‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 62 sur 118 · CHR1ST0P0UL0S — CHRISTYN · texte numérisé non relu

CHR1ST0P0UL0S — CHRISTYN

Athanase et Cyriaqne, s'établit à Bukarest, en Valachie. Athanase y étudia la langue greoque aods le diacre Néophyte, connu par un long oummentaire sur la grammaire de Théodore Gaza.

Il apprit le latin à Bude, et il y étudia la méde' cine ainsi qu'à Padoue, où il siitfit aussi le cours de droit, sans négliger toutefois les classiques grecs , latins , italiens , et français. De retour à Bukarest , il fut clioisi pour précepteur des enfants du prince de Valachie Alexandre Mourousi^ qu'il suirit en Moldatie, où il exerça des fonctions publiques. C'est à l'instigation de Mourousi que Christopoulos écrivit un drame intitulé Drame héroïque, qu'on joua à Yassi et à Buka> rest, et qui fut publia en 1805. La même année parut sa grammaire de la langue grecque moderne, sous le titre de Grammaire Solodorique : il y soutient que la langue moderne est formée des deux dialectes éolique et dorique. Quand Mou<^ rousi quitta le gouTerneinent de la Moldavie , il vint avec lui à Gonstantinople. C'est alors qu'il composa ses poésies lyriques, dans le genre erotique et bachique ; elles sont le principal titre de sa gloire. Il recourut avec succès à la langue populaire, dont il fut toujours un des plus atélés partisans , et pour douner plus de popularité à ses poésies, il composa lui -môme la musique de plusieurs de ses chansons. 11 }onait de la llùto et du tambotirL Après la chute de la famille Mourousi, l'année 1812, le prince Caradja ap- |H»la Christopoulos en Moldavie, et lui conféra de nouveau des fonctions publiques, il Ait aussi chargé de la rédaction d'Un h^iuveau code^ destiné à remédier & la cunlbsioU et il Timperfectlon des lois fomaines et byzantines qui régissaient la Valachie. Cet ouvrage fut achevé en deux années. Après la fuite du prince Caradja , Christopoulos rédige«i des écrits politiques intitulés IlapdXXYiXa. C'était une comparaison des diverses formes de gouvernement. Pendant son séjour à Ilermanstadt, en Transylvanie, il composa une esquisse de la phUusophie sceptique des anciens, qu'il publia avec ses poésies, revues par lui en 1833, 2 tolumesin 8«. Cette édition et celle de 1841, faite aussi à Paris, par les soins de M. Piccolos, sont les seules reconnues de l'auteur. La dernière fut faite à ses frais, et elle diffère eu plusieurs endroits de celle de 1 833. Christopoulos se rendit plus tard en Grèce; mais il n'y resta que ikïu de temps , et la quitta en 1836. Étant revenu en Valachie, il écrivit ses 'EXXiQvixà à^x^KfÙMi^^Tzdy et traduisit le premier livre de l'Hiadc ; il écrivit aussi contre les érasmites, pour soutenir l'identité de la prononciation des Grecs anciens et des Grecs huxlemes. Tous ces écrits ont été publiés à Athènes , en 18Ô3, sous le titre de 'EXXy)vixà ÂpxaioXcoY^i&aTa, précédés d'une vie de l'auteur, d'où nous avons tiré cette notice. On trouve aussi dans ce volume des fragments d'une traduction des deux premiers livres d'Hérodot«. On a de Christopoulos ploflieiin éorits eo proM, qui n'ont pas été pu-

bliëa. n avait commencé on dictfcwi n a i re de k langue grecque moderne, sur le plan dn dictionnaire du grec ancien do Henry Etienne; mais 1 n'est arrivé qu'à la lettre H. Pluaeurs de M manuscrits ont été perdus, neuoret de Ckrittopouk». — DaM w mmt ê pmrt.

*CHRi8TOtrAMy de Portugal | prinoe poitegais, né en atril 1573, mort en 1038. Il était fds iUégitime de D. Antonio, qui prit le titradi roi de Portugal et dont Henri IV favorisa l« prétentions. Hé à Tanger mais réfngié nveason père en Angleterre, il fut envoyé en smh ii iid i par ce dernier auprès de l'empereur de Marae^ pour contracter un emprunt de 300,000 cmaidii, à l'époque où le prétendant gardait Tespolr d*arracher le pouvoir à Philippe H. U paiilit pour cette mission le 25 octobre i&88« etdéban|ea à Safy le 7 janvier 1589. Dès qu'il eot mis le pied eh Afrique, il fut reçu de la part du aonvenii musulman d'une façon vraiment royale , et tt maison devmt aussitôt le refuge dos chrétieBi captifs. La somme qu'il demandait pour faire la guerre à l'Espague parut probableroent trop farte; elle ne lui fut pas accordée iiar le aoutefahi arabe. £n 1590 il passa en Angleterre ; mak «m père avait déjà quitté Londres , et s'était réfqgiéà PariS)OÙ il vivait obscurément* Il le rejoignit, et, chose étrange, dans l'asile qu'il s'était choià cB France, il conservait les meiUeurs rapports avee le schérif, qui, se rappelant ce qu'un prnee de sa maison devait au toi D. Sébastien» lui Ht offrir ainsi qu'à son père une splendide hospiii' lité. D. Antonio et lui n'acceptèrent point ; Oliriftovam, que les recueils du temps qualifient de (Us de roi, partagea la tie mod^ dé son pèrp, et fut enterré près de lui. Ou lui attribue Mliefè histoire de D, Antoine /•% roi de Porltt^, in-12. F. H.

Doeumentt parUcutUn.

«cttkistoTAo DE LisÉOA (Ptey), uiBstenairo portugais, premier exploratanr du Tocastin , né dans les dernières années du seizième siècle, mort dans la première moitié d« <li&septième. Cet homme intrépide appartenait à une noble famUle du Portu^^ et il était onde do Faria Severiro, secrétaire des grAces de Philippe 11. Nommé f en iC23« gardien du coa vont des capucins du Maramhao, il s'oppoia de tous SCS efforts à ce que l'on réduisit les Indjas en esclavage, et il oitreprit pour catéchiser les sauvages de vastes courses dans les soUludfs inexplorées que les Français avaient vonhi ookh niser dès l'amiée 1 G 10, et dont ils avaient été ré> cemment expulsés. On sait peu de choses sur ces immenses explorations; mais il serait possible qse le résultat enfûtconsigné dans lesarchives, sipiécieiises, de la biblotlièqued'Ëvont|dontM. J. UeL da Cunlia Rivara a publié récemment le cataloguei et qui renferme d'innombrables documents inâits sur l'ancienne Amazonie. F. D.

Documents inédllM.

CBM8TTN (Jean-Baptiste),

€HRISTYIf —

historien, né à Brandleê, en lOSl, mort le 38 octobre 1690. Il obtint le gnule de licencié en ilrolt à runÎTersité de Douai , et fut successivement avocat dans sa ville natale , assesseur du prévôt g^ral et du drossart de Brabent , et en 1667 conseiller au grand conseil de Malines. Ilevenu en 1671 membre du conseil privé , ii Tut bientôt après appelé à Madrid pour siéger au conseil suprême chargé des afbires des Pays- Bas, et nommé clievalier de la Toison d'or. Il Alt envoyé par le roi d'Espagne, en 1G78, comme ainlnasadeur au congrès de Mimègue, et, en IG81 , comme premier commissaire, aujL conférences qui se tinrent à Courtrajr éfec les envoyés de France. Pour récompenser de si longs el si importants services, des lettres (latentes do 1 i janvier 1687 érigèrent en baronnie sa tCfro de Mertwck , et le 22 avril de la même année il fut revêtu des fonctions de chancelier de Brabant, ciu'il exerça jusqu*à sa mort. Son portrait, peint par Van Dyck, a été gravé par Morin. Christyn est auteur des ouvrages dont voici les titres : Jurujn^entia heroica , sive de Jure Belaamm cîTca nobiUiatem et insignia, .. liher prodroMus; Bruxelles f 1663, lu-i" de 144 paires, fig-; — Jurisprudentia heroica, sive de jure Belgarum ârca nobilitatem et insignia demoHstrato in commentario ad Ediclumperpeiuum; Bruxelles, 1G68, in-fol.; Ibid., 1689, 2 vol. in-fol.; — Observationcs cugenealogicœ et heroieœf etc. ; Cologne, 1678, in-4"; —Èasillca Bruxelûnsis, sive monumenta antiqua, inscriptiones et cœnotapliia; Amsterdam, 1677, in-8*, fig.; 2** édit., Malines, 1743, in-S», augmentée d'une seconde partie et d^me notice sur Taoteur, par J.-F. Fo|>pcns; — les TùtltbeaUJb des hommes illustres qui ont paru au conseil pfivé du roi catholique aux Pays-Bas , depuis son institution, de l'an ibil Jusqu'nnjnmrd*kui; LcydCi 1672, et Amsterdam , 1674, in- 13 de 93 pages; — Seplem tribus patricuv iavanienses; Leyde, 1673, in-13 ; 3* édit^ , Louvain, 1754, in-i2; — Senatus populique AntuefjHenMis nobilitas , sive septem tribus pa- Meix Antuerpienses : Luuvain, 1672, in-13de 55 pages; — Tabula chronologica dueum LoiharingisCf Brobantiœ, Limburgiœ, gubernth tarum ac archistrategomm eorum ducaiMwm: Malines, 1669, in-4<'; 3" édtt. , Cologne, 1677, in-4^ YauderVinckt (Ms. 16,310 de la Bilil. roy. de Bruxelles ) déclare Christyn auteur des Belgii et Burgundix guàernatores et archistrategi, eorumque ortus et séries ; Cologne, 1677, in-8". Kniin , J. Krniees et Van llultliem, suivis par Bnmvl, lui attribuent les Délices des PayS'Bas; Bruxcllca, 1097, in-13 de 343 pages, T" édition d'un ouvrage souvent réim|frinié, et que Tauteur du iHctionnaire des anonipnes dit être de P. de Dobbeleer.

K. BEr.?i.%RO.

J. Biili , Code de ratieien dmU belçique. - fhtcu' wmU pmrtinftten.

CHRISTYNRN 470

GHKMTTii {Libert-FrançoU)f seigneur de Bautersem, vicomte de Tervueren, jurisconsulte, frère du précédent, né à Bruxelles, le 29 juin 1639, mort le 10 juin 1717. 11 exerça d*alx>nl la profession d'avocat au conseil de Brabant, et devint successivement substitut licencié de la cour féodale , substitut du procureur général au conseil de Brabajit , conseiller au même conseil, conseiller dcramirautc suprême et vice-chancelier de Brabant. Il a été l'éditeur des deux ouvrages suivants : de l^gibus abrogatis etinusiiaiis in regno Francûr^ par P. Bngnyon; Bruxelles, 1677 et 1702, in-4'; — Opéra omnia juridica de Jean et de Frédéric Van der Sande; Bruxelles, 1721 , hi-fol. Il a publié en outre, sous le Voile de l'anonyme, VAnti-TribonienfOu discours pour Vestude des lois, de François Hoiman ; Bruxelles, 1681, iu-4**

Ë. REGMAftn.

i. nrlU. Code de Pemcim droU beiglque. — KUmnUi. Travaux turehitt, du droit français, tom. I.

CHBiSTYX (Le chevalier Jean-Baptiste), neveu des précédents, jurisconsulte, né à Bruxelles, vers 1635, mort en 1707. Ilétait iils de François-Antoine Christyn , assesseur à la chambre des comptes et conseiller au conseil de Brabant. Il était depuis longtemps avocat dans sa ville n«ita]e, et s'était acquit une jnste considération par son savoir quand il devint conseiller an conseil de Brabant. Il est antenr des ouvrages suivants : Plaecaeten,ordonnantien, etc.f van Brabant; Bruxelles, 1664 et 1676, 3 vol. in-fol. C'est la continuation jusqu'en 1675 du recueil commencé par Anselme; — Brabantsrecht dat is générale custumen van Brabant, Limborch en Mechelen; Anvers, 1682-1683, 2 vol.

In-fol. ; — Consueludines Brtusellenses latine reddita, commentariis et notis illustravit... necnon sententiis et turbis ; accedunt consuctudinescurix/eudalis BraJbantise ; Bnixelles, 1689, 2 vol. in-8*; — Idem, Accedunt additiones ex manuscripto, par J.-B. Janin ; Bruxelles , 1764, in-12; — Droits et coutumes de la ville de Bruxelles , du chef-banc à Uccle , de la ville de Nivelles, de la cour féodale de Brabant et de celle de Lothier; ensemble.., tes turbes et sentences recueillies par Christyn...; le tout en fiançais et en flamand, par de Hoze; Bruxelles, 1762, 2 vol. in-12. Ce c>ommcntaire, fort savant, a fondé la réputation de Christyn; — /. Deckeri disscrtationumjuris et decisionum libri II, edîlio altéra, Bnixelles, 1686, In-fol. K. Rrt.m^rd.

J. Drit/, lUide de Faneien droU betoiqHe.

* chuistviikx ( Paul de), seigneur de Beys seni , Buccken et Assen, jurisconsulte, né à Ma liues, en 1543, mort le 6 octolirc 1631 . C'était ui homme d'un savoir profond et on zélé pn>te( teur dfs lettres. Ses princi|)aux ouvrages sont Commentnrii in leges municipales MechI nicnses; Paris, 1624, in-4''; 4*^ 61ition, augmf téc |>ar Sébastien de Christynen, fds de l'antei

GHRISTYNEN -* GHROSOENaU

AnTerSy 1071, in-fol.; — Practkarvm qtuutionum rerumque in supremis eurUs aetarum et observatarum decUkmes ; emendaium et auclum studio et opéra Seb. de Christpieni AnTers, 1671, 6 toL in-fd. ; ibid., 1G36, 3 vol. in» fol.; Erfurt, 1743,7 toI. in-fd. Les écrits de Christynen sont mis aa nombre dessooroes les plus importantes de l'ancien droit national de la JSelgiqae. On a sooTent oonfonda ce Juriscon* suite avec les Cbristyn. £. Regnaro.

