‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 70 sur 118 · CICÉRON · texte numérisé non relu

CICÉRON

fait des études philosophiques l'œuvre de sa Tie, tandis que Tart oratoire n'a?ait été pour lui qu'un instrument de politique et d'ambition. Mais Topinion n'a que trop de force pour eflacerde l'âme des hommes d'État l'empreinte, souvent trop légère, de la raison , et pour y imprimer les passions du commun des hommes.

Clodius, non content d'avoir fait bannir Cîcéron, brûla ses maisons de cam|)agne, brûla aussi celle de la ville, et sur l'emplacement éleva un temple à la Liberté. Il mit ses biens à l'enchère, et les fit proposer tous les jours par le crieur, sans que personne se présentftt.'pour les acheter. Devenu redoutable aux chefs de l'aristocratie, fort de l'insolence et de l'audace du peuple, il menaça Pompée , et se mit à décrier les actes de son pouvoir militaire. Pompée , qui voyait tomber son crédit , se blâma lui-même d'avoir abandonné €icéron ; et dans son repentir, il ne négligea rien , avec l'aide de ses amis , pour le faire rappeler. Clodius s'y opposa vivement; et les premières tentatives faites en faveur de Cicéron au mois de juin 58 restèrent sans résultat. Mais en 57 les nouveaux consuls et la majorité du nouveau collège des tribuns, parmi lesquels on distinguait Milon , se déclarèrent hautement pour l'exilé; Pompée les encouragea; le sénat déclara qu'il n'examinerait aucune affaire, qu'il n'exercerait aucun acte de gouvernement avant le rappel de Cicéron, et il invita tous les citoyens romains dispersés en Italie à venir concourir h cette juste réparation envers le consul qui avait sauvé Rome et l'Italie. Le 4 août 57 le décret de rappel fut soumis aux comices par centuries, et passa à une immense majorité.

Cicéron fut rappelé seize mois après son dé- |)art. Une telle ivresse r<^a dans toutes les villes , les peuples mirent un tel empressement à voler sur son passage, que Cicéron, en disant plus tard qt^il était rentré dans Rome porté comme dans les bras de toute r Italie, resta encore au-dessous de la véiité. Crassus luimême, jusque là son ennemi, vint au-<1evant de lui comme les autres , et se montra jaloux de son amitié, entraîné, disait-il, par l'exemple de son fils Publius, grand admirateur de Cicéron. A peine Cicéron fut-il de retour, le 4 septembre, que, profitant de l'absence de Clodius, il monta au Capitole avec plusieurs de. ses amis, enleva les tables tribunitiennesoù étaient inscrits les actifs de son persécuteur, et les brisa. Clodius lui reprochait cette violence. » Tu n'étais pas tribun, rt^pondit-il , puisque tu es né patricien ; et aucun des actes de ton tribunat n'est légitime. » Caton ne put entendre ce langage sans mécontentement, non qu'il approuvât Clodius et sa conduite politique ; mais il disait qu'il y aurait de l'ii^ustice et de la tyrannie au sénat de casser tous les actes de cette magistrature, parmi lesquels se trouvait le plébiscite qui l'avait envoyé en Cypre et à Byzance. Depuis ce temps il y eut entre Cicéron et Caton une certaine firoideor, qui, sans

aller jusqu'à une rupture ouverte, nuisit à leur bienveillance mutuelle. Deux discours pronoaoéi dans le sénat et dans l'assemblée du people exprimèrent la reconnaissance triomphante de 1*8histre exilé; un troisième discours fit déclarer nulle par les pontifes la consécration dn tenatai où sa maison avait été construite. Nous avons encore ces trois discours, dont ranthentldté a été contestée sur d'assez faibles motifs par des critiques anglais et allemands ; il en est de même du discours sur tes réponses des anisploes qd appartient à l'année suivante.

Cependant Clodius s'opposa par la force ai rétablissement de la maison de son ennemi. Mi- Ion, en citant le turbulent démagogue devant les tribunaux, le combattit en même temps à naia armée , et Rome devint un champ de bataille.

Cet état de crise dura près de cinq ans, pendant lesquels Cicéron reprit le cours de ses travaux. A cette époque appartiennent les plaidoyers pour Sextius, pour Balbus, pour Plandos, pourCœlius, pour Rabirius, les invectives contre Vatlnius et Pison, le discours sur les provinces consulaires , beaucoup d'autres encore dont nous n'avons que les titres et quelques ftngments, par exemple, la défense de Vatinius et ceDe de Gabinius, entreprises à la demande de Pompée, qne Cicéron sentait le besoin de ménager; la déftnse de Scaurus, dont il fut chargé, lui sixième, seloD Fusage alors admis de partager ainsi les plaidoyers. Il faut citer encore parmi les travaux de ces dnq années les trois dialogues de Vùrateur, le traité de la République^ et peut-être qudqnes autres ouvrages dont la date ou l'authenticité sont douteuses. Ces travaux littéraires ftirent à pea près les seuls événements de sa vie de 57 à 53. n faut indiquer cei)endant la mort du premier mari de sa fille Tullie, l'année du retour de Cicéron , et le mariage de Tullie avec Furius Crassipès l'année suivante, enfin, la nomination de Cicéron à la dignité d'augure, après la mort ds jeune Crassus dans l'expédition contre les Parthes.

La lutte entre Clodius et Milon avait fini pv dégénérer en une véritable guerre civile : leaénil, pour mettre un terme à ces désordres, avsft nommé Pompée consul unique, lorsque, daai | une rencontre qui eut lieu à qndqnes milles dB Rome, C1o<1ius fut tué {mr les ^ens deMflon, é l'on peut ajouter, par ses ordres. Accusé de ce meurtre, il fut défendu iiar Cicéron. Le sénat, craignant que le procès d'un homme de ce rang et de ce courage n'excitât quelquetronUedans Rome, chargea Pompée de présider à ce jugement et à tous les autres, et de rassurer par ses préeautioos la ville et les tribunaux. Pompée, avant le jour, investit le Forum d'une longue file de soldats. M^ Ion craignit que Cicéron, troublé par ce qieetacle inaccoutumé, ne plaidât moins Men sa cause, et lui persuada de se faire porter en litière sur le Forum, pour y attendre, pendant une parfis de la nuit, que les juges s'assemUassent et que le tribunal fût rempli. Le spectadc qui firappa ses

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yeox aa sortir de sa litière. Pompée assis vers Ib haiit da Forum , cet aspect d'un camp , ces armes qui resplendissaient de toutes parts autour de lui y le troublèrent tellement qu'il osa à peine commencer son discours, le corps tremblant, la Toix affaiblie, tandis que llfilon assistait au jugement atec assurance et fermeté;, sans avoir daigné même laisser croître ses cheveux et revêtir Thabit de deuil, ce qui sans doute ne contribua pas peu à le bire condamner. Pour Cieéffon , cette terreur lui venait moins de quelque ftililesse d'&me que du vif intérêt qu'il prenaKà ses amis.

Vers la fin de 52, lorsque la présence de Gicéron à Rome devenait indispensable pour prévenir une rupture entre César et Pompée , il eut une province à gouverner. Le sort lui donna la Cilicte , avec une armée de douze mille hommes de pied et de deux mille six cents chevaux. Il partit avec l'ordre de remettre la Cappadoce soos l'obéissance de son roi Ariobarzane; et il s'acquitta de cette commission, même sans prendre les armes, avec autant de désintéressonent que de sagesse depuis la défaite des Romains chei les Parthes et les mouvements de la Syrie. Les peuples de la Cilicie commençaient à 8*ag;iter : il les calma par un gouvernement doux et tutélaire. Il ne recevait aucun présent, pas même des rois; et sans vouloir que les habitants lissent de frais pour la maison du proconsul , il avait tous les jours à sa table les plus distingués d'entre eux , et les traitait avec dignité plutôt qu'avec magnificence. Aucun esclave ne défendait sa porte; dès le matin (car personne ne le voyait couché ) , se tenant debout, ou se promenant devant sa demeure, il accueillait ceux qui venaient le sahier. Jamais, dit-on, il ne condamna personne à être frappé de verges ou à avoir les vêtements déchirés; jamais il ninsulta personne, et quand il condamnait à l'amende, c'était sans outrage. Il avait trouvé plusieurs domaines publics usurpés par des particuliers : il les fit rendre aux villes , qu'il enrichit par ce moyen , et conserva l'honneur aux osurpateurs, sans les soumettre à d'autre peine I qu'à cette restitution . U fit aussi la guerre, et mit en ftiite les brigands du mont Amanus ; ses soldats lui donnèrent même le titre dHmperator. Il qdtta la Cilicie à la fin de juillet 50. En revenant ii s'arrêta quelque temps à Rhodes , et ensuite A Athènes, où il fut retenu par le souvenir des études qu'Dy avait Sûtes autrefois. 11 y fïiéquenta les hommes les plus célèbres par leur savon*, revit avec plaisir ses anciens amis, et après avoir reçu de la Grèce nn juste tribut d'admiration , il partit pour Rome, o6 il tomba, pour ainsi dire, au milieu des flammes de la guerre civile, car l'inoendie qui couvait depuis longtemps allait éclater. Le sénat voulait lui décerner le triomphe; mais il dit quil suivrait plus volontiers la pompe triomphale de César, pourvu.qae la paix fût assurée entre les citoyens, n tnivdila de son cAlë à

une réconciliation : il écrivait à César, il suppliait Pompée, il dierchait à les calAier tous deux. La guerre était inévitable : César envahit l'Italie; Pompée quitta Rome avec un grand nombre de personnages illustres; Cicéron no le suivit pas, et l'on crut qu'il s'attachait à César. La correspondance presque quotidienne qu'il entretint avec Atticus depuis le milieu de décembre 50 jusqu'à la fin de juin 49, est un fidèle témoignage de ses incertitudes et de ses fluctuatiotts pendant les six mois qui précédèrent la guerre civile. « Quel parti dois-je prendre Ps'écriet-il : Pompée a pour lui la j ustice et l'honnêteté de sa cause; César, son génie, qui est une arme plus sûre pour lui-même et pour les siens. Je sais bien qui fuir, je ne sais qui préférer. » Trebatius, un des partisans de César, lui ayant écrit que César croyait qu'il devait se joindre à lui et participer à ses espérances , ou , si l'âge l'éloignait des affaires, se retirer en Grèce pour y rester neutre entre les deux partis, Cicéron, étonné que César ne lui écrivit pas lui-même , répondit avec mécontentement qu'il ne ferait rien d'indigne de sa vie politique. Mais dès que César se fut dirigé vers l'Espagne, Cicéron s'cmbarquaà Rrindes, le? juin 49, pour aller rejoindre Pompée. A peine arrivé, il laissa trop voir son repentir d'être venu : il ne cessait de rabaisser les préparatifs de Pompée, de blâmer ses plans, jusqu'à se rendre suspect, et de lancer en toute occasion des sarcasmes contre son parti. U n'était point gai cependant, et on le voyait se promener tout le jour dans le camp d'un air morne et soucieux ; mais il faisait rire par ses reparties ceux qui songeaient le moins à rire.

Pompée venait d'être vaincu le 9 août 48, à Pharsale, où Cicéron ne se trouva point, parce qu'H était malade : Caton, qui avaità Dyrrhachium une nombreuse armée et une flotteconsidérable, voulut qu'il prit le commandement, que lui donnait, d'après ki loi , son rang de consulaire. Cicéron refôsa; il déclara même que la guerre était finie pour lui. Le jeune Pompée et ses amis .raccusant de trahison , tirèrent leur épêe, et ils l'auraient tué, si Caton ne lui eût fait un rempart de son corps ; il eut beaucoup de peine à le sauver et à le fÛre sortir du camp. Arrivé à Brindes , vers la fin de novembre, Cicéron y attendit pendant dix mois César, occupé à soumettre l'Egypte et l'Asie. Quand il sut que O'sar.

était débarqué à Tarente, et qu'il continuait sa route par terre jusqu'à Brindes, il alla au-devant de lui. César, du plus loin qu'il le vit venir, descendit de cheval, le salua, et marcha plusieurs stades, s'entretenant seul avec lui. Depuis ce moment il ne cessa de le combler d'honneurs et d'amitiés. Cicéron même ayant écrit rÉloge<ie Caton, César, en y répondant, loua non-seulement l'éloquence, mais la vie de Cicéron, comme parfaitement sonblable à celle de Périciès et de Tliéramène. L'ouvrage de Cicéron était intitulé Caton, et celui de César, Anti-Caton. On raconte aussi

CIGÉRON

que Q. Lîgariiis étant accusé d'avoir fait la guerre contre César, et Cicéron s'étant chargé de le défendre, César dit à ses auiis : « Qu'est-ce qui nous eropéclie d'entendre Cicéron, que nous n'a- Tons pas entendu depuis si longtemps, lorsque I.igarius , reconnu pour un méctiant homme et pour notre ennemi, est déjà condamné? » Mais une fois que Cicéron eut commencé de parler, et que son discours, merveilleux instrument de persuasion , eut offert l'heureux mélange de la force et de la grâce, on dit que César, changeant plusieurs fois de visage, laissa voir les divers mouvements dont son âme était agitée, et qu'au moment surtout où l'orateur rappella les dangers de Pharsale, César, hors de luimême , tressaillit ; des papiers , qu'il tenait à la main, lui échappèrent; il s'étonna de pardonner ^ Ligarius.

La volonté d'un seul ayant succédé au gouvernement jusque alors établi, Cicéron, désormais étranger à la conduite des affaires, s'entretint de philosophie avec les jeunes gens qui venaient l'écouter ; et comme c'étaient les premiers et les plus nobles de Rome, il jouit de nouveau d'une grande autorité. Il passait presque tout soi^terops dans sa maison de Tusculum, d'où il écrivait à ses amis gu*tl vivait comme Laerte, soit pour plaisanter, selon sa coutume , soit que Tambition réveillât en lui le désir du pouvoir et le dégoût de sa fortune présente. Rarement il venait k la ville, et cela pour voir César; il était le premier de ceux qui lui décernaient de nouveaux honneurs et qui cherchaient de nouveaux éloges pour lui et pour ses actions. Ainsi, quand César fit rétablir les statues de Pompée , renversées et détruites pendant la guerre civile : « £n relevant, dit-il, les statues de Pompée, César affermit les siennes. » Il eut un instant l'intention d'écrire l'histoire ; mais il aima mieux commencer par donner à Rome une littérature philosophique. U avait déjà comme essayé le goût de son siècle en publiant deux traités politiques, celui de la République, où la société des Scipions disserte sur la meilleure forme de gouvernement , et cAmdes Lois^ où Cicéron lui-même, causant avec Atticus et Brutus , présente un vaste système de législation. Ensuite il prélude à ses ouvrages purement philosophiques par une apologie de la philosophie dans son Hortensius ; puis il expose le système .de l'Académie avant et après la réforme d'Antiochus, d'abord en deux livres, dans sa première édition des Académiques^ puis en quatre, dans la seconde, dédiée à Varron, tonjoars analysant des ouvrages grecs , souvent même les traduisant et appliquant tous ses soms à former une langue philosophique qui pût rivaliser avec celle de ses maîtres (i). Pnh il écniuniraitédes Jiiens et des MauXf où, par la bouche de trois iUus-

(1) On ««rare, dit Plalarqae, que c'est loi qui le premier fexprHna en laUn l'objet, l'atsenUmentt Vépoqw, la catafêptie, les atomes, le iimple, le vide, et d'autres Idées de ce genre.

très victimes de la dernière guerre, Torqualu, Caton et Pison, avec lesquels fl discute Immême , il développe le principe moral des ÉpicBriens, probablement d'après Zénoa, odm des Stoïciens d'après Chrysippe, et celai de TAcadéroie d'après Antiochus. Dans les Tusculanes^ i développe lui-même, en présence d'un disdple qui se borne à lut donner la réplique , an cerbin nombre d'idées stoïciennes sur la mort , la douleur, le chagrin, les passions , et sur cette idée que la vertu suffit au bonheur. Après œs questions de morale générale, fl passe à la morale particulière dans le traité des Devoirs; den dialogues développent ses idées sur V Amitié et la Vieillesse. Dans ce dernier, dont oo ne saurait trop admirer la grâce, on peut Icd r^rocher d'avoir trop adouci la figure austère du vieux Caton. Il arrive ensuite à la philosophie rdigieuse : le traité de la Nature des dieux, dans une suite de dialogues entre l'épicurien Velleius, le stoïcien Balbus , et Cotta, partisan de la nouvelle Académie , expose et discute toutes les opinions des philosophes sur cette question. Les deux traités de la Divination et du Destin complètent l'ensemble des idées religieuses que Tauteiir voulait présenter à ses concitoyens. Dans le premier, il combat la réalité de l'art des dévias, après l'avoû* fait défendre par Quintus; dans le second, interrogé par Hirtius, son élève, il présente une suite d'arguments assez serrés contre l'hypothèse stoïcienne de la fatalité. Nous n'avons plus les traités de la Gloire eidela Vertu^ ces deux divinités de Cicéron et de Bnitns. Le premier subsistait encore au temps de Pétrarque. Au milieu de ses grands travaux littéraires et philosophiques, Cicéron fut troublé par des chagrins domestiques, dont le plus cruel fut la moit de sa fille Tulhe, en 45. Pour adoucir sa doideur, il écrivit un de ces ouvrages appelés par les anciens Consolations y et prodigua les honoeors et jusqu'à Yapothéose à cette mémoire chérie. Trois ans auparavant il avait répudié sa femme Terentia, pour épouser la jeune Pablilia;41répu* dia cette dernière parce qu'elle parut se réjouir de la mort de TiUlie.

