GHA&TIER
Tersité de Poitiers, noordtemen^ créée, n devint Uentôt curé de Saint-Lambert près Saumur et chanoine de Toamay. Puis, la capitale étant rentrée sous l'obéissance de ce même prince, il fut successivement nommé chanoine de la cathédrale en 1436, conseiller au parlement de Paris, chancelier de Notre-Dame, et enfin évéque de ce siège le 4 décembre 1447. Ce prélat s'acquit dans ses fonctions une haute réputation de science et de vertu. H s'entremit avec l'ardievéque de Reims pour apaiser la querelle entre les mendiants et l'université. En 1455, il Alt un des commissaires délégués par ordre ou par permission du pape à l'eflét de poursuivre juridiquement la réhabilitation de Jeanne Darc. En sa qualité de juge, il obtint un des exemplaires originaux de ce procès historique. Ge manuscrit, légué par l'évêcfue pour être conservé, enchaîné selon l'usage, dans la bibliothèque du chapitre de Notre-Dame j subsiste encore de nos jours (1). En 1459, Tévéque de Paris prit part à l'assemblée de Mantoue, réunie par Pie II contre les Turcs, et y prononça une harangue , dont le texte manuscrit nous est également parvenu (2). Louis XI étant monté sur le trône en 1461 , Guillaume Chartier reçut solennellement ce prince, au seuil de sa cathédrale, et fut d'abord admis avec fiiveur dans ses conseils; mais cette faveur ne Ait pas de longue durée. Lors de l'entrevue des princes et de la réunion de Saint-Maur en 1465, à l'occasion de la ligue du bienpubliCf l'évèque de Paris écouta les propositions des ligueurs, et se montra disposé à leur ouvrir les portes de cette ville. Mais le roi, informé de ces dispositions, accourut pour mettre à temps la main sur la capitale, et garda au prélat une rancune que la mort même de ce dernier, survenue sept ans après, ne put assouvir. Guillaume Chartier, ayant été enlevé aux regrets et à l'estime publics, Ait honorablement inhumé dans sa cathédrale. Aussitôt le roi écrivit aux échevms de Paris une lettre dans laquelle, rappelant la conduite qu'avait tenue en 1465 le défunt, il flétrissait sa mémoire; pins tard il ordonna que l'épitaphe qui p;lorifiait le souvem'r de l'évèque fAt effacée, pour faire place à la mention du grief qu'il avait conservé contre lui. Mais en 1483, Louis XI étant mort à son tour, l'épitaphe fut restituée sur la sépulture du vertueux évêque. La collection Gaignièrefi nous a conservé un dessin enluminé du tombeau. Le prélat y est représenté sur une lame de cuivre jaune, jadis placée au milieu de l'entrée du chœur. Sa figure est accompagnée de ses armes et de Tépitaphe en question, qui a été imprimée dans divers ouvrages.
Vallet de Virivhxe.
Mémotm de Comineê, Hv. \"y ch. vxu. — Ou Boulai. Historia ttniversitatis ParUiensU, t. V, p. 849 et 870. - CalUa ekrittiana nova, t. VU, col. 180. — Mm.
(1) BibUolh. Imp., fonds de Notre-Dune, n« ISS. W M6me blbL, nu. 8870, lat, ^ 178.
I 4ê la 0161. imp,, OAlgnlèrat, 178, f» 881 ; Tltret géMUlù' Oiqttn» ao mot Cbaatiul, ete.
