CIBOT
sciences et arts de la Chine , 16 toI. in-4'*.
tiioijraphie du Limottsin, 1853. - Mém, sur le$ Chinois.
* CIBOULE {Robert)^ théologien et moraliste fronçais, ué à Jiretcuil en Normandie, mort eji 1458; il fut eam^rier dn pape Nicolas V et doyen <rÉvreux , après avoir rempli les fonctions de chancelier de Ti^glisc de NotnvDame de Paris; il avait été envoyé [tar le roi au concile de Coustanci*. En 1437, il fût au nombre des juristes consultés sur la réhabilitation de la Pucellc , et donna un avis favorable. 11 a laissé divers ouvrages, restés en manuscrits; celui qu'il intitula: la sainte Médit ntion de V/iommesur sotm^:me fut impriiiHî h Paris eu 1610, in-fol. Un moine, confesseur de Cliarles-Quint, Pierre Le Fcbvre, on Junriti ^ Louvuin, en 1 f)36, une savante iHlition, au^iH'»tée,(pio les bibliopliiles recherdie,nt pour un motif absolument étraii};er au contenu du lÎMi*; If libraire y a place des lettres initiales repies(>ntant des animaux fort liabilenu-nt dossinc's. La Consultalnm dr Cilwule en faveur de la Puctllo a «Hé iinprimtHi par extraits dans Tédttiun du Procf's, t. III, p. 320 et 328.
G. BllLMT.
p. P.irh, M an II Si r Us /rauçuis, l. ÏV. p. ifiî. Du Koiil.iT, ffiit. finir. Par., l. V. p. Wl. -QiiJchrral, Procès, t. m. p. 3se, et t. V. p. M7. ~ Manuscrit de la llibl. imper, n • i97(», Iri-fnl, 16V ri »iilv.
*c:inKARio {lMigi)y juris<'onsulte italien, u«; à Turin, le 23 février I802. Docteur en druiteivil et en droit canon , il publia en 1825 : Mofizir s ni la s fort a dei pnnripi di Savoia; .\otiziedf l*aoloSitnonedvflielli;—cini 1827 : lit'Ur Sforic di Vhierï lihri IV. Ces ouvrages lui lirent bientôt une Itelle réputation, et, favorisé pitr le roi Charles-Albert d'ime vive amitié, il fut «iiarué il/ {iltisieurs missions importantes, relalivr.s .\\\\ intén^ts du n>>aum(', i*n Frauw, en Suissj* rt <'n Autriche. >'ommé si'nat«»ur eu 1848, ii lut, aprrs la chute de son souverain et ami, <'h.irj:(' |»;!r st'seoll^jçursde sen-ndreh Porto, et •reu;yij;<T lo cln'Aaleresqu«i monarque a rentrer dans sa |)alrie : on sait quello fut la triste tin do re rui, qui S4'mbiait appelé à de liantes destiniHvs. C'«'>t à la suite tleœ voy^i^e que M. Cibrario lit paraitiv un ouvrap;** dt^ plus intéressants, (>t qui J4'tt«' nue \\\v lumière sur la révolution italienne d»» iK'iK : Ricordi d'una mi.ssione in Portoruffn, aire Cnrlo-Alhrrln. M. Cibrario est en ouh'c auteur d'un (ïrand nombn* d'ouvra<ios de l'ttciatun», |Kirmi ^•Sl|u<■l^nous mentionnenins : t'r/'ii f''ro}i(twi(ijxdififfi dcl mcdio crl^ ,' 1S|0) j Sforin e drsvrizioun délia Radia ù\Ula- (iiinhti ( l«ii ) ; — Lihj'o di Novelle ( 1831 ); — y or cl h ( 183r»): — Storia di Torino (lHi7). Il a aussi publié un grand nombre d'éditions d'anciens auteurs itiliens, aoc4)mi>a<;né4^ de notes et tl(' travauv de critique fort remarquables, toujours très-utiles à consulter.
T. ALBRHT BL-iNQl'ET.
ht loarDdl Ii Mioryimtnto.
GICCIONE $14
«CIG4DÂ (Jérâme), flumommé StenatiM et Millonii domitius, savant italien, vivait daai la première moitié du dix-septième Mècle. Ooa de lui : Somnium S. Va/rinus ex Tancrtdo, poemaie heroico Ascanii Grandi, libro V, êc ejusdem carmen de Vesevi co^fragraiioM^ etnonnullaepigrammata; Licii, 1634, iih4*.
Cat. dé la Bibl. iwtp.
GiccARELLi (Alphonse) , méûMm italioi, natif de BcTafçoa, dans l'Ombrie, mort en 1580. 11 s'est rendu tristement célèbre par les pte insignes fourbttries littéraires. Spéculant wr U faiblesse des grands, dont ses éloges flattaioit l'orgueil, il se mit à fabriquer des généakigiei et des histoires de familles. Arrêté par Tordre de Grégoire Xlll et C4Mulainné oomine a»pable de falsitication et tle supposition de titm, il eut la main coupée , et Ait ensuite pendu a plae« publique. Ceux de ses ouvrages qai ont élf publiés sont : Clitumno /lumine ; avec an traité de Tuberibus ; Padoue, 1504 ; — Ëstwia di casa Monaldi'sca ; \scm\if 1580. L*opus4!u]e de Tuberibus a été traduit en français par Amorsan ; 1813, in-8'.
L^on'Allari, Observations snr les antiqwites eêrsh qucs d'Ing/tiramt. — Jacobclll, Hibt. Umbriae. — Strarr, de Doctis iinposturlbus. — Tirabo«clit. Storia dtUa Ititer. ital., t. III.
ciGCi ( 3farie-Loifise)y(i*mnic poète ilaliennf, n(»e à Pise, le 14 septembre 1760, morte le 8 mars 1791. Ayant i>enlu sa mère de bonne heure, (>Ue fut mise dsms un cou^ent à l'âge <le huit ans. Son |)ère, qui voulait la faire! instruis l'vrlusivement dans la pratique des devoirs tlomestiques, défendit même qu\)n lui apprit à lire. Mais la jeune Cicci, tromi)ant la surveillance de ît% maîtresses, lisait en cachette les poèti^s italien», et b'essjyait à retracer des caractèn^s avee J« fii'lits morceaux de bois qu'elle trein|viit dans An jus de groseilles. Klle avait h peine dî\ ansquùud elle coin|)osa ses premiers vers. Dv. retour à la maison paternelle, elle y étudia, outre la littérature italienne, Thistoire générale, le français et l'anglais. Fji 1783 elle fut nonirink* membre de l'Académie des Arcailra.et peu après dcoi-llf des fn trônai i de Sienne. Ses po<'«ies, recndOie» l>ar son frère, ont été hnprimées à Parme; 1796, in- 16.