Cicéron n'eut point de part à la ooquralioii contre César, quoiqu'il fût intime ami de Bnitns» «t que, fiatiguédes troubles civfls, il regrettât pte que personne l'ancienne liberté. Mak ks eoBjurés craignirent et son caractère, naturelle^ ment peu hardi , et son âge , où Taiidace manque souvent aux plus fortes âmes. Quand Brutus et Cassius eurent exécuté leur dessein , et que les cris de vengeance des amis de César firent craindre que Rome ne retombât dans les guerres civiles, Antoine, alors consid, assembla le sénat, et dit quelques mots sor la concorde : Cicéron, dans im discours plus âendu et plus propre à la circonstance, persuada an sénat d'imiter les Athéniois, de décréter rom* nistie pour tout ce qui regardait César, et de distribuer des provinces à Bmtus et à CaMM.

OCEHON

Antoine akm leva la'tdte; redoutable pour tous Jes Romaliis, dont il ae croyait déjà le monarque, et terrible surtout pour Cicéron. indigné de voir la puissance de cet orateur renaître et se fortifier dans la république , inquiet de ses liaisons avec Brutus, il souffrait avec peine sa présence. Les craintes de Cicéron le portèrent d'abord à demander la lieutenance de Syrie sous Dolabella , et à s'embarquer aTec lui ; mais quand les consuls désignés , Hirtius et Pansa, bons citoyens et grands zélateurs de Cicéron, Teurent prié de ne point les abandonner, lui promettant, s'il restait, de renverser Antoine, alors, sans les croire entièrement ni désespérer tout à &it de l'avenir, il laissa partir Dolabella, et s'embarqua lui-même pour Athènes , en prenant avec Hirtius l'engagement de n'y passer que Tété , et de revenir pour le nouveau consulat. Le hasard voulut qu'il s'arrêtât pendant la traversée et reçut le 2 août 44 des nouvelles de Rome ; ces nouvelles disaient qu'il s'était fait dans Antoine un merveilleux changement, qu'il n'agissait, qu'A ne gouvernait que dé concert avec le sénat, et que les aflaires, pour prendre la direction la plus heureuse, ne demandaient que la présence de Cicéron. Il condamne alors sa craintive pré<^ voyance, et revient sur ses pas. H put d'abord croire qiiH avait eu raison d'espérer; car une immense foule vint à sa rencontre, et depuis les portes de la ville jusque chez lui une journée presque entière suÎBt à peine aux félicitations sur son retour (1). Le lendemain, Antoine ayant convoqué le sénat , et averti Cicéron de s'y trouver, cehd-d n'y vint pas, et se tint couché, prétextant une indisposition causée par la fatigue du voyage; mais il parait en réalité avoir craint quelque eiiibûche , ses soupçons ayant été fortifiés par les avis qu'il reçut en cheniin. Antoine, ollinsé du motif injurieux qu'on pouvait donner à cette absence, envoya des soldats avec Tordre . «le ramener par force ou de brûler sa maison. Toutefois, à la prière de plusieurs personnes, qui s'eBtreqôrent, il révoqua cet ordre, et se contenta des gages qu'il fit prendre sur les biens de CSieéroD. Depuis ce jour, ils s'observèrent en silenee et se tinrrat en garde l'un contre l'autre, ^ juaqu'an moment où le fils adoptif de César, à son anifée d*ApoUonie, se porta pour héritier de son pèie, et eut à réclamer d'Antoine les sommes immenses qu'il retenait de la succession de César. A l'occasion de ces démêlés, Philippus, qui avait épousé la mère du jeune Octave , et Marcellus , mari de sa soeur, allèrent avec lui trouver Cic^on; et .Os convinrent ensemble que Cicéron aiderait le jeune Octave de son éloquence et de son crédit, tant auprès du sénat qu'auprès du pei^le, et que le jeune Octave prêterait à Cicéron

(i) Oepoto ion retour à Rome, aa eommencemeni de •epCenibre U, Jusqu'à la fin d'aYrtl 4S. Ucéron écrlTlt contre AntoUie les douze discours si connus sous le nom de PMUppIguef^ que Océron leur donna et que la postérité lewaeoiiierTé. Quelques-uns Mulement furent pro- ■oncéa. Ce sont plntût des pamphlets que des discours.

ROW. BIOGR. UlflVERS. — T. X.

Tappui de ses richesses et de se» armes; car à peine ce j^une honmie avait-il paru, qu*im grand nombre des vétérans de César se rassemblèrent autour de lui. La haine d'Antoine et l'amour du pouvoir attachèrent Cicéron à Octave : il espérait diriger les affaires en se servant des armes de ce jeune homme, qui d'ailleurs savait le flatter, le séduire, jusqu'à l'appeler son père. Mécontent de cette politique, Brutus, dans ses lettres à Atticus, reprochait à Cicéron de faire la cour à Octave par la crainte qu'il avait d'Antoine, et de travailler non pas à rendre la liberté à sa patrie , mais à se donner un maître favorable. Il ne laissa pas de prendre avec lui le fils de Cicéron , occupé alors de suivre à Athènes les leçons des philosoplies ; il lui donna un commandement , et dans plusieurs circonstances il eut à se louer de ses services. Quant à Cicéron, les quatre mois qui s'écoulèrent depuis le commencement de 43 jusqu'à la fin d'avril furent l'époque de sa plus grande autorité : tout puissant dans le sénat, il en chassa Antoine, arma les Romains contre lui, envoya pour le combattre les deux consuls, Hirtms et Pansa , et fit décerner à Octave, par on sénatus-consulte, les faisceaux et tous les droits de la préture, comme au défenseur et au sauveur de Rome. Antoine fut vaincu ; mais les deux consuls ayant péri, et les troupes, après le combat, s'étant réunies sous les drapeaux d'Octave, le sénat , craignant pour ce jeune homme l'ivresse d'une brillante fortune , offrit à son armée l'appÀt des distinctions et des récompenses, et , pour le dépouiller de cette grande puissance militaire, prétendit que la république, délivrée d'Antoine, n'avait plus besoin de tant de soldats armés pour elle. Mais il était trop tard pour désarmer le neveu de César. Le 29 mai Antoine s'unit à Lépide, et le sénat, qui n'avait plus qu'Octave pour défense, ne put rien lui refuser^ Celui-ci fit prier Cicéron, par des émissaves secrets, d'obtenir le consulat pour tous deux ; ils étaient en même temps chargés de l'assurer qu'il disposerait à son gré des aff^res, jouirait seul de l'autorité, et n'aurait point de peine h gouverner un jeune homme qui ne demandait qu'un titre et des honneurs. Octave avoua d^uis que, dans la crainte de voir licencier son armée et de se trouver seul et sans appui, il s'était servi fort à propos de l'ambition de Cicéron, en lui offrant le secours de ses amis et de ses brigues pour solliciter le consulat (l).

Ce fut alors surtout que la vieillesse de Cicéron fut séduite et abusée par le jeune Octave : il sollicita pour lui, et lui fit avoir les suffrages

(0 Dans ce rédti que nous empruntons à Plutarque, cet auteur paraît s'être laissé tromper par les Mémoires d'Octave ou d*Asinlus Potilon. SI Cicéron sembla favoriser les prétenUons du neveu de César au consulat, c'est qu'il lui était Impossible de s*7 opposer. Le seul soUlcitenr d'Octave tat ce centurion qui, fatigué des retards du sénat, et comptant sur les huit légions campées aux portas de Rome, s'écria en montrant son glaive : Hic/ctciet H fum/êcmitU (Suétone, ^«9.. M), Dion Cassius ajoute que

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du sénat. A peine OctaTe ftit-H consul , à peine yit>il sa puissance affermie, qu'il ne songea plus» h Cicéron. Devenu ami d'Antoine et de Lépide, et joignant ses forces aux leurs , il partagea l'empire avec eux, comme il aurait partagé une succession. Ils commencèrent par dresser une liste de plus de deux cents citoyens dont ils avaient résolu la mort. La plus viye dispute qu*ils eurent ensemble fut au sujet de la proscription de Cicéron. Antoine nte Toulait entendre à aucun accommodement que (Cicéron ne fût tué le premier; Lépide se joignait à lui; Octave s'opposait à tous deux. Ces conférences secrètes eurent lieu pendant trois jours, du 24 au 27 novembre, près de la ville de Bologne, devant leurs camps, dans une lie formée par lé Reno. Les deux premiers jours Octave défendit opiniâtrement Cicéron (1), le troisième il se rendit, et l'abandonna. Pendant ce temps-là Cicéron était à sa campagne de Tusculum, avec son frère. A la nouvelle des proscriptions, ils résolurent de gagner promptement Astura, maison de Cicéron voisine de'la mer, et de s*y embarquer pour aller joindre Brutus en Macédoine; car on parlait beaucoup de l'accroissement de ses forces. Les deux frères , accablés de désespoir, se mettent en route cbacun dans une litière; au milieu du chemin, ils s'arrêtent, font rapprocher les deux litières l'une de l'autre, et confondent leurs douleurs. Quintus était le plus consterné : il songeait au dénûment où il allait se trouver, car il n'avait rien emporté de chez lui. Cicéron n'avait pris non pins avec lui que fort peu de chose. Ils jugèrent donc à propos que l'un des deux continuât de fuir, tandis que l'antre irait chercher quelque argent, pour venir ensuite rejoindre son frère. Quintus se chargea de ce soin ; et, après de longs embrassements , ils se séparèrent en versant dos larmes. Quelques jours après, Quintus, livré par ses esclaves à ceux qui le cherchaient, fut tué avec son fils. Cicéron , arrivé à Astura, y trouva un vaisseau, s'embarqua, et fit voile jusqu'à Circéi. Les pilotes voulant repartir sur-le-champ, Cicéron , soit qu'il craignit la mer, soit qu'il ne désespérât pas encore tout à fait do la reconnaissance d'Octave, descendit du vaisseau, et fit environ cent stades comme pour revenir à Rome.

Mais retombant dans ses doutes, et changeant d'avis, il se fit reporter vers la mer, et passa la nuit sur le rivage, livré à de si cruelles incertitudes, qu'il songea un moment à pénétrer en secret dans la maison d'Octave, et à se tuer luimême sur son foyer, pour y attacher une furie vengeresse. La crainte des tortures qu'il aurait à souffrir, s'il était découvert^ le détourna en-

Clcëron répondit : « SI tous le demandex alatl'^ U TobtlcDdra. »

(1) Ce fait parait encore cmprontëaax Jlf^moirefd'Oc- Uve ; mais 11 est dlfflclle de croire que cette rétlstancc fbt sincàre. On alléguerait en vain la démence d'Aoffoste. SéDèqae a dit avec ralaon > CkmmUiam non voco lat$am tntdêUtatem,

core de prendre ce parti. Apres de plans, tour à tour conçus et nâcAés par 9oo esprit inquiet, H se remit enfin aux mains de ses «► claves pour se faire conduire par mer aa port de Gaète, près duqud il avait une maison de esmpagne, qui lui offrait pendant les ehaleors de Tété le plus agréable asile, lorsque les vents étésiens font sentir leurs donces haleines. Là s'élevait sur le bord de la mer on petit temple d'Apollon. Au moment où la barqœ qol portait 01oéron s'approchait du rivage , nn essaim de eor> beaux sortît du temple avec de grands cris, et vint se poser aux deux odtés de lluitfiuiey oè les uns continuèrent leurs croassements y.tndb que les autres becquetaient les tmuta deaooidi' ges. Tout le monde fut firappé de œ spectads comme d'un sinistre augure. Cicéron d eswD fll à terre, gagna sa maison, et se conclia pour proidre quelque repos. Mais U plupart de ees corbeaux vinrent encore se poser sur la fenêtre de ss chambre, en poussant des cris horribles; et il y en eut un qui, pénétrantjusqu'au lit où deéroa était couché la tête couverte, retira peo à pen avec le bec le pan de sa robe qui loi cachait ie visage. A cette vue, ses esclaves , honteox de h lâche indUTérenœ avec laqudle ils attendaiewt rassassUut de leur maître, tandis qoe les atfmaux mêmes voulaient le secourir et llanacber à ses persécuteurs, entreprennent aussi de le sauver; et, mdtié par prières moitié par force, ils le font entrer dans sa litière, quils portent anssitôt du côté du rivage. En ce moment arrivent les meurtriers, Herennius, centurion , et le tri«> bun Popilius, qui autrefois, accusé de parridde, avait été défendu par Cicéron. Soivls d*ane troupe de satellites, ils se présentent aox portes de la maison, les trouvent fermées, les enfoncent, cherchent en vain Cicéron , et le demaadent à tous ceux qu'ils rencontrent Tons répondirent qu'ils ne l'avaient point vu ; mab on dit qu'un jeune aflhinchi de Quintus, élevé par Cicéron lui-même dans l'étude des sdenœs et dei lettres, et qui se nonmiait PhilolognSy •inéÛqua au tribun la litière que l'on portait vers le rivage par des allées couvertes. Le tribun, avec nn petit nombre de soldats , fit le tour poar gagner Mssue de ces allées, et le centurion Heremlns tiaversa en courant le jardm. Cicéron, qui entsmlt le bruit, ordonna à ses porteurs de s'arrêter ;el; par un geste qui lui était or^Hnaire, mnant son menton avec la main g^che, il regarda fixement ses meurtriers. Il avait la barbe et les cfaefeox hérissés, couverts de poussière, et le visage défiguré par les inquiétudes et les chagrins : consternés à sa vue , la plupart se voU^eot pcntet qu'Herennius l'assasstaiait. H tendit Ini-mime le cou hors de la litière; Herennins, par l'orire d'Antoine, lui coupa la tête, et la main qui «fait écrit les Philippiques.

Le jour où ce sanglant trophée fbt apporté à Rome, Antoine présidait les eomioes. Qmad I vit arriver le trilnin, fl s'écria : « T

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les proscriptions sont finies !» Il fit attacher la léte et les mains de son ennemi sur la tribune aux harangues, spectacle d'eflfroî pour les Roroains, qui croyaient Toir non les traits de Cicéron, mais rimage deTâme d'Antoine (1).

Ainsi périt, àFâge de soixante-quatre ans, le plus grand orateur de Rome et Tun de ses meilleurs dtoyeos. n n'avait pas la fermeté, la prévoyance, resprit de suite, ni même la réserve et la dignité nécessaires pour soutenir le rôle politique que lui imposèrent les circonstances, et sous ce rapport il est au-dessous de la réputation que Middleton, aon biographe, a voulu lui faire comme homme d*Étal; mais ses défauts contribuèrent presque autant que ses qualités à faire de lui l'écrivain le plus parfait de toute l'antiquité. Sa vanité , parfois puérile et si souvent indiscrète, animait toBs les efforts qu'il faisait pour arriver au premier rang dans tous les genres ; la mobilité de son imagination donne à ses écrits un éclat et nne vivacité qui se mêlent heureusement anx habitudes solennelles de la langue oratoire chez les Romains, n y joignait des idées élevées, puiaées dans de longues études philosophiques, une âégance et une pureté de langage qui n'existent peut-être au même degré chez aucun écrivain , mie harmonie si douce et si riche qu'on n'ose pas lui reprocher d'être trop savante. Quelque sajei qu'il traite, Cicéron est un artiste accompli en fait de langage. Nous ne parlons ici que de aes ouvrages en prose. Ses essais poétiques, ceux de sa jeunesse comme ceux de ses dernières années, n'offrent le plus souvent, dans les fragments qui nous restent, qu'un travail de style plus facile qu'heureux, quelques vers coulants au milieu de beaucoup d'autres qui manquent de netteté, d'élégance et d'harmonie, une poésie inanimée malgré la chaleur factice et le mouvement tout extérieur de quelques passages , un style plein d'expressions vagues , parfois impropres , et chargé de périphrases aussi éloignées de la précision énergique de Lucrèce que de l'élégance de Catulle ,el de l'harmonie profondément sentie de Virgile. Ce n'est pas seulement dans ses discours que .CScéron déploie toutes les richesses de son éloquence : ses traités sur l'art oratoire ne se recommandent pas moins par les charmes du style que par la justesse des idées, qu'il doit à sa TieiUe expérience. Si nous n'avions plus aucun des discours de Cicéron, il suffirait de lire ses trois livres de VOrateur pour voir que celui qui se faisait une si haute idée de son art, qui en •[vait si bien analysé tous les secrets et qui les exprimait avec tant de bonheur, était nécessairement un homme puissant par le talent de la parole. Plus tard, quand il cherche dans un Bvre adressé à Brutas Tidéal de l'éloquence , il trouve dans plusieurs passages quelque chose de l'élévation platonique , et dans toute la pre-

(1) Tool ot qui a été dit jiMqiM Id a «té en grande Jjftte extratt de Plularque. rie de Cicenm, trad. par

mière partie il déploie une élégance, une, richesse de style , une finesse d'observation qui nous font r^retter de le voir à la fin s'arrêter si longtemps sur des combinaisons de rhythme et des calculs de syllabes ; et lorsque pour compléter tout ce qui se rattache à l'art qui lui avait donné tant de gloire, il trace dans le Brutus une histoire de l'éloquence latine , parmi cette foule de noms un peu sèchement entassés, mais qui nous attestent combien la parole était cultivée à Rome, avec quel éclat se détachent les portraits de Caton, de Gracchus, de Crassus et d'Antoine; avec quel intérêt on y voit Ilortensius jugé par un ami qui se souvient d*avoir été son rival ; avec quel plaisir on y suit l'histoire des études et des premiers travaux de l'auteur 1 Ajoutons que ces traités sur l'art oratoire sont, indépendamment de tout autre mérite , la source la plus abondante où nous puissions aujourd'hui chercher l'histoire littéraire de Rome et quek|uefois de la Grèce; son traité même de V Invention et ses livres à Herennius, dont il parle avec quelque dédain dans son premier livre de VOratetir, sont peut-être ce qui nous fait le mieux connaître cette étonnante machine à improviser que le génie des Grecs avait inventée sous le nom de rhétorique. Les huit derniers chapitres du troisième livre nous donnent tout ce que nous savons sur la mnémonique des anciens.

