptiste), médecin et botaniste français, membre de l'Acadénlfe àee sdenoes, né en 1671» mort en 1740. Aux études
GHOBIEL — GUOMPRÉ
médicaleB il joignit, par goôt, celle de la botanique, et seconda puissamment Tournefort dans sa recherche des plantes de la France. 11 parcourut surtout l'Auvergne, le Bourbonnais et les contrées voisines, où il fit une abondante récolte de plantes, la plupart inconnues. Il donna à TA» cadémie des sciences plusieurs notices contenant l'histoire et la description d'une partie de ces plantes et des observations sur les eaux miné- Taies. Ces notices se trouvent dans les Mémoires de rAcadémie des sciences de 1703 à 1720. En 1707 Chomel fut nommé médecin de quartier de Louis XIV. Quelque temps après, dans un jardin du faubourg Saint-Jacques, il fit cultiver une collection des plantes en usage dans la médecine, et en fit l'objet d'un enseignement spécial. Le résumé de ses leçons forma son principal ouvrage, qu'il publia sous le titre de : Abrégé de Vhistoire des plantes, dans lequel on a donné leurs noms d\f/érentSy tant Jrançois que latins, la manière de s'en servir, la dose et les principales compositions de pharmacie dans lesquelles elles sont employées ; etc., 1712, 1715, 1725, et un supplém. en 1730, 4 vol. in-12. Cet ouvrage a eu plusieurs éditions ; son fils en a donné une en 1761, 3 vol. in-t2 ; la 7* a été revue et augmentée par Maillard, 1803, 2 vol.
in-8*'; J.-J. Dubuisson a fait paraître le même ouvrage sous le titre : Plantes usuelles indigènes et exotiques décrites par Chomel, au nombre de 642, dessinées dans l'état de floraison diaprés nature et soigneusement gravées; 1809, 2 vol. in-8^, avec 102 planches.