AniriitllcM, Eloor de M.-L. neci, m tètedr leii Poépo, - Tipaido, Pioy. derjH Ital. illustri, t. IV, p. «flO.
^cifxiONR (Andréa), sculpteur et arcliitfcie italien, né à Naples, dans la seconde moitié du qnatorxièine siwJe, mort vrrs 1 1 'lO. Hève de Ma»- MU-cio II, il piTfectionna s«)n st)ie |Kir l'étinledes ouvrîmes de Donatello. H avait renidc la natorr un <;én1e extraordinaire et une hardiesse égale i son g<4iie. Ca|><ible de tout entn^prendre , pane qu'il ne cniyait rien iniiM)ssible, il meiui à fin les travaux les plus extraordinaires, sans ètrearpRé par aucune di^icult(^ Panni ses ouvrages ks plus étonnants, on doit conqiter le Tombeau du roi Ijidislas, à Saint-Oiovanni a CarfHtnara. Quoique oc monument fût placé dans une petite
aCCîONE — aCÉRON
égHw, il mi donna une bantenr de plus de seize mètres et une largeur proportionnée, et le décora de statues colossales. Le style, romcmontation, la composition, tout Indique quVn 1415, époque à laquelle appartient ce mausolée, Ciccione n'avait pas encore acquis le goAt plus pur qu'il déploya en 1433 dans l'érection du tombeau de Caraodolo, placé dans une autre chapelle de la même église. On trouve dans celui-ci une largesse 4le touche et une habileté de ciseau qui montrent ce qu'eût été cet artiste s'il fût né un siècle plus tard. Ciccione ne fut pas seulement un grand sculpteur , il fut aussi un des premiers archilectes de son temps, C4>mme l'attestent lemonatitère et l'église de Monte-Oliveto , le clottrc deSanto^SercrinOyle palais <lu prince de la Ricda, et antres beaux édifices élo-ée sur ses dessins.
(aeoffoara, Storia délia êeoUura, -> Tleoul, Msiona Ho. - Bildlnucd. Notiiie.
ClcÉ. Voyez. Coahpion.
Gicé {Louis de), missionnaire français, de l'ordre des Dominicains, vivait au commencement du dix-huitième siècle. 11 fut Ticaire apos toliquc en Chine. On a de lui : Àcta Cantoniensia atiihentica, in quibus praxis missionariO' mm S, J. circa ritus Cinenses approhata est communi consensti Dominicanorum et Jesuif iarum; ace. epistola lud. de Cicé; 1700, în-8"; — lettre aux PP. Jésuites sur les tdo- Idtries et sur les superstitions de la dhine; 1700, in-12etin-4\
AdeloDK, tuppt. & JAchcr, Âllg. Celehrta^Lexiéon.
cicERi ( Paul-César de), prédicateur français, né à c^availlon, le 24 mai 107^, mort le «7 avril 17:»9. 11 fut prédicateur do la coiir. On a de lui : Sermons et panégyriques; Avignon, 1761, 6 vol. m- 12. Il se plaisait à dire « que la nécessité l'avait rendu auteur malgré lui u.
L'«bb« BassfQtt^ ru Ak P.-C. de Cittri, en t«tr des S^rwunu et panésfriques.
J CJGBAi ( Pierre- lue- Chartes ) , peintre rranrais , né à Saint-Cloud ( Seine-et-Oise ) , le 1 8 août 1782. Il montra de twnne heure un goût trèa-vif pour la musique; à quatorze ans il jouait du violon cliez Séraphin et cxrniposait à lui seul rorchestre de ce spectacle d'ombres chinoises. Parent de Martin et ami d'KllevIou , ces excellenta cbantears le firent recevoir au Conservatolm de musique, où il resta pendant douze an- ■éeSé n s^tait lait remarquer par une belle voix lie téoor, lorsqu'à la suite d*un accident (il fut renvené par une voiture ) , il demeura infirme, el dut renoncer au chant. Il se livra alors à l'étude da dessin, sous la direction de l'architecte BellBDgé, et apprit U peinture de décors dans les ateHers de l'Opéra. Cioeri a fait làire à ce f^re de peinture d'immenses progrès. Nommé peintre décorateur en chef de l'Opéra, il s'acquit une réputation européenne, liin 1810 le roi de Wesiphalie, Jérûme Bonaparte, le chargea d'exé^ cuter les décorations du grand tbéAtre de Cassd. Eo 18M ladiractioQ des fittes dn sacrede Char-
les X lui Ait également confiée. Le nombre des décorations qu'il a exécutées pour différents tliéâtres sVlève à plus de quatre cents. Son pinceau a puissamment contribué au succès d'un grand nombre d'opéras et de Itallets ; nous citerons entre autres : la Vestale; — Annide; — la Lampe merveilleuse ; — la Mvette de Portici ; — Moise ; — Guillaume Tell ; — Robert le Diable, etc., etc. Ciceri compte au nombre de ses élèves les plus habiles, tons |>eintres en tW'cors, Cambon, Desplechin, Serclian, etc., etc. De son mariage avec une t\\\o du ()eintrc lsalN>> , Ciceri a eu six enfants, tous artistes : Eughic *'! Ernest Ciceri sont des peintres et d«« lithographes distingués. Édocaud R^ard.
Doeumenf^ particuliers.
GiG«RO!i (1) (Marcus Tullius), le plus grand orateur romain, né le 3 janvier toc» avant J.-C. , mort le 7 décembre 43 avant J.-C. Né ave** <•«• caractère que Platon donne au véritable aiiii des sciences et de la sagesne , avec cette aniour (|iii embrasse toutes les connaissonr^'s , qui ne mSglige ancon genre de littérature ou d'instruction, il se sentit d'abonl entraîné vers la |KM»sie , et composa dès sa pnnnière jeune^^e un |>clif pocme en vers tétramètrcs, intitulé : Pontnts Glttucus (2). Parmi ses professeurs, tous Grer^, h l'exception du grammairien Q. Aelius, on remarque Archias d'Antio<-he, qui depuis 102 vivait à Rome sous la protection de Luculimi, Au soi tildes études de l'enfance, <'icéron entendit l'ai'adémirien l*hilon , de tons les <lisfipl<'s do Clitomnque le plus admiré |)ar les Honiains pour son éloquence et le plus aimé fM)ur son cara«:t^re. Kn même temp» il alla écouter le jnrisronsulle MudunScevola, un des plus illustres «««'natenrs ilt? Rome , et il fit avec lui de grands progrès d.ms la connaissance des lois. Au plus fort de la î:uorn' stiriale, Rome, pour se drfentlre contre U»s insurgés italiotes, remit en \igueur rancitMinc loi qui soumettait tous les citoyens au s«»r>ice militaire, et le jeune Cicéron fit en 89 sa première et unique campagne sous les ordres de Cn. Poinpeius Strabon, père du grand Pompée. Pendant les six années qui suivirent sa courte carrièn^ militaire, il ne prit part à aucune affaire publique. Voyant s'élever les guerres civiles dans sa patri(>, et des guerres dviles mûXn* le.-} tyrans , il k4>. renferma dans la vie contemplative et litténiire, fréquenta les Grecs les plus lialiUes, et se p<Tfectionnadans les seiences, jusqu'au moment où la république, sous la domination de Sylla, fiarut
(1) Ijt MunniD de Cicéron ( Cicero ) lui vcnatl, dit on , de ce qu'on de m» êncéirtn af ail au bout du net une pcUtn eicrolMince de la forme d'un i>ou ^ ciccr ) .