C'est encore c^mme monuments historiques à la fois et comme modèles d'élocution que se r» commandent ses ouvrages philosophiques. Cicéron n'est rien moins qu'un penseur profond qui se replie sur lui-même et clierche , par l'observation interne, à saisir la véritable nature de l'intelligence humaine et ce que Thommc peut savoir de sa destinée : c'est un curieux de philosoplue, qui voit dans ces recherches une sorte de gymnastique pour la pensée , un moyen d'étendre ses idées et une mati^e de plus pour déployer l'inépuisable richesse de son style. Ce qui détermine sa préférence pour la philosophie de l'Académie, c'est d'abord l'absence de doctrines absolues , c'est la liberté qu'elle donne à la discussion, et qui permet de déployer toutes les ressources de l'esprit, c'est, enfin, qu'elle est la philosophie la plus éloquente. Cic6ron veut donnera Rome une littérature philosophique, comme il lui aurait donné , s'il eût vécu plus longtemps, nne littérature historique. Jusque alors la doctrine épicurienne était la seule qui eût produit à Rome quelques ouvrages. Outre Tadmirable poëme de Lucrèce , qui paratt avoir été trop pen goûté de Cicéron , nous trouvons cités dans ses ouvrages les écrits de Catîns et d'Amafanius , dont le succès le révolte : il leur reproche amèrement la nudité de leur style et la sécheresse de leur exposition. Pour lui , il vent donner aux Romains quelque chose qui rappelle à la fois l'éloquence et les idées snbhroes de Platon.

R La civilisation grecque, dit M* Dnmy, dans une belle page de son Histoire des Romains,

551 aCÊRON

s'était snrtoot portée Ten rorient Cfoéroa concentra en lui, si je puis dire, ses miDe rayons ^rs, et les envoya à l'Occident barbare, pour lequel la Grèce n'avait rienifidt. Mais, honune d*Etat et jurisconsulte, plus préoccupé d'application que de théorie, il ne prit de cette civilisation que ce qu'elle avait d'utile; et alliant, par un heureux éclectisme, l'idéalisme de Platon à la morale du Portique, il ébranla, au milieu de son triomphe, le sensualisme d'Epicure. Que nous importe, après tout, qu'iliait^tant emprunté et qu'il ne soit souvent qu'un.écho, si cet écho éclatant et) sonore grandit cent fois la voix première et fait entendre du monde entier des paroles qui sans lui seraient restées obscures et' inutiles ? En morale religieuse, l'idée de l'unité et de la Providence divine, de l'immortalité de l'âme, de la liberté et de la responsabUité humaine, des peines et des récompenses réservées à une autre vie; en morale politique, l'idée de la dté universeUe, dent la chûrité doit être le premier lien , le perfectionnement de notre espèce , la nécessité pour tous de travafller au progrès général, et l'impérieuse obligation de fonder l'utile sur l'honnête, le droit sur l'équité, la souveraineté sur la justice, c'est-à-dire la loi civile sur la loi naturelle révélée par Dieu luimême et par lui gravée dans tous les cœurs :

telles sont quelques-unes des nobles croyances que la magie de son style a popularisées. Tout cela n'est , il est vrai , ni rigoureusement démontré ni enchaîné en corps de doctrine. C'est l'effort d'une belle âme , qui atteint , par sa propre inspiration , aux vérités sublimes de la religion étemelle , et non le patient travail du philosophe qui construit un système où tout se tient et s'enchatne. Mais pour parler au cœur, faut-il donc tant de logique? »

€k)mme philosophe politique, Cicéron est tout entier dans le de Republica , le de Legibus^ et le de DiviruUione; nous sommes heureux d'offrir au public une appréciation inédite d'un écrivain éminent, M. Villemain : « Le traité de la République^ dit l'éloquent critique, longtemps perdu pour les modernes , sauf quelques belles pages du songe de Scipion; ce traité, en partie retrouvé de nos jours sur un palimpseste, et publié, discuté, traduit, an mUieu des mouvements de liberté qui agitaient l'Europe de 1820 à 1825, aurait offert plus d'intérêt si l'auteur eût suivi, pour le composer, un conseil dont il fut tenté , et qu'il rappelle ainsi dans une lettre à son frère Quintus : « Tu me demandes où j'en sui» de l'ouvrage que je m'étais mis à écrire pendant mon À^our à Cumes :.je ne l'ai point quitté, et je ne le quitte pas ; mais déjà plus d'une foiàj'ai changé le plan et tout l'ordre de mon travail. Deux livres en étaient écrits, où, prenant pour date les neuf jours des grandes fêtes sous le consulat deTuditanus et d'Aquilius, je plaçais un entretien de Scipion l'Africain avec Leiius, PhiluSy Manilius, Tubéron et les deux gendres

de Leiius, Fanneius et Seévola. Le dialogue ae partageait en neuf journées et en neuf livres» portant tout entier sur la meillenre ontanisation de l'État et sur les caractères du ^larfSiiti citoyen. Le tissu de l'ouvrage avançait henreasement» et U dignité des personneB domiait du poids aux discours. Comme je me fiteis relire ces deux livres à Tuscnlimi» en présence de SaUuste, il me Temootra que ce w^ pourrait se traiter avec une bien plos grande autorité, si moi-même je prenab la parole sur la république, surtout n'étant pas un Heraclite de Pont, mais unccHisolairey et celui-là même qui m'étais mêlé aux pins grandes crises de l'État; que tout ce qœ j'attribuais à des personnages anciens paraîtrait fidtf; que dans mes autres ouvrages sur l'art de la parole j'avais, et cela de bonne grâce, écarté de moi U responsabUité d'orateur, mais en laissant la parole à des hommes que j'avais pu voir; qu'Aristote, enfin, dans ce qu'il dit sur le gouvernement politique et sur l'homme éminient, avait toujours parlé en son propre nom. Cda m*ébranla d'autant plus, que dans mon plan je ne pouvais toucher aux plus grands événements de la république plus récents que l'époque de mes personnages. Dans le fait, j'avais pris d'abord cette voie pour n'avoir pas à craindre en rencontrant notre temps de heurter qui <|ne ce soit ; mais je veux tout à la fois garder la mémo précaution, et faire un livre où^je m'adresse directement à toi. Cependant, ce que j'avais USX sous une première forme, si je vais à Rome , je te l'enverrai; car tu jugeras, je crois, que oei livres déjà tout écrits, je n'y renonce pas sans un peu d'humeur ». Cette humeur opéra si bien que Cicéron ne donna pas suite à sa nouvelle idée, et que, soit difficulté de la précaution quil unonçait, soit plutôt répugnance à sacrifier mie œuvre déjà si avancée, il ne fit pas l'ouvrage sons forme directe, et conserva ce premier cadra d'un dialogue entre de vieux Romains, sauf à le réduire un peu, en bornant le tout à six Uvres. Cest en effet ainsi qu'il l'acheva, qu'il le confia bientôt à l'amitié d'Atticus, et qu'enfin fl le pB> Mia, vers le temps de sa légation d'Arie :

heureux , disait-il , de s'êtra lié par des otagn publics à l'observance des devoira, dont RdoMi en effet l'exemple dans le désintéressement et la pureté de son gouvernement. L'ouvrage cependant, par la forme même à laqnelle^^s'éttô fixé Cicéron, resta bien général, et n'offrit pas celte déduction pressante et applicable que lui anrait donnée le plan conseillé par SaUusIe. En même temps, par comparaison àTcenvre de Platon ,1 il eut ce caractère de présenter non pas un idéal philosophique, une constmctton abstraite à réaliser dans l'avenir , mais one sorte d'utopie du passé, un taUean embelli de U r^ publique romaine, telle qu'elle n'exista jamais, ou qu'elle dura bien peu, entre la mine de Gfer» et la mort de Station. Par là ks mm-

aCÊRON

^wux firagments qui nous sont pairenos de l'oaTrage de Cioéron, Tordre du dialogue en partie retrooTé, les problèmes discutés, sekn le gfoie de Técole antique, les thèses soutenues pour et contre la réalité de la justice , quelques bdies imitations de Platon et quelques mentions curieuses d'anciens usages romains, tout cela est loin de remplir pour nous l'idée que faisait naître un traité de Cicéron sur la république, et nous croyons que l'ouvrage même retrouvé tout entier n'aurait pas satisfait cette attente. Nous sommes heureux cependant d'avoir été des premiers à saluer une telle découverte et à en reproduire, même faiblement, les précieux débris, ces beaux souvenirs de politesse hellénique rendus avec la majesté de la diction romaine et ces sentiments d'équité primitive, de droit absolu, sur lesquels doit se fonder toute vertu civile, et que Cicéron portait trop profondément gravés dans son cœur et attestait au dehors avec trop de courage, pour n'en pas faire une bonne leçon utfle, dans tous les temps, à la bassesse intéressée, à la crainte servile et à l'inertie pliant avec joie devant la force.

« Le traité des Lois, également inspiré de Platon, pour le titre et la pensée principale plus que pour les détails, doit être considéré comme une dépendance naturelle des livres de la République, C*est le même culte des aïeux, la même admiration du passé, c'est-à-dire le même vain effort pour évoquer les souvenirs exagérés de rancienne discipline et de l'ancienne vertu, contre l'irrésistible entraînement des nouvelles mœurs et de la dictature qui les suit. Seulement, et if est le caractère comme la gloire du génie de Oicéron, à cette observance et à cette inter^ prétation fovorable des anciennes lois, il unit toujours la reconnaissance d'une vérité plus haute et rappel direct à ces notions primitives, à ces ébauches infaillibles du vrai , que la nature a commencées en nous et que la dureté des conventions humaines a tant de fois altérées. Cest ainsi, c'est grâce à cette noble liberté d'esprit, à cet instinct de cœur, que le consulaàn et le jurisconsulte romain est en même temps un beau génie de tous les temps , un moderne par l'humanité.

« Rapproché par la date du traité des l/Hs, le traité de la IHvination partait, pour ainsi dire, d'onautre point extrêmede la vaste et mobile intelfigenœ qui sans cesse cherchait dans des travaux spéeulatift une distraction aux tourments de l'inquîétnde ou de l'inaction politique. C'est un des livres où l'esprit philosophique de Cicéron sort tout à lait des lisières de l'ancienne discipline aristocratique et superstitieuse, et détruit par une moqueuse incrédulité des usages! dont lui-même s'était montré plusieurs fois le défenseur officiel et le xâé mmistre. Nulle part on n'a raillé plus finement les fonctions de ce collège augurai, dont le grand orateur était membre ; nulle part, y compris les oonagea des premiers chrétiens, on n'a porté

de plus rudes coups à l'édifice des fiibles paiomes, et plus directement insinué le recours nécessaire à l'unité de l'être divin et au sentiment de la morale primitive. Cet ouvrage curieux justifie l'anathème que le vieux paganisme sénatorial infligea tout à coup à Cicéron , en interdisant la lecture de ses écrits, dont la plus grande part devait bientôt traverser les temps nouveaux de barbarie et d'ignorance, pour redevenir , dans un monde agrandi, l'entretien et le charme des esprits éclairés. (1) »

Une des parties les plus intéressantes des œuvres de Cicéron , c'est ce qui nous reste de ses lettres : ce sont les mémoires les plus curieux que nous puissions lire sur les événements, d'ailleurs si peu connus, de cette grande époque; mémoires tracés par un admirable écrivain et par un homme mêlé à tous les mouvements des dernières années de la république. Ce qui nous en reste est ordinairement partagé en quatre recueils : lettres h Brutus, dont l'authenticité est contestée ; lettres à Atticus; lettres à Quintus, son frère ; lettres à divers correspondants. A côté des lettres de Cicéron , ce dernier recueil en contient un certain nombre qui lui sont adressées souvent par les premiers personnages de la république, César, Pompée, Caton, Brutus, Cassius, Antoine, PoUion, PLancus, Lepidus, Sulpicius, Marcellus, et une foule d'autres. Toutes ces lettres, marquées de caractères différents , nous démontrent, par l'aveuglement des uns, par l'indifférence ou l'égoïsme des autres , par les misères des provinces, c'est-à-dire du monde, par la corruption des mœurs et l'anarchie qui r^^t dans la capitale , la fatalité de ce dénouement (|ue combat en vain la vertu fanatique de Caton et de Brutus, que déplore l'amour-propre de Cicéron, et que subit avec quelque regret l'égoïsme clairvoyant de Pollion. C'est là le grand mérite des lettres ad diverses : elles nous montrent uue galerie de portraits , nous donnent une foule de détails de mœurs publiques et privées , et commentent par la peinture des hommes et de l'époque les faits même dont Cicéron n'a pas saisi le caractère. Quels doivent être nos regrets quand nous songeons que nous avons perdu la partie la plus considérable de ce recueil !

Les lettres à Quintus sont particulièrement intéressantes, pat les conseils plems de sagesse et d'honneur que Cicéron donne à son frère sur le gouvernement de sa province ; et les faits attestent qu'U ne lui prescrivait rien qu'il ne pratiquât lui-même. Les lettres à Atticus nous font connaître surtout le caractère de Cicéron. C'est une épreuve difficile , même pour un homme de bien, que cette publicité donnée aux confidences de l'amitié la plus intime; et Cicéron, dans ces lettres , fournit souvent des armes contre sa vanité , sa faiblesse et l'imprévoyance de sa politique. Ces lettres sont souvent fort obscures. Le

(I) Bitrttt dlu^ OQvnfe m^t de M. VUlemaln,

555 QCÉRON

peu de sûreté des moyens de communication, les allusions nombreuses à des entretiens plus intimes ou à des passages, aujourd'hui perdus, d'auteurs anciens , probablement aussi, et même avant tout, Textréme prudence d*Atticus, qui commandait plus de réserve à son correspondant, mêlent beaucoup d'énigmes à ces causeries, si attachantes quand Cicéron s'y laisse aller à toute la vivacité de ses impressions. Beaucoup de lettres annoncées comme devant contem'r plus de détails ne se trouvent pas dans le recueil, et paraissent avoir été supprimées avec toutes celles d'Atticus.

Voici une liste aussi complète que possible de tous les ouvrages de Cicéron. Ils sont si nombreux et si divers que, pour éviter toute confusion, nous les diviserons en plusieurs classes, savoir ; I. Ouvrages philosophiques; U. Discours; III. Correspondance; IV. Poemes; V. Œuvres historiques et Mélanges.

Dans la liste que nous allons donner de ces ouvrages en les classant selon le genre auquel chacun d'eux se rapporte, nous marquerons d'un astérisque ceux qui sont incomplets, de deux astérisques ceux dont il ne reste qu'un petit nombre de fragments, de trois astérisques ceux qui sont complètement perdus, et nous enfermerons entre deux crochets ceux qui ont été, à tort ou à raison, regardés comme apocryphes.

I. Ouvrages philosophiques, — Sous ce titre nous comprenons tous les traités de Cicéron qui ont rapport : 1° hVart oratoire; 2» à la philosophie politique; 3» à la philosophie morale;^'' à la philosophie spéculative ; ô<* à la théologie.

Art oratoire.

Philosophie politique.

Philosophie] morale.

Âhetoricorum^ seu de Inven-

tione rhetorica, libri II.

De Partitione oratoria.

De Oratore libri III.

Brutus, seu de Claris orato-

ribus.

Orator, seu de optimo génère

diceîidi.

De Optimo génère oratorum, Topica.

*** Communes loci.

I Rhetoricorwn ad Berennium

librilV.]

*De Republica libri VI.

*De Legibus libri {VI?).

**De Jure civili.

***Epistola ad Cxsarem de ordinanda republica.

De Officiis libri III.

**De Virtutibus.

Cato major ^ seu de Senectute.

Lêslius, seu de Amidiia.

** De Gloria libH II.

** De Consolatione, seu de luctu minuendo.

Philosophie) spéculative.]

Théologie,

* Academicorum libri /F.

De Finibus libri V, Tusculanarum disputaHùmm

libri V.

Paradoxa stoicorum sex.

** Hortensius, seu de PhiloiO'

phia.

* Timœus ex Plaione.

**Protagoras ex Platane.

/ De Natura deorum UbH IlL De Divinatime liM II.

*DeFato.

** De Auguriit, seu Augmralia,

VéAiUon princeps de la collection des œnrrei philosophiques de Cicéron fut puMiée par Sweynheym et Pannartz; Rome, 1471, 2 toI. fai-foL Cette édition est excessivement rare. Le premier volume contient : de Natura deorum^ de Divinatione, de Officiis, Paradoxa^ Latlins^ Cato major ^ Versus duodecim sapientium; le second volume contient : Quacstiones tusett' lanw, de Finibus, de Fato, Q. Cicero de Pt' tiiione consulatus, Hortensius (des fragments), Hmœus, Academicœ qusestiones, de Legihus,

A la même époque on publiait : de Of/MU^ de Amicitia, de Senectute, Somnium Seipkh nis, Paradoxa, Tusculanx quxstiones, 3 voL in-fol., sans indication de lieu ni de date. On satt que cette édition fut donnée par Gering, Crantz et Friburger ; Paris, vers 1471. Les traités de JVotura deorum, de Divinatione, de Fato , de legibus, Hortensius, parurent à Venise, ,1471, in-4°.