Draodlos, BiblMMeea claaica, — Catalogue de la Bibl. imp. - i. Brltz, Code de rancien droit beUfifue.

*GHRISTU8 OO CHRBSTUS (XpfjtrTOc), de

Byzance, sophiste grec, Tivait dans le seocmd siède de Tère chrétienne. Disdple d'Hérode Atticus, il enseigna lui-même la rhétorique à Athènes, et rénnit autour de lui plus de cent auditeurs. Parmi ses élèves les plus distingués on dte Hippodrome, Philiscus, Nicoraède, Ari*ténète, et Callseschrus. Chrestus était adonné au vin.

Ptiiloitrate, f^itm so^Uttarmn.

GHRO€U8 OU GBOCIT8, chef d'une borde de Vandales. U raragea la Gaule à la fin du troisième ou au commencement du quatrième siède après Jésus^ Christ. Fait prisonnier par nn général romain, nommé Marins, il fut mis à mort, à Aries. On ne sait rien sur ce prince barbare, qui n'est guère connu que par les légendes chrétiennes, qui l'accusent d'avoir fait tuer plnsietirs saints prélats, entro autres saint Antide, évéque de Besançon, saint Didier, évèque de Langres, saint Privât, évèque deGévaudan.

Grégoire de Toan, Hitt., 1. I, ch. l. - Baroolus, Jn-

CHROOB6AN6 OU GODEGRAND (saint),

évèque de Metz, né dans le Brabant, vers l'an 7 1 3 , mort en 766. Il était parent de Pépin, et occupa à la cour de Chartes Martel la charge de chancelier, ce qui ne l'empêchait point de vivre dans la plus grande austérité. Chrodegang ayant été élu évèque de Metz en 742, Pépin, qui venait de succéder à Charles Martd , ne consentit à son sacre qu'à condition qu'il continuerait de remplir ses fonction de ministre. Chrodegang suffit à tout, et dut même aller deux fois en ambassade auprès du pape Etienne II et d'Astolfe, roi des Lombards. Au retour de ces légations, il s'occupa activement de la réforme du dergé de son diocèse , et écrivit, en 755, pour les chanoines de sa cathédrale une Règle célèbre, où il rétaUit entre eux la vie commune. Cette Règle ne tarda point à se propager, et reçut peu à peu une application qui devint g^érale. On trouve le texte de ce manuscrit important pour l'histoire de la disdpline ecdésiastique dans le tom. VU de la Collection des ooncQes du Père Labbe. En même temps Chrodegang travaillait à la fondation des abbayes de Sain^Pierre, de Lorsch et de Gorze ; il fut enterré dans cette dernière. Meurisse et MaHllon nons ont conservé son pieux testament. N. M.

rutai, dé BvItcopU ifeliiMifrM. -MabUloD, ^1».

naiet» Acta dipUmatà. ^ Iktmim. HUL en ênt^m de JTcte. - Dom (.elller. Uiit. çémérmi» en m^ent êoerés. — PéUn. DieU hagiograpkiqme,

^GHROif ATius, écrivain latin et évéqne d*A« quflée, florissait à la fin du quatrième siècle on au commencement du dnqidème. On place u mort vers 410. Le fieu et la date de n oaissanos sont inconnus; on croit, mais par conjecfaire seulement, qu'A était Romain. Tout en oondannant les écrits d'Origène, il resta lié avec Rofii, qu'il avait baptisé, et qui lui avait dédié planeurs ouvrages, entre autres sa traduction latine de l'histoire ecclésiastique dTosèbe. Chromatius engagea saint Jérôme à traduire en iitii la bible hébraïque, et reçut la dédicace du eoiamentaire fait par ce Père sur le prophète Habakkuk. Lorsque édata la querelle entre Rofti et saint Jérôme, Chromatius s'entremit, par me lettre adressée à ce dernier, n fat dans l'Ooddent le plus vigoureux défenseur de saint Chrysostome, qui lui écrivit pour le remercier. Votthodoxie de l'évêque d'AquIlée n*est pas cqdtestable, mais son obéissance au saint-slégs Ut qndquefois douteuse. Ainsi lorsque le pape Anastase eut condamné à la fds Origène et Rnfio, et signifié cette dédsion à Chromatius, odm-d, loin d'y souscrire, reçut Rufin dans la oommiinion de son Église. On a perdu la plupart des ouvrages de Chromatius, entre autres sa Lettre à saint Jérâme au sujet de Rufin, et son Épttre adressée à Tempereur Honorius pour la délenie de saint Chrysostome; mais il reste de lui des Discours sur les huit béatitudes ^ des traités Sur les chapitres ^ et yi de saint Matthieu, sur le baptême, et nn petit nombre de Lettres, La meilleure édition de ces ouvrages, qui avitet déjà éte publiés à Bàle, en 1528 et 1551, LonvaÎD, 1646, est ceUe de la Bibliotheca Patrum; Londres, 1677, t V.

TUIemont, Mém. sur rhitt. ecelét., t.iXI. — Dopta, Dm. des auteurs eeeUs , lU. — Cayc, HUtariA Mlffvria, — Larduer, Works, IV.

GHR08GIBHSKI, GHROSGIN8KI OU GHRVS-

GiNSKi (Albert -Stanislas), poète polonais, mort vers 1737. D'abord secrétaire de Jean Ul Sobieski, puis de Jacques Sobieski, fils aîné de ce prince, il devint un des meilleors poètes de la Pologne. Son père avait accompagné le rai Jean III devant Vienne; peut-être s'y trouva-t-i lui-même, ainsi que le ferait supposer son poêne intitulé : Traba wiekopomney Stawp Jana lit, Varsovie, 1684, qui célèbre la victoire remportée sur les Turcs près de Vienne, en 1683. 11 fut eo grande faveur à la cour du roi Jean III, et c'est aux frais de ce souverain que fut imprimée b traduction de la Pharsale de Lucain, faite m vers par Chrosdenski ; Oliva, 1693, 2 vol. in-fd. C'est un poème fort estimé des Potonais, qodqu'il ne soit pas irréprochable. Les antres imvrages de Chrosdenski sont : une traduction en vers du Livre de Job et des Lamentations de JérénUe; Varsovie, 1705, in-^*", et Wilna, 1759. Un malheur domestique survenu an poêle

CHROSaSMSRI — GHRTSIPPE

lui fit entreprendre ÀnuMétAsitiéruSf poème en neuf chante; 1745; — /osi^od Brxiprzedany poema /F, Xlllpiesniaeh (Joseph venda par ses frères), poème en treiie chants; 1695 et 1733» sans indication de lieu d'impression; — un recueil de chants pieux, tels que les Psaumes, etc. ;

— Jjour pœtyczny, etc. (Laurier poétique en rhonneur de la Vierge), sans indication de date ;

— Clypeus serenissimi Joannis III, régis Poloniarum; 17 n, in-fol. C'est une généak)9e de la maison Sohieski, dédiée au prince Jacques.

Mbt. pott. PolonUi.-Eneh et Graber, jéUgem, EneveL *GHROi7BT ( TFomer), médecin néerlandais, ▼irait dans la première moitié du dix-huitième «iède. On a de lui : de Trium humorum oculi origine,/omuUiùneetnutrUione;lÀé%e, 1688, iii-8^, et 1691, in- 12. Il s'élère dans cet ouvrage oontre la doctrine de Nuck, et soutient que les prétendus conduits aqueux sont de véritables artères. U traite aussi d'autres matières, telles que la structure ceUuleuse de l'humeur vitrée, le cristallin et l'humeur aqueuse, enfin la membrane qui forme riris; — la Connaissance des eaux mi-' nérales d* Aix-la-Chapelle , de Chaude- Fon^ taine et de Spa, par leurs véritables prin^ Cipes;hejôe, 1714, in-13; Liège, 1729, in-12;

— une traduction annotée du Spadacrone de Henri de Heers; La Haye, 1739, m-12.

ÈLoy, Diet. de ta médteinê.

GHRTSAHDEB OU GOLDM AHN (GuilUtUme-

Chréiien-Juste), théologien protestant, né le 9 décembre 17 1 8, à Gœdekenroda, village de la principauté d'Halberstadt, mort à Kiel, le 10 décembre 1 788. n fut successivement professeur de philosophe, de mathématiques, de langues orientales et de tlié(»logie dans les universités de Helmstadt , de Rinteln et de Kiel. Il aimait beaucoup la muaiqne, et jusque dans sa vieillesse on Tentendait souvent chanter les psaumes en hébreu , en s'accompagnent de la guitare. Parmi ses dissertations , dont le nombre est hnmense , nous citerons les suivantes : Plutarchi VUx selectx parailêlx, grxcis margintUilms nunc primum elaàonUis instructx, cum prafatione grœca; Hefanstaedt, 1747, ^-8"* ; — Abbreviaturx qusedam in seriptis judaicis usitatiores, ordine alphabetieo,; Halle, 1748, in-4*; — Hypcmnema de primo scripto arabica quod in Germania tf/pis excusum est, tii. Bismilabi Wa- Hbni; Halle, 1749, in-4*; — Grammaire de la ianffue des Juifs d^ Allemagne; Leipsick, 1750, in-4*; — Recherches sur ^antiquité et Fuiiiiié des accents dans la langue hébrcàque; Brème ^ 1751, in-8''; — Histarische Untersuehenvon den. Kirchenorgel (sur les orgues).

Cette dissertation, insérée d'abord dans le Magasin scientifique de Hanovre, 1754, n*" 91 , fut imprimée séparément en 1755, 3 feuilles et demie, ia^, sans nom de lieu.

Fétia, Biographie univêrtêlU det mmsMent,

CBAT8AHTHB (Le Père), auteur pseudonyme

d'un ouvrage hititnlé : Chrysanthis hiitoria et descriptio Terrx Sanctas, urbisque HierusOf km; Venise, 1728, in-fol.

*GHRTSEEMB ( X(>u<rtp|ioc ) , médecin 9^, vivait vers l'an 100 avant J.-C. Il fut un des maîtres d'Héraclide d'Erythrée et peut-être aussi d'Apolk>nius Mus. Une de ses formules médicales et sa définition du pouls nous ont été conservées par Gallen. Chryserme pensait que le cœur n'exerçait aucune hifluence sur la production du pouls, et qu'elle était entièrement due à la force propre des artères. Le nom de ce méd^ cin est aussi mentionné par Sextus Empiricus et par Pline.

Gallen, âe Diffêr, puis. ; de Cùmpoi. mêdieam, ue. loc. — Sextut Empiricus , Pj^rrhon. Uj^potyp. — PUne , Hist. nai., XXII.— Cramer, Jnecd. çrtBe., yoI. III.

*GHBT8iPPE(XpO<Ttiiiioç),deTyane, écrivain grec gastronomique; on ignore l'époque où il vivait, n composa plusieurs traités sur l'art culinaire, ou plutôt sur l'art de faire le pain et la pâtisserie, n semble avoir été peu connu avant le temps d'Athénée, qui l'appelle un habHe écrivain sur l'art de la pâtisserie {awpbç ice(i|iatoX6roc). Un des ouvrages de Chrysippe traite spécialement de la manière de faire le pain, et était intitulé 'Aptoxomxàç.

Un autre Chrysippe, auteur d'un ouvrage hititnlé iToXixi, estdté par Plutarque, ParalL,min, C* 28.

AUi«B«e, ni; XIV.

GHBT8IPPB, de Cnide, médedn grec, vivait dans le quatrième siècle avant J.-G. n a été souvent confondu avec le philosophe stoïcien du même nom. FOs d'Érinée et contemporain de Praxagoras, U fut l'élève d'Eudoxe de Cnide et de Philistion, le père de Chrysippe, médecin de Ptolémée Soter, et le tuteur d'Érasistrate. On ne sait rien de sa vie, sinon qu'il accompagna en Egypte son maître Eudoxe. Les nombreux ouvrages de Chrysippe sont perdus aujourd'hui; mais plusieurs de ses doctrines médicales nous ont été conservées par Galien. Partisap de l'école pythagoricienne, Chrysippe avait en horreur la saignée et les purgatifs. Il attachait le plus grand prix aux vertus médicales du chou, sur lequel il avait écrit, au rapport de Plfaie, un traité tout entier. Pline nous apprend que toute la doctrine de ce médedn se réduisait à l'application pins ou moins arbitraire des remèdes tirés du règne végétal.

DIogène Laeree, Viri. — pnoe. HUtaria naturulh, XXVI. XXIX. - Gallen, dé A^m. $Mt., adv. Erartttr, Kom,

*GBBTSIPPB, fils du précédent, médedn de Ptolémée Soter, qui régna sur l'Egypte de 323 avant J.-C. à 283. Faussement accusé d'un, crime, il (ut mis à mort.

IMogèae Laerce, VII.

GBBTSIPPB, médedn grec, élève d'Érasistrate, vivait dans le troisième siède avant J.-C. Qudques critiques lui attribuent le traité de Brassica ( du Chou ) , mentionné par Pline , et

CURTSIPPE

«Ttt

qui semble appartenir à Chrjaippe de Cnide.

Mofrène Laerea, ?II.

^GHàTSiPPB, médeeln grec, diadple d*Aadëpiade, TiYAit probablement dans le premier siècle avant J.-G. Un de ses oonages est cité parCoe- Uus Aurelianas; cet auteur fait plusieurs fois mention d'un uédeein du nom de Chrysippe. On ne sait si c'est le même que le disdple d'Ascléplade.

CieHiu Awellanut, âê Mf^rb. êkrmi., IV, S.