(t) l^es gramiu.ilrlcnn rite Dt encnrir \n titrer et parfot': qoelqne« rarm ddbii* de plualenm prtlta poSnea de sn JeoneMe : la Prairie, le Nil^ le Mari cnmploifant (Vxoritu), une «l^ffle tiifc mjih le tltrir, prolmble ment déflfrure, de Tamelasiis, <>• entai* fkjreut suivit «fer deni prodoctlon* plos importantes, une traduction di'^ PhenoMtnft d'\ntui, conterrée en grande partie, et son poiHnr de Mariv$, dont II |»arle avec tant de mmplalaance dans le livre deê Ijoii.
aCEROÎî
Kfireodre qudqiwr sU^•iite. A celt^ époque d'étuil-irs (MJ^iMes au itfin de la tm; prirfre appartiennent la Muiorvjue a Utrennius^qn^^M. Le Clerc D«Hi» semble avoir defiiiiti%irtn€tit rendue a Cia-ron, et le traite de Vinrent mn oratoire^ s«t>jude édition de sa Rtietorique. qu'il eut! uh ientiijn de donner complète, mai> dont il parait n'a^iiir jamai» achevé que deu\ livres; peatétre aussi faut-il y rapporter quelques traductions de Xeouphon et de Platon.
- Cia'roo plaida sa première rau^e à l'à^ïe de Tin|rt-iinq ans. >'ou> n'avons ni aucun détail sur l'aflaire , ni aucun debrîs> du discours ; mais il nous reste celui qu'il pronc*nça la même année pour un Certain Quintius, duis une question d mtérét prî\e. Le jeune orateur trioropba du crédit de la iiartie aiiverse et de reloquenied'Hurtensiu>. Qu*'lque temps afjnt:%s , s<*n preiuier plaido}er dans une cause criminelle le mit an premier ran^ de» urateurs judiciaires. Vn affirancbi de S; lia, Clursugunus, s'etant fait adjuger à IVwrbere pour deuv mille sesterces .4-iC" fr.) les biens d'un citoyen qui a^ait ete tué comme pn^crit, Rosciuâ, le (ils et l'iieritier du mort, indi^uie de cette fraude , prouva que ces biens valaient si\ millions de sesterces ■].32O,i-0O traiKTS. : S) lia, convaincu d'une teile injustice, devint furieux, et, a la sollicitation de Chryso- }ioiius, il lit accuser Koseius d'avoir tué son père. L'aaruaé ne trouvait point d'avucat : tous craigaaient la cruauté du ilictateur; le jeune homme, «lans sa iletresse, ajant eu recours a Cicéron, les aiui< de celui-ci len^^aj^ent à ne point laisser i^iapiter la plus belle et la plus honorable occasion «lai river a la gloire : il se chai^ea de la dffeuae, reu>sit, et fut admire. Craignant alors la M'ngeance de Sylla •;!), il padit pour la Grèce, et lit I Murir le bruit qu'û avait besoin de reta- Mir sa sauté. Ln eOfet, il était maigre et délicat; Id fdil'lesMr de son estomac l'obligeant a ne prendre i|ue vers le soir une nourriture légère; sa vuix , quoique bonne et forte, était dure et i»eu fleviitle; et comme dans ses disc«jnrs, véhémente A |iatli»'tiques , elle prenait unlinaireineut If s ti>n< le» plus élevés , M>n zèle ardent inspirait quelqut.s alarmes.
Arrive a .Uhenes en 79 (2 ', il fut assidu aux leinns d'.viititiclius r.Vscalonite, dont la grâce et la llic(lit«.' le channerent , sans qu'il approuvât ses irViovati«ms en philoso[>hie ; car Antiochus avait renonc ik"^ lors a la mnivelle académie et quitté U ^lie de Caméaile , ou entraîné par le terooigna;if des sens et par révidf-nt c . ou cédant , c«unrrie «>n l'a prétendu , a quelque jalousie , à r|u<.*l<(ue inimitié contre les disciples de Clitoma-
(i; Ce motll, doone par Platarqar. seoible p«u vnisembUIile. pnisque le Jeuoc orateur re«ta encore d3D« Roioe plu« d'une aonee, pUidaat dillércnles caa«e5 et s'eipo- UDl air me uoe «ecoode (oU au neco aient eme al de Sylla. en diicndanlcuotre sctloU arbiiraires une femine d'AfCzzo.