J.-A. Gœrenz avait commencé nne exodiento édition des ouvrages philosophiques de Cleéfoii. Les trois premiers volumes s^eraeot ont été publiés; ils contiennent : de Legibus, Aeaàê» micOf de Finibus; Leipzig, 1809-1813.

L'édition princeps des traités de Cfcéron relatifs à l'art oratoire fUt publiée par Alexaodrfai et Asulan : Venise, 1485 , in-fol. Elle contient : de Oratore, Orator, Topica, PartitUmts oror torix, de Optimo génère oratorum, et fnt reproduite à Venise en 1488 et 1495, in-fd. Li première édition complète , contenant de plot que la précédente le Brutus, la Rhetorica oé Herennium, et le de Inventione, fui imprimée par Aide; Venise, 1514, in-4*. Parmi les Mtiens modernes on remasque celle de SchOts; Leipzig, 1804, 3 vol. ln-8«; — les Opéra rhetorica minora de Wetiel; Lignitz, 1807; — Orator, Brutus, Topica, de Optimo génère oratorum, avec les notes de Beier et dX>reIli; Zurich, 1830, in-8*.

Nous n'avons guère que des fragments des Irrités de Cicéron relatifs à la politique. Le de Mep^ blica, découvert par Angelo Mai, fut imprimé pour la première fois à Rome, 1 822. Cette éditioa pH»ceps fût suivie de celle de Creuzer et Moier; Francfort, 1826, in-S». C'est la plus complète cpii ait para jusque ici. Le c^e Bepubliea Ait aussitM

traduit par Bf.'VUlemaiiiy et publié mh» le titre suivant : La République de Cieérm, d'après le texte inédit, récemment découvert et comr mente par M, Mai, bibliothécaire du Vatican, avec une traduction française, un discours préliminaire et des dissertations historiques; Paris, 1823. Quant aux fragments de cet oo- ▼rage déjà connus avant la découverte de Mai, Us se trouTent dans les principales éditions de Cieéron, et avaient été traduits en français par Bemardi ; Paris , 1807.

Le de O/ficiis fut publié pour la première fois par Pustet Sctiôffer à Mayence, 1465, 1466, petit Ib^* : œtte éditionprinc«p5, qui remonte presqn*à TorigUie de l'imprimerie, n*est pas très-rare.

On regarde comme TMition princeps dn de Finilms une édition sans indication de lieu et de date, que Ton croit sortie des presses d'Ulrie Zelly vers 1467, elle fot suivie de Tédition de Jean de Cologne ; Venise , 1471, in-4*'.

Les Tusculanarum disputationum libi'i V Airent publiés pour la première fois par U'rie Han, Rome, 1469, in-4^, et réimprimés par Gering, Crantzet Friburger, Paris, vers 1471,in-fol.

II. Discours. ~ Voici la liste de tous les diseoors de Cieéron, ayec les dates : Pro Quinctio, en 81 ; — pro Sextio HoscioAmerino, en 80 ; ~ *** pro Btuliere Aretina,exi 79;^* pro Q, Ros* do eomœdo, en 76 ; — *** pro Adolescentibus Sieulis, en 75; — ** Quum quxstor LUybxo decederet, en 74 ; — pro Scamandro, en 74 ;

— **pro X. Vareno, en 71 ; — *pro M, TulliOf en 71 ; — pro C. Mustio, avant 70; — in Q. CxeiUum, en 70; — <» Verrem, actio prima, le 5 août 70; —in Verrem, actio secunda : oe second discours ne fîit pas prononcé;

— * pro M, Fénteio, en 69 ; — 'pro A, Cœdna^ en 69, probablement; — ** pro P. Oppio, en 67; •— pro Loge Manilia, en 66; — **pv C. Fundanio, en 66; — pro 4. Cluentio asfito, en 66; — **proC. Manilio, en 65; — *^ pro If Corvino , en 65; — **pro C, Cornelio, deo\ discours, en 65 ; — ''**pro C, Calpurnio Pisone^ en 64; — ** Oratio in toga candirf0,cn64;'-^ proQ, Gallio, en 64.

JHÎeoisrs prononcés pendant son consulat : *** in Senaiu, le 1«' janvier 63 ; — * de Lege agraria, oratka prima, insenatu; — de Lege agraria, oraiio secunda, ad populum; — de Lege agraria, oratio tertia, ad populum ;—** de X. nosdo Othone ; — *pro C. Rabirio; — **de Proscriptorum liberis; — *♦* in Deponenda provinda; — in Catilinam, oratio prima, 8 BOveiBbre ; ^secunda, 9 novembre ; •— tertia, qusrtet, 5 décembre; —pro Murena, vers la Ad de 63, mais avant le 10 décembre.

** Contra concionem Q, Metelli, le 3 janvier 61; — pro Pu6/to Cornelio Sulla, en 62; — ^ ifi Clodium et Curionem', en 61 ; — [pro A. Licinio Archia, en 61; — .] pro Scipione JVasica, en 60; — pro L, Valerio Flacco, en i». ^ *«• pro A. mnudo Thermo, en 59; -*-

aC&RON â^

**^pro Ascitio, avant 56; — *i^pro M. Cispio, après 57; — [pos^ Reditum, in senatu, le 5 septemlnre 57 ; •— ] [post Reditum, ad Qukrites, 6 ou 7 septembre 57 ; — ] [pro Domo sua, ad pontifices, 29 septembre, 57. —][de Harus" picum responsis, en 56; — ] V pro L. Calpumào Pisone Bestia, 11 février 56; ^ pro P, Sextio, en 56; — tn Vatinium interrog(h tio, en 56; — pro if. Cxlio Rnfo, en 56; — pro L, Cornelio JBalbo , en 56 ; — de Provindis consularibus, en 56; — ** de Rege Alexandrino, en 56; — in X. Pisonem, en 55; — ** in A, Gabinium, en 95; -^pro Cnxo Plancio,ea 55; — *♦* pro Caninio Ga//o, en 55; —pro C, Rabirio Postumo, en 54 ; — **pro Vatinio, en 54; — * pro M, j£milio Scauro, en 54; — *** pro Crasse, dans le sénat, en 54 ; — *** pro Druso, en 64; — *** pro C. Messio, en 54 ; — *J'de Reatinorumcaïusacontralnteramnates, en 54 ; — ** de jEre alieno MUonis interrogatio, en 53; — pro L. Annio Milone, en 52; -~ *** pro M. Sanfew, deux discours, en 52 ; — ^* oon^'A T. BÊunatium Plancum, en décembre 52 ; — ***pro Cornelio Dolabella, en 50; — [pro M, Marcello, en 47]; — pro Q. Ligario\ en 46; — pro Rege Dejotaro,e»

45 ; — *** de Pace, dans le sénat, le 17 mars 44.

On a pu voir par les signes employés dans cette liste que des doutes avaient été élevés touchant les discours pro Archia , post Reditum in senatu, pro Domo' sua ad pontifices, de Haruspieum responsis, pro M, Marcello. Quant aux suivants, ils sont regardés universellement comme supposés; nous ne les citons que parce qu'ils figurent dans quelques listes des écrits de Cieéron. Ces discours apocryphes sont : Responsio ad Orationem C, Sallustii Crispi; — Oratio ad populum et ad équités anteqtiam iret in exilium ; — Epistola seu declamatio ad Octavianum; — Oratio adversus Valerium; — Oratio de Pace.

Lee discours de Cieéron ftirent publiés prol>ablcment pour la première fois à Rome, en 1471 , in-fol. , par Sweynheym et Pannartz, sous la direction d*André, évéque d*Aleria. Une autre édition fut imprimée la même année à Venise, par Waldarfer; et une troisième à Venise, en i472, par Aml)ergau, toutes deux in-fol. Outre ces trois éditions, il en existe une quatrième, en très-vieux caractères, sans date ni indication de lieu ou d'imprimeur, et que beaucoup de bibliographes regardent comme la plus ancienne de toutes.

Parmi les autres éditions, on remarque celle de J. Roigny ; Paris, 1536, in-fol.; — de Gnevnis; Amsterdam, 1695-1699, 3 vol. in-8'*; — de Klotz, Leipzig, 1835, 3 vol. in-8o.

Ifl. Correspondance; — Il nous reste de Cieéron plus de huit cents lettres d*une authentidté incontestable, et comprenant vingt-six ans de sa vie. On les classe généralement de la manière suivante : — Epistolarum ad/amUiares, seu epiitolarum addivenoi, libri XVI : oe

GGÉRON

recueil contient quatre cent vfngt-six lettres; la plus ancienne est un billet de féMcitation adr^sé à Pompée sur ses succès contre Mitliridate; en 62 ; la dernière est une note envoyée à Cassius vers le commencement de juillet 43, pour lui apprendre que le sénat venait de déclarer Lepidus ennemi public; — Epistolarum ad T, Pomponium Atticum libri XVl : cette correspondance comprend trois cent quatre-yingt-seize lettres; commencée en eS, elle se termine au mois !de novembre 44; ^ Epistolarum ad Q. Fratrem libri III : c'est une série de Tingt-neuf lettres adressées par dcéron à son fjrère, propréteur d'Asie; la première est datée de 59, la dernière de 54; — [ Epistolarum ad Brutum Liber ] : c'est un recueil de dix-buit lettres (onze de Cicérone Brutus , six de Brutus à Gicéron, une de Brutus à Atticus), tontes écrites après la mort de César. A ce recuefl il faut ajouter les huit lettres (dnq de Cicéron à Brutus, trois de Brutus à Cicéron) publiées par Cratander. L'érudition moderne a attaqué l'authenticité de ces vingt-six lettres par des raisons très-fortes, sinon décisives.

Les quatre collections que nous venons de mentionner ne contiennent pas, il s'en faut de beaucoup , toute la correspondance de Cicéron. Les scoUastes et les grammairiens anciens citent encore les recueils de lettres suivants, malheureusement perdus aiqourd'hui : deux livres à Cornélius Nepos, trois livres à César, trois livres à Pansa, neuf livres à Hirtius, huit livres à M. Brutus, deux livres au jeune M. Cicéron, plusieurs livres à Calvus, plusieurs à Q. Axius, des lettres particulières à M; Titinhis, à Caton, à CoereUia, et, sous le titre de Spistola ad Pompeium, une histoire louangeuse d^ événementside son propre consulat

L'édition princepsdesEpistolas ad/amiliares est de Rome, 1467, in-4*. Ce fût le premier livre qui sortit des presses dejSweynheym et Pannartz. La même année parut l'édition de Nicolas Jenson; Venise, in-foll Toutes deux furent faites sur des mamiscrits, et l'on ne saurait décider quelle fiit la première. Une seconde édition, publiée par les mêmes typographes, sous la surveillance d'André, évèque d'Aleria, parut à Rome, 1469,in-fol.

Les Epistol» ad Attictùn, ad M, Brutum, ad Q. Fratrem, furent publiées par Sweynheym et Pannartz; Rome, 1470, in-fol., et par Mie. Jenson, 1470, in-fol. Les deux éditions, imprimées sur des manuscrits, soulèvent la même difficulté que les praaoières éditions des EpistolsB adfamiliaresy quant à la priorité. La première édition [Supportable des Epistolas ad Atticum est celle de P. Victorius ; Florence, 157t« d'après une copie faite par Pétcarque.

La plus commode et une des meilleures éditions de la correspondance de Cicéron est celle de Schotz; HaUe, 1809-1812, 6 vol. in-B''.

I#s lettres à Atticus opt ét^ traduites en fran-

çais par Mongault; Paris, 1714, 6^. in-lLLa correspondance entière a été tradntte en allemand par Wieland; Zurich, 1808-1831 , 7 voL in^.

IV. Ouvrages poétiques, — ** Versus Momerid. Les vers insérés dans le de Bimn., H, 30; Tusculan., m, 26, 9; de Fin,, V, 18; dans saint Augustin , de Civ, Dei, ▼, 8, et qn forment en tout 44 hexamètres sont des «f^gnqtf des traductions d'Homère par dcéron.

*Arati Phcenomena,

**Arati Prognostica.

Ces deux traductions d'Aratus sont une cbbvrede hi jeunesse de Cicéron. H reste les denx tiers (plus de cinq cents vers) de la [ et vingt-sept vers seulement de la seconde.

** Alcyones, Nonlusa conservé deux Ters de ce poème, que Capitolin attribue àCioéran.

X*^^^ |citésparCapitolin(Gorrfteîi,///).

** Limon, Suétone ( Vita Terent. ) dte quatre vers à la louange de Térence, tirés de oe poëme, dont le sujet nous est inconnu.

** Marius, H reste de ce poëme , écrit avant 82, un très-beau fragment ( sur un serpent enlevé et tué par un aigle) dans le de Divinatioiie (1,47), unversdansledei>9»difs, I, t, on antre dans Isidore, Ort^.,XIX, 1.

*De Rébus in consulatu gestis. On trouva un fragment de ce poème ( soixante-dix-huit vers) dans le de Divinat,, I, 11-13, trois yers dans une lettre à Atticus (II, 3), et un vers dans Ifonius, au mot Eventus,

** De meis temporibus, H reste de oepoême quatre vers, dont deux sont bien connus, savoir:

Cédant arma togs, concédât laurea tlngiuB ;i

Et cet autre hexamètre, dont Juvénal s'est tant moqué:

O fortanatam natam me conrate Romain (i) I

** Tamelastis ; élégie sur un sujet inconnu : il n'en reste qu'un seul vers.

** Libellus jocularis; connu par une citation de Quintilien.

*** Pontius Glaucus; petit poème en vos tétramètres, et dont on ne connaît que le titm.

*** Epigramma in Tironem : mentionnée par Pline.

La meilleure édition des fragments poélifpies et autres de Cicéron est ceDe de Mobbe; Leipzig, 1827, ia-4''; reproduite avec quelques amé* liorations par 0^^.

(I) C'est un yen par allitération, comme on en CronTO tant chez Enniui, et cbez tons les andeos pottet latins. JuTéoal a pa blâmer à bon droit remploi de cette vteMo forme poéUqne ; mais on n'aurait pas dû tiMnln m firançals le rers de Cicéron par oesdeu vers abeardeit O Rome rortoné* Sons mon ooiualat née !

Le parUfelpe natut a ici le sens de devenm, ooBMne dans cet antre passage du même auteur : ji vobii natm i«M eontularU (par tous )e suis derenn consolalre). £rat donc traduire le Ters cité par JoTénal, de la aMUilêre avivante : O ROBe, devenoe iMuceiise aoui mtn ooMolit!

aCÉRON

V. Ouvrages historiques et Mélanges. — ^" De meis consiliis, seu meorum consUiorum expositio. Dans cet ooYrage Cicéron faisait IV pologie de sa conduite pendant son consulat. H n'en reste qu'un petit nombre de fragments.

*** De Consulatu (irepl tiic TicoreCac). Cicéron avait rédigé l'histoire de son consulat en grec; il n'en reste rien.

*** De Laude Cxsaris. On voit par une lettre à Atticus que Cicéron avait écrit à la louange de César un Ûvre, aujourd'hui perdu.

' **M. CatOf seu laus M. Catonis, C'était un panégjrrique de Caton, composé après la mort de cdui-d, k Utique, en 46. César y répliqua par un ouvrage intitulé Anti-Cato.

*** Laus Porcix. Panégyrique de Porda, Keor de M. Caton et femme de L. Domitius Ahenobarbus, écrit en 45.

•* Œconomicay ex Xenophonte, C'était probaUement une traduction libre de Xénophon, adaptée aux besoins et aux habitudes des Romains. Composée en 80 ou 79, cUe était divisée en trois livres, dont Servius nous a conservé les arguments. On trouve dans Columelle d'importants firagments de cet ouvrage.

n est douteux que les ouvrages cités sous les titres suivants, et complètement perdus aogourd'hui, aient été jamais écrits par Cicéron : Admiranda; Chorographia ; de Orthographia; de Re nUlitari; Synonyma; de Nutnerosa oratione^ ad Tironem ; Orpheus , seu de adolescente studioso; de Memoria,

La collection complète des ouvrages de Cicéron fut imprimée pour la première fois par Alexandre Minutianus; Milan, 1498, 4 vol. infol. Cette édition fut reproduite par Badins Aseendus, avec un petit nombre de changements, dus à Budée; Paris, 1511, 4 vol. in-fol. On note ensuite, conmie indiquant autant d'd^es diffénnts, celle des Aides , Venise, Iôl9-lô23, 9 vol. in-S**, qui fut suivie par les éditeurs de Bâle, 1528 et 1 534 ; celle des Juntes, avec le commentaire de Yettori (Victorinus), 4 vol. in-fol., 1534 : c'est celle qu'ont suivie dans leurs premières éditions Bobert Estienne, 1538, et Gryphe, 1540; celle de Panl Manuce, 1540-1546, 9 vol., en y comprenant les ouvrages de rhétorique, imprimés à part; cdle de Lambin, Paris, 1566, 4 tom. en 7 roi. in-fol.; celle de Gruter, Hambourg 1618, qui a servi de base à celles de Gronove, Leyde, 1692, et de Verborg, Amsterdam, 1724; celles d'Emesti, particulièrement la troisième, Halle, 1774-1777, avec les tables réunies sous le nom de Clavis Ciceroniana, que M. Le Clerc a beaucoup augmentées dans son édition, sans essayer de les compléter entièrement; celle de Schutz, Leipzig, 1814-1823, 20 tom. in-S**, formant 28 vol., où le texte est trop souvent dénaturé par l'inconcevable hardiesse de l'éditeur : les quatre derniers tomes (7 vol.) contiennent un Lexicon Ciceronianum, beaucoup plus étendu que la def d'Emesti.