* CHRT8IPPB, de Gflide, médecin grec, vivait au commencement de Tare chrétienne. fut, à ce qu'on croit , le mattre d'Athénée, natif aussi de Cilicie, et Galien l'appelle le grand père de la secte des Pneumaticistes,

SidUIi, Dictiofutnf of greek cmdrowum biographe, CHBTSIPPB, philosophe stoïcien, élève et successeur de Cléantbe, naquit à Soli, en Cilicic, vers 280 (av.-J.)» et mourut à l'âge de soixante- ^eize ans, suivant ApoUodore, ou de quatrevingt-un, suivant Lucien et Valère Maxime. Il fut d'abord coureur du stade; puis, ayant perdu son patrimoine, il s'adonna à la philosophie, et choisit de préférence l'école où l'on enseignait à n'estimer autre chose que la liberté et la vertu. Il est peu probable qu'il ait entendu les leçons de Zenon : ce qu'il y a de certain, c^est qu'il s'attaclia à Cléanthe, non pcûnt qu'il le suivit en aveugle : il paraît avoir fait plus d état de sapcrâonne que de ses enseignements : k Donnez-moi vos principes, lui disait-il souvent, je saurai bien trouver seul les démonstrations. » Toute l'antiquité nous représente en effet Chrysippe comme un génie doué d'une facilité et d'une pénétration rares, c«)uime un dialectîeien subtil et radine : « si les dieux, disait-on , avaient une dialectique, ce serait celle de Chrysippe. » 11 avait avec cela tout l'orgueil d'un chef dâ secte et une activité d'esprit infatigable. Le stoïcisme avant lui s'était tenu vis-àvis des autres doctrines dans une réserve pleine de périls. Un système qui ne se défend pas est bien près de périr. Chrysippe, merveilleusement propre à la polémique , ne se contenta pas du rôle passif que Cléantbe avait gardé toute sa vie ; il défendit avec énergie le Portique contre ses adversaires, et prit à son tour l'offensive, tantôt attaquant les disciples de Platon et d'Aristote, tantôt, et surtout, les épicuriens et k» académiciens. 11 parait qu'il s'était laissé séduire |)ar les leçons de Lacyde et d'Arcésilas, et qu'un instant il abandonna Cléanthe. On rapporte à cette époque de sa vie les écrits qu'il a composés Pour et contre la coutume^ et l'ouvrage où il traite Des grandeurs et des quantités suivant les princii>es de l'académie. Mais il répara cette infidélité d'un instant en luttant toute sa vie contre le scepticisme des académiciens. La renommée de Chrysippe était telle, et l'estime qnll s'était acquise était si grande, qu'on disait : « S'il n'y avait pas de Chrysippe, il n'y aurait pas de Portique. » Nul philosophe en effet n'est dté plus souvent ai plus volontiers par toute Pantlquité; nul ne

poaièdê npe antorité égale à la I Plutarqne lui ait refjhtché des i des obacnritét, une subtilité exoearive, bifln qai d'autres aient critiqué la négligenca de ion st^k^ ses r^kétitiona oontinuelles, sa oompIniaiiiBft è dter les poêles et à intercaler dant set éaUs des ouvrages presque entiers, on peut diie q» nul ne contribua plus que hii à donaer an iWoisme une assiette fixe, une organlsitkw déMtive, et en même temps à propagsr et à ▼oiguiMr cette doctrine.

Chrysippe composa, dit-on, plus deae|ileali livras, dont noua ne possédons que dee ft«ginenta, en trèa-grand nombre 11 eet rwtL CMto énorme quantité d'ouvrages étoane mofeit qÊÊÊà on fait réflexion à la fécondité de atm eapilt d sortent à sa manière de composer. H ëcrivail, dK Diogène de Laerte, tout ce qui lui venait à k passée, reprenait souvent la même qoestloo, usait au hasard de tous les témoignay qu'il icncontrait, et grossissait ses ouvrages de citatioBS de toute espà». De plus, peu curieux de le beenté de la forme et des charmes du style» oonuM étaient en général les premiers stoîdeM, il le prenait pas la pdne de relire et de oorriser aes écrits. La tendance pratique de la philMOphia stoïcienne est plus marquée chec Chrysippe que chez ses prédécesseurs. Zenon et Cléenthe sacrifiaient à la physique et même à la logîqne eetta partie de la pliilosophie qui legarde la oondotte de la vie. Clirysippe traita de la raoïele avec plus de développements; il alla même JetqoA dire que la physi((ue n'avait pour bol qœ de omduiro aux recherches sur le bten et le bmL C'était coulhitjer les traditions socretiquea/et mettre le stoïcisme dans la voie quV ne qidNi ^ plus, et où U ne fit même que s'enfoncer dava»> tage en passant de la Grèce à Rome.

Void un aperçu sucdnct de la phfloeopUe^ stoïcienne, dont Chrysippe peut être oowldéré « comme le second fomiateur. D'abord il dMae la ^ philosophie en logique, en physique, et «■ ^ morale.

La logique stoïcisme, dant lea dlviaiou poséespar les devanders de Ghrys^ipey ( nait la dialectique et la rhétorique. Chrysippe a crut considérablement le nombre deeea dlvisionSi^'i et enrichit, d'autres disent emberrassa, la I iginiiH'™ deunombreuses recherches sur la grammaire g é- - ^ nérale, sur les étymologies, sur l'origine et la si — gnification primitive dés mots. 11 fit aussi i trer dans cette sdenee l'analyse et la aoloUon i sophismes oâèbres, appelés soritêM. Mais la ^ tion prindpale à laQuelle Chrysippe donna i sohis est celle du critérium de la Térlté t efe sur ce point que roula surtout le procès entre lei^ stoîdens et les académidens, Chrysippe et Aroi — silas. Zenon et Cléantlie plaçaient le critérium di^ vrai dans l'énergie plus ou moins grande qu^ met l'esprit à saisir et k s'approprier la repré-* sentation sensible; Chrysippe le chercha dan» l'énergie de l'impulsion extérieure et daM Tévi-

CHRTSIPP^

dMce «npiriqtiê qd en létaHe, fidèle en cda à U dodriae qui dérivait loaie connaiMaiice de la tneatioB. Mais n^expUquant |Ms en quoi ccnehUi pféciaénient la diffiérapoe qui eiiste entre la Traie nprésentatioB et la busae, et comiiMiiit m reeomiatt l'analogie de lldèe avce l'olyet, il prétait le flanc aux attaques que Gaméade ne roaur qaa paa de dirifer eontre lui.

Un mot maintenant sur la pliyiiqne atoïcieniie. Le dogme suprême de cette doctrine est que tout ce qui eidsta est corporel. Ètn lutturporel est poiirClirysippesynuDymed'étreabstnUty d*ôtrede niaon. Deux dioses constituent essentiellement tout être réel i TélémsBt passif, la matière indéqui en soi est un pur néant, et est cei le fondement nécessaire de toute exis- S} et l'élément actif, Dieu, Jupiter, le feu artiste et organisateur, qui se môle à toute ma* liera pour la détermina* et lui donner une exis- Ceaee réelle. Cette force active est répandue dans INinivers entier; die anime chacun des êtres qui «datent comme elle anime le tout,' et en péiiétpanl Tunivers, en se mêlant intimement à lui, aile l'administre, elle lui communique une vie et vue activité inépuisables. Le inonde est un être ▼Ivant, un animal raisonnable. En tant qu'on peut le décomposer en une multiplicité de choses eidonnées, H est périssable; considéré dans son «■semble, il est étemel, il est Dieu même. La vie éa monde se développe par un double mouvenent d'expansion et de retour. Tout vient du fou, et tout s'y résout. De là cette opinion que Paaivers finira par la combustion; mais il finira pour renaître de ses cendres et trouver dans le Ibq le germe d'une vie et d'une activité nouvelles. On voit que ce système n'est autre chose qu'un panthéisme naturaliste, dans lequel sont mélangées, iMir un étrange alliage, la métaphysique d'Héradite et celle d'Aristote. Selon Chrysippc le niondc est bon dans son ensemble; il n'y peut exister de mal que dans les détails, que dans l'opposition et le choc des activités périssables qui s'y développent. Le destin , la loi , la raison universelle rè^[slent tous les difTérents mouvements qui s'accomplissent. Chrysippe Taisait les plus grands eflbrts* pour sauver la liberté de llfeomme; maiSi malgré la subtilité de sa dialectique, c'est en vain qu'il cherchait une place pour la Uberté duna un système où l'inévitable nécessilé régit toutes dioses.

La morale stoïcienne doit beaucoup à Cliryaippc. n ne se contenta pas en effet de spéculer aiir le souverain bien, il fit descendre ses re- 4sbereiMa jusque dans les détails les plus chétifs de la pratique, et ne dédaigna (mis de donner des préeeptes pour l'éducation des petits enfants. QuinliUen le cite plus d'une fois dans son instilotiûa oratoire. 11 est peu de philosophes dans l'antiquité qui. aient parié phis fortement de la vertu et du devoir que les stoïciens, et qui aient ffctové plua haut la dignité de la nature humaine. Mais qu'eat-oe que ce devoir, qo*est-oe que cetXe

vartu .'identifiée avec la sagesse et le bonheur.' Bien vivre, c'est vivre suivant la nature; mais qu'est-oe que la nature.' Cléanthe disait : C'est Tordre du monde, c'est la raison divine. Chrysippe entend par là la nature particulière de l'homme. Sans douta cette nature particulière n'est qu'une fonction, un mode de la nature universelle, et son développement concourt à l'harmonie de la vie du monde ; c'est cependant un progrès d'avoir placé au sein même de la nature humaine la source de tout devoir et de toute vertu. Selon Chrysippe, c'est pure folie de dire qu'il n'est pas conforme à la nature de se conserver soi-mêinc et de regarder les richesses, la santé, comme des choses de nulle yaleur. Si ce ne sont pas, à proprement parier, des biens , si dans certaines diw constances le sage doit savoir les rejeter et se sacrifier lui-même, de telles choses sont, quand le choix est permis, préférables à leurs contraires. En voulant qu'on tint compte du préférable dans la yie, à cêté du bien, Chrysippe atténuait l'excessive rigidité des principes de Cléantlie, et, si je puis le dire, humanisait un peu sa morale. Mais cette concession foite à la nature humaine ne détruit en rien le caractère de cette morale. La raison seule doit gouverner la vie, seule elle doit être entendue et suivie; les passions sont essentiellement mauvaises, en ce qu'elles ne sont propres qu'à énerver et à asservir l'Ame, qu'à troubler cette égalité parfoitc qui doit être maintenue à tout prix. Le sage décrit par Chrysippe est un être vivant en dehors des conditions de la vie humaine : il le propose, il est vrai, comme un Idéal impossible à réaliser ; mais quel homme que cet être qui a rompu tous les liens qui l'attachent à la nature, sans désirs, sans passions, absolument inaccessible aux atteintes de la fortune, que les événements extérieurs ne sauraient courber, qui ne connaît ni le plaisir ni la douleur, ni la joie ni la tristesse, être invuhiérable, indifférent à tout ce qui l'entoure , enveloppé en luimême, et trouvant dans la possession de son indépendance bonheur, richesse? N'est-ce pas le chef-d'œuvre de l'orgueil? Où est la nature qui comporte une pareille grandeur? N'est-ce pas le cas de s'écrier avec Bossuet : « C'est le prendre « d'un ton bien haut pour des hommes Caiibles et c mortels... O fausse et imaghiairc sagesse, qui « croit être forte parce qu'elle est dure, et géné- « reuse parce qu'elle est enflée (]). » Ou ne convient-il pas de rappeler la critique si fine d'Ilorace , qui dit, en pariant du sage stoïcien : la ramina fetti. nUl qiuiai pltuUa molcsU cat B. Avué,

INogéM f Uerte, I. vu, i. cb. th. — Plutarqu<> 44 Jitoie. rej^çM. - Baquet, CommaUatlo de ('hrgiippi vUo, doetrina et reliquiU. - Pcteneo, Phitosophiœ Cknfsippex fmndamenta. — Hagedorn. Novalia Cknf$iitpea e rerum naturis petUa, — RIchter, de CArfjipfH» itoteo /astma$o, - H. RlUcr, UUL de lu

(t) Sermmn» la ProeUênce^ pamr le lnvMâM mmancMe mgrée POfmeê^ prêcM à IHioi ; t Ilf. p. •».

470 CHRYSÎPPE —

pkiioi&pky, L ni. LXf . eh. J et «bU. - Teaaemtm; mit. de la pkUoâophie.

*CBRT8IP»E, de Cappadooe, écrivain ecdésiastiqiie, TÎvait dans le cinquième âède de l'ère chrétienne. Lui et ses deox frères, Cosmas et Gabriel, reçurent ane saTante édoeation en Syrie, et forent ensuite confiés aux soins d'Enthymius à Jérusalem. Ce fut dans cette Tille que Chrysippe prit les ordres. 11 devint économe du Monasterium Laura, préfet de Téglise de la Sainte-Résurrection, (gardien de Téglise de la Sainte>Croix, et remplit cette dernière place pendant dix ans. H écrivit, dans un style à la fois élégant et oonds, plusieurs ouvrages sur des siveis ecclésiastiques ; mais ils sont perdus, à Texœption d*un traité intitulé : Homiiia de sancla Deipara (qu*on trouve, avec une traduction latine , dans le second volume de VAuciwxrius Duceanu» ;, et de quelques fragments d'un petit ouvrage intitulé: Encamium Theodori martglii, qui existent encore <lans Eustathe de Constantinople, Liber de statu vitx funciorum.

Cave, Historia liUraria, voL L «CBRTSOBEBGE, Xfuaoéé^yr,; (LUCOS),

écrivain ecclésiastique grec, mort en 1167.

Kommé patriarche de Constantinople en llô5, il présida le synode qui se tint dans cette vOle en 1166. Il ne reste de ses ouvrages que treize Décréta synodatia , contenus dans le Jus çrjseo-ramanum de Léunclave. Voici les titres de quelques-uns de ces décrets : de Ctericis qui se immiscent sxcularibus negotiis ; de Indecor is et scenicis ritilnis sanctorum notariorum/esto abrogandis; Ae cleriei turpilucrifiant aut medici. On trouve en manuscrit à la Bibliothèque impériale de Vienne deux poèmes, l'un en vers îambiques, l'autre Sur le jeûne, attribués à Chrysobêrge.

Fabrlcius, BUU. nud, et infim, setatU.

*CHiiTSOBRRGB (Afojrime), écrivain ecclésiastique grec, vivait vers 1400. On a de lui : Oratio de processione Spiritus Sancti ; ce discours a été imprimé dans le second volume de la Grxcia orthodoxa de Léo AUatius.

CaTC, HUtoria UUrar., II. - Pabridat, BibL çrteea, IX, XI.

