‹ Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus recules jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 72 sur 118 · CIMON · texte numérisé non relu

CIMON

talions, on peut citer les suivantes : de Varia Dei in SS. nomine; — Historia Amazonum in seriem redacta; — Lampridius ex se ipso correctus de mensibus commodianis ; » de Grônlandia veteri;—de Apparitionibus Dei in F. T. ; — de Usu et abusu periodi Julianœ ; — Introductio ad titulospsalmorum;—de Chro' nologia Pentateuchi usque ad Abrahamum, AdeUing, tupplétaent à JOcber, Âllffmtêim* Geiehrt-

GIIIIBLU). Voy, CiBDONE.

GIHOM, peintre grec, né à Géûne,TiTait Ters 700 avant J.-C. Il serait difficile de préciser, d'après un passage fort obscur de Pline , quel fut le mérite particulier de Cimon et quels services il rendit à l'art naissant de la peinture. Ne se contentant pas , à ce qu'il semble , de tracer comme ses prédécesseurs , de simples traits, il s'efforça de rendre les articulations des membres, les veines du corps , les plis des draperies. Pline lui attribue une invention qu'il appelle catagrapha, et qu'il explique par ces mots : hoc est obliqux imagines, H faut probablement entendre par cotagrapha non pas le dessin de profil , mais la variété des attitudes et des figures, et peut-être les raccourcis. Il semblerait, d'après une épigramme de Simonide, que Cimon était contemporain du peintre Dionysius, et vivait vers la 80* olympiade. Mais le peintre de Cléone était certainement antérieur à cette époque , et dans le vcfrs de Simonide il faut probablement lire Mîxcov, au lieu de Ki(mov.

Mloe, Hiit, fMt., XXXV. - BSlUger. Jrehàoiog. d. JÊtalenL-

CIMON, un des plus grands généraux athéniens, né vers 610 avant J.-C.,mort en 449. Fils de Miltiade et d'Hégésipyle, fille du roi thracc Olorus, il appartenait è la même famille que lliistorien Thucydide. Cdui-d cependant n'a nommé sou parent qu'au sujet de la victoire de l'Ëurymédon, de l'expédition au secours de Sparte, et de la mort du général à Gyprc. Hérodote, de son c6té, mentionne seulement deux laits de la vie de Cinu)n : le payement de l'amende de Miltiade, et la prise d'Éion. Postérienre aux deux premières périodes de la guerre médique , antérieore aux vingt premières années de la gnerre du Péloponnèse, la vie de Cimon n'a été racontée par aucun grand historien contem|)orain , et nous en sommes réduits , en ce qui le concerne, aux renseignements incomplets, incohérents , en partie calomnieux et controuvés, recueillis par Plutarque. Ils sont puisés à deox sources principales , savoir les prédenx et spirituels mémoires du poète Ion de Chios , et les anecdotes scandaleuses et ^ans valeur de Stésimbrote de Thasos. Les poètes contemporains, Cratinus , Mélanthius et Archilaus , les historiens et les poètes d'une époque postérieure. Théopompe, Éphore, Dupolis, Aristophane et Critiiis ont aussi fourni an biographe de Cimon des faits curieux, bîoi que l'aothentieité ensoit quelquefois

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ciMon

fort douteuse. Si on en croit les détails emprantés par Platarque à Stë&imbrote, Ciroon ne promit pas dans sa jeunesse les talents et les Tertus qu'il montra plus tard. « n eut dans ses premières années, dit l'historien de Chéronée, une mauvaise réputation ; il était connu dans Athènes pour un débauché et un grand buveur, parfaitement semblable à Cimon son aïeul , que sa stupidité avait fidt surnommer Caalemos (l'hébété). Selon Stésimbrote de Thasos, qui vivait à peu près du temps de Cimon, celui-ci n'apprit ni la musique n! aucun des arts libéraux que Ton enseigne aux enfants de condition libre; il n'avait rien de cette noblesse , de cette grftce du langage , si ordinaires aux Athéniens; mais il était d'un naturel franc et généreux, et la trempe de son âme tenait plus d'un homme du Péloponnèse que d'un Athénien. n était, comme l'Herculed'Euripide ,