Mab les noaveaox fragments publiés posté-

rienrement à tous ces travaux par M. Mai en 1814 et 1822, par M. Niebuhr en 1820, par M. Amédée Peyron en 1824, manquent à toutes ces éditions. La première qui ait été vraiment complète est celle de M. Le Clerc (en lat. et en fr., 1821-1825', 30 vol. in-8% et 1823-1827, 35 vol. in-18 ). Depuis, la coUectiondej M. Lemaire et celles de M. Panckoucke ont également donné tout ce qui nous reste de Cicéron. Ils avaient été précédés par M. Amar, 1823-1825, 18 vol.

in-32. Plusieurs autres éditions ont paru depuis en Allemagne; elles ont été toutes surpassées parcelled'Oreili, Zurich, 1826-1837, 9 vol. in-8<>. Le savant éditeur a ajouté à un texte revu avec le plus grand soin les scoliastes de Cicéron, C. Marins Victorinus , Rufinus, C. Julius Victor, Boèce, Favonius, Eulogius, Asconius Pedianus, Sçholia Bobiensia , Scholiasta Grono" vianus, et un admirable Onomasticum Tullianum, rédigé par lui et par M. Baiter, et qui remplit les trois derniers volumes.

La principale source pour la vie de Cicéron , ce sont les écrits du grand orateur et surtout sa correspondance. H faut citer ensuite Plutarque, CicerOy précieuse notice, rédigée sur un grand nombre de documents originaux, perdus aujourd'hui. Parmi les autres historiens anciens, on peut encore consulter Velleius Paterculus, Appien et Dion Cassius.

La vie et les écrits de Cicéron ont donné lieu chez les modernes à un très-grand nombre d'ouvrages; les plus importants sont :

Fr. Fabridas, HUtoria Cicêroniti Cologne, 1869 ; com notis et praefiiL GronovU et Henslngerl, 1717, ln-8« ( réimprimée dans le tom. IX du CIcéroD de D'OUvet)— Conyea Mlddleton. History of tke Hfe of Cicerùn ; Londres, nki, I Tol. ln-4* ; souvent réimprimée, et traduite en françato par l'abbé Prévost ; Parts, 174S, 4 voL In-ll . — J. Faecloiatl, F'Ua CieerùrUi UUerariaf Padoue, 1760, in-8*.- Melcrotto, Ciceronit vUa, ex ipsiui ejut tcriptU exeerpta; Berlin, 1788, ln-8*. — OrellU OnowuuUcum Tuliianum. — A. Gautier, Cieéron et ion sUcte. — Schoell, HUt. de la littérature rtnnaine, L II, p. 68-141, et 188- 184. — Rltter. Getehiehte der phUotophie, t. IV. p. los- 170. — Péricaud, Cieerùniana; Lyon, l8ii. In -S». — Passeronl, Cieenme» poème (en 88 chants); 1786, t voL ln-8* ( voir le Journal étranger, 1788 X

Les dissertations spéciales sur quelques points de la vie ou des doctrines de Qcéron sont très-nombreuses; noua en indiquerons seulement quelques-unes. A Beckmami, de Usu icriptorum Ciceronit politico; 1788, ln-40. — Gavalln, de Usu icriptonan Ciceronit aconowtêeo ; 1761. — Briegleb.de Philotophia Ciceronit ,- 1784. — Gaultier deiSIbert, de la PhUotophie de Cicéron {Mém. de VAe. dtt intcriptUnu, L XLl et XUII.-Van Heusde, Cicero (iHXoTcXàTcôv ; ntrecht , I886. — Birkholtz , Cicero «mdicut; Lelpxlg,:i808, in-S».— O.-F. Gedicke, HUtoria phUatophiâs antiqu», ex Ciceronit tcripUt; Berlin, 18I8. — R. Ktthner, Jf. Tull. Ciceronit in pMlotophiam ejutqus partet mérita .'Hambourg, ists.— G.-E. Glery, ron dem dtthetitchen Wertke der Bûcher des Cie, vom Aednor ; Fulde. 1807.

Rntre autres ouvrages destinés à Hnterprétation du teite de Cicéron, on peut citer NlzoUns, Lexicon Cieeronianwn: Bâie, iSfO. in-fol., édition fort augmentée; Padoue, 1784, In-foL — C.-G. SchUU , Lexicon Ciceronianum; IJps^ 1807-1811. 4 vol. in-8».— SchlrllU, FortcMae %um Cicero ; WetzUr, 1896, In-S».— Bmesti, Ctovis Ciceronianat 1787 (plusieurs fols réimprimée ).

CICÉRON (Marcus ru^Zit»), l'unique fils de l'orateur et de Terentia, né en l'an 6& avant

aCËRON

J.-C. Son père parle souvent de loi dans see lettres, et^yec une Yéritable tendresse. £n Tan 51 il accompagna le grand orateur en Cilicie. Dans Tautomne qui suivit leur arrivée dans ce pays» le jeune Cicéron fut envoyé avec son cousin Quintus vers le roi Dgotarus. Revenu en Italie en Tan 50 , passa en Grèce, et alla rejoindre Tannée de Pompée, où, mis à la tête d'un corps de cavalerie , il sut s'dcquérir l'admiration du général et des soldats. Après la bataille de Phar sale , il demeura à Brindes jusqu'au retour de César de l'Orient, et bientôt après il fut nommé édiled'Arpinum. L'année suivante, 45 avant J. G. il dcmaiûia d'être envoyé en Espagne pour y prendre i)art à la guerre dirigée contre ses anciens alliés. Dissuadé de ce projet par son père, il se rendit à Athènes pour y continuer ses étu des. Mais il y mena d'abord une vie de plaisir etide dissipation, entraîné, à ce qu'il parait, par un rhéteur du nom de Gorgias. Les conseils de son père et d'Atticus le firent bientôt rentrer dans le devoir; il avoua même ses torts dans une lettre adressée à Tirono, et il y ajoute, en preuve de son changement de vie, qu'il s'adonnait à l'étude de la philosopliie sousCraUppe de Mitylène. Après la mort de César, il fiit élevé aux fonctions de tribun militaire par Brutus, dans le parti duquel il attira la légion commandée par Pison, lieutenant d'Antoine; il battit et fit prisonnier C. Antonius, et rendit de nombreux services durant la campagne de Macédoine. Après la bataille de Philippes, il alla rejoindre Sextus Pompée en Sicile, et, profitant de l'amnistie rendue en faveur des exilés, amnistie stipulée expressément dans le traité conclu entre Sextus et les triumvirs , en Tan 39 avant J.-C, il revint à Rome. 11 y vécut dans la retraite jusqu'à l'époque où Octave le fit entrer dans le collège des Augures, et plus tard, en l'an 30 à partir du 13 septembre , il le choisit pour colique dans le consulat. Par une coïncidence assez singulière, c'est à Marcus TuUius Ciééron, en sa qualité de consul, que fut annoncée la prise de la flotte d'Antoine, suivie ensuite de la mort'dc ce Romain célèbre; il était écrit, remarque judicieusement Plutarque, qu'un Cicéron enregistrerait le chÂtiment d'Antoine. Plus tard le même personnage fut gouverneur en Asie Mineure, et selon d'autres en Syrie ; à dater de ce moment on n'a plus de détails à son sqjet.

Pline, iiiiL nat., XII. S; XIV, IS. - Sénèqae, de Beiuif., IV, 10. — PlaUrqoCt CUérm et Brutus. -«Applen, BeU. civ., IS; 19, tO; V, s. — Dion Casslos, XLV, 1I(XLVI,S,18,41,19.

CICÉRON (Quintus Tttlliuê), frère de Torateur, né vers l'an 102 , mort en l'an 43 avant J.-C. U reçut la même éducation que son frère aîné, qu'il accompagna à Athènes, en l'an 79. En (i7 il fut élu édile, et préteur en 62. Plus tard, il remplaça D. Flaocus dans le gouvernement de l'Asie, où il resta pendant trois ans. D'un caractère violent , il ne se concilia pas les sympathies des populations, qu'indisposa d'ailleurs la

cormption de son affranchi Statios. LeB murmures que fit éclater cette rode fitçon de goavemer provoquèrent la lettre si connoe que M écrivit le grand orateur, son frère, et dois laquelle il trace à Quintus le tabtean des devoirs d'un bon gouverneur de province. Bi Tan 58, quelque temps après le départ de mm frère pour l'exil, Quintus fit tous ses eflEwIi pour faire rappeler Cicéron; ce qui loi vakÉ une accusation de la part d*Appius do&Sy fils de C. Clodius. En l'an 55 accompapft 06sar en Bretagne, puis en 54 il fut envoyé m quartiers d'hiver, avec une légion, cbei les Rerviens. Il y fut attaqué à l'improviste par me multitude d'Éburonset d'autres tribus, poussées à la révolte par Amlnorix. Quoique attdnt d'une grave indisposition, Quintos Cioàa prit de si énergiques mesures, et sut si bien M défendre, que César eut le temps de le venir secourir. En l'an 51 il fut un des lieutenants de Marcus TuUius en Cilicie; il prit alors le < mandement des opérations contre les gnards. Après la bataille de Pharsale, Cicéron, n'écoutant que la violence de son tenipérament , se laissa aller à des onportemats inattendus de langage contre Alarcos Tkdfios; U alla mêmcjusqu'à écrire en Italie à des personnages de distinction des lettres où il incrimiasit la conduite do son frère; puis, se dirigeant veis Alexandrie , il y vint faire sa paix avec César. A son retour en Italie, il y eut une réoondliatiou, et l'on n'entend plus parler de lui jnsqu'A l'an 43 avant J.-C. , époque où il tumba vîdinie des proscriptions des triumvirs. Quintus Cicé* ron avait aspiré aussi à la gloire littéraire; il était poète, et sous ce rapport son frère rorateur le reconnaissait comme son supérieur. Le foltd'avoir composé en quelques jours quatrç tragédies n'eit pas une .preuve bien suffisante de cette sopériorité : il était réservé à notre -.^poque de ftire de la rapidité d'exécution un élénoent de la ^birs littéraire. U ne nous est rien panrena de ces compositions dramatiques. On n'a de Quintos Cicéron que vingt-quatre hexamèires sur les douze consteUations, une épïgraimme en quain lignes sur l'amour des femmes, mais peu fli^ teuse pour le beau sexe. H a laissé en prose Ins épitre à son frère, intitulée : de PetUiane < sulatus, contenant tous les conseils :

pour réussir dans la recherche de cette i U avait épousé Pomponia, sœor d'Atticus, doal l'incompatibilité de caractère ne le rendit pis heureux.

acéron. ad Quint., frvtr,, I, U, III, S ; jpto Jearfto. XXXI: ad. Attie,, III, 17; XI, %» 9. IS, IWIS; to. ~Uppleo, Beil. av., IV, M. — D. Cauliu, 7; -XX^Vi, ul-. César, Bell, gall., V. 24.

cicÉnoN ( Quintus TuUius ), neveu de IV rateur, et fils de Quintus TuUius Cicéron et de Pomponia, sœur d'Atticus, naquit vers Fan 6e oo 67, et mourut en 43 avant J.-C. Une partie de son enfance se passa avec son cousin Marcus, sous les yeux de son oncle, qall aooompayia en Cf-

OCÉROI) — CIGOGNARA

iMâe. Après la bataille de Pharsale, il s'éleva, dans ronique désir de se couciiier la faveur du vainqueur, contre laconduite de Cicéroo. Il obtint en effet son pardon de César, qu'il suivit en Eqpagne, et continua de chercher le succès dans h dâertion de ses plus proches relations^ quand eOea ne s'accordaient pas avec ses mtérèts.

Apèt le meurtre de César, il fut quelque temps nwmme de confiance d'Antoine, dont il abandoDDa le parti à la suite de quelque blessure d'^moor-propre, pour se rallier à Brutus et à Cassioa; ce qui le fit proscrire par les triumvnn. On dit qu'à ce moment il racheta de son mieax ses erreurs passées , en refusant, même tons la torture, de faire connaître la retraite où se tenait son père.

Oeéron, ad jtUie^ V, VI, X. XIV, 10. - Dion Cas ëm, XLVU.

OG06RA (Pasqiml), doge de Venise, mort le 2 avril 1595. Il descendait de Marc Cicogoa, apothicaire, élevé au patriciat en 1381, et dut la diguté de doge à la réputation de sainteté dont it jouissait II fut élu après cinquante-deux tours de scrutin, le 18 août 1593, contribua beaucoup à TembeUissement de Venise, et fit bâtir en terre fenne la forteresse de Palma-Nuova. Ce fut apua aon gouvernement que la république recon- ■ot Henri IV comme roi de France. Cette recponaissance fut accueillie avec enthousiasme par les Vénitiens. Il y en eut même qui prirent parti dans l'armée du i*oi contre la ligue. La république prêta de l'argent à Henri, et, couronnant un si bon procédé, elle ordonna à l'ambassadeur de jeter au feu les titres de cette créance en présence du roi.

Oara, UUtoire de FenUe, IV, ts, S et 8.

JciGoeHA (Emmanuel- Antoine)^ littérateur italien, naquit à Venise, le 17 janvier 1789. Il fit ses études au collège des nobles d'Udine, et ftaten 1811 nommé procureur impérial, d'abord dans cette ville , puis à Venise; tout en remplissant ces fbnctions , il cultiva les lettres et l'histoire. De 1808 à 1810 il publia quelques Essais sous le pseudonyme de Angelo Eugenio Mentice MÊantovano, anagramme de son nom. On a en ootredéhd : Novelleihedite; Venise, 1822,2 vol. ii-11; — il Libro dei Vangelj iesU) di lingua du antmimo del secoloXV; Venise, 1823; —Le XXIIi prime epistole di Seneca, vçlgariziate da anonimo del secolo XIV; Venezia, 1824 ; -^ Trattato délia pavertade di Gtsu Cristo, scriito nel buen secolo; Venise, 1827, in-8*; — Ristretto d'ortografia di saccoccia; Venise : eet ouvrage a eu dix éditions; — Ammaestramenti intomo al matrimonio ed alla educa- %i4me deiftgliuoli; Venise, 1816, in^° ; — JHsterUuUùne storico-eriticasulla invenzione del eorpo di san Marco; Venise, 1811, in-8''; — Guida del forastiere per le sale superiori delpalazzo ducate; Venise, 1817, in-12;»

Gtnealogia délia veneta patrizia casa di Pasqutàigo; Venise, 1822; — Mtere critiche

Momo air opéra délie venetechiese del Soravia; Trévise, 1822-1823, in-8« ; — Vite (U Nicolo edi Jacopo Tiepoli, veneziani pœti del secolo XVJ; Venise, 1828, in-8'»; — Cenni storico-^:ritici intorno a Bianca Capello; Venise, 1828, in-8*; — Iscrizioni veneziani^ volumi 10 in-é", publiés en plusieurs années, sous les auspices de l'empereur d'Autriche. D. M.

MaziarelU, Biographiet autographes inédUes.

C1G06HAKA ( Léopold, coTùte de), savant antiquaire italien, né à Ferrare, le 26 novembre 1767, mort k Venise, le 5 mars 1834. Il reçut une éducation distinguée, étudia d'abord le droit public, l'histoire de sa patrie , et montra pour les beaux-arts un goût décidé. Pendant quelque temps les sciences physiques et mathématiques captivèrent son esprit; mais l'amour des arts ayant repris tout son empire, on vit Cicognara, contre la volonté de son père, partir pour Rome, où il brûlait de voir et d'étudier les monuments de tous les genres dont les siècles ont doté la ville des césars et des papes. Il explora la Sicile dans le même but, vit Rome de nouveau , et revint ensuite dans sa ville natale , riche d'études et de savoir.

Le comte Cicognara fut successivement membre du corps législatif, ministre plénipotentiaire delà république Cisalpine à Turin (1799), député aux comices de Lyon, conseiller d'État, président de l'Académie des beaux-arts de Venise en 1812, et décoré par Bonaparte de l'ordre de la Couronne de fer. Après les événements de!1814, l'empereur d'Autriche l'ayant maintenu au poste honorable de président de l'Académie de Venise, bien que fortement soupçonné de carbonarisme, Cicognara brûla de l'encens pour ce nouveau maître comme il en avait brûlé pour Napoléon. Chargé parles états de Venise de présenter à l'impératrice Caroline à Vienne divers objets d'art exécutés par ses compatriotes, il y joignit, à titre d'hommage particulier, cent exemplaires d'un livre imprimé à ses frais (Og0o amdelle provincie Veneie; Venise, 1818, in-fol., orné de 18 planches), contenant la gravure et la description des statues, bas-reliefs, pierres gravées, orfèvreries composant cette oflrande nationale. Ce livre de luxe, tiré à petit nombre, n'ayant point été vendu , mais distribué seulement aux amis de l'auteur, est aujourd'hui une rareté bibliographique.