GBARTIBR ( René)^ médecin français, naquit en 1572, à Vendôme, suivant dom Liron et l'abbé Goi]ûet,'et selon Guillaume pu val , à Montoire, en Vendomois, et mourut le 29 octobre 1654. Il étudia tour à tour les belles-lettres, la philosophie, la jurisprudence , les mathématiques , la théologie et la médecine. H s'était fait oonnattre par plusieurs tragédies latines , quand fl fut chaïf é d'un cours de belles-lettres au collège d'Angers. Quehiue temps après, il enseignait les mathématiques à Bordeaux, et la rhétorique à Bayonne. Il quitta Bayonne, pour aller étudier l'histoire naturelle dans les gorges des Pyrénées. On le vit ensuite à Paris , suivre les cours de l'École de médecine, et se faire recevoir bachelier en 1606. Voici le titre de Tune de ses thèses pour le baccalauréat : La femme est-elle un animal imparfait , un monstre y une aberration de la nature? On aimait alors ces thèses facétieuses. Chartier obtint le grade de licencié le 19 mai 1608 et les insignes du doctorat le 28 août de la même année. 11 occupait la chaire de pharmacie en 1610; en 1612 il fût nommé médecin des Dames de France, filles de Henri IV, en 1613 médecin ordinaire du roi Louis xm, et enfin, en 1617 il succéda à Etienne de La Font dans la chaire de chirurgie du Collège royal. Sept ans après il alla en Espagne, auprès de madame Elisabeth, mariée à Philippe IV ; il voyagea ensuite en Italie, où le roi de Savoie lui fkisait un honorable accueil; et plus tard, en Angleterre, où l'appelait une de ses anciennes clientes, madame Henriette-Marie, devenue réponse de Charles I***. Chartier mourut d*une attaque d'apoplexie, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
On doit à R. Chartier la première édition des Soolies de Dure sur le traité des Maladies internes de Jacques Houllier : Ludovici Dureti Scholia ad Jacobi Hollerii Ubrum de Morbis in ternis ; Paris, 1611, in-4*. Il a publié pour la première fois les œuvres de Barthélémy Pardoux : Bartholomxi Perdulcis Universamedicina, ex medicorumprincipumsententiis consiliisquecollata ; Paris, 1630, in-4<'. Suivant Tabbé Goujct, il a encore édité la chirurgie d'Etienne Gourmelan. Si les éditions de Chartier furent estimées, ses traductions le furent plus encore. On a coutume de lui attribuer la traduction du traité de Palladius sur les fièvres : Palladii de Febriùus concisa synopsis; Paris, 1646, in-l**; cependant le véritable auteur de cette traduction est Jean Chartier, fils de René. L'ouvrage principal de René Chartier, son premier titre à l'estime des érudits , est sa traduction de Galien et d'Hippocrate : Hippocratis Coi et Claudii Galeni Pergameni arehiatron opéra; Paris, 1639-1679, en treize volumes in-folio. Les neuvième, dixième et onzième volumes de cette importante collection furent publiés vingt-cinq ans après !a mort de Chartier, par les soins de Blondel et de Le*
CHARTIER — CHÀRTRAN
moiiie. M. littré la Juge en œs tennes : « L'édition de Cliartier est tràft-incontmode, à cause dn nombre des Tolomes et du mélange des livres d*Hippocrate aTec oenx de Galien ; mais, du reste, elle m'a semblé mériter plus de fayeur qa'on ne loi en accorde ordinairement ( Œuvres (Fmppoer,, trad. de M. Littré, 1 1, p. 549). » B. HAiméAu.
Dmd Lferon ; MM. etertroiiM. - GnUL Duvail, ColUife éê Frmuê. — Goajet, HUL dn CoUége rogal, - B. Bauitao, UifL iUi. du Maint, t in.
GHARTUsm (Jean)^ médecin français, fils aîné du précédent, né à Paris, en 1610, mort en 1662. Il fut reçu docteur de la Faculté de médecine de Paris en 1634. 11 devint médecin du roi et professeur ordinaire. On a de lui : Paladii de Febriinu concisa synopsis; Paris, 1646, in-4*'; — la Science du plomb sacré des sages y ou de V antimoine, ok sont décrites ses rares et particulières vertus y puissances et qualités; Paris, 1651, in-4''. Cet ouvrage ralluma la querelle sur Vantimoine; Q indisposa d'autant plu» la Faculté qu'il attaquait les opinions des vieoK docteurs et se moquait de leur ignorance, dans la figure allégorique qui se voit au frontispice avec ce quatrain :
Ije blboa fntt U clarté TlTiflqoe :
Et bleo qall ait lanettes et flambeaux, Il ne peQt Tofr les secrets les plus beaux De rantloBolDe et du Tin énéUqae.
Guy-Patin fit rayer Ghartier du tableau de la Facolté, en 1651; mais Paul Courtoi» Ty rétablit, en 1653.
Èloj, met, hUt. de la méd,
cHARTiEft {Philippe), médecin français, frère du précédent, né à Paris, en 1633, mort le 25 août 1669. n fut reçu bachelier en 1654. Il obtint uBc chaire au Collège royal, et fut nommé médecin du roi. Il fîit rayé, comme son /rère, du tablean de la Faculté pour s*étre montré partisan de Tantimoine; il intenta un procès à la compagnie , mais il n'en vit pas la fin, car il mourut, d'indigestion, quelques jonrs avant le prononcé du jugement.
h.\of ^Diet. hisi. de la médecine.