[cbo«ei.

loculte, MM agrément, mats bon pour ief grandes

Plutarque,.toi]your8 d'après l'autorité de Siésimbrote et des poètes comiques, prétend que Cimon dans sa jeunesse M accusé d'une liaison incestueuse avec sa sœur Elpinice, qui passait pour n'avoir pas des mœurs sévères. H «joute aussitôt : « Quelques auteurs disent que les rapports d'Elpinice et de Cimon n'étaient ni criminels ni secrets, et qu'elle Favait épousé publiquement parce que sa pauvreté l'empêchait de Caire un mariage digne de sa naissance. »

Dans la biographie de Cimon attribuée à Come- Ihis Nepos on trouve le même fait, avec cette remarque qu'Elpinice était la sœur germaine ( issue du même père ) de Cimon, et qu'il était permis aux Athéniens d'épouser leurs sœurs du côté {>atemel. Ce mariage singulier, car on n'en citerait pas un autre exemple dans Thistoire d'Athènes, a soulevé parmi les savants d'interminables discussions, dont on peut lire un résumé dans le Dictionnaire de Bayle. Nous croyons qu'il a été inventé par les poètes comiques, et que le commerce incestueux lui-même est une calomnie de Stésimbrote. D'ailleurs, après tant de siècles, et en l'absence de documents authentiques, toute discussion à ce svjet n'aboutirait à aucun résultat ; il suffit de dire que le récit de Plutarque est plein de contradictions, et que ce biographe s'est contenté de rapporter des assertions vagu^, sans les vérifier et sans les mettre d'accord entré elles.

Cimon était encore fort jeune lorsqu'il perdit son père, en 489. Selon Diodore, pour obtenir que le corps de Bfiltiade fût enseveli , il entra volontairement en prison jusqu'au payement de l'amende de cinquante talents, à laquelle le vainqueur de Marathon avait été condamné ; d'après Comdius ^epos, Cimon, détenu dans la même prison que son père, ne pouvait recouvrer sa liberté avant d'avoir acquitté la dette paternelle. Mais l'emprisonnement de Mfltiade est douteux , comme l'a fort bien remarqué Bayle: « Hérodote, parlant du procès deBliltiade,nedit rienni de

la prison du père ni de la prison du fils»