Comme président de l'Académie des beauxarts de Venise, Cicognara s'est acquis des droits h la reconnaissance publique. L'accroissement du nombre des professeurs, l'agrandissement de l'Académie, le perfectionnement apporté dans la direction des études, l'institution des prix décernés aux élèves, la fondation d'un musée de tableaux vénitiens, sont considérés comme son ouvrage. Ses principaux travaux littéraires sont: del Bello Ragionamenti ; Florence, 1808, in-4'', dédié à Bonaparte, à qui l'auteur dit : / posteri potranno chiamare a Imon drittô

acoGNARA — acuRmus

Stt

l'eià nostra aureo seeolo di Napoleone. Ce livre a été réimprimé in-12, à Pme , en 1825 ; — Memorie st(frichi de' lUterati edr artisti Ferraresi'fFemie, 1811: composés à Taide el comme réfutation da premier manuscrit de l'abbé Girolamo Bamflaldi : le Vite de^ piû insigni pUtori ed.scultori Ferraresi, conservé à la bibliothèque de Saint-Marc ; — 5/ori^i délia seultura , etc.y depuis la renaissance jusqu'au dixneuvième siècle, pour servir de continuation aux oeuvres de Winckelmann et de D'Agincourt; Venise, 1813-1818, 3 vol. in-fol.,avec 180 planches au trait, où sont figurés plus de 500 monuments. Cet ouvrage capital, dédié à Napoléon, qui contribua pécuniairement à sa publication, dès que le premier volume lui en eut été offert à Paris par Tauteur, en 1813, et que Tlnstitut de France en eut fait l'éloge, est celui sur lequel se fonde principalement la réputation de Cicognara ; il lui valut d*ètre nommé correspondant étranger de l'Académie des beaux-arts ; — 4* /« Fabbriche piit cospicue di Venezia, 2 vol. in-fol, avec 250 planches au trait ; Venise, 1 815 et années suivantes. Dans cet ouvrage, publié souslcs auspicesde l'empereur François I^, sont figurés en plan, coupe, élévation, les monuments d'architecture les plus remarquables de tous les siècles que renferme la ville de Venise, avec -des observations historiques et critiques, rédigées en grande partie par Cicognara sur les documents fournis par ses deux collaborateurs , Antonio Diedo, secrétaire del'Académie, et Antonio Sel va, tous deux architectes distingués ; — Memorie spettanti alla storia délia calcografia; Prato, 1831, in-8'', et atlas in-fol. Cicognara est de plus auteur de nombreuses dissertations sur la peinture, la sculpture , l'architecture , la gravure , les nielles, etc., dont Papoli, dans la 11* livraison de y Exilé j recueil de littérature italienne publié par des réfugiés, donne une notice circonstanciée. On dte comme remarquables celles sur les chevaux de Saint-Marc, sur le Panthéon, sur les Propylées, sur deux tableaux du Titien ; — les éloges de Fossini et San-Laiaro, de Blilizia, de Canova ; — enfin le catalogue raisonné ( Catalogo rayionato, 2 vol., in-8% Pise, 1821) des livres d'art et d'antiquités qui composaient sa bibliothèque particulière au moment où, sa fortune ne pouvant suffire aux dépenses de ses publications littéraires, il se vit contraint de la mettre en vente. (Le pape en fit l'acquisition en 1824, et la réunit à la bibliothèque du Vatican). Ce catalogue est un guide très-précieux pour les amateurs , en ce qu'il est enrichi de nombreuses remarques sur le contenu, la valeur, le nombre des gravures, les premières et les meilleures éditions, etc., des raretés bibliographiques qui s'y trouvent désignées.

Cicognara était un homme éclairé, avide de recherches , doué d'une grande sagadté et ami passionné des arts et des artistes. Marié à la f la belle veuve Foscarini , sa maison étaitle m- 1

dez-vons d'une société choisie et aussi rocommandablea par leur rang que ftt leurs lumières. C'est là que, par la cjubUiiwim d'une conversation aniooée, Cicognara mûriiMt les jugements qui devaient doonor la vie à Mi ouvrages, et particulièrement à sa Siaria dèUë scuUura, objet de sea incessantes méditatiii.

Ce n'est point ici le lieu d'analyser on livre de cette importance. Les personnes qui Toudrait se faire une idée de ses mérites et de ses défauts devront consulter, avec Giroon^nclin toutefois, les artides bienveillants de M. Qnafiemère de Quincy, dans le Journal des tammlf de 1816 à 1819, et ceux d'un adversaire, M. EmeriD- David, dans la Revue Encyclopédique^ en 181f et 1820. Fiorillo, dans les GoelHng, Anseigen^ nous parait avoir porté sur cette prodaclioD etpitale de Cicognara et de son coUatrarateor, Pietro Giordano, le jugement le plus sain et le pins désintéressé. Disons cependant que Ciooepari possédait plus de sdence que n'en ont ordfinalrement les hommes d'esprit, plus de talent pou écrire que la plupart des antiquaires, phù de sagadté en matière d'art que les uns ^ les antres; mais qu'il juge trop souvent des arts a homme du monde, et sônble n'avoir < son grand ouvrage sur l'histdre de la < que pour avoir occasion de sacrifier à ses ( Canova, dont.il publie à peu prèsToeavrec plet, toutes les illustrations modernes dans Fut de*la statuaire.

Le comte Cicognara a passé à Rome les dernières années de sa vie. [ M. Soter, dans VBnc. des g, du m,],

Tipaido, Bioçr^/la deçU itaUaiU iUmgtri, L X» p. M. — Zanlnl, NoUcê nëeroiogiqm tur L. Cleo§mmr% dans le septième toI. des Procréé des $eiêmom» ém Mtre» «t des arts, etc. — Beochl, Blogio d«l eowUê IM' po/. Cicognara.

* GiGOCHiifi (Jacques), poète italien, niHr de Florence, vivait dans la première moitié da dix-septième siède. Ses prindpam oovragBS sont : VAmor pudico, /estino e balii ; VUerbe, 1614, in-12 ; — VAurUla/eriirice immioente^ battagliola; Bologne, 1622, in-12; •— ii Jtar^ tirio di santa Agata , rappresemtatkme ancra; Florence, 1624, in-8**; — laFUUaMora^ commedia; ibid., 1625, in-d*"; — il Gran natale di Cristo; ibid., 1625, in-S""; — Drk»\fbdi David , rappresentazione sacra ; ibid., 1633, iii-8" ; * Inni sopra santa Antonia di Podoa ; ibid., 1633.

Megrl, ScrttL fiormit,

* GicoLim (Barnabe), médecin italien, vivait à Rome vers la fin du dix-septième siède. On a de lui : /a Bile smascheraia, o siaii fuooo discoperto a ben^fido d^ Fioenli; Rome, 1 691 , in-8° \^Quintessen%a meiMmaiey teoricaepratica; ibid., 1692, in-8*.

ClneUi, BibiM, vol.

* ciGimiNUS, nom d'une ftmiDe patricienne de U gens Veturia, dont les prindpaox mem-

aCURINUS — CLD

tares» dans l'ordre chronologique^ furent les soi- Tasts:

* GicuftUfiTS ( Publius ). Il fut consul en 499 arant l'ère chrétienne et eut pour collègoe T. CEbothis El^a. C'était à l'époque du li^ de Fidènes» de la prise de Crustumeria et de la révolte de Preneste. Tite-Live donne à Gieiirinoa le prénom de Caius, et Denys d'Halicamaase l'appelle Publius, et ce dernier prénom eitpkiB Yraisemblable; il parait que ce person- ■a^B Alt en même temps questeur.

Tllc-Uve, n» 19. — Denyï d'Hailcarnasse, V, 88.

* GlGTRiirus ( Veturius Geminus ) , consul es 494 avant J.-C. Il eut pour collèfçue Virginius Tricostua CkKliomantanus. C'était à l'époque de la retraite du peuple sur le mont Sacré et de l'éta- Miseement des tribuns; Cicurinus fut envoyé eootre les Èques, qui dans la même année avaient envahi le Latium. A l'approche du consul, ils ae retirèrent dans les montagnes.

TRe-LlTe, II, ts-ao. -Denyï d'Hallcaroasse, VI, Si.

*ciGimiNUS {Veturius Geminus), consul ca4a2 avant J.-C; il eut pour collègue Lucretius Mâptinus. Il vainquit les Volsques, et reçut à cette occasion les honneurs du triomphe.

Ttte-Uve^ m, 8t 10. —Denys d'HaMcarnasse, IX, 69. — Modore,XI,8l.

* «ncuRiif US ( Veturius Geminus j, consul es 455 avant J.-C. Il marcha avec son collègue Romilius Rocus Vaticanus contre les Èques, qui ftirent défaits, et sur lesquels les consuls firent on immense butin, qu'ils ne distribuèrent pas aux soldats, mais qu'ils destinèrent à coinbler le vide du trésor. Cela leur valut l'année suivante d'être accusés de concussion, et Cicurinus en particulier fut condamné à une amende de 10,000 as. On le consola de ce revers en le nommant augure en 453.

îltc-UTe. III, SI-». — Denys d'Hallcarnasse, X, S3. — nodore, XU, S.

GID ( Rodrigue Diaz de Bivar ), héros castîflaii, né à Burgos, en 1026, ou, plus tard, vers 1045, mort à Valence, en 1099. Héros immortalisé par Corneille, il porte en Espagne les surnoms d'jBT/ mio Cid, c'est-à-dire Monseigneur, et de Campeador, Voici ce qu'on raconte de lui : Don Rodrigue, l'idéal des vertus héroïques de son siècle , la fleur de la chevalerie espagnole, aimait, aussi tendrement qu'il en était aimé, la jeune Chimène, ûlle du comte Lozano de Gormaz, qui, avec IMego, père de Rodrigue, était le chevalier le plus distingué de la cour de Ferdinand r**, roi de Castille. La haute considération dont jouissait Diego à cette cour excita cependant la jalousie de Gormaz, et mit la désonSon entre les deux pères : il 7 eut entre eux un duel. Le vieux Diego, blessé et insulté par Gormaz, chargea son iUs de le venger. L'honneur l'emporta sur l'amour dans le cœur de Rodrigue, et Gormaz succomba. Chimène, de son cOté, ne put céder à la voix de son amour, et dut appder la vengeance sur la tête de son amant. Rodrigue le souhaitait lui-même» pour apaiser

les douleurs de son cœur déchiré ; mais Chimène ne put trouver de chevalier qui voulût s'essayer contre le jeune héros. Cinq rois maures avaient, sur ces entrefaites, envahi une partie de la Castille , répandant partout le ravage et la mort : Rodrigue, à peine âgé de vingt ans, mais impatient de trouver une distraction à ses chagrins, s'élança aussitôt sur son noble coursier Babieça, et à la tête de ses vaillants vassaux il alla combattre ces ennemis formidables, qui cessèrent bientôt d'être la terreur du pays. Il envoya les cinq rois prisonniers à Ferdinand : celui-ci, plein de reconnaissance, fit amener la belle Chimène devant lui, et l'accorda à Rodrigue. Les deux amants se marièrent peu de temps après, à Valence. Ferdinand réunit la Galice, les royaumes de Léon et d'Oviedo à la Castille, et si la renommée l'a surnommé le Grand, c'est à Rodrigue qu'il en est redevable. Ferdinand se trouvant quelque temps après en contestation avec Ramire, roi d'Aragon, au sujet de la possession de Calahorra, ce dernier appela Ferdinand en duel, et lui envoya à sa place le chevalier Martin Gonzalez. Ferdinand se fit représenter par le Cid , qui, vainqueur de Gonzalez, acquit à son roi la ville en litige. Ferdinand, dans son testament, avait partagé son royaume entre ses trois (ils : la Castille échut à Sanche, Alphonse obtint les royaumes de Léon et d'Oviedo, et Garcia la Galice, avec la partie conquise du Portugal. Ce partage ayant suscité une guerre entre les frères, Sanche sortit victorieux de tous les combats , car le Cid, qu'O avait nommé Campeador de toute son armée, portait sa bannière. Alphonse fut fait prisonnier; Garcia perdit sa couronne par son imprudence. Il ne s'agissait plus que de soumettre Zamora , qui se défendait opiniâtré*ment sous les ordres dlJrraca, sœur de Sanche, quand ce prince fut assassiné devant les murs de la ville. Alphonse, que le Cid avait battu huit mois auparavant, fut alors nommé roi. Les romances racontent que le Cid, au nom des états de Castille, lut à son nouveau souverain un serment qui devait le purger de l'assassinat de Sanche , avec une gravité tellement imposante qu'Alphonse VI en fut ébranlé. Malgré les grands et nombreux services qu'il lui rendit, le Cid apprit néanmoins bientôt à connaître l'mconstance de la faveur royale. Un homme tel que lui, droit, sevère, vertueux, inflexible, qui avait des sentiments élevés et méprisait la vie oisive des cours , n'était pas propre au métier de courtisan. Son ami fidèle, son inséparable compagnon d'armes, Alvaro Hanez Minaya , sa femme et son enfant, étaient pour lui tout au monde. La sévérité de ses traits excitait en même temps la crainte et le respect; mais sa vie retirée alimentait la calomnie des courtisans, qui le firent plus d'une fois condamner au bannissement. On se ressouvenait de lui au moment d'un danger, et le généreux Cid oubliait alors toutes les offenses qu^ avait reçues. Le roi poussa Fiijnstice jusqu'à

GID — QEOO

lui enlever tout ce qa*il pogsédait , même sa femme; et s*U rendit Ctiimène à la liberté , ce fbt par un sentiment tardif de pudeur, ou peutêtre aussi déterminé par la crainte. Cependant Rodrigue, exilé et n*ayant d*appui que dans sa propre force, devint plus grand que jamais. Fidèle à sa foi et à sa patrie, il créa , par la seule gloire de son nom, une armée pour aller combattre les Maures à Valence. Au milieu de ses victoires, il vola an secours du roi , lorsqu'il le sut menacé par loussouf, fondateur de Tempire de Maroc. Mais cette fois encore il fût payédMngratitude, et se vit forcé de se sauver pendant la nuit avec une poignée de ses plus fidèles guerriers. Enfin, sa générosité toucha encore une fois Alphonse YI, et il permit indistinctement à tous ses sujets de prendre part à la guerre du Cid, qui combattait toujours avec le succès le plus constant pour l*£spagneet pour la foi, et depuis lors le cœur d'Alphonse lui resta ouvert. A cette époque, deux frères, les comtes de Carrion, résolurent de s'emparer des richesses du Cid, en épousant ses filles. Le roi avait fait lui-même la demande de leur main,| et le héros n'avait pu résister à ses instances; mais, à peine mariés, les frères disparurent avec dona £lvire et dona Sol, dont ils vainquirent la résistance par toutes sortes de violences et avec les ûnmenses trésors que le Cid avait amassés. Cette trahison ayant été découverte par un confident que le père avait envoyé surlcurs traces, le Cid demanda vengeance. Alphonse«convoqiia alors tous ses vassaux des royaumes de Léon et de Castille en une cour de justice qui se tint dans la ville de Tolède. On ordonna aux ravisseurs de rendre les bgoux et les richesses , et d'en venir aux mains avec les chevaliers dont le Cid ferait choix. Forcés malgré eux d'obéir au jugement, les deux comtes et leur oncle furent terrassés par les champions du Cid : on leur laissa la vie sauve, pour qu'ils la traînassent dans le déshon-neur.

Les derniers exploits du Cid furent la conquête de Valence, en 1094, et celle de Murvicdro ( Sagonte). On l'enterra dans le couvent de San-Pedro de Cardena, près de Burgos, où des rois et des empereurs sont allés visiter sa tombe. Sa noble épouse y repose près de lui, et sous les arbres, devant le monastère, est enterré son fidèle coursier Babieça. Son épée, Colada, est déposée dans l'arsenal royal de Madrid , et l'on en voit une autre, nommée Tizona, dans les archives des marquis de Falce. D'après quelques auteurs, le Cid se serait marié deux fois : Chimènc,^ la fille du fier Gormaz, aurait été sa première ^use, et une autre Chimène, nièce d'Alphonse, serait devenue la seconde, en 1074.

Les hauts faits du Cid, et particulièrement son bannissement et son retour, ont fourni le sujet du pocme-le plus ancien de la Castille, vraisemblablement composé vers la fin du douzième siède ; flestintîtalé: PoemadelCidelCampeador,ei

se trouve dans la CoUeeUm de poêsiai easteUm^ nos anteriores al siglo XVj que Sanchei âl ptrattre en 1775, et dans la BibUathÊcacoMtéUœiaf protugues y provenzal de Schubert Des romuiœs plus modernes, également coosacrées à la némoire du héros, fbrent recoeîUies m oonmiflM»ment du seizième siècle par Fernando de Oastfllo, et reproduites en 1614 par Pedro de Flom, dam le Momaneero gênerai. Noos dteroot amà vm recueil de romances publié par Eicobtr» toos It titre de Historia del mtf y noble y «oieroeo c»* ballero el Cid Ruy IHaz (Ushomie) 1016; Séville, 1632). Une autre édition, enridiie d'à» traduction de la vie du Cid par Jean de Hotoy aété publiée à Francfort-sur-leMefaiy la^S^fn^ia. Ces romances sont au nombre de plus de 100; Herder en a traduit environ 80 dans ton CH.

Robert Southey a recueilli dans sa CknmikU 0/ the Cid, Jrom the spanish (Lond., 1806, in-4*' ), tout ce que les chroniques et les romaneei encore existantes racontent du Cid. Masdes, dans son Historia critica de J?5jMPia( Madrid, 1805 ), met l'histoire de ce héros espagnol m nombre des fables, mais sans alléguer des ratscni suffisantes à l'appui de cette opinion.