*GHARTnR ( Jean ), peintre et graveur français, né à Ortéens, dans les premières années du seizièine siècle, mort vers 1586. Il n'est conira que par son Kvre les Blasons de vertu, suite de dix planches gravées et publiées par lui, à Orléans, en 1574, et quelques autres pièces d'un dessin très-maniéré. P. Ch.
La Croix du Mabie, Bibl, franc. — Robert Oumesiifl, ie Felmtn grawemr françai», V.
^CBAmTOH {Charles -François), général français, né àBonoq (Meurthe), le 16 novembre 1765, tué an combat de Castellazzo, le 12 septembre 1796. Après avoir lait partie de la garde nationale de Yersailles de 1789 à 1792, il entra «ms-Ueotenaiit an 28' régiment d'infanterie le 12 juin; le 12 août suivant, 1793, il se trouva aux prises des camps de Pénis, de LimÈtt (8 iom), à l'attaque du camp des Four-
ches (1 2 juin), à la retraitedu Belvédère (!*' Août), à l'attaque du Tel ( 22 octobre ) et à la prise de Toulon (le 19 décembre). Nommé acyudant général le 20 décembre 1793 et général de brigade le 26 mai 1795, il passa à l'armée d'Italie, où il fut tué, à l'Age de trente-et-un ans. Le nom de ce général est inscrit sur les Tables de bronze du palais de
YersaiUes. Â. S t.
Arclùwes de la çuerre.-^Moniteur, un ; p. tl6, an m . p. S61. — Biographie moderne.
l CHARTON ( Edouard) , publidstc français, né à Sens, le 1 1 mai 1807. H étudia le droit à Paris , et fut reçu avocat en 1827. Deux ans après, il devint rédacteur en chef du Bulletin de la Société pour Vinstruction élémentaire, et du Journal de la Société de lamorale chrétienne. En 1833 il fonda le Magasin pittoresque, qu'il n'a pomt cessé de diriger; cet intéressant recueil, composé actuellement de 21 volumes (ornés de gravures sur bois d'une exécution remarquable), traite de toutes les matières utiles à connaître, et a obtenu un succès mérité. Après la révolution de février 1848, M. Charton remplit les fonctions de secrétaire général du ministère de l'instruction publique, et fut élu (par le département de l'Yonne) membrcde l'Assemblée constituante, où il propo.sa de n'accorder le droit d'électeur qu'aux citoyens sachant lire et écrire. En avril 1 849 il fut élu par l'Assemblée constituante membre du conseil d'Etat (section de législation), d'où il sortit le 2décanbre 1851. M. Charton a été collaborateur de. la Revue encyclopédique , du Bon Sens, du Temps, du Monde, de V Encyclopédie nouvelle, etc. 11 a fondé , avec MM. Paulin et Dubochet 17^tMtration, et il a publié le Guide pour le choix d'un état; Paris, 1842, in-8*'; — Us Voyageurs emciens; ibid., 1853, in-8®; — Les voyageurs du moyen-dge,i%5^,isk-S. X.
Docwnenti partieuHen,
^cMARTRAiiff (iV...), musicien et compositeur belge, né à Liège, mort en 1793. Il entra comme violiniste à l'Opéra en 1772, et se fit remarquer par son exécution ferme et hardie. On a de lui : /6 Jjord supposé, opéra-comique en un acte , Comédie-Italienne, 1776 (point de succès ) ; — quatre Quatuors pour violons, alto et basse; Paris, Sieber; — ^rot^ Concertos pour violons; id.; — six Symphonies à huit parties ;M.; — six Duos pour violon et alto; id, La bibliothèque duCoi^^ervatoire de musique de Paris possède la partition manuscrite d*Alcione, opéra non représenté.
Comte de BecdellèTre-Hamcl, /iiqgraphie liégeoise. II, 805. — Fétls, Biographie universelle des musiciens.