CHRTSOCÊPBâLB. Voy. MACAmS.

CHRTSOcoccès ( Georçc ), rciopyioç à Xpu- <jox6xx>i;, savant médecin grec, vivait au milieu du quatorzième siècle. Il écrivit plusieurs bons livres sur l'astronomie et les mathématiques. George Chrysococcès était, à ce qu'où croit, le même que le Chrysococcès ami de Théodore Gaza, qui, ainsi que ce dernier, fut employé à la bibliothèque du Vatican et sauva de Toubli ou de la destruction plusieurs manuscrits grecs précieux. Tous les ouvrages de Chrysococcès sont restés inédits, bien que la publication en eût été fort utile pour Thistoire de l'astronomie; les principaux sont : *EÇininvn<; eU '^ owraÇiv Twv ncpaôftv iv xvpakxtoiç |iC'» <f^ "roî; 'AorpovolUKotc&oYpdmiaaaiyXal rujYpoçtxoîc iciva^v, Isxpositio in etmstrvetUmem Persœrumper

CSETSOGONO

eapUa 47, cum astronomieis detigmatiemau et çéographiâs tabulis), dans b bibliothèqDC Ambrosienne de Milan. C'est probtbleiDeat le même ouvrage qoe celui qui se trouve daai la BiUiothèqoe impériale de Paris, sous le titre de recapYiOu xoû Xpuooxoxm) toû lorpoû 'A9ipovO|uni; — renA^Cou lorpoû toû Xpuooxoxmi Htçk t4c tOpixTCOK rfia iftiOpaçT^ àiàûç ov^vrioc #|)lou ut inXnyr.c (de InveniendU syz^gHs iunxsoiaribus per sintrulos anni menses), dans la Bibliothèque impériale de Paris;— Ilâc UXnoxasxcvôCctv 'ûpooxôicov, ijtoi >oTp6Xa6ov (Q«smodo construendum sit horascopium ad astrolabium), dans la bibliotbèque royale de Madrid. On attribue à Chrysococcès on oovragi manuscrit de la bibliotbèque Arnlvosienne iriitulé : 'Etiotjiç eU tè louSaûx^ iJ^aaccipur[w (Mtio et expositio syntagmatis canomtm ostronomicorum fudakorum). Ce savant )âm anssi un manuscrit de l'Odyssée, qiill avaite»pié en l'accompagnant de notes, dans Fan di monde 6844 (1336 de J.-C.), comme U le A lui-même en tète de crtte copie. Ce mannscrit, placé d'abord à Heidelberg, dans la biUioUièqM PaUtroe, passa à Rome, d'où il fut rapporté à Heidelberg en 1815, avec le reste de la bihlbthèque Palatine. Il est douteux que Geoqe Chrysococcès 8oit le même que le Chrysoeoeeès auteur d'une Histoire de Vempire bysanOM, dont un fragment sur le meurtre d'Âmunlh a été donné par Fabrictus. Bien que les œnvns astronomiques de Chrysococcès n'aîeol jamais été publiées, plusieurs de ses tables astroDomiqoei et géographiques ont été insérées dans diven ouvrages modernes sur la géographie et Pastronomie , entre autres dans l'its^ronomte ]Mo^ laïque de Boullian.

Fabrtdas, HdL çraeea, XII. - SraUli. JMcftenarf |f gretk and roman (Hograpkjf'

* CBRTSOGOif B , célèbre jouenr de ilOle athénien , vivait vers 400 avant J.-C. 11 fit partie de la pompe triomphale qui environna Akibiade à son retour de l'exil, en 407. Il écrivit m poème ou drame intitulé floXiTcCa, que qœlqoes critiques anciens attribuaient à Êpidiarme.

AUi^Dée, Vlll . XII, XIV.

*cHRTSoeosiR ( Frédéric), médedB itaiica de la seconde moitié du dix-huitième siède. Qa a de lui : de Modo collegiandi, prognostteaaA et curandi/ebres, neenon de humanafe^ei^ tate, ac denique de fluxu et r^fluxtt mah$, lucubrationes : y emse, 1528, m-fol.

Cancre. Bibliothèque de ta méderine.

cHRTSOGOifO (Pierre iVtt/rixio), écrirai italien, auteur d'une histoire naturelle de la Dalmatie, intitulée : Pietro Nutrizio Chrysogom IS'otiziaper servire alla istoria ncUuraie déOê Dalmatia , con Vaggiunta di un compendi»

deir istoria civile da Sigismondi GiaMUà Rossignoli; Trévise, 1780, in-4*.

Tlpaido, Biograf. degU Itai.

«GRTSOGONO (Laurent), écrivain Mmate, néà Spolète, en 1590, mort en 1650. On

CHRYSOGONO

: Mundus Marianus, seu Mariani n Mvinitatis et mundi cxlestis.

iger. Spécimen IhmçarUe Utterata. :

I0L06CE (Le Père Noël- André), saogoe français, né à Gy, en Franche-

8 décembre 1728, mort dans la même I septembre 1808. Quoiqu'il fût entré is Tordre des Capucins, fl s'occupa presisivement de l'étude de l'astronomie et logie. Il se fortifia dans ces deux scien-

en suivant les leçons de Lemonnier, es nombreux voyages auxquels l'oblirofession ecclésiastique. On a de lui :

ère de la mappemonde , projeté sur

de Paris, avec la description et Puladite mappemonde; Paris, 1774; — lères célestes, projetés sur leplan de ir, avec un ahrégé de Castronomie r usage; 1778, in-8"; — T/iéorie de la ictuelle de la terre, précédée de la mteur par M. X.... (Lecoz); Paris, roi. in-8".

loge du P. André Cardiologue, dan^ le 3« to- ^émoires de la Société d'agricuUure du dédo la ùaute-Saùne. — Qaérard, la France

lOLORAS (Manuel), (Mavoui^ ô Xfwoirudit grec, né à Constantinople , Ters , mort à Constance, le 15 avril 1415. H s savants qui contribuèrent le plus à irre la littérature grecque dans l'Europe le. Vers la fin du quatorzième siècle»

çrec était sur le point d'être détruit par [, lorsque le conquérant osmanli fut i«mème par Timour, et mourut dans la Ce fut avant la bataille d'Ancyre, et nent en 1389, que Mannd Chrysoloràs yé par Manuel Paléologue auprès de rois d'Europe, entre autres celui d'Anpour les solliciter à une croisade contre (. Cette ambassade ne réussit pas ; et ras, qui s'était lié avec les pbis savants e son temps, consentit à rester en Italie iseigner la littérature grecque, n le fit prand succès, à Venise, à Florence, k 197), à Pavie et à Rome. Ses élèves les ngués furent Léonard Arétin, Léonard oggio Bracciotini, Philelphe, François relie était sa réputation de savant théod'éloquent orateur, qu'il fut député au i Constance, où il mourut II fut enterré ise des Dominicains de Constance, et ylvius écrivit son épitaphe. Les nomvrages de Manuel Chrysoloras, qui se it de traités sur des matières religieulettres sur divers .sujets, existent en ts dans différentes bibliothèques d'Italie, «, d'Allemagne, de Suède; deux seuleété imprimés, savoir : Epistolx très Kiratione veteris et novas Romx, puec une traduction latine par Pierre Lam- B les Codices de antiquitatibus Cons- •.; Paris , 1655, in-foL La pramère de

UV. BIOGR. DlflVIRS. — T. X.

— CHRYSOSTOME

ces lettres est adressée à Tempereor Jean Paléologue, la seconde à Jean Chrysoloras, etia troisième à Démétrius Chrysoloras; — 'Epcon^iAara ( (iuestions grammaticales) : cette grammaire grecque, une des premières qui aient été r^fiandues en Italie, semble avoir été imprimée pour la première fois en 1488. Elle fût souvent réimprimée, à la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième.

Fabiiciiu, Bibliotkeca çrteea, VI, sts, éûlU de Barles. — Hodlos, de Crmcii illustrUnu, p il. — Bœroer, de Doetis honUnibut gnecis; Ups., ISOI. p. l. — Van der Hardt, Memoria Chrysolorm,- HelmiUdt, 1718, In-V».— TlnlMachl, Storia délia lett. italiana, t. XVI. p. »9.

CHRYSOLORAS (2>^m^mii5),tbéologiengr^ né à Thessalonique , vivait dans le quatorzième siècle. Recommandé par Jean Cantacuzène à l'empereur Manuel , il fut chargé par ce prince de plusieurs missions importantes près des cours étrangères. Cent lettres manuscrites de Chrysoloras à Manuel existent dans la bibliothèqi e Bodleyenne et dans la Bibliothèque impériale de Paris. Outre ces lettres, Chrysoloras écrivit sur des sujets rdigieux plusieurs traités ; les plus importants sont : JHctlogus adversus Demetrium Cydonium pro Nicolao Cabasila de Procèssione Spiritus Sancti;— Dialogus contra Latinos; — • Éncomium in S. Demetrium martyrem; — Tractaius ex libris JPfili contra Latinos de processione Spiritus Sancti; — Epistola ad Barlaamum de processione Spiritus Sancti. Tous ces écrits se trouvât traduits, à ce qu'on croit, par Barlaam lui-même, avec une réfutation, dans la Bibliotheca Patrum Coloniensis. Les suivants : ffomiliœ de Transfiguratione Christi, de Sepultura, de Resurrectione , de Annuntiatione, existent en manuscrits dans difTérentes bibliothèques de l'Eu* rope. Un autre traité, dont le texte grec semble perdu, a été traduit par George Tromba, sous le titre de : Disputatio coram Manuele imperatore inter Demetrium Chrysoloram et Antonium Asculanum de Christi verbis : « Me»

lius et (Judas) esset si natus nonfuisset, »

Fabridiu, Bibliotheca çrttea, XI. - Cave, Bist. lUeraria, II.

CHRYSOLORAS (Jean ), disciple et neveu de Manuel, mort vers 1462. Il composa quelques traités peu importants, et il est surtout connu comme maître et beau-père de Philelphe (voy, ce nom ).

SmlUi, IHctionanf 0/ greek and roman bioçraphf,

CHRYSOSTOME, JRAiff ('luMtwirK, sumommé saint), leplus éloquent et l'un des plus courageux Pères de l'ÉgUse chrétienne, naquit le 14 janvier 347 (1), à Antioche. Il fut élevé au siège patriarcal

(1) D'après rÊpltomé de sa Tle en grec (éd. 1840, XIII, 101 ), salotChrytottome serait mort âgé seoletnent de ctoquante-deoi ans huit mois, et serait né dès lors en SU : mais on ne peut croire qu*U en sott ainsi, puisque d*sprès les calcula auxquels se sont livrés Bondelle, llemann, SUlUng.TlUemont et Montlaocon, il n'y aurait pas 1rs huit ans qui se sont écoulés, ainsi que Ta rapporté PàUadius, éTèque d'IIéléoopolla, son eontemporalâ, entre son baptêne et aa promotion eoouBO lecteur de rareheTêqve

CHRYSOSTOME

«Je Consfaintinople le 4 des calendes de mare ( 26 février), 398, i\é\tosé injustement par un s\-nodc ecclésiastique (in septembre 40;i, rappelé et exilé de nouveau, par ordre impérial , et mourut vielime d(; cette iM'rs(k:ution , près de Coiiiana du l'ont (Giimenek, en Anatolie ), le 18 des calendes d'octobre (14 septembre) 407. Jean (c'est le nom que lui donuent tous ses contemporains ) eut [>our père Secundus , maître de la milice, ou générai de IVmpire en Syrie , qui mourut peu après sa naissance. Sa mère, Anthuse, chrétienne, devenue veuve à vingt ans, après a^oir au!=«i penlu une fille, issue de son mariage, resta ûdèle à la mémoire de son ép(>nx en état de veuvage, pour se c«)nsacrer à Téducation de son fils uniipio. Elle le destinait au barreau , et lui elioisit entre autres inaitr(rs le célèbre Libanius, ami de l'empereur Julien, qui avait publié le |)aiié<r> rique de (« ])rinoe, et 4]ui était le plus im- |K)i1iint des sectateurs de 1 ancienne religion à Anti(H:he. — 11 existe de cet élofjuent écrivain une lettre à mn disciple, dans laquelle il lui reml (V)mpte de r(.*nét produit sur quelques amis par un éloge que Jean avait composé en Thonneur de l'empereur et de ses fils (Tbéodose, Arcadius et Ilonorius ) vers 384 ; en Técuutant , ses auditeurs avtfent trépigné de joie et proféré des exclamations sur la beauté de IVeu^Te. LiiKinius se félicite de ce suo;ès, et en tire un pronostic |M)ur la carrière à laquelle son élève se destinait (1).

Sou maître ayant appris que sa mère, arrivée à Tâge fie quarante ans, <^tait restée veuve depuis vingt années, sV'cria, en se tournant vers son auditoire païen : •< () Dieux, quelles femmes se u trouvent |)aniii les chrétiens! » (2)

A sou lit de mort ( en 396 ) Libanius disait avec amertume : » J'aurais laissé le soin de mon «' école il Jean, si les chrétieus ne nous l'avaient « ravi (3). »

Les historiens Socraf« et Sozomène, non sus- |MH.'.ts d'hostilité envers sa mémoire, vi dont le témoignage d ailleuis est confinné i^ir le catlioliqu«; byzantin Suidas, attestent sa vivacilé, sa véhénieiKU^ , et même ses emportements ; mais en même temps ils n'ndent justice à ses prompts n;tours et h la bonté de son cipur. Sa c-harité

Mrlrrr, u l'époque nii II attrlgnail sa vinKt-et-nnii'-ioc îiiiiH^r, l't rrllr où il fut ordonné prôlre par H.ifUn. II faudr.-til plutôt romptcr ù saint r.lirjiiostonir! soixante-deux nus do vie. eu qui reporterait sa ualwince à l'an S45. Sllltititf la reporte méiue à SU; mats nous pennonii, avec Monir.iucon, que Tan »V7 est préférable. Du reste, ce savant b<^n(^dlctin, qui a rédigé avec un grnud soin et avec un (.fand détail la vie de aalnt Uiry^oiitnnie. d'après aes «ruvres et les témoIgnafiCM luipcxants de l'alladlus et des lilsiorlens ecclésiastiques Sucrate et SozouK^nR , rejette oommc fabuleuse In vie du saint prélat écrite par George evéqufî d'Alexandrie, en 6in, qui le fait naître de parenta païens et élcTcr à Athènes, alusl que celle, plus abrégée, publiée nous le titre d'KIOKn par rnnpereur I^un, et une tnMftiéme. annnyme, recueillie dans l'édlUnn de Savlle.