Creusé de Lesser a publié à Paris (1814) fo Homances du Cid, imitées de l'espagnol en virs français; nouvelle édition, avec une préftee historique de 35 pages; Paris, 1821, lii-24. lÊwc des g, du m.],

Historia del/amoio eavallero dd Ruff DUiiSé' Tille, 1T16. — José Pereya Bayam. Historia delfàmoilisimoheroe et inveneivel'cavalheiro, de; Usbone, rm, -Aschbacb, Diss. deCidi hUt, fomtiiuMi Bob^ UN. lii-4«. — QttlDtana, ^iê du Cid, trad. de rtipa«Ml: Rouen, 1897, iii-8»,

GiBCO ( François Bello, dit ), poète ifafies, natif de Ferrare , vivait dans la seconde moitié du quinzième siècle. Ce poète était avengte, et n*était connu que sous le nom de VAveuçU de Ferrare. On a de lui : Lïbro d'arme e d*amore nomato Mambriano ; Ferrare, 1 509, in-4*; Milan, 1517 ; Venise, 1523. C'est nn poteie de dievalerie en 45 chants, dont le sujet est tiré des vieux romans de Charlemagne.

FonUntnl,ir<ftfiot*. <r^/09twfis«. — QlagBcaé, < ITM. litténtire dritalie, t. IV, p. tss-tso. — Tlnboichl, 5loria délia letteratura italiana, t. VI, p. iN.

GIBCO (François), poète italien, natir de Florence, vivait dans la seconde moitié du qoinzième siècle. On a de lui : Tomameniofaito te Bologne, Vanno 1470, per ordine di Giovamd Bentivoglio; Bologne, 1471, in-4*; — Sâlodi Malagigi; Bologne, m-4''; — Lauda di Venezia, in tersa rima; Venise, 1536, in-8*. Ce poète n'est pas identique avec le (nréoédcot

Tlraboicbl, Storia. deUa UtUratura itaUtmm, t VI. p. t»7.

GIBCO (Christophe), dirmdqaeor Hafien, natif de Forii, vivait dans la seconde moltiédn seizième siècle. On a de hd : Cnndea «miMrsale delV antiea regione di Toseana; Vkh renoe, 1572, in-8«; — Cnmiea dMa Mmta IWH^tona; Venise, 1574, In-T.

CIECO ^ aGALA

TkiboMU,5torltf iTsnalettfraeMfa {Mltaiia,t vn, p. IM. - Bader. Bibl. hitU

* CIBGO {Jacques), poète italien, natif de Véroney Titaît yen la &i do. seizième siècle. On a de Id : Opéra nova nelle quale H contiene wiu> eonUfoithnento tra due donne per una ^oUfiia; Vérone, 1591, în-12; — Opéra nova topra la masena del grano, in-12.

Adehmff, rappL à iOeher. Âllgem. Gelehrt, LsxUtm,

GUUIF1TB609 (Alvorez), théologien et prélat e^agnol, dç Tordre des Jésuites, né en 1657, à Aquerra, dans les Asturies, mort à Rome, le la août 1739. n fut d*abord professeur de philoiophie à Compostelle, et de théologie à Salajonuiqiie. Ayant^embrassé le^parti de rarchidoc Charles contre Philippe V, il se rendit en Aile- ■Mi^ie, et Ait chargé parles empereurs Joseph P' et Charles VI de plusieurs négociations à la cour de Portufid. Charles VI le fit élerer à ta dignité de oardinal , et le nomma son ministre plénipoknliaire près de la cour de Rome, puis é?âque de Cttane, enfin archevêque de Mont-Réal en Sicile. On a de lai : to Vida del venerabile P, Juan Nieio; 1693, in-8<>; — la Vida del grande HoUo Francisco Borgia; Madrid, 1702,in-fol.; ^ jEnignui theologicum, seu quœstiones de TfiMaie dMna; Vienne, 1717, 2 vol. in-foL; — VUaahscondita sub speciebus eucharistie di ; Rome, 1728, in-fol.

Monlort, Rtrum Ualie. script, t X. - Moréri, Dict, àitL — Ranft, Lebefug9ichicMe aller Kardinaele.

cnRruBGOS (Bernard), botaniste espagnol, ■ilif de Tarragone, vivait dans le seizième dède. n professa à. Tuniversité d'Alcala, et s'occupa surtout de la recherche des plantes indigènes. On a de lui : Histoire des plantes; 7 Toi. Cet ouvrage, resté manuscrit, se trouve à k bibliotbèque de l'Ëscurial.

CavMfUes , NoOce historique sur B. ZCienfuegot, éâm tai Jnnalet d*hùt, naturtlté êtpagnoh, p. ii6;.

** GiB!iFiJBGes ( Sicasio-Alvaret de) , poète espagnol, né à Madrid, le 14 décembre 1764, mort à Orthez, en juillet 1 809. U fit à Salamanqne d*AceUentes études, et parut dans le monde littérave à Tépoque où Cadalso et Melendez opéraieot une rénovation dans la poésie espagnole. he dernier reconnut hautement Cienfbegos pour

k diadple, et lui légua sa lyre, tandis que don ' Quintana lui dédiait la dernière édition de set poésies. L'école à laquelle appartenait le jeBDe poète lui attira l'antipathie de quelques éBrivaniade son temps, et il fut regardé par Josef Marriiepa « comme un de ces corrupteurs fran- « cisés qui, sans l'opposition d'hommes d*un « gott délicat, auraient fait faire la culbute- « à U belle langue castillane ». L'apparition de •es poésies 9 qui eut lieu en 1798, lui fit donner par le gonvemcment la rédaction de la Gaceta il d^Sl MercuriOj et peu de temps après il fut ■ommé chef de division aux affaires étrangères. A répo(iae de l'occupation de Madrid par les Français, le premier deces journaux publia contre rcoipereur Napoléon un article qui excita contra

Cienftiegps le oonrronx de Murât. Peu de temps après le poète futcondanmé àmort pour s'être mis à la tète de l'hisurrectiondu 2 mai 1808. Ses amis parvinrent pourtant à le sauver; ils sollicitèrent Cienfuegos de demander un sursis; il s'y refusa énergiquement, et, gravement malade, il vint mourir en France, lieu de son exil. Parmi ses odes et ses épUres, qui jouissent d'une réputation méritée , on cite la pièce de vers qu'il adressa au général Bonaparte, et qui porte pour épigraphe :

Vtetorque vlros inpereinlnet ooines.

lia laissé, en outre, plusieurs tragédies : PUta' eus, qui le fit nommer membre de l'Académie de Madrid, Zoroïde, la Comtesse de Castille, Idoménée, et une comédie intitulée les Saurs généreuses. Ses poésies sont en général pleines de sensibilité et de traits enfantins, qui ne Jaissent pas soupçonner l'énergie et le courage dont Cienfuegos fit preuve dans sa vie politique. L'Espagne 4)oétique renferme deux morceaux de cet écrivain : le Vieillard et le Frêne, romance d'un charme inexprimable , et son idylle le Tombeau, Ses Œuvres ont été imprimées à Madrid, 1816, 2 volumes, et ses Poésies lyriques le furent à Paris, en 1821. Wolf en a inséré quelques passages dans la Floresta de rimas modemas castellanas; Paris, 1837.

B. Fresse-Montval.

Jaan Maary, Esp. poit., t. II. — Dictionnaire de ta conversation,

GIBZA OU GiEÇÂ DB LÉON {Pierre), chroniqueur espagnol, natif de Séville, vivait dans la première moitié du seizième siècle. Il servit dans les Indes occidentales, sous les ordres de Pizarre, et séjourna dix-sept ans dans le Pérou. On a de lui : Chronica del Peru; Séville, 1553, in-fol.; Anvers, 1554 et 1560, in-8<'. On y trouve la description des provinces et des villes, des mœuis et des coutumes des Indiens. La seconde partie n'a jamais paru.

Antonio, Biblotk, hispana novL,

*GiFRA (Antoine), compositeur italien, né dans l'État Romain, vers 1575. Après avoir été maître de chapelle à Rome et à Lorette, il passa, en 1622, au service de l'archiduc Charles. £n 1629 il retourna à Lorette, et y resta jusqu'à sa mort. Ses nombreux ouvrages sont excellents dans leur genre. Les principaux sont : Motetti, a due, tre e quattro voci; Venise, 1611 ; — àfotetti esalmo, a 12 voci, a trecori; ibid., 1629;

— un A^mu Dei, à 7 voix ; c'est un chef-d'œuvre de disposition et d'élégance du contre-point îor gué;— Sa/mi e motetti, a 8 voci; Rome, 1610;

— Cinque libri di Messe; ibid., 1619^1625.

F«tls. Biographie universelle des musiciens, ciGALA ( Lanfranc ), troubadour italien, natif de Gènes, mort en 1278. Il fut ambassadeur de la république de Gènes auprès de Raymond, comte de Provence , en 1241, et se livra pendant cette mission S la galanterie et à la poésie. H reste de ce poète environ trente pièces; la Ri-

CIGALA — aCNANI

Uiothèque impériale de Paris en contient quelques-unes.

BajDooard, Choix de poétiêt dêt troubadoun, IV, tio. - Mlllot, Hi$t. Htt. des trtmbadoun.

€16ALB (Scipion). Voy, Sinan-Pacha.

€I6ALB ( Jean-Michel ), dit Mahomet-Bey , aTentorier yalaque, vivait dans le dix-septième siècle. Après avoir brillé un moment à la cour de France, il s*éteignit dans Tobscurité et probablement dans la misère. Nous n'avons sur lui que des renseignements fournis par Rocoles; nous les reproduirons littéralement, bien qu'ils nous paraissent assez suspects. « Cigale était né de parents cbnHiens, dans la ville de Tergovisti, en Valachie. Son|^re,« qui était fort estimé de Mathias, vaïvode Je Moldavie , le mit en faveur auprès de ce pnnce, qui l'envoya avec son résident à Constantinople. Après la mort du prince Mathias, Cigale revint en Moldavie, où il espérait parvenir, avec Tappui des seigneurs du pays ; mais n'ayant pu réussir dans son dessein, il retourna à Constantinople, et se fit Turc. Depuis, il courut dans des pays où il était inconnu, publiant son histoire, pleine de fourberies et d'impostures, avec une effronterie surprenante. Il y parlait de l'antiquité de la famille des Cigale en Sicile, et se faisait descendre de Sdpion, fils du fameux vicomte Cigale, qui fut fait prisonnier par les Turcs en 1561. 11 disait que Scipion, étant captif avec son père, prit le turban pour plaire à Soliman II , qu'il fut élevé aux premières charges de l'empire, et qu'il épousa la sultane Canon Salie, fille du sultan Achmet, aïeul de l'empereur Maliomet IV, et sœur d'Osman, d'Amurat IV et d'Ibrahim. II se disait fils de cette sultane, et racontait de quelle manière il avait été établi vice-roi de Trébizonde et généralissime de la mer Noire. H joutait qu'il s'était enfui secrètement en Moldavie, d'où il était passé dans l'armée des Cosaques, qui étaient alors en guerre avec les Moscovites. Enfin, il alla en Pologne, où la reine Marie de Gonzague le reçut honorablement, et lui persuada de recevoir le baptême en l'église cathédrale de Varsovie; il reçut le nom de Jean, et ensuite celui de Michel k la confirmation. »

Quelque temps après Cigale fit un voyage à Rome , et fut présenté au pape Alexandre VII. n entra ensuite au service de l'empereur, se signala dans plusieurs campagnes contre les Turcs, visita les principales villes de l'Italie, et se rendit enfin en 1670 à Pans, où il reçut du roi et de toute la cour l'accueil le plus brillant. Moins heureux en Angleterre, il y fut démasqué par une personne de qualité qui l'avait connu à Vienne. Le reste de sa vie est inconnu.

Rocoles, Hist. det imposteurt imiffnes. — Morérl. Craitd dicti hirt.

GI6ALIH1 ( François ), médecin italien, natif de Côme, mort en 1530. H s*adonna k l'astrologie judiciaire. On a de lui : Dux epistolx ad TA. Duntim, de axifmelitis wu et viribus, maxime in plewritide; Zurich, 1592, fai-8^

Ohllinl« TWrtro cTnoMiNl leUerm. - BUtgnfklê médicale,

GiGALUii ( Paul), médecin Italien, fils da précédent, né àCOroe, en 1528, mort èPavie, en 1598. n professa la médedne dans cette dernière ville. On a de hii : de VerapaMa C Pl^ nU secundi, naturx Historix scriptoris, efu»demque fide et auctoritate prxUdUmu; Côme, 1605, in-4''; Francfort, 1608, iih«*; Leyde, 1669, in-»".

Gblllnl, TMtro d'uomkd tettêraH, " mùgrmpMêmé-

GI6NA ( Jean-François ), «natnmiste italte , né à Mondovi, le 2 juillet 1734, mort à Ttarm, en

1790. n suivit les cours de son oncle le P. Beocaria. Parmi les thèses qu'il fit imprimer à Tarin, en 1757, on en trouve une sur l'usage de l'électricité dans la médecine et de rirritâililé hallérienne. Ce fut par sa réponse anx critiqnes des doctrines de Haller qu'il se fit «Mmattre en Europe. £n 1770 il obtint la chaire d'anifomie à l'université de Turin, et publia dans im traité le résumé de ses leçons. Devenu secrétaire d'one société de savants, qui donna naissance à l'Académie royale des sciences de Turin, fldirlBBa la publication de quatre volumes de mémoires, dont fl rédigea la préface, en latin. On a de lui : Sur Vanalogie du magnétisme OMe V électricité; — Expériences sur lacoutewr du sang; — Expériences sur les momiements électriques; — du Froid qui provient de révaporation des liquides ;^dek^ Cause de Vextinction de la flamme et de la wèort des animaux privés d^air; — Sur de nmh velles expériences électriques; — Sur tétêetricité; — Sur la respiration. Tontes ces dUssertations se tronvent dans le recnefl de l'Académie des sciences de Turin. Le&Àctes paMés à Vérone renferment un mémoire de GffiM Sur la castration des poules et la fécondation de Vavf, et le Journal de physique de Rosier une Lettre sur un phénomène produit par Véboulement,

Mémùiret de VAead. des teieiteet de Turêm.

Gicif AN I ( Charles ),*peintre italien^ né à Bologne, en 1628, mort à Forli, le 6 seiilaidm 1719. n fut un des phis câèbres discales de l'Albane, avec lequel fl vécnt dans Ifn&odté et associa ses pinceaux. Doux, modeste, généreaXy même envers ses ennemis ( et il en eut û*amei vils pour mutfler ses ouvrages, qui exdtaieHt leor envie), il Ibl aimé desprfaioes et des gmdty qui recherdièrent ses productions et loi conlèrent dimportants travaux. L'entreprise qâ M fit le plus d'honneur est la coupole de la Jfndona délia Fuocû de Forli, où, à l'exemple dn Corrége à Parme, il figura VAssomptiom de la Vierge ; fresque immense, qui loi ooMa ifagL années de travail , et qui est pent-ètre k pins vaste et la plus remarquable des prodoctfons de la peinture au dix-septième^ècle. Cest là qu'on peut apprécier^ute la profondeur et la wiëlé de songénie, ce feu créatenr et poétiqDe dont fl

CIGNAin — aLANO

était doué. Atec queDe adenoe fl savait disposer SCS figures |»our donner de la grandeur à sa composition, et combien son dessin, visihleiiient inspiré de celui du Corrége , était noUe et gracieux» ses draperies larges , bien jetées et de bon goAt, sa couleur solide, vive et soutenue, quoique suave comme celle du Guide; enfin, à quel éminent degré il posséda cette partie si difficile de Fart nommée clair-obscur^ que tant de peintres démérite ont totalement manquée 1 Viennent cDsuite, dans l'échelle progresaive des bons ouTrages de Cignani , V Entrée de Paul III à Bologne; — François /••• guérissant des éerouelles^ tableau qui fut commandé pour la saDe paUique du palais ; — les Trois Sujets sacrés, dans des ovales, à San-Michele in Bosco; ^ la Puissance de V amour, allégorie dont il orna les lambris d'une salle du palais docal de Parme, décorée déjà d'un plafond magnifique par Augustin Carrache, avec lequel dlea rivalisent de mérite.

Cignani, qui n'accepta aucun des honneurs qui lui furent offerts par le pape, le duc de Parme, et par d'autres princes, a joui de son vivant du seul titre qu'il ait ambitionné, celui de grand artiste. Nommé directeur de l'Académie de Bologne dite Clémentine, U soutint de tous ses efforts l'art, qui commençait à déchoir de la perfection où les Carradie l'avaient conduit : ansai l'Académie le sm\it-elle en quelque sorte à Forli quand il y fut appelé pour peindre cette coupole où se reflète toute sa gloire et sous laqneUe reposent ses restes mortels. [M. Soyer, dans VEnc, des g, du m. j

ZMetU, FUa del cran pUtors Carlo Cignani; Bologne et Rome, lltt, In-i». - Nagler, JVeue$ AUg, MâÊuUer-Lexieon, — Rrech et Graber, AUgem, Bncg-

cicou. Voy, CiVOU.

* CI6HARD1 (Joseph-Marie) , littérateur italiCB, de l'ordre des Servites, natif de Milan, mort dans la même ville, en octobre 1552. On adehii Ristretto délia vita deU* archiduchessa d!*Austria Anna-Giuliana Gonzaga; Bfilan, îtbt^hhS; ^ Faustum optatx pacis augur ri«m; ibid.,in-4*'.