*CHARTRAff {J,-H.-S, ), général français, né à Carcassonne, en 1779, mort en 1816. il entra au 8er\-ice à l'Age de quatorze ans, fit les campagnes de 1794 et 1795 dans l'armée des Pyrénées-Orientales, passa à celle d'Italie, après la paix de BAle, et se distingua en diverses rencontres. Il servit ensuite sur le Rhin , à la grande armée, et fut fait colonel en 1813. Vainqueur, le 28 juillet, de six mille Russes, qui essayèrent
i\ CHÀRTRAN — CHARTRES
en Tain de l^arrMer dans les gorges de Pirna, il assista le 30 à la bataille de Culm, se fit jour au milieu des colonnes «inemies, leur enleva dnquante^aix officiers supérieurs, dégagea son général de division et une partie des troupes tombées en leur pouvoir. Nommé général de brigade pour ces deux beaux ll^ts d'armes, il fut rois à la demi-solde par les Bourbons. Au retour de Tempereur, Chaitran fut diargé du commandement du département de TAude , et rencontra, en se rendant à sa destination le baron Trouvé, avec lequel il eut une entrevue, dont le détail, publié dans une intention coupable, produisit plus tard reffet qu'on en attendait. Mis à la tète d'une brigade de voltigeurs de la garde, il combattit vaillamment àFleurus et à Waterioo. Dans cette dernière bataOIe,0 attaqua des bauteurs qui paraissaient inexpugnables. Repoussé trois fois, il revint trois fois à la charge, et emporta la podtiim. Obligé de faire sa retraite, il l'exécuta en bon ordre, se rendit sous les murs de la capitale, passa la Loire, et revint à Paris après le licenciement. Envoyé d'abord en surveillance à Lille, puis arrêté, traduit devant une commission militaire, il fut condamné à mort et exécuté. Il avait alors trente-six ans, comptait vtngt-deux années de service, vingt-deux campagnes, et un grand nombre d'actions d'éclat. Les habitants de Lille lui ont élevé un monumcait par souscription.
Le Baf , Diet. enepe. de ia France. — Maillé, Bioçrapkie des eéiébrité» mUilaires.
* CHARTIIES (comtes et ducs de). Plusieurs princes des maisons de Blois et d'Orléans ont porté ce titre. Foy. Orléans.
* CHARTRES ( Renoud on Regnauld, Réginaldus de), cardinal-archevêque de Reims, chancelier de France, né vers 1380, mort le 4 avril 1444. Il était fils de Hector de Chartres , grandmaître enquêteur des eaux et forêts de Normandie et Picsû^e, etc., et de Jeanne d'Estouteville. Après aToir acquis le grade universitaire de licencié es lois, il devint d'abord chanoine, puis doyen de Saint-Pierre de Beau vais (1406). En septembre 1404, il fut condamné avec son frère, Pierre de Chartres, « pour qudque insulte « faite au bailli de l'évêque de Beauvais (1) ». Peu de temps après, le pape Jean XXfn le fit son camérier référendaire, et le chapitre de la cathédrale de Beauvais le nomma évêque par voie d'âection. Mais Renaud de Chartres ne prit pas possession de ce siège, et Ait élevé en janvier 1414 à l'archevêché de Reims. En 1415 U se rendit au concile de Constance, et reçut la même année à Beauvais l'empereur Sigismond , lors de sa venue en France. Issu d'une ancienne fimillle attadiée au service des rois de France, il embrassa de bonne heure le parti du dauphin, qui fut depuis Charles VII. Président de la chambre des comptes avant 1415, membre du conseil privé, il (ùt nommé, par lettres du 16>oût 1418, lieutenant
(I) Anselme, HUtoin^ généaleçiçve de ia maliOh de France, tone VI. p. sit.
du roi et du daaphin en Languedoc, Lyonnais et Méconnais. Son père, Hector de Chartres, avait péri la même année, en défendant le parti Armagnac, sous les coups des Bourguignons, maîtres de la capitale. Le 28 mars 1424, Renaud de Chartres se vit accorder une première fois la chaii^e de chancelier de France. Mais il la remit quelques mois après, le 6 août, entre les mains de Martin Gouge, son prédécesseur. En 1425 Chartes Vn l'envoya comme orateur d^ obédience auprès du pape Martin V, à qui l'antipape Clément V disputait le souverain pontificat
Le 8 novembre 1428 Renaud de Chartres reçut une seconde fois de Chartes Vil les sceaux de France, ahisi que le titre de chancelier : il occupait cette éminente position et partageait avec Georges delà Trémouillele gouvernement de l'État, lorsque Jeanne Darc se présenta devant Charles VTI à Chinon. Renaud de Chartres fut au nombre des personnages qui, avant de souffrir que le roi agréât les services de la jeune inspirée, commencèrent par faire subir à celle-d une sorte d'examen et d'enquête. Le chancdier se trouvait à Orléans pendant le siège mémorable de 1429; il se dirigea sur Blois pour y préparer le convoi de raivitâillement destiné aux assiégés et dont la conduite fut remise à la Pucelle.