fi. ijc ha alon qu'il ae flt Uiltlrr aoi mystères d'E-
qne et de Phil.-« : déjà presque tons ses dopsrs n'éCaimt plus que oni\ du «toicîsine. Or. Ciom aimait la oouvelie académie, H s*? attachait lij« les jonrs, bien reMiIu, s'il abandonnait januis entièrement les afTaires publiqDes , à venir, Mi du Fonim et da sénat, goûler dans Athènes la charuMS de U philosophie et dn repos. Mû ayant appris la mort de Sylla , et Toyant que soi corps, raflenni par leiercioe, reprenait dm nouvelle vigoenr, et que sa tuîx, plo» fimne d I^us grave, en méote temps agr^Ue et farte, répoD'Jait asseï bien a sa compleuoo, pniàk d'ailleurs par les lettres et les prières de ses ans de Rome et par les conseils d'Antiochas. qd l'enizageait a entrer dans les afhirtes poLfiques, il se remit a former son éloquence eut nme m instrument nécessaire, et. soit par ses propres études . soit par s<» commerce avec les orateon les plus célèbres . il réveilla son génie pc»litiq» et oratoire. Ses nouveaux voyages n'earent pis d'autre but : en Asie, il fréquenta les rfaet«tn Xénocles d'Adramytte'. Dionysiiis de Magnésie, Menippe le Carien ; a Rhoiles , Apollonius Moloa, et le philosophe Posidonius. Apollonius, qa n'entendait pas la langue latine, le pria, dit-oo, de s'exercer en grec devant lui ; le jenne unttur s'empressa d'uhétr, daiB l'espérance den^ cevoir d'utiles conseils. Quand il eut aciievr, radnuration fut unanime, et il sVleva entre ks auditeurs un combat de louanges; seul, ApoU>v nius ne témoigna aucune joie en l'écoatant. et, après le discours, il demeura longtemps penâf et silencieux. L'orateur s'en affligeait. « Ciomn, lui dit Apollonius, je te loue et je t'admire; maif je plains le sort de la Grère, quand je sooçe que la seule gloire qui nous restait , celle d(s lettres et de Téloquenre, va devenir par toi la CMiquéte des Romains ',1. -^
De retour à Rome , Ciceron y vécut d'abord avec une extrême réserve : il voyait fort peu les magistrats , qui le connaissaient à peine, et fl entendait souvent à ses oreilles ces teimes de reproche , si familiers à la populace de Rome, Cc^t un Grec, c'est un écolier. Enfin, dodie aux inspirations de son amour pour la ^re , à la voix de son père et de ses amis , il se livra tout entier a l'éloquence judiciaire : sa viicatioB alors ne fut point douteuse; il obtint dès Faborl le premier rang, et tous ses rivaux restèrml bien loin au-dessous de lui. Il passe pour avoir eu dans l'action oratoire non moins île dé<aiit« que Démosthêne; il les corrigea eu prenant aver grand soin îles leçons de Rosciu< , actenr comique , et ifEsopus , qui jouait dans la tragidie. L'adiun fut liient«jt pour l'orateur romaia une des plus puissantes armes de U persuasion. Il disait , en se moquant lie ceux qui too* laient y supfiléer par de^ cris, que lenr Cû-
1 •• H. Ltccro. qut omnia lorrementa ua «ibl drbaO, \ir noTltaUf nobiUsOmz. et, ol TiU clar««, lU imfm in.-i\iuiu5 : qui effectt, ne, quoriim arma i-lceraraaise< tugtoto^looereiDor. >»ireUtiwi PaumUuM, II,».-
639 aCÊRON
blesse \» fiisait monter sur un liaut tou de voix, oonime un boiteux monte à cheval. Ces plaisanteries et ces bons muts Ini paraissaient propres à la lilaidoirie, qu'ils rendent plus vive et plus piquante; il en abusa peut-être, et se fît par ses nombreux sarcasmes une réputation de méchanceté.
Cicéron avait alors trente ans; c'était l'âge où il était permis de solliciter les magistratures inférieures.
Nommé questeur en 76, dans un temps de disette, la Sicile lui échut en partage. Son administration déplut d'abord aux habitants , parce qu'il était forcé d'envoyer des blés à Rome. Bientôt les Siciliens firent l'épreuve de son zèle , de sa justice, de sa douceur, et le préférèrent à tous ceux qui avaient jamais gouverné la province. Pendant sa questure, on envoya au préteur plusieurs jeunes Romains des plus illustres et des plus nobles familles, accusés d'indiscipline et de lâcheté à la guerre; Cicéron les défendit avec un grand succès, et les Ht absoudre. Fier de la gloire qnll croyait s'être acquise dans cette charge , il fiit, comme il le racoutc lui-même dans son dis • cours pro Plancio , singulièrement puni de son amour-propre. A son retour, en 74 , il rencontra à Puteoli un des principaux citoyens de Rome, avec lequel il avait été lié , et lui demanda ce que les Romains disaient et pensaient de ses actions, comme s'il eût rempli la république entière de l'éclat de ses services et du bruit de sa renommée. « Cicéron, lui répondit l'autre, où avez-vous donc été si longtemps? » fl nous apprend que celte aventure le découragea d'abord , et qu'il ne put envisager sans effroi ce vaste aMme de Rome où son nom s'était perdu. Dans la suite il se fit une sorte de raison, et mit quelque frein h cet amour de la célébrité : il vit bien qu'en travaillant pour la gloire il entrait dans une carrière sans bornes, qu'il est impossible de parcourir tout entière. Cependant, il ne se guérit jamais de cette passion; il fut trop sensible aux éloges, et souvent la vanité nuisit à ses plus sages conseils.
Appelé par son ambition à jouer un nMe politique , il voulut s'en rendre digne : quan<l un simple artisan, qui ne se sert que d'instruments inanimés, n'ignore le nom d'aucun, ni sa place, ni son usage, il lui sembla qu'il était honteux pour un homme d'État, dont les autres hommes sont comme les instruments dans ses fonctions publiques, de ne pas chercher à connaître ses concitoyens. Il s'accoutuma donc à rctejiir non- Muleroent leurs noms, mais la demeure des plus distingui^s, le lieu et l'étendue de leurs possessions, leurs amis, leurs voisins; et quelque endroit de l'Italie que Cicéron traversât, il pou- Tait nommer et montrer facilement les terres et les maisons de ses amis. Comme son revenu , quoique suffisant à sa dépense, était peu considérable, on s'éttmnait qu'il ne reçût aucun honoraire, aucun présent pour ses plaidoyers; on s^en étonna surtout quand il se chargea d'accuser Yerrès. Cet ancien préteur était poursuivi
par la province de Sicile, qu'il avait opprimée : Cicéron le força de s'exiler, non en plaidant contre lui, mais, pour ainsi dire, en ne plaidant pas. Les préteurs, qui favorisaient Verres, ayant rejeté la cause \)ar des délais sans fin jusqu'aux dernières audiences, comme il était manifeste qu'on ne pourrait, dans un temps si court, plaider l'affaire et la juger, Cicéron se leva, et, protestant que les plaidoiries étaient inutiles, fit entendre les témoins , prit les conclusions , et engagea le tribunal à prononcer (1).
Verres ayant été condamné, Cicéron, qui n'avait fixé l'amende qu'à sept cent cinquante mille sesterces , fut accusé de s'être laissé corrompre pour demander si peu ; mais la reconnaissance des Siciliens réfuta cette calonmie. Pour les jeux de son édilité (2), ils lui amenèrent beaucoup d'animaux de leur Uc, et lui firent do nombreux présents. U ne profita imint de leur bonne volonté pour s'enricliir, et ne s'en servit que pour faire baisser le prix des vivres.