et insinue clairement que Miltiade ne ftit pas emprisonné. » Son fils n'aurait donc pas en à prendre sa place. Quoi qu'il en soit de ce feit, qui servait de thème aox dédamatioiis des rtkéteurs grecs et latins, une chose estœrtaÉie, c'est que Bfiltiade avait été condamné à une amende de cinquante talents, et qn'Q était mort avant de l'avoir payée. Par ce foit Cimoa se trouvait incapable d'exercer aucune' foBCtkm publique, et il ne pouvait se relever de eette incapacité légale qu'en payant la dette de son père. Malheureusement il était hors d'état de s'aoquKterenvers l'État, car les biens de sa famille, sftoés dans la Chersonèse de Hirace, étaient occupés par les barbares. « Alors, dit Comelhis Nepos, un certain Caillas, homme obscur mais riche, et qui avait gagné sa fortune dans les mines, voulait épouser Elpinice. Il la demanda à Cimon, en lui proposant de payer l'amendé de son père s'fl consentait. Cimon rejeta cette proposition avec mépris; mais Elpinice déclara qne, puisqu'elle pouvait l'empêcher, elle ne souffrirait pas que le fils de Miltiade mourût dans les fers, et qu'elleépouAerait Caillas s'il tenait sa promesse. • Ce qui eut lieu en effet. Même en rejetant comme controttvé l'emprisonnement du père et celui du fils, il reste tov^ours que Callias paya l'amende de Miltiade, et que Cimon, dégagé envers le fisc, put prétendre aux emplois publics. L*»vasion de X^rxès en 480 lui fournit l'occasion de signaler son courage et de se montrer le digne fils du vainqueur de Marathon. Lorsque îbémistocle proposa aux Athéniens de quitter leur TiHe, d'abandonner l'Attique et de se transporter à Salamine, au milieu de la consternation générale que causa un conseil aussi hardi, Cimon fût le premier qui, suivi de plusieurs de ses camarades, s'avança d'un air gai, le long du Céramique, et monta à l'acropole portant dans sa main un mors de bride qu'il allait consacrera Minerve. Il indiquait par là que dans la conjomy ture présente Athènes n'avait plus besoin de cavaliers, mais de marins. Après avoir présenté son offrande, il prit un des boucliers suspendus aux parois du temple, fit sa prière à la déesse, descendit ensuite vers le rivage au milieu des Athéniens, enhardis par son exemple. Les preuves sigpalées de valeur qu'il donna à la hataOle de Sakimine lui acquirent l'estime et l'aflectioo de ses concitoyens. Ceiix-d , s'attachant à ini en grand nombre, lui faisaient partout rwtége, et l'exhortaient à concevoir des pensées st à faire des actions dignes de Marathon. « A son entrée dans le gouvernement , dit Plutarque, il Ait reça du peuple avecles plus vifs témoignages de satisfaction. Les Athéniens, d^ dégoûtés de Thémistocle, diarmés d'ailleurs de la douceur etde U bonté de Cimon, rélevèrent aux premières dignités de la république. Mais personne ne contribua plus à son avancement qu'Aristide, qm voyait en lui un heureux naturel ,etqai d'aillenrt

GIMON

voulut l'opposer comme contrepoids aux talents et à l'audace de Théinistocle. » Après la bataille de Platée, Cimon fût mis avec Aristide, en 477, à la tète des vaisseaux athéniens, qui étaient placés, ainsi que les autres flottes grecques, sous le commandement suprême du roi Spartiate Pausanias. Bien que très-supérieur à ce chef médiocre, grossier, insolent et déjà traître an fond du cœur, Chnon ne refusa point d*obéir. Il entretint toiyonrs parmi ses troupes un ordre admirable, et leur inspira surtout ime ardeur qui les distinguait de tous les autres alliés. Pausanias, enirré de Fimmense autorité qu'il exerçait, traitait les allies ayec une dureté et un orgudl insupportables , et entretenait des intelligences avec les barbares. Cimon receyait avec beaucoup de douceur ceux qui avaient à se plaindre de Pausanias; et par cette conduite il enlevait insensiblement aux Lacédémoniens l'empire de la Grèce, sans employer la force des armes et par le seul ascendant de son caractère et de ses discours. En même temps il demanda aux Éphores le rappel de Pausanias , qui par ses trahisons déshonorait Sparte et préparait la ruine de la Grèce. Puis lorsqu'il vit que l'indignation des alliés était à son comble, fl se déclara ouvertement, força Pausanias à s'enfuir de Byzance, et reçut ayec Aristide le commandement suprême, doot fl fit aussitôt le plus glorieux usage. Apprenant que les Perses s'étaient emparés d'Éion, ▼flle située sur les bords du Strymon , et que de là ils inquiétaient les Grecs des pays voisins, fl s'y rendit avec toutes ses troupes, força les Perses à se renfermer dans Éion, battit les Thraoes et occupa leur pays. Les assiégés, se Toyant dans une situation désespérée, mirent le fea à la viUe, et périrent dans les flammes. Cette conquête et ceUe d'Amphipolis donnèrent aux Athéniens la Chersonèse, pays fertile, parfaitementpropreà la colonisation, et admirable comme position mflitaire. Les Athéniens, dans leur reconnaissance, permirent à l'heureux général d'ériger trois Herui^ de marbre avec des inscriptions que nutarque nous a conservées. Bien que le nom de Cimon n'y figure pas , elles passèrent pour le plus haut degré d'honneur auquel un citoyen pAt parvenir. Ni Thémistocle ni Mfltiade n'en avaient obtenu jamais de semblable.