Renaud de Chartres, fort engoué de lui-même, exerça avec quelques favoris un ascendant exclusif sur l'esprit du roi. U vit tout d'abord d'un œil jaloux ce nouveau conseiller de la couronne, que la Providence envoyait en la personne de la jenne héroïne auprès de Charles VII pour le sauver. Les mesures énergiques, soudaines, extraordinaires que conseillait la Pucelle, troublaient et contrariaient à chaque pas chez lui les vues ou les calculs d'une politique mesquine et intéressée. Le chancelier, une fois poussé par les événements, les suivit à contre-cœur et à sa manière. Sans cesse intimidé par les obstacles , il attendait tout de son habileté comme négociateur. Jeanne marchait droit au fait, assiégeant et prenant les villes. Lors dn siège de Troyes, devant la résistance des habitants, le chancelier venait d'ouvrir en conseil l'avis de battre en retraite, lorsque Jeanne, survenant tout à coup, opina pour un nouvel assaut, en promettant la victoire. Elle tint parole, et justifia son conseil. Ces incidents se renouvelèrent plus d'une fois pendant la courte durée de la carrière de la libératrice, et lui aliénèrent de plus en plus les sympathies du premier ministre. Jeanne fut faite prisomuère de guerre le 23 mai 1430, devant la place de Compiègne, alors occupée de vive force par les Français, et assiégée depuis sept mois par les Bourguignons. Dans sa passion pour les voies diplomatiques, Renaud de Cliartres, au mois d'octobre précédent, avait voulu, contre le gré des habitants , livrer la ville de Compiègne au duc de Bourgogne, comme un gage propre à concilier les bonnes grâces du duc en faveur du roi de
COARTRES — CHAS
France. Le jour oii l'héroïne tomba au pouvoir | <Ies ennemis , Renaud écrivit aux liabitants de Reims une lettre dont Tanalysc a été conservée à lliistoire, et que l'histoire doit flétrir, «c U donna advis de la prise de Jehanne la Pucelle devant €k>inpiègne , et comme elle ne vouloit croire conseil, ains (mais) faisoit tout à son plaisir; qu'il estoit Tenu vers le roy ung jeune pasiour, gardeur de brebys des montaigncs de GéTandan en l'évesché de Mande, lequel disoit ne plus ne moins que avoit faict la Pucelle, et qu'il avoit commandemâit de Dieu d'aller avec les gens du roy. . . et que Dieu avoit souflert prendre Jehanne la Pucelle, pour ce qa'efle s'estoit constituée en orgueil , et pour les riches hahitz qu'elle avoit priz ; et qu'elle n'avQîtûictce que Dieu luy avoit commandé, ains avoit Ciict sa Tolonté. » (1) L'auteur de cette lettre, qui osait railler l'héroïsme, était digne de 80Q «nffragant , Pierre Cauchon ( évéque de Beauvai«), sur le territoire duquel la Pucelle aiût été prise, et qui revendiqua le droit de la ya^. n n'usa pas mèmed'une remontrance envers ce safffa§Hit, pour lui enlever sa victime (2). Bfiaiâtrede Charles VII, il se garda de lui consfifier im recours au pape, pendant les douze moK qui s'écoulèrent entre l'arrestation de Jeanne et son supplice.