Sa propriété la plus considérable était celle d'Arpinum ; celle des environs de Naples et sa terre de Pompéi avaient moins de valeur. Il faut y joindre la dot de sa femme Tercntia, qui était de cent vingt mille sesterces , et un héritage de quatre-vingt-dix mille deniers. Avec ce revenu, il mena une vie honnête et sage, ayant toujours près de lui des savants, ou grecs, ou romains. Rarement il se mit à table avant le coucher du soleil , moins à cause de ses sccupations que pour ménager son estomac, qui ne lui permettait pas de manger plus tAt. Exact et minutieux dans tout ce qui regardait le soin du corps, il allait même jusqu'à régler le nombre de ses fïictions et de ses promenades; en soignant ainsi son tempérament, il prévint les maladies, et devint capable do suffire à tant de travaux et de fatigues. 11 céda la maison patemelhî h son frère, et alla demeurer sur le mont Palatin, pour être plus à portée de ses clients ; car tous les matins il n'y avait pas moins de foule à sa porte qu'à celle du riche Crassus on à celle du grand Pompée, deux homiacs qu'on admirait alors le pUis, et qui étaient les plus puissants des
(t) On a conservé cependant plusieurs de «es bons mot« dana cette cause. Kn UUn, verres signlfle verrat. L'affrancLt Cedllu.% soupçonne de Judaïsme, voulant accuser Verres a ^'exclusion des Siciliens : n Qu'y a-t-U a démôler, dtt Ctcéron, entre un verrat rt un Juif?» Verres avait un ib adolescent . qui passait pour se déshonorer par des infamies. Comme le père accusait Cicéron de mollesse : " VoUA, riipondit-U . ce qu'il faut dire à liuls clos h ses enfants. » L'orateur llortenslus. qui n'avait pas osé prendre dans les (ormes la défense de Vrrréf, voalnt bien se trouver .1 farbitratlun de la peine, et reçut nn sphinx d'ivoire pnur récompense. Cicrron lui adressa quelques reproches riétiiiirnL^..a Je n'entends pas les éniinuefl, » dit ifortensins. n Cependant, repartit Cicéron. vous avez chez vous le sphinx, m
(t) La principale affaire de Circron pendant son édilité fat la célébration des Floratia, des Ubrralia et des Jeux romaim ( Ludi romani ) . en l'honneur des trois divinités da Capitole. Sans les présents des Siciliens, la fortune médiocre de Cicéron n'aurait pis suffi aux frais énonnci de ces fêtes.
GICÉRON
Koniaiiis. Poiapée lui-même recherchait ramitié (le Cicéron ^ dont la pulitiqae lui senit beaucoup à augnitfDter soo cn-ilit et sa gloire.
Lorsque Cicéron brigua la préture, quoiqu'il eiU un assez granil nombre de concurrents redoutables, il fut élu le premier de tous, et entra m fonctions au mois de janvier 66. 11 se distin^nia par son intégrité. On dit que Lidnius Macer, qui à son propre crédit joignait Tappui de Crassus, ayant été accusé de concussioa au tribunal de Cicéron, eut tant de confiance dans sa faveur et ses sollicitations, que, sans attendre que les juges eussent fini tl'aller aux vui\, il retourna chez lui, se lit couper les clieveux , se revêtit de la toge blanche comme s'il eiU gagné sa cause, et reprit le chemin du Forum. Au moment oii il sortait, il rencontre Oassus, apprend de lui que toutes les voix Tout condamné, rentre, se couche, et meurt (I).
Il ne tlevaît plus exercer sa charge que deux ou trois jours , lorsqu'on traîna devant lui Manilius, accusé de |)cculat. Ce Manilius avait la faveur et la protection du peuple , qui le croyait perstVuté à cause de Pompée, dont il était Tami. Comme il demandait du temps pour répondre, Cicéron ne lui acrx>rda que le lendemain. Le peuple s'en irrita, l'usage des préteurs étant d'accorder au moins dix jours aux accusés. Cité devant le p4.*uple, interpellé, sommé par les tribuns, Cicéron prend la |)arole : « Romains, ditil , moi qui ai toujours traité les accusés avec la douceur «'t Thumanité que lt*s lois pvniiettent, je serais couitable si je me conduisais autrement avec. Manilius. C'est à dessein que je lui ai aci'onlé |)our tenue le seul jour de ma preture df)nt je.pusse encore dis|H)ser : si j'avais renvoyé le ju<;«>ment à un autre préteur, m'auricz-vous rni l'ami de .Manilius? >• A ces mots, il st* fait un iiuTvoillcux changement dans le |>eiii>le; on l'ap- [ilaudit, on le prie de défendre lui-même l'acrus»'. 11 s'en charge avec plaisir, surtout à cause de Pompée absent, et n-prenant toute raHaire, il s'élève vivement «tons son discours contrit les partisans de l'oligarchie et les envieux de Pompée.
Cependant, il nt> fut pas moins porté au consulat par les patrici«*ns qup par le peuple, (|ui se réunirent pour sauver VËtat à l'ocxuision de la I onjuratitm de Catiliua ( voyez C\tilis.\ ).
Cicéron, à l'exclusion de Catilina, fut élu avec C. Antonius. Il était pourtant le seul des caudidats ilonl lo |>én» ne frtt |wis sénateur, mais simfileciievaliiM'. lies projets df Catilina étaient enftore ignorés du i»euple ; mais Cicércm , à p^'ine entré en fonrti<ms en f»3, eut à soutenir de grands comhats, prélude de ceux qui devaient suivre. D'un côté, les citoyens à qui les lois de Sy lia interdisaient les charges , et qui n'étaient ni peu pm&sants ni en i)elit nombre, se déclaraient candidats et flattaient le peuple : leurs accusations contre la ty-
(r Toaicn l'acipittaiit avec l»eaiicoDp 6'ezactktadr des devnln de h charge, Cicéron trouvait le temps d'aller entendre le« leçons de rhétorique d'Antonlns Gnipbun.
ranniede Sylla étaient presque tontet imieiil justes ; mais ce n'était ni le temps ni lYtccaiioa de changer les lois en vigueur. D'un antre oûlé, la tribuns propi>»aient aussi de funestes iBHontiens; ils voulaient faire nommer dix magMnti absolus, qui, maîtres de toute lltalie, de tinle la S) rie, de toutes les nouvelles conquêtes de Pom|iée, auraient le droit de Tendre les pr»priétéspubliciues, de juger ceux qu'ils vondraM, de confiainner à l'exil, d'étabUr des colonies, de puiser dans le trésor, d'entretenir et de léier des troupes à volonté. Aussi la loi était-eUe appuyée par les hommes du premier rang, et mttout {lar le collègue de Cicéron, Antonins, qà avait l'espérance d'être un île ces décetnvin. Qi croyait même qu'il avait connaissance des \^ séditieux de Catilina , mais sans en être fâche , a cause de ses nombreuses dettes : c'était un nouveau sujet de crainte pour les bons citoyens. Cicéron , voulant d'abord prévenir ce danj^, fit dccemer à son collègue le gouvernement de b Macédoine, et refusa lui-même celui de la GsuIcl Après l'avoir gagné par ce moyen, il attaqm les factieux avec plus de confiance; fl combattit dans le sénat la nouvelle loi, et son étoquena fra|ipa tellement les tribuns eux-mèiiies, ipife n'osèrent lui répondre. Mais ils retinrent à la charge; et s'étant rendus maîtres de Tesprit da peuple, ils appelèrent les consuls à la tribuM publique. Cicéron ne s'en effraya point ; il o^ donna au sénat de le suivre , iianit à la trihUK, et non-seulement il lit rejeter la loi, mais il uNh gea les tribuns «l'abandonniir leur» autres desseins : tant son éloqueuco les avait sutijugués!