L'année suivante, en 476, Cimon chassa de Scyios les pirates Dolopes qui l'habitaient, et établit à leur place une colonie athénienne. Une drconftanca singulière augmenta l'enthousiasme causé par cette conquête. Dans les fouiUes qui suivirent l'étabUssement de la colonie, on découvrit les ossements de Thésée, qui, selon la tradition, était mort dans cette lie huit cents ans auparavant Us furent rapportés à Athènes quelques années après, en 468, par les soins dugâiéral victorieux, et devinrent l'occasion d'an célèbre concours tragique entre EschUe et Sophocle { ooyes ces noms). Cimon lut un des juges qui déeemèrent le prix an jeoM Sophode»

La conquête de Caryste et de Naxos suivit de près ceUe de Scyros; le fils de Miltiade profita de l'ascendant que lui donnaient ses victoires pour appuyer la politique d'Aristide. Tous deux contribuèrent au banirissement de Thémistocle ; et on ne saurait les en bl&mer , car l'habile vamqueur de Xercès, après avoir sauvé sa patrie et la Grèce entière au combat de Salamlne, ne songeait, dit-on, qu'à les vendre l'une et l'autre aux barbares. Cimon, au contraire, se préparait à frapper sur les Perses un coup décisif, et qui allait mettre pour toujours la Grèce à l'abri de leurs invasions. En 466 fl se porta avec trois cent cinquante vaisseaux contre la flotte perse, à peu près aussi forte et placée à l'ancre de l'embouchure du fleuve Eurymédon, sur les côtes de la Paphlagonie. Les Perses , décidés à ne pas combattre contre les Grecs avant l'arrivée de quatre-vingts vaisseaux phéniciens qui leur arrivaient de Cypre, remontèrent le fleuve pour se mettre sous la protection de leur armée de terre. Cimon les poursuivit, les attaqua, leur détruisit et prit plus de deux cents vaisseaux, puis, débarquant ses troupes, fl battit complètement les Perses, surpassant en un jour, dit Plutarque, Salamine et Platée, et couronna ses deux victoires parla destruction des quatre-vingts vaisseaux phéniciens. Cette triple victoire est presque invraisemblable, et le récit de Plutarque semblerait plutôt le chant d'un poëme épique qu'une page d'histoire sll n'était confirmé par le témoignage de Thucydide. Ce triomphe éclatant assura la Chersonèse aux Athéniens , et fit probablement rentrer le général victorieux en possession des biens que son père avait acquis dans cette province. Selon Plutarque, le roi des Perses, effrayé de ces événements, conclut un traité « par lequel U s'engageait à tenir ses armées déterre éloignées des mers de la Grèce de la course d'un cheval , et à ne jamais naviguer avec des galères ou d'autres vaisseaux de guerre entre les Ues Chélidoniennes et les roches Cyanées » . L'historien CaUisthène prétend que ces conditions humiliantes ne furent pas stipulées dans le traité, que Diodore de SicUe place dans la 82* olympiade, 448, c'est-à-dire dix-huit ans après la bataille del'Eurymédon, et loraque Cimon ^tait déjà mort. Enfin, le silence de Tlmcydide ne permet guère de regarder ce traité comme authentique quoiqu'fl figurât dans le recueil de pièces diplomatiques compUé par Cratère. Bien que le célèbre traité de Cimon soit probablement apocryphe, la victoire del'Eurymédon n'en arrêta pas moins tout nouveau mouvement agressif de la part des Perses, et les força de se tenir désormais sur la défensive. Placé à la tête de l'empire qu'A avait conquis par sa valeur , qu'il étendait et raflérmissait chaque jour par sa politique à l'égard des alliés , et débarrassé d'un rival dangereux par l'exil de Thémistocle, le fils de Mfltiade trouvait dans Aristide on ami dévouéy qui le défendait contre

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