(t) V. lettre 1S76, XIII, nt. - toldore de Peluse, H, c|i. W.

(I) Bp. de Cbryi. à um Jeune veaf i^ Imb. 1, 4tfl.

(I) «ofomène, VIII, %

n'est mise en doute par personne : nul n*a trooré plus de sympathie parmi les noo-cathotiqiM d'Antioclie. Jean parait s'être séparé de mi maître à l'âge de dix-huit ans ( I ) ; il resta trou uu avec Mélèoe, fut ensuite baptisé ci Daminé «i lecteur (2). A l'âge de vingt-et-un ans (en 360), son esprit ardent le poossait wen rascétiuae fl la solitude. 11 raconte (3), et c'esl un des |il« touchants nM>rcean\ de l'aatîqnîtéy qne peadaat qu'il se livrait assidûment aux traranx dn barreau et aux distractions dn tliéfttrey son anî Basile voulut lui faire abandonner le monde. II s'apprêtait à le suivre au désert « Sa mère le ft vejiir dans la chambre nuptiale, où elle ranil mis au jour, lui rappela la fidélité qu'elle aiait gardée à la mémoire de son père, les longs eonsis de son veuvage, les sohis qu'elle anit donné* i la conser^'ation de son patrimoine et à son édacation. Elle lui demanda, en versant nn tormi de larmes , de ne pas la rendre reare de nou veau , et d'attendre plutôt sa mort que de Tahandonner. Quand elle aurait mêlé ses cendres i celles de son époux , alors il lui serait krisible d'entreprendre de longs voyages. Elle le suppliait enfin de ne pas attirer sur lui rindignatioa àt Dieu, en l'accablant d'un si grand mallieur. a II céda pour un temps aux prières de cette icftlit mère, et l'on devrait penser que des années i'^ coulèrent avant qu'il fût ordonné prêtre et qo*»rivât l'incident qui le força de renoncer an moaite. Le bruit se répandit qu'on voulait Félire évéqoi, ainsi que son ami Basile. L'empire romain était encore partagé en deux religions principales, k |)agani8me, que Julien avait vainement cherdié à relever de sa décadence, et le christianiuK, dont Théodose avait cherché à réunir les dmbbres épars (lar ses lois sévères contre las bérisi.irques, était divisé lui-même. Naturellement ks communions chrétieimes choisissaient leun évê* ques. Antioche, ville de 200,000 émcs, reolcrmant la moitié de chrétiens, était un exemple éi ces divisions (en 378). L'iuio avait pour cticf Mélècc, qui i\it plus tant canonisé, et qui evt IKiur sui^cesscur, en 38f , Flavicn ; l'aiilrc PauKa. Les fonctions épiscofiales étaient alors tiètdifliciles; les nouveaux convertis aTaienK oùbserve beaucoup des superstitions païennes. Saîal Cbrysostome avait persuadé à son ami de se présenter à l'éliTtion; mais pour son compte il s'y déroba, et il échappa à un huunsur qii1] refiardait comme si dangereux. Basile lui adressa de* reprodies sur cette tromperie, et se plaignCds fardeau qu'il lui avait ftiit accepter. Saint Cbrysostome s'en justifie, dans son célèbre dialofEK. Jén)me, dont les talents comme écrivain soat in férieurs k ceux de saint Chrysostome, piriedcs nombreux écrits de celui-ci, mais déolan qull n'en a lu que sur Tépiscopat. A peine a*til

(I) Palladlus, p. 19, et /^pUorné, p. IM. éd. nottr.^ (1) « 'Ava-yvoiOTTiv Tiî; iv Xvrtoxsta cxxItiïix;. • 0) Dana son traité lUpl 'Icpcoo^ynCi on da I3eer*tf éplseopsl, llT. 1*M t.

CHRYSOSTOME

inscrit Joannes parmi les écriTains ecclésias- Oques.

Mais il ne fiiiit pas croire que saint Clirysostome resta longtemps fidèle aux promesses faites à sa mère; car on le trouve dès Tan 374, et pendant loatre ans (1), dans les montagnes du territoire l'Antioche, aasodé aux austérités d'un Syrien. Pois pendant deux ans, dans l'isolement complet d\m ermitage, il mortifia tdlement sa chair ipie ses membres en devinrent presque paralylés, et qu'il en conserva toute sa vie un corps dédiamé et une figure empreinte d'une pâleur Moélique, ainsi qu'il l'avoue lui-même. Il parait ((ne sa mère, dont il ne parie plus dans ses nom- Iraii écrits, mourut dans les premières années de l'acte qui l'attaclia à l'église comme lecteur, vers 371. — Il fut obligé de revenir à Antioche, et peodant dnq ans encore Mélèce suspendit sa promotion au diaconat. Ce ne fut qu'après la mort de ce prélat (en 381), et six ans après (ao 386), qu'il fut ordonné prêtre par Flavim. 11 avait alors atteint sa trento-huitième anaée, Age qt^il appelle extrême jeunesse (2).

Ibis on sait que le mot véoc comprenait jusqu'à l'âge de trente-cinq ans environ. N'étant que diacre (en 382), il rédigeait les écrits qui l'ont nndu immortel, n écrivit (vers 380) sa célèbre olKatation à Stagire, qui ayant, comme lui, pissé des années dans la solitude de l'ascétisme, M avait presque perdu la raison (3). Il lui donne, d'après son expérience , le conseil de se guérir P>r de bonnes œuvres. C'est la contre-partie des Iniis livres qu'il avait écrits contre les détracteurs de kl vie monastique (vers l'an 375). Un ^ les amis du barreau, Théodore , l'avait quitté P>v se livrer à des exercices ascétiques, mais ^^Vfà» il était revenu dans le monde. Il n'avait 9ière que vingt ans , et il y était retenu par iWor d'une jeune fille qu'il voulait épouser. ^^ ChrysDStome lui écrivit deux longues let- ^ sur sa chute, et parvint, dit-on, à le conver- ^, an point que Théodore devint évêque de Mop- >uéste. Mais Tilleroont pense qu'il s'agit d'un ^tie personnage. Quoi qu'il en soit, si ces écrits ^htent de 368 et de 369, ils seraient l'ceuvre de >^t Chrysostome encore bien jeune, et son preiQier ouvrage (4). N'y a-t-il pasaussi quelque excès )« lèle dans ses écrits sur la virginité? En emt4oyant toute son éloquence à persuader aux r^OTes de ne pas se remarier (5), il aidait à la Mpopidation de l'empire, qui comptait déjà autant de célibataires que de personnes mariées. toutefois, on doit reconnaître que c'est en opjiosaiit à la corruption des mœurs romaines i*exaitatîon, même exagérée, de la virginité, que le christianisme rendit service à la société.

(t) V. PaUtdlu, p I9.t. XIIL It) Cela rétolte de la combloatson des phases de sa Tie % H l M*e t avec précision par son premier biographe, PaUa«M(p. I9.lbld.).

WTom. I», p. 189 178.

(4) Tom. I**, p. ISI.

W Tttm. Vi p.

De son temps, Men des personnes, en rendant hommage aux vertus de Jésus-Christ, ne le considéraient encore que comme on homme inspiré, comme un sage. C'était une grande victoire que de les convertir à sa divinité, et c'est à quoi saint Chrysostome travailla par un grand nombre d'écrits. H commença à se livrer à la prédication orale, dans laquelle U obtfait tant de succès. Vers la fin de l'année 387, les Antîochîens, écrasés d'impôts par Théodose , firent, par l'entremise de leurs magistrats, des remontrances sur l'impuissance où ils étaient de les acquitter. Mais la populace, au lieu d'attendre les résultats de cette démarche, se révolta, et brisa les statues de l'empereur et de sa femme Pulchérie. Théodose, affermi par dix ans de règne, était un mattre sévère et absolu, n l'avait prouvé par la vengeance qu'U tira dans une circonstance semblable de Thessalonique. L'émeute fht comprimée, et on s'attendait à de sanglantes exécutions. Le patriarche Flavien, qui gouvernait le diocèse, se détermina, malgré son grand âge, à se rendre à Constantinople pour implorer la clémence du puissant empereur. On croit généralement qu'en rapportant le discours touchant et courageux adressây[>ar ce vénérable vieillard à Théodose, sahit C&ysostome l'a paré de sa propre éloquence (1). Pendant les anxiétés de la mission de son évêque, il ne cessa de monter en chaire, pour rendre compte à cette immense population des progrès de la négociation. Ses nombreux discours ont été conservés, et lui font un étemel honneur. Quelle fut la joie de la cité d'Antioche lorsqu'elle reçut par sa bouche la nouvelle du pardon ! Rien ne peut rendre l'élan de la reconnaissance publique. Le crédit de l'éloquent prêtre devint immense. Il était l'oracle des pays orientaux et l'arbitre des fréquents cou • flits qui s'élevaient entre les évêques des dhreis sièges. Quand sa voix était couverte d'applaudis sements , il employait l'émotion qu'il avait produite, à la conversion des infidèles et des indifférents , surtout à l'amaidement des riches, auxquels il reprochait le luxe de leurs esclaves, de leurs vêtements et de leurs voitures; et il les coi^urait de les convertir en aumênes pour les pauvres, en secours pour les malheureux. La charité est pour ainsi dire son thème perpétuel, et on s'étonne de son inépuisable fécondité dans les moyens d'amener ce sqj^t Mais c'est aussi à cette époque quil encourut la haine de Théophile, archevêque d'Alexandrie.

En 397 le siège de Constantinople devint yaeant; c'était le premier de l'empire , car la puissance romaine allait périr en Occident, et la primauté du siège de Rome devenait nominale. •— Ce ne fat pas par élection que saint Chrysostome fut appelé à cette haute dignité , mais par la volonté de l'empereur Arcadius et d'nitrope, son ministre. Comme on craignait son

(1) Ton. II, p. UB-l

CHRYSOSTOME

refus et Toiipositioii d'Antîoehe, le comte de l'Orient Tattjra hors de la YÎUe sous un prétexte pieux, pour le conduire à Constantinople.

Théophile, patriarche d*Aleiandrie, son compétiteur, y avait été mandé pour le sacrer. Les intri- ^ues qu*il avait ourdies contre saint Cbrysostome furent découvertes, et il n'eut que le choix de présider à la cérémonie ou de soiÀr un procès criminel. Saint Chr^'sostorae, monté sur ce siège éminent et dangereux (398), usa de la même liberté de langage qn^à Antioche ; il fit aux riches et aux grands de la cour, ses auditeurs, les mêmes exhortations, et opéra lui-même de grandes réformes dans son Égtise pour assister les pauvres. Il acquit par ses vertus une immense popularité. Eutrope, le premier ministre, étant tombé en disgrâce, et menacé de mort, trouva la vie âanfi Tasile ou saint Cbrysostome le recueillit et pot le protéger contre un mouvement populaire. Le pontife saisit cette occasion de revendiquer le privilège de Tasile dans les églises qu*£utrope avait lui-même conseillé k l'empereur de restreindre par une loi de Fan 398 (i). C'est dans le discours qu'il prononça à cette occasion, dans sa cathédrale, que se révèle la puissance de l'éloqnrnre de saint Chnsostome et l'élévation de sa pensée. Le droit d'asile était un abus grave, puis4{u'il avait pour résultat d'assurer l'impunité des coupables. Mais dans la circonstance, et vu l 'arbitraire qui régnait alors dans la justice impériale, et d'après le déchaînement des |>assioDS populaires, le saint archevêque faisait acte dliumanité et d'équité en sauvant Tancien favori, n fit un tableau pathétique du changement subit d'une si grande fortune, et sut attirer la commisération publique sur la tête de celui qui avait abusé de la confiance du faible Arcadius et en était alors lâchement abandonné, à cause des menaces d'un prince goth ; Gaïnas. Saint Cbrysostome interpella £utrope lui-même sur ses actes l>assés, et ne dissimula pas oue pour le protéger il oubliait l'injure faite à l'Église et bravait les ordresdel'eropereur. Cette homélie, remarquable par sa brièveté, est un des ouvrages les plus sublimes de saint Cbrysostome, et probablement il n'a pas éte sans influence sur le rapport fait en 431 (2) de la loi de 398 relative à la limitation du droit d'asile.

Saint Clirysostome eut aussi la puissance de soustraire deux généraux de l'empire à la vengeance de Gaïnas, qui à cette époque faisait trembler Arcadius et attaquait l'indépendance de l'empire. An moment où le sort de cet empire était livré au hasard des armes, saint Cbrysostome se rendit auprès de Gaïnas, converti au christianisme, et parvint à le désarmer. Mais lorsque l'ambition de ce barbare l'entraîna à recommencer les hostilités , il le fit expulser de Ckmstantinople, et en fut ainsi le sauteur.

(l)Code TMod^ IX, kê. Ut. I.