Cependand Renaud de Chartres sut se ménager jusqu'à sa mort la confiance et les faveurs croissaiites du monarque. Le 17 juillet 1429 il avait, comme archev^ue de Reims et premier pair de Ftance, sacré le roi. Au mois de septembre suivant» il fîit adjoint à Charles de Bourbon et au comte de V^ôme , pour le gou- Tcnement de l'Ile de France et du Beauvoisis. Sonoédît personnel, si ce n'est son influence poSlique , sorrécut même auK révolutions de palais qui, en détruisant successivement les favoris du Ttn, finirent par dessiller les yeux de ce prince et le firent entrer dans des voies nouvelles. Boiaad de Chartres présida comme négociateur ca comme pontife an unions de Charles de Boui^ bon (1424) avec Agnès de Bourgogne; de Louis, dsopbin (juin 1436), avec Marguerite d'Ecosse ; d*kiitende» fille du roi ( août 1436 ), avec Amédée DC de Savoie; de Catherine , sœur de la précédente princesse (jum 1438), avec le comte de
(i;- BzCntt de U lettre orlRlnale de Benaad de Chartres, bM par Jean Rofer, cbronlqaeardo seizième au dU-septiéM siècle. Voy. Qalcberat. Procès de la Pucelle, t, v , pane iMl
( t> Pierre Ctacboo. vooé, comme on sait, aax Anglais, aasueilasatt eontre le vierge Innocente une vindicte pardcofière : Aa retour de Reims, en i4S9, la présence de la Paccfle et rciaa national qu'elle entraînait avalent snfû IMor saaciter i fleaovats rinsnrrecUon des habitants : ena-el après avoir eipuM Pierre C^cbon. leur selgnear a la Me temporel et spirltoel, arborèrent Immédiatement le drapeau da roi de France. Telle était la source de son mi m a Ê t té penonnelie. Renaud de Chartres, stl avait «Époarva dfone Ame élevée, devait se sentir lié envers la Pnccile par ose obligation tont opposée ; car c'était elle iBMi qui avait reconquis Reims sorjes Anglais, et qul« en icadtBantla elle doiacre an roi de France, avait rendu i Memrné de Chartres u patrie et son siège métropolitain.
Charolais, plus connu sous le nom de Charles le Téméraire ; et de Charles d'Oriéans ( novembre 1440 ) avec Marie de Clèves. Indépendamment des bénéfices ecclésiastiques ci-dessus mentionnés , Renaud de Chartres eut encore le prieuré commendataire de Saint-Pourçain,*transréi-é en 1435 de Reims à Embrun (translation que du reste il n'accepta point); puis il fut administrateur des égUscs d'Agde ( î 435) et d'Orléans ( 1 439), reçut enfin, le 28 décembre de cette dernière année, la pourpre romaine des mains du pape Eugène IV, sur les instances du roi de France. En 1435 il fut un des plénipotentiaires qui signèrent le célèbre traité d'Arras, par lequel fut consommée la réconciliation du monarque Français avec le prince bourguignon. En avril 1444, une sorte de congrès dâinitif s'ouvrit à Tours pour arrêter les bases d'une trêve qui devait être perpétuelle entre la France et l'Anglcterro. Le cardinal chancelier s'était rendu à. Tours pour prendre part aux négociations^ brsqu'il mourut subitement, peu de jours avant la signature du traité. Yallet de Vibiville.
Galliachristiana nova, tome IX, colonnes iU à 187. — Anselme et Dnfouroy , Histoire généalogique de la malson de France^ tome VI, page 399. — J. Qulcherat, Procès de la Pucelle et aperçus nouveaux sur l'histoire de Jeanne Darc (Paris i84i-i8S0« « volumes ln*8*).
CHAS (/. ), jurisconsulte et compilateur français, né à Nimes, vers 1750, mort vers 1830. 11 fit ses études chez les jésuites, puis vint à Paris, où il exerça la profession d'avocat. Le manque de clientelle le força à cherclier dans la littéra- \me des moyens d'existence. Peu d'écrivains ont atteint la fécondité de Chas et la facilité avec laquelle il a su trouver des termes élogieux pour diacun des gouvernements qui se sont succédé en France d^uis 1784, époque à laquelle Chas publia son premier ouvrage. Malgré tant d'abondance et de flexibilité, Chas est mort de misère, après avoir vécu plusieurs années de la charité publique. Ses principaux écrits sont : /.-/. Rousseau justifié, en réponse à M. Servan; Neufchâtel, 1784, in-12; — Réflexions sur les imrmunités ecclésiastiques, considérées dans leur rapport avec les maximes du droit public et Vintérêt national; Paris, 1788, in-8®; avec l'abbé de Montignon; — Esprit, maximes et principes de Fontenelle; 1789, in-12; ^ Esprit, maximes et principes de D'Alembert, 1789, in-12; — Esprit, inaximes et principes de Thomas; 1789, in-12 ; — Esprit, pensées et maximes de Vdbhé Maury, député à l'Assemblée nationale ; 1791, in-S"; — Histoire philosophique et politique des révolutions d'Angleterre jusqu^à la paix de 1 783 ; Paris, 1 799, 3 vol. in-8**; — Tableau historique et poli/ique de la dissolution et du rétablissement de la monarchie anglaise, depuis 1625 jusqu'en 1702; ibid., 1799, in-8°; — Histoire politique et philosophique de la révolution de V Amérique septentrionale; ibid., 1800, in-8'*; — Sur Bonaparte, premier consul de la repu-