Frap|»éâ d'abord d etonnement iA de crainte, les complices de Catilina reprirent liienti'it awrage, et convinrent de la nécessité d*une prumiPte exécution avant le retour de Pompée , qui ramenait, disait-on, ses troupes en Italie. Mail l'hupatience du chef de la coi^uration était surtout excitée par les vieux soldats de Sylla, duil toute ritalie était couverte, et qui avaieiil fondé leurs colonies les plus formidables da» les villes d'Étrurie. Déjà ils no rêvaient que If pillage de la république, abandonnée une seeaadi fois à leur avidité. Dirigés par Mallius, un dci généraux qui avaient condKitiu avec gloire mis le dictateur, ils s'étaient joints à Catilina, et plasieurs se trouvaient à Home pour l'aider de Iran brigues ; car il demandait de nouveau le ooBSih lat , bii'n résolu de taire iioignanler Cioéran daw le tumulte des couiices. Les indices de la coo^ ration étaient nombreux, mais ne suûisaâeot |ia« IHHir faire condamner un citoyen noble et paissant comme Catilina. Cicéron diflera door k jour des comices; et, au milieu du sénat ai semblé par son ordre, il interrogea le chef des coi^urés sur ce qui se disait contre lui. Catilina, fiersuadé rpi'un grand nombre de sénateofs 'Irsiraient une révolution , et avertissant ses cnn plices, fit à Cicéron cette réponse detoureee : «« Quel est mon crime , si de deux corps, doit
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ec une tète , est fiable et languiuaiit , et Btre est grand et fort, mais n'a point de [»rend8 celui-ci pour lui en donner une? »
A, qui désignaient le sénat et le peuple, rent encore plus Cicéron : le jour des , il uiit une cuirasse , et les premiers ciavec une partie de la jeunesse , le cont de sa maison au Champ de Mars. Il eut itr'ouTrir un peu le haut de sa robe pour oir sa cuirasse. Le peuple rejeta encore Catilina; Silanus et Murena furent élus.
»np6 après, comme les soldats d'Étrurie, i Catilina , se rassemblaient de toutes que le jour fixé pour l'exécution du cornait pas loin, vers le milieu de la nuit, les iges les plus illustres et tes plus puis- Rome, M. Crassus, M. Marcellus et Scitellus , vinrent à la maison de Cicéron.
motif (]tii les amenait : on avait remis à , après le souper, des lettres apportées nconnu ; il y en avait pour diiïéreutes îs, et une pour Crassus; il l'ouvrit; elle nyme. On lui écrivait que bientôt Catilina ire un grand carnage dans Rome, et on aillait d'en sortir. 11 n'ouvrit point les niais sur-le-champ il vint trouver Cioélartic à cause de l'effroi que lui inspirait rible nouvelle , en partie pour se laver Kuius que pouvaient attirer sur lui ses avec le coupable. Cicéron, d'après une prise en commun, assembla le sénat dès , rendit les lettres à ceux, à qui elles dressées, et les leur fit lire à haute voix.
MMiçaient toutes une conjuration. Quand,
de cette nouvelle, Q. Arrius, ancien i»t annoncé les rassemblements de l'Éuand on eut appris que Mallius, errant
aniiée nombreuse autour des villes de itréo, attendait incessamment quelque »n dans Rome , le sénat décréta que les chargés seuls désyfroais de la conduite res , eussent à prendre toutes les me- 'ils jugeraient convenables pour sauver ique : sénatus-coosulte auquel on n'avait «ours que dans les grands dangero de icéron , investi de cette puissance absofia les affaires du dehors à Q. MeteUus,
sur celles de la ville ; tous les jours il rait dans Rome, escorté d'un si grand de citoyens, que le Forum était presque e la fouie qui suivait ses pas dès qu'il e chez lui. Catilina vK alors qu'il ne [)lus différer. Se disposant à partir pour de Mallius , il onlonna à Mardus et à i do 8ti présenter le matin, avec des ichées , à la porte de Cicéron , d'entrer «mr le saluer, et de le percer de coups, me patricienne, nommée Fulvie, déx>ttt à Cicéron; elle vint l'avertir la nuit Ire garde à Cetehgus. Celui-ci parut au i jour avec son complice : on les ementrer, et leur présence confirma tous
les soupçons. Le consul assemble le sénat dans le temple de Jupiter âtator, à l'entrée de la rue Sacrée, sur le penchant du mont Palatin.
Catilina s'y présente avec les autres sénateurs, comme pour se justifier; mais personne ne veut s'asseoir auprès de lui : on s'éloigne du banc où il s'est placé. Il parle; on l'interrompt par de longs murmures. Cicéron se lève enfin, et Ini ordonne de quitter la ville. « Je ne me sers, dit-if, que de la parole pour défendre la patrie; toi, tu as des armes pour l'attaquer : qu'un roor s'élève entre nous deux ! » A l'instant môme , Catilina sortit de Rome avec trois cents satellites en faisant porter devant lui les faisceaux et déployer les enseignes romaines, comme s'il eût été consul. La guerre était déclarée; Antonius fut envoyé contre l'ennemi. Cornélius Lentulus rassembla et encouragea ceux des conjurés qui étaient restés à Rome. Ce Lentulus, surnommé Sura, homme d'une naissance illustre, mais d'une vie méprisable, était en ce moment prétour une seconde fois , comme c'est l'usage de ceux qui veulent recouvrer la dignité sénatoriale ( Voy, Lentulos). Il se proposa d'assassiner tous les sénateurs et le plus de citoyens qu'il pourrait, de mettre le feu à la ville, et de n'épargner que les fils de Pompée. L'mtention des co^jui^ était de les gara der comme otages pour faciliter leur accord avec Pompée, qui, suivant un bruit dont personne ne doutait plus , revenait de sa grande e\pérlition. On fixa pour l'accomplissemeut do w projet une nuit des Saturnales. Dus épées, des étoupes, du soufre, furent portés dans la maison de Cethegus. On assigna k cent hommes choisis par le sort différentes parties de Rome, i)our qu'ils y missent le feu séparément, et que toute la ville en un seul instant devint la proie des flammes. D'autres , postés autour des aqueducs et des fontaines, devaient tuer tous ceux qui viendraient y puiser.