(t) Loi de TbéodiMe Uet de ValenUnlen. Gode lliéodut M CMlt JuttiOea

I Blalgré ces importants serviœft, les réfiMuei que saint Cbrysostome avait mtrodnites daos soB ! clergé, la répression du luxe, sur laqadle II insi»i tait avec plus d'autorite que jamais, et les grandes aumônes qu'il faisait avec les revenus de l'Église, avaient donné aux intrigues eodésiastxques une nouvelle vivacité. Une coalition s'était formée pour le perdre : Théophile, d'Alexandrie, avait pris des mesures de rigueur contre des membres de sondergé qull accusait d'origénisme ; plus de cinquante de ces ecclésiastiques étaient venus à Constantinople , et avaient été admis dans la communion du bienvdUant archevêque, qui écrivit à Théophile en leor faveur. Celui-ci, loin de les recevoir à merci, suscita contre saint Cbrysostome, Épiphane, évêqœ en Chypre, auteur du livre célèbre Contre les hérésies, et le zète de Jérôme, qui répandit ses insinoatioas dans l'Église de Rome. — Saint Augustin est resté, ainsi que l'Église d'Afrioue , étranger i cette malheureuse polémique. Epiphane s'était rendu à Constantinople pour forcer saint Cbrysostome à condamner Origène. Celui -d s'y était refasé, à cause des services immenses rendus à l'Église par Origène, dont les écrits n'étaient encore censurés par aucun oondle. Epiphane avait par suite refusé de recevoir IImspitalite que lui offrit l'archevêque de Constantinople , et s'était retiré, outré de son insuccès. U mourut dans la traversée. — On accusait saiot Cbrysostome de sa mort, ou au moins d'uo défaut de déférence pour un si grand personnage (1). Cependant l'impératrice £udo\ie, fatiguée des censures indirectes que faisait saint Cbrysostome de son luxe et de son avidité, se réunit à ses ennemis. Par ordre du faible Arcadius, Théophile 'et un synode nomhreux furent convoqués à Constantinople pour demander compte à sain*.

Cbrjsostome de sa conduite. A son arrivée, I arche^ vêquc d'Alexandrie refusa de communiquer avec lui. Le synode se réunit dans le faubourg Drys (du Chêne), sous sa présidence. Saint Cbrysostome y fut mandé; il promit d'y comparaître» Théophile, son ennemi personnel , et trois autres érêques, qu'il récusa pour la même cause, se reliraient. Le synode rejeta la récusation; Pholius nous a conservé l'analyse de cet important docnment (2). Le synode était composé de quarantednq évêqnes(2).

On y admit douze chefs d'accusation sur vingt neuf que Jean, son diacre, et sur dix-huit autrtt qu^Isaac, un autre de ses prêtres, avaient formulés contre lui. On l'accusait de s'enfermer avec des femmes, après avoir congédié tout la monde; de manger seul et avec rintenopérancs d'un cyclope , pour se soustraire à l'hospitalité; d'outrager, de faire frapper et de frapper loi^ même les membres de son dergé , et d'éoira contre eux; d'avoir vendu et diuipé les ridies>

(1) PalIadiQi, et àotrec

(i)T. XIII, p. ns-sts.

(9j Selon PalUdliu, U n'était qne da N.

GHRTSOSTOME

S8S de 800 égiÊib et les dons qd étaient destinés à sa déooratioii; d'a¥oir commis plosieure a<:tes aiintraires et impies; on allait jusqu'à loi reprociier sa tenue dans TégUse. On y ajoutait des infractions prétendues aux lois canoniques ci son refus de communier avec saint Épiphane, avec Acace et avec d'autres évèques respectables; on l'accusait d'exciter le peuple à la sédition; d'être fiiTorable aux païens , qu^il recevait trop facilement au baptême; et enfin d'être origéfiiste. •

Pbotins dit que ses juges étaient accusateurs et témoins. Saûit Chrysost^me a cherché à se disculper (1) dans ses écrits d'on commerce clandestin avec les femmes, en disant que le délabraimt de son corps prouvait à qud point on le calomniait

Phothis rapporte seulement l'admission de quatre de ces griefs, notamment de cehii d'urigénisme. Son défaut d'hospitalité s'explique par sa mauvaise santé, et se trouve d'ailleurs conti^edtt par sa sobriété. On ne voulut pas aller plus ^, et on le condamna à être déposé de son ^^, Cette sentence fût approuvée par le faible Arôdius , et notifiée au clergé de Constantinople par le synode, qui ne manqua pas de l'aggraver par une accusation au moins indirecte de lèse- ^jesté , en disant qu'il avait désigné l'impéra- ^riœ Eodoxie sous le nom de Jésabel. Arcade, l*Qn de ses prêtres, qui avait porté témoignage contre lui, fut élu et installé à sa place. Ce vieit- ^ octogénaire, malgré son intrusion, a été mis ^ nombre des saints dans l'Église grecque, après ^▼oîr gouverné le siège on an à peine.

Saint Chrysostome était très-populaire; pendant qu'on le jugeait, il prononçait tranquOle- ^"^eoi, dans son église , ces admirables homélies W frisaient tant de conversions, et il enseignait ^ peaple à contenir son indignation et à se Confier k la justice divine. » On jugea prudent ^ l'enlever la nuit de' son palais, et de le con- ^^te en exil à Prinetos, dans le golfe de Nico- '^'^^die. Le peuple à cette nouvelle se souleva; ^''^ tremblement de tene survint , agita le palais, ^ effraya ]*hnpérairice Eodoxie, qui demanda ^l^n jomv après son rappel à Arcadins. — ^y^e écrivit an saint archevêque qu'elle était ^t^aagère à sa disgrAoe. n rentra dans le port ^'^ Constantinople au milieu des acclamations ^^liversdles. n voulait qu'auparavant la sen- ^^tioe fût rapportée; mais U céda à l'enthou- ^^«sme , et vint à Sainte-Sophie remercier Dieu ^%i retour de la justice impériale; il exhorta le kHsople à rester dans le calme (2). Théophile et ^^M parti voulurent résister ; mais, craignant pour ^^ vie, celui-d s'embarqua pour Alexandrie, et ^«s adhérents se dispersèrent

Dès le mois de décembre de la même année, ^ant Chrysostome s'éleva dans son église contre

(1) V. M lettre à Cyrlaqne, III, p. 6e9-6M. mon • eette brève bométle, tom. III, 4t4,anl fui solfie MeatAt de eelle eor la CiMoanéenne (UL us).

les excès qm ftirent la ndte deréredion d*ime statue d'argent et des jeux en llionnenr de l'impératrice , trop voisins du temple. Sa harangue fut véhémente, et ses ennemis y relevèrent une nou* velle allusion injurieuse pour l'impératrice, qu'il aurait, dit-on, désignée sous le nom d'Hérodiade (1). L'historien Socrate le blâme de son défaut de circonspection (2). Eudoxie, irritée, sollicita de nouveau l'empereur de convoquer les évêques pour le juger. Arcadius suspendit même toute communication avec lui. Il y eut un grand concours d'évêques à Constantinople ; quarantedeux s'étaient prononcés pour saint Chrysostome , mais ses adversaires étaient plus nombreux. L'accusé se présenta devant le synode, et fit baisser les yeux à ses accusateurs; mais le concile confirma (mars 404) la sentence de déposition, coomie ayant acquis l'autorité dechose jugée. Saint Chrysostome, fort de sa popularité et du parti qui le soutenait, résista d'abord; mais le 16 avril les soldats se livrèrent à des violences même dans l'église, et massacrèrent jusqu'à des femmes. Son parti se dispersa , et saint Chrysostome rendit compte au pontife de Rome (Innocent T") de la violence dont il était hi victime , en réclamant son appm*. Hais la papauté n'avait pas alors le pouvoir qu'elle a exercé depuis ; et Innocent ne put qu'intercéder pour lui auprès de l'empereur Honorius. Il convoqua cependant un concile général à Thessalonique ; mais ( le' 20 juin ) saint Chrysostome fut enlevé de son siège par la force armée, conduit à Nieée, et delà àxiésarée de Cappadoce, dont l'évêque, autrefois son ami, le repoussa. Cependant de grands troubles survinrent à Constantinople; le peuple, ne voulant pas recevoir Arsace, son successeur, mit le feu à l'église de Sainte-Sophie , ce qui donna lieu à l'arrestation de beaucoup d'évêques partisans de l'exilé. Dans le cours de son voyage, et malgré la faiblesse résultant d'une vieillesse anticipée, saint Chrysostome leur adressa des lettres de consolation ; il entretint la correspondance la plus active avec le pontife Innocent et la plupart des évêques de l'Orient ; on en possède une partie. Sa résidence avfit été fixée à Cucuse (CocussuSy aujourd'hui Gogsyn), dans le Taurus, pays rude , où il tomba grièvement malade ; il fut obligé, par les incursions des montagnards Isauriens , de se réfugier un peu plus loin, au fort d'Arabissus (Zantschin). L'empereur Honorius avait écrit en sa faveur, mais vainement, à son fï^re Arcadius. Quoique l'impératrice Eudoxie, que saint Chrysostome avait offensée, fût morte en couches, il ne put rentrer en gràœ. Au contraire , sa popularité, croissant en raison de ses vertus et du zèle avec lequel il continuait ses travaux apostoliques, le rendit encore plus odieux à la cour

Un ordre vint de Constantinople pour le transférer à Pityonte, petite ville de la côte d'Abasic, sous le mont Caucase, dans le Pont-Euxin,

ri) Homélie VI II, 1, (î) VI, 18.

CURYSOSTOME

|)ays entièrement inhospitalier. Pour Ty condoirc, il fallait trayerser presque toute la péninsule de TAsie Mineure. On eut l'inliuDiaiiité do lui faire parcourir cette route à pied , au milieu des chaleurs de Tété , la tête nue et chauve, sous la garde d'une escorte de soldats , qui n'avaient aucun ménagement pour la faiblesse d'un vieillard épuisé de travaux et ruiné par de fréquentes maladies. A l'approche de Comana du Pont, il se trouva dans rim[>uissance de poursuivre sa route , et demanda , comme dernière faveur, de retourner à Tétape du matin, où se trouvait la chapelle de Saint-Basilisque, afin qu'il pût y réciter ses prières. Là, il se revêtit de vêtements blancs, en signe du voyage qu'il allait faire dans un autre monde , et il mourut sur le tombeau du saint , à peine sexagénaire. La nouvelle de son martyre se répandit rapidement dans les contrées d'alentour, et tous ceux auxquels la foi chrétienne était chère accoururent à ses funérailles. Ses cendres furent tranférées à Constantinoplc eu 438 (1) ; mais dès l'an 414, sur les pressantes^ sollicitations du sage pontife Innocent V^, saint Chrysostome fut porté sur la liste des saints, même à Constantinoplc, où Atticus, qui était devenu arclievêque, revint sur le témoignage qu'i) avait porté contre son illustre préf lécesseur en 404 . 'Iliéodose H vint prier sur ses cendres, et demander au saint martyr pour les auteurs de ses jours, Arcadius et Kudoxie, le pardon de leurs persécutions (2). Saint Chrysostome était de petite taille, et il avait le corps décharné; mais le feu de son génie éclatait dans ses yeux : son éloquence était vive et abondante. Ses amis, cependant, lui ont reproclié trop de prolixité , surtout dans ses prologues. H s'en est excusé, dans un de ses ouvrages, par la nécessité de l'improvisation et du grand nombre d'auditeurs illettrés auxquels il s'adressait. Sous le rapport littéraire et historique, il est utile qu'un dioix de ses couvres soit Sût , pour ménager sa réputation d'écrivain éloquent et pour éviter de nombreuses répétitions. Il est incontestable qu'il était emporté et violent de caractère, et que hi liberté de ses apostrophes n'aurait pas été tolérée dans une bouche moins éloquente et dans des fonctions moins sacrées. Saint Chrysostome rencontra du reste dans Sismnitts, évêqoe des novatiens, à Constantinople, un antagoniste éloquent et savant, qui, maître de lui-même dans la discussion, par- ▼int-sur la question de la fôte de Pâques à teoûr en échec le pouvoir de samt Chrysostome et composa un ouvrage contre lui. Un historien ecclésiastique presque contemporain atteste ce fait singulier (3).

Du reste, saint Chrysostome était beaucoup plus tolérant que sa véhémence et le nombre de ses écrits polémiques le feraient supposer; car il a recoDna la liberté de ooDScieDoe, en professant

(1) PiUadliu, Socratc.

Il) Tliéodoret W Soente, il.

qu'il ne fallait pas poursuivre rhérétiqDe, maîi l'hérésie (1), et en jutant, d'après la parole da Christ, qu'il ne faut persécuter personne, et que tuer l'hérétique serait exciter la guerre dans le monde entier (2). Aussi a-t-il encouru devant te synode l'accusation de s'être montré trop tolérut pour les Hellènes (païens). Le motif le plus plausible de sa déposition et de la persécution de trai» années dont il devmt la victime repose principalement sur son refus de condamner la ménioîn d'Origène.

Ses ceuvres sont considérables en nombre; elles ont été publiées plusieurs fois complètement : H. Savile, Eton, 1612, 8 vol. in-fol.; Fronfon-du-Duc, 12 vol. in-fol., 1614-1621-1624 et 1633; Montfaucon et les bénédictins, 13 voL *n-fol., 1718-1738, édition réimprimée à Veniae en 17Ô3. —MM. Dùhner et Th. Fix, d'après Montfaucon et les inédits, 13 vol. m-4*, 1834- 1840, avec une table des matières, très-proKxe, I mais incomplète en ce qui concerne les noms propres. — M. Fr. Dùbncr travaille à une édition définitive des œuvres historiques et des chefsd'œuvre oratoires pour la bibliothèque grecque de MM. Didot (sous presse, in-8% 1854, en 2 vol.). Ses oBuvres ont été traduites partiellemeut dans presque toutes les langues. Voyez l'édition des Œuvres choisies par Ath. Auger, 1786 , 4 toL in-8*'; par GuiUon, évêquc de Maroc, Bibl. des Pères de l'Église, in-8*', 1835, et suiv.. Toi. Xi XIX. Voyez aussi la magnifique apologie de M. Villemain, avec la traduction des passages tes plus intéressants, dans son livre Sur l'éloqueiiGe chrétienne au quatrième siècle, 2*" éd., 1 849, in-8*, p. 104-217. Les travaux critiques sur ce Père de ririglise sont innombrables.