ArgeUU , Bibtioth. MedMan,

* G1GHAROLI ( Giovanni'Bettino) , peintre, né à Vérone, en 1706, mort en 1772. H fut élève du Baleatra, etl'undes peintres les plus renommés do dix-huitième siècle. Dans sa jeunesse, il fat appelé à Venise pour décorer phisieurs salles dopalaia Labia, où l'on voit encore de lui trois plafonds. Après quatre années de travail, il crut devoir attribuer aux procédés de la fVesqoe le dépérissement de sa santé, et fl abandonna entièrement ce genre de peinture. Savant et amoureox de son art, Cignaroli ressemble an Maratta aooa pins d'un rapport, surtout par les mouvements de ses figures, la sagesse de sa compoflitîon , le choix et le rapprochement des couleurs ; roalbeoBeosement, se fiant trop à sa focflité, il n'apporta pas toujours dans ses travaux toot le

wiuv. aiOGR. univiM. — t. x.

soin désirable; aussi voit-on beaucoup de tableaux qui sont peu dignes de lui. Dans ceux-là on trouve souvent im coloris faux et un dairobscur outré. Ses meilleurs ouvrages sont, àPise, unSanto Zorzi, dans la cathédrale ; — à Parme, la Fuite en ^^yp/e, à Saint-Antoine- Abbé, etto Sainte Trinité, à la Steccata; — à Bergaroe, Saint Ferme et Saint Rustique, hlst cathédrale ; — Mathathias, à Sainte-Marie-Majeure, et une Descente de Croix, à Santo-Alessandro délia Croce; — à Vérone, une Transfiguration, à Saint- Zénon; — à Ferrare, une Cène, à l'église du Campo-Santo ; — enfin, la Mort de saint Joseph, dans la cathédrale de Mantoue.

Aucun artiste ne fut plus que Cignaroli honoré par les grands et les souverains. L'empereur Joseph n , après lui avoir fait visite dans sa sa propre demeure, dit qu'il avait vu à Vérone deux choses très-rares, l' Amphithéâtre et le premier peintre de l'Europe. Cignaroli était nonseulement un peintre habile , mais encore un homme instruit et aimant à s'entretenir avec les savants. Il avait des connaissances en physique, composait des poésies italiennes , se plaisait à la lecture des auteurs latins , et écrivit sur son art avec une critique si judicieuse que l'on regrette qu'il ait écrit si peu.

n mourut dans sa patrie, Uiissant deux frères, Giovanni-Domenico, et Felice, qui étaient ses élèves , mais restèrent bien Join derrière lui.

BeTlIaeqiia, nta del Cignaroli. — Orlandi, Abbecedario. — Lanzi, Storia piUoriea, — Malvasla. Pitturê di Bologna.— Wtnckelmann, Neuêi MaklêT'Lêxiean'— Valéry, yogage* en Italie.

* G16NOZZ1 (Joseph), médecin Italien, vivait dans la première moitié du dix-huitième siècle. On a de lui : Xt^ro d^Ippocrate delV Ulcère , con le note pratiche; Florence, 1690, in-S** ; — la Cura délie pinghe ; Venise, 1739, in-S*.

PaltoiU, ÈiMM, degll autori mUieki volgariuaU,

GI60LI. Voy. Cnrou.

GiLANO (George-Chrétien Martenus de), médecin et antiquaire hongrois, né à Preshourg, le 18 décembre 1696, mort le 9 juillet 1773. Il Alt professeur de médecine, de physique et d'antiquités grecques et romaines au gymnase d'Altona, et consefller royal de justice de Danemark. Ses principaux ouvrages sont : de Prmstantia philosophie naturalis ; Altona , 1739, in 4** ; (f e Corruptelis artem medicam hodie depravantilms ; ibid., 1740, in-4*; — de Incrementis anatomix; ibid., 1740 , ^^4**; — de Vi centripeta corporum sublunarium; ïbiâ,, 1744, in-4'*; — de 4,nniversaria Romanorum fibruatione; ibid., 1749, ln-4*; — de Causis grandinum noctumis horis deddentium; ibid., 1755, hi-4<'; — de GigantUms nova disquisitio historica et critica; ibid., 1756, in-4'*; — de Historia vitx magistra; ibid., 1757, in-4'' ; — de Satumalium origine €i eelebrandi ritu apud Rommos; And., 1759,

QLANO — aLON

MO

in-4"; —deMotu humùrumprogressivo, veteribus non ignoio; ibid., 1762 , m-4**;— Au^ûkûrliche Abhandlung der rômUcàen Atterthûmer (Traité détaillé des antiquités romaines); Âltona et Hambourg, 1776 et 1776, in-8»; ouTrage posthume, publié par G.-C. Adler.

AdeluDg. supplément à JOcber, AUg. Gel,- Lez. - JHoçr. méd.

GILICV8 {Ckristianusy Voy, Rartzad (Henri),

^gillartdbKeraiipoul (Clément-Vincent), lexicographe breton, né en basse Bretagne, yers 168G, mort à Locminé, en 1749. 11 fut successiTement curé de Royal Pontivy et de Grand-Champ, puis dief des missions du diocèse de Vannes.

On lui doit, indépendamment d'une traduction bretonne des Stations de Jésus-Christ , qui a eu cinq ou six éditions, un Dictionnaire firançais-breton ou français-celtique du dialecte de Vannes; Leyde, 1744 et La Haye, 1756, ta-8». Ce dictionnaire, faussement attribué à l'abbé Armerye, qu'on a supposé avoir été curé de Grand-Cliamp, est composé dans le dialecte vannetais. Il n'est pas exempt de défauts : il est loin d'al)ord d'être complet; ensuite les mots y sont souvent mal orthograi)hié$ ou présentés comme bretons, tandis qu'ilsnesont que des mots français bretonisés. L'abbé Cillart, comme nous l'apprend lapréftice de son Dictionnaire, avait aussi travaillé àdcs Remarquer sur la langue bretonne, ainsi qu'à une Grammaire bretonne qu'il avait le projet de publier, pni5<|u'il y renvoie souvent dans son Dictionnaire. Ces deux ouvrages semblrnt perdus. P. Levot.

Grt^gotre de Rontrcnen, préfacn de sa CramwMire bretonne^ publiée rn 1718,

* ciLLi (/i/ejcandre), historien italien, vivait à Pistoic dans la première moitié du dix-septième siècle. On a de lui : Historia délie sollevazioni seguite in Pollonia gli anni 160G-1C08 e délie azioni faite in Moscovia da SigiS' mondo 111 ; Pistoie, 1627 , in-4**.

Zacciierla, Bibloth. pUtnriensi*. — Ideluoff, aappl. à Jùrhcr. jéUgem, Gelehrten-Lexicon.

CILLI, ( Barbe de), princesse allemande, appelée la Mcssaline de VAllemagne, fille de Hermann, comte de Cilli ou Cillei, née en 1377, morte à Gratz, le 1 1 juillet 1451. £lle épousa, en 1408, Sigismond, margrave de Brandebourg, roi de Hongrie, puis empereur en 1410. De ce mariage naquit une fille, nommée Elisabeth, qui devint, en 1421, l'épouse d'Albert d'Autriche, depuis empereur. Après la mort de Sigismond, en 1437, Barbe de Cilli voulut garder la Hongrie et la Bohème , et forma le projet d'épouser le jeune Uladislas, roi de Pologne ; mais Albert d'Autriche, que le testament de Sigismond avait appelé au trône, la fit arrêter, à Znaïm. On la vit traînée derrière le cadavre de son époux. Barbe de Cilli ne fut mise en liberté qu'après avoir livré les places fortes qu'elle occupait en Hongrie, et se retira à Gratz (Kôniggratz). Les déporteiœats de cette princesse, peut-être exagérés par ceux

qui les ont rapportés (surtout OSneas Sylvint H Bonfini), lui ont valu son surnom et ont compromis sa mémoire.

Lutfen , mu. de ejUemagM.

CILLI OU GiLLBi ( .... oomte bb)» prinos allemand, grand seigneur de Styrie, frtoe de la précédente, mort au mois de mars 1457. A l'époiiiii ob les Etats de LtÂiOèÈ postkitmê^ roi de Hongrie et de Bohème, dont il était l'onde, te fiw- Taient placés sons sa régence et oeUe d'Honiade et de Podiebrad, il tenta d'attirer à M toute l'autorité, et diercha à inspirer de la défiance A son neveu contre les autres régents. Chaïaé de b cour par les seigneurs antricfaiens, en iM3, il rentra bientôt en faveur, et après s^étre déiMu'rassé de tons ceux qui en Autriche entravaient son autorité. Il résolut de tain pàîr Honiade, qui, devfaiant ses dessebs, le menaça de mort s'a osait se présenter de nouveau devant hiL Cependant la médiation de quelques seigMeun amena ensuite entre eux une réconciliation peu sincère. La mort d'Huniade, survenue au mois d'août de la même année , après la levée du siège de Belgrade, délivra Ciily .de son rival le plus redoutable; mais il reporta sur les deux fils du héros la haine que celui-d lui avait inspirée. Sa nomination au gouvernement du royaume, qpi eut lieu ensuite, irrita les seigneurs bongroisetleBr fit prendre parti pour les fils d'Huniade. Lorsque Ladislas posthume voulut aller visiter Belgrade, Ladislas Corvin, fils d'Huniade, ne voolot recevoir dans la ville ni CUli ni aucun soldat autrichien; il alléguait pour prétexte que ses jour» étaient menacés par le comte. Au mois de matR 1457, ces deux ennemis se Rencontrèrent par hasard, et en vmrent à des reproches el 4 des outrages réciproques. Soudam Cilli arrache le sabre d'un spectateur, et en fra|^ son ennemi à la tête; aussitôt les gens de Ladislas Corvin accourent : une mêlée s'en suit, et Cilli y trouve la mort On sait quelles fiirent les conidqiienoes de cet événement: après avofa* reço les excuses de la veuve d'Huniade et juré sur reacharistle de pardonner au meurtrier, Ladislas postkÊime l'attira à sa cour, et lui fit trancher la tête.

P Fister, Hist fVMlemagne.

ciLLiGON (KiXXtxôîv), Iffilésien, traître à sa patrie, qu'il livra aux habitants de Priène. An moment où il méditait sa trahison, on hû demanda oe qu'il projetait de faire : « Bien que de bon, répondit-il (irotvT'&Ya6à);«el cette réponse est devenue proverbiale. Un jour qu'a achetait à Samos delà viande ehex un houcber» nommé Théagène, son conqMtriote, celni-d pria oattoon d'indiquer de la main TendroH où il voulait qne le morceau fût coupé. Et Pacheteor fit ce ipi'on lui demandait. « Cette main, dit alors le boodwr, en la lui coupant, ne trahira plus d'antres villes. »

Frac. Hiit. grme, de Cli MOUcr («M. fr. 4e MM. Dldot), t II. * * ^

*ci|.ON, sénateur romam, mort en 43 avant f -C. il était proscrit alors. Appien TapMlleKa- Xftïv. Peut-être est-il ce Cilon qui ftatâw de T^

581 CILON —

ranias et de Cicéroo, et que ce dernier mentioime dans ses lettres.

Clcéron, ad Famil., TI, fo.

*ciLOif OU CHILON (Junius), personnage consulaire romain , vivait en 50 de J.-G. Procurateur du Pont, sous le règne de Claude, il conduisit àRomeMithridate, qui adressa à Tempercur qudques paroles reproduites par Tacite, €t qui ne manquaient pas de dignité. « On ne m'a point amené, dit-il, je suis venu. Si tu en doutes, taisse-moi partir, et fais-moi chercher (si non eredis, dimitteet quxre). » On décerna à Cilou ks ornements consulaires. Dion Cassius raconte an sujet de ce personnage une assez plaisante œcdote, qui se rapporte à Tépoque où Gilon gonvemalt la Bithynie. Ses administrés étaient ^U8 se plaindre à l'empereur des rapines qu'ils lai reprochaient. Le bruit qui se faisait autour de Claude, pendant qu'il leur donnait audience l'empAcba d'entendre; il demanda alors à ceux qui ^ent le plus près de lui ce que disaient les ^yniens. Narcisse, sans doute ami de Cilon 00 gagné par lui, répondit qu'ils étaient venus pour le remercier des actes de son administration , et Claude n'eut rien de plus pressé que de Aire tout le contraire de ce que les pauvres Bitiiyniens lui demandaient : il prorogea de deu\ années le gouvernement de Cilon. Cette anecdote, peut-être suspecte, eût mérité d'être reproduite par la plume de Tacite; elle peint bien Claude et sa cour. V. Rosenwalo.

Tacite, JnnaUs, XII, si. — Uion Casdut, LX, as, * CILON OU CHiLON (p, Mogius), Romain, meurtrier de M. Claudius Marcellus, en l'an 45 avant J. €.11 se tua aussitôt après. Cilon avait été ami et client daMarcellus, et les ennemis de César firent courir le bruit que le dictateur avait poussé àce meurtre. £n cette occasion, César fut défendu par Bnitus, qui écrivit dans ce sens à Cicéron. Il parait que le refus de Marcellus d'avancer à Cilon , très-endetté alors , une somme qui eût tiré celui-ci de ses embarras, fut l'unique cause du crime; d'autre part, Valère Maxime affirme que Cilon se vengea ainsi de la préférence témoignée par Marcellus à un autre ami.

Cicéron, ad Âttie., XIII, 10 ; ad Famil., IV, ». - Valère Maxime, IX. 11. f 4. - Tlte-Llre, Spit, lis.

GiLO SBPTIMIANIJS {Lucius Fabius), vivait vers 193 ou 204 de J.-C. Dans une inscription citée par Tillemont, d'après Onuphrius Pan- Tînlus, il porte en outre les noms de Catiniiis Acilianus Lepidus Pulginianus. Consul eu 193 ou 204 , 9 posséda toute la conGance de Sq>time Sévère, qui le nomma préfet de la cité et tu< teor de ses enfants. Les efTorts quH tenta pour réconcflier ces deux frères ennemis, loin de lui valoir la gratitude de Caracalla, déterminèrent au contraire ce prince à l'envelopper dans le massacre qui suivit le meurtre de Géta. Des sicaires se présentèrent chez Cilon , pillèrent tout ce qui se trouva sous leurs mains, puis, s'attaqoant au précepteur de l'empereur, ils l'arrachèrent du bain

dMABUE 582

où il était alors, et, sans lui donner le temps de couvrir sa nudité, ils le poussèrent à travers les rues vers le palais, où ils pensaient qu'il serait mis à mort, et ne lui épargnèrent aucune espèce d'outrages. Témoin de ces indignes traitements, que subissait un homme naguère si haut placé, le peuple s'émut , et fit entendre des murmures qui trouvèrent de l'écho dans la milice. L'orage devenait menaçant : Caracalla se présenta alors, et, sans doute plutêt par crainte que par pitié, il jeta son propre vêtement sur les épaules de son ancien pr^pteur, qu'il appelait de ce titre, qu'il appelait même son père, puis il donna ordre de faire périr ses émissaires, trop fidèles exécuteurs de ses ordres, mais qui à ses yeux n'avaient eu évidemment qu'un tort , celui de n'avoir pas frappé le dernier coup. Ce fut Cilon qui sauva Macnn au moment où il allait partager le sort de Plautien, et c'est ainsi qu'il causa indirectement la perte de Caracalla, qui avait voulu tuer en lui un ami et un bienfaiteur.

Dion Cassius. LXXVIII, II. — SparUen, Caracalla, 4. ~ AarellDB Victor, Epit., lo.

ciMA (Jean-Paul), compositeur italien, né vers 1570. Il fut organiste et maître de chapelle de l'église de Saint-Celse, à Milan, et dut sa renommée à la composition de plusieurs morceaux d'église. Ses principaux ouyrages sont : Motetti a quattro; Milan, 1599; — Canzoni, consequenzey e contrappunti doppii, a 2, 3 c 4;ibid., 1609; — Concerrt ecclesiastici a 1, 2, 3, 4, 5 eS vocifCon partitura; ibid., 1610.

FéUs, Biêçraphiê universelle des mttsieieru,

ciMA ( André), compositeur italien , frère du précédent, vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. Après avoir été organiste et maître de chapelle à l'église de/Za Posa, à Milan, il devint maître de chapelle de Sainte- Marie^j à Bergame, l'un des postes les plus éminents que pût alors obtenir un compositeur en Italie. On a de lui : Concerti a 2, 3 e 4 voci, lib. I; Milan, 1614 ; — Concerti a 2, 3 « 4 voci, lib. If; Venise, 1627.

FéUs, Bioçraphie universelle des musieieni.

CIMA. Voy CONEGLIAIHO.

CIMABITB (Giovanni Gualtieri), peintre ita- Cep, né à Florence, en 1240, mort en 1300. Issu d'une fllustre famille , il fut d'abord destiné à la carrière des lettres, que son amour pour la peinture lui fit bientôt abandonner. Morrona (Pisa antica e modema ) voudrait ramener à Pise , sa patrie, quelques parcelles de la gloire qui rayonne autour de ce grand nom. » Nous n'avons pas, dit-fl, de preuves bien certaines que Cimabue soit sorti de l'école de Gîunta Pisano; mais des auteurs graves croient pouvoir l'aflirmer et le soutenir, par des raisonnements qui me paraissent pleins de vraisemblance et de force. » Malheureusement pour l'opinion du savant écrivain pisan et des historiens sur lesquels il s'appuie, nous savons d'une manière positive que ce fut en voyant travailler les artistes grecs appe-

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