U se trouvait à Rome en ce moment deux ambassadeurs des Allobroges , nation qui était alors très-malheureuse et ne portait le joug qu'avec impatience. Lentulus et ses complices, jugeant qu'ils pouvaient s'en servir pour agiter et soulever la Gaule , les attirèrent dans la conjuration. Ils leur donnèrent des lettres pour leur sénat, et d'autres pour Catilina lui-même : les premières promettaient aux Gaulois la lil)crté ; par les secondes, ils pressaient Catilina d'afTrancliir ies^sclavcs et de marcher droit sur Rome, lis envoyèrent avec eux à Catilina un certain Titus de Crotone, chargé de hii porter ces lettres. Mais tandis que leur légèreté et leur extravagance , an milieu du vin et des femmes, méditaient ces attentats , la sagesse infatigable, la vertu, le génie de Cicéron, veillaient pour le salut de Rome : instruit par de nombreux émissaires de tout œ qui se faisait au dehors, et s'mformant lui-même des moindres détails dans des entretiens secrets avec des gens de confiance qui passaient iXNir
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être da complot, il ne tarda pas à eonnattre les propositions faites aux étraii($ers, disposa une embuscade noctome, et s*empara du Croloniate et de ses lettres, aidé même secrètement par les députés des Allobroges.
Au point du jour il assembla le sénat dans le temple de la Concorde, fit lecture des lettres, et iliterrogea les témoins. Plu«eurs personnes , an rapport de Junius Silanus, avaient entendu dire à Cethegus que trois consuls et quatre préteurs seraient bîentM assassinés. Un consulaire , Pison , fit des dépositions semblables. C. Sulpidus , un des préteurs , envoyé dans la maison de Cethegus, y trouva un amas de traits, d'armes, et surtout d'épées et de poignards nouvellement aiguisés. Enfin, un sénatus- consulte ayant garanti au Crotoniate son pardon s'il découvrait tout, Lentuhis, convaincu, se démit de la préture, quitta en plein sénat la toge bordée de ponr|»re, et prit des vêtements confi^rmes à sou malbeur. On le livra , lui et ses complices , à quelques-uns des premiers (Stoyens de Rome, pour les garder dans leurs maisons. 11 était déjà tard, et le peuple attendait en foule, quand Oicéron sortit du sénat, et apprit aux tiabilants de Rome ce qui s'était passé. Reconduit par le peuple, il entra dans la maison d'un ami , voisine de la sienne , parce que les femmes célébraient alors chez lui les mystères de la Bonne Déesse. Cicérun, retiré avec peu de monde chez cet ami, réfléchit sur la conduite qu'il devait tenir envers les coupables. Pendant qu'il flottait dans cette incertitude, les femmes qui sacrifiaient chez lui furent témoins d'ime espèce de prodige : le feu de l'autel semblait éteint depuis longtemps, lorsque du milieu des cendres et des écorces brûlées s'éleva tout à coup une flamme vive et brillante. L'assemblée fut saisie d'effroi ; mais les vierges sacrées ordonnèrent à Terentia, femme de Cicéron, d'aller à l'instant même trouver son mari , et de l'engager à exécuter pour le bien de l'État ce qu'il avait résolu, la déesse ayant fait éclater cette lumière pour annoncer au consul son triomphe et sa gloire. Terentia alla sur-le-cliamp lui faire ce rapport et l'animer contre les coupables. Elle fut secondée par Quintus, frère de Cicéron, et par un ami que lui avait donné l'étude delà philosophie, P. Nigidius, qu'il consultait d'ordinaire dans les grandes circonstances politiques. Le lendemain, comme on délibérait dans le sénat sur le châtiment des conjurés ,.Silanus, qui opina le premier, fut d'avis de les mener en prison, et de les y punir du dernier supplice. Tous ceux qui opinèrent ensuite furent du même sentiment jusqu'à C(^sar, dont le discours adroit, rappelant aux sénateurs les lois protectrices de la vie des citoyens, les effrayant sur l'exemple qu'ils allaient donner, ramena beaucoup de sénateurs à son opinion, les uns par scrupule, les autres par faiblesse, d'autres par intérêt pour le consul, qu'on allait cliarger dkme terrible responsabilité. Cicéron prit alors la parole, et déclara qu'il ne fallait consulter
que llntMt publie, et qall était préparé à lod. Catnlns et Caton, qui votèrent après loi, aGiieiè> rent de décider la condamnatkm. Cicéron b fitci^ Guter sur-le-champ, dans la prison même, cl 4bpersa les groupes rassembléffprès de la priMip« ceseul mot, qid lesgbçadeteiteQr : « Us ont féÔ!*
n était déjà tard lorsque Cicéron trrrcnab Forum pour lemontercheiluiyDonphisa pagné par les citoyens en ordre d en mais salué, en quelque liea qu'il pnsrtt, pvhi dis et les applaudiûemtnts de la fonle, qà k surnommait le sauveur et le fondalear de Robc. Tontes les rues étaient illuminées; cliaeim atal mis à sa porte des lampes et des flambeaux. Ln femmes mêmes éclairaient da hant des UA, pour lui faire honneur et pour contempler a grand homme, reconduit majestueusement p« les premiers citoyens.
Cicéron, malgré de si grands serrioes, aU être en botte ani calomnies et aux persécutidas: à la tête de ses ennemis se troovaient des mgistrats désignés. César pour la préture» Berii et Metellus pour le tribunat. Comme ils ébâeà entrés en exercice peu de jours avant la fin de im consulat, ils ne vcÂilurent point qu'en sortankde charge il parlât au peuple, et firent placer less bancs sur la tribune pour l'empèclier d*y monter ; ils ne lui permirent enfin d'y paraître qA condition qu'il prononcerait en peu de mois le serment d'usage (1), et qu'il descôidraît anisiW Il parut donc à li^tribune; mais quand tout te monde lui eut prêté une oreille attentÎTe, fl pm* nonça, non le sennent ordinaire, mais un so^ ment nouveau et fait pour lui seul; il jura fil! avait sauvé la patrie et mahitenu le goavcn&ment de Rome. Tout le peuple jnm qu'A ani dit la vérité. César et les tribuns , encore jim irrités de ce triomphe, chercherait d'aalicf armes contre Cicéron : ils crurent détruire a puissance en proposant par une loi de rappeler Pompée avec son année. Ce fut un grand boaheur pour Cicéron et pour tout l'empire que Giton fût alors tribim du peuple : au dîroit d'opposition, qui le rendait leur égal , fl j<HgDait, potf les combattre, la supériorité de sa ^re. Noi content de rompre toutes leurs mesures, il éten si haut , dans ses discours au peuple, le oomtlat de Cicéron , qu'il lui fit décerner les piM grands honneurs qu'on eût jamais rend» à m citoyen, et le beau surnom de Père de ia patrie; car il parait qu'il est le premier qui ait reçu ce titre, et ce fut Caton qui le lui confirma devnd tout le peuple romain.