Analyse des principaux ouvrage» 4e wmI Chrysostome : Tome l*' de TéditiDn des béoédiotins. Exhortation à Théodore, mm amli, qui, ^itèi avoir embnsaé la vie solitaire «était rentré dans te monde , et que par ce motif il appelle tombé» Divisé en deux parties, l'ouvrage renferme rhifttoiR de plusieurs Jeunes hommes, opuleuu comme Théodore, qui après avoir abandonné monentanément la vie du désert, y étaient revenus, après avoirraisenti la satiété et le remords des vdiiptés lllidlHk Tel n*élait peut-chre pas le cas de son ami, qalre. cherchait dans lemariage une posâtion honorable ;tv on dit qu'il ne céda pas aux priera de saint Gbrfvos* tome.— Il est suivi de trois opuscnicssor la pré f érénce due à la vie monastique, au point de vue dn safaitdes âmes ; d*nn écrit dans leqnel il compare vn motae à un monarqoe ; et de deux livres à Stéléchini, nr la componction, on religion dn oœar. Mais roavn^e capital sor cette matière est celui . en trois parties, qu'il écrivit à Stagire, awioel l'ascétisme avait doMé des luiUudnations. Pour le guérir de cette m a ^ ia^ift saint Chn'sostome lui conseille une vie active. Cinq écrits sont relatifs aux mœurs des femmes et i 11 virginité. 1^ premier a pour but de flétrir on état qd n'était ni le mariage ni la virginité x C'était l'oo^ de recevoir dans sa maison des vierges, dont on piélBRdait respecter la vertu ; le second, d'inteidiie «n

(1) Tom. Il, p. 841.

(S) Ton. VII, p. S4i.

GHRTSOSTOME

dvétfoif de donner wile aux femmes qui avaient bit des Toox; le troisième euite la virginité , et la place bien annlessos du mariage ; le quatrième Reommande aux Jeunes veuves de rester dam cet état, et leur donne sa mère pour modèle; et le cinqaièine prescrit d'évités les secondes noces. L'œuvre opllale de ce volume est le traité du Sacerdoce épiscopal, en six livres, dans lequel on lit le touchant 4|Éode des efforts faits par la mère de saint Clirywtane poor le détourner de se retirer du monde. TieatciMSite sa première homélie, pour l'inauguralioQ desa promotion à Tétat de prêtrise. On y re- ■arqae encore, parmi de nombreux traités Uiéologiqsa. ODC homélie sur saint PUilogonius, qui d*avocat àiitdeTenn évéque; sur le tremblement de terre «TAotioclke de l'an 306 : sur les trop fréquents ana- IhèMB portés contre les vivants et les moHs» et sur b divirions existant à Antiocha entre les évoques oonméi par les orthodoxes et par les ariens; sur la oélAntion des calendes de janvier, ou étrennes du Joarde l'an, adoptée par les uaicne et les chrétiens. Ce volume est terminé par d assez nombreux écrits ipocrjphes attribués à saint Chrysostome, et notam- ■eot par une prétendue réponse de Théodore le TmpM à son antagoniste.

Tm. IL 11 renferme les écrits reUtifs à l'émente d'AflUecfae dans laquelle on renversa les statues de Tliéodûse et de l'impératrice, k la désolation qui t'eqpara de la population quand elle se rendit ooobte des dangers que lui faisait courir la colère det>mperear; aux premiers actes de répression; fit il lAolution généreuse que prit l'archevêque Flavien, ■aigié son grand âge et ses Infirmités, d'aller à Gositinlinople implorer la clémence du souverain ; m inddentsdtt voyage : au discoun que le prélat adrcM à Théûdûse et au résulUt heureux de cette dàurcbe ; à la Joieqn^ ressentit la population nomhcoK d*AnUoche de l'obtention de son pacdon ; à Ui neoQoaissanoe qu'elle en témoigna à saint Chrysos- Isnw, son consolateur pendant les Jours de crise ; ■a Mares de répresiion auxquelles l'empereur se isrtnigDtt vis-à-vis de quelques coupables, et aux privilèges perdus |Mr la oiii rebdlet aux levons 4Kle laint prêtre en Ura pour i'amandemeDtdeschré- Heoi. — Nous dlerons particulièrement les homéhil.S.e, II, \k, I7,et surtout la 21 «.contenant ledisttan k rempercur, composé par saint Chrj'sostome. Ofolome contient encore, p. 4<7-4g3, un discours ■rfépoque préeiae de la naissance de Jésus-Christ. 9*80 croyait avoir été récemment découverte , et ^on vouiaiC fixer défioitiveroent i plusieurs boo^Hiries actes de la vie de saint Paul , le plus kUié et peot-étra le plus grand des apôtres, notesoent la quatrième ; l'homélie sur Hélétius, arefc c f gq u B d^AnUoche, le premier bienfaiteur de flIitChrysoilome : les deux sermons sur saint Baby- Kqri contiennent des accusations exagérées contre Taipercgr Julien, et l'apologie de l'incendie du iHaple pdien de Daphné, dont Libanius avait déploré la perte. On y trouve, enfin, une homélie sur ■1 nouveau tremblement de terre éprouvé par Anlioebe, un grand nombre d*éloges de martyrs, des bibliques , et d'autres ouvrages théolo-

Tom, Ili, La plus grande partie du \** voU de œ loae est eousacrée aux écrits de saint Cbn'sostome Rlatifii è des sujets moraux , religieux et sociaux, (dsqne le choix d'une épouse, la répudiation, etc.; mais rédlteur a eu le bon esprit de réunir dans un ordre cbronologiqnc les écrits relatifs aux actes de la ▼le polttliiiie de saint Gbryioitoaiey depuis son.ar-

rivée à Constantinopie , et à son double exil, jusqu'à sa mort prématurée. Ils terminent la première partie, et remplissent toute la deuxième, à partir de la p. 434 jusqu'à la p. 904. Cette série importante commence par les deux homélies de l'on SOtf, au sujet de l'asile accordé à Kutrope. La seconde fut prononcée après qu'Eutrope, qui s*était iivprudemment éloigné de cet asile inviolable et avait été pris, eut subi la peine capitale. Cette seconde homélie, bien inférieure à la première, a paru suspecte au savant et consciencieux Tillemont. LMioinéiie suivante a été prononcée sur les troubles de Constantinopie et Texil des généraux Sstuminus et Aurélicn, victimes des persécutions de l'usurpateur Gainas. L*auleur n'aborde ce sujet qu'avec circonspection, et par ailurions. Trois sermons, conservés en latin seulement, sont relatifs au voyage de saint Chrysostome, en Asie, pour apaiser les troubles d'Éphèse , et au différend qui s'éleva entre lui et Sévérien, évê(|uc de Cabales, à cause des intrigues que fit celui - ci à Constantinopie pour le supplanter dans son siège et lui fiire encourir la disgrâce du souverain. On y trouve ensuite (p. 494-499) l'homélie dans laquelle l'auteur rendit compte au peuple de sa disgrâce et de l'exil dont il était menacé (en 40S); elle est suivie de deux écrits très-courts, dont un au moins fut prononcé la veille de son départ et dont l'autre est suspect de fabrication. Trois homélies aussi courtes, qui auraient été prononcées au retour de son premier exil , sont ici rapi)ortées. L'Iioniélic sur la Chananéenne, attaquée comme suspecto par Fronton, est défendue comin« authentii|ue par Tillemont et par Montfaijcon , au moins pour la majeure partie, à cause des détails qu'elle renferme sur son premier exil. Quatre pièces de l'an 404 et de l'an 403 figurent ensuite dans ce recueil; c'est l*> la lettre par laquelle saint Chrysostome informa Innocent, pontife de Rome, des circonstances de son deuxième exil ; 2** la réponse, courte mais sympathique, du saint pontife; S* sa lettre au clergé de Constantinopie pour la réunion d'un concile ; 4« la lettre de l'empereur d'Occident Honorius à son frère Arcadius, contre cet acte odieux de persécution. Une cinquième lettre au nom de saint Chr>'sostoiue. est adressée aux prêtres arrêtés pour sa cause en 404. Enfin, on y trouve une deuxième lettre écrite par saint Chrysostome au pontife de Rome, du lieu île son exil et sur ses misères, en 406. Le volume se termine par le. texte de 242 lettres écrites pendant le ooui-s de cet exil et par quelques autres, postérieurement découvertes, et (|ni complètent le récit du martyre du grand et saint prélat, qui dans cette terrible éiireuvc, et malgré l'épuisement de ses forces, ne cessa d'édifier le monde chrétien par ses vertus apostoliques, et fit rougir s(« ennemis les plus acharnés.

TomlF. —Consacré aux homélies ou commentaires et sermons sur la Geiièse et autres paHii>s do l'Ancien Testament et à quelques parties du Nouveau.

Tom. y, — Commentaires sur les l*saumes ; c'est un ouvrage écrit avant son épiscopat, et dont il nous reste à peine le cinquième.

Tom. f^/.— Commentaires sur Isale, Jérémic, Daniel, et sur les obscurités des proiihéties, avec sept écrits de Sévérien sur la créatîbu du monde et le serpent du jardin d'Eden.

Tom. VU et FUI. — Commentaires sur l'Évangile de saint Matthieu et sur l'Évangile de saint Jean.

Tom. IX. — 35 homélies sur les Actes des ApOtres, et 52 sur l'Épltrc de saint Paul aux Rotnains.

Tom, X^ XI, XII. — Homélies sur les antrei

GEERTSOSTOME — CHRZANOWSKI

épttves de saint Paul, et 15 bomëliet nir dhren nÂJeti rellgieax, notamment celle qui est relative k la translation des reliques qui eut lieu en présence de l'impératrice Eudoxie, et de rempereur Arcadius, atec un antre écrit de Sérérien.

Tom, XII J,— Dialogue historique de Palladius, évëque d'Hélénopolis, contemporain de saint Chrysostome, avec Théodore, diacre de rÉffliiC ronuioe, sur les mérites et la vie du saint archevêque, en 101 pages. Cet ouvrage, étranger i saint Chrysostome, pourrait être réduit aux détails purement historiques, et dans tous les cas U devrait être divisé en paragraphes. - Il est suivi d'un.Épitomé anonyme sur la vie du même prélat , qui parait entaché de plusieurs erreurs, et d*une ample dissertation de Montfaucon sur cette vie, en HO pages. On y a joint d'utiles dissertations sur les préjugés régnant à l'époque de saint Chrysostome ; quinze sermuos inédits, mais réputés apocryphes , comme tous ceux qui remplissent la fm des volumes précédents; les extraits de Photius sur les ouvrages de saint Chrysostome, une lettre de Li- Uaiiius, et quelques autres témoignages anciens, notamment celui de suidas; et enfin des tables. La deuxième partie de ce volume est remplie par un avertissement du nouvel éditeur. M. Théobald Fix, un double index, et l'Abrégé de la vie de saint Chrysostome par Stilthing. IsAMCBT.

Sa vie par Stillhlnip, angl., jictes des Saints. — Sept., IV, SOS.— TlUcmoDt, Mémoires. - Montraucoa, éd. 1840, t. XIII. (L lOS-tlS. — L'éYèque de Maroc, X, p. 67-149.- Néander, 1817; %• édit., 1848, t vol. lo-8«.

c:hrtsostomb {Dïon). Voyez Dion.

GHRTSOTQEMis ct EUTBLiDAS, statuaire»

d*Argo% yivaicDt ver» 520 avant J.-C. Ils firent les statues en bronze do Damarète ct de son fils Théopompe, Tainqaeurs aux jeux olympiques dans la soixante-cinquième ct la soixante-sixième olympiade. Pausanias décrit l'une de ces statues, et dte l'inscription qui donne les deux artistes comme Té/vov éiSorec éx nporcpcov. Ces mots semblent indiquer que Chrysotliemis et Eutelidas ap(>artenaient à des familles dans lesquelles l'art était héréditaire.

Pan^aniaa, X, 6.

; CHRZANOWSKI. (Adalbert), général polonais, né en 1788, dans le palatinat de Cracovie. Il descendait d'une famille ancienne et célèbre dans les annales de la Pologne, parce (ju'elle a produit l'immortelle hérome de Trembowla, qui sauva cette forteresse en 1675, en forçant son mari, commandant du fort, à se défendre jusqu'à la fin contre les Ottomans. U fit ses études à l'université du chef-lieu. En 1809 il entra dans le coqis des cadets à Varsovie, d'où il passa en 1811 sous-Iicutenant dans l'artillerie. Après la campagne de 1812, qui lui fournit plusieurs fois l'occasion de se signaler, principalement à Krassnoï, où il fut blessé , il se montra encore avec honneur à Leipzig, puis plus tard sous les murs de Paris, et enfin à la bataille de Waterioo. Après l'abdication de Napoléon, il retourna dans sa patrie, et fut nommé lieutenant dans la non- Telle année polonaise, qui venait de s'organiser sous les oràres du grand-duc Ck)nstantin. Peu d9 temps apràS| oa l'aUacha au général russe

d*Auvray, que son gouTerneuMiit a^ait chargé d'établir et de marquer les nourdles limila entre la Russie et le royaume de Prusse, et loprès duquel il resta huit ans. GrAce k la protootk» de ce général, il obtint le grade de capitaine. Lorsque Diebitscli partit, en 1828, pov sa campagne contre les Turcs, il demanda d'camener Chrzanowski, dont il appréciait les talcnli, et que le général d^ovray lui avait d'aakm fortement recommandé. Dans cette campigBP, on dut en partie à Cbrzanowshi la prise de Vana. Après la paix d'Andrinople, Temperenr Niootas le récompensa en le faisant lieutenanl-colonel, et ce fut lui que Ton envoya à Varsovie pov porter au grand-duc la nouvelle de la cessatioa des hostilités. U se trouvait dans cette ville kmqu'éclata la révolution du 29 novembre. Au commencement de janvier on lui confia le commaidément de la forteresse de Modlln, quïl eot bientôt mise en état, et le mois suivant Sknynecki, nommé généralissime, le choisît poorsoo chef d'état-major. Appelé au conseil , il s'y fit remarquer par la ténacité de son opposition. «Il avait rapporté (dit Roman Soltyk, dans son ouvrage sur la dernière révolution de Pologne) de ses campagnes de Turquie, faites sous les ordres de Diebitsch, une idée exagérée des forces de l'empire et de TexceUenoe des troupes moscovites aussi lorsque Prondzynski, plein de cobfiance et d'ardeur, disait qu'il faiUait attaquer les Russes deux contre trois, partout où on les rencontrait, Chrzanowski répliquait que les Polonais ne pouvaient pas même les combattre À forces égales. Cependant ces opinions persoanelles, 4oute Soltyk, ne le détournèrent pas de l'accomplissement de ses devoirs : il rendit à k Pok>gne, en différentes occasions, d'importants services jusqu'au blocus de Varsovie, et en Ait récompensé. * Sa belle résistance aux Russes, qu'il empêcha de passer le W'ieprz, lui vafait le grade de général de brigade. Dans le mois de mal, il eut occasion de se mesurer près de Kotik avec le général Thieman, dont il avait été l'aide de camp et l'ami : il le culbuta , et se retira à Zamofic. Placé ensuite dans le palatinat de Podlakhic , il se signala dans plusieurs rencontres qu'il eut avec le corps de Rudiger. Le 14 iofllel, enfin , il remporta une victoire signalée près de Minsk. Si tous ces succès n'eurent pas nae grande influence sur le sort de la Pologne, Us gênaient au moins les mouvements des Russes et les tenaient en respect. Mais ce qui fait le plos d'honneur à Chrzanowski, c'est de s'être fait jour à travers l'ennemi avec vingt-cinq pièces de canon qu'il amenait de Zamosc pour la défense de la capitale, et d'avoir réussi à les coaduirc jusque dans les murs de Varsovie.