Le crédit de Cicéron fut alors très-poismrt dans Rome ; mais faientAt il s'attira lui-même use foule d'ennemis. Ce n'est pas qu'on lui rpprocUt aucune injustice; on était seulement fatigué des
(1) Qaiod les consuls entraient en ckanre, Utjankat. entre les mains du consul qnl les avait prodanés, qalk seraient fidèles à observer les lois ; et lorsqu'ils en sor» latent. Us Juraient de nouveau, en prèscoce da peafk* qallt avalent rempli leur premier aermeot.
exoessiTes qn'il se donnait sans cesse :
Forarn, au sénat, devant les tribunaux , entendre répéter tous lesjours les noms na, de Lentulus; il remplissait même ropres éloges tous ses lîTres, tous ses ion éloquence, si gracieuse et si aimait alors par déplaire; c'était comme lité qui s'attachait à lui. Cependant,
fût si peu maître de sa vanité, il était d*étre envieux, et il louait sans réserve smporains comme ses devanciers : on juger par ses ouvrages. Pour ne citer âoges qu'il donnait aux Grecs, il disait e que c'est un fleuve qui roule des flots des dialogues de Platon , que si Jupiter 1 parlait comme lui. H avait coutume ' Théophraste ses délices. Quant à Déi, comme on lui demandait lequel des de cet orateur il trouvait le plus beau, it : « Le plus long. » Cenx qui , par un é pour Démosthène, ne pardonnent pas 1 d'avoir dit dans une lettre à un de ses B Démosthène sommeille quelquefois, sans doute les éloges pompeux qu'il irtout à ce grand homme; ils oublient i de ses discours auxquels il attachait le prix , ses yivectives contre Antoine, de lui le titre de Philippiques.
imeur satirique lui fit pôrdre beaucoup )^à sourdement attaqué par César, qui Pompée contre lui], il se brouilla en 61 ilus turbulent des agitateurs populaires , ;iodius Pulcher (voy. Clodios). Celui-d, A en 59, accusa Cicéron d'avoii lait périr
et Cethcgus sans jugement Menacé ieuse condamnation, Cicéron prit l'habit
laissa croître ses cheveux et sa barbe, ins les rues de Rome supplier le peuple, chemin se trouvait partout Clodins, end'une foule de vils mercenaires, qui lui nt les plus grossiers outrages sur sa noniste parure, et qui souvent même jetaient le et des pierres à Cicéron suppliant lant presque tout l'ordre des chevaliers ord comme lui l'habit de deuil, et vingt nés gens le suivaient , dans le même apriant et intercédant pour lui. Bientôt le ssembla; on y proposa de faire prendre n peuple comme dans une calamité pues consuls s'opposèrent à ce décret ; Cloriller les glaives autour du lieu d'assemla plupart des sénateurs s'enfuirent en t leur toge, en poussant des cris de douis comme ni la pitié ni la honte ne pouen sur les satellites de Clodins, comme s'exiler ou combattre, Cicéron implora *8 de Pompée , qui s'était retiré exprès naison d'Albe : il commença par lui en- 1 gendre Pison , ensuite il vint lui-même, , averti de son arrivée , n'eut point la l'attendre : obligé de sacrifier à César, -père, les senthnents d'une ancienne re-
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connaissance , il évita , en sortant par une porte dérobée, la rencontre de Cicéron.
Trahi, délaissé par tout le monde, Cicéron fit auprès des consuls un dernier efibrt. Gabinius fut inflexible. Pison, moins cruel, le pria de s'éloigner, de céder à ce torrent soulevé par Clodins, de supporter avec courage ces vicissitudes politiques, et de «iHiver une seconde fois la patrie, que sa résistance exposerait à tous les maux de la guerre civile. Alors Cicéron tint conseil avec ses amis. Lucullus voulait qu'il restât , et lui promettait la victoire; d'autres l'engagèrent à partir, en lui disant qu'il ne tarderait pas à être rappdé par le peuple , fatigué bientôt des excès et du délire de Clodius. Cet avis fût le sien. U porta au Capitole une statue de Minerve, qu'il honorait depuis longtemps chez lui d'un culte particulier, et la consacra dans le temple avec cette inscription : A Minerve protectrice de Borne. U prit ensuite de ses amis des gens pour l'accompagner, sortit de la ville au commencement d'avril 58, vers le milieu de la nuit, et suivit par terre les côtes de Lucanie, dans l'intention de s'embarquer pour la Sicile. Lorsqu'on ne douta plus de son départ, Clodius lit porter contre lui et afficher dans Rome le plébiscite de son exil , l'interdiction de l'eau et du feu , et la défense de lui donner asile jusqu'à une distance de cinq cents milles de lltalie (1 ). Le respect qu'on avait pour Cicéron fit partout mépriser cet ordre; on lui montrait l'affection la plus vive, et on l'escortait d'une ville à l'autre. Seulement à Hipponium, ville de Lucanie, appelée par les Romains Vibo, un homme à qui Cicéron avait rendu de grands services, et qu'il avait fait nommer pendant son consulat intendant des ouvriers, le Sicilien Yibius, pour ne point le recevoir chez loi dans la ville même , loi annonça qu'il mettait à sa disposition sa malson de campagne. Le préteur de Sicile, C. Virgilius, qui devait beaucoup à Cicéron , lui écrivit de ne point débarquer dans sa province. Indigné de cette ingratitude, il continua sa route par terre jusqu'à Brindes. De là il passa à Dyrrhachium. En vain on s'empressait autour de lui, et les «Des grecques lui rendaient à l'envi les plus grands honneurs ; triste, abattu , il tournait sans cesse les yeux vers lltalie, comme un amant malheureux , et ce revers de fortune le réduisait à un état de découragement et de faiblesse vraiment incroyable dans un génie formé par les plus hautes leçons. Cependant il avait souvent prié ses amis de ne point l'appeler orateur, mais philosophe, parce qn'il avait
(I) DtonCassIof.qQl a compté p«r stades, eo met SJIO; ce qnl à lis pas le stade, ne fait pas toot à fait Ies800,ooo pas de Plotarqoe. Mats il y a entre ces deai auteurs une dlfférenee bien pins essentielle. Plntarque porte la Umita do bannissement de Océron A MO.ooo pas de l'Itall^ et Dion à 8.710 stades de Rome seulement ; de sorte qne selon lui aeéron anratt po se retirer snr les firootièret de Htalle. Mats U y a ploslenra pasMgesde Clcdron qnl ne lataoeot aacnn Iko de doater qoe Dion ne te soit trompé.