Sa retraite à Zamosc passe pour un chef-d'œuvre stratégique. Le gouvernement lui rendit la justice qui lui était due en le nommant, à la fin de juillet général de division. Vers cette époque, il eut une entrevue avec le généra} TUicman. On a ton-

CHRZAISOWSKI — CHDMACERO

jours ignoré le sajet de cette confércoGe; mais ce Alt de ce moment que datèrent toutes ses demi-mesures et son opposition à tout élan de I patriotisme. Comme chef dVtat-miyor général, oa Taocusa d'avoir laissé pénétrer les Russes jusqu'à Lowicz et d'avoir poussé Skrzynecki à Pinaction qui amena sa ruine. Il alla même jusqu'à protester contre le principe de la guerre. Dans la nuit du 15 août, le pouvoir ayant passé dans les mains de Krukowiecki, Chrzanowski fut nommé par le nouveau chef gouverneur de la capitale. Le dernier jour du bombardement, lorsque enfants et vieillards criaient : Aux armes! et couraient sur les remparts, il s'opposa de toutes ses forces à cet élan général ; il fit arrêter et désarmer tous ceux qui se rendaient au lieu du combat {Gazette nationale do Zakroczym, 1 831, n* 2). Lorsque enfin la trahison eut fait retomber Varsovie au pouvoir des Russes , il y resta ; et pendant que ses compagnons se battaient encore aux portes de la capitale , il se dépouilla de sou grade de général, que la révolution lui avait conféré. Quelques mois après les Russes lui délivrèrent un passeport de colonel pour l'étranger. Mal accueilli en France par ses frères d'armes, il se rendit à Bruxelles; mais le général Dwemicki, comme chef de l'émigration, «'empressa d'annoncer au gouvernement belge que les Polonais no reconnaissaient point Chrzanowski pour leur compagnon d'exil, et il fut obligé do revenir à Paris. Dans les premiers mois de 1849, Chrzanowski fut appelé au commandement de Tarmée piémontaise, avec le titre de mvor général. Les Piémontais , après une hitle acharnée, furent vaincus à Novarre, le 23 mars; mais les joges impartiaux ne sauraient Tfj^r sur Chrzanowski la responsabilité d'une délaite amenée d'un câté par l'audacieuse manœuvre du feld- maréchal Radetzky, qui reprit l'oflcnsive en franchissant à Pavie le Tessin et le Gravellone, de l'autre par Tinexplicable inaction du général Ramorino, qui, placé près de Pa- Tie, laissa, sans s'y opposer, les Autrichiens passer le Tessin. Depuis cette époque Chrzanowski est revenu habiter Paris. [A. Rtpinsu, dans VEnc, des g, du m. ] CamvenatUnu-Lexieon,

caTCHBBBATOT (Le prince Michel), historien russe, mort le 12 décembre 1790. Il fut sénateur et chambellan. De bonne heure il ténoigpu un gpùt très-vif pour les lettres, et surtout pour l'histoire; l'impératrice Catherine 11 encouragea ce penchant, et mit à la disposition du jeune lii>torien les documents placés dans les dépi)ti scientifiques et littéraires de l'empire. On a de lui : le lÀvre des Tzars ; — Histoire des troubles et des révolutions de Russie ; Saint- Pétersbourg , 1777 ; — le Journal de Pierre le Grand; ^ Tableau des possessions de Vladimir Monomaque,

liévêanr. liUt, de Ruuie,

cauBB ( Thomas ), philonophe anglais, né à

East-Hadham, près de Salisbury , le 29 septembre 1679, mort à Salisbury, le 8 février 1746. Fils d'un marchand de drèche, il apprit simplement à lire, à écrire et à compter ; mais plus tani, dans ses moments do loisir, il compléta, par de nombreuses lectures, cette première éducation. Il se plaisait à méditer sur les sujets les plus difficiles de la théologie et do la philosophie. Dans ses premiers ouvrages, sans être orthodoxe, il se rattacha étroitement au christianisme; mais il inclina peu à peu vers le déisme. Il ne céda jamais aux instauces des plus éminents littérateurs de son temps, qui l'appelaient à Londres, et resta à Salisbury. On a de lui : the Supremacy of/ather asserted; 1715; — Recueil do divers traités; 1732, 3 vol. in-S** : ce recueil r>ontient les traités suivants : a Discourse on reason^ as a sufficient guide in matters 0/ religion; On moral and positive dutics^ showing the higher daim of the former; On sincerity; On future Judgement and etemal punishment; Inquiry about inspiration oj the New Testament; the Case of Abraham; Doctrine of vicarious suffering and intercession rtfuted ; Time for keeping a sabbath, Bioçraphia britam, AlUo, General biograpkp, CHCDLBiGH (Lsdy Mary)^ femme poète an^aise, née en 16&6, à ^in&lade, dans le comté de Devon, morte à Ashton,le 15 décembre 1710. Elle épousa le baron sir George Chudleigh, dont elle eut plusieurs enfants, entre autres Élisa Maria, qui mourut de bonne heure et fut pieurée par sa mère dans un poëme intitulé : a Dialogue between Lueinda and Marissa. Mary Chudleigh écrivit un autre poëme, sous le titre de the Ladies d^ence, à l'occasion d'un sermon prêché contre les femmes. Ces deux poèmes furent recueillis, avec plusieurs autres, en un vofume, en 1703, et réimprimés pour la troisième fois en 1722. On a encore de Mary Chudleigh Essays upon various subjects^ in verse and prose, publiés en 1710 et dédiés à la princesse 'Sophie de Hanovre; —des Lettres insérées dans les Mémoires de Richard Gwinnelt et M. Thomas; 1731, 2 vol. in-8*, et dans la Collection de lettres de Curi, vol. III.

Obber, Livts of English poet, — Ballard, Leamed ladUt. — Rom, Ifew biog. dict.

GHU.«ÂCEno (Jean), légiste espagnol, né à Valence d'Alcantara, dans l'Estramadnre, au commencement du dix-septième siècle, mort en 1660. Il était chevalier do Saint-Jacques, et obtint successivement à l'université de Salainanque Ui» chaires apiielées codicis , iH)luminis et ve^perorum. Envoyé en 1033 en anibas^de à Rome, il passa dix ans dans cotte ville, et fut nommé à son retour président du conseil suprême de Castille. On a <lelui : Select arum Juris disputationum dodecas ; Salanianque, in-8°; — Pro leyitimo Jure Philippi /r, Ilispaniarum et Portugallix régis; in-4°; — el Mémorial de su Mayestad Catolica que dieron a nues-

GHUMACERO — CHUN

MO

tro muy S. Papa Urbano VIÎI, de. -C'est le récit de ^'ambassade de Chuinacero à Rome.

Aotonio, Bibliotk. hispana nova.

* GHUMHU8 (Mtchael ), juriite et canoniste byzaotin, vivait dans le treizième siècle. CooleinporaiQ de Nioéphore Blemmydas, patriarche de Constantiiiople, il fut d'abord nomophylax^ et ensuite métropolitain de Thessalonique. H est connu par un petit ouvrage sur les degrés de parenté ( Ilcpi xdv ^Xaottàv [ paO(iâv?] t9|( ovYYeveîoc), inséré dans la collection- de Léundave. Suarec, qui confond mal à propos Domnus avec Chumnus, place odui-d au nombre des scoliastes de la Batilica ; c'est probablement une erreur.

Suarez, ad BasUic. — BOcUng, /lurétuléOMf ,* Boas, 1843. - Heimbarh, Je BaiH. orig. — Sniitb, Dict, o/greek and roman bioçraphif,

* CHVMNCS {Nicéphore ), homme d'État byzantin, vivait dans la seconde moitié du treizièine siècle et au commencement du quatorzième.

11 était probablement natif de Constantinopley et appartenait certainement à une des premières familles de l'empire. Honoré de la confiance et de l'amitié de l'empereur Andronic Paléologue l'ancien, il fut nommé successivement préfet du caniclée (c'est-à-dire de récritoirc impériale), garde des sceaux et grand stratopédarquc. En 1205 il entra dans la famille im(>ériale, par le mariage de sa fiUc Irène avec Jean Paléologue, lils d'Andronic. Pendant les guerres civiles des deux Andronic, Chumnns, resté fidèle à son maître, défendit Tliessalonique contre les troupes d'Andronic le jeune ; mais oelui-d fut vainqueur, et le grand stratopédarque se retira dans on dottre, sous le nom de Matlianoel. On croit qu'il mourut après 1330 , sous le règne d'Andronic le jeune.

Chumnus écrivit un grand nombre de traités, sur la philosoiihie, la religion, la riiétorique, le droit dvil et le droit ecclésiastique. Nous dterons d'après les catalogues des principales bibliotlièques de Rome, Venise et Paris, les titres de quelques-uns de ses ouvrages : Con/utaiio dogmatisdeprocessionespintug Sancti:^8ermo in Christi Transfiçttrationem; — Symbuleuticus de justitia ad Thessalmicenseê , ei urbis eneomium ; — ex Imperatoris decreto, tU judices jurejurando obligentur, ad munus sancte obeundum; — Eneomium ad imperatorem (Andronicum II); — Querela advenus Niphonem^ ob maie administra^ iam patriarchatus sui provineiam ; — Oratio funebris in Theoleptum, metropolitam Philadelphie; — ad Imperatorem, de obitu despotx et filxi ejus : c:*est une lettre à Andronic II, l'anden, sur la mort de son fils, le despote Jean, mari d'Irène, fille deChunmus; — de Charitate erga proximum, et omnia relinquenda ut Christum sequamur ; — de Mundi natura; — de Primis et simplicibus corporibus; — Quod terra, quum in medio sit, infra se nihil habeat; — Quod negue fnateria

ante corpora, neque/ormx seorsim, $ed htee ipsasimulconstent; — Contra Plotinum^ de Anima rationali questiones varix^ubi de metempsychosi, de belluis, utrum intellectu ^ prxditx sint necne, de corporum resurrec' tione disseritur; — de Anima seniiiivaetv&' getatira; quod non impossibile sii, eiiam secundum physices rationes, colloeaiam esse aquam in JlrmamentOf tum, quum orbis t»' rarum creaius sit, eamque ibi esse et perpetuo manere; — Oratio in laudem imperatoris Androniei senioris ; et beaucoup de lettre^ qui ofn*ent un grand intérêt historique. Plnsienn des opuscules de Chumnus ont été publiés pir M. Boissonade, Aneedota grseca, t. I, II, V, Paris, 1 829 ; iénecfbto noDa, Paris, 1844. M. Cnnzer avait d^à publié en 1814 le traité de AniKU^ contra Plotinum.

p. Nicéphore, Cregoras, VII. » CasUouèot, L — Fabrlciiu, BiM.,çrme,, Vil. - Cave, Uiêtoria iittÊT^ roi. II.

*CH€MN€8 (George), historien grec, néàCaadoceou Chandace, dans 111e de Ciàe, vivait probablement dans la dernière période de Bas-km pire. Il écrivit en vers une histoire oominençant à la création du monde et allant Josqu'anx règnes de David et Salomon. Cet ouvrage eiiilB en manuscrit dans la Bibliothèque impîfiriate de Vienne.

Fabridoi, BM. f/ratc., XU. - Cave. Hitt, liC, voL IL

GHCN, neuvième empereur de la Chbie, régpt depuis 2,285 avant J.-C. jusqu'à 2,205. Quoiqu'il fût né dans une famille obscure et qu'il eàC toigours vécu dans une condition privée^ il IM, sur sa seule réputation de vertu, associé à Tenipire par Yao. Cbun se montra digne de cette liiveur. .« On admira en lui, dit une chronique chinoise, une prudence, une afiabililé jointes à m grand génie, beaoooup de douceur et de gravité; il fut sincère, et il rdeva ses talents par une giuA modestie. » £n faisant observer parmi le peii|rie les cinq règles immuables, c'est-à-dire le» cbf devoirs, qui sont ceux du père et des cnfiuiÉ^ du roi et des sigets, des époux) des viciUarii et des jeunes gens , et enfin des amis entre eux» il fonda cette profonde subordination hiénreklquc qui existe dans l'empire chinois, et qui série peut-être l'a préservé depuis quatre mlUe m de la dissolution morale et physique âous laquelle tant d'autres Ktats ont suooombé. H opéit d'excdlentes réformes dans le code crimiiiel ffi existait avant lui, et qui portait l'empreiilidB la barbarie. 11 adoudt les supplices et i à des tortures cruelles des diètiinents disproportionnés avec les délits, et moins contraires au dessein provldeotid de h sodété , qui n'entend rejeter définitivement de son sein que ceux de ses membres dont l'faieorrigibilité dangereuse peut la menacer coniiBBCllement de graves périls. Avant la réforme de Cbun, on marquait au visage avec un fer rouge ceux à qui on laissait la vie ; on leur coupait le nez ou les pieds, on les mutilait > ce qd ftrt Fo-

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